Conclusion
p. 229-239
Extrait
1Dans un entretien sur les risques de l’écriture mené à Paris en juin 2013 par Karin Schwerdtner, Camille Laurens constate que depuis le procès intenté contre elle il y a dix ans, un procès qu’elle a gagné, « la situation s’est beaucoup aggravée1 » dans le domaine de la publication. Le procès évoqué par Laurens est vraisemblablement celui entrepris contre elle en 2003 par son mari Yves Mézières pour l’avoir nommé dans L’amour, roman (2003). Laurens, qui a déjà réfléchi sur l’autocensure dans son article « (Se) dire et (s’)interdire » publié en 2007, soutient que notre époque est régie par « une logique de procès, de judiciarisation qui va durer2 ». Ces propos font écho aux observations d’Agnès Tricoire qui, dans son Petit traité de la liberté de création, avance que l’année 2000 constitue en quelque sorte une année charnière du « retour à l’ordre moral3 » en France et conclut que « toutes les idées ne sont pas permises, seules celles qui ont un effet direct et positif le sont4
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