1 Au sujet de l’impact des bulletins de vote du comté de Palm Beach en novembre 2000, voir l’étude de Jonathan N. Wand, Kenneth W. Shotts, Jasjeet S. Sekhon, Walter R. Mebane Jr., Michael C. Herron et Henry E. Brady, « The Butterfly Did It : The Aberrant Vote for Buchanan in Palm Beach County, Florida », American Political Science Review, vol. 95, 2001, p. 793-810.
2 Bien qu’encore aujourd’hui, 48 États restreignent le vote des criminels incarcérés. Détenir la citoyenneté américaine constitue également un préalable au droit de vote.
3 IDEA (Institute for Democracy and Electoral Assistance). 2012. Voter Turnout Data for United States. http://www.idea.int/vt/countryview.cfm?CountryCode=US (page consultée le 10 septembre 2012).
4 Voir le chapitre précédent qui propose des données détaillées à ce sujet.
5 Sur ce concept, voir Morris P. Fiorina, Divided Government (2e édition), Boston, Allyn and Bacon, 1996.
6 Les écrits s’inspirant du modèle du Michigan sont innombrables. En 1976, par exemple, paraît l’important ouvrage The Changing American Voter (Norman H. Nie, Sidney Verba et John R. Petrocik, The Changing American Voter, Cambridge, Harvard University Press, 1976.). Warren Miller, du groupe initial de l’école du Michigan, publie 20 ans plus tard, avec Merrill Shanks, The New American Voter (Cambridge, Harvard University Press, 1996), qui reprend essentiellement la structure du modèle de l’ouvrage The American Voter publié en 1960. Plus révélatrice encore est la publication en 2008 de l’ouvrage The American Voter Revisited écrit par quatre étudiants de l’Université du Michigan durant les années 1960 (Michael Lewis-Beck, William G. Jacoby, Helmuth Norpoth et Herbert F. Weisberg, The American Voter Revisited, Ann Arbor, University of Michigan Press, 2008) devenus depuis à leur tour des politologues réputés. L’esprit dans lequel fut entrepris cet ouvrage, et surtout la conclusion générale sur laquelle il débouche, sont très révélateurs. The American Voter Revisited, peut-on lire en quatrième de couverture de l’ouvrage, « re-creates the outstanding 1960 classic The American Voter... following the same format, theory, and mode of analysis as the original against presidential surveys from 2000 and 2008. Surprisingly, the contemporary American Voter is found to behave politically much like voters of the 1950s ».
7 On a donné le nom de Columbia School aux travaux qui se sont inspirés de cette approche. L’influence de cette approche allait diminuer considérablement au début des années 1960 avec l’émergence de la Michigan School. Paul F. Lazarsfeld, Bernard Berelson et Hazel Gaudet, The People’s Choice: How the Voter Makes Up His Mind in a Presidential Campaign (2e édition), New York, University of Columbia Press, 1948.
8 Sur la transformation des coalitions électorales aux États-Unis, voir Harold W. Stanley, et Richard G. Niemi, « The Demise of the New Deal Coalition: Partisanship and Group Support », dans Herbert F. Weisberg et Clyde Wilcox (dir.), Models of Voting in Presidential Elections, Stanford, Stanford University Press, 1995, p. 387-404; Harold W. Stanley et Richard G. Niemi, « Partisanship, Party Coalitions, and Group Support », Presidential Studies Quarterly, vol. 36, 2006, p. 172-89. Sur la transformation et l’évolution de l’électorat américain, voir Paul R. Abramson, John H. Aldrich et David W. Rohde, Change and Continuity in the 2008 and 2010 Elections, Washington D.C., CQ Press, 2011; voir aussi William H. Flanigan, Nancy H. Zingale, Elisabeth Theiss-Morse et Michael W. Wagner, Political Behavior of the American Electorate (12e édition) Washington D. C., CQ Press, 2011.
9 Bien que stable, cette inclination n’est pas immuable non plus, surtout si des événements marquants amènent un groupe important d’électeurs à reconsidérer sa loyauté envers un parti. Le cas du Sud américain est encore une fois parlant à cet égard. La fidélité traditionnelle des Blancs de cette région au Parti démocrate reposait sur une sorte d’entente tacite permettant aux États de cette région de pratiquer une politique de discrimination raciale à l’encontre de la population de race noire. En conséquence, le Parti démocrate a longtemps été constitué d’une aile progressiste dans le Nord et d’un segment extrêmement conservateur dans le Sud des États-Unis. Ce pacte fut rompu au début des années 1960 lorsque des présidents démocrates – Kennedy d’abord et Johnson ensuite – adoptèrent des lois qui eurent pour effet de mettre fin aux pratiques discriminatoires en vigueur dans le Sud américain. Dès ce moment, les sudistes américains blancs commencèrent à remettre en question leur fidélité au Parti démocrate. Avec le passage du temps et l’arrivée de nouvelles générations, ce phénomène s’est accentué. Le Sud américain est aujourd’hui largement dominé par le Parti républicain. Cette évolution est perçue par les analystes comme ayant mis fin à une anomalie. Pendant longtemps, le Sud, plus conservateur, était fidèle au Parti démocrate, alors que plusieurs « libéraux » sur les questions raciales se retrouvaient dans le Parti républicain. Le départ des conservateurs sudistes du Parti démocrate, et le ralliement des électeurs progressistes sur les questions raciales au Parti démocrate ont contribué de façon notable à accroître la polarisation idéologique entre les deux grands partis américains.
10 Le concept d’identification partisane est probablement celui qui a fait l’objet des travaux les plus soutenus en sociologie électorale. Durant les années 1960 et 1970 par exemple, de nombreux chercheurs se sont demandé, notamment au Canada, si le concept d’identification partisane était « exportable », c’est-à-dire utile pour expliquer le comportement des électeurs ailleurs qu’aux États-Unis. Ultérieurement, des chercheurs américains surtout ont questionné la pertinence même de la notion d’identification partisane en se demandant si cette attitude était fondamentalement différente des préférences électorales. Il existe aujourd’hui deux grands courants à ce sujet. Certains, proches de la conception initiale de l’identification partisane, continuent à soutenir que l’attachement envers l’un des deux grands partis aux États-Unis est une disposition durable chez les électeurs, acquise lors des premières expériences électorales, et qui influence de façon marquée les choix des électeurs ; voir Donald Green, Bradley Palmquist et Eric Shickler, Partisan Hearts and Minds : Political Parties and the Social Identities of Voters, New Haven, Yale University Press, 2002. D’autres croient plutôt que l’identification partisane est une disposition plus volatile et susceptible de varier dans le temps en fonction de la performance et des politiques adoptées par les administrations en place ; par exemple, voir Morris P. Fiorina, Retrospective Voting in American National Elections, New Haven, Yale University Press, 1981.
11 Voir notamment Bruce E. Keith, David B. Magleby, Candice J. Nelson, Elisabeth Orr, Mark C. Westlye et Raymond E. Wolfinger, The Myth of the Independent Voter, Berkeley et Los Angeles, University of California Press, 1992.
12 Angus CAMPBELL, Philip CONVERSE, Warren MILLER, Donald STOKES, The American Voter, University of Chicago Press, 1960.
13 Philip CONVERSE, « The Nature of Belief Systems in Mass Publics », dans David E. APTER, Ideology and Discontent, New York : The Free Press of Glencoe, 1964, p. 206-261.
14 Voir Norman H. Nie, Sidney Verba et John R. Petrocik, The Changing American Voter, Cambridge, Harvard University Press, 1976.
15 Voir notamment Michael S. Lewis-Beck et Richard Nadeau, « Obama and the Economy in 2008 », PS : Political Science and Politics, vol. 43, 2009, p. 479-483.
16 Le statut théorique de la variable du positionnement idéologique dans les modèles explicatifs du vote fait l’objet de débats. Certains chercheurs y voient l’expression réelle des préférences idéologiques des électeurs sur leur vote, alors que d’autres estiment que cette variable mesure plutôt l’effet résiduel des enjeux sur le vote.
17 Voir notamment Donald R. Kinder, « Presidential Character Revisited », dans Richard R. Lau et David O. Sears (dir.), Political Cognition, Hillside, Earlbaum, 1986, p. 233-255.
18 « Pensez maintenant aux candidats présidentiels. Est-ce que l’expression “il exerce un leadership fort” décrit le candidat [démocrate/républicain] très bien, assez bien, pas très bien ou pas bien du tout ? »
19 D. Roderick Kiewiet, Macroeconomics and Micropolitics: The Electoral Effects of Economic Issues, Chicago, University of Chicago Press, 1983. Parmi les travaux qui ont suivi, voir notamment Richard Nadeau et Michael S. Lewis-Beck, « National Economic Voting in U.S. Presidential Elections », Journal of Politics, vol. 63, 2001, p. 159-181; Michael S. Lewis-Beck et Mary Stegmaier, « Economic Models of the Vote », dans Russell Dalton et Hans-Dieter Klingemann (dir.), The Oxford Handbook of Political Science, Oxford, Oxford University Press, 2007.