Le primitivisme mélancolique d’Edward S. Curtis
Entre 1907 et 1930, Edward S. Curtis publie les vingt volumes de son encyclopédie pictorialiste, The North American Indian, où dialoguent des propositions iconographiques et idéologiques souvent concurrentes, oscillant entre éthos assimilationniste et primitiviste. Au carrefour de différents régimes de visibilité — l’art, la science, le patrimoine, la surveillance et le spectacle — le photographe teste les représentations de l’autochtonie héritées du XIXe siècle à l’épreuve des schémas identit...
Éditeur : Presses universitaires de la Méditerranée
Lieu d’édition : Montpellier
Publication sur OpenEdition Books : 16 novembre 2020
ISBN numérique : 978-2-36781-379-0
DOI : 10.4000/books.pulm.6127
Collection : Horizons anglophones
Année d’édition : 2019
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-36781-295-3
Nombre de pages : 326
1 — Coordonnées et trajectoires d'une œuvre en relecture
2 — (In)visibilisation : disparitions monumentales
3 — Intégration en réserve et apories primitivistes
Entre 1907 et 1930, Edward S. Curtis publie les vingt volumes de son encyclopédie pictorialiste, The North American Indian, où dialoguent des propositions iconographiques et idéologiques souvent concurrentes, oscillant entre éthos assimilationniste et primitiviste. Au carrefour de différents régimes de visibilité — l’art, la science, le patrimoine, la surveillance et le spectacle — le photographe teste les représentations de l’autochtonie héritées du XIXe siècle à l’épreuve des schémas identitaires émergents, dans des images et contre-images qui traduisent les ambivalences de la rationalité coloniale et le statut politique incertain des Amérindiens. Érigeant la disparition en enseigne rhétorique de son grand œuvre, Curtis bâtit un monument paradoxal, entre commémoration et oubli. Le présent ouvrage propose d’interroger ces conflictualités et d’analyser les enjeux historiographiques, éditoriaux, socio-politiques, mémoriels, épistémiques et méta-photographiques du pictorialisme ethnographique de Curtis, en envisageant The North American Indian comme un laboratoire des codes et des identités, un dispositif d’(in)visibilisation des populations amérindiennes, un lieu de mémoire hanté et un trait d’union entre romantisme et modernisme.
Mathilde Arrivé est agrégée, docteure et maîtresse de conférences en études anglophones à l’université Paul-Valéry Montpellier 3 depuis 2010. Rattachée à l’équipe EMMA, elle est spécialiste de culture visuelle américaine.
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