Conclusion
p. 133-134
Extrait
1Adaptant un scénario qui n’était pas le sien, Antonioni se l’est approprié au point de pouvoir dire de l’aventure du protagoniste et de son besoin de se libérer de lui-même, de se renouveler : « C’est mon histoire. »¶
2Cependant, la présence d’Antonioni dans son film ne se réduit pas à une certaine proximité avec son personnage. En optant pour une mise en scène qui fait de la caméra dans le film un regard témoin, en concevant ce regard comme « une fiction à l’intérieur d’une fiction » (« moi, le reporter de mon reporter »), et en le dotant d’une présence sensible tout au long du film, c’est sa propre présence en tant qu’auteur qu’Antonioni ne cesse d’affirmer. Jusqu’au moment où, dans l’avant-dernier plan, la caméra se détache du personnage pour n’être plus témoin que d’elle-même ; ainsi le cinéaste signe-t-il son film, et l’achève.¶
3Après la sortie du film, Antonioni fera des innovations apportées par Profession : reporter une nouvelle ambition. Mais trois ans plus tard, alors q
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Dictionnaire d'iconologie filmique
Emmanuelle André, Jean-Michel Durafour et Luc Vancheri (dir.)
2022
