Chapitre 1. Traduire et pratiquer un tourisme écologiquement durable
p. 13-30
Texte intégral
1Les modes d’élaboration et de diffusion des nouveaux concepts et des nouvelles valeurs sociales d’une langue et d’une culture à l’autre constituent un sujet de recherche passionnant au sein des études environnementales interculturelles. Avec la diffusion sociale de politiques et d’accords internationaux de développement écologiquement durable, il existe une tendance croissante à traduire et à diffuser les documents de politiques environnementales internationales en différentes langues et dans différentes cultures.
Le tourisme écologique
2La traduction en environnement joue un rôle essentiel pour l’adaptation de la mise en œuvre de politiques environnementales internationales de haut niveau à des systèmes culturels, sociaux et linguistiques distincts. Elle constitue une forme de traduction spécialisée qui évolue constamment et dont l’essor est croissant. Elle peut être exploitée pour faciliter, soutenir et faire évoluer les efforts collectifs au sein des communautés, des organisations et des secteurs sociaux participant à la conservation de l’environnement et à un développement économique et social écologiquement durable, et au-delà.
3L’année 2015 a constitué une étape pour le développement mondial du fait que les gouvernements ont adopté le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ainsi que les objectifs de développement durable. Ce programme d’envergure établit un cadre mondial pour mettre fin à la grande pauvreté, combattre les inégalités et l’injustice, et remédier au changement climatique d’ici à 2030. Fondé sur les objectifs historiques du Millénaire pour le développement (OMD), l’éventail ambitieux des 17 objectifs de développement durable et de leurs cibles connexes est à la fois transformateur, universel, intégré et centré sur les personnes.
4Le tourisme peut contribuer, directement ou indirectement, aux ODD. Il a été respectivement intégré aux cibles des objectifs 8, 12 et 14 relatives à l’utilisation universelle et durable des océans et des ressources marines. Le tourisme durable est résolument mis en avant dans le programme 2030. Un cadre clair de mise en œuvre, un financement suffisant et des investissements en technologie, en infrastructures et en ressources humaines sont cependant nécessaires pour contribuer à libérer le potentiel du tourisme écologiquement responsable en matière de développement durable mondial, dans les pays en voie de développement comme dans les pays développés.
5L’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies (UNWTO) déploie des efforts et travaille sans relâche pour contribuer, par une assistance technique et un renforcement des capacités, à atteindre ces ambitieux objectifs mondiaux. Le tourisme représente 9 % du PIB mondial, 1 emploi sur 12 et environ 30 % des exportations de services.
6Bien que le tourisme constitue un moteur économique fort, il peut être à l’origine de dommages concernant l’environnement et les populations de notre planète. À lui seul, il est responsable d’environ 5 % des rejets de polluants mondiaux, principalement liés aux transports et à l’hôtellerie. Cette consommation accrue due au grand nombre de touristes impose une énorme pression sur les ressources et les paysages spectaculaires. Si le tourisme ne compte que pour tout juste 1 % de la consommation mondiale d’eau, ce chiffre peut, pour certaines destinations touristiques fréquentées, s’élever jusqu’à 6 % de la consommation nationale d’eau.
7Le tourisme excessif est un problème courant dans certains « points sensibles » où les dommages entraînés par l’afflux de touristes peuvent largement dépasser les revenus générés, particulièrement quand ces revenus ne sont pas distribués de manière équitable. L’ouvrage Overbooked étudie et répertorie de manière exhaustive les dimensions de ce problème mondial émergent, en expliquant les origines du tourisme vert à partir de l’expérience acquise au Costa Rica (Honey, 2008).
8Les pays en voie de développement sont particulièrement sensibles aux effets du tourisme sur leurs environnements naturels, économiques et sociaux. Dans ces pays, les systèmes d’élimination des déchets et des eaux usées sont insuffisamment équipés pour desservir d’importants flux de personnes, et c’est dans ces circonstances que la destination est souillée par les déchets du tourisme en excès. Les Autochtones sont chassés de chez eux et ne peuvent avoir accès aux bénéfices économiques des revenus générés par le tourisme. Les habitats de la faune sont détruits ou compromis pour faire place à de nouvelles constructions.
9L’écotourisme a débuté par de petits groupes qui se rendaient dans des zones relativement tranquilles pour apprécier les paysages naturels et les cultures traditionnelles, mais il est maintenant de plus en plus considéré comme intégré au tourisme mondial. Les gouvernements et l’industrie du tourisme ont, par le passé, utilisé le terme « écotourisme » comme un label pour le tourisme vert. Il existe cependant plusieurs variantes définitoires de l’écotourisme dans le monde. Par exemple, en Australie, l’organisme national des industries Ecotourism Australia définit l’écotourisme comme « un tourisme écologiquement durable principalement axé sur la découverte des zones naturelles, qui favorise la compréhension, l’appréciation et la conservation de l’environnement et de la culture ».
10La définition actuelle de l’écotourisme, ou « tourisme écologiquement responsable », par l’International Ecotourism Society, est « déplacements responsables vers des zones naturelles, qui préservent l’environnement, nourrissent le bien-être des populations locales et intègrent une interprétation et une éducation », et précise que l’éducation s’adresse tant au personnel qu’aux touristes. Cette définition saisit trois principes essentiels de l’écotourisme : premièrement, l’écotourisme ne consomme pas et ne prélève pas ; deuxièmement, l’écotourisme crée une conscience écologique ; troisièmement, l’écotourisme promeut des valeurs et une éthique écocentrées relativement à la nature.
11Ces trois principes aident à faire le distinguo entre écotourisme et activités touristiques, ces dernières étant considérées comme des activités de consommation et d’appropriation, et pouvant avoir des effets psychologiques et comportementaux sur les espèces non humaines tout en altérant les systèmes écologiques naturels locaux. En revanche, l’écotourisme authentique encourage l’atténuation, voire la réduction au minimum, de l’influence du tourisme sur les personnes, sur les espèces non humaines et sur l’environnement naturel au sens large.
12Depuis 1990, année où l’International Ecotourism Society a posé ces principes, d’importantes données probantes ont été établies grâce à des activités de recherche scientifique et de développement industriel. Ces données probantes et les recherches connexes en matière de tourisme ont éclairé le développement et la réglementation d’une industrie écotouristique en devenir.
13Selon les organisations mondiales d’écotourisme, un tourisme écologiquement responsable devrait viser à intégrer une manière durable de voyager à la conservation de l’environnement et de la nature et au développement des communautés. Dans ce cadre global, les parties prenantes en matière d’écotourisme se sont activement investies dans diverses actions pour réduire au minimum les répercussions physiques, sociales, comportementales et psychologiques des groupes de visiteurs sur l’environnement et les communautés locales. Ces actions comprennent des programmes et des activités touristiques qui suscitent une prise de conscience environnementale et culturelle, et un respect des communautés locales, font vivre aux visiteurs et aux hôtes locaux des expériences positives grâce à une immersion culturelle accrue, créent et offrent aux visiteurs des apprentissages interprétatifs inoubliables qui contribuent à sensibiliser ces visiteurs aux climats politiques, environnementaux et sociaux, reconnaissent et respectent les droits et les croyances spirituelles des peuples autochtones des communautés et des pays hôtes, travaillent en partenariat avec les peuples autochtones à leur accès à l’autonomie et au soutien par des réseaux, et conçoivent, construisent et exploitent des installations à faible influence écologique.
14Ces activités touristiques ont réussi à offrir des expériences positives, aux visiteurs comme aux hôtes, à générer des bénéfices financiers directs pour la conservation de l’environnement et de la nature, et à créer des bénéfices économiques pour les populations, les communautés et les petites entreprises locales. De manière plus récente, de nouveaux principes, valeurs et modèles d’exploitation associés à un tourisme écologiquement responsable ont été étudiés et mis en pratique par les parties prenantes et les organisations pertinentes qui font la promotion de l’écotourisme, par exemple pour aider les visiteurs à faire progresser la sensibilisation à l’environnement, et à appuyer les droits de l’homme et les mouvements démocratiques. Honey observe que « l’apport de bénéfices économiques et la manifestation d’une sensibilité culturelle envers les communautés locales sont toujours associés à une compréhension de leurs contextes politiques » (Honey, 2008).
15En pratique, le développement de l’écotourisme dans le monde est sous l’influence de divers facteurs qui ont conduit à l’émergence de deux modèles opérationnels d’écotourisme, parfois en compétition. Le premier type d’écotourisme se caractérise par des efforts soutenus déployés sous la forme d’un programme et d’activités touristiques intégrées répondant aux divers principes d’écotourisme énumérés ci-dessus. Le second type doit être encore distingué, de manière plus précise et mieux définie, des pratiques actuelles du tourisme de masse.
16Tandis qu’il est encourageant de constater la popularité croissante des activités d’écotourisme dans le monde, dans un certain nombre de pays en voie de développement particulièrement, les critiques en matière d’environnement ont exprimé des préoccupations, voire des inquiétudes, quant à une pleine intégration de l’écotourisme, du fait que la croissance de l’industrie, quand elle n’est pas gérée de manière ajustée et efficace, peut progressivement mettre à mal les valeurs mêmes d’un tourisme écologiquement durable conçu au départ pour des opérations touristiques de petites échelles, et plus adapté à celles-ci. Cette situation pose de réels défis, mais offre aussi des occasions favorables aux entreprises et aux voyagistes travaillant en écotourisme, particulièrement dans les pays en voie de développement où d’importants efforts doivent être déployés pour acquérir de l’expérience et établir les meilleures pratiques d’écotourisme durable, de gestion des zones naturelles et de soutien des communautés locales et des peuples autochtones.
17Le terme et le concept de tourisme géologique, ou « géotourisme », ont été introduits par Jonathan Tourtellot, qui travaillait auparavant au National Geographic Traveller. Tourtellot a ensuite fondé le Destination Stewardship Centre, dont il est le rédacteur en chef. Depuis son émergence, le géotourisme s’étiquette lui-même comme une sous-variété de tourisme écologiquement responsable, qui assure la pérennité et met en valeur la nature géologique et le paysage des sites. Cela inclut leur environnement naturel, leur héritage culturel, leur esthétique ainsi que la spiritualité et le bien-être des habitants locaux.
18Selon un rapport d’enquête notoire sur l’industrie du voyage qui a porté sur quelque 55 millions d’Américains, le géotourisme est largement perçu comme englobant toutes les perspectives d’un voyage, et pas seulement la perspective environnementale. Sa définition évoque de manière exhaustive toutes les facettes de la durabilité dans le cadre d’un voyage. L’enquête a également mis en évidence que les géotouristes interrogés tendaient à afficher des attitudes et des comportements propres au géotourisme, dans la mesure où ils recherchaient activement des expériences uniques relativement aux cultures et aux paysages découverts lorsqu’ils voyageaient seuls ou en petits groupes. Selon cette enquête, les géotouristes interrogés partageaient des milieux socioéconomiques et des caractéristiques démographiques semblables, ce qui fait apparaître la nature du géotourisme comme un tourisme de niche attirant des couches particulières de la population. Plus précisément, les trois groupes de géotouristes actifs et conscients sont tout d’abord les géoéconomes, qui ont moins de trente ans, ont fait des études supérieures et sont attentifs à l’environnement, puis les urbains raffinés, qui sont aisés et ciblent les aspects culturels et sociaux du tourisme, et enfin les bons citoyens, plus âgés et moins avertis, mais possédant de la même manière une conscience environnementale et sociale.
19L’avantage du géotourisme en tant que type de tourisme écologiquement responsable est qu’il élargit de manière importante la définition traditionnelle et la compréhension du tourisme vert par l’introduction et l’intégration de la dimension géologique au tourisme naturel et culturel. Dowling (2013) définit le géotourisme comme l’inclusion élargie des aspects A (abiotique – paysage et géologie), B (biotique – faune et flore) et C (culture) du tourisme environnemental. Les interprétations du terme géotourisme sont variables d’un pays à l’autre. En Amérique du Nord, le géotourisme met au premier plan les composantes environnementales du tourisme vert, c’est-à-dire les expériences touristiques uniques acquises en s’intéressant aux paysages et aux faunes et flores locales, ce qui contribue à mieux comprendre la formation géologique du site visité.
20En Australie, le géotourisme est promu comme un tourisme qui fonde la participation, l’apprentissage et le plaisir des visiteurs sur la géologie et le paysage d’une région. Dans ce pays, les valeurs éducatives attachées au géotourisme sont le résultat logique d’une géologie appliquée qui soutient l’écotourisme et promeut la conservation géologique. Certains pays en voie de développement ont introduit des disciplines, des sujets et des thèmes scientifiques apparentés, comme les sciences de la terre, pour observer de manière approfondie et interpréter les paysages locaux (Chen, Ng et Xu, 2016). Le développement de versions locales de géotourisme reflète l’adaptabilité et la pertinence de cette nouvelle niche du tourisme environnemental relativement aux divers systèmes naturels, culturels et sociaux.
21Cherchant à ce qu’on interprète pour eux l’environnement naturel, les touristes peuvent s’attendre à des explications d’ordre géologique, mais aussi sur la faune et la flore, ce qui leur fait appréhender les écosystèmes dans leur globalité. Cela devrait renforcer leur soutien en faveur de la conservation de ces écosystèmes pour les générations futures. Du point de vue de l’industrie, le géotourisme a des liens avec le tourisme d’aventure, le tourisme culturel et le tourisme faunique, mais, tout en pouvant leur être associé, il n’équivaut pas à ces formes de tourisme environnemental. Une autre caractéristique importante du géotourisme est qu’il ne nécessite pas des paysages vierges comme terrain de jeu : une visite guidée inoubliable peut se dérouler dans une carrière, dans une zone minière historique ou sur les routes d’un parc national. Le géotourisme peut également être offert au moyen d’un grand éventail de modes de transport, par exemple en voiture, en bus, en navire, en bateau ou même à pied.
22En atténuant l’accent fort mis par l’écotourisme traditionnel sur les aspects biologiques et culturels, le géotourisme permet à l’écotourisme de se développer loin des zones écologiquement sensibles. Il offre la possibilité d’atténuer la surexploitation de ces zones et se présente ainsi comme durable sur le plan écologique, éducatif sur le plan environnemental, bénéfique sur le plan local et bénéfique sur le plan de la satisfaction du touriste.
23Pforr et Megerle (2006) définissent le géotourisme comme un tourisme vert ciblant à la fois les objets géologiques et le développement durable. Leur lecture du géotourisme est non seulement celle d’un nouveau segment de marché, mais aussi celle d’une « direction normative contribuant à la conservation géologique et au développement durable ». Du fait que le géotourisme autorise le développement de l’interdépendance du paysage et de la faune et la flore, du paysage cultivé, et de l’utilisation du sol au cours de l’histoire passée et présente, ils ont suggéré de le considérer comme intégré à une approche globale du vaste domaine de la gestion du sol et du paysage. Le développement durable et l’éducation du public en matière d’environnement ont également été perçus comme deux conséquences essentielles de la promotion du géotourisme.
24Le géotourisme est un tourisme écologiquement durable qui fait une lecture du paysage fondée sur les processus géologiques à l’origine des caractéristiques topographiques observables dans un grand nombre de paysages, les montagnes, les déserts et les îles par exemple, et à la hauteur des affleurements rocheux observables sur les falaises côtières, dans les criques, sur les routes en déblai, sur les belvédères, dans les carrières, dans les sites miniers ainsi que dans les parcs nationaux. Il s’agit pour la plupart de sites érodés, dont aucun ne mérite d’être remis en question sur le plan écologique.
25Le tourisme mondial doit être écologiquement durable, et la réorientation de l’écotourisme vers le géotourisme constitue une étape positive vers un tourisme mondial encore plus durable. Le marketing de l’industrie du tourisme pour les clients nationaux et internationaux s’est segmenté selon les facteurs démographiques et les activités. On pourrait faire valoir que les spécialistes de ce domaine ont perdu de vue l’idée reconnue selon laquelle la valeur d’un produit offert doit être convaincante en matière de contenu, de diversité et de qualité pour attirer des clients provenant du spectre le plus large de groupes démographiques.
26Les clients des circuits touristiques sont aujourd’hui plus avertis, voyagent beaucoup, ont du discernement et viennent généralement de groupes démographiques au pouvoir socioéconomique fort. Ils sont également intelligents, ce sont des voyageurs qui réfléchissent. L’intégration d’une expérience de géotourisme à un tourisme traditionnel tourné vers la nature et enrichi d’éléments de tourisme culturel crée une expérience plus riche et constitue un pas vers le modèle de « tourisme expérientiel ». En résumé : les « touristes expérientiels » cherchent à vivre des expériences mémorables. En ce sens, la durabilité est assurée en offrant une expérience de grande qualité qui encourage le retour des visiteurs.
Le tourisme environnemental : traduction et pratique
27Amplement étudiés dans les économies développées, le tourisme écologique et les voyages en pleine nature voient leur industrie s’accélérer dans un nombre croissant de pays en voie de développement. L’Amérique latine est un marché en rapide expansion relativement au tourisme en pleine nature. Les pays de cette région ont un avantage compétitif naturel dans une industrie mondiale de l’écotourisme qui se développe à grande vitesse. Dans de nombreux pays d’Amérique du Sud, région connue pour sa diversité naturelle, culturelle et biologique, les initiatives d’écotourisme mettent l’accent sur le développement durable.
28Dans cette section, nous cherchons à déterminer quelques constantes utiles de diffusion, dans les pays hispanophones et lusophones d’Amérique du Sud, d’expressions locales traduites relatives à la définition, aux concepts et aux principes du tourisme environnemental, tels qu’exposés et détaillés dans la section précédente. La collecte des termes de tourisme environnemental traduits, y compris les termes de certains tourismes de niche comme le géotourisme, a été faite à partir de thésaurus multilingues largement utilisés dans le domaine de l’environnement, comme le General Multilingual Environmental Thesaurus (GEMET). Les expressions et les termes liés au tourisme sont très présents dans des thématiques du GEMET, aussi variées que la gestion, l’économie, les infrastructures et les loisirs.
29Alors que le GEMET comporte un nombre considérable de traductions vers l’espagnol et le portugais dans le domaine du tourisme écologique, certains termes et expressions n’ont pas été colligés dans ce thésaurus quand le système a été élaboré, soit dans les années 1990. Pour accroître les résultats de recherche dans le corpus aux fins d’analyse, le chercheur a colligé des traductions relatives à l’écotourisme dans les médias grand public et les publications officielles de six pays d’Amérique latine : Mexique, Colombie, Argentine, Chili, Pérou et Brésil. La liste complète des expressions et des termes traduits utilisés pour l’analyse sur corpus de la promotion de l’écotourisme en Amérique latine est présentée dans les tableaux 1.1, 1.2 et 1.3.
30Cette section détaille la diffusion sociale de l’écotourisme dans les marchés émergents d’un tourisme écologiquement durable en Amérique latine. L’étude du corpus qui porte sur les concepts sociaux et les pratiques sociales relatives au tourisme environnemental dans la région donne un aperçu des approches et des efforts sociaux déployés en faveur d’un développement durable dans les pays d’Amérique latine. Cet aperçu inclut les divergences ou les convergences entre différents pays d’Amérique latine quant à la promotion de cultures touristiques écologiques, à la dynamique des pratiques de tourisme durable et aux interactions entre ces pratiques.
tableau 1.1. Catégories clés des termes d’écotourisme dans le GEMET
| Catégories | Termes du GEMET |
| Variétés d’écotourisme | Agrotourisme, écotourisme, loisirs locaux, tourisme durable |
| Activités d’écotourisme | Pêche à la ligne, canotage, camping, chasse contrôlée, séjours en gîtes ruraux, croisière, pêche, vacances en camping, chasse, alpinisme, navigation de plaisance, ski, sports d’hiver |
| Mesures d’écotourisme | Impact environnemental des loisirs, impact environnemental du tourisme, revenus de la pêche, utilisation des paysages, dégradation des paysages, gestion de l’activité touristique, mesures de contrôle de la circulation, utilisation du temps de loisirs |
| Outils de gestion en écotourisme | Parc d’attractions, emplacement récréatif aquatique, site de camping, voie piétonne de bord de mer, zone de chasse contrôlée, jardin, espace vert, sentier de randonnée, camp de vacances, réserve de chasse, centre de loisirs, marina, station d’altitude, parc public, aire de loisirs, station balnéaire, installation sportive, jardin en terrasses, route touristique, zone touristique, station de sports d’hiver, jardin zoologique |
| Principes d’écotourisme | Sans objet |
| Parties prenantes | Sans objet |

31Le tableau 1.1 met en évidence la diversité des expressions relatives à l’écotourisme colligées dans le GEMET. Pour faciliter l’analyse sur corpus de la diffusion sociale de ces termes, nous les avons examinés et classés en six catégories : variétés d’écotourisme (en particulier, les activités d’écotourisme développées localement et basées sur des ressources locales), outils de gestion en écotourisme, parties prenantes participant à la promotion et à la concrétisation de l’écotourisme, mesures d’écotourisme (traduisant les divers principes et valeurs d’écotourisme expliqués dans la section précédente), principes et activités d’écotourisme. Le tableau 1.1 rapporte cependant deux catégories lexicales qui manquent d’expressions pertinentes, comme observé dans la base de données du GEMET.
32Il s’agit des parties prenantes et des principes d’écotourisme qui peuvent présenter des similitudes et des différences relativement aux principes d’écotourisme établis par les organisations touristiques et les voyagistes dans les économies développées. Nous avons placé ces deux catégories dans le tableau, car une recherche élargie effectuée dans des médias grand public plus récents, des publications officielles et des rapports d’entreprises de six pays d’Amérique latine a démontré leur pertinence et leur actualité (voir tableaux 1.2 et 1.3). Nous présumons que l’émergence de ces deux catégories lexicales propres au tourisme environnemental dans des documents latino-américains originaux indique la responsabilité croissante endossée par l’industrie ainsi qu’une approche plus appliquée et plus locale de l’interprétation, de la promotion et du développement d’initiatives et de programmes environnementaux durables et localement pérennes.
33La classification du tableau 1.1 fournit le cadre analytique de l’étude sur corpus des constantes de diffusion, de réinterprétation et de mise en œuvre sociales des valeurs et des principes d’écotourisme dans certains pays latino-américains connus pour participer à la promotion du tourisme environnemental afin de favoriser un développement local durable. Selon cette classification, nous avons colligé un grand nombre d’expressions et de termes espagnols et portugais dans des documents très divers écrits en langue originale et produits par les six pays latino-américains à l’étude.
34L’analyse sur corpus multilingue a été conçue pour explorer toute similitude ou toute différence systématique en matière de promotion de l’écotourisme dans différents pays d’Amérique latine. L’analyse quantitative sur corpus a été réalisée avec les nombreux documents numériques publiés en Amérique latine entre 1995 et 2017. Ces documents provenaient des médias grand public originaux, de publications officielles et de rapports d’entreprises et d’organisations. Le répertoire numérique utilisé était FACTIVA (Dow Jones, 2017), soit une base de données mondiale sous licence consistant en publications et en documents originaux rédigés dans des langues locales et colligés à partir de sources d’information très diverses remontant au début des années 1990.
35Quand nous avons exploré la base de données FACTIVA, nous avons utilisé l’ensemble des termes espagnols et portugais d’écotourisme colligés pour faire des requêtes. Nous avons réduit la portée de la recherche à cinq sources d’information, soit les sources commerciales, les sources gouvernementales et politiques, les principales sources de radiodiffusion, les sources industrielles majeures et les médias grand public, en particulier les versions numériques des journaux grand public nationaux. Pour garantir la richesse et la portée des résultats de recherche, au lieu d’utiliser les seuls mots énumérés aux tableaux 1.2 et 1.3, nous avons élaboré des chaînes d’interrogations structurées, dont nous avons testé la validité et l’efficacité de récupération. Les paramètres de recherche relatifs aux sources d’information, aux pays et aux langues locales étaient précisés.
tableau 1.2. Catégories lexicales pour l’analyse sur corpus (termes de recherche en espagnol)
| Variétés locales d’écotourisme | Ecoturismo ; turismo cívico ; turismo costero ; turismo cultural ; turismo de aguas ; turismo aventura ; turismo de balneario ; turismo rural comunitario ; turismo de bienestar ; turismo de deportes ; turismo estudiantil ; turismo de incentivo ; turismo de reuniones ; turismo de negocios y eventos ; turismo de pesca ; turismo de pesca ; turismo de pesca ; turismo de playa ; turismo salud ; turismo salud ; turismo de sol y mar ; turismo de sol y playa ; turismo en represas ; turismo esotérico ; turismo étnico ; turismo fluvial ; turismo gastronómico ; turismo hidroterápico ; turismo termal ; turismo lacustre ; turismo de nieve y montaña ; turismo marítimo ; turismo náutico ; turismo religioso ; turismo campesino ; turismo rural ; turismo social ; turismo termal ; turismo voluntario ; turismo de cruceros ; turismo indígena |
| Outils de gestion en écotourisme | Área protegida ; reserva natural estricta ; área silvestre ; parque nacional ; monumento natural ; áreas de gestión de hábitats y especies ; área marina protegida ; área protegida con uso sostenible de los recursos naturales ; reserva natural educativa ; reserva silvestre y educativa |
| Parties prenantes | Comunidad ; gobierno ; agencia de turismo ; ONG ; abastecedor ; empleado ; turista ; pueblo originario |
| Mesures locales d’écotourisme | Suporte comunitario ; empleo local ; compras locales ; empresarios locales ; igualdad de oportunidades ; trabajo decente ; servicios locales ; medios de subsistencia locales ; protección del patrimonio cultural ; presentación de cultura y patrimonio ; artefactos ; compras sostenibles ; compras eficientes ; conservación de energía ; conservación del agua ; gases de efecto estufa ; transporte ; aguas servidas ; desechos sólidos ; sustancias perjudiciales ; reducción de la contaminación |
| Principes locaux d’écotourisme | Accesibilidad ; inclusión ; equidad ; igualdad ; solidaridad ; desarrollo de conciencia ambiental ; promoción de bienestar ; conservación del patrimonio ; interpretación del medioambiente ; sostenibilidad ; valoración de la identidad cultural ; conservación del patrimonio histórico y cultural ; intercambio cultural ; promoción de la paz ; respeto a la diversidad |
| Activités locales d’écotourisme | Body board ; body surf ; tubing ; canotaje ; kayak ; kayak ; canotaje ; rafting ; flotada de snorkeling ; kitesurf ; buceo ; buceo libre ; buceo nocturno ; buceo profundo ; remo ; stand up paddling ; surf ; navegación a vela ; windsurf ; globo aerostático ; salto base ; paracaidismo ; ultraligero ; vuelo libre ; ala delta ; parapente ; arco y fleche ; canopy ; salto bungy ; senderismo ; senderismo ; senderismo ; barranquismo ; ciclismo ; ciclismo ; carrera de aventura ; carrera de orientación ; escalada ; escalada en big wall ; bouldering ; escalada artificial ; escalada en roca ; escalada deportiva ; espeleología ; parkour ; montañismo ; alpinismo ; mountain bike ; paintball ; cuadriciclo ; rápel ; sandboarding ; skate ; tirolesa ; cabalgata ; off road ; via ferrata |

36Les chaînes d’interrogation élaborées précisaient que tout article contenant un ou plusieurs termes d’intérêt s’inscrivait dans le cadre de l’étude sur corpus. Cette requête fondée sur les termes facilitait l’étude de la distribution des lexies et des catégories de mots essentielles de l’éco tourisme. Les différences entre les six pays d’Amérique latine étaient ainsi intersectorielles et elles illustraient leurs approches nationales distinctes en matière d’interprétation, de promotion et de développement de l’écotourisme au cours des deux dernières décennies.
tableau 1.3. Catégories lexicales pour l’analyse sur corpus (termes de recherche en portugais)
| Variétés d’écotourisme | Ecoturismo ; turismo cultural ; turismo de estudos e intercâmbio ; turismo de esportes ; turismo de pesca ; turismo náutico ; turismo de aventura ; turismo de sol e praia ; turismo de negócios e eventos ; turismo rural ; turismo de bem-estar ; turismo de incentivo ; turismo de saúde ; turismo de base comunitaria ; turismo solidário ; turismo voluntário |
| Outils de gestion en écotourisme | Áreas protegidas ; Reserva Natural Estrita or Area Silvestre or Parque Nacional or Monumento Natural or Santuario de Vida Silvestre or Paisagem Terrestre/Marinha Protegida or Area protegida com recursos Manejados or Reserva extrativista |
| Parties prenantes | Comunidade or governo or organização de turismo or operadora de turismo or ONG or Fornecedor or Empregado or Turista |
| Mesures d’écotourisme | Spoio da comunidade or Emprego local or Compras locais or Empresários locais or Oportunidades iguais or Trabalho decente or Serviços locais or Meios de subsistência locais or Proteção do patrimônio cultural or Apresentação de cultura e patrimônio or Artefatos or Compras preferivelmente sustentáveis or Compras eficientes or Conservação de energia or Conservação da água or Gases de efeito estufa or Transporte or Aguas residuais or Resíduos sólidos or Substâncias nocivas or Redução da poluição or Conservação da biodiversidade or Visitas a sítios naturais or Interação com animais silvestres or Criação e comércio de animais silvestres or Bem-estar animal or Espécies invasoras or Interações culturais |
| Principes d’écotourisme | Acessibilidade ; inclusão ; equidade ; igualdade ; solidariedade ; formação de consciência ambientalista ; promoção do bem-estar ; conservação do patrimonio ; interpretação do ambiente ; sustentabilidade ; valorização da identidade cultural ; preservação do patrimônio histórico e cultural ; intercâmbio cultural ; promoção da paz ; respeito à diversidade |
| Activites d’ecotourisme | Acqua-ride ; boia-cross ; body-board ; bodyboard ; bodyboarding ; bodysurfe ; boia-cross ; acqua-ride ; canoagem ; caiaque ; caiaque oceânico ; canoagem oceânica ; seakayak ; caiaque surfe ; surf kayak ; caiaque turístico ; kayaktouring ; canoa ; duck ; caiaque inflável ; rafting ; rafting em águas brancas ; waveski ; esqui aquático ; snorkeling ; flutuação ; hidrospeed ; jet ski ; kitesurfe ; mergulho ; mergulho autônomo ; recreativo ; mergulho recreativo ; mergulho autônomo turístico ; mergulho livre ; mergulho em caverna ; mergulho notturno ; mergulho profundo ; remo ; stand up ; surfe ; vela ; wakeboard ; windsurfe ; prancha a vela ; balonismo ; base jump ; paraquedismo ; salto duplo ; skydive ; skysurfe ; sky surf ; ultraleve ; voo livre ; asa-delta ; asa delta ; voo livre ; parapente ; paraglider ; arco e fleche ; arvorismo ; arborismo ; bungee jump ; cachoeirismo ; cascading ; caminhada ; caminhada ; hiking ; trekking ; caminhada de longo curso ; travesAID ; canionismo ; ciclismo ; cicloturismo ; corrida de aventura ; corrida de orientação ; orientação ; escalada ; big wall ; escalada em big wall ; boulder ; escalada de bloco ; bouldering ; escalada em bloco ; escalada em artificial ; escalada em rocha escalada esportiva ; muro artificial ; cavernismo ; espeleoturismo ; caving ; cavernismo ; espeleoturismo vertical ; le parkour ; montanhismo ; alpinismo ; mountain bike ; mountain biking ; paintball ; quadriciclo ; rapel ; sandboard ; skate ; skateboarding ; skateboard ; tirolesa ; turismo equestre ; cavalgada ; turismo fora de estrada ; turismo fora de estrada ; fora de estrada ; off-road ; via ferrata |

37Étant donné les volumes respectifs différents des collections nationales de matériels numériques pertinents inclus dans FACTIVA, les fréquences d’occurrence brutes des expressions lexicales relatives à l’écotourisme ont été converties en fréquences normalisées pour 10 000 mots. Ces fréquences normalisées permettent de comparer la répartition des publications relatives à l’écotourisme dans différentes sources d’information de pays d’Amérique latine distincts. Si l’on prend le Mexique comme exemple, le nombre normalisé d’articles contenant des termes d’écotourisme dans les sources d’entreprises était de 1153. Tandis que ce nombre était nettement supérieur à celui des articles sur l’écotourisme issus de sources gouvernementales ou politiques, il restait mineur en regard des publications pertinentes des principales sources de radiodiffusion, des sources commerciales et des journaux grand public. La même recherche sur corpus a été réitérée avec cinq autres pays majeurs d’Amérique latine, dont le Brésil lusophone, en utilisant la liste des termes équivalents en portugais (tableaux 1.2 et 1.3).
tableau 1.4. Distribution des termes d’écotourisme traduits dans les différentes sources d’information (FACTIVA)
| Entreprises | Gouvernement | Radiodiffusion | Journaux grand public | Industries majeures | |
| Mexique | 1153 | 43 | 4894 | 3898 | 11 |
| Colombie | 2487 | 102 | 3209 | 4176 | 25 |
| Argentine | 1502 | 698 | 3019 | 3498 | 1283 |
| Chili | 3028 | 20 | 1614 | 5179 | 159 |
| Pérou | 2725 | 45 | 4369 | 2815 | 45 |
| Brésil | 854 | 4082 | 1952 | 3075 | 37 |

38Si l’on ventile la couverture de l’écotourisme selon les six catégories lexicales définies – variétés d’écotourisme, outils de gestion en écotourisme, parties prenantes, mesures d’écotourisme, principes d’écotourisme et activités d’écotourisme –, l’analyse sur corpus met en évidence que la catégorie la plus saillante est celle des termes relatifs aux parties prenantes, c’est-à-dire qui est responsable de quoi. Puis vient la catégorie des mots relatifs aux mesures d’écotourisme, c’est-à-dire à la manière dont on peut évaluer l’écotourisme et le développer dans les contextes nationaux. La troisième catégorie par ordre d’importance regroupe les mots relatifs aux principes d’écotourisme localisé, tels que accesibilidad (accessibilité), inclusión (inclusion), equidad (équité), igualdad (égalité), solidaridad (solidarité), desarrollo de conciencia ambiental (développement d’une conscience environnementale), promoción de bienestar (promotion du bien-être), conservación del patrimonio (conservation du patrimoine), interpretación del medioambiente (interprétation de l’environnement), sostenibilidad (pérennité), valoración de la identidad cultural (valorisation de l’identité culturelle), conservación del patrimonio histórico y cultural (conservation du patrimoine historique et culturel), intercambio cultural (échange culturel), promoción de la paz (promotion de la paix), respeto a la diversidad (respect de la diversité).
39Le tableau 1.4 met en évidence qu’au Brésil la promotion de l’écotourisme a attiré davantage l’attention du public et que le tourisme respectueux de l’environnement a été bien couvert par des sources aussi diverses que les sources commerciales, les sources gouvernementales et politiques, les principales sources de radiodiffusion et les journaux grand public. En comparaison, la couverture de l’écotourisme dans les cinq pays latinoaméricains hispanophones, c’est-à-dire le Mexique, la Colombie, l’Argentine, le Chili et le Pérou, est bien moindre, mais ces cinq pays présentent de nombreuses similarités en la matière. Les chiffres du tableau 1.4 laissent penser qu’il existe des corrélations plus fortes entre des pays comme le Mexique et le Pérou, et l’Argentine et le Chili, qui peuvent s’expliquer par la proximité géographique des uns et des autres, et par des contextes culturels et historiques proches du fait qu’il s’agit de pays voisins au sein de la région. La Colombie a par ailleurs présenté certaines similarités avec les deux paires de pays Mexique-Pérou et Argentine-Chili.
40L’analyse sur corpus a permis de déterminer certaines constantes de promotion sociale des pratiques de tourisme écologique dans les principaux pays latino-américains. Notons l’un des résultats clés de cette analyse sur corpus : lors de sa promotion du développement de l’écotourisme, le seul pays lusophone de la région – le Brésil, pays connu pour sa diversité biologique et culturelle – a participé très activement au développement de l’écotourisme dans tous les secteurs sociaux. Cette réalité est appuyée par les données probantes du corpus sur le très grand nombre de publications relatives à différents aspects de l’écotourisme colligées à partir de sources commerciales, gouvernementales et politiques, des principales sources de radiodiffusion et des journaux grand public dans le pays. Dans les cinq pays latino-américains hispanophones, l’écotourisme était mieux représenté dans des documents provenant des principales sources de radiodiffusion, des sources commerciales destinées à des publics spécialisés, et des journaux s’adressant à des publics plus larges. Un plus grand nombre de similarités ont été déterminées entre les pays hispanophones en matière de couverture de l’écotourisme par différentes sources d’information. En revanche, l’écotourisme était plus souvent et mieux évoqué dans les sources gouvernementales au Brésil et, dans une moindre mesure, dans les journaux brésiliens destinés au grand public.
Conclusion
41L’élaboration de ressources de traduction multilingues peut grandement faciliter la communication des politiques internationales qui font la promotion du tourisme durable, approche très innovante vers un développement durable. Le tourisme durable a prouvé son efficacité pour stimuler le développement socioéconomique des zones rurales et régionales. Il est particulièrement efficace pour protéger l’héritage culturel local et les ressources naturelles, et favoriser ainsi une croissance de l’économie nationale plus saine sur le long terme. Nous avons exploré dans cette étude la communication sociale en matière de tourisme écologiquement durable dans les principaux pays latino-américains connus pour leur diversité culturelle et biologique ainsi que pour leur grand potentiel d’engagement dans la voie de l’écotourisme afin de stimuler le développement durable aux niveaux national et régional. Les données probantes du corpus ont été colligées grâce à l’élaboration d’un répertoire lexical multilingue d’écotourisme qui combinait des termes issus de thésaurus multilingues spécialisés en environnement et de traductions récentes en écotourisme publiées dans un ensemble divers de ressources nationales. L’approche sur corpus a mis en évidence des constantes sous-jacentes de diffusion, d’adaptation locale et de mise en œuvre de nouvelles pratiques de tourisme environnemental ainsi que des valeurs et des principes sociaux connexes d’une langue et d’une culture à l’autre. Les résultats de cette analyse confirment l’argument selon lequel la clé du succès en matière d’élaboration de modèles pérennes d’écotourisme réside dans la traduction, l’interprétation et la mise en œuvre, au niveau local, de valeurs, de politiques et de principes internationaux d’écotourisme, élaborés pour guider et éclairer les pratiques locales et nationales. Ouverture d’un ouvrage abordant l’étude sur corpus de la communication et de la traduction en environnement, ce chapitre a illustré l’application d’une analyse sur corpus multilingue basée sur des termes et leurs équivalents traduits. Il a montré que, bien que l’on ne connaisse pas les différences nationales de promotion de l’écotourisme en tant qu’industrie touristique émergente de niche, l’analyse sur corpus de matériels transversaux présentant les termes traduits pertinents peut apporter un éclairage utile à ce nouveau domaine de recherche. En ciblant l’Amérique latine dans cette étude, l’analyse sur corpus a déterminé et souligné d’importantes constantes et caractéristiques essentielles de promotion socioculturelle des pratiques de tourisme environnemental expérientiel au sein de systèmes latino-américains historiques, environnementaux, culturels et sociaux distincts. L’étude sur corpus a témoigné des efforts intersectoriels actuellement déployés en Amérique latine pour traduire, adapter et réinventer le tourisme environnemental et ses concepts, ses principes, ses valeurs et ses cultures de loisirs connexes.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
L'éducation aux médias à l'ère numérique
Entre fondations et renouvellement
Anne-Sophie Letellier et Normand Landry (dir.)
2016
L'intégration des services en santé
Une approche populationnelle
Lucie Bonin, Louise Belzile et Yves Couturier
2016
Les enjeux éthiques de la limite des ressources en santé
Jean-Christophe Bélisle Pipon, Béatrice Godard et Jocelyne Saint-Arnaud (dir.)
2016
La détention avant jugement au Canada
Une pratique controversée
Fernanda Prates et Marion Vacheret (dir.)
2015
La Réussite éducative des élèves issus de l'immigration
Dix ans de recherche et d'intervention au Québec
Marie McAndrew (dir.)
2015
Agriculture et paysage
Aménager autrement les territoires ruraux
Gérald Domon et Julie Ruiz (dir.)
2014
