Discours d’accueil de M. Henri Talvat
Maire adjoint de Montpellier, chargé des affaires culturelles
p. 7-8
Texte intégral
1Philippe Gardy est né à Chalon sur Saône en 1949, mais ses attaches familiales sont à Montpellier, une ville où il a longtemps vécu et où il continue à habiter en alternance avec Bordeaux. Il a d’abord fréquenté le lycée de Nîmes, où il a rencontré un professeur qui devait le marquer, un certain Robert Lafont, qui lui faisait scander les vers latin à sa façon bien particulière, en marchant et en marquant les pas sur les temps forts, un exercice où excellait, paraît-il, le jeune Gardy. C’est ce professeur qui devait l’initier à l’occitan. Après une hypokhâgne au lycée Joffre et des études de lettres classiques à l’Université Paul Valéry, Philippe Gardy a connu l’exil de tout jeune enseignant, avant de revenir à Montpellier, où il entame une carrière universitaire. Devenu directeur de recherche au CNRS, il enseigne la littérature occitane à l’Université Paul Valéry, dirigeant thèses et mémoires, multipliant les conférences et les articles, exerçant également une activité éditoriale au Trabucaire ou aux Éditions Jorn. Spécialisé dans la littérature occitane de l’âge baroque à l’époque contemporaine, il peut raisonnablement être suspecté d’avoir tout lu dans ce domaine. Son insatiable curiosité et son immense érudition s’accompagnent d’une perspicacité aiguë et d’une sensibilité littéraire des plus fines.
2La liste de ses ouvrages est fort longue. Citons, dans le domaine contemporain, deux titres importants : Une Écriture en archipel, cinquante ans de poésie occitane et L’Écriture occitane contemporaine, une quête des mots, où il étudie notamment les oeuvres de Max Rouquette, Bernard Manciet, Marcelle Delpastre, Robert Lafont. Il a balisé le champ des lettres occitanes actuelles. Il n’y a oublié personne, sauf un seul poète, envers lequel il a toujours été injuste et qu’il a même toujours omis de nommer, malgré son importance. Ce malheureux poète, c’est lui-même. Reconnaissons à la décharge du critique que cette partialité négative n’est inspirée que par la modestie. Ce regrettable oubli commis par l’un des plus éminents connaisseurs de la littérature occitane, il fallait y remédier. C’est pourquoi ses lecteurs et amis ont décidé de réparer cette injustice et d’organiser cette journée d’étude et d’hommage à un poète occitan qui, depuis 37 ans, c’est-à-dire depuis l’âge de 17 ans où il publiait son premier recueil, L’Heure de patience, n’a pas cessé d’écrire, et d’écrire en occitan.
3La Municipalité de Montpellier est heureuse de s’associer à cet hommage, avec le Département d’Occitan de l’UPV, le Centre Régional de l’Enseignement de l’Occitan et la DRAC Languedoc-Roussillon, en l’accueillant dans la nouvelle Bibliothèque Municipale Centrale. Car il s’agit d’un hommage rendu à un poète montpelliérain doublement fidèle : à la poésie et à la langue de notre pays.
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