1 Auguste Viatte, « L’affaire des réfugiés français au Canada », Le Monde, 4 novembre 1948, p. 3.
2 Luc Boltanski, Élisabeth Claverie, en conclusion du collectif Affaires, scandales et grandes causes, op. cit., p. 395 sq.
3 Sur cette expression riche de différents horizons de temporalités, on peut lire la stimulante réflexion appliquée à l’Europe par Tony Judt dans Après-guerre. Une histoire de l’Europe depuis 1945, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 2009 (1re édition française, 2007 ; édition originale, Postwar. A History of Europe since 1945, 2005). Un après-guerre européen qui, selon lui, s’achève véritablement à la chute du mur de Berlin et dont il donne rétrospectivement la définition « longue » suivante : « On verrait désormais les années 1945-1989 non pas comme le seuil d’une époque nouvelle, mais plutôt un âge intermédiaire : une parenthèse de l’après-guerre, les effets inachevés d’un conflit qui se termina en 1945 mais dont l’épilogue avait duré encore un demi-siècle », op. cit., p. 14.
4 Luc Van Dongen, Un purgatoire très discret, op cit., p. 283.
5 Auguste Viatte, « L’affaire des réfugiés français au Canada », Le Monde, 4 novembre 1948, p. 3.
6 Luc Van Dongen, Un purgatoire très discret, op cit., p. 285.
7 Ibidem, p. 286.
8 Ibidem, p. 287.
9 Henry Rousso, préface à l’édition 2012, Un château en Allemagne, Sigmaringen 1944-1945, op. cit., p. 14.
10 Pour reprendre la typologie esquissée par Philippe Burrin dans La France à l’heure allemande, op. cit.
11 Philippe Burrin, La France à l’heure allemande, op. cit., p. 413-414.
12 On a déjà signalé la pertinence de ce clivage dans la lecture du procès Pétain (chapitre 1). Luc Van Dongen le confirme dans son étude : « On aura remarqué que la géographie du soutien religieux constitue le reflet fidèle de la présence française en Suisse. En effet, pour des raisons que nous avons évoquées (convergences culturelles, sociales, idéologiques, linguistiques), la Suisse romande se mobilisa davantage que la Suisse allemande pour les collabos » ou encore : « Une pente naturelle amenait ainsi une partie des épurés français vers les cantons catholiques. L’impulsion provenait tantôt du réfugié lui-même, tantôt des milieux ecclésiastiques suisse ou français (comme avec Charbonneau), tantôt des autorités fédérales. Pour éviter des complications, telles que polémiques de presse et hostilité des autorités cantonales Berne proposa voire imposa régulièrement les cantons de Fribourg et du Valais. » Luc Van Dongen, Un purgatoire très discret, op cit., p. 299 et 301.
13 Luc Van Dongen, Un purgatoire très discret, op. cit., p. 296.
14 Ce constat marquait le point de départ de la réflexion collective engagée sous la direction de Catherine Pomeyrols et Claude Hauser, L’Action française à l’étranger, op. cit., p. 5.
15 Catherine Pomeyrols, « Les échos de la condamnation de l’Action française au Québec », dans L’Action française à l’étranger, op. cit., p. 77.
16 Luc Van Dongen, Un purgatoire très discret, op. cit., p. 301.
17 Cf. le chapitre 3.
18 Après la mort du « maître », le Centre d’information nationale Robert Rumilly se rapproche nettement, sous l’impulsion du chanoine Achille Larouche, de la mouvance catholique la plus traditionaliste. Jean-François Nadeau, Robert Rumilly, op. cit., p. 328-329.
19 Note d’un inspecteur de police à son sujet en 1956. Luc Van Dongen, Un purgatoire très discret, op cit., p. 309. Rappelons qu’il était professeur de civilisation américaine après une thèse soutenue en 1924 sur L’esprit révolutionnaire en France et aux États-Unis à la fin du XVIIIe. Dans les faits, ayant perdu à la Libération son poste au Collège de France, il enseigne en Suisse jusqu’en 1961.
20 En effet, si l’affaire Bernonville témoigne bien à sa façon d’un certain climat idéologique propre à la Grande noirceur du Québec de Duplessis, on ne peut perdre de vue que le premier ministre lui-même et au-delà les autorités provinciales se sont tenus assez scrupuleusement à l’écart de ce dossier. Inversement, et rappelant combien les notions de rupture et de continuité doivent toujours être maniées avec beaucoup de précaution, il ne fait aucun doute que, par calcul politique ou au nom du « fait provincial », des élus du parti libéral originaires du Canada-français ont soutenu (parfois ardemment) la cause des miliciens. Cela n’empêchera pas certains, par la suite, d’être ministre provincial de la Révolution tranquille (Bona Arsenault) ou d’avoir des responsabilités fédérales.
21 Catherine Pomeyrols et Claude Hauser, L’Action française à l’étranger, op. cit., p. 6 ; Olivier Dard, Michel Grunevald (dir.), Charles Maurras et l’étranger. L’étranger et Charles Maurras, Berne, Peter Lang, 2009.
22 Catherine Pomeyrols, « Les échos de la condamnation de l’Action française au Québec », dans L’Action française à l’étranger, op. cit., p. 78.
23 Catherine Pomeyrols, Les intellectuels québécois, op. cit., p. 445. De fait, des gens comme Henri Bourassa ou le Chanoine Groulx avaient déjà depuis l’entre-deux-guerres (et notamment la condamnation de 1926) pris leur distance à l’égard de Maurras et de son mouvement.
24 Jean-François Nadeau, Robert Rumilly, op. cit., p. 326.
25 Dans le cas de Bernonville, on ne peut être que frappé par la présence persistante des Cagoulards dans son entourage. Un « réseau », à l’importance souvent exagérée ou fantasmée, mais qui montre ici une certaine vitalité. Sur ce point, les travaux de Philippe Bourdrel restent une référence : outre son ouvrage plus récent Les Cagoulards dans la guerre (op. cit.), on peut toujours se référer à son premier livre sur la question La Cagoule Histoire d’une société secrète du Front populaire à la Ve République, Paris, Albin Michel, 1970.
26 En particulier en 1965 dans un pamphlet, intitulé A bas la haine !, Montréal, La Vérité. Sur cette facette d’Adrien Arcand, voir Jean-François Nadeau, Adrien Arcand, op. cit., chapitre 11, Le Négationniste, p. 311-340. À ce titre Arcand a des correspondants communs avec Robert Rumilly, en particulier Henry Coston.
27 Sur ces différents âges, cf. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, op. cit.
28 Jean-François Nadeau, Adrien Arcand, op. cit., p. 326.
29 En particulier dans son livre Quel monde ! publié en 1965. Jean-François Nadeau, Robert Rumilly, op. cit., p. 227-229.
30 Jean-François Nadeau, Robert Rumilly, op. cit., p. 182.
31 Jean-François Nadeau, Adrien Arcand, op. cit., p. 278.
32 Luc Van Dongen, Un purgatoire très discret, op cit., p. 292. L’auteur insiste : « La liste est longue de tous ceux qu’il épaula à la fin de la guerre, en général avec succès : nous en avons dénombré une vingtaine. »
33 Sur ce processus de mondialisation des enjeux mémoriels, voir notamment le dossier publié en octobre 2008 par Pascal Blanchard, Marc Ferro et Isabelle Veyrat-Masson, dans la revue Hermès, « Les guerres de mémoires dans le monde », n° 52, CNRS éditions.
34 Martin Pâquet, « Des usages publics du passé au Canada et au Québec contemporains », dans Martin Pâquet (dir.), Faute et réparation au Canada et au Québec contemporains, op. cit., p. 15-16.
35 Harold Troper et Morton Weinfeld, « Jewish-Ukrainian Relations in Canada since World War II and the Nazi War Criminal Issue », dans Alan Davies (dir.), Antisemitism in Canada, op. cit., p. 282.