Patrimoine sportif et évènements majeurs : les cas de Barcelone et de Rio de Janeiro
p. 57-72
Texte intégral
Introduction
1Les évènements sportifs possèdent une force d’attraction importante, mobilisant différentes catégories de participants : des athlètes (les protagonistes de l’évènement) avec leurs entourages respectifs (entraîneurs, entraîneurs, techniciens, gestionnaires, etc.), ainsi que des spectateurs, journalistes, délégués de fédérations sportives et techniciens1.
2La littérature a abordé et étudié le thème des grands évènements, et en particulier celui des Jeux olympiques, sous plusieurs angles. Lorsque nous parlons de gestion d’évènements, d’organisation d’évènements et de tourisme évènementiel, les études des manifestations et des évènements touristiques peuvent s’inscrire dans un nouvel espace multidisciplinaire et transcalaire2.
3Une première réflexion montre que la définition de mega-event constitue le point de départ de tout type de recherche et d’étude sur ce sujet. Une telle approche investit les domaines du tourisme, de la sociologie, de la géographie, de l’urbanisme, de la politique, de la philosophie et de toutes les disciplines ayant abordé le thème des évènements. Chacune propose, dans son propre champ, des interprétations avec des approches et des développements divers3.
4Parmi les caractéristiques les plus récurrentes mises en évidence par la littérature dans le domaine des méga-évènements4, il existe sans aucun doute des facteurs de premier plan tels que l’exceptionnel, les preuves et le caractère irremplaçable.
5De même, sur ce point, J.R. Brent Ritchie et Brian H. Smith5 considèrent les évènements mondiaux comme des occasions spéciales et qualitatives6, comme une « fenêtre d’opportunité ». En ce qui concerne le contexte italien, notamment grâce aux études de Stephan Essex et Brian Chalkley7, de Luigi Bobbio et Chito Guala8 et enfin de Edigio Dansero et Ana Segre9, il est facile de voir comment la littérature sur le thème des méga-évènements se propage depuis les Jeux olympiques de Turin en 2006. Cette manifestation sportive a permis d’élargir les analyses sur le sujet, faisant le bilan d’un spectacle aussi spectaculaire que catastrophique en termes de rénovation urbaine et en particulier d’échec en matière de legs post-évènement10. En outre, il est intéressant de comprendre, comme nous le verrons plus loin, la double caractérisation des évènements à l’échelle mondiale et la manière dont la littérature sur le sujet s’est développée sur des positions apparemment divergentes. Pour analyser l’influence d’un grand évènement sur la ville hôte, il est opportun de partir de la « meilleure » Olympiade de l’ère moderne, considérée par beaucoup d’auteurs comme un véritable modèle à suivre.
6En imaginant une chronologie, débutant avec le « modèle » de Barcelone en 1992, il est possible de retracer l’histoire olympique depuis cette époque jusqu’à nos jours ; ainsi que les mutations des intérêts de la littérature, grâce aux travaux d’experts réputés.
7Depuis « l’évènement modèle » de Barcelone de 1992, le nombre de villes aspirant à accueillir les Jeux olympiques s’est accru. Les dirigeants locaux les appréhendent comme une occasion d’améliorer l’économie à court terme et de déclencher un processus de croissance territoriale11. Bien que le désir d’organiser un évènement comme les Jeux olympiques puisse représenter un défi pour le réaménagement de la ville hôte et des territoires limitrophes, la rétrospective des vingt dernières années atteste que la réalisation d’un méga-évènement n’a pas été favorable pour les villes, souvent déconfites et endettées à cause des dépenses importantes engagées pour l’organisation de la manifestation12. Les méga-évènements peuvent en effet générer des impacts contradictoires sur les villes et régions hôtes. Ils représentent un défi pour le réaménagement d’une métropole ou un gaspillage de ressources et de fonds publics13 notamment à propos de ses effets et de la mesure des impacts14. Malgré la littérature contrastée, divisée entre ceux qui considèrent le grand évènement comme une occasion de restructurer le territoire et ceux qui, à l’inverse, le considèrent comme un « moyen de gâcher », les deux camps semblent s’accorder, généralement sur l’expérience olympique de Barcelone de 1992. Pour certains auteurs, c’est une exception qui confirme la règle15, pour d’autres, il s’agit plutôt de best practices et de modèle à suivre16.
8Les évènements olympiques n’ont pas toujours connu des épilogues semblables et la littérature à ce sujet est des plus controversée. Dans de nombreux cas, il est difficile d’affirmer le succès de l’évènement dans son ensemble, à l’exception des aspects économiques et purement sportifs.
9En comparant les études sur le thème des grands évènements, on assiste à un renversement radical de la démarche des auteurs pour définir un évènement majeur et sa pertinence, en tant qu’instrument visant à développer le territoire.
10Les conclusions des recherches clés dans le domaine montrent un tournant ces dernières années, un véritable point de rupture. Il est possible de mettre en évidence deux perspectives divergentes principales pouvant être incorporées aux macro-catégories de la littérature orthodoxe ou hétérodoxe. En particulier, nous pouvons souligner un changement d’orientation glissant d’une vision néolibérale à une lecture d’orientation critique. Ceci pourrait découler de l’évolution du traitement du phénomène complexe des méga-évènements par les experts.
11La littérature traditionnelle et l’absence d’orientation critique ont dominé les études des évènements majeurs. Pendant longtemps, le méga-évènement a été l’incarnation de la mondialisation, une manifestation de la pensée néolibérale. L’absence de critiques à l’idée que le grand évènement est une opportunité de développement a influencé les investissements successifs conduisant à une série d’échecs, aggravant la situation socio-économique des territoires olympiques.
12La littérature la plus récente change d’approche et devient critique, questionnant le développement économique au regard du développement de la ville. Repenser l’étude des grands évènements est nécessaire. La conscience néolibérale incontestée de l’analyse du grand évènement en tant qu’instrument de rénovation urbaine s’achève avec la naissance de la littérature critique. Ainsi, l’objectif est de produire une contribution constructive abordant des problèmes plus actuels (par exemple, la justice sociale, les mouvements mondiaux, l’équité sociale, etc.).
13Selon la majeure partie de la littérature, les méga-évènements sportifs, souvent caractérisés par un manque de transparence, ont été organisés conformément à la logique capitaliste en procurant des avantages pour l’élite urbaine dans l’intérêt des flux mondiaux plutôt que des retombées pour les communautés locales17.
14Si, au cours des dernières décennies, il y a eu une véritable « course à la candidature », les fortes protestations et l’héritage olympique, pas toujours positif, ont influencé les politiques et le développement des territoires olympiques découragent la course effrénée aux Jeux. Selon le sociologue John Horne, la faiblesse des recherches se trouve donc dans la promotion des méga-évènements en tant qu’outil de développement. Une grande partie de la littérature critique estime que les avantages économiques représentent un véritable mirage et, même là où il y aurait des bénéfices, ils sont réservés exclusivement aux parties prenantes de l’évènement, et certainement pas aux communautés locales et à la société.
15Si nous prenons en compte les ressources économiques nécessaires à la réalisation d’évènements majeurs, la littérature accorde une attention particulière à la question de la gestion des dépenses ainsi qu’aux risques associés tels que l’augmentation de l’inflation et des taxes résultant dans la grande majorité des cas de la construction de structures pour accueillir l’évènement, dont la capacité est souvent surestimée. De la même manière, un intérêt particulier est porté à l’étude de la soi-disant fragmentation territoriale mise en œuvre pour la planification d’un grand évènement, en d’autres termes, le constat que seulement quelques parties du territoire et certaines catégories de personnes bénéficient réellement d’une telle réalisation. La réflexion porte plus particulièrement sur le fossé centre-périphérie, en termes de comparaison des effets économiques et des réalisations et impacts réels pour les contextes urbains. Habituellement, le centre urbain semble être, le principal réceptacle de financements et rénovations, tandis que la périphérie semble absorber cet avantage18.
16Certains chercheurs sont particulièrement intéressés au traitement des méga-évènements d’un point de vue sociologique, trouvant un terrain propice à l’approche critique de la littérature orthodoxe, qui a trop longtemps considéré le méga-évènement comme une opportunité de rénovation, de compétitivité et de création marketing en milieu urbain, accordant peu d’attention aux problématiques de la qualité de vie des communautés locales et des minorités. La littérature hétérodoxe s’auto-définit donc comme critique et condamne l’esprit néolibéral de la mondialisation contemporaine. Il est fait spécifiquement référence à l’exemple d’évènements sportifs considérés comme très problématiques, car générateurs de travail qui se prolonge dans le temps dans le contexte local de référence19. Cette position semble donc être fortement présente lorsqu’il est question d’une véritable sélection sur le territoire20. C’est ce qui s’est passé dans le cas de Rio de Janeiro, en premier lieu avec la Coupe du monde de 2014 et par la suite, avec les Jeux olympiques d’été de 2016. Cet évènement a été fortement critiqué à plusieurs égards et largement débattu, en particulier en termes de transformation du paysage ainsi que de relégation du territoire et des peuples autochtones afin de montrer aux médias et au monde entier une ville totalement différente de la réalité.
17Il apparait donc que la littérature sur le sujet adopte une position très marquée et classificatoire à propos des inconvénients inhérents à l’organisation d’un évènement de classe mondiale, en particulier sportif. Certains spécialistes21 soulignent que, dans la plupart des cas, les coûts de construction des structures ainsi que les coûts sociaux définis sont nettement supérieurs aux bénéfices obtenus22.
18Un revirement aussi radical dans la littérature peut être interprété comme un changement de vision des chercheurs qui ont déplacé leur attention des seuls facteurs et impacts économiques et environnementaux (par exemple, la régénération du territoire) vers des sujets tels que l’équité sociale et ce que David Harvey a appelé le « droit à la ville23 », sujet déjà traité par Henri Lefebvre en 1970 dans son livre Le droit à la ville24.
19Certains chercheurs, en modifiant leur approche, se tournent de plus en plus vers les questions sociologiques. Apparait donc une nouvelle grille de lecture étudiant le phénomène non seulement d’un point de vue quantitatif tout en tenant compte de sa valeur qualitative. Cependant, il convient de rappeler qu’en partie sous l’influence d’une relecture de la réalité sous un angle moins orthodoxe ou, mieux encore, néolibéral ; et en tenant également compte des vingt années d’échecs olympiques depuis Atlanta 1996 jusqu’à Rio de Janeiro 2016, la pensée est orientée vers des thèmes d’actualité, apportant une contribution significative à la nouvelle vision de l’évènement en sociopolitique.
20En réalité, les différents éléments de discours de cette « nouvelle » littérature concilient l’approche critique de la littérature orthodoxe, qui accordait peu d’attention aux questions relatives à la qualité de vie des communautés et des minorités locales.
21À la lumière de cela, découlent des réflexions majeures qui interrogent l’avenir du grand évènement. D’un côté, il y a celles qui traitent d’évènements modèles sur lesquels baser les choix pour une gouvernance vertueuse. D’un autre côté, à l’inverse, il y a celles selon lesquelles le grand évènement n’est plus une garantie de bénéfice pour la ville.
22Partant de là, nous examinerons deux cas d’études : les Jeux olympiques de Barcelone (1992) et ceux de Rio de Janeiro (2019) dans une approche comparative découlant de réflexions de nature géographique et sociale tout en se référant au contexte économique. Le cas d’Expo2015 est cité comme exemple d’une exposition, un méga-évènement qui a animé le débat sur le thème de la marchandisation du paysage.
1 Barcelone : modèle ou expérience ?
23Considérés par la littérature comme des jeux modèles, l’Olympiade de Barcelone de 1992 peut être définie dans l’absolu comme la meilleure.
24Il a été mis en évidence la nécessité pour la ville de Barcelone de procéder à une restauration et de tirer parti des Jeux olympiques pour moderniser les espaces publics et les banlieues, en créant de nouvelles infrastructures destinées aux citoyens par l’élargissement du tissu urbain. La ville catalane vivait une crise profonde résultant de la désindustrialisation et de la méconnaissance de son patrimoine culturel. Ces éléments ont souvent conduit à une comparaison avec la ville italienne de l’automobile : Turin.
25La littérature sur le sujet montre comment les réalisations faites à Barcelone suivent une trajectoire et une vision qui prennent naissance dès 1960 avec le Plan de la Riviera, mis en œuvre pour tenter de trouver une solution qui permettrait à la ville de s’ouvrir vers la mer. Il a été concrétisé en 1971 grâce au travail de l’architecte Manuel de Solà Morales. L’idée centrale est la planification d’autres travaux de développement urbain, réalisés en 1988 avec la construction du Pla Especial d’Ordenaciò de Façana al Mar de Barcelona dans le secteur du Passeig de Carles III et de l’Anviguda d’Icaria. Ce projet plutôt ambitieux et complexe a permis d’initier les travaux de restructuration de la partie côtière avant de d’être achevée à l’occasion des Jeux olympiques de 199225.
26Le réaménagement urbain de Barcelone a donc commencé vers la fin des années 1970, époque de la transition de la dictature vers la démocratie, une période cruciale pour l’histoire de l’Espagne. Cette phase politique se manifeste par l’instabilité urbaine caractéristique des zones très marginales, telles que les périphéries, et dans les problèmes logistiques, structurels et de logements qui ont affecté l’ensemble du tissu urbain.
27La décision fut donc prise d’exploiter l’opportunité olympique de créer un restyling orienté vers une rationalisation. Conçu de manière à profiter à toutes les parties de l’espace urbain lourdement endommagées ou en situation de délabrement, il renouvelle ainsi le concept d’identité urbaine26.
28Il est donc évident que les Jeux olympiques ont été l’occasion idéale pour la réalisation d’un projet de grande envergure permettant d’attirer tous les secteurs intéressés. Ceci est également rendu possible grâce à la poursuite d’une série de projets engagés avec les premiers signes de renouvèlement issus des 100 projets d’Oriol Bohigas27. Ce développement a permis la construction de routes, de parkings et de nouveaux quartiers partout dans la ville.
29Les investissements en infrastructures ont été décisifs. Par rapport à 1986, le réseau routier a été étendu de 15 %, celui d’égouts de 17 %, les espaces verts et les plages de 78 %28. La force des opérations de restructuration de la ville est liée au fait que les nouveaux bâtiments sont intégrés au tissu urbain déjà existant, garantissant une forme de continuité entre le passé et le présent, devenant ainsi un lieu de fusion entre l’espace public et la réalité urbaine29. De plus, de fortes synergies sont créées entre Barcelone et les villes voisines qui, grâce à un comportement dynamique et à une forte implication des citoyens, peuvent contraster le rôle de polarisation de la ville olympique.
30Nonobstant que les Jeux olympiques de 1992 furent les plus onéreux de l’histoire, Barcelone, en plus de saisir l’occasion offerte par l’évènement de se donner un nouveau visage, tire des avantages économiques de l’organisation de l’évènement, à court et à long termes. Compte tenu, dès lors, des avantages en matière d’emploi, la valeur ajoutée apportée à la ville hôte se confirme, notamment au niveau de la qualité de vie des habitants. La relance économique découlant des Jeux est telle qu’elle se diffuse à toute la région catalane.
31La restauration urbaine et l’embellissement garantissent des avantages à long terme pour le territoire, y compris pour le secteur du tourisme. De plus, la notoriété offerte par la manifestation olympique à la ville catalane et les stratégies de promotion et de marketing adoptées sont de nature à garantir la création d’un imaginaire touristique et la promotion d’une marque forte rendant le territoire attractif.
32La littérature sur le sujet propose de nombreux éléments de réflexion par ses approches multiples : ces questions touchent en particulier aux propositions de projets présentées dans le contexte urbain de Barcelone avant et après les Jeux olympiques. Elle s’interroge également sur la manière dont est appréhendée l’héritage issu des travaux ; sujet souvent absent dans d’autres contextes d’organisation d’un méga évènement.
33L’exposition de Milan Expo 2015 est un cas d’échec de l’héritage post-évènement qui a fait l’objet de différentes phases d’observation. La planification du site de l’exposition et des travaux prévus ont suscité deux approches très différentes du problème. D’une part, a été mis en évidence le volet très innovant introduit par l’Expo 2015 en termes de thème choisi et de territorialisation d’un lieu auparavant simplement identifié comme zone périphérique30. D’autre part, au contraire, s’y oppose toute la littérature révélant à quel point l’exposition de Milan a été un échec total en termes d’héritage, de destruction de terres, de « mercificazione del paesaggio31 » et de spéculation32. Un point de vue médian est nécessaire dans ce contexte pour pouvoir évaluer les effets positifs et négatifs se mêlant souvent lors des travaux de grande envergure tels que des évènements planétaires.
34Ce qui est intéressant, c’est l’importance de la compétition entre les villes pour l’attribution de l’évènement et de leurs réalisations ultérieures visant à renforcer leur rôle dans la hiérarchie urbaine et à améliorer la visibilité et l’attractivité des centres résidentiels33.
35Selon Ferran Brunet34, il convient de mettre en évidence la force concurrentielle de la ville après les Jeux olympiques. L’architecte catalan souligne le fort impact économique généré par le grand évènement en termes de transformation territoriale, de croissance économique et de valorisation de la ville à moyen et long termes.
36Le titre de jeu modèle faisant référence à l’expérience de Barcelone semble être universellement accepté. Ainsi, les acteurs locaux et les élites œuvrant à la candidature et la gestion d’expériences olympiques ultérieures tentent de s’approprier la dynamique vertueuse des Jeux olympiques de 1992 en imitant leurs politiques et stratégies. Pourtant, après Barcelone 1992, aucun n’a connu le même succès.
37Selon Maria Dolors Garcia-Ramon, en définitive, il ne faut pas utiliser l’expression « modèle de Barcelone » mais « l’expérience de Barcelone », car « un modèle est quelque chose à imiter, à exporter35 », exporter une expérience, même positive, pourrait conduire à un échec, du fait du transfert de certaines actions dans des contextes différents.
38Les Jeux olympiques de 1992 ont été pour Barcelone, une occasion parfaite, un prétexte, pour réaliser une transformation en profondeur, une formidable opportunité de promouvoir une véritable restauration de la ville et des territoires environnants. Et pourtant, certains affirment que de nombreux problèmes sont liés aux Jeux olympiques de 1992. Pour eux, suite au grand évènement olympique, Barcelone se transforme en « ville élégante pour les élites36 », ignorant les besoins sociaux de nombreux citoyens.
39Les besoins des minorités ne sont pas pris en considération dans la conception de la nouvelle ville. À l’occasion de sa restauration, de nouvelles infrastructures privées sont construites et non des transports en commun, le tissu urbain est élargi en marginalisant les populations à faibles revenus37. Il donne lieu à un phénomène de gentrification38. Ceci est souvent visible suite à des méga évènements et implique également une construction surestimée d’infrastructures strictement liées à l’évènement, une augmentation des prix de vente des biens situés à proximité du parc des expositions ou, en tout cas, de la portion d’espace mis à niveau pour l’évènement. Les habitants sont donc obligés de déménager en raison de la hausse des prix qui ne touche pas seulement le secteur immobilier — en particulier la hausse des loyers — mais aussi toute une série de services ayant trait aux produits de première nécessité, désormais normalisés et conçus sur mesure pour une clientèle exigeant des normes de logement élevées, différentes du contexte résidentiel précédent. Cette migration du centre urbain, et en particulier, d’un quartier rénové vers la partie périphérique de la ville ou au moins vers des lieux détachés du centre urbain de la ville, propose une lecture qui est souvent considérée et conçue comme un exemple de ghettoïsation urbaine39.
40Selon certains auteurs40, même la meilleure expérience olympique est ternie par les problèmes menant certains intellectuels à douter des véritables avantages hérités de l’évènement sur la ville. Bien que les résultats de l’expérience de Barcelone aient été positifs à court terme ; il convient de rappeler qu’à moyen et à long termes, certaines difficultés ont été rencontrées pour maintenir un modèle de développement visant principalement à l’expansion des secteurs touristique et immobilier. Pour ces raisons, il semble que le grand évènement périclite au lieu d’être un outil de revitalisation de la ville.
2 Rio de Janeiro : le point de vue des experts
41Plusieurs auteurs41 estiment que les grandes manifestations sont particulièrement utilisées par les villes d’un État en développement pour réaliser le renouveau urbain et obtenir un repositionnement international. Cependant, ces interventions ne sont pas toujours nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents des citoyens d’États caractérisés traversés par de graves problèmes socio-économiques. Au contraire, accueillir de grands évènements dans des contextes territoriaux dans ces États a conduit, dans plusieurs cas (Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, Coupe du monde 2014 au Brésil, Jeux olympiques 2016 à Rio de Janeiro) à une augmentation des inégalités et des problèmes économiques et sociaux.
42Le Brésil, déjà troublés par des mouvements sociaux découlant des problèmes socio-économiques et politiques, a connu une augmentation des problèmes liés aux inégalités sociales et à la gentrification suite à l’organisation de deux évènements majeurs en deux ans : la Coupe de la FIFA 2014 et les Jeux olympiques de 2016. Anne-Marie Broudehoux et Fernanda Sanchez définissent ces deux méga évènements qui se sont succédés dans un laps de temps réduit comme un « doppio smacco42 » — double peine — pour le territoire et les citoyens.
43L’inefficacité des transports, du système de santé et éducatif ainsi que l’insécurité, combinée aux désagréments fréquents causés par les expulsions et les problèmes découlant de la crise environnementale, n’ont pas été résolus par l’accueil des grands évènements. En effet, ces derniers ont favorisé l’augmentation des inégalités sociales, générant des phénomènes de gentrification43, dans un cadre de rivalité géopolitique, de corruption et de dopage. La ville de Rio de Janeiro, protagoniste des deux méga-évènements, a connu de nombreuses transformations urbaines, qui ont conduit dans la plupart des cas à une augmentation de la valeur immobilière, favorisant les inégalités déjà fortes dans la société brésilienne. Par exemple, Porto Maravilha (un port magnifique) et Providência ont été témoins de la métamorphose du quartier environnant qui est passé d’une zone industrielle semi-abandonnée à une zone commerciale et résidentielle44. En conséquence, les habitants et les minorités sociales (favelas) ont affronté l’UPP45 lors de mouvements sociaux, se plaignant d’abus et dénonçant les expulsions. Comme le signalent Fernanda Sanchez et Anne-Marie Broudehoux46, le projet du site de Porto Maravilha n’incluait pas l’expulsion des habitants du quartier à la suite de la réorganisation du tissu urbain. En réalité, l’apparition d’un phénomène de gentrification était prévisible, ou plutôt inévitable47. La plupart des nouveaux logements dans la zone portuaire sont destinés à la classe moyenne supérieure et aux couches sociales à revenu élevé. En conséquence, les habitants autochtones de Providência ont été marginalisés dans la périphérie de Cariocan dans de nouveaux logements à loyer modéré. Les mouvements sociaux qui ont éclatés durant les deux méga évènements au Brésil sont enracinées dans des problèmes profonds de la société brésilienne, définis par Frederico Venturini comme :
Le résultat de la superposition de plusieurs facteurs, dont l’un des plus importants est un développement très irrégulier et une polarisation énorme de la société entre riches et pauvres, dans un modèle de développement néo-capitaliste qui montre lentement toutes ses contradictions48.
44Il ajoute, le développement inégal :
[...] se traduit notamment dans la construction géographique de la ville, non seulement dans la localisation des quartiers spécifiquement pour les riches et ceux pour les pauvres qui vivent ségrégués même à quelques mètres de distance, mais surtout dans la situation précaire des favelas49.
45Bien qu’il soit trop tôt pour avoir une vision complète de l’héritage olympique des Jeux de Rio de Janeiro 2016, essayons de brosser un tableau des dépenses et des investissements par rapport aux opportunités attendues. Il s’agit de comprendre, dans un premier temps, à quel point les travaux de réaménagement de la ville auraient pu bénéficier ou constituer un fardeau pour le territoire brésilien et en particulier pour la ville de Rio de Janeiro. Puis dans un deuxième temps, de voir combien les avantages réels ont été équitablement répartis sur le territoire.
46Selon des prévisions optimistes du Comité Olímpico Brasileiro, FIA, FIPE, en 2009, la candidature aux Jeux aurait favorisé la création de nouveaux emplois (120 800 nouveaux emplois par an dans tout le pays) et une augmentation du PIB de plus de 10 % pour Rio de Janeiro et de plus de 1,7 % pour le pays entre 2017 et 202750.
47Comme suggéré par certains51, l’impact des Jeux olympiques sur la croissance du PIB est bien inférieur aux estimations. Elle devrait atteindre 13,5 milliards de dollars d’ici 2027, mais selon le CIA World Factbook52 au 1er janvier 2018, le budget du Brésil était de 3,29 milliards de dollars53. En outre, les coûts de la construction des nouvelles structures et de la rénovation des structures existantes ont dépassé les prévisions, estimées à 11,6 milliards de dollars pour le total des investissements, dont 80 % pour les infrastructures et 20 % pour les infrastructures sportives.
48Selon Stefano Di Vita, les prévisions optimistes ont du mal à se confirmer à la fois parce que les modèles économiques ont du mal à prendre en compte l’ensemble des effets ; et parce que les études effectuées avant l’évènement sont souvent commandées par les bénéficiaires de l’initiative et peuvent donc être dictées biaisées54. En 2014, à la veille des Jeux olympiques, la crise financière a trouvé un terrain fertile dans un environnement caractérisé par le ralentissement de l’économie et la difficulté croissante du gouvernement à gérer les ressources publiques pour répondre aux besoins des citoyens. Dans un tel contexte socio-économique, le patrimoine urbain est apparu comme le seul élément capable de garantir la légitimité sociale d’un méga évènement.
49Les avis sur les Jeux olympiques de Rio 2016 sont, à ce jour, encore mitigés. Le déchaînement de controverses et de manifestations publiques ont attiré l’attention sur la portée modeste de l’héritage olympique en termes d’impacts économiques et de projets de mobilité urbaine, ainsi que sur le retour espéré des investissements publics pour la population. Selon Fernanda Sanchez, les projets envisagés par les documents officiels de la Rio Prefeitura Cidade Olimpica se sont déjà révélés insuffisants et incapables de répondre aux besoins réels des citoyens. En effet, une grande partie de la littérature critique55 estime que ces phénomènes sont liés à une stratégie politique visant à permettre le contournement du protocole juridique sur les Droits de l’Homme dans l’intérêt du capital mondial56 et qui exploite les méga évènements pour parvenir à des politiques socialement injustes qui marginalisent davantage les minorités sociales57. La ville hôte des Jeux pourrait, au contraire, consacrer les investissements à d’autres domaines prioritaires, par exemple l’amélioration des services de santé publique et de l’éducation. L’un des objectifs du programme olympique était précisément d’exploiter les travaux liés aux Jeux pour fournir les outils permettant d’accélérer la croissance économique du pays et d’améliorer la qualité de vie des habitants de Rio de Janeiro, en créant une ville intégratrice et en réduisant les inégalités sociales. Avec la crise financière et le début de la récession, les dépenses consacrées aux méga-évènements n’ont pas suffi à produire un effet contracyclique. Le gouvernement de la ville de Carioca, en plus de ne pas avoir su éviter une dette publique excessive, n’a pas réussi à satisfaire les besoins sociaux fondamentaux58. En effet, l’échec des objectifs impacte une grande partie de la population et touche très peu les élites et les parties prenantes de l’évènement. Plus précisément, certains groupes économiques locaux ont été favorisés, alors que la majorité de la population n’a bénéficié d’aucun avantage59. L’inégalité sociale a été également visible dans l’héritage laissé par les infrastructures sportives renforçant une interprétation élitiste de la politique sportive nationale conduisant à définir les Jeux olympiques de Rio comme un méga-évènement conçu pour favoriser le CIO, le comité organisateur local (OGOC) et le Comité olympique brésilien (COB). À la lumière de ce scénario, les échecs des Jeux olympiques brésiliens peuvent-ils être attribués ou du moins liés, voire davantage influencés, par le message de manque d’efficacité de ces évènements mondiaux ?
Conclusion
50Un des aspects fondamentaux d’un méga-évènement est sa fonction de rénovation urbaine. Sa capacité à attirer des touristes est limitée par rapport à l’évènement lui-même, mais agit comme un catalyseur de l’attraction touristique après l’évènement grâce à la visibilité médiatique de la ville et au repositionnement de son image sur le plan local et international. Le cas d’Expo 2015 est un exemple admirable. Au fil du temps, le méga-évènement a confirmé ses limites et ses critiques liées aux conséquences sociales pas toujours positives de l’héritage olympique. Les évènements locaux tels que les marathons urbains jouent un rôle de plus en plus important dans le positionnement des localités sur le marché touristique, améliorant ainsi leur image, leurs installations et leurs infrastructures. En particulier, des villes comme Barcelone, qui ont pu planifier l’évènement dans tous ses aspects et dans la gestion des structures dans un objectif citoyen, ont vu leur attrait touristique augmenter progressivement grâce aux Jeux olympiques d’été de 1992. Il reste toutefois, une part d’ombre liée aux méga-évènements dans leur gestion et leurs effets sur la population dans son ensemble. Les décisions prises ont souvent contribué au bien-être de certaines classes sociales mais ont eu des effets limités sur le reste de la population urbaine.
51La Coupe du monde de football organisée en 1990 en Italie est un autre exemple d’évènement médiatique et de transformation urbaine. La construction de nouveaux stades dans les zones périphériques ou la restructuration de certains stades existants est une étape de l’histoire culturelle et économique italienne. Les frais, non seulement en termes d’installations découlant du méga-évènement footballistique, sont un héritage que les villes hôtes ont dû gérer parfois avec la démolition et la construction d’une nouvelle usine. C’est le cas du Stadio delle Alpi à Turin, démoli moins de vingt ans après sa construction provoquant de forts débats politiques et en matière d’urbanisme laissant le sentiment d’un projet jamais terminé.
Notes de bas de page
1 Margaret Deery, Leo Jago, Liz Fredline, « Sport tourism or event tourism: are the one and the same? », Journal of Sport Tourism, no 9, 2004, 9.
2 Donal Getz, Event Management & Event Tourism, New York, Cognizant Communication Corporation, 2005, p. 37.
3 Matteo Basso, Grandi eventi e politiche urbane. Governare « routine eccezionali ». Un confronto internazionale, Milano, Guerini, 2017, p. 122.
4 Il est fait référence à toute cette série d’études, de réflexions et de recherches qui intègrent le concept de méga-évènement en tant qu’héritage pour une ville ou du moins en soulignant l’intérêt d’exploiter ces opportunités dans les contextes urbains contemporains.
5 J.R. Brent Ritchie, Brian H. Smith, « The role and impact of Mega Event on host region awareness: a longitudinal study », Journal of travel Research, no 21,1991.
6 Matteo Basso, 2017, op. cit.
7 Stephan Essex, Brian Chalkley, « Olympic Games: catalyst of urban change », Leisure studies, 1998, p. 187-206.
8 Luigi Bobbio et Chito Guala, Olimpiadi e Grandi Eventi, verso Torino 2006, Carocci, Roma, 2002, p. 57.
9 Edigio Dansero et Ana Segre, « Il territorio dei Grandi Eventi. Riflessioni e ricerche guardano a Torino 2006 », Bollettino della Società Geografica Italiana, vol. 7, no 4, 2006, p. 861-894.
10 Anna Martina, Comunicare la città : il caso di Torino olimpica, Milano, Bruno Mondadori, 2006, p. 81.
11 Maximos Malfas, Eleni Theodoraki, Barrie Houlihan, « Impact of the Olympic Games as mega-events », Proceeding of the Institution of Civil Engineers Municipal Engineer, Issue ME3, 2004, Paper 13568, p. 209-220.
12 Stephan Essex et Brian Chalkley, 1998, op. cit. ; Piervincenzo Bondonio, Edigio Dansero, Alfredo Mela, Olimpiadi oltre il 2006, Roma, Carocci, 2006 ; Julie Clark, Ade Kearns, Claire Cleland, « Spatial scale, time and process in mega-events: the complexity of host community perspectives on neighbourhood change », Cities, 2016, no 53; Martin Müller, « The mega-events syndrome: why so much goes wrong in mega-event planning and what to do about it », Journal of the American Planning Association, no 81, 2017.
13 Andrew Zimbalist, « Is it worth it ? Hosting the Olympic Games and other mega sporting events is an honor many countries aspire. to but why ? », Finance and Development, no 47, 2010.
14 Ibid. ; Raffaele Cercola, Francesco Izzo, Enrico Bonetti, Eventi e strategie di marketing territoriale, Milano, Franco Angeli Editore, p. 57.
15 Andrew Zimbalist, 2010, op. cit.
16 Marco Brogna et Valeria Cocco, « I grandi eventi come sfida per la riqualificazione del territorio », dans Dansero E., Lucia M.G., Rossi U. et Toldo A., (S)radicamenti, Memorie Società di studi geografici, Firenze, 15, 2017.
17 John Horne, « The four “knowns” of sport mega-events », Leisure Studies, no 26, 2007.
18 Urmilla Bob, Mbali Majola, « Rural community perceptions of the 2010 FIFA World Cup : The Mokhowa Community in KwaZulu-Natal », Development Southern Africa, no 28, 2011.
19 Philippe Furrer, « Sustainable Olympic Games: a dream or reality », Bollettino della Società Geografica Italiana, no 13, 2002 ; Chris Gratton, Ian Henry, Sport in the City : the role of sport in economic and social regeneration, Londres, Routledge, 2011, p. 69.
20 Rosangelo Lodigiani, Rapporto sulle città, Milano 2014, Expo Laboratorio metropolitano cantiere per un mondo nuovo, Milan, Franco Angeli Editore, 2014, p. 22.
21 Raffaele Cercola, Francesco Izzo, Enrico Bonetti, 2017, op. cit.
22 Fondazione Ambrosianeum, Milano 2016 : idee, cultura, immaginazione e la città metropolitana decolla, organisé par Rosangela Lodigiani, Milano, Franco Angeli, 2016.
23 David Harvey, « The Right to the city », New Left Review, no 53, 2008.
24 Henri Lefebvre, Il diritto alla Città, Padova, Marsilio, 1970.
25 Paola Nicoletta Imbesi, Il « riqualificar facendo » e le aree dismesse. Il senso di un’esperienza di progettazione partecipata, Rome, Gangemi, 2012.
26 Concetta Fallanca, Gli dei della Città. Progettare un nuovo umanesimo, Milan, Franco Angeli Editore, 2016, p. 34.
27 Asterio Savelli, Turismo, territorio, identità: ricerche ed esperienze nell’area mediterranea, Milan, Franco Angeli Editore, 2017, p. 29.
28 Ferran Brunet, « Anàlisi de l’impacto dels jocs olimpics de Barcelona », dans Botella M., De Morages M., Barcelone, L’herència dels Jocs 1992-2002, Barcelona, Planeta, 2002.
29 Andrea Bruschi, Anna I. Del Monaco, Anna Giovannelli, Città e olimpiadi: Roma 1960, Barcellona 1992, Bejiing 2008, London 2012, Rome, Edizione Nuova Cultura, 2011, p. 54.
30 Barbara Weisz, Guida all’Expo 2015 : rapida panoramica delle opportunità di business, Fisco e Tasse, 2014.
31 Daniela Poli, Progettare il paesaggio nella crisi della modernità, Florence, All’insegna del Giglio, 2002, p. 102.
32 Gianni Barbacetto, Marco Maroni, Excelsior, Il Gran ballo dell’Expo, Milan, Chiarelettere Editore, 2015, p. 57.
33 Chito Guala, Mega Eventi : modelli, storie e rigenerazione urbana, Carocci Editore Roma, 2007, p. 96 ; Marco Colleoni, Camillo Tidore, « Crisi e trasformazione dello spazio pubblico, urbano. Un’indagine nazionale », dans Mazzette A., Pratiche sociali di città pubblica, Bari, Roma, Laterza, p. 127 ; Chito Guala, Mega Eventi. Immagini e Legacy dalle olimpiadi alle Expo, Rome, Carocci Editore, 2015, p. 36 ; Marcelo Risitano, Annarita Sorrentino, Strategie di Marketing dei territori e ruolo dei Mega Eventi. Il caso di Napoli, Turin, Giappichelli, 2018, p. 127.
34 Ferran Brunet, « An economic analysis of the Barcelona ‘92 Olympic Games: Resources, financing and impact », dans De Moragas Spà M. et Botella M., The Keys of success: the social, sporting, economic and communications impact of Barcelona’92. Bellaterra : Servei de Publicacions de la Universitat Autònoma de Barcelona, 1995.
35 Maria-Dolores Garcia Ramon, Abel Albet, « Pre-olympic and post-olympic Barcelona a “model” for urban regeneration today? », dans Environment and planning A, no 32, 2000.
36 Ibid.
37 Ibid.
38 Philippe Furrer, 2002, op. cit.
39 Vincenzo Cesareo, Rita Bichi, Per un’integrazione possibile. Periferie urbane e processi migratori, Milan, Franco Angeli Editore, 2010, p. 109 ; Mara Balestrieri, Marginalità e progetto urbano, Milan, Franco Angeli Editore, 2011, p. 55.
40 Maria-Dolores Garcia Ramon, Abel ALBET, 2000, op. cit.
41 Harry H. Hiller, « Mega-events, urban boosterism and growth strategies: an analysis of the objectives and legitimations of the Cape Town 2004 Olympic bid », International Journal of Urban e regional research, no 2, 2000c ; Robert A. Baade, Victor A. Matheson, « The quest for the cup: assessing the economic impact of the World Cup », Regional Studies, no 38, 2004 ; Udesh Pillay, Richard Tomlinson, Orly Bass, Development and Dreams : The Urban Legacy of the 2010 Football World Cup, HSRC Press, 2009.
42 Anne-Marie Broudehoux, Fernanda Sanchez, « The politics of mega-event planning in Rio de Janeiro. Contesting The Olympic city of exception », dans Viehoff V. et Poynter G., Mega-event cities : urban legacies of global sports events, Londres, Routledge, 2015.
43 Frederico Venturini, « Le proteste popolari a Rio de Janeiro a partire da giugno 2013 : uno studio preliminare », dans XIIIe Coloquio International de Geocritica. El control del espacio y los espacios de control, dans GeoCritica, Universidad de Barcelona, 13, 2014.
44 Matteo Basso, 2017, op. cit.
45 Unité de police de maintien de la paix.
46 Matteo BASSO, 2017, op. cit.
47 Carlos Vainer, « Cidade de exceçao reflexõs a partir do Rio de Janeiro », Quem planeja o territorio ? Atores, arenas e estrategia, Proceding of the XIV Encontro Nacional da Anpur, 23-27 mai 2011, Rio de Janeiro.
48 Frederico Venturini, 2014, op. cit.
49 Ibid.
50 Instituto Polìticos Alternativos para o Cone Sud — Pacs, Rio Olímpico, Rio de Janeiro, 2017 ; Valdir Lamin-Guades, Renato A. Tagnin, « Legado dos Jogos Olímpicos e Paraolímpicos Rio-2016 : sustentabilidade, cobertura midiática e aspectos negligenciados », Revista de Iniciação Científica, Tecnológica e Artística, no 6, 2016.
51 Stefano Di Vita, I grandi eventi e lo sviluppo urbano sostenibile, territorio, sostenibilità, governance, Milan, Franco Angeli, 2017.
52 https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/ consultato il 12 marzo 2019.
53 Marcelo Weishaupt Proni, Raphael Brito Faustino, Leonardo Oliveira Da Silva, Impactos Econômicos de Megaeventos Esportivos, Belo Horizonte : Casa da Educação Física, 2014.
54 Stefano Di Vita, 2017, op. cit.
55 Carlos Vainer, 2011, op. cit.
56 John Horne, 2007, op. cit.
57 Marcelo Weishaupt Proni, Raphael Brito Faustino, « Economic and sporting legacy of Olympic 2016 », ICSSPE’s Bulletin, 2016.
58 Ibid.
59 Jonathan Grix, Fiona Carmichael, « Why do government invest in elite sport ? A polemic », International Journal of Sport Policy and Politics, no 4, 2012 ; Marcelo Weishaupt Proni, Raphael Brito Faustino, 2016, op. cit.
Auteurs
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Valeria Cocco
Università di Roma La Sapienza
-
Anna Maria Pioletti
Università della Valle d’Aosta
-
Rachele Piras
Università degli Studi di Cagliari
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