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  • Chapitre 14. Les pratiques de lecture
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    Plan détaillé Texte intégral L’alphabétisation et la culture de l’imprimé Les pratiques de lecture au Québec ÉTUDE DE CAS. Joséphine Marchand-Dandurand : la lecture au féminin La représentation iconographique de la lecture Notes de bas de page Auteurs

    Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, Volume II

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre 14. Les pratiques de lecture

    Michel Verrette, Yvan Lamonde et Sophie Montreuil

    p. 475-498

    Texte intégral L’alphabétisation et la culture de l’imprimé Les sources et leur critique Facteurs et résultats : Hamilton, 1861 Se marier et signer son nom au Bas-Canada et au Québec Les pratiques de lecture au Québec ÉTUDE DE CAS. Joséphine Marchand-Dandurand : la lecture au féminin La représentation iconographique de la lecture Médias nouveaux, messages nouveaux La représentation de la lecture Lectrices et lecteurs Lieux de lecture Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    L’alphabétisation et la culture de l’imprimé

    MICHEL VERRETTE ET YVAN LAMONDE

    1L’alphabétisation n’est pas que le simple résultat de la scolarisation ; dès la fin du XIXe siècle, le sociologue canadien-français Léon Gérin avait bien vu la pertinence de déterminer les facteurs qui jouent dans l’étude de chacun des phénomènes1. La capacité de lire et d’écrire a un effet direct sur la lecture de la Bible et sur la culture démocratique d’une société, mais l’alphabétisation est, avec la technologie de l’imprimerie, au cœur même de l’élaboration de la culture de l’imprimé.

    Les sources et leur critique

    2Les sources documentaires pour étudier l’alphabétisation doivent répondre à trois critères : elles doivent être « applicables dans un ou des pays en entier, à des gens de tous âges, de toutes conditions économiques et sociales, et sur une longue période de temps » ; pouvoir permettre l’utilisation d’« une mesure standard d’une personne à l’autre, d’un groupe à l’autre, d’une région à l’autre et d’une période historique à l’autre » ; enfin, être « directes », la signature d’un individu constituant une preuve directe2. Les sources pour l’étude de l’alphabétisation sont variées, complémentaires et déterminantes : chacune a sa richesse et ses limites dans la longue durée, l’intérêt de l’étude résidant dans la découverte des tendances décennales, sinon séculaires. Que peut donc tirer l’historien des recensements et des signatures ou marques sur les actes civils de mariage, sur les testaments, les actes de ventes et les pétitions3 ?

    3Il existe des recensements de la population canadienne de façon continue depuis 1851 ; ils présentent des questions portant sur l’alphabétisation depuis 1861, Ils ont l’avantage de s’adresser à l’ensemble de la population adulte, de permettre l’analyse de l’alphabétisation en regard d’autres facteurs ou variables fournis par le même recensement et enfin de permettre d’effectuer des comparaisons sur le plan international4. Leurs limites sont toutefois significatives : ils n’existent que depuis 1861, les recensements ont lieu à un intervalle de 10 ans – le recensement de 1881 étant même muet sur l’alphabétisation –, le type de cueillette des renseignements peut varier en milieu urbain et rural, la question posée sur l’alphabétisation change de recensement en recensement, compliquant ainsi la comparaison interdécennale5, le sens donné à la formulation « ne sachant lire ou écrire » peut aussi varier, sans compter les effets de la conjoncture (rétablissement ou non du Rep by Pop durant la décennie 1850, évaluation de l’importance quantitative relative des dénominations religieuses, etc.) sur les réponses des recensés6.

    4Tout d’abord, la signature ou la marque (« + », « x ») des conjoints sur l’acte de mariage est une source d’enquête qui dépend directement de l’état de conservation des registres de l’état civil, d’une qualité heureusement exceptionnelle au Bas-Canada et au Québec. Cette source, qui concerne une cohorte d’hommes et de femmes dont l’âge est celui où la population se mariait dans une proportion de 80 à 85 %, a le grand avantage de permettre une analyse sur la longue durée, du XVIIe siècle à nos jours7. Dans le cas du recensement comme dans celui de la signature, les historiens connaissant bien l’histoire de l’éducation affirment qu’à cette époque, écrire présuppose la capacité acquise de lire. Dans les deux cas, l’analyste peut coupler l’alphabétisation à divers facteurs et tenter de les hiérarchiser ou de les pondérer : appartenance à un groupe ethnique, à un groupe religieux, à un groupe linguistique, sexe, âge, lieu d’habitat, occupation, provenance géographique, niveau de richesse, présence de propriété, taille de la famille, offre et demande en matière d’infrastructure scolaire appuyée ou non par l’État, contrôlée plus ou moins fortement par des groupes sociaux8. Il peut aussi, grâce à la reconstitution d’une population, examiner tous les types d’actes signés par un même individu ; cette pratique ne permet toutefois pas une étude approfondie de la cohorte des femmes puisqu’elles signent très peu d’actes civils9.

    5Les pétitions, comprenant parfois jusqu’à 80 000 signatures ou marques, peuvent fournir une coupe diachronique de l’alphabétisation d’un lieu plus ou moins étendu, à un moment spécifique, comme au temps des Rébellions et de l’Union au Bas-Canada. Mais la pétition est essentiellement le fait des hommes. Le taux d’alphabétisation obtenu dans une étude qui a recours à la pétition peut être plus élevé en raison de la sélection sociale présupposée par le geste même ou en raison du lieu où l’on fait circuler la pétition, celui-ci pouvant être une ville administrative où les habitants sont en principe plus alphabétisés ; enfin, la capacité d’apposer une signature ne prouve en rien la capacité de lire10. Quant aux testaments ou aux actes de vente, ils ne permettent d’examiner la signature que d’une partie infime de la population, à des moments rares sinon tardifs.

    Facteurs et résultats : Hamilton, 1861

    6Les travaux de Harvey J. Graff témoignent de la richesse et des limites des recensements comme source d’étude de l’alphabétisation au Canada. L’auteur a analysé en profondeur un seul recensement, le plus riche, celui de 1861, exploitant avec perspicacité les autres variables que cette source offrait. Sa monographie de Hamilton en 1861 – enrichie de quelques comparaisons avec des villes d’Ontario comme Toronto, Kingston et London – porte davantage sur les analphabètes que sur la population alphabétisée. Elle a une perspective d’histoire sociale et de regard sur l’autre côté du miroir11. À la suite de la question posée par les recenseurs aux chefs de famille ou à un substitut à propos des personnes de 20 ans et plus « qui ne peuvent lire ou écrire », H. J. Graff observe que 9,6 % des citoyens recensés sont analphabètes et 90,4 % alphabétisés, ce qui place les Hamiltoniens parmi les plus alphabétisés en Occident à l’époque, davantage même que la population blanche des États-Unis12. Élément intéressant de signature : 40 % des chefs de famille qui se déclarent analphabètes apposent leur marque sur la déclaration de recensement13.

    7Parmi les analphabètes, l’appartenance ethnique constitue le facteur le plus discriminant : les Irlandais catholiques se révèlent analphabètes à 29,7 % et constituent 60,7 % de la population analphabète totale (903 personnes)14. Les adultes entre 20 et 49 ans représentent entre 23 et 27 % des analphabètes (parmi lesquels les femmes sont majoritaires, à 62,2 %), mais non pas chez les immigrants, sélectionnés au départ de l’immigration et qui sont majoritairement alphabétisés15. Un des facteurs d’augmentation des risques d’analphabétisme semble être la non-spécialisation de l’occupation professionnelle ; cependant, H. J. Graff observe que là où le travail manuel se fait par apprentissage, un épicier, un boutiquier, un aubergiste ou un tenancier de taverne ne sachant ni lire ni écrire peut prospérer grâce à l’aide d’un membre alphabétisé de la famille16. Mettant à profit les rôles d’évaluation municipale pour connaître la valeur annuelle des biens des citoyens d’Hamilton, l’historien constate que l’alphabétisation croît avec la fortune, soulignant qu’il existe toutefois de riches analphabètes17. Fait inattendu ; les analphabètes dénombrés sont propriétaires de leur maison (24,1 %) dans une proportion presque semblable à celle des alphabètes (27,2 %) ; l’analphabétisme n’est pas non plus un facteur d’isolement dans la ville, sauf chez les Irlandais, plus regroupés18. À Hamilton, les analphabètes de 20 à 39 ans sont plus souvent mariés que leurs pairs alphabétisés et ils ont un peu moins d’enfants que ces derniers19.

    8La scolarisation des Canadiens est autant fonction de l’offre que de la demande, l’infrastructure scolaire locale marquant le rythme et l’intensité de l’alphabétisation, en milieu urbain ou rural, par exemple. À Hamilton, H. J. Graff observe que seuls 38 % des enfants de 5 à 16 ans de parents analphabètes sont inscrits à une école en 1861. Tous métiers confondus, les parents alphabétisés inscrivent leur enfants à l’école dans une proportion de 57 %, alors que les enfants d’analphabètes ne sont inscrits que dans une proportion de moins de 50 %, et de 32,9 % lorsque le père a un travail non spécialisé. Considérés selon leur appartenance ethnique, la moitié de ces enfants de parents analphabètes fréquentent donc l’école ; cependant, 35 % des enfants d’Irlandais catholiques analphabètes la fréquentent annuellement, alors que 29,7 % des enfants d’Irlandais protestants le font. Les enfants de mères analphabètes fréquentent l’école à 40,2 %, ceux de pères analphabètes à 34,4 %. La fréquentation scolaire décroît avec l’augmentation du nombre d’enfants par famille et les enfants d’analphabètes quittent l’école plus tôt20.

    9Michael B. Katz a aussi analysé de près les facteurs qui ont influé sur la fréquentation scolaire des jeunes Ontariens du milieu du XIXe siècle. Son étude des recensements de 1851 et de 1861 lui permet d’abord d’observer qu’il y a eu une croissance spectaculaire de la fréquentation scolaire entre les deux recensements, effet des politiques scolaires d’Egerton Ryerson. Il remarque que certains facteurs ont une influence sur la fréquentation des écoles, abstraction faite de la classe sociale, et que quelques-uns d’entre eux restent constants, tels le dimorphisme sexuel, l’appartenance ethnique, la religion et la richesse, tandis que deux facteurs changent significativement, soit la durée de la fréquentation scolaire, qui s’allonge quelque peu, et l’âge auquel on commence l’école. En observant les facteurs que sont la taille de la famille et l’âge des enfants, il note que plus il y a d’enfants, en particulier de jeunes enfants, plus ils commencent tôt à fréquenter l’école. Katz note par ailleurs que là où les enfants des classes privilégiées se démarquent de la masse, c’est dans la durée des études, qu’ils poursuivent au-delà de l’âge de 12 ans. Si tous les citoyens ont accès à l’éducation de base et à l’alphabétisation de façon égale, seule l’élite accède à une formation plus avancée, ce qui favorise directement sa reproduction sociale21.

    10Mais Hamilton, en 1861, peut-il être comparé au milieu rural ? Pour répondre à la question et pondérer la variable urbain/rural, H. J. Graff a étudié le comté d’Elgin au Haut-Canada, constitué d’une population jeune et originaire du Haut-Canada même, intégrée à un milieu familial et ayant traditionnellement un très bon accès aux écoles. En 1861, la population y est alphabétisée à 97,8 % et est scolarisée à 88 %. Les facteurs analysés pour Hamilton semblent être semblables chez les 325 analphabètes de ce comté, sauf en ce qui concerne l’écart moins marqué entre femmes et hommes, ainsi que la présence d’une immigration moins forte dans une économie agricole plus stable22.

    11Graff, qui se demandait « jusqu’à quel point il importait que certaines personnes sachent lire et écrire23 » et qui voulait mettre à l’épreuve de l’histoire sociale le discours moral et bourgeois des promoteurs de l’école au milieu du XIXe siècle, conclut que « l’inégalité sociale se perpétuait de génération en génération par une accessibilité différente à l’éducation » et que ni la scolarisation ni l’alphabétisation « ne transformaient de façon significative la hiérarchie de classe et les inégalités structurelles24 ».

    12À partir de recensements spécifiques à Terre-Neuve, qui entre dans la Confédération canadienne en 1949, David Alexander a aussi mené une enquête socioéconomique sur l’alphabétisation de l’île, faisant valoir en conclusion que, si la capacité de lire et d’écrire a un impact sur la productivité économique, elle concerne aussi la façon de vivre en société25. Son étude fait voir des variations régionales dans les taux d’alphabétisation, variations liées à l’activité économique ou administrative des agglomérations de l’île. Alexander observe avec finesse que l’éducation secondaire est plus décisive sur le plan économique et que le secteur commercial requiert davantage d’alphabétisation que le secteur industriel26. Ayant pour but une explication de l’évolution économique de Terre-Neuve, l’étude conclut que dans un monde capitaliste où l’alphabétisation est chose acquise, Terre-Neuve « aurait mieux réussi à développer son potentiel si ses habitants avaient eu, au moment de la colonisation, une meilleure éducation27 ».

    Se marier et signer son nom au Bas-Canada et au Québec

    13Le taux élevé de conservation des registres d’état civil a permis à Michel Verrette d’analyser la signature ou la marque de 52 430 conjoints lors de 26 215 mariages dans 49 localités fondées avant 1869, incluant la ville de Québec, mais excluant celle de Montréal28. La continuité des séries statistiques de 1660 à 1900 fait voir un décollage durant la décennie antérieure à la Confédération, le taux de signature passant de 29,1 % en 1850-1859 à 41,5 % en 1860-1869, alors qu’il était de 26,7 % en 1840-1849. La majorité de la population est alphabétisée durant la décennie 1870 (52,6 %) et elle l’est à 74,4 % entre 1890 et 189929. Les données compilées par M. Verrette permettent cette comparaison tant souhaitée entre les données tirées des actes de mariage et celles provenant des recensements, la critique de la valeur de ces données étant toujours présente à l’esprit. L’écart est significatif, même s’il tend à se réduire entre les taux d’alphabétisation des recensements et ceux des signatures au mariage pour les années 1861, 1871, 1891 et 1901 : 79,9 %/29,1 % ; 72,8 %/41,5 % ; 47,9 %/62,2 % ; 97,6 %/74,4 %30. La superposition des graphiques de l’alphabétisation et de l’instruction révèle que cette dernière est bien fonction des politiques scolaires des deux premiers surintendants de l’instruction publique, Jean-Baptiste Meilleur, mais surtout Pierre-Joseph-Olivier Chauveau31.

    14À compter de la décennie 1860, les femmes signent plus souvent leur acte de mariage que les hommes et l’écart de signature entre les deux sexes est de 11,7 entre 1880 et 1890 en faveur des épouses32. L’occupation est un facteur important dans la capacité de signer. Par exemple, les boutiquiers signent leur acte de mariage à plus de 50 % dans la décennie 1860, les agriculteurs dans la décennie 1880, mais jamais avant 1900 les journaliers ne paraissent majoritairement alphabétisés. Le fait que les anglophones ayant les mêmes occupations soient passablement plus alphabétisés laisse deviner l’importance des facteurs linguistique et religieux33. Les anglophones sont majoritairement alphabétisés avant 1830 et le redeviennent – on pense à l’immigration irlandaise – une décennie avant les francophones (1860 = 57,6 %), et lorsque ceux-ci signent le registre de mariage à 50,6 % durant la décennie 1870, les anglophones le font à 74,4 %. Mais l’écart entre les deux groupes linguistiques ira décroissant34. Le facteur le plus décisif paraît bien être l’appartenance religieuse, l’incitation à la lecture de la Bible se couplant à d’autres facteurs. Alors que les protestants sont majoritairement alphabétisés lors de leur arrivée après 1760, les catholiques signent majoritairement (51,8 %) leur nom au mariage dans la décennie 1870, alors que les protestants le font au même moment dans 85,6 % des cas35. Le facteur que partagent les protestants anglophones est celui d’habiter la ville plus que la campagne ; eux qui sont plus près de leur tradition métropolitaine, étant souvent d’immigration récente, ont plus facilement accès à l’école en ville et ils ont, de par leur avoir et leur pouvoir, les moyens de leur savoir. Le facteur urbain joue aussi en faveur des catholiques francophones, comme le montre l’étude de la signature au mariage dans les registres des paroisses de la ville de Québec. La densité urbaine, la proximité spatiale, la concentration d’élites économiques et sociales favorisent aussi l’alphabétisation et la scolarisation des francophones là où ces facteurs sont présents36.

    15Il est intéressant de comparer aussi la signature sur l’acte de mariage et sur les pétitions ; celles-ci révèlent, pour la période 1837-1840, un taux de signature de 25,2 %, comparativement à 30 % des hommes signant l’acte de mariage durant la décennie 1830-1839, la moyenne des hommes et des femmes étant de 25,4 %37.

    16Utilisant les recensements canadiens dont les renseignements varient de décennie en décennie en raison de questions différentes posées aux recensés, et affirmant que chacun des recensements dévoile « une image cohérente de la situation à un moment donné38 », Fernand Ouellet a offert une étude de l’alphabétisation des Acadiens des provinces maritimes. Son analyse des recensements de 1871 et de 1891 l’a amené à conclure que « les éléments structurels dégagés du recensement de 1871, notamment ceux relatifs aux disparités entre régions, provinces, villes et campagnes, et sexe, émergent nettement de celui de 189139 ». Il retrouve sensiblement le même modèle évolutif chez les Franco-Ontariens40. Les taux inférieurs d’alphabétisation chez les francophones trouvent leur explication dans la concentration de cette population dans le secteur primaire de l’économie – agriculture, pêche, forêts, donc en milieu rural ; dans leur sous-représentation dans le domaine des affaires et parmi l’élite économique, dans le rôle de frein joué par le clergé catholique à l’égard de l’éducation et, plus particulièrement, dans les difficultés qu’éprouveront Acadiens déportés et Franco-Ontariens à faire respecter et reconnaître leurs droits scolaires et linguistiques41.

    17Compte tenu de l’absence d’études sur l’alphabétisation dans les provinces maritimes et dans celles de l’Ouest, que peut-on affirmer à propos de l’alphabétisation au Canada ? Il semble bien difficile de pouvoir prétendre à une affirmation globale sur son évolution entre 1840 et 1918, sauf dans le cas du Québec où l’analyse biséculaire des signatures montre un décollage de l’alphabétisation dans la décennie 1860 et le fait qu’elle devient un phénomène majoritaire dans la décennie suivante. Quelque fouillée que soit l’étude de l’alphabétisation à Hamilton et dans le comté d’Elgin en 1861, rien ne permet d’affirmer que ces deux cas soient représentatifs de l’alphabétisation urbaine et rurale au Canada, au XIXe siècle. Qu’on en arrive à un taux d’analphabétisme de 10 % (Hamilton) et que l’on en tire un commentaire bien documenté sur la « reproduction sociale » des conditions de vie de cette population ne doit pas masquer le fait dominant : l’alphabétisation y semble bien majoritaire.

    18L’acquis des travaux sur l’alphabétisation réside principalement dans la pondération des facteurs qui la déterminent. La religion semble être le plus significatif, même si c’est la confession qui départage les véritables rôles, les Canadiens français et les Irlandais catholiques améliorant lentement leur performance, tandis que les protestants du Québec sont toujours majoritairement alphabétisés. La langue a tendance à s’apposer sur cette donne, les francophones étant essentiellement catholiques et les anglophones majoritairement protestants.

    19La variable ville/campagne est complexe à analyser. Nul doute que la densité urbaine et que les emplois et professions que l’on y trouve favorisent l’instruction publique et l’alphabétisation ; protestants et catholiques, anglophones et francophones sont plus alphabétisés en milieu urbain. Bémol à ces facteurs d’alphabétisation : au fur et à mesure que le Canada s’industrialise, on y requiert moins la capacité de lire et d’écrire pour effectuer le travail manuel et répétitif de l’usine, alors que le développement du commerce exige plus manifestement cette capacité. Le comté d’Elgin, à la différence des campagnes et des villages de Terre-Neuve, selon la conclusion de D. Alexander, se caractérisait en 1861 par une colonisation et une tradition scolaire anciennes. Jusqu’où cette réalité est-elle représentative du Canada au milieu et à la fin du XIXe siècle ? Jusqu’où et à partir de quand l’économie du secteur primaire favorisa-t-elle des emplois et professions qui exigèrent la capacité de lire et d’écrire ?

    20La population du comté d’Elgin compte peu d’immigrants, mais on connaît nombre de campagnes où ils viennent s’établir en très grande quantité. Il faut faire la distinction entre l’immigration volontaire d’un commerçant écossais de Glasgow vers Montréal et l’immigration obligée d’un journalier de Dublin vers Guelph ; la chance qu’ont ces deux hommes d’être alphabétisés au départ n’est pas la même. Le fait que les anglophones du Québec ne soient plus majoritairement alphabétisés entre 1830 et 1859, alors qu’ils l’avaient toujours été depuis le XVIIIe siècle, s’explique vraisemblablement par l’apparition en très grand nombre d’immigrants irlandais.

    21Un facteur change au cours du XIXe siècle : celui du sexe. Dans le cas du Québec, les femmes sont plus nombreuses à signer leur acte de mariage que les hommes à partir de la décennie 1860. Il n’existe pas encore d’hypothèse vérifiée en ce qui concerne ce retournement de la situation, mais nul doute que l’accent mis sur l’instruction des filles et un travail à la ferme moins impératif que chez les jeunes hommes puissent constituer des bribes d’explication.

    22Le recensement de 1881 est muet à propos de l’alphabétisation. C’est regrettable en ce qui concerne l’étude de la culture de l’imprimé en général, mais en particulier parce que de nombreux indicateurs – spécialisation des métiers du livre et de la librairie en particulier, développements technologiques, législation de 1882 sur les bibliothèques « gratuites » en Ontario – semblent indiquer que s’opère durant la décennie un véritable décollage dans la culture de l’imprimé42. Le fait que nous sachions que l’alphabétisation devient un phénomène majoritaire au Québec entre 1870 et 1879, et que ce phénomène s’explique par les retombées des politiques scolaires depuis l’Union, suggère qu’à partir de 1880, l’alphabétisation est bien la condition fondamentale de l’affirmation de la culture canadienne de l’imprimé.

    Les pratiques de lecture au Québec

    YVAN LAMONDE ET SOPHIE MONTREUIL

    23En histoire, on ne peut pas toujours se rendre là où on veut aller, et l’historien de la lecture le sait d’autant plus que son objet d’étude est fuyant, évanescent. Au Québec, le chemin emprunté pour écrire les premières pages de cette histoire a d’abord consisté à dépister le plus systématiquement possible les sources d’analyse capables de la documenter43. Cet inventaire a ensuite rendu possibles des études qui ont permis des percées interprétatives et qui ont contribué à l’avancement de la réflexion méthodologique en proposant une approche originale, basée sur la distinction de deux types de lectorats, collectif et individuel, et sur celle du degré de réalité de la lecture induite par les sources documentaires.

    24De ce modèle, on retiendra que l’analyse de catalogues de bibliothèques de collectivités – bibliothèques de souscription, de paroisses, de collèges, d’associations, par exemple – et de librairies permet des affirmations à propos de la lecture offerte à des collectivités plus ou moins larges. L’analyse de catalogues de bibliothèques personnelles, manuscrits ou imprimés à l’occasion de ventes à l’encan, éclaire, elle, la lecture individuelle ; il en va de même pour l’étude des citations et des références faites dans les écrits d’un auteur et celle des différents genres de la littérature personnelle – journal intime, autobiographie, mémoires, souvenirs, correspondance –, qui mènent aussi à des observations sur la lecture d’un individu en particulier. D’autre part, la variété des sources introduit une autre variable dans la mesure où elle commande de nuancer les conclusions tirées quant au caractère plus ou moins réel de la lecture effectuée ; ainsi, certaines sources ne permettent que des hypothèses sur la lecture possible – celle de titres offerts en librairie – et sur la lecture probable – titres empruntés à une bibliothèque –, alors que d’autres – des commentaires dans un journal intime, par exemple – nous rapprochent d’une lecture réelle44.

    25En vertu de ce partage des pratiques de lecture, c’est donc la lecture possible de la population québécoise, en grande partie montréalaise, du XIXe siècle qu’éclairent les études quantitatives et qualitatives de catalogues de bibliothèques de collectivités et de catalogues de librairies. Du côté des collectivités, on observe que la Bibliothèque de la législature offrait en 1873 aux députés québécois une majorité prévisible de titres en droit, en histoire et sur la politique, des ouvrages devenus pour nous de précieux indicateurs des besoins publics et des orientations législatives de la députation. Composé presque essentiellement de titres en rapport avec le mandat de la société, le catalogue de la bibliothèque de la Natural History Society of Montreal, avec une forte proportion de 42 % pour ce type d’imprimés en 1875, confirme le rôle majeur déjà joué à cette époque par les périodiques dans la circulation des connaissances scientifiques45. En ce qui concerne plus particulièrement la littérature, les catalogues de bibliothèques de collectivités, telles que la Montreal Library, l’Œuvre des bons livres, l’Institut canadien de Montréal et le Collège Sainte-Marie, qui lui réservent en général une place de choix, font apparaître la prépondérance de la littérature française, qui cependant cède lentement mais sûrement une partie de son terrain, tout au long du siècle, au profit des titres canadiens. Si l’on en doutait encore, le contenu de ces bibliothèques montre que ce sont les romans, et surtout les romans contemporains, qui étaient majoritairement offerts au public lecteur, qui pouvait aussi trouver facilement ces titres dans les librairies montréalaises. L’analyse des catalogues des librairies Bossange, Fabre, Rolland et Beauchemin révèle en effet que, en dépit de l’Index des livres défendus, le roman s’est taillé une place plus qu’enviable dans l’offre de lecture littéraire au XIXe siècle, à l’exception cependant des œuvres réalistes et naturalistes, que les libraires ne plaçaient pas sur leurs rayons. Ces catalogues permettent de plus d’observer l’importance croissante des écrits pour la jeunesse et la place occupée par les auteurs féminins (Mesdames de Sévigné, de Genlis, de Beaumont, par exemple)46.

    26Du côté des pratiques individuelles de lecture, celles de scientifiques (l’abbé Léon Provancher, Elkanah Billings, William Dawson, William Edmond Logan), d’hommes politiques (Pierre-Joseph-Olivier Chauveau), d’hommes de loi (sir James Stuart) et d’écrivains (Honoré Beaugrand, Joseph Doutre, Pamphile Le May et quelques autres) ont été analysées grâce aux catalogues de leurs bibliothèques personnelles. Aussi précieuse soit-elle, cette source ne donne qu’une emprise partielle sur la lecture, comme le font aussi voir Yvan Lamonde et Andrea Rotundo au chapitre 7, puisque son interprétation ne permet que des hypothèses sur les titres et auteurs qui ont probablement été lus par leur possesseur. Le contenu des bibliothèques personnelles entretient un lien étroit avec la profession de qui les constitue : celles de Stuart et des quatre hommes de science précédemment nommés contiennent majoritairement, sinon uniquement (chez Provancher) des titres en rapport avec la spécialisation de leur propriétaire. Cela dit, un catalogue comme celui de la bibliothèque de Provancher donne accès à plus qu’un simple cumul de titres, puisqu’on y observe aisément l’orientation intellectuelle à la base de ce cumul, de même que l’évolution des intérêts du scientifique au fil des ans. Par ailleurs, pour Stuart et pour Chauveau, le catalogue témoigne en outre d’une lecture paraprofessionnelle par la description d’une importante collection de littérature française et anglaise pour le premier, et il fait apparaître le « collectionneur » chez l’un et l’autre par la présence de nombreux livres rares, voire d’incunables (chez Chauveau)47. Du côté des écrivains, on observe que l’héritage littéraire humaniste et classique est manifeste dans les catalogues de leurs bibliothèques, mais que les auteurs romantiques et les feuilletonistes (Alexandre Dumas père, Eugène Sue, Frédéric Soulié), malgré leur mise à l’Index, lui disputent une place notable48.

    27C’est par l’étude des citations et références nominales qui émaillent leurs œuvres que les lectures des De Gaspé père et fils sont connues. À titre de source documentaire, les citations sont aussi révélatrices de la lecture individuelle probable d’un titre ou auteur, parce que leur présence dans un texte n’autorise pas à conclure à la lecture intégrale du titre ou de l’auteur cité. Leur analyse permet de reconstituer une sorte de catalogue « commenté », c’est-à-dire une liste des lectures utilisées par un individu dans un contexte précis. Si elles ne disent rien des modalités qui entourent l’acte de lire, elles signalent à tout le moins que cet acte laisse des traces chez qui fréquente les livres et, pour ce qui est des De Gaspé, qu’il nourrit l’écriture. L’analyse comparative des citations dans cette famille de lecteurs et d’auteurs révèle l’anglophilie (culturelle et politique) des deux écrivains et des influences communes, surtout issues du romantisme et du roman gothique (Victor Hugo, sir Walter Scott), mais elle fait aussi voir ce qui distingue l’héritage de qui fait paraître sa première œuvre en 1837, pour le fils (L’influence d’un livre), et en 1863, pour le père (Les anciens Canadiens). Ainsi, les lectures « plus canadiennes » (Octave Crémazie, François-Xavier Gameau) du père que du fils corroborent l’éclosion de la littérature canadienne-française, certes encore récente en 1863, mais qui était quasi inexistante en 183749.

    28Différemment des catalogues et des citations, la littérature personnelle est la seule source capable, en principe, de documenter la lecture individuelle réelle sous tous ses aspects. C’est grâce, entre autres, aux lettres adressées à son épouse Julie et à ses enfants, que la pratique de Louis-Joseph Papineau a pu être analysée en profondeur, de même que l’a été celle de deux de ses fils, Amédée et Lactance, à l’aide de sources complémentaires. Si elles font apparaître des éléments-clés qui enrichissent de façon inédite la connaissance de ces acteurs importants de l’histoire du BasCanada – telles des lectures (Sénèque) révélatrices d’un stoïcisme au cœur de la personnalité du leader des Patriotes –, les sources qui ont été dépouillées sont surtout riches d’information sur les modalités qui entourent l’acte de lire au quotidien, aussi étudié chez Joséphine Marchand-Dandurand par Sophie Montreuil dans le présent chapitre50. Les lettres de Papineau père à son épouse font d’abord voir le rôle crucial que la lecture doit jouer dans l’éducation des enfants, dès leur plus jeune âge, et plus globalement dans tout leur développement intellectuel, qu’elle accompagne parallèlement à l’apprentissage scolaire51. Plus tard, grands consommateurs de journaux, qui tiennent les exilés et les militants engagés dans la vie publique informés de ce qui se passe dans leur pays, mais aussi lecteurs qui apprécient un peu tout ce qui leur tombe sous la main, depuis les auteurs grecs, les classiques français du XVIIIe siècle et les livres utiles sur la construction et sur l’horticulture, par exemple, les trois Papineau lisent dans toutes les conditions imaginables : le soir au coin du feu, lors d’une traversée atlantique ou en diligence, seuls en silence dans une chambre d’hôtel, en famille pour préparer une visite touristique, à haute voix pour pratiquer l’anglais. Ils s’approvisionnent dans les librairies et les bibliothèques publiques, empruntent des livres à des amis ou en trouvent à rabais sur les quais de Paris et dans des encans.

    29Pour conclure sur l’archive et la méthode, on peut affirmer que si la source documentaire détermine l’analyse des pratiques de lecture, c’est l’inventivité méthodologique et interprétative qui leur donne forme et lumière.

    ÉTUDE DE CAS. Joséphine Marchand-Dandurand : la lecture au féminin

    – Sophie Montreuil

    30« Avec mes livres et ma plume, je me crois pas mal garantie contre l’atteinte des contrariétés, sinon contre les vrais malheurs de la vie52. » On ne saurait résumer avec plus de justesse et de perspicacité que Joséphine Marchand-Dandurand ne l’a fait elle-même dans son journal intime, en date du 16 décembre 1897, la relation privilégiée qu’elle a entretenue toute sa vie avec les livres (voir illustration 14.1). Fille du premier ministre libéral provincial Félix-Gabriel Marchand, aussi auteur de pièces de théâtre à ses heures, et épouse du sénateur libéral fédéral Raoul Dandurand, à qui elle joint sa destinée en janvier 1886 et avec qui elle aura une fille, Gabrielle (née en 1887), Joséphine Marchand-Dandurand compte au nombre des premières femmes de lettres québécoises et à celui des premières francophones à jouer un rôle actif au sein du Conseil national des femmes du Canada, créé en 1893. Si son journal et sa correspondance inédite avec son époux, qui regorgent de commentaires sur ses lectures, lui méritent le titre de figure de lectrice exceptionnelle53, deux de ses réalisations les plus chères, soit la revue féminine Le Coin du feu (Montréal, 1893-1896), qu’elle fonde et dont elle s’occupe presque seule durant ses quatre années d’existence, et l’Œuvre des livres gratuits, qu’elle met sur pied en 189854, attestent la transposition de sa passion pour les livres en engagement social et témoignent des positions qu’elle défendait officiellement à l’égard de la lecture.

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    14.1. La famille Félix-Gabriel Marchand, 1887. Assise, Joséphine Marchand-Dandurand est absorbée dans sa lecture. Avec l’aimable autorisation de BAC-LAC, PA-96444.

    31Ces positions prennent racine dans un texte issu de ses premières années de journalisme, « Faut-il lire », repris en 1901 dans le recueil Nos travers, dédié explicitement à un lectorat féminin55. À la question soulevée par le titre, la réponse qu’elle donne est univoque : « [A]vec quoi voulez-vous qu’on nourrisse une pareille organisation [l’âme comme “substance qui pense”], si ce n’est avec des pensées56 ? » Sans la lecture, la réflexion, qui dote l’être humain d’« une morale, [d’]une règle pour [ses] actions et [sa] manière de vivre57 », tournerait à vide. Pour illustrer son argument, l’auteure compare le livre à un « guide » et à un « messager de joie » et fait appel à des métaphores qui associent la lecture à la fertilisation (les « notions élémentaires » resteront à l’état de « tiges étiolées et stériles » si elles ne sont pas « cultivées par la réflexion ») et à la lumière : « Une maison sans livres, conclut-elle, c’est comme un jardin sans fleurs, un sanctuaire sans lampe58. »

    32Le livre peut nourrir la réflexion de multiples façons, mais son utilité première est d’accompagner « le développement intellectuel et moral de celles qui ont la tâche de former, en leur qualité de mères et d’éducatrices, des chrétiens et des citoyens59 ». Cette idée est à l’origine de la revue Le Coin du feu, que Joséphine Marchand-Dandurand fonde pour encourager les femmes à lire, mais surtout pour guider leurs choix, puisque certains livres, comme elle l’écrit elle-même dans sa chronique « Littérature » du mois d’août 1893, sont dangereux « pour la généralité des cerveaux féminins dépourvus de la faculté de synthétiser » et « pernicieux à celles qui ne cherchent dans la lecture qu’un plaisir passager et des émotions nerveuses60 ». Le respect de cet argument fondateur la pousse à critiquer très sévèrement le roman réaliste, qui décrit et dissèque « sans but moral – pour l’art (selon le terme consacré) – les misères de notre pauvre humanité », ce qui en fait un genre exempt de « pensées » fécondes. Parce qu’elle condamne aussi tout livre qui pèche par « la hardiesse des moyens61 », force est de constater que l’éditrice du Coin du feu s’adresse à un lectorat féminin auquel elle ne prête pas de grandes capacités intellectuelles ou qu’elle considère rompu surtout à des lectures divertissantes.

    33L’utilité de la lecture, Joséphine Marchand-Dandurand l’a vraisemblablement comprise tôt dans sa fréquentation des livres, mais c’est avant tout un plaisir et un besoin de lire hors du commun qui ressortent des témoignages de sa pratique privée de la lecture, surtout durant les sept ans qui précèdent son mariage, années qui couvrent les deux tiers de son journal et qui comptent ses plus longues lettres à son futur époux. Ces témoignages parlent évidemment d’abord de ses lectures et des modalités de sa pratique individuelle, mais leur richesse et leur variété nous poussent à présenter ici quelques aspects comme étant de possibles marqueurs de deux pratiques de nature collective, en l’occurrence celle de la bourgeoisie canadienne-française de la fin du XIXe siècle, d’une part, et celle des femmes issues de cette condition sociale, d’autre part.

    34Très tôt dans leur relation, Joséphine Marchand compte sur son fiancé, qui devient rapidement son fournisseur par excellence, pour se procurer des livres : rares sont les lettres où il ne lui annonce pas le prochain titre qu’il lui apportera à Saint-Jean, où habitent les Marchand, ou qu’il lui enverra de Montréal par courrier. Quelques passages de la correspondance montrent qu’elle s’approvisionne en outre par une sorte de réseau de distribution privé grâce auquel les livres sont échangés d’un foyer à un autre, Ce réseau, dont Honoré Mercier, ami des Marchand et premier ministre du Québec de 1887 à 1891, faisait entre autres partie, n’est peut-être pas le seul du genre à témoigner de cette forme de circulation du livre dans la bourgeoisie libérale francophone de cette période, surtout de celle éloignée des centres urbains. Parce que Joséphine Marchand lit entre 1879 et 1886 des titres qui voyagent au sein de ce réseau, mais surtout parce qu’elle partage la plupart de ses lectures avec R. Dandurand et plusieurs d’entre elles avec sa mère et ses sœurs, on peut croire que sa « bibliothèque » littéraire était aussi celle d’un plus grand nombre de lecteurs. Si Ton retient cette hypothèse, c’est à la littérature venue de France que la bourgeoisie canadienne-française aurait consacré l’essentiel de son temps de lecture durant la décennie 1880, plus particulièrement aux auteurs romantiques (Victor Hugo, Alfred de Musset, Alphonse de Lamartine), aux romanciers populaires (Alexandre Dumas père, Paul Féval, Eugène Sue) et aux représentants du roman dit édifiant (Octave Feuillet, Georges Ohnet, Victor Cherbulicz)62.

    35Abondamment décrits dans le Journal intime et dans les lettres, les conditions dans lesquelles l’acte de lire s’exerce, de même que le mode de lecture qui caractérise Joséphine Marchand-Dandurand peuvent être envisagés, de leur côté, comme des marqueurs propres à la lecture bourgeoise au féminin. Entre la fin de ses études et son mariage, la jeune demoiselle Marchand dispose de beaucoup de temps pour lire, d’un temps libre que lui accorde le milieu bourgeois qui est le sien, mais que lui permet aussi sa condition de jeune fille vivant sous le toit paternel. Si elle la transgresse sans trop de remords, une règle élémentaire marque néanmoins ses lectures de jeunesse : tout livre (ou presque) qui arrive entre ses mains est d’abord passé sous les yeux d’un censeur, qu’il s’agisse de son fiancé, qui veut éviter qu’elle ne reçoive par mégarde un livre pas « comme il faut63 », de sa mère, dont le « lorgnon vigilant64 » doit approuver les lectures qu’elle reçoit de son amoureux, ou encore de son confesseur, qui sanctionne aussi les lectures maternelles. Lorsqu’elle se plonge enfin dans un roman, un genre qu’elle affectionne particulièrement dans ses jeunes années, Joséphine se prend de passion pour « ceux qui souffrent [et] ceux qui aiment », elle avoue à son fiancé lire « comme une folle, comme une pensionnaire65 ». La femme lectrice ne ferait-elle donc preuve d’aucun recul à l’égard de ses lectures ? L’exemple de J. Marchand-Dandurand, qui ne néglige jamais de s’interroger sur la morale des histoires qu’elle lit et de désapprouver vertement les livres qui présentent des faiblesses ou qui trompent le lecteur sur ce plan, montre que cette capacité d’identification n’exclut pas la présence d’un sens critique qui atténue les effets pervers d’une lecture dite « naïve ».

    36Naïve, J. Marchand ne l’est pas, surtout lorsqu’elle s’adresse par écrit à son fiancé pour commenter les livres qu’il lui a recommandés. On lit alors entre les lignes, dans ses très fines analyses de personnages, par exemple, les inquiétudes d’une jeune femme à l’aube d’une vie nouvelle. Au-delà des marqueurs qui dépassent sa pratique personnelle de la lecture, c’est avant tout une lectrice singulière qu’a été Joséphine Marchand-Dandurand, toujours à se lire, parfois peut-être malgré elle, dans les livres.

    La représentation iconographique de la lecture

    YVAN LAMONDE

    37Le livre ne se trouve pas qu’en bibliothèque ou en librairie. Il est aussi mis en scène en peinture, dans la sculpture, dans le roman, au théâtre ou au cinéma. Il est représenté, et qui dit représentation dit construction d’un récit, d’une histoire. Pour étudier ces représentations de l’imprimé (du livre à la bibliothèque, en passant par les périodiques et la lecture elle-même), on dispose d’un très grand nombre de peintures à l’huile, de gravures, d’aquarelles, de dessins au plomb, de fusains, de pastels et de photographies.

    Médias nouveaux, messages nouveaux

    38De 1840 à 1918, la représentation du livre et de la lecture connaît d’importantes transformations, tant sur le plan des genres artistiques et des modes de représentation pratiqués que sur celui des moyens technologiques utilisés, ceux-ci ayant une évidente incidence sur ceux-là. Comme l’a constaté Marshall McLuhan dans La galaxie Gutenberg, l’hybridation des médias résulte souvent en une certaine inertie, les stéréotypes d’un genre et d’un médium, comme le portrait en peinture, se perpétuant dans un nouveau média, telle la photographie. Mais la spécificité médiatique de la photographie a tôt fait de se révéler : elle remet en question des conventions esthétiques du portrait à l’huile ; après avoir, comme la peinture, retenu le sujet dans un studio, la photographie l’en sort rapidement. Le réalisme de la photographie peut être trompeur, car celle-ci construit tout autant son sujet que la peinture. La photographie n’est pas le seul média à donner une plus grande visibilité à la culture de l’imprimé. L’illustration sur papier, publiée, rendue possible par diverses technologies, introduit dans l’imprimé même la représentation visuelle confinée pour l’essentiel, jusqu’alors, dans la peinture. Dorénavant, l’imprimé se représente lui-même parce qu’il a les moyens technologiques de sa représentation. La photo-gravure, qui se fait évidemment sur le papier, fait revenir dans l’imprimé illustré la représentation du livre et du journal.

    La représentation de la lecture

    39La représentation de la lecture se situe au-delà de la simple représentation du livre ou de la bibliothèque ; elle exige un passage des objets à un acte volontaire, la lecture. Le défi de l’analyse consiste à distinguer le degré de réalité de la lecture représentée, sa dimension suggestive, passive ou active. Le livre fermé sur une table, dans la main ou sur les genoux du sujet d’un portrait suggère une lecture possible, la représentation d’une ascension sociale dont le livre est un attribut reconnu. Avec le livre entrouvert dans lequel un doigt peut servir de signet, la lecture gagne en réalité, la lecture, probable, étant suspendue le temps de la pose pour le peintre ou le photographe. La représentation du livre ouvert est relativement fréquente et la posture du lecteur peut varier selon que son regard se pose sur le livre ou sur l’artiste en train d’esquisser le portrait. Telles sont les postures classiques de la lecture du non moins classique portrait à l’huile, postures déjà fixées avant 1840, et reproduites dans la photographie après 1850, cette fois avec une économie des attributs représentés et les limites du noir et blanc. Économie et répétition des attributs, comme le révèlent les photographies de C. D. Hoy, photographe canadien d’origine chinoise de la Colombie-Britannique : une table, des livres empilés, une fleur, puis deux marqueurs du temps, une horloge et un calendrier indiquant mai 1912, à côté desquels posent successivement des Chinois, des Amérindiens habillés en cow-boys, des Chinois lisant un journal (voir illustration 2.3) et une femme et deux enfants devant un mur tapissé d’imprimés et d’illustrations66. Ces poses font aussi encore les beaux jours de la une des nouveaux périodiques illustrés, comme le Canadian Illustrated News, à compter de 1863, dans des représentations d’hommes publics ou religieux. On aura deviné que, génériquement, le portrait représente plutôt le lecteur ou la lectrice alors que la nature morte fait place à l’imprimé, au livre en tant qu’objet.

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    14.2. Mme William Beresford, Bowness Ranch, district de Bowness, Calgary, Alberta, vers 1903-1906. Avec l’aimable autorisation des Glenbow Archives, NA-2346-2.

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    14.3. Frances Jones Bannerman, The Conservatory (1883). Avec l’aimable autorisation de Nova Scotia Archives and Records Management.

    Lectrices et lecteurs

    40Avant 1840, la représentation de l’imprimé et de la bibliothèque est masculine, celle de la lecture, féminine67. De 1840 à 1918, la lectrice active, qui fait plus que tenir un livre, est proportionnellement plus fréquente en peinture que le lecteur. Cette lectrice est aussi bien, en peinture, Sœur Sainte-Anne ou Sœur Saint-Alphonse d’Antoine Plamondon, que Two Girls Reading de William Brymner68. C’est aussi Mrs. Isaac Buchanan que la une du Canadian Illustrated News d’Hamilton du 12 septembre 1863 représente avec un livre ouvert, maladroitement rajouté à la gravure ! Ce sont encore toutes ces femmes représentées en train de lire au salon ou au boudoir, photographiées en studio dans la posture de lecture empruntée au portrait à l’huile ou rejointes chez elles, telle Mrs. William Beresford (voir illustration 14.2) dans l’intérieur du ranch Bowness près de Calgary, lisant assise parmi les objets et attributs d’un milieu domestique cossu, exhibant livres, rayons de bibliothèque et piano. Les artistes esquissent aussi des lectrices, tels Paul Peel dans son Portrait of the Artist’s Wife, qui laisse entendre que la lumière de l’espace représenté vient du livre même, lu avec recueillement, ou Frances Jones Bannerman, qui représente, dans The Conservatory, cette jeune bourgeoise lisant entourée par la lumière et la vitalité des plantes d’une serre (voir illustration 14.3), ou encore Helen Galloway McNicoll (voir illustration 14.4) qui a peint une lectrice sous la tente, annonciatrice de la modernité69.

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    14.4. Helen Galloway McNicoll, In the Tent (1914). Avec l’aimable autorisation d’un collectionneur.

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    14.5. Ozias Leduc, Nature morte au livre ouvert (1894). Peintre du Petit liseur (1884) et de La liseuse (1894), Leduc dépeint les accessoires de l’atelier du peintre, du poète chantre de la lumière (la bougie) et des arts visuels, mais aussi des arts musicaux que symbolisent le violon et l’archet. Un ouvrage illustré s’ouvre sur une Vierge à l’Enfant ; la pile de livres souligne l’importance des reproductions imprimées dans la pensée et le travail de l’artiste. Photographie de Brian Merrett, avec l’aimable autorisation du Musée des beaux-arts, Montréal. © Succession Ozias Leduc/SODRAC (Montréal) 2005.

    41Au-delà des poses classiques d’hommes avec livres que William Notman consacre dans la représentation de ses trois fils William, Samuel et William Raphael70, ou que le Canadian ou le Dominion Illustrated News reproduisent, une innovation dans la représentation du lecteur s’esquisse : celle d’artistes avec livre entrouvert ou d’écrivains plongés dans leur lecture71. Au Canada français, ce type de représentation de l’écrivain d’abord, de l’écrivain lisant ensuite, émergera après 1920 chez les peintres anglo-montréalais, puis chez leurs collègues francophones, mais déjà vers 1890, on trouve chez le peintre Ozias Leduc une forte présence non pas de la lecture, mais de l’imprimé et du livre d’art dans la nature morte (voir illustration 14.5). L’artiste se représente alors et la nature morte peut devenir autoportrait partiel par le choix qui est fait de certains livres dont le titre est lisible sur l’épine.

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    14.6. Claude Gardiner, propriétaire de ranch faisant la lecture à ses enfants, Wineglass Ranch, au nord de Brocket, en Alberta, 1911. Avec l’aimable autorisation des Glenbow Archives, NA-4035-30.

    42La représentation traditionnelle de l’enfant lisant se poursuit après 1840 avec des touches nouvelles. L’enfant n’appartenant plus nécessairement à un milieu bourgeois – encore qu’il puisse se retrouver lisant dans quelque salon avec la famille ; il appartient aussi au milieu populaire, comme dans de nombreux portraits à l’huile ou au crayon d’O. Leduc au tournant du XXe siècle, comme si le peintre avait voulu célébrer les effets bénéfiques d’une alphabétisation plus généralisée72. Par la lumière et la proximité du sujet, la photographie rend familière la joie d’un père tout endimanché faisant la lecture à ses enfants (voir illustration 14.6).

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    14.7. George A. Reid, Forbidden Fruit (1889). Avec l’aimable autorisation de la Art Gallery de Hamilton, don du Women’s Committee, 1960.

    Lieux de lecture

    43La lecture, souvent confinée à la bibliothèque privée (voir illustration 7.1), sort du portrait et du milieu bourgeois après 1840. Jane Ellice l’avait mise en scène dans L’intérieur de la cabine des femmes dans le vapeur « Charlevoix » et Cornelius Krieghoff dans Le cabinet d’un officier à Montréal73. Grâce à la photographie et à l’illustration, la lecture gagne l’extérieur et les lieux de la lecture se diversifient : lieux plus traditionnels comme la salle des périodiques de la Toronto Public Library (voir illustration 9.2). Lieux davantage pittoresques représentant, en milieu rural et agricole, la lecture du « fruit défendu » (voir illustration 14.7) ; donnant à voir la lecture dans un wagon d’immigrants (voir illustration 2.5) ; représentations pittoresques, d’un lecteur en canot de chasse (voir illustration 9.3)74.

    44De 1840 à 1918, la représentation de la lecture la donne à voir moins guindée, moins comme un inventaire avant décès du sujet, tel que le portrait à l’huile représentait les attributs sociaux – dont le livre – avant 1840. Les lecteurs se sont diversifiés, femmes, hommes, enfants, non sans suggérer que l’alphabétisation s’est généralisée et que la presse périodique a nourri et entretenu la lecture ; simultanément, le cadre social de la représentation s’est élargi. Les possibilités techniques et les genres artistiques ont multiplié les occasions de représenter la lecture, la photographie imitant pendant un moment la peinture, mais innovant de multiples façons, et le dessin et l’esquisse s’ajoutant au portrait. L’extension des médias a permis celle des scènes ou lieux de représentation de la lecture à l’extérieur, comme si la culture conquérait la nature. Même les livres représentés ont changé, la représentation iconographique indiquant un passage de la bibliothèque, dominante avant 1840, au livre, puis au texte lu. L’allègement général de la représentation de la lecture reflète le triomphe que la fiction connaîtra dans les romans-feuilletons de la presse et l’accès gratuit de la bibliothèque au public après 1880. Dans la peinture, le nouveau plaisir de lire, conjugué aux formes et aux couleurs, annonce à sa manière la modernité.

    Notes de bas de page

    1 L. Gérin, « La loi naturelle du développement de l’instruction populaire [...] »

    2 R. S. Schofield, « The Measurement of Literacy in Pre-industrial England ».

    3 Deux tableaux des sources traditionnelles dans H. J. Graff, The Literacy Myth, p. 325-327 et M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 26.

    4 H. J. Graff, «What the 1861 Census can tell us about Literacy: A Reply».

    5 Pour comparer les questions posées ; M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 29 et A. Greer, « L’alphabétisation et son histoire au Québec. État de la question », p. 35-36. Un des effets possibles de la variation dans les questions des recenseurs se lit peut-être dans le fait qu’il faut expliquer le recul de l’alphabétisation au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, mais surtout en Ontario où le taux passe de 96,7 % en 1861 à 87,2 % en 1871 à 78,7 % en 1891.

    6 Pour le débat sur la critique des sources : H. J. Mays et H. F. Manzl, « Literacy and Social Structure in Nineteenth Century Ontario [...] » ; A. Greer, « The Pattern of Literacy in Quebec, 1745-1899 » ; H. J. Graff, « Interpretatif Historical Literacy : The Pattern of Literacy in Quebec ; A Comment » ; A. Greer, « Misinterpretating Historical Literacy. A Reply ».

    7 M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 27-36.

    8 L. Stone, « Literacy and Education in England : 1640-1900 ».

    9 G. Bouchard et J. Larouche, « Nouvelle mesure de l’alphabétisation à l’aide de la reconstitution automatique des familles » ; M. Dumont, « L’alphabétisation masculine ».

    10 A. Greer, « The Pattern of Literacy in Quebec, 1745-1899 », p. 301-306.

    11 H. J. Graff, The Literacy Myth.

    12 H. J. Graff, « Towards a Meaning of Literacy [...] », p. 266.

    13 H. J. Graff, The Literacy Myth, p. 331.

    14 Ibid., p. 57-60.

    15 Ibid., p. 60-69 et 114.

    16 Ibid., p. 72-84.

    17 Ibid., p. 84-90.

    18 Ibid., p. 94-102.

    19 Ibid., p. 104-114.

    20 Ibid., chapitre IV.

    21 M. Katz et I. E. Davey, « School Attendance and Early Industrialization in a Canadian City », p. 292 ; M. Katz, « Who Went to School ? » ; I. E. Davey, « School Reform and School Attendance [...] ».

    22 H. J. Graff, « Lietracy and Social Structure in Elgin County, Canada West, 1861 ».

    23 Ibid., p. 25.

    24 H. J. Graff, The Literacy Myth, p. 168 et 191 ; pour une critique de cet ouvrage : D. C. Resnick, « L’alphabétisation en Amérique du Nord ».

    25 D. Alexander, « Literacy and Economic Development in Nineteenth Century Newfoundland », p. 34.

    26 Ibid., p. 30-31.

    27 Ibid., p. 29.

    28 M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 21-36 ; voir aussi en bibliographie les travaux de P. Hamelin, C. Lessard et C. Veilleux faits dans la même perspective.

    29 M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 92, tableau 11.

    30 F. Ouellet, « Fréquentation scolaire, alphabétisation et société au Québec [...] », p. 333 ; M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 92. Les taux de signature sont ceux de la décennie qui précède l’année de recensement,

    31 M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 100 et 106.

    32 Ibid., tableaux 11 et 15, p. 112.

    33 Ibid., tableau 19, p. 119.

    34 Ibid., tableaux 21 et 35, p. 127 et 129.

    35 Ibid., tableau 22, p. 127.

    36 Ibid., p. 172 pour le graphique des signatures à Notre-Dame de Québec ; M. Verrette, « L’alphabétisation de la population de la ville de Québec de 1750 à 1849 ».

    37 A. Greer, « The Pattern of Literacy in Quebec, 1745-1899 », p. 306 ; M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 92.

    38 F. Ouellet, « Fréquentation scolaire, alphabétisation et société au Québec [...] », p. 333-334.

    39 F, Ouellet, « Démographie, développement économique, fréquentation scolaire et alphabétisation [...] », p. 26.

    40 F. Ouellet, « Fréquentation scolaire, alphabétisation et société au Québec [...] ».

    41 Ibid., p. 339 et 348.

    42 L’évolution de l’alphabétisation au Canada se compare très bien à celle de nombreux pays d’Europe : D. Vincent, The R ise of Mass Literacy, tableaux 9 et 19 et H. J. Graff, The Legacies of Literacy, chapitre 7.

    43 Y. Lamonde, Les bibliothèques de collectivités à Montréal [...] et La librairie et l’édition à Montréal, 1776-2920 ; Y. Lamonde et D. Olivier, Les bibliothèques personnelles au Québec cet inventaire de catalogues fait dorénavant partie de la base de données créée par Y. Lamonde, B. H. MacDonald et A. Rotundo, « Canadian Book Catalogues/Catalogues canadiens relatifs à l’imprimé » ; P. L. Fleming et Y. Lamonde, « Cultural Crossroads pour un suivi bibliographique, voir la Bibliographie des études québécoises sur l’imprimé (1970-2002) compilée par l’Association québécoise pour l’étude de l’imprimé (<www.usherbrooke.ca/dlc/grelq/aqei>).

    44 Sur ce « pacte de lecture », voir Y. Lamonde et S. Montreuil, « Pour une histoire des pratiques de lecture dans Y. Lamonde et S. Montreuil (dir.), Lire au Québec au XIXe siècle (on trouvera dans cet ouvrage une bibliographie internationale de l’histoire de la lecture préparée par S. Montreuil). La lecture fictive n’est pas abordée dans le présent chapitre, mais sa variante iconographique y est analysée par Y. Lamonde. Sur la richesse analytique des registres d’emprunts, voir la contribution d’Y. Lamonde, P. McNally et A. Rotundo au chapitre 8.

    45 S. Gauthier, « Le Catalogue de 1873 de la Bibliothèque de la Législature », et B. H. MacDonald, « In Support of an “Information System” [...] ».

    46 Voir les études d’Isabelle Ducharme et d’Isabelle Monette dans Y. Lamonde et S. Montreuil (dir.), Lire au Québec au XIXe siècle.

    47 C. Veilleux, « La bibliothèque du juge en chef sir James Stuart, 1853 » ; R. Duchesne, « La bibliothèque scientifique de l’abbé Léon Provancher » ; B. H. MacDonald, « “Public Knowledge” [...] », et L.-P. Ferron, « Pierre-Joseph-Olivier Chauveau et sa bibliothèque ».

    48 Voir l’étude d’Annie-Claude Prud’homme dans Y. Lamonde et S. Montreuil (dir.), Lire au Québec au XIXe siècle.

    49 O. Hews, « Les lectures de Philippe Aubert de Gaspé, père et fils ».

    50 Voir les études d’Y. Lamonde et de F. Hardel sur les Papineau et de S. Montreuil sur Joséphine Marchand-Dandurand dans Y. Lamonde et S. Montreuil (dir.), Lire au Québec au XIXe siècle.

    51 Sur le prescriptif et le proscriptif en matière de lecture chez les jeunes, voir M. Lebrun et M.-L. Lefebvre, « La lecture à l’école québécoise au XIXe siècle : ce qu’en dit la presse pédagogique ».

    52 J. Marchand, Journal intime (1879-1900), p. 179-180.

    53 Voir S. Montreuil, « (Se) lire et (se) dire : Joséphine Marchand-Dandurand et la lecture (1879-1886) ».

    54 L’Œuvre des livres gratuits est une organisation philanthropique qui avait pour mission d’expédier des livres sans frais à des institutrices et à des particuliers vivant dans les régions éloignées du Québec. L’œuvre s’est probablement éteinte autour de 1910.

    55 Voir la préface, Nos travers, p. n.

    56 Ibid., p. 21. Elle souligne.

    57 Ibid., p. 22.

    58 Ibid., p. 22, 23, 21-22 et 23.

    59 Le Coin du feu, vol. 4, no 1, janvier 1896, p. 3.

    60 Le Coin du feu, vol. 1, no 8, août 1893, p. 240.

    61 Ibid. Elle souligne.

    62 Voir les conclusions semblables auxquelles arrivent Isabelle Monette et Isabelle Ducharme dans Y. Lamonde et S. Montreuil (dir.), Lire au Québec au XIXe siècle.

    63 Collection privée, correspondance Joséphine-Raoul Dandurand, lettre de J. Marchand du 22 juillet 1885.

    64 Ibid., lettre de J. Marchand du 14 juin 1885.

    65 Ibid., lettre de J. Marchand du 14 janvier 1885 pour les deux extraits.

    66 F. Moosang, First Son [...], p. 8, 10-11, 34-35, 38-40 et 42 ; voir aussi p. 36 et 57.

    67 Y. Lamonde, « La représentation de l’imprimé dans la peinture et la gravure québécoises (1760-1960) » ; on y trouvera, en note, une mise au point bibliographique des études sur la représentation de la lecture. La représentation de l’imprimé et de la lecture dans la photographie canadienne et québécoise est manifestement un domaine d’études prometteur.

    68 Les deux huiles de Plamondon de 1841 sont reproduites dans M. Béland, La peinture au Québec [...], p. 98 et 433 ; voir à ce sujet L. Lacroix, « Lire au féminin W. Brymner, Two Girls Reading, 1898, huile, MBAC, reproduit dans D. Reid, Concise History ofCanadian Painting, p. 93, et sur les religieuses photographiées avec un livre, C. Skidmore, « Photography in the Convent [...] ».

    69 Photographe inconnu, Nellie Wigg (vers 1900-1903), Glenbow Archives, NA-2449-6 ; Paul Peel, Portrait of the Artist’s Wife, 1885, dessin, MBAC, reproduit dans J. Morris, One Hundred Years of Canadian Drawings, p. 43, figure 45 ; Arthur D. (ou Sarah Lindley) Crease, [Head and Shoulders of a Woman Reading], 1893, dessin, BCARS, PDP07134.

    70 R. Hall, G. Dodds et S. Triggs, The Nineteenth Century through a Master Lens p. 10 et 12.

    71 Frederic William Lock, Charles Dawson Shanly, 1856, pastel et fusain, TPL, T3168; William Albert Sherwood, Portrait of Henry Scadding, 1888, pastel, TPL, T30576.

    72 Photographe inconnu, Mrs Turner Bone and Son, John (vers 1905), Glenbow Archives, NA-2622-23 ; Alun Arthur Bone (vers 1905), Glenbow Archives, NA-2622-4.

    73 L’aquarelle de J. Ellice, 1838, BAC, est reproduite dans M. Béland, La peinture au Québec [...], p. 264, et l’huile de C. Krieghoff, 1846, ROM, dans D. Reid, Krieghoff. Images du Canada, p. 11 ; voir la contribution de Patricia Lockhart Fleming, « Peindre le lecteur », Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, vol. 1, p. 207-215.

    74 Le « fruit défendu », ici Arabian Nights, fait allusion à la lecture proscrite ; un tableau de Napoléon Bourassa représentant L’abbé Isaac Désaulniers, professeur de philosophie, montrant d’un doigt impératif la Somme théologigue de saint Thomas d’Aquin, est un cas de lecture prescrite (voir illustration 5.1).

    Auteurs

    • Michel Verrette

      Professeur agrégé au Collège universitaire de Saint-Boniface. Sa spécialité est l’histoire socioculturelle, plus spécifiquement celle de l’éducation et de l’alphabétisation. Sa plus récente publication sur le sujet s’intitule L’alphabétisation au Québec, 1660-1900 ; En marche vers la modernité culturelle (2002).

    • Yvan Lamonde

      Professeur de littérature et d’histoire du Québec à l’Université McGill, directeur général du projet HLIC/HBiC et directeur des volumes I et II. Auteur d’une Histoire sociale des idées au Québec en deux volumes (1760-1896 et 1896-1929), d’ouvrages et d’articles sur divers aspects de l’histoire du livre et de l’imprimé, il a dirigé avec Sophie Montreuil la publication de Lire au Québec au XIXe siècle (2003).

    • Sophie Montreuil

      Sophie Montreuil a fait son doctorat sur l’histoire de l’édition et de l’institution littéraire françaises au Département de langue et littérature françaises de l’Université McGill. Boursière postdoctorale du projet HLIC/HBiC de 2002 à 2004, elle travaille à présent à la Direction de la recherche et de l’édition de la Bibliothèque nationale du Québec. Elle a écrit sur Joséphine Marchand-Dandurand et sur l’histoire de la lecture au Québec. Elle a codirigé avec Yvan Lamonde l’ouvrage collectif Lire au Québec au XIXe siècle (2003).

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    Table des matières

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    Yvan Lamonde

    Chapitre 8. Les usages de l’alphabétisation

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    Yvan Lamonde et Claude Corbo

    Dictionnaire

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    Chapitre 5. Les auteurs et la culture savante

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    Presses de l’Université de Montréal
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    1 L. Gérin, « La loi naturelle du développement de l’instruction populaire [...] »

    2 R. S. Schofield, « The Measurement of Literacy in Pre-industrial England ».

    3 Deux tableaux des sources traditionnelles dans H. J. Graff, The Literacy Myth, p. 325-327 et M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 26.

    4 H. J. Graff, «What the 1861 Census can tell us about Literacy: A Reply».

    5 Pour comparer les questions posées ; M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 29 et A. Greer, « L’alphabétisation et son histoire au Québec. État de la question », p. 35-36. Un des effets possibles de la variation dans les questions des recenseurs se lit peut-être dans le fait qu’il faut expliquer le recul de l’alphabétisation au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, mais surtout en Ontario où le taux passe de 96,7 % en 1861 à 87,2 % en 1871 à 78,7 % en 1891.

    6 Pour le débat sur la critique des sources : H. J. Mays et H. F. Manzl, « Literacy and Social Structure in Nineteenth Century Ontario [...] » ; A. Greer, « The Pattern of Literacy in Quebec, 1745-1899 » ; H. J. Graff, « Interpretatif Historical Literacy : The Pattern of Literacy in Quebec ; A Comment » ; A. Greer, « Misinterpretating Historical Literacy. A Reply ».

    7 M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 27-36.

    8 L. Stone, « Literacy and Education in England : 1640-1900 ».

    9 G. Bouchard et J. Larouche, « Nouvelle mesure de l’alphabétisation à l’aide de la reconstitution automatique des familles » ; M. Dumont, « L’alphabétisation masculine ».

    10 A. Greer, « The Pattern of Literacy in Quebec, 1745-1899 », p. 301-306.

    11 H. J. Graff, The Literacy Myth.

    12 H. J. Graff, « Towards a Meaning of Literacy [...] », p. 266.

    13 H. J. Graff, The Literacy Myth, p. 331.

    14 Ibid., p. 57-60.

    15 Ibid., p. 60-69 et 114.

    16 Ibid., p. 72-84.

    17 Ibid., p. 84-90.

    18 Ibid., p. 94-102.

    19 Ibid., p. 104-114.

    20 Ibid., chapitre IV.

    21 M. Katz et I. E. Davey, « School Attendance and Early Industrialization in a Canadian City », p. 292 ; M. Katz, « Who Went to School ? » ; I. E. Davey, « School Reform and School Attendance [...] ».

    22 H. J. Graff, « Lietracy and Social Structure in Elgin County, Canada West, 1861 ».

    23 Ibid., p. 25.

    24 H. J. Graff, The Literacy Myth, p. 168 et 191 ; pour une critique de cet ouvrage : D. C. Resnick, « L’alphabétisation en Amérique du Nord ».

    25 D. Alexander, « Literacy and Economic Development in Nineteenth Century Newfoundland », p. 34.

    26 Ibid., p. 30-31.

    27 Ibid., p. 29.

    28 M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 21-36 ; voir aussi en bibliographie les travaux de P. Hamelin, C. Lessard et C. Veilleux faits dans la même perspective.

    29 M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 92, tableau 11.

    30 F. Ouellet, « Fréquentation scolaire, alphabétisation et société au Québec [...] », p. 333 ; M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 92. Les taux de signature sont ceux de la décennie qui précède l’année de recensement,

    31 M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 100 et 106.

    32 Ibid., tableaux 11 et 15, p. 112.

    33 Ibid., tableau 19, p. 119.

    34 Ibid., tableaux 21 et 35, p. 127 et 129.

    35 Ibid., tableau 22, p. 127.

    36 Ibid., p. 172 pour le graphique des signatures à Notre-Dame de Québec ; M. Verrette, « L’alphabétisation de la population de la ville de Québec de 1750 à 1849 ».

    37 A. Greer, « The Pattern of Literacy in Quebec, 1745-1899 », p. 306 ; M. Verrette, L’alphabétisation au Québec, 1660-1900, p. 92.

    38 F. Ouellet, « Fréquentation scolaire, alphabétisation et société au Québec [...] », p. 333-334.

    39 F, Ouellet, « Démographie, développement économique, fréquentation scolaire et alphabétisation [...] », p. 26.

    40 F. Ouellet, « Fréquentation scolaire, alphabétisation et société au Québec [...] ».

    41 Ibid., p. 339 et 348.

    42 L’évolution de l’alphabétisation au Canada se compare très bien à celle de nombreux pays d’Europe : D. Vincent, The R ise of Mass Literacy, tableaux 9 et 19 et H. J. Graff, The Legacies of Literacy, chapitre 7.

    43 Y. Lamonde, Les bibliothèques de collectivités à Montréal [...] et La librairie et l’édition à Montréal, 1776-2920 ; Y. Lamonde et D. Olivier, Les bibliothèques personnelles au Québec cet inventaire de catalogues fait dorénavant partie de la base de données créée par Y. Lamonde, B. H. MacDonald et A. Rotundo, « Canadian Book Catalogues/Catalogues canadiens relatifs à l’imprimé » ; P. L. Fleming et Y. Lamonde, « Cultural Crossroads pour un suivi bibliographique, voir la Bibliographie des études québécoises sur l’imprimé (1970-2002) compilée par l’Association québécoise pour l’étude de l’imprimé (<www.usherbrooke.ca/dlc/grelq/aqei>).

    44 Sur ce « pacte de lecture », voir Y. Lamonde et S. Montreuil, « Pour une histoire des pratiques de lecture dans Y. Lamonde et S. Montreuil (dir.), Lire au Québec au XIXe siècle (on trouvera dans cet ouvrage une bibliographie internationale de l’histoire de la lecture préparée par S. Montreuil). La lecture fictive n’est pas abordée dans le présent chapitre, mais sa variante iconographique y est analysée par Y. Lamonde. Sur la richesse analytique des registres d’emprunts, voir la contribution d’Y. Lamonde, P. McNally et A. Rotundo au chapitre 8.

    45 S. Gauthier, « Le Catalogue de 1873 de la Bibliothèque de la Législature », et B. H. MacDonald, « In Support of an “Information System” [...] ».

    46 Voir les études d’Isabelle Ducharme et d’Isabelle Monette dans Y. Lamonde et S. Montreuil (dir.), Lire au Québec au XIXe siècle.

    47 C. Veilleux, « La bibliothèque du juge en chef sir James Stuart, 1853 » ; R. Duchesne, « La bibliothèque scientifique de l’abbé Léon Provancher » ; B. H. MacDonald, « “Public Knowledge” [...] », et L.-P. Ferron, « Pierre-Joseph-Olivier Chauveau et sa bibliothèque ».

    48 Voir l’étude d’Annie-Claude Prud’homme dans Y. Lamonde et S. Montreuil (dir.), Lire au Québec au XIXe siècle.

    49 O. Hews, « Les lectures de Philippe Aubert de Gaspé, père et fils ».

    50 Voir les études d’Y. Lamonde et de F. Hardel sur les Papineau et de S. Montreuil sur Joséphine Marchand-Dandurand dans Y. Lamonde et S. Montreuil (dir.), Lire au Québec au XIXe siècle.

    51 Sur le prescriptif et le proscriptif en matière de lecture chez les jeunes, voir M. Lebrun et M.-L. Lefebvre, « La lecture à l’école québécoise au XIXe siècle : ce qu’en dit la presse pédagogique ».

    52 J. Marchand, Journal intime (1879-1900), p. 179-180.

    53 Voir S. Montreuil, « (Se) lire et (se) dire : Joséphine Marchand-Dandurand et la lecture (1879-1886) ».

    54 L’Œuvre des livres gratuits est une organisation philanthropique qui avait pour mission d’expédier des livres sans frais à des institutrices et à des particuliers vivant dans les régions éloignées du Québec. L’œuvre s’est probablement éteinte autour de 1910.

    55 Voir la préface, Nos travers, p. n.

    56 Ibid., p. 21. Elle souligne.

    57 Ibid., p. 22.

    58 Ibid., p. 22, 23, 21-22 et 23.

    59 Le Coin du feu, vol. 4, no 1, janvier 1896, p. 3.

    60 Le Coin du feu, vol. 1, no 8, août 1893, p. 240.

    61 Ibid. Elle souligne.

    62 Voir les conclusions semblables auxquelles arrivent Isabelle Monette et Isabelle Ducharme dans Y. Lamonde et S. Montreuil (dir.), Lire au Québec au XIXe siècle.

    63 Collection privée, correspondance Joséphine-Raoul Dandurand, lettre de J. Marchand du 22 juillet 1885.

    64 Ibid., lettre de J. Marchand du 14 juin 1885.

    65 Ibid., lettre de J. Marchand du 14 janvier 1885 pour les deux extraits.

    66 F. Moosang, First Son [...], p. 8, 10-11, 34-35, 38-40 et 42 ; voir aussi p. 36 et 57.

    67 Y. Lamonde, « La représentation de l’imprimé dans la peinture et la gravure québécoises (1760-1960) » ; on y trouvera, en note, une mise au point bibliographique des études sur la représentation de la lecture. La représentation de l’imprimé et de la lecture dans la photographie canadienne et québécoise est manifestement un domaine d’études prometteur.

    68 Les deux huiles de Plamondon de 1841 sont reproduites dans M. Béland, La peinture au Québec [...], p. 98 et 433 ; voir à ce sujet L. Lacroix, « Lire au féminin W. Brymner, Two Girls Reading, 1898, huile, MBAC, reproduit dans D. Reid, Concise History ofCanadian Painting, p. 93, et sur les religieuses photographiées avec un livre, C. Skidmore, « Photography in the Convent [...] ».

    69 Photographe inconnu, Nellie Wigg (vers 1900-1903), Glenbow Archives, NA-2449-6 ; Paul Peel, Portrait of the Artist’s Wife, 1885, dessin, MBAC, reproduit dans J. Morris, One Hundred Years of Canadian Drawings, p. 43, figure 45 ; Arthur D. (ou Sarah Lindley) Crease, [Head and Shoulders of a Woman Reading], 1893, dessin, BCARS, PDP07134.

    70 R. Hall, G. Dodds et S. Triggs, The Nineteenth Century through a Master Lens p. 10 et 12.

    71 Frederic William Lock, Charles Dawson Shanly, 1856, pastel et fusain, TPL, T3168; William Albert Sherwood, Portrait of Henry Scadding, 1888, pastel, TPL, T30576.

    72 Photographe inconnu, Mrs Turner Bone and Son, John (vers 1905), Glenbow Archives, NA-2622-23 ; Alun Arthur Bone (vers 1905), Glenbow Archives, NA-2622-4.

    73 L’aquarelle de J. Ellice, 1838, BAC, est reproduite dans M. Béland, La peinture au Québec [...], p. 264, et l’huile de C. Krieghoff, 1846, ROM, dans D. Reid, Krieghoff. Images du Canada, p. 11 ; voir la contribution de Patricia Lockhart Fleming, « Peindre le lecteur », Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, vol. 1, p. 207-215.

    74 Le « fruit défendu », ici Arabian Nights, fait allusion à la lecture proscrite ; un tableau de Napoléon Bourassa représentant L’abbé Isaac Désaulniers, professeur de philosophie, montrant d’un doigt impératif la Somme théologigue de saint Thomas d’Aquin, est un cas de lecture prescrite (voir illustration 5.1).

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    Verrette, M., Lamonde, Y., & Montreuil, S. (2005). Chapitre 14. Les pratiques de lecture. In Y. Lamonde, P. Fleming, & F. A. Black (éds.), Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, Volume II. Montréal: Presses de l’Université de Montréal. https://doi.org/10.4000/books.pum.23294
    Verrette, Michel, Yvan Lamonde, et Sophie Montreuil. « Chapitre 14. Les pratiques de lecture ». In Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, Volume II, édité par Yvan Lamonde, Patricia Fleming, et Fiona A. Black. Montréal: Presses de l’Université de Montréal, 2005. doi:10.4000/books.pum.23294.
    Verrette, Michel, et al. « Chapitre 14. Les pratiques de lecture ». Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, Volume II, édité par Yvan Lamonde et al., Presses de l’Université de Montréal, 2005, https://doi.org/10.4000/books.pum.23294.

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    Lamonde, Y., Fleming, P., & Black, F. A. (éds.). (2005). Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, Volume II. Montréal: Presses de l’Université de Montréal. https://doi.org/10.4000/books.pum.23123
    Lamonde, Yvan, Patricia Fleming, et Fiona A. Black, éd. Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, Volume II. Montréal: Presses de l’Université de Montréal, 2005. doi:10.4000/books.pum.23123.
    Lamonde, Yvan, et al., éditeurs. Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, Volume II. Presses de l’Université de Montréal, 2005, https://doi.org/10.4000/books.pum.23123.
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