L’iconographie monumentale d’Artémis à Claros
p. 307-322
Remerciements
Nous remercions Anaïs Michel et Rachel Nouet pour leur contribution à l’illustration de ce chapitre.
Texte intégral
1La question des représentations statuaires d’Artémis appelle deux remarques liminaires. D’une part, la présence de représentations de divinités dans un sanctuaire ne saurait avoir nécessairement des implications cultuelles, notamment à l’époque romaine. En d’autres termes, la présence d’images des divinités aux abords d’un temple n’implique pas l’existence d’un culte de ces divinités dans le dit sanctuaire. L’iconographie particulière d’une divinité honorée dans le sanctuaire n’implique pas non plus une nécessaire corrélation avec les formes du culte de la divinité si aucune autre source, en particulier épigraphique, ne confirme un lien entre mode de représentation et forme locale du culte. À l’époque romaine, la parure ornementale des sanctuaires comprend de nombreux monuments (nymphées, fronts de scène théâtraux, portiques) qui supposent la présence de multiples statues dont le choix résulte souvent de considérations autres que religieuses : cohérence ornementale, offrandes de donateurs, etc. Ainsi, à Claros, on possède au moins deux grandes statues de Vénus alors que, dans l’état actuel de nos connaissances, aucun culte d’Aphrodite n’est attesté. Il convient donc d’être très prudent dans les conclusions que l’on serait tenté de tirer de l’inventaire des images. Toutes les images ne sont pas cultuelles, toutes les images, même dans un sanctuaire, n’ont pas une signification en relation directe avec le culte. Il faut rappeler, d’autre part, que les statues ou fragments statuaires exhumés à Claros sont, au regard de l’ancienneté du culte, relativement récents. Seules les statuettes de terre cuite, matériel traité dans le chapitre précédent, peuvent se rapporter aux périodes archaïques et classiques. La korè dédiée par Timônax, retrouvée aux abords de l’autel hellénistique d’Artémis, est la plus ancienne statue féminine découverte jusqu’à présent, mais, même si l’identité de ce type statuaire continue à faire débat1, rien ne permet d’affirmer qu’il s’agit d’une représentation de la déesse. Toutes les autres statues ou statuettes d’Artémis — trois seulement attestées de manière certaine — provenant du site doivent être datées des époques tardo-hellénistique et romaine.
L’Artémis colossale
2En matière de représentation de la déesse, le document le plus important et, dans l’état actuel des connaissances, sans doute le plus ancien, demeure le groupe statuaire colossal comprenant Apollon assis sur un trône, flanqué de Létô et d’Artémis (Fig. 1). Ce groupe a été représenté sur les monnaies de Colophôn à l’époque impériale à partir de la fin de la période antonine (Fig. 3)2. À l’occasion du moulage et de la restauration des originaux en vue d’une nouvelle présentation sur le site, J. Marcadé a publié plusieurs études sur la triade entre 1994 et 19983. C’est à ces études que je me référerai, n’ayant jamais eu l’occasion de travailler directement sur les fragments conservés.
Fig. 1 : Claros, triade colossale (R. Robert, J.-Ch. Moretti).

3Les statues en marbre local mesuraient environ 7 m de haut ; celle d’Apollon, représenté assis, était de proportions plus importantes que celles des deux déesses debout à ses côtés. Cette différence de proportions impose d’emblée une hiérarchie entre les trois divinités. Du reste, l’iconographie monétaire confirme l’hégémonie écrasante d’Apollon, puisque presque toutes les monnaies colophôniennes offrent de multiples images du dieu, alors que les effigies d’Artémis, comme on le verra, sont plutôt exceptionnelles4. S’il ne subsiste que des fragments de la partie inférieure de la statue du dieu, nous conservons les bustes et une partie des jambes des deux divinités féminines. Les têtes et les bras, les éventuels attributs ont disparu.
Fig. 2 : Buste d’Artémis de la triade (R. Robert, J.-Ch. Moretti).

4De la statue d’Artémis (Fig. 2), il reste le buste acéphale et la jambe gauche légèrement fléchie. L’ensemble était constitué par l’assemblage de trois blocs : un pour le buste et deux pour les jambes. Les parties supérieure et inférieure se raccordaient grâce à des goujons de fixation. La cavité d’encastrement n’est plus visible sur la surface de joint horizontale de la cuisse, car sa partie supérieure est brisée, mais elle se voit sur le lit de pose du buste. Le buste est conservé des épaules à la partie inférieure de l’apoptygma du péplos qui retombait jusqu’au niveau de la surface de joint qu’il dissimulait sans doute en partie. Les cassures de la partie inférieure ne permettent plus de dire comment se présentait la retombée de l’étoffe. Une ceinture plate barre horizontalement le buste juste au-dessous des seins et les fait saillir. Le baudrier du carquois passe par-dessus la ceinture et sépare les seins en allant de l’épaule droite jusqu’au flanc gauche. Bien que l’arrière du buste soit simplement ébauché, la lanière du baudrier a été indiquée par le sculpteur. Les plis du péplos sont tendus par la ceinture et se rejoignent en V entre les deux seins. Le rabat forme des plis plus amples sous la ceinture et gonfle légèrement sur les hanches en formant des plis en V superposés. Sous les aisselles, on distingue les vestiges du bouillonnement de la draperie retombant sur la ceinture. La jambe gauche, formée d’un seul bloc de marbre, est fléchie. Le pied était légèrement ramené vers l’arrière. La draperie soulevée par le mouvement du genou moule le dessus de la cuisse dont l’anatomie se dessine sous l’étoffe. Deux plis verticaux animent la surface ; l’un d’eux forme une courbe sur le genou et tourne sur la face externe de la jambe. Des nervures parallèles sont visibles sur la surface lisse de l’étoffe ; elles sont présentes sur les trois statues. Sous le genou, le retrait de la jambe détermine un lourd pli vertical qui vient couvrir le pied. Il rejoint les plis verticaux qui couvraient l’entre-jambe et la jambe d’appui au niveau de la surface de joint avec le bloc dans lequel était sculptée la jambe droite. Il ne reste rien de la jambe droite.
5La retombée du péplos ne forme pas le bourrelet sur lequel blouse l’étoffe lorsqu’il existe un lien au niveau de la taille. J. Marcadé5 avait rapproché l’Artémis de la triade de la grande Artémis en bronze du Pirée, laquelle est généralement comparée à l’Apollon Patrôos de l’Agora d’Athènes attribué à Euphranor. L’Artémis du Pirée présente une légère différence avec celle de Claros : la ceinture de l’Artémis en bronze, attachée semble-t-il au baudrier, remonte entre les seins6. Ce type statuaire caractérisé par une ceinture horizontale venant par-dessus le rabat du péplos, par le baudrier barrant transversalement le buste et par le mouvement de retrait de la jambe gauche (jambe droite pour l’Apollon Patrôos) semble avoir eu un certain succès aux époques hellénistique et romaine puisqu’on le retrouve dans le type d’Artémis dit de Beyrouth-Venise, dont il existe également un exemplaire au Vatican7.
6L’étude de J. Marcadé laisse de côté la question des bras et des éventuels attributs de la déesse. Si l’étude de G. Dontas sur le bronze du Pirée conclut qu’il s’agit bien d’une Artémis en raison des traces de soudure du carquois à l’arrière, une mortaise derrière l’épaule droite de la statue de Claros peut laisser penser qu’un carquois était également rapporté8. Dans ces conditions, comme le pensait G. Dontas, l’Artémis du Pirée aurait pu tenir un arc dans la main gauche abaissée. Sur les monnaies de Colophôn (Fig. 3), si l’on s’en tient à l’interprétation traditionnelle, la déesse, placée à gauche, semble également avoir le bras gauche abaissé et le bras droit relevé9. Elle paraît tenir un sceptre ou une torche dans la main droite qui servait certainement aussi d’appui. Rien n’est visible du côté gauche.
Fig. 3 : Monnaies de Colophôn à la triade. Tiré de Milne 1941.

a) monnaie de Commode (n° 193a, p. 86, pl. XII ; b) de Caracalla (n° 197a, p. 87 et pl. XII) ; c) de Maximinus (n° 214a, p. 90 et pl. XIV) ; d) de Gordien III (n° 219a, p. 92 et pl. XIV).
7L’examen du buste de marbre laisse peut-être apparaître une plus grande tension des plis du tissu sous le sein droit, ce qui pourrait indiquer que la draperie était davantage sollicitée du côté où un mouvement vertical était imprimé à l’épaule. Mais il est vrai que le mauvais état de conservation du sein gauche ne permet guère la comparaison10. J. Marcadé, à la suite des spécialistes qui se sont intéressés au groupe11, notamment à l’Apollon, date la triade de la première moitié du iie s.
8La caractérisation de la déesse est minimale (le carquois, l’arc, peut-être une torche). Le choix d’un type statuaire classique procède sans doute davantage de la volonté d’adapter l’iconographie aux goûts classicisants de la période médio-hellénistique que d’une volonté de mettre en évidence une spécificité locale de la divinité. Ce choix, esthétique plus que cultuel, s’expliquerait d’autant mieux que la triade, selon l’hypothèse récemment formulée par J.-Ch. Moretti, ne serait pas la statue de culte mais une simple offrande12. Loin donc de refléter une ancienne tradition locale, la statue colossale répondrait au contraire au désir d’inscrire le type statuaire de la déesse dans une « modernité » iconographique panhellénique.
L’Artémis « éphésienne »
9Plusieurs monnaies en bronze de Colophôn datant de l’époque trajanienne et portant l’inscription ΑΡΤΕΜΙΣ ΚΛΑΡΙΑ montrent une effigie de la déesse sous l’apparence de l’Artémis éphésienne, le corps pris dans une gaine (épendytès), sans doute polymaste, portant sur la tête une haute coiffure, les bras écartés de part et d’autre du corps et tenant des bandelettes retombant vers le sol (Fig. 4)13.
Fig. 4 : Monnaie de Colophôn à Artémis Claria Colophônia. Tiré de Milne 1941, n° 184, p. 84-85 et pl. XI.

10Mon propos n’est pas de revenir sur l’iconographie de l’Artémis d’Éphèse, déjà longuement commentée ailleurs, mais de m’interroger sur le sens de cet emprunt. S’agit-il de la déesse d’Éphèse, purement et simplement importée à Claros, ou d’une réélaboration de l’image de la déesse clarienne sur le modèle de l’Artémis d’Éphèse ? Le succès de la déesse éphésienne est attesté par les multiples copies de l’effigie polymaste découvertes dans l’Empire et tout particulièrement en Italie. Si la statue de culte, en bois, remonte vraisemblablement au viie s., la large diffusion des images de la statue n’est pas antérieure à l’époque tardo-hellénistique et surtout à l’époque impériale14. La grande majorité des exemplaires date des règnes de Trajan et d’Hadrien, période à laquelle les ornements du vêtement de la déesse semblent avoir fait l’objet d’une réinterprétation15. Par ailleurs, on sait que le type de la statue polymaste a été adopté par d’autres divinités féminines, comme Aphrodite à Aphrodisias, ou même masculines, comme Zeus Labrandeus. L’inscription « Artémis Claria » sur la monnaie plaiderait dans le sens d’une adaptation du type éphésien à l’Artémis locale. C’est du reste la conclusion à laquelle arrivait aussi R. Fleischer16. J.G. Milne pensait y reconnaître une statue de culte17. Il est peu probable qu’il s’agisse de celle du temple majeur, puisqu’à partir du début du iier s. le naos était occupé par la triade. Quant à la statue de culte, si l’on suit l’hypothèse de J.-Ch. Moretti évoquée précédemment, elle aurait été placée sur une base de petite dimension qui ne pouvait supporter qu’une seule statue, de toute évidence celle d’Apollon. S’agit-il d’une effigie placée dans le temple d’Artémis lui-même ? La multiplicité des copies de l’Éphésienne dans le monde romain, en dehors de tout contexte cultuel, montre que la diffusion du type iconographique participait sans doute d’une mode due au caractère énigmatique d’une effigie qui se prêtait particulièrement bien aux spéculations mystico-philosophiques18. C’est, du reste, cet intérêt porté dans l’Empire à l’Artémis éphésienne qui peut aussi expliquer le choix de faire figurer l’Artémis clarienne sur les monnaies de Colophôn plutôt que le plus traditionnel Apollon.
11Un fragment découvert dans les fouilles de L. Robert (1961) confirme l’existence de représentations d’une Artémis clarienne de type éphésien à Claros (Fig. 5). Ce fragment de petite taille (10 × 5,5 cm) est en tous points semblable au polos de l’effigie éphésienne d’Artémis, notamment celui de la « grande Artémis » du prytanée d’Éphèse19. On reconnaît sur trois côtés la sphinge ailée qui soutient la représentation d’une façade de temple tétrastyle. Le fragment peut être comparé à celui du Musée de Cyrène20. Il appartient donc à une statuette d’une soixantaine de centimètres, probablement une réplique de la statue qui se dressait quelque part dans le sanctuaire et qui a peut-être servi de modèle aux monnaies citées précédemment.
Fig. 5 : Claros, polos de l’Artémis éphésienne, Izmir, inv. 4382 (R. Robert).

12Dans le monnayage de Colophôn, il faut également citer une monnaie en bronze de Trajan sur laquelle est représenté Apollon citharède assis devant le trépied : dans sa main droite, en plus du rameau de laurier, il tient une effigie identique à l’Artémis Claria des monnaies contemporaines, évoquées plus haut21. Ce détail iconographique, à l’époque même où la déesse bénéficie d’un monnayage particulier, ne paraît pas insignifiant. Faut-il l’interpréter comme le signe d’une volonté d’associer plus étroitement la déesse au culte d’Apollon ? Selon M. Flashar, l’Apollon citharède du monnayage d’époque impériale prendrait pour modèle la statue centrale de la triade22. Faut-il alors imaginer qu’une effigie d’Artémis était placée dans la main de la statue ? Il semble étonnant, dans ces conditions, qu’elle n’apparaisse pas sur les autres représentations monétaires du dieu citharède. Faut-il penser que l’effigie d’Artémis a été ajoutée à l’époque de Trajan et que la monnaie se fait l’écho de cette innovation ?
13Si l’iconographie d’Artémis conduit à reposer la question des rapports entre le sanctuaire de Claros et celui d’Éphèse, elle ne permet pas d’y répondre. Seule la documentation épigraphique pourrait permettre de préciser la nature de ces rapports et de dire si le type iconographique de l’Artémis polymaste est un simple emprunt formel, justifié par le prestige de la divinité d’Éphèse dans l’Empire romain à la fin du ier s. ap. J.-C., ou s’il répond à une intensification des échanges entre les deux sanctuaires. On sait que Ch. Picard avait fait l’hypothèse d’un véritable synœcisme religieux entre Éphèse et Claros. L. Robert a énergiquement récusé cette hypothèse qui, après plusieurs années de fouilles, ne pouvait se fonder sur aucun document23. Toutefois, l’inventaire récent des mémoriaux de délégations établi par J.-L. Ferrary invite à nuancer quelque peu ce propos24.
Artémis avec les Dioscures
14Une série de monnaies en bronze de Colophôn représente Artémis : elles sont datées par J.G. Milne entre 190 et l’époque impériale25. Sur l’avers on reconnaît la tête d’Artémis portant la stéphanè ; derrière la tête, on peut distinguer le carquois (Fig. 6). Le dessin est de médiocre qualité mais le type représenté est assez proche de celui qui figure sur les monnaies d’Éphèse au iiie s.26. Il ne s’agit donc pas d’un type iconographique original et, dans l’état actuel des découvertes, il ne peut être rapproché d’aucun fragment statuaire clarien. L’intérêt est ailleurs. En effet, le revers de la monnaie représente les piloi des Dioscures surmontés par une étoile. Il ne m’appartient pas ici de dire pourquoi la déesse clarienne était associée à Castor et Pollux. Il resterait d’ailleurs à déterminer si la présence de ces différentes divinités sur une même monnaie est le reflet d’une association cultuelle ou procède plus simplement de la juxtaposition de dieux honorés indépendamment dans la cité de Colophôn. En tout état de cause, Ch. Picard y voyait une lointaine dérivation du motif de la potnia thérôn27.
Fig. 6 : Monnaies de Colophôn à Artémis et aux Dioscures. Tiré de Milne 1941.

a) n° 167a, p. 77 et pl. IX ; b) n° 170a, p. 77 et pl. IX ; c) n° 173a, p. 78 et pl. X.
15Il est certain en revanche que, parmi les fragments statuaires de Claros, on compte une tête de Dioscure qui était peut-être associée à une représentation d’Artémis28. Elle a été exhumée lors de la campagne de fouilles de 1991 (sondage 3c N/E). Elle est en marbre local et mesure 32 cm de hauteur (Fig. 7). Le haut du crâne est simplement piqueté à la gradine pour permettre l’adjonction d’un élément rapporté, le pilos en l’occurrence, et une entaille à l’arrière permettait sans doute de fixer plus solidement la pièce rapportée.
Fig. 7 : Claros, tête de Dioscure, Izmir, inv. 16159 (R. Robert).

16La tête peut être rapprochée d’un type statuaire dont le modèle remonte sans doute à la fin du ve s. ou au début du ive s.29. Cl. Parisi Presicce distingue deux groupes : les statues du premier groupe, de tradition polyclétéenne, portent le pilos et le manteau noué sur l’épaule gauche. Les statues du second type, également coiffées du pilos, portent un manteau drapé sur la poitrine et couvrant les deux épaules ; plus élancé, ce type trahirait une influence scopasique. Sur l’exemplaire clarien, la trace de draperie sur l’épaule droite et sans doute aussi à gauche indique qu’une chlamyde couvrait les épaules : la statue pourrait donc être rattachée au second groupe défini par l’archéologue italien. En revanche, la tête de Claros se distingue par sa coiffure. En effet le dieu porte, de part et d’autre du visage, de longues mèches retombant jusque sur les épaules, légèrement ondulées et sommairement travaillées, là où la majorité des exemplaires connus présente une coiffure abondamment bouclée qui ne descend pas plus bas que les joues. C’est donc du buste du Palais Ducal de Mantoue ou de la statue du Museum of Fine Arts de Kansas City qu’il faudrait rapprocher la tête clarienne, même si les mèches épaisses et peu fouillées diffèrent des mèches plus fines de ces deux statues30. En revanche, l’arrondi du visage, le dessin très net des arcades sourcilières et de l’arête du nez ainsi que l’épaisseur des mèches autoriseraient un rapprochement avec une tête du Musée de Sousse31.
17Rien dans les découvertes statuaires de Claros ne permet d’affirmer que le type monétaire d’Artémis à la stéphanè reproduisait un modèle statuaire présent dans le sanctuaire. Malgré le rapprochement possible avec les monnaies d’Éphèse, le type représenté est bien trop générique pour être considéré comme l’indice d’une dépendance de Claros par rapport à Éphèse. Une fois encore, on serait tenté d’y voir une volonté d’inscrire l’image de la déesse dans une culture iconographique panhellénique. Enfin, l’association avec les Dioscures, semble-t-il peu fréquente, ne peut pas être considérée comme une spécificité locale tant qu’aucun autre document ne confirmera une association cultuelle entre les divinités.
Artémis « Bendis »
18Les explorations effectuées à Notion et sur son territoire par Th. Macridy avant 1914 avaient permis de mettre au jour une statue d’Artémis de petite dimension. Elle a été photographiée par son inventeur qui a publié le cliché dans un article des Jahreshefte des österreichischen archäologischen Instituts32. Elle est aujourd’hui perdue et il n’en subsiste que deux photographies conservées dans les archives de l’École française d’Athènes (Fig. 8)33. La statue est en marbre local et n’est pas d’excellente facture. La tête, les avant-bras, la jambe droite à partir du genou et le pied gauche manquent. La déesse est vêtue d’une tunique courte retenue par une ceinture ; l’étoffe forme un bourrelet en blousant par dessus la ceinture ; les plis verticaux de la tunique sont sommairement rendus. Par-dessus la tunique pourvue de manches longues, elle porte une nébride étroitement ajustée à la taille. La patte avant gauche de la peau de l’animal remonte sur l’épaule droite et dégage l’épaule gauche. La patte avant droite passe derrière le dos et revient « en ceinture » par devant où elle rejoint la patte arrière gauche. La patte arrière droite retombe à l’avant entre les deux cuisses. Un manteau est drapé sur les épaules et s’enroule autour des bras en retombant en « châle » dans le dos. La jambe gauche conserve la trace d’une bottine montante à rabat. On distingue, à l’arrière, les plis arrondis du manteau et la chevelure ondulée de la déesse descendant sur la nuque.
Fig. 8 : Notion, Artémis Bendis découverte au Théâtre, 1913 (EFA, 1913).

19Ce type iconographique est bien connu. On le rapporte en général à Artémis Bendis. À Athènes, le culte de la déesse thrace est introduit dès 431. Elle est assimilée à Artémis Munichia, comme l’attestent deux reliefs provenant du Pirée conservés l’un à la Ny Carlsberg Glyptotek et l’autre au British Museum34. Le premier est précisément daté de 328-329. Les fêtes de la déesse comprenaient notamment une course à cheval au flambeau qui est évoquée au début de la République de Platon35. Sur les reliefs, la déesse porte bien l’himation sur les épaules et les bras, comme c’est le cas de la statue découverte par Th. Macridy. Le modèle en est donc certainement athénien. Il semble toutefois que le type d’Artémis Bendis ait été répandu à l’époque romaine, comme l’atteste un portrait de jeune fille « en Artémis » conservé au Musée National Romain36.
20Il reste à déterminer le sens de la présence de cette Artémis à Claros. S’agit-il d’un type iconographique en vogue ? La statue fait-elle référence au culte athénien ou aux origines thraces de la déesse, sachant que des liens entre la Thrace et le sanctuaire clarien sont attestés37 ?
Fragments divers
21Plusieurs fragments — à dire vrai très modestes — peuvent encore se rapporter à des représentations d’Artémis. Il s’agit tout d’abord d’une tête d’animal — un cervidé vraisemblablement — en marbre très fin mais d’un travail très sommaire (Fig. 9)38. La petite taille du fragment (7,5 cm) exhumé lors des fouilles de L. Robert indique qu’il appartenait à un groupe « miniaturisé », pour reprendre la terminologie d’E. Bartman39. Des animaux, chiens ou cervidés, accompagnent très souvent les représentations d’Artémis chasseresse40 mais peuvent aussi flanquer l’effigie de l’Artémis éphésienne et, sans doute aussi, même si rien de tel n’apparaît sur les monnaies, son avatar clarien. Quel que soit le type iconographique auquel se rattachait ce fragment, le groupe ne faisait certainement pas partie du décor des monuments publics à proprement parler, mais appartenait soit à la catégorie des sculptures votives, soit au décor domestique.
22Le lien du second fragment avec Artémis est beaucoup plus incertain (Fig. 10). Il provient des fouilles de 199541. Il représente la partie supérieure d’un buste féminin drapé. La sculpture à laquelle appartenait le fragment (12 cm) était également de petite taille. Seule la position de la ceinture placée haut sous les seins peut faire penser à une représentation de la déesse, assez proche du type de l’Artémis colossale. La verticalité des plis de la tunique, notamment entre les seins, et la retombée de la draperie au niveau des bras permet d’exclure une représentation d’Artémis en mouvement, chasseresse ou archère. Toutefois l’absence de baudrier invite à être très prudent.
Fig. 9 : Claros, tête de cervidé, Izmir, inv. 4383 (R. Robert).

Fig. 10 : Claros, fragment de buste féminin, inv. S. 295 (R. Robert).

Fig. 11 : Claros, tête classicisante, Izmir, inv. 16158 (Institut archéologique allemand, Istanbul).

23Un dernier cas doit être rapidement évoqué. J’avais publié en 1995 une tête classicisante découverte lors de la campagne de fouilles de 1991 (Fig. 11)42. J’avais, à l’époque, proposé de l’identifier comme une tête d’Apollon, sans exclure toutefois qu’il puisse s’agir d’une divinité féminine (Aphrodite, Artémis). La forme massive du visage, notamment dans sa partie inférieure, m’avait fait pencher en faveur d’une divinité masculine. Un autre argument me paraît pouvoir être avancé. Les deux mèches descendant de part et d’autre du cou peuvent être rapprochées de celles que l’on distingue sur les têtes d’Apollon des monnaies de Colophôn à l’époque tardo-hellénistique43 — il est vrai qu’aucune de ces têtes ne porte de nœud sommital (et qu’elles sont en général laurées). En outre, s’agissant d’Artémis, le nœud apparaît presque exclusivement sur des représentations en chasseresse et, dans ce cas, la coiffure est entièrement ramenée vers le haut sans qu’aucune mèche ne retombe sur les épaules de la déesse que rien ne doit entraver dans ses mouvements.
24Encore une fois, s’ils se rapportent à des effigies d’Artémis (notamment représentée en chasseresse), ces derniers exemples s’inscrivent dans une iconographie largement diffusée de la déesse et n’attestent en aucun cas une spécificité de l’image de la divinité clarienne.
Conclusion
25Ce premier inventaire pose davantage de questions qu’il n’en résout. Mais ces questions ont trait, me semble-t-il, davantage à l’histoire des cultes et des religions qu’à l’histoire de l’art. En somme, l’Artémis clarienne ne paraît pas avoir beaucoup innové en matière d’iconographie. Elle emprunte ses formes à d’autres traditions : la tradition classique (athénienne ou ionienne) toujours à l’ordre du jour à l’époque hellénistique avec la triade colossale, la tradition anatolienne ou éphésienne, la tradition athénienne, médiation probable de l’Artémis Bendis d’origine thrace.
26L’inventaire suscite une première interrogation qui concerne non seulement Artémis, mais l’ensemble des divinités du sanctuaire clarien : l’absence de représentations antérieures à l’époque hellénistique, mise à part l’abondante production de terre cuite. Cette absence s’explique sans doute par l’histoire monumentale du sanctuaire et ses reconstructions successives. Les questions qui se posent aux spécialistes des religions sont donc les suivantes. La représentation d’Artémis gainée et polymaste remonte-t-elle aux origines du culte de la déesse à Claros ou traduit-elle l’influence des cultes éphésiens ? Dans ce cas, l’iconographie classicisante d’époque hellénistique répond-elle à une volonté d’autonomie par rapport au modèle éphésien ? Mais il faut rappeler que le type iconographique éphésien lui-même, qui ne semble guère avoir été diffusé avant l’époque tardo-hellénistique, connaît surtout le succès à la période impériale. En adoptant pour l’Artémis Claria le type polymaste et en créant ainsi une image « concurrente », les prêtres de Claros ont-ils cherché à rivaliser avec le grand sanctuaire voisin ou, au contraire, ce choix indique-t-il une forme de dépendance à l’égard du sanctuaire d’Éphèse survenue à partir de l’époque impériale44 ? Les diverses apparences que revêt la déesse à Claros procèdent-elles d’accidents, de modes, sont-elles la conséquence de contingences diverses — circulation des sculptures en fonction des commanditaires de passage et des ateliers en activité localement — ou reflètent-elles les évolutions du culte ? En d’autres termes, l’apparition d’une déesse polymaste de type éphésien à la fin du ier s. sur les monnaies et, visiblement aussi, dans la sculpture locale répond-elle à une influence accrue du sanctuaire d’Éphèse ou, comme je le suggérais précédemment, reflète-t-elle les attentes religieuses des usagers du sanctuaire, notamment celles de la cour impériale de l’époque antonine ? Ces évolutions sont-elles induites par l’influence extérieure de la clientèle du sanctuaire oraculaire ou obéissent-elles à une dynamique religieuse locale ? Le même problème se pose à propos du type de l’Artémis Bendis. Résulte-t-il des liens attestés entre le sanctuaire de Claros et ses « clients » thraces ou de l’influence artistique d’Athènes ?
27Seules les études croisées des historiens des religions et des spécialistes de l’épigraphie clarienne pourraient répondre à ces interrogations. Il faut surtout rappeler, pour finir, que le très petit nombre d’œuvres concernées grève très largement les conclusions que l’on pourrait être tenté de tirer des fragments connus aujourd’hui. Seules les terre cuites offrent des séries suffisamment importantes pour être significatives et, dans une moindre mesure, les monnaies aussi, même si les choix iconographiques qui s’y révèlent peuvent procéder de motivations politiques autant que religieuses.
Notes de bas de page
1Dewailly, Pécasse, Verger 2004, p. 5-59 ; en dernier lieu, Hermary 2015, p. 15-26.
2Milne 1941, p. 82-106, pl. X-XIX : la triade figure sur les monnaies en bronze de Commode (n° 193a), de Caracalla (197a), de Maximinus (214a), de Gordien III (219a) ; Flashar 1998-1999, p. 227-239.
3Marcadé 1994, p. 447-463 ; Bourbon, Marcadé, 1995, p. 519-524 ; voir aussi Marcadé 1998, p. 299-323 et Marcadé 2001, p. 271-284.
4À partir de l’époque d’Auguste, de nombreuses monnaies de bronze portent l’image d’Apollon citharède assis, tenant dans la main droite un rameau d’olivier ; selon M. Flashar cet l’Apollon serait celui de la triade ; ce serait également le cas sur des monnaies représentant un sacrifice devant un temple à l’intérieur duquel Apollon citharède est assis (monnaies de Gallus et de Valérien) ; la monnaie d’Auguste constituerait donc un terminus ante quem pour dater la triade. Si, selon l’auteur, l’image d’Apollon renvoie au groupe tout entier suivant le principe de la pars pro toto, ce choix n’en reflète pas moins une claire hiérarchie entre les trois divinités ; Flashar, 1998-1999, p. 237.
5Marcadé 1994, p. 454.
6Palagia 1980, p. 13-20 et fig. 6-17 ; Todisco 1993, p. 91-98 et fig. 210 et 213 ; Rolley 1999, p. 284- 288 ; LIMC II, s.v. Artemis, n° 161, p. 638 (Kahil).
7LIMC II, s.v. Artemis, nos 129-130, p. 636.
8Dontas 1982, p. 15-34.
9Head 1892, p. 42, n° 47, pl. VIII, 11.
10M. Dewailly a récemment proposé une autre interprétation de la monnaie ; Artémis serait à droite et la déesse placée à gauche serait Létô ; c’est donc Létô qui tiendrait un sceptre ou une torche ; si l’on suit cette proposition, la place d’Artémis dans la triade serait donc conforme à la topographie du sanctuaire, car l’autel et le temple d’Artémis, au nord, étaient à droite par rapport à la statue d’Apollon pour le visiteur qui entrait dans le temple. Le médiocre état de conservation des monnaies ne permet pas d’en discerner tous les détails. En outre, le fait que l’on observe des différences assez sensibles entre les monnaies où apparaît la triade (en particulier entre la monnaie de Commode et celle de Caracalla) nous invite à la prudence. La position des bras du personnage féminin placé à droite, notamment, est difficilement lisible : toutefois, les deux bras paraissent baissés et, sur la monnaie de Maximinus, il est visible que le bras gauche tient un sceptre. Il semble surtout que le personnage de droite porte un manteau drapé autour des hanches, ce qui correspondrait plutôt au type de Létô dans la triade colossale. On doit aussi noter que les têtes des deux divinités féminines, sur la monnaie, sont apparemment tournées vers Apollon, ce qui ne peut pas être le cas des statues ; Dewailly 2001, p. 381-382 ; sur les problèmes méthodologiques posés par les représentations des statues sur les monnaies, voir Flashar 1998-1999, p. 227-234 : comme le note l’auteur, les monnaies obéissent à des principes de symétrie et de simplification qui conduisent les graveurs à réinterpréter leur modèle. Ainsi le sceptre ou la torche que portent les deux divinités féminines contribuent à encadrer l’image sur la monnaie et à lui conférer une unité iconographique.
11Linfert 1976, p. 62 ; Flashar 1992, p. 149-151, Flashar 1999 ; la datation de J. Marcadé a depuis été acceptée par Ridgway 2000, p. 241 ; pour une datation à l’époque impériale, voir notamment Martin 1987, p. 76 n. 358 et Holtzmann 1993, p. 803-804.
12Moretti et al. 2014, p. 49 : la statue de culte, sans doute un xoanon de bois, aurait été placée sur la base retrouvée dans la salle souterraine des consultants.
13Milne 1941, n° 184-189, p. 84-85 ; Trippé, p. 282.
14La source principale est Pline, Histoire naturelle XVI, 213-214 : le nom du sculpteur (Endoios) auquel il attribue la statue est une conjecture des éditeurs.
15LIMC II, s.v. Artemis Ephesia, p. 755-763 (Fleischer) : les plus anciennes représentations se trouvent sur des monnaies du iie s. (n° 22, p. 758) ; Fleischer 1973, p. 39 ; des statuettes de terre cuites sont datables de la fin de l’époque hellénistique (n° 111, p. 761) ; selon R. Fleischer, les cerfs feraient leur apparition sur les exemplaires de la fin du ier s. et du début du iie ap. J.-C. (LIMC II, s.v. Artemis Ephesia, p. 763) ; sur les modifications apportées aux ornements de la déesse à l’époque antonine, voir à propos de l’Artémis éphésienne de la collection Farnèse au Musée Archéologique de Naples (inv. 6278) l’étude de C. Capaldi dans Gasparri 2007-2013, p. 113-116.
16Thiersch 1935 ; Fleischer 1973, p. 133 et 303.
17Milne 1941, p. 107.
18On peut noter, en particulier, la présence des signes zodiacaux sur le plastron des exemplaires d’époque antonine. Sur les spéculations concernant l’image de culte de la déesse éphésienne, voir les témoignages rassemblés par Kukula 1906. Différentes spéculations sont attestées par les textes : sur la coiffure de la déesse (Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines II, 22, 2) ; à propos des Ephesia grammata inscrits sur la base de la statue (Eustathe, Commentaire à l’Odyssée XIX, 247) ; sur la forme polymaste de la déesse (Jérôme, Commentaire sur l’Épitre de Paul aux Éphésiens, pr. = Migne t. 26, col. 441) ; ces textes sont la source des interprétations données par la suite de l’image de la déesse : Parlasca 1978, p. 679-689 ; Hadot 2004, p. 239-241.
19Musée d’Izmir, inv. 4382 ; Fleischer 1973, p. 6 (cat. E 12) ; p. 132-133 ; LIMC II, s.v. Artemis Ephesia, n° 38, p. 759 (Fleischer) ; pour l’Artémis du prytanée, LIMC II, s.v. Artemis Ephesia, n° 73, p. 760 (Fleischer).
20Paribeni 1959, n° 181 ; LIMC II, s.v. Artemis Ephesia, n° 43, p. 759 (Fleischer).
21Milne 1941, n° 183b, p. 84.
22Flashar 1998-1999, p. 237.
23Robert 1954, p. 546 : « Le moins qu’on puisse dire est que la ville d’Éphèse n’apparaît pas précisément comme une dévote assidue de l’Apollon de Claros, comme on le soutenait en faisant appel aux documents encore à découvrir. Nous n’encombrerons plus l’étude de Claros d’un sujet imaginaire. »
24Ferrary 2014, p. 113-114.
25Milne 1941, n° 167a, 170a, p. 77 ; 173a, p. 78.
26LIMC II, s.v. Artemis, n° 787, p. 681 (Kahil).
27Picard 1922, p. 503 n. 3.
28Musée d’Izmir, inv. 16159.
29LIMC III, s.v. Dioscouroi, p. 567-593 (Hermary) ; s.v. Castores, p. 608-635 (Gury) ; Parisi Presicce 1994, p. 175-176. Des statues des Dioscures s’élevaient sur le monument érigé par Lysandre à Delphes après la bataille d’Aigos-Potamoi (405) : cf. Aurigny, p. 231. Aux côtés des Dioscures, divinités protectrices de Sparte, se dressaient les statues d’autres divinités (dont Artémis et Apollon), ainsi que celles des « Navarques ». Les statues des Dioscures étaient l’œuvre d’Antiphanès d’Argos, sculpteur de l’école de Polyclète (Pausanias, X, 9, 8) ; voir Rolley 1999, p. 44. Selon Todisco 1993, p. 48-49, fig. 36, c’est bien à un modèle polyclétéen — peut-être les bronzes d’Antiphanès — qu’il faudrait rattacher la majorité des statues des Dioscures d’époque romaine (type de Leptis Magna).
30Parisi Presicce 1994, p. 175-179, fig. 33 et 37.
31Parisi Presicce 1994, p. 179, fig. 43 ; Chaisemartin 1987, n° 11, p. 22, pl. 11 ; LIMC III, s.v. Castores, n° 133, p. 625 (Gury).
32Macridy 1912, p. 59, fig. 31 ; voir aussi Macridy-Bey, Picard, 1915, p. 42, n.1. Les indications données par les deux articles sur la hauteur de la statue ne sont pas concordantes : elle mesurait 0,60 m selon le premier et 0,43 m selon la note du second. La statue aurait été découverte à proximité du théâtre de Notion. Toutefois la dispersion des fragments entre le site du sanctuaire et celui de Notion est avérée. Th. Macridy signale la découverte d’une frise de guirlandes de feuilles de laurier alternant avec des trépieds (fig. 28) en tous points semblable aux blocs découverts à Claros et provenant de l’autel d’Apollon ; de même un masque en haut relief tout à fait identique à celui que cite Th. Macridy (fig. 29) a été exhumé à Claros (inv. S. 229, Musée de Selçuk).
33Clichés n° 5378-5379.
34LIMC III, s.v. Bendis, n° 3, p. 96 (Goečva, Popov) ; sur le relief de Copenhague, Artémis est accompagnée d’Asclépios : n° 4 = LIMC II, n° 211, p. 881 (Holtzmann). Le type est attesté à Athènes en ronde bosse à l’époque hellénistique : LIMC III, s.v. Bendis, nos 7 et 8, p. 97 (Goečva, Popov).
35Platon, République I, 327a-328b ; la fête est célébrée le 19 de Thargélion.
36En ronde bosse, voir les statuettes de Cyrène : Paribeni 1959, n° 159-160 ; pour la statue du Musée National Romain : E. Paribeni dans Giuliano 1981, n° 34, p. 328-329.
37Robert (1954) 1989a, p. 544-545. Ferrary 2014, p. 178-179 : les inscriptions commémoratives datent du iie s. ap. J.-C. (nos 11, 30, 153, 234, 294). L’une d’entre elles a été découverte à proximité de l’autel d’Artémis (n° 355, p. 626-627). La statue découverte près du théâtre de Notion pourrait-elle correspondre à l’offrande d’une délégation thrace, assimilant la déesse clarienne à la divinité nationale ?
38Musée d’Izmir, inv. 4383.
39Bartman 1992, p. 9-15.
40La Diane dite de Versailles en constitue l’exemple le plus fameux ; on peut surtout penser à la statuette de Diane datée de la fin du ive s. ap. J.-C. provenant de Saint-Georges-de-Montagne et conservée au Musée d’Aquitaine à Bordeaux ; une biche blessée par Artémis est couchée au pied de l’arbre près duquel se tient la déesse ; LIMC II, s.v. Artemis/Diana, n° 27, p. 805-806 (Simon) et n° 376, p. 850 (Bauchhenss).
41Inv. S. 295. Un fragment assez proche et également de petite taille (0,19 m.) est mentionné par R. Demangel ; dans ce cas, toutefois, le personnage semble porter un manteau retombant sur l’épaule droite ; Demangel, Laumonier, 1925, p. 334, fig. 9.
42Musée d’Izmir, inv. 16158 ; Robert 1995, p. 1-33.
43Milne, 1941 n° 165 et 171, p. 76 et 78.
44Voir Trippé, p. 280-284.
Auteur
-
Renaud Robert
renaud.robert@u-bordeaux-montaigne.fr
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