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    Plan détaillé Texte intégral La Montagne Blanche, un marqueur hagiographique et iconographiqueL’implication des saints patrons dans le retour au catholicisme : le rôle de la cathédrale de PragueLes interventions de Ferdinand iiLes saints patrons ordonnateurs de la cour céleste et terrestre du roi de BohêmeL’échec des tentatives d’élévation de personnages modernes au rang de saints patrons Notes de bas de page Auteur

    Dévotion et légitimation

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    Bohemia pia et bellicosa. Les saints patrons de la Bohême au service de la recatholicisation avant et après 1620

    Štěpán Vácha

    p. 73-90

    Note de l’auteur

    Cet article a été rédigé dans le cadre d’un projet de recherche financé par l’Agence nationale de la recherche de la République Tchèque (GA ČR, projet no 13-13174S).

    Texte intégral La Montagne Blanche, un marqueur hagiographique et iconographiqueL’implication des saints patrons dans le retour au catholicisme : le rôle de la cathédrale de PragueLes interventions de Ferdinand iiLes saints patrons ordonnateurs de la cour céleste et terrestre du roi de BohêmeL’échec des tentatives d’élévation de personnages modernes au rang de saints patrons Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Quatre évènements, qui sont autant de jalons illustrant les débuts de la difficile entreprise de recatholicisation de la Bohême avant la Montagne Blanche, serviront à situer à grands traits la situation religieuse du pays dans la seconde moitié du XVIe siècle. En 1575, d’abord, fut construite une chapelle de Saint-Adalbert au-dessus du tombeau du saint du même nom dans la cathédrale de Prague. En 1588, les reliques de l’ermite saint Procope de Sázava furent transférées à l’église de Tous-les-Saints du château de Prague et, en 1589, on découvrit la tombe d’un autre ermite, Ivan, réputé avoir été le premier en Bohême, à Saint-Jean-sous-le-Roc (Svatý Jan pod Skálou) dans les environs de Prague. Enfin, au même moment, les jésuites de la capitale organisèrent un pèlerinage à Stará Boleslav, lieu du martyre du saint duc Venceslas au début du Xe siècle. Celui-ci combinait deux dévotions : la visite à la première sépulture du principal patron du royaume dans la crypte de la basilique romane associée à une nouveauté, la vénération d’une image miraculeuse de la Vierge, dont l’origine légendaire fut ensuite rattachée aux débuts de la christianisation du pays1. Cette pieuse association arrimant à la figure du principal patron du royaume une dévotion mariale était directement en relation avec la doctrine officielle de l’Église romaine sur le culte de dulie dû à la Mère de Dieu et aux saints, tel qu’il avait été réaffirmé par les décrets de la session finale du concile de Trente en 1563. Comme les trois autres intitiatives cultuelles contemporaines que nous venons de mentionner, elle mettait l’accent sur une tradition religieuse, historique et politique locale. Cependant, à un degré encore plus accentué que dans les autres cas, elle permet de souligner les traits spécifiques que le catholicisme renaissant en Bohême revêtit dès la fin du XVIe siècle, et les moyens que ses représentants mirent en œuvre pour tenter de le réenraciner dans le pays.

    2Dans ce registre, quelques écrits d’auteurs ecclésiastiques catholiques méritent une attention particulière. Les promoteurs actifs de cette littérature furent les membres du chapitre métropolitain de la cathédrale Saint-Guy, en particulier le doyen Kašpar Arsenius de Radbuza et avant lui le prévôt Jiří Barthold ou Georgius Bartholdus Pontanus de Breitenberg (ou en tchèque z Breitenberku)2. Arsenius de Radbuza rédigea en tchèque un petit livre intitulé O blahoslavené Panně Marii (« De la Bienheureuse Vierge Marie », 1re édition Prague, 1613, 2e édition remaniée Prague, 1629) contenant la légende de l’invention de l’image thaumaturge de Stará Boleslav3. Pontanus de Breitenberg, quant à lui, publia plusieurs ouvrages destinés à glorifier les patrons du royaume de Bohême. C’est grâce à leur impulsion, poursuivie ensuite par d’autres auteurs, que commença à émerger le concept d’une Bohemia pia reliant étroitement le passé du pays avec l’Église catholique, après deux siècles marqués par le hussitisme et la Réforme. Il produira ce qu’on appelle le « patriotisme territorial » de la Bohême, qui joua un rôle dans la formation de la conscience historique de la société tchèque aux XVIIe et XVIIIe siècles.

    La Montagne Blanche, un marqueur hagiographique et iconographique

    3Les jésuites prirent une part non moins importante à ce processus de renouveau hagiographique catholique. En 1616, le père Jiří (Georgius) Ferus Plachý fit publier un recueil de légendes consacré aux saints patrons du royaume. Une seconde édition augmentée et modifiée parut en 1629 (en fait en 1630)4. Dans le contexte des pays tchèques, les ajouts et les changements présents dans cette réédition amènent à poser la question des effets éventuels du changement des conditions politiques et confessionnelles intervenus au cours de la décennie 1620 sur le sens du culte des saints patrons territoriaux. Il s’agit de voir dans quelle mesure la victoire de Ferdinand II le 8 novembre 1620 à la Montagne Blanche et sa reconquête du trône de Bohême eurent ou non pour conséquence la mise en avant de thèmes et de motifs auparavant inconnus et la multiplication d’accents contre-réformateurs dans l’hagiographie catholique, dont nous venons de voir qu’elle leur préexistait. Si nous suivons l’historien de la littérature tchèque Jan Linka, les vies de saints publiées en 1629 par le père Ferus-Plachý ne différaient pas foncièrement de leurs livraisons précédentes, excepté l’ajout d’histoires absentes dans la première édition, l’augmentation du nombre de pages et l’apparition de modèles littéraires inconnus auparavant. Linka ne conclut pas à une rupture fondamentale avec la première période de l’hagiographie catholique post-tridentine en Bohême5.

    4Toutefois, la perspective devient différente si nous prenons en considération d’autres types d’écrits. En particulier, l’analyse du chapitre sur l’origine de la Vierge de Stará Boleslav tel qu’il se présente dans la version de 1629 du livre du chanoine Arsenius de Radbuza sur le culte de la Vierge, montre un écart significatif par rapport à ce qu’on y lisait dans la première édition de 1613. En 1613, l’invention de l’image mariale miraculeuse dans un champ par un laboureur était située à une époque relativement récente : sous le règne du roi Vladislav Jagellon à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. En 1629, Arsenius la reculait jusqu’au XIIe siècle, et il précisait même la date supposément exacte de l’évènement, en 1160. Or, cette antédatation était tout sauf neutre. Elle permettait en effet une série de glissements tout à fait essentiels : l’image de la Vierge, inconnue en ces lieux jusqu’au début du XVIIe siècle, pouvait ainsi être présentée comme la rédécouverte d’un attribut personnel de saint Venceslas et même comme une relique, puisque le saint duc l’aurait portée sur son corps le jour de son assassinat. Dans l’affabulation tardive du doyen Arsenius transparaîssait la volonté de renforcer la légitimité et l’autorité de l’image et du nouveau culte de la Vierge sur le lieu du martyre de saint Venceslas non seulement en lui donnant une ancienneté respectable, mais surtout en la reliant indissolublement au principal patron du royaume6.

    5On pourrait ajouter d’autres exemples de complexification des légendes hagiographiques, qui témoigneraient tous de l’intensification de la dévotion et de l’intérêt porté aux patrons du royaume après la victoire catholique de 1620. En rester au niveau de la seule analyse du discours hagiographique, dont la forme est fixée et largement contrainte, risquerait cependant de ne rendre qu’un compte trop limité de la nouvelle situation confessionnelle imposée en Bohême après 1620. Pour suivre la dynamique du culte des saints patrons avant et après cette date, il nous a donc paru nécessaire de reprendre la problématique en mobilisant des dossiers iconographiques et en nous aventurant, trop brièvement, sur le terrain de la très abondante production encomiastique.

    L’implication des saints patrons dans le retour au catholicisme : le rôle de la cathédrale de Prague

    6L’importance considérable du chapitre de la cathédrale de Prague dans le redéveloppement du catholicisme en Bohême à partir de la fin du XVIe siècle a déjà été soulignée. Depuis les guerres hussites (1419-1436) jusqu’à la restauration et l’installation d’un nouvel archevêque à Prague en 1562, le chapitre avait administré l’archidiocèse. L’exclusivité de sa position découlait donc de cette continuité d’activité (presque) ininterrompue dans l’église métropolitaine pendant un intérim de plus d’un siècle7. Certes, la fonction de la cathédrale comme principale église du royaume avait été fortement affaiblie par le hussitisme et la Réforme. Cependant, déjà par sa prééminence architectonique et historique, le sanctuaire avait continué à jouir d’un respect unanime avant la victoire catholique de 1620. Pour la minorité catholique de la capitale et du royaume, il représentait aussi un témoin éloquent de la place occupée par l’Église en Bohême avant le hussitisme (ill. no 1).

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    Ill. no 1. Panorama du château de Prague avec la cathédrale Saint-Guy, gravure sur cuivre de 1591 (Franz Hoogenberghe d’après Joris Hoefnagel)8.

    7De ce point de vue, l’argumentation des chanoines métropolitains qui demandèrent au milieu du XVIe siècle une aide financière pour réparer les dommages subis par la cathédrale dans le grand incendie qui ravagea en 1541 la rive gauche de la Moldau est fort intéressante9. Dans une supplique rédigée en tchèque que le chapitre envoya aux grands officiers du royaume en 1544, « l’église de Prague » (sic) est désignée comme « la tête et la gloire de ce pays et même une sorte de couronne placée sur le chef de tous les habitants du royaume de Bohême, [une église] que nos rois tenaient en une telle vénération qu’ils disaient d’elle qu’elle était leur mère »10. Le rôle fonctionnel de cette métaphore se trouve renforcé par sa répétition dans une seconde supplique envoyée en 1608, cette fois-ci par les grands officiers du royaume à l’empereur Rodolphe II et non par le chapitre, pour obtenir qu’il soutienne financièrement de nouvelles réparations de la cathédrale. Celle-ci est nommée alors dans ce document « éminente maison de Dieu et premier trésor de ce royaume »11.

    8Cette image de la cathédrale Saint-Guy en tant que premier sanctuaire national du parti catholique n’était évidemment pas due seulement à sa qualité architecturale et à son ancienneté. Elle concernait d’abord la présence en ses murs des tombes des saints patrons du royaume. En 1497, le roi Vladislav Jagellon avait fondé une messe perpétuelle à dire sur leurs tombeaux après avoir eu une vision nocturne en priant dans l’oratoire royal de la cathédrale. Trois des saints patrons tutélaires du royaume, saint Guy, saint Sigismond et saint Adalbert lui seraient apparus12. Plus tard, le doyen du chapitre Georgius Bartholdus Pontanus de Breitenberg souligna dans sa Bohemia Pia, publiée à Francfort en 1608, que Vladislav Jagellon n’avait fait qu’imiter l’empereur Charles IV, car celui-ci donnait déjà à la cathédrale au XIVe siècle le nom de « reine et de maîtresse de tous les habitants du royaume de Bohême », et faisait venir sa splendeur de la présence des « saintes reliques de ses très bienheureux martyrs et protecteurs »13.

    9Un épisode dramatique du bref règne de l’Électeur palatin calviniste Frédéric V contribua à remettre au premier plan la dévotion aux patrons de la Bohême, autant dans leur rôle de protecteurs collectifs du pays que dans celui de gardiens de l’église métropolitaine. Sur l’ordre du « roi d’un hiver » à la fin de l’année 1619, le sanctuaire fut réservé exclusivement aux offices calvinistes, les chanoines furent chassés, les tombeaux et les reliques des saints profanés et les autels et le mobilier en grande partie détruits. L’événement fit scandale, et fut très défavorablement reçu par les habitants catholiques encore minoritaires comme par les utraquistes et les luthériens par ailleurs loyaux au « roi d’un hiver »14.

    10Malgré la confiscation et le renvoi de son clergé, Tomáš Pešina de Čechorod, un doyen du chapitre qui consigna l’événement un demi-siècle plus tard sur la base de documents authentiques aujourd’hui perdus, dépeint la cathédrale vivant pendant ces heures iconoclastes au rythme de la liturgie sacrée d’une manière toute surnaturelle. Des témoins dont le chapitre fit plus tard certifier les dépositions devant notaire assurèrent avoir aperçu de nuit des signes lumineux dans la cathédrale fermée et entendu des chants et le son de l’orgue. Le parti catholique, du moins tel qu’il apparait dans les sources que Pešina avait eu à sa disposition, interpréta ces visions et ces manifestations auditives comme le présage de la juste punition des rebelles. Les saints patrons de la Bohême, avec les âmes des ecclésiastiques enterrés à Saint-Guy, auraient réclamé vengeance et prié Dieu de donner la victoire aux armes catholiques. La procession des saints patrons se répéta encore à deux reprises. Le 6 novembre 1620, à l’avant-veille de la bataille décisive de la Montagne Blanche, ce fut cette fois avec la participation de l’empereur Charles IV dont le tombeau se trouvait aussi à Saint-Guy. Les mystérieux signes lumineux furent aperçus de nouveau à l’endroit même de la future bataille au lieu-dit de la Montagne Blanche, le 21 juin 1620, six mois avant la victoire catholique mais surtout un an jour pour jour avant l’exécution sur la place de la Vieille-Ville des vingt-sept directeurs du gouvernement rebelle à Ferdinand II de Habsbourg. Pour compléter cette tradition forgée entre 1619 et 1620, un terrible châtiment s’abattit sur ceux qui avaient osé profaner les tombes de saint Guy et de Jean Népomucène pendant la mise aux normes calvinistes de la cathédrale. Le beau-frère d’Abraham Scultetus, le prédicateur calviniste de la cour de Frédéric V, perdit la vue et l’usage de ses deux jambes avant de rendre l’âme ; le grand maître de cour fut frappé de paralysie et le fils unique du grand chancelier du royaume, Václav Vilém de Roupov, mourut subitement15.

    11D’autres sources diffusèrent après la Montagne Blanche la légende d’une protection surnaturelle de la cathédrale pendant la profanation des tombes et des autels des saints patrons par les calvinistes. Sur un bas-relief de bois de chêne séparant le chœur des chanoines du déambulatoire, l’ébéniste de la cour Caspar Bechteler mit en scène avec une minutie documentaire le sac de la cathédrale et le transport d’un homme tombé inanimé et subitement paralysé après avoir brisé la grille entourant la pierre tombale du chanoine et futur saint de l’Église Jean Népomucène (ill. no 2)16.

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    Ill. no 2. Un épisode iconoclaste de 1619 dans la cathédrale Saint-Guy de Prague : la profanation de la tombe de saint Jean Népomucène. (Caspar Bechteler, vers 1623, relief scupté sur bois de chêne, cathédrale Saint-Guy)17.

    12Trois ans plus tard, une expertise rédigée pour le gouverneur du pays, le prince Karl de Lichtenstein le 30 novembre 1622 par la Chambre des Comptes de Bohême donnait un avis favorable à l’augmentation des revenus du chapitre en soulignant l’importance de l’action des saints patrons et de leurs reliques situées dans l’église métropolitaine, dans le rétablissement de la religion catholique et du pouvoir de l’empereur roi de Bohême. « La cathédrale », lisons-nous sur ce document, « a pour ornement les corps des saints, elle est le lieu du repos éternel de maints empereurs et rois très augustes, circonstance qui donna lieu à des miracles lors de la rébellion passée, comme il est notoirement connu dans tout le pays : le chant, le jeu de l’orgue et d’autres signes encore. Il est donc impossible pour nous de faire preuve d’ingratitude et d’oublier la victoire obtenue par l’intercession des saints qui reposent en ces murs auprès de Dieu »18.

    13Nous retrouvons un ton analogue chez l’abbé bénédictin de Břevnov, Joannes Benno de Falkenberg, à ceci près qu’il délocalise l’intercession des saints patrons de la cathédrale Saint-Guy et la situe dans son abbaye, la plus ancienne de Bohême. En qualité de visiteur de la province bénédictine de Bohême, il adressa en 1622 à l’empereur Ferdinand II une demande de restitution des biens confisqués ou dispersés de l’ordre. Il y affirmait que la bataille de la Montagne Blanche avait été gagnée grâce aux prières du fondateur de l’abbaye, saint Adalbert, l’un des principaux patrons du royaume de Bohême, avec le concours des autres saints patrons du lieu19.

    14L’idée des saints patrons de la Bohême comme protecteurs de la cathédrale de Prague, et au-delà de celle-ci du royaume, s’exprime de façon saisissante dans un tableau monumental peint en 1631 par le peintre praguois Matthias Mayer (†1648) sur le mur ouest qui fermait alors la nef secondaire nord du sanctuaire (ill. no 3)20. Au premier plan figurent l’empereur Ferdinand II et sa famille adorant à genoux le Crucifié. Au dessus de ce groupe, on aperçoit la cathédrale Saint-Guy entourée des neuf patrons du royaume comprenant Jean Népomucène (en haut à gauche) et saint Norbert, le plus récent de tous, qui venait d’être mis aux rangs des protecteurs de la Bohême lors de la translation de son corps de Magdebourg à Prague en 1627 ; il est représenté à l’avant à droite tenant un ostensoir. De ce groupe des saints patrons ordonné selon le dessin d’une couronne se distinguent nettement saint Venceslas et son aïeule sainte Ludmila : ensemble, ils offrent la cathédrale à la Vierge Marie située au dessus d’eux. La Vierge à l’Enfant, debout sur un globe terrestre, tient dans ses mains le sceptre et la couronne des rois de Bohême, dite « de saint Venceslas ». Entre ces deux parties du tableau superposées mais distinctes, qui représentent la sphère céleste et la sphère terrestre, un ange porteur des armes de l’empereur établit un lien. Il remet au souverain la palme de la victoire, dans une allusion évidente aux récents succès de Ferdinand à la guerre et en politique. La biographie que rédigea peu après la mort de l’empereur Ferdinand II, dont les convictions religieuses avaient été formées par la spiritualité ignatienne, son confesseur jésuite Wilhelm (ou Guillaume) Lamormaini, attribuait ses succès à son propre abandon au Christ en croix (Fiducia in Crucem Christi)21.

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    Ill. no 3. L’empereur Ferdinand I et sa famille adorent le Crucifié et offrent la cathédrale Saint-Guy à la Vierge. 1631. (Matthias Mayer, peinture murale située à l’origine dans la cathédrale Saint-Guy, photo du début du XXe siècle)22.

    15Ce tableau fut peint à la fin de la grande restauration de la cathédrale. Celle-ci, comme l’annonce une inscription conservée au presbytère, fut entreprise dans les années vingt du XVIIe siècle à l’initiative « du très pieux et très glorieux empereur Ferdinand II, qui a purifié de l’ordure hérétique cette église et beaucoup d’autres dans ce royaume de Bohême et qui, en l’an 1630, fit restaurer et décorer merveilleusement cette cathédrale »23. L’œuvre est donc une sorte de mise en forme picturale du programme de la restauration catholique en Bohême après la Montagne Blanche. Le don par Ferdinand II des insignes de la royauté de Bohême à la Vierge Marie et à l’Enfant Jésus en présence des saints patrons fait de la remise en ordre de la cathédrale l’expression de la reconnaissance du souverain pour son pouvoir recouvré dans le royaume, mais aussi, dans un sens plus large, pour la réinstauration de la religion catholique dans le pays.

    16Le rôle des patrons du royaume intercédant pour la victoire sur les protestants en Bohême est également le thème d’une gravure de Rafael Sadeler le Jeune (ill. no 4)24.

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    Ill. no 4. Rafael Sadeler le Jeune, Allégorie du triomphe de l’empereur Ferdinand II, après 162025.

    17La présence de deux blasons et d’inscriptions au dos de la gravure montre qu’il s’agissait d’un feuillet-souvenir gravé pour un noble de Bohême, Jiří Adam Bořita de Martinitz, le fils d’un des défenestrés de 1618, pendant ses études à l’université jésuite de Graz en Styrie lors de la rébellion des états de Bohême (1618-1620). Au centre de cette composition allégorique, cinq chars triomphaux célèbrent la victoire de Ferdinand II. Celui du milieu est tiré par quatre chevaux ; il supporte un globe entouré du collier de l’ordre de la Toison d’Or surmonté de l’aigle impériale. Une inscription explique qu’il s’agit d’une représentation allégorique de l’empire (Imperium). Devant le char marche la Victoire, avec une légende proclamant : Restituit rem (« Il a rétabli l’état des choses »). À gauche, quatre créatures symbolisant les quatre évangélistes conduisent un autre char portant l’Église (Ecclesia). À droite, un char avec l’allégorie de l’Abondance est mené par quatre bœufs portant les blasons des pays gouvernés par Ferdinand (Provinciae) : la Bohême, la Hongrie, l’archiduché d’Autriche et la Moravie. Les deux chars placés à l’arrière expriment la restauration des sciences (Litterae) et le retour des exilés catholiques (Exules). Le sens de la gravure est donné par sa contextualisation dans les événements historiques récents : à l’arrière-plan, un ange armé d’un glaive chasse du château de Prague l’armée des états de Bohême. Dans des niches placées sur les côtés apparaissent les saints patrons de la Bohême : à gauche saint Sigismond, saint Procope, saint Venceslas, saint Ivan, en face saint Jean Népomucène, saint Guy (?) et saint Adalbert. Un cartouche placé sur une dernière niche à l’extrême droite contient une paraphrase de la devise de l’empereur Legitime certanti (à celui qui combat à bon droit).

    Les interventions de Ferdinand ii

    18L’engagement personnel du souverain joua par ailleurs un rôle dans la tonalité contre-réformatrice du culte des patrons du pays. La translation du corps de saint Norbert de Magdebourg à Prague en 1627 en fournit une occasion connue26. Ferdinand II avait ordonné le transfert de ses reliques au moment de la prise de la ville par ses armées. En 1628, il participa à la procession commémorant pour la première fois la translation de Magdebourg à Prague et le transport des reliques du saint de la cathédrale Saint-Guy jusqu’à l’abbaye prémontrée de Strahov. Saint Norbert, le fondateur du l’ordre des prémontrés dont l’office et le culte public n’avaient été approuvés officiellement par le pape Grégoire XIII sous le rite double avec octave qu’en 1582, avait été considéré depuis la fin du XVIe siècle comme un précurseur de la polémique sur la présence réelle dans l’Eucharistie à cause du combat qu’il avait mené contre la doctrine de Tanchelin d’Anvers. Son intégration dans le groupe des patrons de la Bohême répondait sans aucun doute à la même intention actualisée dans le contexte local, où la communion sous les deux espèces était un signe distinctif d’identité confessionnelle chez les hussites et les utraquistes27.

    19On peut considérer comme tout aussi importante la démarche de l’empereur auprès du pape. Il demanda en 1625 l’inscription de saint Venceslas, de saint Adalbert et de saint Étienne de Hongrie au calendrier romain universel, c’est-à-dire au Bréviaire et au Missel romains, comme en témoigne le décret conservé aux archives de la Congrégation des Rites à Rome28. Mais l’initiative de cette demande, en ce qui concerne saint Venceslas et saint Adalbert, venait en réalité de l’archevêque de Prague et des états catholiques de Bohême et, pour saint Étienne et une seconde fois pour saint Adalbert, de celui d’Esztergom et des états catholiques de Hongrie. La lettre de l’empereur appuyant ces requêtes fut envoyée à Rome en même temps que les leurs. La raison invoquée était la grande victoire sur les protestants (« vittoria universale ») de Bohême, qui était due, selon l’auteur d’une des suppliques, à l’intercession des saints patrons du royaume, au profit non seulement des pays de l’empereur mais de tous les pays et royaumes de la terre.

    20Cette première ambition d’intégrer saint Venceslas et saint Adalbert en tant que « saints de la contre-réforme » parmi ceux du Bréviaire romain n’aboutit pas, à cause de l’augmentation des conflits entre le pape et l’empereur à la fin de la décennie 162029. Dans ce contexte, la restauration de l’autel de saint Venceslas dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, accomplie entre 1627 et 1630, peut sans doute être comprise comme une sorte de captatio benevolentiae de la part d’Urbain VIII, puisque nous savons que la Congregazione della fabbrica avait proposé de le remplacer par un nouvel autel consacré à un autre titulaire, qui aurait pu être saint Charles Borromée, Tous-les-Saints ou la Sainte-Trinité. Or, le patronage médiéval d’origine, qui remontait aux temps de l’empereur Charles IV, fut conservé en définitive, selon le vœu du pape30.

    Les saints patrons ordonnateurs de la cour céleste et terrestre du roi de Bohême

    21Les années vingt du XVIIe siècle, juste après le rétablissement de la puissance souveraine de Ferdinand II en Bohême, offrirent des occasions de mettre en relation les saints patrons du royaume et la nouvelle constitution du pays et de les relier indirectement à la dynastie des Habsbourg. Un curieux exemple en est donné par un imprimé encomiastique, Boemia exoriens, Gentilis, Christiana, Pia, Bellicosa, Regnans, Imperans Austriaca, publié par les jésuites de la Vieille-Ville de Prague à l’occasion du couronnement de Ferdinand III en tant que roi de Bohême en 1627 du vivant de son père l’empereur Ferdinand II31. Cette œuvre du père Solimani est un cas précoce de panégyriques à la gloire de la dynastie régnante, tels qu’il en parut en grande quantité dans ce pays comme dans les autres pays de l’empereur par la suite. Dans chacun des poèmes qui le composaient, les saints patrons du pays apparaissaient dans le rôle de membres de la « cour céleste » de Ferdinand III (Aula Ferdinandea) et ils offraient leurs services au jeune nouveau roi pour l’aider à bien gouverner son royaume. On peut peut-être percevoir ici un écho d’une actualité encore récente, puisque c’est seulement en 1627 que fut levé l’état d’exception mis en place après la Montagne Blanche, que furent rétablis les grands offices du royaume, et que se réunit la diète pour la première fois après la victoire sur la rébellion des états évangéliques. Dans le panégyrique du père Solimani, saint Venceslas porte pour l’occasion le titre de grand maître de cour (Aulae Ferdinandeae Praefectus) dont sainte Ludmila, son aïeule, est la grande maîtresse (Aulae Ferdinandeae Praefecta). Saint Cyrille et saint Méthode y sont appelés les chambellans du roi (Camerarii Regii). Viennent ensuite saint Procope en tant que grand chancelier (Aulae Regiae Cancellarius), saint Sigismond comme le grand maréchal (Magister Equitum) et saint Ivan en grand maître des chasses royales (Regiae Venationis Praefectus). Saint Guy devient le grand maître des pages du roi (Ephoeborum Regiorum Praefectus), saint Adalbert le chapelain de la chapelle royale (Capellae Regiae Magister) où les Cinq Frères compagnons de saint Adalbert sont chantres (Capella Regia), saint Côme et Damien sont les médecins de la cour (Aulae Ferdinandeae Medici), et saint Norbert, le dernier venu de la cohorte, son héraut (Aulae Ferdinandeae Faecialis).

    L’échec des tentatives d’élévation de personnages modernes au rang de saints patrons

    22Les secousses politiques et religieuses de la première moitié du XVIIe siècle placèrent en pleine lumière des personnages dont la vie rendait témoignage de l’exceptionnelle cruauté de l’époque. C’est le cas du curé catholique Jan Sarkander torturé et mis à mort pendant la rébellion des états de Moravie en 162032, que Jean-Paul II a canonisé au XXe siècle. C’est aussi celui, dans un autre registre, du carme déchaussé Dominique de Jésus-Marie, qui prit part à la campagne des armées du duc de Bavière en Bohême et qui était présent sur le champ de bataille de la Montagne Blanche. Le père Dominique de Jésus-Marie jouissait dès son vivant d’une réputation de sainteté. Très tôt après sa mort en 1630, l’idée de sa béatification prit corps à la cour impériale33.

    23Les quatorze franciscains observants de Prague qui furent victimes en 1611 d’un massacre dirigé contre les ordres religieux lors de l’entrée dans la ville des soldats de l’évêque de Passau, l’archiduc Léopold, ont aussi leur place ici, si l’on considère l’écrit hagiographique de Hieronymus Strasser paru en 1624, Illustre Martyrium, qui fut dédicacé à Ferdinand II (ill. no 5)34.

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    Ill. no 5. Frontispice du livre de Hieronymus Strasser Illustre Martyrium, représentant les quatorze martyrs franciscains, imprimé à Vienne en 162435.

    24Car l’auteur n’hésita pas, dans la volumineuse préface, à donner aux prières des « quatorze combattants de Prague » le mérite de la victoire des armées impériales à la Montagne Blanche, victoire décidément bien disputée, attribuée qu’elle fut, on l’a vu, à saint Venceslas et à saint Adalbert, aux saints patrons de la Bohême en général, à l’intercession de la Vierge de l’image qu’aurait portée le père Dominique de Jésus-Marie pendant la bataille, et dans le cas qui nous occupe maintenant, aux malheureux franciscains observants tués par la populace praguoise en 161136. Ce livre fut rédigé pour l’instruction devant éclairer les circonstances du meurtre des franciscains, dont l’auteur avait été chargé. Il joua également un rôle dans la campagne visant à leur béatification rapide. Au printemps de 1625, en effet, Ferdinand II envoya au pape Urbain VIII une lettre demandant l’ouverture d’un procès en béatification37.

    25On voit que si, avant 1620, le culte des patrons du royaume avait été construit sur la tradition et la continuité, avec le renforcement du pouvoir des Habsbourg après 1620, le ton changea ou du moins s’infléchit. Une actualisation eut lieu, en conformité avec les exigences de la recatholicisation du pays, mais aussi dans la perspective d’une instrumentalisation politique. Perdre la vie pour défendre sa confession peut parfois paraître aujourd’hui difficile à comprendre, ce qui n’était pas le cas au XVIIe siècle. Le fait que l’Église catholique n’ouvrit pas à l’époque de procès de béatification ni pour Jan Sarkander, ni pour Dominique de Jésus-Marie, ni pour les quatorze martyrs franciscains observants mérite donc qu’on lui prête d’autant plus attention. Les procès, quand ile eurent lieu, le furent avec un délai de plusieurs siècles. De même, les demandes répétées de Ferdinand II pour obtenir de Rome l’introduction de saint Venceslas et de saint Adalbert au calendrier romain ne furent suivies alors d’aucun effet positif38. Nous pouvons apprécier dans le contexte bien différent de notre temps la prudence de l’Église et de la Sacrée Congrégation des Rites, qui résistèrent aux pressions des politiques, des ordinaires et des ordres religieux et firent en sorte que n’enfle pas à l’infini le nombre des nouveaux et des anciens martyrs, y compris de ceux qui auraient pu incarner pour la postérité les patrons de la recatholicisation des pays tchèques.

    Notes de bas de page

    1 Sur le pèlerinage à Stará Boleslav et l’association de saint Venceslas à la Vierge, voir Ducreux, Marie-Élizabeth, « L’ordre symbolique d’un pèlerinage tchèque dans l’espace habsbourgeois au XVIIe siècle : Stará Boleslav » in Boutry, Philippe, Julia, Dominique, Fabre, Pierre-Antoine, Rendre ses vœux. Les identités pèlerines dans l’Europe moderne, XVe-XIXe siècles, Paris, 2000, p. 87-122, et Ohlidal, Anna, « Die (Wieder-) Einführung der Wallfahrten nach Sankt Johann unter dem Felsen und Altbunzlau um 1600 – ein Verdienst der Prager Jesuiten », in Ohlidal, Anna, Samerski, Stephan (éd.), Jesuitische Frömmigkeitskulturen. Konfessionnelle Interaktion in Ostmitteleuropa 1570-1700, Stuttgart, 2006, p. 207-224 (note de l’éditrice).

    2 Mikulec, Jiří, « Katolický zemský patriotismus Harantovy doby » (Le patriotisme catholique catholique au temps de Kryštof Harant de Polžice), in Historie – Otázky – Problémy I (2009), 1, p. 57-67 ; Fricke, Angelika, Georg Barthold Pontanus von Breitenberg « Bohemia Pia » (1608), in Harder, Hans-Bernd, Rothe, Hans, Kolár, Jaroslav, Wollman, Slavomír (éd.), Studien zum Humanismus in den Böhmischen Ländern. Teil 3. Die Bedeutung der humanistischen Topographien und Reisebeschreibungen in der Kultur der Böhmischen Länder bis zur Zeit Balbíns, Cologne-Weimar-Vienne, 1993, p. 89-112.

    3 Sur le livre d’Arsenius de Radbuza, voir en français : Ducreux, Marie-Élizabeth, « L’ordre symbolique », p. 88-107 (note de l’éditrice).

    4 Linka, Jan, « Kult českých patronů v díle Jiřího Fera-Plachého SJ » (Le culte des saints patrons de la Bohême dans l’œuvre du jésuite Georgius Ferus-Plachý), in Čornejová, Ivana (éd.), Úloha církevních řádu při pobělohorské rekatolizaci (Le Rôle des ordres religieux pendant la recatholicisation de la Bohême après la bataille de la Montagne Blanche), Prague, 2003, p. 317-331.

    5 Voir les nuances apportées par Jan Linka dans le chapitre qu’il signe dans ce volume (note de l’éditrice).

    6 Ryneš, Václav, Paladium země české. Kapitola z českých dějin náboženských (Le « Palladium » de la Bohême. Un chapitre d’histoire religieuse), Prague, 1948, p. 75-100. Sur le glissement opéré par Arsenius qui fit en 1629 de l’image de Stará Boleslav celle de la dévotion privée de saint Venceslas, et qui aurait été enfouie dans le sol au lieu de son martyre par deux de ses assassins, voir aussi l’analyse : Ducreux, Marie-Élizabeth, « L’ordre symbolique », p. 105-107.

    7 SKýbová, Anna, « Obnovení pražského arcibiskupství. Antonín Brus z Mohelnice a koncil tridentský » (La restauration de l’archevêché de Prague. Anton Brus de Mohelnice et le concile de Trente), in Hledíková, Zdeňka, Polc, Jaroslav V. (éd.), Pražské arcibiskupství 1344-1994. Sborník statí o jeho působení a významu v české zemi (L’Archevêché de Prague, 1344-1994. Son rôle et son importance en Bohême), Prague, 1994, p. 114-128 ; Kavka, František, SKÝbová, Anna, Husitský epilog na koncilu tridentském a původní koncepce habsburské rekatolizace Čech. Počátky obnoveného pražského arcibiskupství 1561-1580 (L’Épilogue hussite du concile de Trente et la première conception de la recatholicisation de la Bohême par les Habsbourg. Les débuts de la restauration de l’archevêché de Prague, 1561-1580), Prague, 1968.

    8 Source : Photo de la collection de l’Institut d’Histoire de l’Art de l’Académie des Sciences de la République Tchèque (Ústav dějin umění AV ČR), cote W-C-10/225 (Sc 32/10 B).

    9 Pour une description très précise de l’aspect de la cathédrale avant l’incendie de 1541, basée sur les informations du chroniqueur Václav Hájek de Libočany, voir Líbal, Dobroslav, « Zaniklá gotická loď svatovítské katedrály » (La nef disparue de la cathédrale Saint-Guy), in Zprávy památkové péče 54 (1994), p. 288-294 ; Id., Zahradník, Pavel, Katedrála svatého Víta na Pražském hradě (La Cathédrale Saint-Guy au château de Prague), Prague, 1999, p. 6-27, 164-167 ; Ledvinka, Václav, « Velký pražský požár roku 1541 » (Le grand incendie de Prague en 1541), in Pešek, Jiří, Ledvinka, Václav (éd.), Ponížení a odstrčení. Města versus katastrofy. Sborník příspěvků z 8. vědeckého zasedání Archivu hlavního města Prahy, konaného ve dnech 2. a 3. října 1990 a 13. vědeckého zasedání Archivu hlavního města Prahy ve dnech 3. a 4. října 1995 (Humiliation et relégation. Les villes face à la catastrophe. Actes des 8e et 13e colloques des Archives de la Ville de Prague, 2-3 octobre 1990 et 3-4 octobre 1995), Prague, 1998, p. 179-186.

    10 « Hlava a sláva tohoto království i jako nějaká koruna na hlavě všech obyvatelův Království českého, kterýžto králové čeští v takové poctivosti držali, že jej matkou svou býti nazývali », archives du château de Prague, fond des archives du chapitre métropolitain, cote 1419 XLIV 50. Cf. Eršil, Jaroslav, Pražák, Jiří, Archiv pražské metropolitní kapituly. II. Katalog listin a listů z let 1420-1561 (Les Archives du chapitre métropolitain de Prague. II. Catalogue des chartes et des documents de 1420 à 1561), Prague, 1986, p. 241-242, no 692 ; Kostílková, Marie, « Dostavba Svatovítské katedrály v Praze » (L’achèvement de la construction de la cathédrale Saint-Guy), in Hledíková, Polc, Pražské arcibiskupství, p. 225-247, ici p. 227.

    11 « […] Dieses ansehnliche Gotteshaus und fürnehme Kleinod dieses Kunigreiches », cité par Schottky, Julius Max, Prag, wie es war und wie es ist, nach Aktenstücken und den besten Quellenschriften geschildert, vol. II, Prague, 1832, p. 169.

    12 Vácha, Štěpán, Der Herrscher auf dem Sakralbild zur Zeit der Gegenreformation und des Barock, Prague, 2009, p. 157.

    13 Pontanus a Breitenberg, Georgius Bartholdus, Bohemia Pia. Hoc est, Historia brevis, pietatem avitam Bohemiae e Miraculis, Ducibus, et Regibus, Sanctis quoque, Episcopis et Archiepiscopis, et ex aliis ostendens, quinque libris comprehensa, Francfort, 1608, p. 35 : « Metropolitana Ecclesia Pragensis, Ecclesiarum omnium Regni Bohemiae Domina et Magistra (ut Carolus IV. ait et Wladislaus alibi) miris ac egregiis structuris insignisque decoris ornamenta splendissima, in qua beatissimorum Martyrum et Patronum regni Bohemiae, sanctae reliquiae reconditae […] ».

    14 Šroněk, Michal, « Kalvinisté v Čechách » (Les calvinistes en Bohême), in Horníčková, Kateřina, Šroněk, Michal (éd.), Umění české reformace (1380-1620) (L’Art de la Réforme tchèque 1380-1620), Prague, 2010, p. 355-362, ici p. 360-361 ; Čechura, Jaroslav, « Nový pohled na kalvínskou reformaci chrámu sv. Víta » (Un nouveau regard sur la mise aux normes calvinistes de la cathédrale Saint-Guy), in borovský, Tomáš, Jan, Libor, Wihoda, Martin (éd.), Ad vitam et honorem. Profesoru Jaroslavu Mezníkovi přátelé a žáci k pětasedmdesátým narozeninám, (Ad vitam et honorem. Au professeur Jaroslav Mezník, ses amis et élèves à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire), Brno, 2003, p. 761-769 ; Kramář, Vincenc, Zpustošení Chrámu svatého Víta v roce 1619 (La Profanation de la cathédrale Saint-Guy en 1619), édité par Michal Šroněk, Prague, 1998.

    15 PessinaaCzechorod, Thomas Joannes, Phosphorus septicornis, stella alias matutina. Hoc est : Sanctae metropolitanae divi Viti Ecclesiae Pragensis Maiestas et Gloria, quibus illa per tot secula, Orbi nostro enituit semper clarissima […], Prague, 1673, p. 357-358, 645-649.

    16 Matsche, Franz, « Das Grabmal des Johannes von Nepomuk im Prager Veitsdom als sakrales Denkmal », in Baumstarck, Reinhold, Herzogenberg, Johanna von, Volk, Petr (éd.), Johannes von Nepomuk (1393-1993), Munich, 1993, p. 36-50, ici p. 7-38 ; Vlček, Pavel, « Svědectví o sousedském sporu » (Témoignage sur un conflit de voisinage), in Umění 49 (2001), p. 568-572.

    17 Photo de la collection de l’Institut d’Histoire de l’Art de l’Académie des Sciences de la République Tchèque, cote Z 38851.

    18 « […] Diese Haubtkirche bey Ihrer Maj. Königlichen Residenz, welche von dero hochlöblichsten Vorfahren mit grossen Uncosten auferbauet, und mit so stadtlichen und reichen fundationibus versehen, […] mit heiligen Cörpern gezieret, und so vielen hochlöblichen Kaiser und Könige begrabnis und Ruhebette ist, welcher halber sich, wie landkundig unter vorgangener Rebellion miracula mit gesang, Orgelschlag und anderen erwiesen, und dardurch gleichsamb anleitung gegeben worden, das man nach hernach folgenden, und auf der daselbst ruhenden heiligen Vorbitt bei Gott erlangten Victori, sie auch nicht unterlassen und undanckbahr sollte ». Archives Nationales de Prague (désormais NA), Česká komora-Böhmische Kammer IV, carton 188, fasc. Domstift zu Prag 1529-1714. Cf. Vácha, Der Herrscher auf dem Sakralbild, p. 159-160.

    19 NA Prague, fond Stará manipulace (désormais SM), carton 141, cote B 45/1/1 : « Quia prope illud Monasterium, et circa has villas Caes. M.tas Anno 1620 celebrem obtinuit victoriam : ob quam victoriam S. Adalbertus, cum ceteris loci Patronis (quorum intercessio dubio procul victoriam promovit) iure quodam sua repetere videntur ».

    20 Vácha, Der Herrscher auf dem Sakralbild, p. 140-171.

    21 Sur la conception de la Fiducia in Crucem Christi chez les Habsbourg : Coreth, Anna ; Pietas austriaca. Österreichische Frömmigkeit im Barock, Wien 1982 (2e édition), p. 38-44 ; Vocelka, Karl, Heller, Lynne, Der Lebenswelt der Habsburger. Kultur- und Mentalitätsgeschichte einer Familie, Graz-Vienne-Cologne, 1997.

    22 Photo de la collection de l’Institut d’Histoire de l’Art de l’Académie des Sciences de la République Tchèque, cote 43 var WA-69-2-1905.

    23 « […] Ferdinandus uero II. Caesar piissim[us] et gloriosissim[us] non tantum istam, sed / et alias in hoc Bohemiae Regno Ecclesias sordib[us] Haereticorum defaedatas expurgauit. An[no] / MDCXXX. pulcherrime hanc Metropolitanam renouari, et exornari curauit ». Cf. Vácha, Der Herrscher auf dem Sakralbild., p. 167-168.

    24 Ibid., p. 132-133.

    25 Photo et droits : Štěpán Vácha.

    26 Straka, Cyril, Přenešení ostatků sv. Norberta z Magdeburku na Strahov (1626-1628). K třistaletému jubileu roku 1927, (La Translation des reliques de saint Norbert de Magdebourg à Prague (1626-1628). Le jubilé tricentenaire de 1927), Prague, 1927. Cf. aussi plus loin l’article de Pavla Semerádová.

    27 Elm, Kaspar (éd.), Norbert von Xanten. Adliger – Ordensstifter – Kirchenfürst, Cologne, 1984, p. 234-240, p. 282-283. Sur Tanchelm d’Anvers, voir Cohn, Norman, Les Fanatiques de l’apocalypse, Paris, 1962 (22e édition française : Bruxelles, 2011).

    28 La source est citée dans : Vácha, Der Herrscher auf dem Sakralbild, p. 137, 272-273, nos 4 et 5.

    29 Bösel, Richard, « Ein Projekt im Auftraf Ferdinands II. für das Ignatius-Heiligtum in der römischen Kirche Il Gesù », in Bösel, Richard, Klingenstein, Grete, Koller, Alexander (éd.), Kaiserhof – Papsthof (16.-18. Jahrhundert), Vienne 2006, p. 225-249. Saint Venceslas entra dans le calendrier romain à la demande de Léopold Ier en 1670 sous le rite semi-double et ad libitum, et obtint une fête ex officio en 1729. Cf. Ryneš, Václav, « San Venceslao », in Bibliotheca Sanctorum, vol. 12, Rome, 1972, p. 999. Saint Étienne de Hongrie n’y fut inscrit qu’en 1687. Cf. Benedicti XIV. Pont. Opt. Max. olim Prosperi Cardinalis de Lambertinis Opus de servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione in septem volumina distributum. Editio novissima. Tomus primus, Prati 1839, p. 285-286. Aucun Habsbourg ne réussit à faire inscrire au calendrier romain la fête de saint Adalbert. Voir plus loin la contribution de Marie-Élizabeth Ducreux à ce volume.

    30 Rice, Louise, The Altars and Altarpieces of New St. Peter’s. Outfitting the Basilica, 1621-1666, Cambridge, 1997, p. 238-239, et le n° 12 du catalogue ; Prohaska, Wolfgang (éd.), Rom in Wien. Angelo Carosellis Bilder im KHM, Vienne, 2007.

    31 Solimani, Julius, S.J., Boemia Exoriens, Gentilis, Christiana, Pia, Bellicosa, Regnans, Imperans Austriaca, Ferdinando III. Ferdinandi II. semper Invicti, Augusti, semper, semper Pii, Felici Filio, cum haereditariam Regni Boemiae Coronam, Opt. Max. Parentis favore, Statuum Populique voto, paternarum virtutum Gloriosus Haeres adiret […], Prague, 1627.

    32 Balcárek, Pavel, Ve víru třicetileté války. Politikové, kondotiéři, rebelové a mučedníci v zemích české Koruny (Dans la tempête de la Guerre de Trente Ans. Politiques, condotierres, rebelles et martyrs dans les pays de la couronne de Bohême), České Budějovice, 2011, p. 233-256 ; Jakubec, Ondřej, « Ikonografie barokního kultu Jana Sarkandra v Olomouci » (L’iconographie baroque du culte de Jan Sarkander à Olomouc), in Olomoucké baroko. Výtvarná kultura z let 1620-1780. 1. Úvodní svazek. Proměny ambicí jednoho města (Le Baroque à Olomouc. La culture artistique, 1620-1780. 1. Volume introductif. Les métamorphoses de l’ambition d’une cité), Olomouc, 2010, p. 82-186. Olivier Chaline consacre plusieurs chapitres de son livre sur la Montagne Blanche au carme Dominique de Jésus-Marie et voit en lui, comme les documents préparés pour introduire plus tard sa cause à Rome, l’origine de la victoire par l’intermédiaire d’un miracle de la Vierge sur le champ de bataille. Chaline, Olivier, La Bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620). Un mystique chez les guerriers, Paris, 1999 (référence ajoutée par l’éditrice).

    33 Giordano, Silvano, Domenico di Gesù Maria, Ruzola (1559-1630). Un carmelitano scalzo tra politica e riforma nella chiesa posttridentina, Rome, 1991 ; Vácha, Der Herrscher aus dem Sakralbild, p. 202-206 ; Id., « Santa Maria della Vittoria a Roma e a Praga. Nuove riflessioni sulla sacra immagine e sul suo culto », Bollettino dell’Istituto Storico Ceco di Roma 9, 2014, p. 77-110.

    34 Strasser, Hieronymus, Illustre Martyrium Quatuordecim Fratrum Minorum regularis obseruantiae, ab Haereticis Pragae Bohemiae, pro fide catholica occisorum, Vienne, 1624, dédicace à l’empereur Ferdinand II fol. A2/a – C[1]/a.

    35 Photo et droits : Štěpán Vácha.

    36 Ibid., fol. B2/a : « His ac caeteris specialibus T. Sacratissimae Majestatis Patronis, Pragenses nostros XIV. agonothetas, adnumerare non vereatur Majestats Tua cum DEUM Optimum Maximum, eos purpurato Sanctorum suorum agmini in Coelis jam pridem adnumerasse, varia et evidentia signa, abunde testantur ».

    37 Österreichisches Staatsarchiv Wien, Haus-, Hof- und Staatsarchiv, Rom – Korrespondenz 51, Paolo Savelli à Ferdinand II, 12 avril 1625, fol. 51rv-52rv : « Sacra Cesarea Maestà. Il Padre fra Girolamo Strosser nel darmi la lettera di V.M.C. sopra la beatificatione de dodici [sic !] franciscani di Praga martirizzati, mi ha insieme participato lo stato di questo negotio, e la pia mente della M.V.C. con ogni esatezza et io non mancherò di rendere la credentiale di V.M.C. sopra ciò a Sua Beat., e di interporre ogni ufficio più necessario per ottenere l’effetto desiderato da V.M.C. conforme il comandamento, che ne ricevo, e l’istesso farò col Padre Generale de Loccolanti nell’altro particolare del convento Labaciense della Beata Vergine, del quale il medesimo Padre Strosser mi ha pienamente informato, Dio nostro Sig.re guardi V.M.C. con ogni accrescimento di felicità, e di gloria, Roma li XII Aprile 1625. D.V.M.C. Humilissimo et obligatissimo Servittore Paolo Savelli ».

    38 Les contributions de Marie-Élizabeth Ducreux et de Péter Tusor reviennent plus loin sur les contextes des cas de saint Venceslas, de saint Adalbert et de saint Étienne (note de l’éditrice).

    Auteur

    • Štěpán Vácha

      Académie des Sciences de la République Tchèque (Traduit du tchèque par Marie-Élizabeth Ducreux)
      Est chercheur à l’Institut d’Histoire de l’Art de l’Académie des Sciences de la République Tchèque, où il s’occupe de la peinture baroque, et sous Rodolphe II. Il est l’auteur d’une thèse de doctorat sur l’iconographie de Ferdinand II (2009), et le co-auteur d’un livre sur le couronnement de Charles VI comme roi de Bohême en 1723 (2009).
      Vacha@udu.cas.cz

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    1 Sur le pèlerinage à Stará Boleslav et l’association de saint Venceslas à la Vierge, voir Ducreux, Marie-Élizabeth, « L’ordre symbolique d’un pèlerinage tchèque dans l’espace habsbourgeois au XVIIe siècle : Stará Boleslav » in Boutry, Philippe, Julia, Dominique, Fabre, Pierre-Antoine, Rendre ses vœux. Les identités pèlerines dans l’Europe moderne, XVe-XIXe siècles, Paris, 2000, p. 87-122, et Ohlidal, Anna, « Die (Wieder-) Einführung der Wallfahrten nach Sankt Johann unter dem Felsen und Altbunzlau um 1600 – ein Verdienst der Prager Jesuiten », in Ohlidal, Anna, Samerski, Stephan (éd.), Jesuitische Frömmigkeitskulturen. Konfessionnelle Interaktion in Ostmitteleuropa 1570-1700, Stuttgart, 2006, p. 207-224 (note de l’éditrice).

    2 Mikulec, Jiří, « Katolický zemský patriotismus Harantovy doby » (Le patriotisme catholique catholique au temps de Kryštof Harant de Polžice), in Historie – Otázky – Problémy I (2009), 1, p. 57-67 ; Fricke, Angelika, Georg Barthold Pontanus von Breitenberg « Bohemia Pia » (1608), in Harder, Hans-Bernd, Rothe, Hans, Kolár, Jaroslav, Wollman, Slavomír (éd.), Studien zum Humanismus in den Böhmischen Ländern. Teil 3. Die Bedeutung der humanistischen Topographien und Reisebeschreibungen in der Kultur der Böhmischen Länder bis zur Zeit Balbíns, Cologne-Weimar-Vienne, 1993, p. 89-112.

    3 Sur le livre d’Arsenius de Radbuza, voir en français : Ducreux, Marie-Élizabeth, « L’ordre symbolique », p. 88-107 (note de l’éditrice).

    4 Linka, Jan, « Kult českých patronů v díle Jiřího Fera-Plachého SJ » (Le culte des saints patrons de la Bohême dans l’œuvre du jésuite Georgius Ferus-Plachý), in Čornejová, Ivana (éd.), Úloha církevních řádu při pobělohorské rekatolizaci (Le Rôle des ordres religieux pendant la recatholicisation de la Bohême après la bataille de la Montagne Blanche), Prague, 2003, p. 317-331.

    5 Voir les nuances apportées par Jan Linka dans le chapitre qu’il signe dans ce volume (note de l’éditrice).

    6 Ryneš, Václav, Paladium země české. Kapitola z českých dějin náboženských (Le « Palladium » de la Bohême. Un chapitre d’histoire religieuse), Prague, 1948, p. 75-100. Sur le glissement opéré par Arsenius qui fit en 1629 de l’image de Stará Boleslav celle de la dévotion privée de saint Venceslas, et qui aurait été enfouie dans le sol au lieu de son martyre par deux de ses assassins, voir aussi l’analyse : Ducreux, Marie-Élizabeth, « L’ordre symbolique », p. 105-107.

    7 SKýbová, Anna, « Obnovení pražského arcibiskupství. Antonín Brus z Mohelnice a koncil tridentský » (La restauration de l’archevêché de Prague. Anton Brus de Mohelnice et le concile de Trente), in Hledíková, Zdeňka, Polc, Jaroslav V. (éd.), Pražské arcibiskupství 1344-1994. Sborník statí o jeho působení a významu v české zemi (L’Archevêché de Prague, 1344-1994. Son rôle et son importance en Bohême), Prague, 1994, p. 114-128 ; Kavka, František, SKÝbová, Anna, Husitský epilog na koncilu tridentském a původní koncepce habsburské rekatolizace Čech. Počátky obnoveného pražského arcibiskupství 1561-1580 (L’Épilogue hussite du concile de Trente et la première conception de la recatholicisation de la Bohême par les Habsbourg. Les débuts de la restauration de l’archevêché de Prague, 1561-1580), Prague, 1968.

    8 Source : Photo de la collection de l’Institut d’Histoire de l’Art de l’Académie des Sciences de la République Tchèque (Ústav dějin umění AV ČR), cote W-C-10/225 (Sc 32/10 B).

    9 Pour une description très précise de l’aspect de la cathédrale avant l’incendie de 1541, basée sur les informations du chroniqueur Václav Hájek de Libočany, voir Líbal, Dobroslav, « Zaniklá gotická loď svatovítské katedrály » (La nef disparue de la cathédrale Saint-Guy), in Zprávy památkové péče 54 (1994), p. 288-294 ; Id., Zahradník, Pavel, Katedrála svatého Víta na Pražském hradě (La Cathédrale Saint-Guy au château de Prague), Prague, 1999, p. 6-27, 164-167 ; Ledvinka, Václav, « Velký pražský požár roku 1541 » (Le grand incendie de Prague en 1541), in Pešek, Jiří, Ledvinka, Václav (éd.), Ponížení a odstrčení. Města versus katastrofy. Sborník příspěvků z 8. vědeckého zasedání Archivu hlavního města Prahy, konaného ve dnech 2. a 3. října 1990 a 13. vědeckého zasedání Archivu hlavního města Prahy ve dnech 3. a 4. října 1995 (Humiliation et relégation. Les villes face à la catastrophe. Actes des 8e et 13e colloques des Archives de la Ville de Prague, 2-3 octobre 1990 et 3-4 octobre 1995), Prague, 1998, p. 179-186.

    10 « Hlava a sláva tohoto království i jako nějaká koruna na hlavě všech obyvatelův Království českého, kterýžto králové čeští v takové poctivosti držali, že jej matkou svou býti nazývali », archives du château de Prague, fond des archives du chapitre métropolitain, cote 1419 XLIV 50. Cf. Eršil, Jaroslav, Pražák, Jiří, Archiv pražské metropolitní kapituly. II. Katalog listin a listů z let 1420-1561 (Les Archives du chapitre métropolitain de Prague. II. Catalogue des chartes et des documents de 1420 à 1561), Prague, 1986, p. 241-242, no 692 ; Kostílková, Marie, « Dostavba Svatovítské katedrály v Praze » (L’achèvement de la construction de la cathédrale Saint-Guy), in Hledíková, Polc, Pražské arcibiskupství, p. 225-247, ici p. 227.

    11 « […] Dieses ansehnliche Gotteshaus und fürnehme Kleinod dieses Kunigreiches », cité par Schottky, Julius Max, Prag, wie es war und wie es ist, nach Aktenstücken und den besten Quellenschriften geschildert, vol. II, Prague, 1832, p. 169.

    12 Vácha, Štěpán, Der Herrscher auf dem Sakralbild zur Zeit der Gegenreformation und des Barock, Prague, 2009, p. 157.

    13 Pontanus a Breitenberg, Georgius Bartholdus, Bohemia Pia. Hoc est, Historia brevis, pietatem avitam Bohemiae e Miraculis, Ducibus, et Regibus, Sanctis quoque, Episcopis et Archiepiscopis, et ex aliis ostendens, quinque libris comprehensa, Francfort, 1608, p. 35 : « Metropolitana Ecclesia Pragensis, Ecclesiarum omnium Regni Bohemiae Domina et Magistra (ut Carolus IV. ait et Wladislaus alibi) miris ac egregiis structuris insignisque decoris ornamenta splendissima, in qua beatissimorum Martyrum et Patronum regni Bohemiae, sanctae reliquiae reconditae […] ».

    14 Šroněk, Michal, « Kalvinisté v Čechách » (Les calvinistes en Bohême), in Horníčková, Kateřina, Šroněk, Michal (éd.), Umění české reformace (1380-1620) (L’Art de la Réforme tchèque 1380-1620), Prague, 2010, p. 355-362, ici p. 360-361 ; Čechura, Jaroslav, « Nový pohled na kalvínskou reformaci chrámu sv. Víta » (Un nouveau regard sur la mise aux normes calvinistes de la cathédrale Saint-Guy), in borovský, Tomáš, Jan, Libor, Wihoda, Martin (éd.), Ad vitam et honorem. Profesoru Jaroslavu Mezníkovi přátelé a žáci k pětasedmdesátým narozeninám, (Ad vitam et honorem. Au professeur Jaroslav Mezník, ses amis et élèves à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire), Brno, 2003, p. 761-769 ; Kramář, Vincenc, Zpustošení Chrámu svatého Víta v roce 1619 (La Profanation de la cathédrale Saint-Guy en 1619), édité par Michal Šroněk, Prague, 1998.

    15 PessinaaCzechorod, Thomas Joannes, Phosphorus septicornis, stella alias matutina. Hoc est : Sanctae metropolitanae divi Viti Ecclesiae Pragensis Maiestas et Gloria, quibus illa per tot secula, Orbi nostro enituit semper clarissima […], Prague, 1673, p. 357-358, 645-649.

    16 Matsche, Franz, « Das Grabmal des Johannes von Nepomuk im Prager Veitsdom als sakrales Denkmal », in Baumstarck, Reinhold, Herzogenberg, Johanna von, Volk, Petr (éd.), Johannes von Nepomuk (1393-1993), Munich, 1993, p. 36-50, ici p. 7-38 ; Vlček, Pavel, « Svědectví o sousedském sporu » (Témoignage sur un conflit de voisinage), in Umění 49 (2001), p. 568-572.

    17 Photo de la collection de l’Institut d’Histoire de l’Art de l’Académie des Sciences de la République Tchèque, cote Z 38851.

    18 « […] Diese Haubtkirche bey Ihrer Maj. Königlichen Residenz, welche von dero hochlöblichsten Vorfahren mit grossen Uncosten auferbauet, und mit so stadtlichen und reichen fundationibus versehen, […] mit heiligen Cörpern gezieret, und so vielen hochlöblichen Kaiser und Könige begrabnis und Ruhebette ist, welcher halber sich, wie landkundig unter vorgangener Rebellion miracula mit gesang, Orgelschlag und anderen erwiesen, und dardurch gleichsamb anleitung gegeben worden, das man nach hernach folgenden, und auf der daselbst ruhenden heiligen Vorbitt bei Gott erlangten Victori, sie auch nicht unterlassen und undanckbahr sollte ». Archives Nationales de Prague (désormais NA), Česká komora-Böhmische Kammer IV, carton 188, fasc. Domstift zu Prag 1529-1714. Cf. Vácha, Der Herrscher auf dem Sakralbild, p. 159-160.

    19 NA Prague, fond Stará manipulace (désormais SM), carton 141, cote B 45/1/1 : « Quia prope illud Monasterium, et circa has villas Caes. M.tas Anno 1620 celebrem obtinuit victoriam : ob quam victoriam S. Adalbertus, cum ceteris loci Patronis (quorum intercessio dubio procul victoriam promovit) iure quodam sua repetere videntur ».

    20 Vácha, Der Herrscher auf dem Sakralbild, p. 140-171.

    21 Sur la conception de la Fiducia in Crucem Christi chez les Habsbourg : Coreth, Anna ; Pietas austriaca. Österreichische Frömmigkeit im Barock, Wien 1982 (2e édition), p. 38-44 ; Vocelka, Karl, Heller, Lynne, Der Lebenswelt der Habsburger. Kultur- und Mentalitätsgeschichte einer Familie, Graz-Vienne-Cologne, 1997.

    22 Photo de la collection de l’Institut d’Histoire de l’Art de l’Académie des Sciences de la République Tchèque, cote 43 var WA-69-2-1905.

    23 « […] Ferdinandus uero II. Caesar piissim[us] et gloriosissim[us] non tantum istam, sed / et alias in hoc Bohemiae Regno Ecclesias sordib[us] Haereticorum defaedatas expurgauit. An[no] / MDCXXX. pulcherrime hanc Metropolitanam renouari, et exornari curauit ». Cf. Vácha, Der Herrscher auf dem Sakralbild., p. 167-168.

    24 Ibid., p. 132-133.

    25 Photo et droits : Štěpán Vácha.

    26 Straka, Cyril, Přenešení ostatků sv. Norberta z Magdeburku na Strahov (1626-1628). K třistaletému jubileu roku 1927, (La Translation des reliques de saint Norbert de Magdebourg à Prague (1626-1628). Le jubilé tricentenaire de 1927), Prague, 1927. Cf. aussi plus loin l’article de Pavla Semerádová.

    27 Elm, Kaspar (éd.), Norbert von Xanten. Adliger – Ordensstifter – Kirchenfürst, Cologne, 1984, p. 234-240, p. 282-283. Sur Tanchelm d’Anvers, voir Cohn, Norman, Les Fanatiques de l’apocalypse, Paris, 1962 (22e édition française : Bruxelles, 2011).

    28 La source est citée dans : Vácha, Der Herrscher auf dem Sakralbild, p. 137, 272-273, nos 4 et 5.

    29 Bösel, Richard, « Ein Projekt im Auftraf Ferdinands II. für das Ignatius-Heiligtum in der römischen Kirche Il Gesù », in Bösel, Richard, Klingenstein, Grete, Koller, Alexander (éd.), Kaiserhof – Papsthof (16.-18. Jahrhundert), Vienne 2006, p. 225-249. Saint Venceslas entra dans le calendrier romain à la demande de Léopold Ier en 1670 sous le rite semi-double et ad libitum, et obtint une fête ex officio en 1729. Cf. Ryneš, Václav, « San Venceslao », in Bibliotheca Sanctorum, vol. 12, Rome, 1972, p. 999. Saint Étienne de Hongrie n’y fut inscrit qu’en 1687. Cf. Benedicti XIV. Pont. Opt. Max. olim Prosperi Cardinalis de Lambertinis Opus de servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione in septem volumina distributum. Editio novissima. Tomus primus, Prati 1839, p. 285-286. Aucun Habsbourg ne réussit à faire inscrire au calendrier romain la fête de saint Adalbert. Voir plus loin la contribution de Marie-Élizabeth Ducreux à ce volume.

    30 Rice, Louise, The Altars and Altarpieces of New St. Peter’s. Outfitting the Basilica, 1621-1666, Cambridge, 1997, p. 238-239, et le n° 12 du catalogue ; Prohaska, Wolfgang (éd.), Rom in Wien. Angelo Carosellis Bilder im KHM, Vienne, 2007.

    31 Solimani, Julius, S.J., Boemia Exoriens, Gentilis, Christiana, Pia, Bellicosa, Regnans, Imperans Austriaca, Ferdinando III. Ferdinandi II. semper Invicti, Augusti, semper, semper Pii, Felici Filio, cum haereditariam Regni Boemiae Coronam, Opt. Max. Parentis favore, Statuum Populique voto, paternarum virtutum Gloriosus Haeres adiret […], Prague, 1627.

    32 Balcárek, Pavel, Ve víru třicetileté války. Politikové, kondotiéři, rebelové a mučedníci v zemích české Koruny (Dans la tempête de la Guerre de Trente Ans. Politiques, condotierres, rebelles et martyrs dans les pays de la couronne de Bohême), České Budějovice, 2011, p. 233-256 ; Jakubec, Ondřej, « Ikonografie barokního kultu Jana Sarkandra v Olomouci » (L’iconographie baroque du culte de Jan Sarkander à Olomouc), in Olomoucké baroko. Výtvarná kultura z let 1620-1780. 1. Úvodní svazek. Proměny ambicí jednoho města (Le Baroque à Olomouc. La culture artistique, 1620-1780. 1. Volume introductif. Les métamorphoses de l’ambition d’une cité), Olomouc, 2010, p. 82-186. Olivier Chaline consacre plusieurs chapitres de son livre sur la Montagne Blanche au carme Dominique de Jésus-Marie et voit en lui, comme les documents préparés pour introduire plus tard sa cause à Rome, l’origine de la victoire par l’intermédiaire d’un miracle de la Vierge sur le champ de bataille. Chaline, Olivier, La Bataille de la Montagne Blanche (8 novembre 1620). Un mystique chez les guerriers, Paris, 1999 (référence ajoutée par l’éditrice).

    33 Giordano, Silvano, Domenico di Gesù Maria, Ruzola (1559-1630). Un carmelitano scalzo tra politica e riforma nella chiesa posttridentina, Rome, 1991 ; Vácha, Der Herrscher aus dem Sakralbild, p. 202-206 ; Id., « Santa Maria della Vittoria a Roma e a Praga. Nuove riflessioni sulla sacra immagine e sul suo culto », Bollettino dell’Istituto Storico Ceco di Roma 9, 2014, p. 77-110.

    34 Strasser, Hieronymus, Illustre Martyrium Quatuordecim Fratrum Minorum regularis obseruantiae, ab Haereticis Pragae Bohemiae, pro fide catholica occisorum, Vienne, 1624, dédicace à l’empereur Ferdinand II fol. A2/a – C[1]/a.

    35 Photo et droits : Štěpán Vácha.

    36 Ibid., fol. B2/a : « His ac caeteris specialibus T. Sacratissimae Majestatis Patronis, Pragenses nostros XIV. agonothetas, adnumerare non vereatur Majestats Tua cum DEUM Optimum Maximum, eos purpurato Sanctorum suorum agmini in Coelis jam pridem adnumerasse, varia et evidentia signa, abunde testantur ».

    37 Österreichisches Staatsarchiv Wien, Haus-, Hof- und Staatsarchiv, Rom – Korrespondenz 51, Paolo Savelli à Ferdinand II, 12 avril 1625, fol. 51rv-52rv : « Sacra Cesarea Maestà. Il Padre fra Girolamo Strosser nel darmi la lettera di V.M.C. sopra la beatificatione de dodici [sic !] franciscani di Praga martirizzati, mi ha insieme participato lo stato di questo negotio, e la pia mente della M.V.C. con ogni esatezza et io non mancherò di rendere la credentiale di V.M.C. sopra ciò a Sua Beat., e di interporre ogni ufficio più necessario per ottenere l’effetto desiderato da V.M.C. conforme il comandamento, che ne ricevo, e l’istesso farò col Padre Generale de Loccolanti nell’altro particolare del convento Labaciense della Beata Vergine, del quale il medesimo Padre Strosser mi ha pienamente informato, Dio nostro Sig.re guardi V.M.C. con ogni accrescimento di felicità, e di gloria, Roma li XII Aprile 1625. D.V.M.C. Humilissimo et obligatissimo Servittore Paolo Savelli ».

    38 Les contributions de Marie-Élizabeth Ducreux et de Péter Tusor reviennent plus loin sur les contextes des cas de saint Venceslas, de saint Adalbert et de saint Étienne (note de l’éditrice).

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