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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. Introduction 2. Le terme Āfrīnagān 3. Description générale d’une cérémonie Āfrīnagān 4. Éditions vs manuscrits (et Modi) : une diversité étonnante 6. Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Aux sources des liturgies indo-iraniennes

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Les Āfrīnagāns : une diversité rituelle étonnante

    Céline Redard

    p. 283-301

    Résumés

    Quatre Āfrīnagāns ont été édités par Geldner, mais les manuscrits corroborés par la tradition vivante en attestent en réalité bien plus. Cet article montre la variété rituelle des Āfrīnagāns en faisant leur description tout en donnant une idée des circonstances pendant lesquelles ces Āfrīnagāns sont récités.

    Only four Āfrīnagāns have been edited by Geldner, but as we can see in the manuscripts and in the living tradition, there are in fact much more Āfrīnagāns. This article shows their ritual variety, gives a description of them and an idea of the circumstances for their recitation.

    Note de l’éditeur

    Cette recherche a été soutenue financièrement par l’Université de Liège et l’UE dans le cadre du projet Marie Curie-COFUND-BeIPD.1.

    Texte intégral 1. Introduction 2. Le terme Āfrīnagān 3. Description générale d’une cérémonie Āfrīnagān 4. Éditions vs manuscrits (et Modi) : une diversité étonnante 4.1. Manuscrits utilisés 4.1.1. Les manuscrits indiens liturgiques 4.1.2. Les manuscrits iraniens liturgiques 4.2. Structure des Āfrīnagāns 4.3. Description des Āfrīnagāns 5.1. Āfrīnagān Mino Nāwar 5.2. Les Āfrīnagāns à Sraōša 6. Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1. Introduction

    1L’article fondamental de Jean Kellens en 1998 démontrait la nature liturgique de l’Avesta. Les manuscrits représentent en réalité la forme écrite de deux ensembles liturgiques : 1) le récitatif de la liturgie longue qui contient le Yasna, le Visperad, le Vidēvdād et le Vištāsp Yašt et 2) le recueil des liturgies brèves. Cette nouvelle conceptualisation de l’Avesta a permis un profond renouvellement des études avestiques, accompagné, dans un premier temps, d’un recentrement des recherches ciblé sur le récitatif de la liturgie longue. Le recueil des liturgies brèves a été placé au second plan dans les recherches menées au cours du xxe s., notamment à cause du « peu d’originalité »1 qui lui a été attribué, catégorisation qui n’a pas incité une étude systématique à son sujet. Mais les résultats probants issus de la recherche sur la liturgie longue incitent à entreprendre depuis peu un travail aussi sur le recueil des liturgies brèves, également appelé Xorda Avesta [XA]2. Or il s’avère que ce corpus est incontournable pour la compréhension des rituels zoroastriens. Dans cette perspective, cet article vise à mettre en lumière les Āfrīnagāns (littéralement « en rapport avec la propitiation »), ensemble de textes dont la variété rituelle est bien plus importante que ne le laisse apercevoir l’édition de Geldner.

    2. Le terme Āfrīnagān

    2Āfrīnagān est un terme moyen-perse, formé sur la racine indo-européenne bien connue *prei̯H- (av. frī- « propitier », véd. prī- « réjouir, satisfaire »), ayant un présent à infixe nasal. Sur ce thème de présent préverbé par ā-, on a formé un substantif āfrīn, auquel un suffixe adjectival -ag <*-aka a été ajouté, adjectif apparaissant au pluriel : āfrīnagān signifie donc littéralement « les (textes) en rapport avec la propitiation ».

    3Les Āfrīnagāns ne doivent pas être confondus avec les Āfrīns, terme moyen-perse formé à partir de la même racine et signifiant littéralement « propitiation », et désignant un texte récité à la suite d’un Āfrīnagān3. On compte sept Āfrīns (cf. Kotwal & Boyd 1984) rédigés en pāzand (cf. Antia 1909).

    4Signalons également le terme védique āprī « propitiation », substantif formé sur la même racine. Ce terme désigne un ensemble de dix hymnes répartis au sein du corpus védique4 et possédant une structure similaire. Ces textes sont récités dans le cadre d’un sacrifice animal, dont le but est de garantir la descendance du propriétaire ayant ordonné le sacrifice, et de son bétail. Ce rituel est exécuté une fois par année, en automne (pour une description détaillée de ces hymnes et de leur contexte, voir Van den Bosch 1985a et 1985b). Comme nous allons le voir, la comparaison entre les deux corpus n’est pas spontanée5 car ils divergent sur de nombreux points, par exemple la diversité de célébration des Āfrīnagāns.

    3. Description générale d’une cérémonie Āfrīnagān

    5De manière générale, la cérémonie Āfrīnagān fait partie des « outer rituals6 ». La célébration d’un Āfrīnagān peut se dérouler partout, y compris dans la maison d’un particulier, car elle ne nécessite ni un endroit particulier, ni un espace clos. Néanmoins, cette cérémonie doit être célébrée par deux prêtres, le zaōtar et le prêtre-assistant7, assis l’un en face de l’autre et séparés par les éléments nécessaires pour la cérémonie.

    6L’objet de cet article n’est pas de décrire le déroulement précis de cette cérémonie8, mais relevons tout de même la durée de la cérémonie : environ 30 minutes, ce qui est relativement court, et les buts divers de sa célébration, qui varient en fonction de l’Āfrīnagān récité (voir § 4.2).

    Schéma tiré de Williams & Boyd 1993, 119.

    Image

    1. Santal
    2. Encens
    3. Feu
    4. Lampe à huile
    5. Plateau avec des œufs, du pain, de la noix de coco, des fruits séchés et de l’halva
    6. Bol avec des roses
    7. Plateau de fruits frais
    8. Eau
    9. Sharbat
    10. Lait
    11. Vin
    12. Pinces
    13. Grande cuillère

    4. Éditions vs manuscrits (et Modi) : une diversité étonnante

    7Les trois éditions de l’Avesta établies au xixe s. comportent des Āfrīnagāns, mais leur nombre varie en fonction des éditeurs. Spiegel, dans sa traduction du Xorda Avesta9, donne trois Āfrīnagāns : ī Gāhān, ī Gāhānbār et ī Rapihwin. Westergaard, dans son édition (1852–1854), donne également trois Āfrīnagāns, les mêmes que Spiegel et dans le même ordre. Geldner, quant à lui, en édite 4 en 1889. Outre les trois Āfrīnagāns mentionnés précédemment, il ajoute avant ceux-ci l’Āfrīnagān ī Dahmān. La numérotation, encore utilisée à l’heure actuelle, est issue de cette édition : Ā1 pour Āfrīnagān ī Dahmān ; Ā2 pour Āfrīnagān ī Gāhān ; Ā3 pour Āfrīnagān ī Gāhānbār et Ā4 pour Āfrīnagān ī Rapihwin. On constate donc le passage de 3 à 4 Āfrīnagāns dans les éditions de l’Avesta, chiffre retenu traditionnellement depuis.

    8Cependant, ce chiffre ne correspond pas à la réalité. En effet, les manuscrits, corroborés par la tradition rituelle vivante, en attestent davantage. Dans son livre The Religious Ceremonies and Customs of the Parsees, Modi dresse un tableau récapitulatif (reproduit ci-dessous) des différents Āfrīnagāns, à savoir onze possibilités (1937, 362–363) :

    Name of the ĀfringānsNo. of AVaNames of the Kardeh or sections recited
    1Āfringān of Dādār Hormazd10Tāo ahmi nmānē (Y60.2–7)
    2Āfringān of the Fireštas (angels) or the Yazatas7idem
    3Āfringān of the Sirozāhs7idem
    4Āfringān of Ardāfaroš8Yā Visad (Yt13.49–52, 156–157)
    5Āfringān Dahmān2Tāo ahmi nmānē (Y60.2–7)
    6Āfringān of Sraoša5First three sections of Srōš Yašt (Y57.1–8)
    7Āfringān of Rapithavin12Athāzi mraōt. (It has a special Kardeh of its own).
    8Āfringān of Gāhambār4Dātācā aētē Mazdayasna. (It has a special
    Kardeh of its own).
    9Āfringān of Gāthā8Yā Visad
    10Āfringān of Daham Yazata7Tāo ahmi nmānē
    11Āfringān of Mino Nāvar7Ahurem Mazdām (It has a special Kardeh of its own).

    9À cela s’ajoute un autre Āfrīnagān à Sraōša (Y57.15–18) qu’il décrit dans la partie sur les cérémonies après la mort (1922, 78–79 et 436), soit au total 12 Āfrīnagāns. Cependant, Modi n’en fait pas l’édition et ne donne qu’une vision générale du texte10. Il faut donc recourir aux manuscrits pour entreprendre l’étude des Āfrīnagāns.

    4.1. Manuscrits utilisés

    10Dans le cadre de cette recherche, j’ai eu accès à 20 manuscrits : 17 dits liturgiques (13 indiens et 4 iraniens) et 3 dits exégétiques. Tous ces manuscrits datent de notre ère et sont répartis comme suit :

    4.1.1. Les manuscrits indiens liturgiques

    11– E1 : manuscrit de la First Dastur Meherji Rana Library à Navsari, datant de 1601 et copié par Ervad Šāpuhr Hōšang Āsā. Il a été édité par Kotwal & Hintze (2008).

    12– B5 : manuscrit de la Bombay University Library, copié en 1846 Samvat (1789) à partir d’un manuscrit daté de 1776 Samvat (1719) (Cantera 2014, 279). Manuscrit indexé par Miguel Ángel Andrés-Toledo (2010) et disponible sur ADA.

    13– R115 : manuscrit du K.R. Cama Oriental Institute à Bombay, écrit par Ervad Maneckji Shapurji Fardunji Maneckji en 1840 et édité par JamaspAsa & Nawabi (1976d ; cf. également Dhabhar 1923, 160–161 pour une description).

    14– T3 : manuscrit de la First Dastur Meherji Rana Library à Navsari, sans colophon, édité par JamaspAsa et Nawabi (1976f ; cf. Dhabhar 1925, 108).

    15– Supplément Persan 34 : manuscrit se trouvant à la Bibliothèque Nationale de Paris (BNF). Il date de 1754 de l’ère de Vikramaditya soit 1698, et écrit par Ervad Aspandiāb Ervad Mamnak Ervad Kāvaš, fils de Ervad Godrej Ervad Faredun.

    16– Supplément Persan 29 : manuscrit se trouvant à la BNF et copié pour Anquetil-Duperron le 17 mai 1761 par Šāpuhr Manek Behrām. Après la première partie contenant le Yasna avec sa traduction sanskrite (Ms. 660) se trouve un Xorda Avesta.

    17– Supplément Persan 31 : manuscrit se trouvant à la BNF. Il n’a pas de colophon, mais est daté du xviiie siècle par Blochet. Son contenu, à de rares exceptions, est identique à celui de SP29.

    18– Supplément Persan 40 : manuscrit se trouvant à la BNF, copié en 1761.

    19– Supplément Persan 51 : manuscrit se trouvant à la BNF, copié en 1727.

    20De plus, il faut ajouter trois manuscrits contenant le Dron Yašt, mais également certains Āfrīnagāns (voir § 5.1).

    21– Supplément Persan 983 : manuscrit se trouvant à la BNF (cf. Blochet 1900, 11 et 1905, 134), sans colophon mais daté du xviie s. par Blochet.

    22– J4 : manuscrit copié en 1822 (= 1191 AY) par Erwad Jamshed Edal Bahman Jamshed Jamasp de Nawsari, édité par JamaspAsa & Nawabi (1976c).

    23– K17 : manuscrit copié en 1682, se trouvant à la Kongelige Bibliothek à Copenhague et disponible en ligne11.

    4.1.2. Les manuscrits iraniens liturgiques

    24– YL17–02233 : manuscrit de la Yegānegi Library à Téhéran, daté de 1723. Indexé partiellement par FerrerLosilla sur ADA.

    25Trois manuscrits provenant du Muze-ye Zardostiān à Kerman, et qui ont été photographiés par Alberto Cantera et son équipe lors d’un voyage en juin 2012 en Iran. Les manuscrits n’ont pas encore été indexés.

    26– MZK6 : Xorda Avesta Isfandyār, daté de 1803 (= 1172 AY) et copié par Dastur Isfandyār Nōšīrwān Ardešīr Isfandyār Sīstānīg.

    27– MZK8 : Xorda Avesta 3.

    28– MZK9 : Xorda Avesta 4.

    29Ainsi que :

    30– RR3 : Xorda Avesta de la collection privée de Reshid Rostami à Kerman.

    31Les manuscrits exégétiques (avec traduction pehlevie) :

    • J1 : manuscrit de la collection privée du Dastur Dr. Jamaspji M. JamaspAsa à Bombay, copié par Ervad Jamasp Asa Frēdōn et édité par JamaspAsa & Nawabi (1976b).
    • J2 : manuscrit de la collection privée du Dastur Dr. Jamaspji M. JamaspAsa à Bombay, copié en Saka 1758 par Mobed Shapur Jamshedji Katrak et Mobed Sohrabji Maneckji Katrak. Il a été édité par JamaspAsa & Nawabi (1976e).
    • TD23 : manuscrit de la collection privée de Behramgore T. Anklesaria, daté de 1773 (= 1142 AY) et copié par Erwad Bahman Dastur Jamshedji Dastur Jamaspi Asaji. Il a été édité par JamaspAsa & Nawabi (1976a).

    32La consultation de ces manuscrits m’a permis, d’une part, de prendre connaissance du texte des Āfrīnagāns et d’en comprendre ainsi leur structure et leurs variations et, d’autre part, d’analyser le contexte dans lequel ces Āfrīnagāns apparaissaient. J’ai ainsi découvert la variété étonnante d’Āfrīnagāns.

    4.2. Structure des Āfrīnagāns

    33Les Āfrīnagāns possèdent une structure commune12 et les variations possibles sur cette base expliquent la richesse rituelle de cet ensemble textuel. La structure générale est la suivante13 :

    Image

    notes14, 15, 16,17

    4.3. Description des Āfrīnagāns

    34Comme on vient de le constater, les variations principales résident dans le nombre d’Ahuna Vairiia récité en préliminaire, dans la dédicace18 ainsi que dans le texte du kardeh. En prenant en compte ces variations, on obtient les possibilités suivantes19 :

    351. Āfrīnagān Dahmān (= Ā1) [2× AVa ; Y60.2–7 ; N43.9 ; mss. : SP40, B5, E1, SP29, SP31, J1, J2, TD23, YL17–02233, MZK6, MZK8, MZK9, RR3]

    36Dédicace : dahmaiiā̊ vaŋhuiiā̊ āfritōiš uγrāi dāmōiš upamanāi

    37Occasion : « On any day. These Āfringān Kardehs are recited after all kinds of Āfringān »20. Également récité par le candidat à la prêtrise durant le 3e jour de son initiation Nāwar.

    38Commentaires : dans le N43.9, on trouve l’indication suivante : dōgānag kardan az-iš tā̊ ahmi nmāne « and its (karda) tā̊ ahmi nmāne is to be recited twice » (Kotwal & Kreyenbroek 2003, 188–189). Kotwal et Kreyenbroek écrivent en note de bas de page : « Both Irani and Indian Kadmi priests celebrate the Āfrīnagān of Dahmān twice. » Dans les 13 manuscrits que j’ai consultés, je n’ai trouvé aucune indication concernant cette double récitation. À noter que Boyce (1993, 216) parle du terme dogānag kardan « twofold Karde » en expliquant que cela fait référence aux deux AVa récité pour cet Ā.

    392. Āfrīnagān Sirōza [2× AVa ; Y60.2–7 ; — ; ms. R115]

    40Dédicace : S1.1–16, 18, 20–30 (sans 17 à Sraōša et 19 aux Frauuaṣ̌is).

    41Occasion : « On any day. Especially the 30th day after death and on the day preceding the first anniversary after death. »

    423. Āfrīnagān Amahraspand et Yazd [7× AVa ; Y60.2–7 ; — ; ms. R115]

    43Dédicace : ici, la dédicace est variable puisqu’elle diffère selon le jour du mois. À cela s’ajoutent également les diverses fêtes de l’année ou des moments particuliers (par exemple Ā. de Ram Yazad pour les moments festifs ou les mariages, Ā. de Zinda-rawan durant la cérémonie du même nom, Ā. de Panth Yazad dont la dédicace correspond au FrW5, etc.). Deux manuscrits sont fort utiles pour analyser cette variation : R115 et E1. À noter que souvent l’Ā. n’apparaît pas en entier, mais sous une forme abrégée pour simplement en donner la structure générale et sa dédicace (cf. E1, folios 477r-487r avec les différents xšnūmans « dédicaces » des Ā). De plus, on peut également trouver une liste de ces possibilités sur http://avesta.org/afrin/asb.htm. Sur la base de cet Āfrīnagān, en changeant la dédicace, on peut obtenir une cinquantaine de possibilités pour des occasions diverses.

    44Occasion : « On any day. » Pour être exhaustif ici, il faudrait citer toutes les possibilités avec leurs occasions respectives, ce qui dépasserait le cadre de cet article. 4. Āfrīnagān Daham Yazd [7× AVa ; Y60.2–7 ; — ; ms. R115]

    45Dédicace : ahurahe mazdā̊ raēuuatō xvarәnaŋvhatō amәṣ̌anąm spәṇtanąm dahmaiiā̊ vaŋhuiiā̊ āfritōiš uγrāi dāmōiš upamanāi puϑra vīspaēšąm yazatanąm aṣ̌aōnąm maińiiauuanąm gaēϑiianąm aṣ̌āunąm frauuaṣ̌inąm uγranąm aiβiϑūranąm paōiriiō.t̰kaēšanąm frauuaṣ̌inąm nabānazdištanąm frauuaṣ̌inąm

    46Occasion : « On any day, but specially on the dawn of the 4th day after death » afin de faciliter le passage du pont. Cet Ā. est récité également lors des cérémonies funéraires 10 jours (dehom) après le décès, et 30 jours (siroz) après (voir notamment Sheriar 1914a et 1914b ; Boyce 1993, 215 ; Lüddeckens & Karanjia 2011, 122). On trouverait une représentation iconographique sur l’un des panneaux d’un tombeau sogdien en Chine datant du vie s. La scène, représentant un rituel funéraire, montre notamment un prêtre devant un autel du feu, juste devant le pont qui mènerait le défunt au paradis (pour de plus amples informations, voir Lerner 1995 et Grenet 2009).

    475. Āfrīnagān Dādar Ohrmazd [10 × AVa ; Y60.2–7 ; — ; — ]

    48Je ne puis pour l’instant donner plus d’indication à ce sujet, car je ne l’ai encore rencontré dans aucun manuscrit. Les informations fournies ci-dessus sont celles de Modi. Quant au moment de sa célébration, il indique « on any day ».

    496. Āfrīnagān ī Gāhān (= Ā2), aussi appelé A. ī Pәṇjauua / Panjak, A. ī Frawardigān [8 × AVa ; Yt13.49–52 ; N43.10 ; mss. : B5, E1, R115, SP29, SP31, SP34, SP40, J1, J2*, TD23, MZK6, MZK8, RR3]

    50Dédicace 1 : ahurahe mazdā̊ raēuuatō xvarәnaŋvhatō amәṣ̌anąm spәṇtanąm gāϑābiiō spәṇtābiiō ratuxšaϑrābiiō aṣ̌aōnibiiō ahunauuaitiiā̊ gāϑaiiā̊ uštauuaitiiā̊ gāϑaiiā̊ spәṇtā.maińiiǝ̄uš gāϑaiiā̊ vohu.xšaϑraiiā̊ gāϑaiiā̊ vahištōištōiš gāϑaiiā̊ aṣ̌āunąm frauuaṣ̌inąm uγranąm aiβiϑūranąm paōiriiō.t̰kaēšanąm frauuaṣ̌inąm nabānazdištanąm frauuaṣ̌inąm

    51Dédicace 2 (sans la partie soulignée de la dédicace 1) : ahurahe mazdā̊ raēuuatō xvarәnaŋvhatō amәṣ̌anąm spәṇtanąm aṣ̌āunąm frauuaṣ̌inąm uγranąm aiβiϑūranąm paōiriiō.t̰kaēšanąm frauuaṣ̌inąm nabānazdištanąm frauuaṣ̌inąm

    52Occasion : cet Āfrīnagān est récité lors des Frawardīgān21, célébré durant les dix derniers jours de l’année en l’honneur des âmes-électives des morts. Cependant, la dédicace varie en fonction de la période, comme nous l’indique clairement le N43.10 : « (Of) the ten Frawardīgān days, (the Āfrīnagān for) the first five days is : a.v. (3) ; the fravarānē ; the appropriate gāh prayers ; the šnūmans are : ahurahe mazdā̊ and aṣ̌āunąm ; the karda is : yā̊ vīsāδa *āuuaiieiṇti, and (recite) the āfrināmi (formulas) to the end. (For) the five days connected with the Gāthās it is : a.v. (3) ; the fravarānē ; the appropriate gāh prayers ; the šnūmans are : ahurahe mazdā̊, gāϑābiiō, and aṣ̌āunąm ; the karda is : yā̊ vīsāδa ; and (recite) the Āfrīnagān liturgy to the end » (Kotwal & Kreyenbroek 2003, 191). Durant les 5 premiers jours (Panj-i keh), la deuxième dédicace est utilisée, alors que pour les 5 derniers jours (Panj-i meh), il s’agit de la première. La majorité des manuscrits reproduisent l’Ā. avec la dédicace incluant les Gāϑās. Cependant, les manuscrits iraniens, MZK6, MZK8 et RR3, donnent les deux possibilités en indiquant d’abord la dédicace courte, la 2, puis la dédicace longue, la 1. Une indication rituelle du ms. RR3, juste avant la dédicace 1, l’explique très clairement : agar pandje-ye bozorg bāšad in bāyad xvānd « si c’est les 5 grands (jours), il faut réciter ceci ». Le titre Ā. ī Pәṇjauua / Panjak apparaît quand les deux variantes sont attestées.

    537. Āfrīnagān Ardāfrauuaš [8 × ; Yt13.49–52 et 156–157 ; — ; mss. : R115, SP34*, SP40*]

    54Dédicace : ahurahe mazdā̊ raēuuatō xvarәnaŋvhatō amәṣ̌anąm spәṇtanąm aṣ̌āunąm frauuaṣ̌inąm uγranąm aiβiϑūranąm paōiriiō.t̰kaēšanąm frauuaṣ̌inąm nabānazdištanąm frauuaṣ̌inąm

    55Occasion : « On any day. It is a special Āfringān for the dead. » (Voir aussi Lüddeckens & Karanjia 2011, 122.)

    568. Āfrīnagān Gāhāmbār (= Ā3) [4 × ; Ā3.3–13 ; N43.8 ; mss. : E1, B5, SP31, SP29, SP40*, J1, J2]

    57Dédicace : raϑβąm aiiaranąmca asńiianąmca māhiianąmca yāiriianąmca sarәδanąmca yasnāica vahmāica xšnaōϑrāica frasastaiiaēca raϑβō bәrәzatō yō aṣ̌ahe raϑβąm aiiaranąmca asńiianąmca māhiianąmca yāiriianąmca sarәδanąmca raϑβąm vīspe mazištanąm yōi hәṇti aṣ̌ahe ratauuō hāuuanīm paiti ratūm (1) maiδiiōi.zarәmaiiehe raϑβō (2) maiδiiōišәmahe raϑβō (3) paitišhahiiehe raϑβō (4) aiiāϑrimahe raϑβō (5) maiδiiāiriiehe raϑβō (6) hamaspaϑmaēdaiiehe raϑβō

    58La dernière partie de la dédicace varie en fonction du Gāhāmbār, ce que j’ai indiqué au moyen des chiffres entre parenthèses, qui n’apparaissant évidemment pas dans les manuscrits. Par contre, certains manuscrits insèrent en lieu et place de (no) une indication rituelle, par exemple E1 a ba gahәmbār maiδiiō.zaram pour (1), ba maiδiiōšәm gahumbār pour (2), etc. La langue de l’indication varie en fonction du manuscrit consulté.

    59Occasion : « On the five days of each of the six Gāhāmbārs. »

    60Commentaires : Kotwal & Hintze (2008, 18) écrivent « The kardag of the Āfrīnagān ī Gāhāmbār is taken from the Hādōxt Nask, see Dhabar 1963, 295, n. 23 ». Mais je pense qu’il faut nuancer ce propos. En effet, le kardeh de cet Āfrīnagān ne correspond pas à un passage du HN (qui nous soit parvenu), et constitue donc un texte propre à cet Ā. La connexion avec le HN provient de la traduction pehlevie de l’Ā3.7 qui comporte la glose suivante : « The Avesta and Zend bear witness (to it) in the Hādoxt Nask, as appears from the following passage : “One should give, holily and virtuously, a thousand ewes with lambs for the souls of holy men, simply for the love of righteousness, the best” » (Dhabhar 1963, 295 ; texte dans Dhabhar 1927, 152–153), que Dhabhar a commentée : « Only one MS. gives, here and in the following commentaries, Hādōxt. Two Iranian MSS. give it thus at the end of the Āfrīngān : “The Zend (commentary) of this is not from the dāt (i.e. Vendidad) but from Pājan, or Hadoxt or Dāmdāt (Nasks).” » Kotwal (1976, 28), en se basant également sur Dhabhar, fait également ce rapprochement en commentant le N43.8 : « There seems to have been a connection between the Hādōxt and Raϑβō bәrәzatō, since we find a few Avestan quotations cited in the āfrīnagān of Gāhāmbār from the Hādōxt Nask. » À mon avis, on ne peut pas exclure que le kardeh de l’Ā. soit équivalent à un passage du HN aujourd’hui perdu, mais on ne peut pas l’affirmer non plus sur la seule base d’un commentaire de l’Ā3.7 dans la traduction pehlevie. En ce qui concerne le N43.8 « (The Āfrīnagān for the) Raϑβō.bәrәzat̰ is : a.v. (3) ; the fravarānē ; for the Hādōxt (service one recites) : haδaoxδāi ; for the Vīspered : hāuuanə̄e ; the šnūman is : raϑβō bәrәzat̰ (ō) ; the karda : dātāca aēte mazdaiiasna ; and (recite) the Āfrīnagān liturgy to the end » (Kotwal & Kreyenbroek 2003, 189), la partie soulignée concerne le ratu qui varie en fonction de la cérémonie célébrée durant les Gāhāmbārs, mais cela ne montre pas une connexion entre le HN et l’Ā3 à mon sens. En effet, dans les cérémonies célébrées pendant les Gāhāmbārs, la dédicace du frauuarānē est celle du grand ratu (raϑβō bәrәzatō), mais après un début identique, on constate une variation pour l’indication du ratu selon les cérémonies (cf. Cantera 2015, 80), à savoir que « In the Yasna and the Wisperad, the ratu of the time of the pounding (hāuuani) is the ratu of all ratus. During the intercalation ceremonies, the ratu of all ratus is not a temporal indication, but the designation of a ceremony » (Cantera 2015, 81). Sur le grand ratu, se référer à Cantera 2015, 79–82.

    619. Āfrīnagān Rapihwin (= Ā4) [12 × ; Ā4.3–8 ; — ; mss. : E1, R115, T3*, SP31, SP29]

    62Dédicace : ahurahe mazdā̊ raēuuatō xvarәnaŋvhatō amәṣ̌anąm spәṇtanąm aṣ̌ahe vahištahe āϑrasca ahurahe mazdā̊ puϑra vīspaēšąm yazatanąm aṣ̌aōnąm maińiiauuanąm gaēϑiianąm aṣ̌āunąm frauuaṣ̌inąm uγranąm aiβiϑūranąm paōiriiō.t̰kaēšanąm frauuaṣ̌inąm nabānazdištanąm frauuaṣ̌inąm

    63Occasion : « Only on the Rapithavin Jashan day i.e., the 3rd day (Ardibehešt) of the 1st month (Fravardin). »

    6410. Āfrīnagān Srōš [5 × ; Y57.1–8 ; N43.6 ; mss. : SP51, MZK9]

    65Dédicace : sraōšahe aṣ̌iiehe taxmahe tanu.mąϑrahe darši.draōš āhūiriiehe

    66Occasion : « On any day. These Āfringān Kardehs are recited after all kinds of Āfringān. »

    6711. Āfrīnagān Sedoš-Srōš [5 × ; Y57.15–18 ; N43.11 ; mss. : R115, SP5122]

    68Dédicace : sraōšahe aṣ̌iiehe taxmahe tanu.mąϑrahe darši.draōš āhūiriiehe

    69Occasion : cet Āfrīnagān est employé lors des cérémonies ayant lieu après la mort (cf. Modi 1937, 75–76 et 410, et également Kreyenbroek 1985, 152).

    7011bis. Āfrīnagān Srōš (Nāwar) [5 × ; Y57.15–18 ; — ; mss. J4, K17]

    71Dédicace : sraōšahe aṣ̌iiehe taxmahe tanu.mąϑrahe darši.draōš āhūiriiehe

    72Occasion : cet Āfrīnagān est récité par le candidat à la prêtrise durant le 2e jour de son initiation Nāwar.

    73Commentaires : j’ai pour l’instant indiqué le no 11bis, car même s’il est très proche du no 11, il pourrait en réalité comporter une différence, point sur lequel je reviendrai (cf. § 5.2).

    7412. Āfrīnagān Mino Nāwar23 [7 × ; Y16 ; N43.7 ; mss. : R115, SP983, J4, K17, MZK6, MZK8, MZK9, RR3]

    75Dédicace : ahurahe mazdā̊ raēuuatō xvarәnaŋvhatō amәšạnąm spәṇtanąm

    76Occasion : « To be recited by the Nāvar or initiate on the first of the four last days of his initiation. »

    77On compte donc 12, voire 13 Āfrīnagāns de base, auxquels il convient d’ajouter les variations possibles à partir de l’Āfrīnagān no 3, ce qui ajoute déjà en soi une cinquantaine d’autres possibilités. De ce corpus rituel très riche, Geldner n’a édité que les Āfrīnagāns no 1, 6, 8, et 9, qui sont le plus souvent attestés dans les manuscrits.

    785. Utilisation au sein de cérémonies

    79Un autre aspect totalement absent dans l’édition de Geldner, et des autres éditions établies également à ce jour, sont les cérémonies constituées de plusieurs Āfrīnagāns ou celles contenant divers textes dont un Āfrīnagān, voire plusieurs. Des informations à ce sujet se trouvent dans Modi (1937), dans l’introduction de Kotwal & Hintze (2008), dans les Rivāyates persanes24 ou encore dans les manuscrits contenant des traces de cérémonies, par exemple :

    80a. Une cérémonie Āfrīnagān complète consiste généralement en une série de trois Āfrīnagāns, avec un premier Āfrīnagān « libre », puis l’Āfrīnagān ī Dahmān (Ā1) et l’Āfrīnagān Srōš (cf. Williams & Boyd 1993, 172–174 ; Boyce 1993, 215 ; Kotwal & Hintze 2008, 17). À ce jour, je n’ai encore jamais rencontré une telle séquence dans les manuscrits.

    81b. La cérémonie Farәstā contient la récitation de 33 Āfrīnagāns (correspondant aux 33 dédicaces du Sīrōzag). Elle est célébrée pour des occasions joyeuses, comme un mariage, un anniversaire, l’occupation d’une maison fraîchement construite, etc. (cf. Modi 1937, 450–455.)

    82c. La cérémonie d’initiation à la prêtrise Nāwar, qui permet ainsi au candidat d’exécuter les « outer rituals ». De manière simplifiée, la cérémonie Nāwar comporte trois phases, et c’est lors de la dernière phase que la récitation d’Ā. intervient :

    • Barešnūm (à deux reprises, la séquence rituelle s’étend donc sur plusieurs jours)
    • Gewrā (six jours) : deux prêtres célèbrent le Yasna, une fois par jour durant six jours. Le candidat passe ses journées à prier et ne doit pas être en contact avec un non-zoroastrien.
    • Initiation du candidat. Cette dernière phase dure quatre jours, et c’est dans ce contexte que plusieurs Drōn Yašt et des Āfrīnagāns sont récités25 :
      • 1er jour : Yasna Nāwar, Drōn Nāwar, Āfrīnagān Mino Nāwar ;
      • 2e jour : Yasna Srōš, Drōn Srōš, Āfrīnagān Srōš ;
      • 3e jour : Yasna (?), Drōn Sīrōzag, Āfrīnagān Dahmān (= Ā1) ;
      • 4e jour : Visperad, Drōn, Āfrīnagān Dahmān (= Ā1).

    83J’ai pu trouver une trace de cette cérémonie dans certains manuscrits (cf. § 5.1.).

    84Il ne s’agit ici que de quelques exemples qui pourraient facilement être élargis, notamment en se basant sur les indications fournies dans les Rivāyates persanes (voir par ex. Dhabhar 1932, 313–316 « On the recital of Afringans »).

    5.1. Āfrīnagān Mino Nāwar

    85Comme nous venons de le voir, l’Āfrīnagān Mino Nāwar est récité durant la première cérémonie d’initiation à la prêtrise lors du premier des 4 derniers jours. Ces derniers sont relativement bien documentés par :

    • un texte moyen-perse sur la cérémonie Nāwar se trouvant d’une part dans le manuscrit K7 (101v-104r) et, d’autre part, dans le manuscrit 300 (VL1), mais avec quelques variations26. Le texte du ms. K7 a été édité et traduit par Kotwal en 1988 « Initiation into the Zoroastrian Priesthood : Present Parsi Practice and an old pahlavi text » (Pour le facsimilé du manuscrit, voir Barr 1944). On trouve également une traduction sanskrite de ce texte dans Bharucha (1906, 55), sans que cela soit un mot à mot ;
    • les Rivāyates persanes comportant des indications sur cette cérémonie zoroastrienne importante ;
    • les manuscrits liturgiques indiens SP98327, J428 et K1729, qui conservent une trace de cette cérémonie. Ces manuscrits ont tous un point commun : ils contiennent presque uniquement le texte du Drōn Yašt sous ses différentes variantes possibles, et également un, voire plusieurs Āfrīnagāns, à savoir30 :
    SP983J4K17
    (1)Drōn Nāwar
    Āfrīnagān Mino Nāwar
    Drōn Nāwar
    Āfrīnagān Mino Nāwar
    Drōn Nāwar
    Āfrīnagān Mino Nāwar
    (2)SrōšDrōn Srōš
    Āfrīnagān Srōš
    Drōn Srōš
    Āfrīnagān Srōš
    (3)SirōzāDrōn Sirōzā
    Āfrīnagān Sirōzā
    Drōn Sirōzā
    Āfrīnagān Sirōzā
    (4)--Yasna ī Rapihwin

    86À cela s’ajoutent évidemment les manuscrits ne reproduisant pas la cérémonie en elle-même, mais l’Ā. Mino Nāwar récité seulement à cette occasion, ainsi que les textes traitant de cet Ā. L’attestation de cette cérémonie, bien que seulement partielle, dans les manuscrits permet de les confronter aux différentes sources pour comparer les données fournies. Dans le cadre qui nous intéresse ici, je m’intéresserai spécifiquement aux Ā.31 avec un point en particulier, à savoir le moment choisi pour la récitation. Chaque cérémonie est célébrée à un moment particulier de la journée, divisée en cinq gāhs32. Selon les sources, ce moment diffère.

    87Les sources iraniennes, à savoir les manuscrits liturgiques iraniens, la Rivāyate de Dastur Barzu (traduite par Dhabhar 1932, 421), le texte moyen-perse portant sur la cérémonie Nāwar ainsi que le Nērangestān indiquent le gāh hāuuani, celui du matin :

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    88Le texte moyen-perse sur la cérémonie Nāwar indique la possibilité de reporter le Drōn Nāwar au gāh uzaiieirina, s’il n’est pas possible de le faire au gāh hāuuani :

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    89Évidemment, un tel décalage induirait également celui de l’Āfrīnagān, mais au moment d’indiquer le moment pour la récitation de l’Ā., seul le gāh hāuuani est indiqué33. Ce décalage est expliqué par Kotwal au moyen d’une raison purement sociale, en tout cas au sein de la communauté Parsie :

    According to the Nīrangestān it should be performed during the Hāwan Gāh, (…) ; but present Parsi practice is for the initiate to celebrate it in the third watch, Uzērin Gāh, (…). The reason for this small change is that the Āfrīnagān ī Nābar is solemnised on the first of the four days of initiation, and on that day it is customary among the Parsis to invite all the Zoroastrians of the local community to witness the celebration by the initiate on the yasna service — the main Zoroastrian act of worship, which can only take place in the Hāwan Gāh. Accordingly there is little time remaining for the performance in this gah of the Āfrīnagān also, and for convenience its celebration has been transferred to the Uzērin Gāh. This is an example of a small modification in observance being made for purely social reasons. (Kotwal 1976, 28.)

    90Cependant les manuscrits liturgiques indiens indiquent encore un gāh différent : aiβisrūϑrima. Cette information est donnée lors des indications rituelles entre la fin du Drōn et le début de l’Ā. Nāwar :

    SP983K17J4
    « Now after partaking of Dron, Frasast, Ghee (clarified butter), water, vegetation (i.e. few seeds of pomegranate) priest should go home, have full lunch, thereafter, leave the Vaz, do the kusti a new, come back to the Fire-Temple and perform the Afringhan ceremony in Aiwishuthrem Gah, the one (priest) who has been made Navar should sit as a Joti (officiating priest). » (Traduction Ervad Parvez Bajan34.)L’indication rituelle en gujarati donne des explications sur les gestes à effectuer pour la fin du Drōn, puis indique qu’il faut célébrer l’Ā. Nāwar au gāh aiβisrūϑrima.Indications rituelles en persan indiquant ce qu’il faut faire à la fin du drōn, puis dar gāh awisrutrem āfrīnagān nāwar kardan « au gāh aiβisrūϑrima faire l’Ā. Nāwar ».
    7× AVa
    3× AVo
    7× AVa
    3× AVo
    7× AVa
    3× AVo
    frauuarāne gәhә tā frasastaiiae[c]afrauuarāne
    gәhә aiβi.srūϑrәm
    frauuarāne
    gәh aiβisrūϑrәm

    91On constate que la tradition atteste différentes possibilités pour la récitation de l’Ā. Les sources iraniennes semblent ici plus conservatrices en indiquant le gāh hāuuani, tout en évoquant la possibilité de décaler au gāh uzaiieirina. Les sources indiennes vont plus loin dans le « décalage » temporel puisque la récitation se fait encore plus tardivement au gāh aiβisrūϑrima. Une différence entre sources indiennes et sources iraniennes apparaît, divergence qu’il conviendrait de confirmer par la consultation d’autres manuscrits contenant cet Ā.

    5.2. Les Āfrīnagāns à Sraōša

    92Comme vu précédemment (cf. § 4.3.), trois Āfrīnagāns à Sraōša (mp. Srōš) sont attestés. Le nombre d’Ahuna Vairiia est identique, cinq, mais le kardeh récité varie : le début du Y57 pour l’Ā. Srōš, alors qu’il s’agit du Y57.15–18 pour les deux autres Ā.

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    93L’Ā. Srōš est le plus « commun », c’est-à-dire qu’il est en général récité en 3e position dans une cérémonie en comportant trois Ā. En revanche, les deux autres Ā. à Srōš sont récités en des occasions bien spéciales. L’Ā. Srōš-Sedoš est récité en l’honneur d’un défunt durant les cérémonies funéraires, alors que l’Ā. Srōš (Nāwar) est récité lors du 2e jour des 4 derniers jours de la cérémonie d’initiation à la prêtrise Nāwar. Il y a donc lieu de se demander si une différence textuelle ou rituelle apparaît entre ces deux Ā. à Srōš, ayant le même kardeh.

    94Pour l’instant, j’ai rencontré l’Ā. Srōš (Nāwar) dans deux manuscrits : J4 et K17 (cf. § 5.1.), qui donnent le contenu de manière abrégée, en indiquant juste les points essentiels. Ils précisent clairement le kardeh à réciter : yō vananō kaiiaδahe tā tā̊sca yaz, ce qui fait référence aux premiers termes du Y57.15 jusqu’à la fin de la formule Yeŋ́he Hātąm apparaissant après Y57.18. Cette information se retrouve également dans le texte sanskrit traitant de la cérémonie Nāwar (cf. Bharucha 1906, 55 pour le texte en devanāgarī) :

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    95Il faut encore noter que le texte moyen-perse, quant à lui, ne donne aucune indication sur le kardeh :

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    96Quant à l’Ā. Sedoš-Srōš, je ne l’ai rencontré que dans deux manuscrits, R115 et SP51. Tous deux indiquent également le kardeh en l’abrégeant : R115, par exemple, donne yō vananō kaiiaδahe… duuaraiṇti ahe raiia… tā̊sca yazamaide. Cette indication est également fournie par le N43.11 :

    pad *stōš : aṣ̌әm vohū 3, frauuarāne ; cē gāh dārēd, u-š šnūman sraošahe aṣ̌iiehe, kardag yō vananō, u-š āfrīnagān pad sar nēst. Hād ēd rāy cē xwadāy ud *dahibed hān gyāg nē *niwist estēnd.
    (The Āfrīnagān) for the Stōš ceremony is : a.v. (3) ; the fravarānē ; the appropriate gāh prayers ; the šnūman is : sraōšahe aṣ̌iiehe ; its karda is : yō vananō ; the Āfrīnagān is not (to be recited) to the end. This is because the lord and the ruler are not invoked at the time. (Kotwal & Kreyenbroek 2003, 190–191.)

    97Le Nērangestān fournit une indication importante en précisant la non-récitation de l’Ā1.8–12, choix justifié en s’appuyant sur une référence aux premiers termes de ce passage āfrīnāmi xšaϑraiiāne daiŋ́́hu.paiti35. La différence entre les deux Ā. à Srōš ayant le même kardeh se situe donc là. Les manuscrits corroborent l’indication du Nērangestān :

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    note36

    98Kotwal explique cette absence ainsi : « During these three nights the soul remains in the safe keeping of Srōš Yazad, and so no earthly ruler has power over it. » (Kotwal 1976, 33, n. 27.) Les manuscrits ne donnent pas le gāh, et le Nērangestān comporte l’indication cē gāh dārēd « (réciter) le gāh approprié ». Cependant, si l’on se fie à l’indication donnée par Kotwal, le gāh varie en fonction de l’occasion : « It [= Ā. Sedoš-Srōš] is performed in the Aiwisruϑrem Gāh37, with the kardag of yō vananō (…). The same kardag is also recited in the Uzyeirin Gāh on the second day during the last four days’ ceremonies of Nōg-nāwar. » (Kotwal 1976, 33, n. 26.) La carence de manuscrits à ma disposition ne me permet pas d’affirmer ou d’infirmer cette indication, mais nous nous trouvons dans tous les cas en présence d’un Āfrīnagān contenant le Y57.15–18 et pouvant être récité à deux occasions : lors d’une cérémonie funéraire ou lors de la cérémonie d’initiation à la prêtrise.

    6. Conclusion

    99En mettant en avant la diversité des Āfrīnagāns dans cet article, je voulais d’une part supprimer la vision de quatre Āfrīnagāns célébrés en quatre circonstances : (1) en l’honneur des morts (Ā1), (2) aux cinq jours épagomènes qui terminent l’année (Ā2), (3) aux six fêtes de saison (Gāhānbārs) (Ā3), (4) au commencement ou à la fin du grand été (Ā4) (cf. Darmesteter 1892–1893, 3.723) et, d’autre part, montrer l’intérêt d’un corpus méconnu tout en en donnant les clés de lecture. La consultation de manuscrits supplémentaires et la poursuite de la compréhension de l’utilisation des Āfrīnagāns permettront de proposer une édition de cet ensemble important au sein des rituels zoroastriens.

    Notes de bas de page

    1 « Les éléments mêmes du Xorda Avesta ont peu d’originalité. (…) la plus grande partie des éléments dont il est formé se retrouvent soit dans le Yasna, soit dans les Yašts. » (Darmesteter 1892, 3.xxxiv.)

    2 Le terme persan Xorda Avesta (XA) bien qu’il signifie « Petit Avesta » est souvent traduit par « liturgie brève » par opposition à « liturgie longue ».

    3 À noter qu’un Āfrīnagān n’est pas nécessairement suivi de la récitation d’un Āfrīn.

    4 RV1.13, RV1.142, RV1.188, RV2.3, RV3.4, RV5.5, RV7.2, RV9.5, RV10.70, RV10.110. Ces hymnes ont été incorporés à la collection d’hymnes à Agni à cause de la mention fréquente de ce dernier dans les Āprīs.

    5 La comparaison des deux ensembles avait déjà été avancée par Haug 1884, 284–285.

    6 Par opposition aux « inner rituals », contenant notamment les cérémonies de la liturgie longue. Cette distinction correspond à deux niveaux d’initiation à la prêtrise, respectivement Nāwar et Martab.

    7 Elle peut aussi être célébrée par un seul prêtre, qui assumera de ce fait le rôle des deux prêtres.

    8 Voir à ce propos Modi 1937, 354–384 ; Drower 1944, 88–89 ; Boyd & Williams 1991, 59 ; Williams & Boyd 1993, 118–130 et 167–174 ou encore Stausberg 2002–2004, 3.358–372. De plus, il est également possible de voir la deuxième partie (min. 32.36 à min. 48) du film de Boyd & Darrow 1982 avec le déroulement d’un Āfrīnagān dédié à Ahura Mazdā.

    9 En effet, Spiegel a publié trois volumes de traduction entre 1852 et 1863 (1. Vidēvdād, 2. Yasna, 3. Xorda Avesta), mais seuls les deux premiers ont une édition correspondante. Le Xorda Avesta a seulement été traduit, mais pas édité (Spiegel 1863).

    10 Dans la mesure où l’article de Kanga (1984) sur les Āfrīnagāns reprend en grande partie les données de Modi, je ne le prends pas en considération ici. Stausberg (2002–2004, 3.358–372) mentionne 7 Āfrīnagāns, parmi lesquels trois non édités : « Das Ahura Mazdā Āfrīnagān und das Sarōša Āfrīnagān beispielsweise stammen aus dem Yasna [= Y60.2–7 bzw. Y57.1–8] und das Ardā Frauuaš Āfrīnagān ist ein Teil des Frauuardīn Yašt [= Yt13.49–52, 156–157] » (2002–2004, 3.359), mais sans donner plus d’informations.

    11 http://www.kb.dk/manus/ortsam/2009/okt/orientalia/object63121/da/.

    12 Voir aussi Stausberg 2002–2004, 3.365–368.

    13 Pour abréger les formules, j’ai utilisé AVo pour l’Aṣ̌әm Vohū et AVa pour l’Ahuna Vairiia, et ce tout au long de cet article.

    14 Le texte moyen-perse Šāyest nē šāyest traite, au chapitre 19, du nombre d’Ahuna Vairiia à réciter d’une manière générale (cf. Kotwal 1969, 76–79 et 110).

    15 Contrairement à l’indication donnée dans Kotwal & Hintze (2008, 18, n. 45), la dédicace est bien variable, de même pour les autres passages avec dédicace.

    16 Sur le frauuarāne en général, voir Cantera 2015.

    17 Le texte du kardeh peut soit être connu par ailleurs, soit être propre à l’Āfrīnagān en question (comme c’est le cas avec Ā3.3–13 et Ā4.3–8).

    18 Cette dernière apparaît au génitif, mais parfois elle peut apparaître au génitif puis à l’accusatif.

    19 À chaque fois apparaissent après le nom de l’Āfrīnagān le nombre d’Ahuna Vairiia (AVa) à réciter, le kardeh constitutif de l’Āfrīnagān, le passage du Nērangestān (N) lorsqu’il y a une référence à l’Āfrīnagān en question [à noter qu’étonnamment rien n’est dit sur la récitation du nombre d’Ahuna Vairiia, alors que le nombre d’Aṣ̌әm Vohu, 3, lui est indiqué alors qu’il est fixe], une liste non exhaustive des manuscrits contenant l’Āfrīnagān dont il est question [ms(s). = manuscrit(s) et (ms.)* où l’* indique que seul le kardeh apparaît après le titre]. En dessous de cette ligne principale sont donnés la dédicace, l’occasion de sa récitation (à noter que les occasions ne sont pas forcément exhaustives, car il reste encore un grand travail à faire sur les Āfrīnagāns), et quand il y a lieu des commentaires.

    20 Toutes les indications en anglais, sans indication particulière, proviennent de Modi 1937, 362–363.

    21 Sur ce rituel, voir notamment Modi 1937, 437 ss. ; Malandra 2000.

    22 Ce texte n’a pas été identifié par Blochet dans sa description du manuscrit (Blochet 1900, 58–63 ; 1905, 170 sous le no 203). Il occupe les pages 81 et 84 (en suivant la numérotation au crayon de papier), le texte étant entrecoupé par un folio ajouté certainement par erreur lors de la reliure, comportant un autre texte dans une autre écriture.

    23 Voir § 5.1 pour plus de détails.

    24 Il reste encore un grand travail à faire à ce sujet, puisque dans la traduction de Dhabhar (1932), par exemple, certains passages concernant les Ā. n’ont pas été traduits.

    25 À ce propos, Redard à paraître.

    26 Ms. indexé en ADA par Martínez-Porro (2014).

    27 SP983 contient une vingtaine de cérémonies drōn (par exemple Drōn aux Hamkārs, Drōn Sīrōzag, Drōn aux Gāϑās, Drōn à Miϑra, Drōn à Panth Yazad) et l’Ā. Mino Nāwar.

    28 J4 contient une vingtaine de possibilités de Drōn ainsi que des textes en moyen-perse sur la cérémonie drōn. On y trouve également deux Ā. : Mino Nāwar et Srōš.

    29 K17 comporte une trentaine de cérémonies Drōn : à Vanaṇt, à Miϑra, à Anahitā, à Vohu Manah, aux Gāϑās, etc. On y trouve également deux Ā. : Mino Nāwar et Srōš.

    30 Les textes soulignés ne sont pas écrits en avestique, mais les indications rituelles indiquent qu’il faut les réciter.

    31 Sur la récitation des Drōn, voir Redard à paraître.

    32 1. ušahina « moment le plus obscur de la nuit à l’aurore » (mp. ušahin) ; 2. hāuuani « matin » (mp. hāwan) ; 3. rapiϑβina « midi » (mp. rapihvin) ; 4. uzaiieirina « de la moitié de l’après-midi au coucher du soleil » (mp. uzērin) et 5. aiβisrūϑrima « du coucher du soleil à minuit » (mp. ēbsrūsrīm). Pour plus de précision sur cette division, se reporter à Cantera, § 6–7 de son article dans ce même volume.

    33 Sheriar 1914c indique un moment plus tardif pour la récitation mais sans citer clairement le gāh : « In the evening of the first navar day also, the “Yazeshngar set” recite afringane-Nozodi and some other Pazand texts ».

    34 Je tiens à exprimer ma gratitude envers Ervad Parvez Bajan qui, en me traduisant ce passage en gujarati, m’a permis d’en saisir le contenu.

    35 Cf. aussi Kreyenbroek 1985, 153.

    36 Selon Kotwal & Kreyenbroek, dans la pratique moderne, cette partie est tout de même récitée.

    37 Modi (1937, 75, 410) indique le même gāh.

    Auteur

    • Céline Redard

      Université de Liège

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    1 « Les éléments mêmes du Xorda Avesta ont peu d’originalité. (…) la plus grande partie des éléments dont il est formé se retrouvent soit dans le Yasna, soit dans les Yašts. » (Darmesteter 1892, 3.xxxiv.)

    2 Le terme persan Xorda Avesta (XA) bien qu’il signifie « Petit Avesta » est souvent traduit par « liturgie brève » par opposition à « liturgie longue ».

    3 À noter qu’un Āfrīnagān n’est pas nécessairement suivi de la récitation d’un Āfrīn.

    4 RV1.13, RV1.142, RV1.188, RV2.3, RV3.4, RV5.5, RV7.2, RV9.5, RV10.70, RV10.110. Ces hymnes ont été incorporés à la collection d’hymnes à Agni à cause de la mention fréquente de ce dernier dans les Āprīs.

    5 La comparaison des deux ensembles avait déjà été avancée par Haug 1884, 284–285.

    6 Par opposition aux « inner rituals », contenant notamment les cérémonies de la liturgie longue. Cette distinction correspond à deux niveaux d’initiation à la prêtrise, respectivement Nāwar et Martab.

    7 Elle peut aussi être célébrée par un seul prêtre, qui assumera de ce fait le rôle des deux prêtres.

    8 Voir à ce propos Modi 1937, 354–384 ; Drower 1944, 88–89 ; Boyd & Williams 1991, 59 ; Williams & Boyd 1993, 118–130 et 167–174 ou encore Stausberg 2002–2004, 3.358–372. De plus, il est également possible de voir la deuxième partie (min. 32.36 à min. 48) du film de Boyd & Darrow 1982 avec le déroulement d’un Āfrīnagān dédié à Ahura Mazdā.

    9 En effet, Spiegel a publié trois volumes de traduction entre 1852 et 1863 (1. Vidēvdād, 2. Yasna, 3. Xorda Avesta), mais seuls les deux premiers ont une édition correspondante. Le Xorda Avesta a seulement été traduit, mais pas édité (Spiegel 1863).

    10 Dans la mesure où l’article de Kanga (1984) sur les Āfrīnagāns reprend en grande partie les données de Modi, je ne le prends pas en considération ici. Stausberg (2002–2004, 3.358–372) mentionne 7 Āfrīnagāns, parmi lesquels trois non édités : « Das Ahura Mazdā Āfrīnagān und das Sarōša Āfrīnagān beispielsweise stammen aus dem Yasna [= Y60.2–7 bzw. Y57.1–8] und das Ardā Frauuaš Āfrīnagān ist ein Teil des Frauuardīn Yašt [= Yt13.49–52, 156–157] » (2002–2004, 3.359), mais sans donner plus d’informations.

    11 http://www.kb.dk/manus/ortsam/2009/okt/orientalia/object63121/da/.

    12 Voir aussi Stausberg 2002–2004, 3.365–368.

    13 Pour abréger les formules, j’ai utilisé AVo pour l’Aṣ̌әm Vohū et AVa pour l’Ahuna Vairiia, et ce tout au long de cet article.

    14 Le texte moyen-perse Šāyest nē šāyest traite, au chapitre 19, du nombre d’Ahuna Vairiia à réciter d’une manière générale (cf. Kotwal 1969, 76–79 et 110).

    15 Contrairement à l’indication donnée dans Kotwal & Hintze (2008, 18, n. 45), la dédicace est bien variable, de même pour les autres passages avec dédicace.

    16 Sur le frauuarāne en général, voir Cantera 2015.

    17 Le texte du kardeh peut soit être connu par ailleurs, soit être propre à l’Āfrīnagān en question (comme c’est le cas avec Ā3.3–13 et Ā4.3–8).

    18 Cette dernière apparaît au génitif, mais parfois elle peut apparaître au génitif puis à l’accusatif.

    19 À chaque fois apparaissent après le nom de l’Āfrīnagān le nombre d’Ahuna Vairiia (AVa) à réciter, le kardeh constitutif de l’Āfrīnagān, le passage du Nērangestān (N) lorsqu’il y a une référence à l’Āfrīnagān en question [à noter qu’étonnamment rien n’est dit sur la récitation du nombre d’Ahuna Vairiia, alors que le nombre d’Aṣ̌әm Vohu, 3, lui est indiqué alors qu’il est fixe], une liste non exhaustive des manuscrits contenant l’Āfrīnagān dont il est question [ms(s). = manuscrit(s) et (ms.)* où l’* indique que seul le kardeh apparaît après le titre]. En dessous de cette ligne principale sont donnés la dédicace, l’occasion de sa récitation (à noter que les occasions ne sont pas forcément exhaustives, car il reste encore un grand travail à faire sur les Āfrīnagāns), et quand il y a lieu des commentaires.

    20 Toutes les indications en anglais, sans indication particulière, proviennent de Modi 1937, 362–363.

    21 Sur ce rituel, voir notamment Modi 1937, 437 ss. ; Malandra 2000.

    22 Ce texte n’a pas été identifié par Blochet dans sa description du manuscrit (Blochet 1900, 58–63 ; 1905, 170 sous le no 203). Il occupe les pages 81 et 84 (en suivant la numérotation au crayon de papier), le texte étant entrecoupé par un folio ajouté certainement par erreur lors de la reliure, comportant un autre texte dans une autre écriture.

    23 Voir § 5.1 pour plus de détails.

    24 Il reste encore un grand travail à faire à ce sujet, puisque dans la traduction de Dhabhar (1932), par exemple, certains passages concernant les Ā. n’ont pas été traduits.

    25 À ce propos, Redard à paraître.

    26 Ms. indexé en ADA par Martínez-Porro (2014).

    27 SP983 contient une vingtaine de cérémonies drōn (par exemple Drōn aux Hamkārs, Drōn Sīrōzag, Drōn aux Gāϑās, Drōn à Miϑra, Drōn à Panth Yazad) et l’Ā. Mino Nāwar.

    28 J4 contient une vingtaine de possibilités de Drōn ainsi que des textes en moyen-perse sur la cérémonie drōn. On y trouve également deux Ā. : Mino Nāwar et Srōš.

    29 K17 comporte une trentaine de cérémonies Drōn : à Vanaṇt, à Miϑra, à Anahitā, à Vohu Manah, aux Gāϑās, etc. On y trouve également deux Ā. : Mino Nāwar et Srōš.

    30 Les textes soulignés ne sont pas écrits en avestique, mais les indications rituelles indiquent qu’il faut les réciter.

    31 Sur la récitation des Drōn, voir Redard à paraître.

    32 1. ušahina « moment le plus obscur de la nuit à l’aurore » (mp. ušahin) ; 2. hāuuani « matin » (mp. hāwan) ; 3. rapiϑβina « midi » (mp. rapihvin) ; 4. uzaiieirina « de la moitié de l’après-midi au coucher du soleil » (mp. uzērin) et 5. aiβisrūϑrima « du coucher du soleil à minuit » (mp. ēbsrūsrīm). Pour plus de précision sur cette division, se reporter à Cantera, § 6–7 de son article dans ce même volume.

    33 Sheriar 1914c indique un moment plus tardif pour la récitation mais sans citer clairement le gāh : « In the evening of the first navar day also, the “Yazeshngar set” recite afringane-Nozodi and some other Pazand texts ».

    34 Je tiens à exprimer ma gratitude envers Ervad Parvez Bajan qui, en me traduisant ce passage en gujarati, m’a permis d’en saisir le contenu.

    35 Cf. aussi Kreyenbroek 1985, 153.

    36 Selon Kotwal & Kreyenbroek, dans la pratique moderne, cette partie est tout de même récitée.

    37 Modi (1937, 75, 410) indique le même gāh.

    Aux sources des liturgies indo-iraniennes

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    Redard, C. (2020). Les Āfrīnagāns : une diversité rituelle étonnante. In C. Redard, J. Ferrer-Losilla, H. Moein, & P. Swennen (éds.), Aux sources des liturgies indo-iraniennes. Liège: Presses universitaires de Liège. https://doi.org/10.4000/books.pulg.18526
    Redard, Céline. « Les Āfrīnagāns : une diversité rituelle étonnante ». In Aux sources des liturgies indo-iraniennes, édité par Céline Redard, Juanjo Ferrer-Losilla, Hamid Moein, et Philippe Swennen. Liège: Presses universitaires de Liège, 2020. doi:10.4000/books.pulg.18526.
    Redard, Céline. « Les Āfrīnagāns : une diversité rituelle étonnante ». Aux sources des liturgies indo-iraniennes, édité par Céline Redard et al., Presses universitaires de Liège, 2020, https://doi.org/10.4000/books.pulg.18526.

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    Redard, C., Ferrer-Losilla, J., Moein, H., & Swennen, P. (éds.). (2020). Aux sources des liturgies indo-iraniennes. Liège: Presses universitaires de Liège. https://doi.org/10.4000/books.pulg.18416
    Redard, Céline, Juanjo Ferrer-Losilla, Hamid Moein, et Philippe Swennen, éd. Aux sources des liturgies indo-iraniennes. Liège: Presses universitaires de Liège, 2020. doi:10.4000/books.pulg.18416.
    Redard, Céline, et al., éditeurs. Aux sources des liturgies indo-iraniennes. Presses universitaires de Liège, 2020, https://doi.org/10.4000/books.pulg.18416.
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