Conclusion
Le Monde, fin de l’histoire ?
p. 155-162
Texte intégral
Comment cet homme libre et mondial vivrait-il sans amour, sans justice, au-delà des aliénations et désaliénations1 ?
1La question de la mondialité n’était pas nouvelle pour Henri Lefebvre lorsqu’en 1980 il revint sur la question de « la formation du mondial » :
L’emploi de ces mots – mondial, mondialité, planétaire – est devenu courant. Le concept n’est pas pour autant élucidé. La procédure pour l’atteindre n’est pas même bien déterminée. [...] En effet, le mondial – en cours de réalisation, inachevé par hypothèse – ne peut se concevoir que comme processus et non pas comme une chose, comme uniforme ou comme une substance. [...] Il n’est même pas certain que les catégories philosophiquement et méthodologiquement élaborées de « sujet » et d’« objet » suffisent et même soient nécessaires ici. Quant au terme « processus », il vaut mieux que celui d’objet mais n’apporte pas grande lumière ; s’agit-il d’un processus historique ? D’un mouvement produisant un résultat selon une finalité ? Qui orienterait ce processus génétique ? Qui, c’est-à-dire quel sujet, déclarerait cette finalité2 ?
2Quarante ans plus tard, rien ne permet de considérer que « la formation du mondial », la mondialisation, est terminée ou est en train de se terminer, a fortiori de s’inverser. Faut-il pour autant s’engager dans un processus qui serait sans queue ni tête, en devenir un acteur conscient et acquiesçant ? Les êtres humains ont-ils gagné à s’être découverts en une même humanité partageant un espace unique et fini, le Monde ?
3Même si les termes du débat ont quelque peu changé, la question n’est pas si nouvelle. En 1786, Pierre Dezoteux de Cormatin, un militaire français qui venait de participer à la guerre d’indépendance américaine, consacra un ouvrage à la politique du marquis de Pombal, secrétaire d’État du roi du Portugal qui, dans les années 1750, accéléra la colonisation du Brésil. Avec une emphase certaine, Pierre Dezoteux de Cormatin faisait l’éloge de l’expansion portugaise au xve siècle, célébrant l’événement de la mondialisation et l’avènement du Monde.
Le passage des Portugais aux Indes par le Cap de Bonne-Espérance est un des grands événements de notre monde. Cette découverte, en rapprochant les parties les plus éloignées du globe, a causé une révolution générale dans le génie, les arts, le commerce, l’industrie des nations. [...] Cette révolution unique, arrivée une seule fois sur la terre, était réservé à nos temps modernes3.
4Toute remise en question de cette dynamique de désenclavement lui aurait paru totalement incongrue :
Il faudrait bien des affaires pour faire entendre aujourd’hui à notre siècle que la communication avec les nouveaux mondes est une source de vicissitudes, de peines, de soins, de maladies ; qu’elle dépeuple les États ; qu’elle dégarnit les continents ; que son commerce est précaire ; que ses richesses n’ont d’autre effet que d’appauvrir l’Europe. Un philosophe qui voudrait, dans un ouvrage, renverser cet édifice d’avarice et de cupidité, serait l’objet de la dérision publique. Les ministres le regarderaient comme un visionnaire qui ne connaît pas la politique ; le conseil des rois comme un ignorant qui ignore l’économie-pratique ; et les gens à argent comme un homme qui n’entend pas le système des finances4.
5Pourtant, sa remarque n’était pas sans malice, car au même moment, en Europe, certains auteurs s’interrogeaient. « La découverte de l’Amérique a-t-elle été utile ou nuisible au genre humain ? S’il en est résulté des biens, quels seraient les moyens de les conserver et de les accroître ? Si elle a produit des maux, quels seraient les moyens d’y remédier ? » Telle était la question posée au concours par l’Académie de Lyon en 1781. Elle faisait suite à l’ouvrage publié quelques années auparavant, en 1777, par Cornelius de Pauw, Recherches philosophiques sur les Américains, ou Mémoire intéressant pour servir à l’histoire de l’espèce humaine. L’auteur y avait exprimé une position radicale :
Les annales de l’Univers n’offrent pas, et n’offriront peut-être plus, une époque semblable. Si de tels désastres pouvaient arriver plus d’une fois, la Terre serait un séjour dangereux, où notre espèce succombant sous ses maux, ou fatiguée de combattre contre sa destinée, parviendrait à une extinction totale, et abandonnerait cette planète à des êtres plus heureux ou moins persécutés5.
6Il appelait l’Europe à la prudence et à la retenue. Nul besoin ne justifiait de nouvelles conquêtes, de nouveaux massacres. Pourtant, ces remords, qu’il n’était pas le seul à exprimer, n’empêchèrent pas le siècle suivant d’être celui d’une colonisation européenne sans limite, ponctuée de crimes contre l’humanité, jusqu’au génocide complet de la population de Tasmanie ou à celui des peuples Herero et Nama.
7Aujourd’hui, il existe encore des peuples isolés, déconnectés de la société-Monde, mais malgré tout inclus dans celle-ci, habitant des marges sous contrôle. Pensons, par exemple, aux habitants de l’île North Sentinel, dans l’archipel des Andamans, qui refusent tout contact, mais qui n’en sont pas moins officiellement sur le territoire de l’Union indienne, protégés par cet État de toute intrusion ou de tout projet d’investissement. À l’échelle supranationale, ils ne le savent pas, des textes juridiques existent, censés garantir leurs droits : la convention de 1957 sur les populations aborigènes et tribales, adoptée par l’Organisation internationale du travail (OIT), qui prévoyait « leur intégration progressive » ; la convention de 1989, autre texte de l’OIT, qui veille au « respect de leur intégrité » ; la déclaration sur les droits des peuples autochtones, votée en 2007 par l’Assemblée générale des Nations unies, qui reconnaît, pêle-mêle le « droit à la vie, à l’intégrité physique et mentale, à la liberté et à la sécurité de la personne », « le droit, à titre collectif, de vivre dans la liberté, la paix et la sécurité en tant que peuples distincts », le droit de ne faire « l’objet d’aucun acte de génocide ou autre acte de violence, y compris le transfert forcé d’enfants autochtones d’un groupe à un autre », « le droit de ne faire l’objet, dans l’exercice de leurs droits, d’aucune forme de discrimination fondée, en particulier, sur leur origine ou leur identité autochtone », « le droit à l’autodétermination » ; « le droit de ne pas subir d’assimilation forcée ou de destruction de leur culture »... J’en passe.
8Fallait-il donc attendre 2007 pour reconnaître à ces femmes et à ces hommes le droit d’exister et de ne pas être assassinés ? Le premier considérant du préambule de la Déclaration universelle des droits humains de 1948 n’est-il pas que « la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde » ? Le meurtre en août 2019 de Jorginho Guajajara, chef de la tribu du même nom dans l’État du Maranhao, au nord du Brésil, a rappelé les pressions qui continuent de s’exercer sur ces territoires dont les ressources naturelles sont convoitées et pillées aux dépends de leurs habitants.En février 2023, un collectif de personnalités, dont Philippe Descola, lançait un appel à la solidarité internationale pour venir en soutien au peuple Yanomani, victime d’une politique génocidaire sous la présidence de Jair Bolsonaro6. Aux États-Unis et au Canada, combien, chaque année, de femmes amérindiennes continuent encore de disparaître, d’être violées ou assassinées en silence7 ? Il est difficile de ne pas penser à l’effroi de Juste Lipse à la fin du xvie siècle :
Un petit nombre d’Ibères, il y a un peu plus de quatre-vingts ans, ayant été dans ces vastes et nouvelles terres, que de meurtres, bon Dieu, ont-ils commis ! Quels carnages ! Je ne discute pas des causes ni du droit de la guerre, seulement des conséquences. Je regarde l’immense étendue de ces terres – qu’il est grand, je dis, d’avoir vue, pas d’avoir conquise –, envahie par deux mille trois cents soldats, et ces troupes désarmées partout fauchées comme les blés. Où es-tu Cuba, la plus grande des îles ? et toi, Haïti ? et vous, les Lucayes ? Vous conteniez autrefois cinq ou six cent mille hommes, vous en avez conservés à peine quinze mille pour la descendance. Montre-toi aussi un peu toi rivage du Pérou, et toi rivage du Mexique. Hélas, quelle incroyable et pitoyable face ! Cet espace immense qui est véritablement un autre monde [alter orbis], apparaît dévasté et ruiné ; il n’en serait pas différent s’il avait été consumé par quelque feu céleste8.
9Faut-il incriminer la « mondialisation » ? La notion est étroitement associée au capitalisme, aux firmes transnationales, à la finance internationale. Pourtant, on pourrait considérer que les différents agents capitalistes sont essentiellement mus par la recherche du profit, où qu’il puisse se faire, sans scrupules, et qu’historiquement s’ils ont grandement contribué à l’élargissement de l’horizon des Européens et au processus de mise en connexion des différents espaces du globe, le Monde en tant que tel leur importe peu, eux qui ignorent la notion même de « communs ». L’histoire de la mondialisation, des mondialisations successives, sécantes, subsumantes, outrepasse celle du capitalisme, de l’économie extractive et de la colonisation.
10Mais allons plus loin : la mondialisation comme processus de mise en Monde de l’ensemble des êtres humains répartis à la surface du globe n’était-elle pas inéluctable, selon une sorte de « loi d’ampliation » pour reprendre la formule de Paul Otlet9 ? L’hypothèse d’un double déterminisme, spatial et temporel, a de quoi faire sursauter et sans doute faudrait-il exprimer avec plus de nuances cette logique sourde qui au fil des millénaires a roulé la Terre et les Terriens en une même pelote.
11En 1795, dans son « Projet de paix perpétuelle », Emmanuel Kant émettait l’idée d’un déterminisme planétaire. La Terre étant un globe à l’espace fini, celui-ci ne pouvait que finir par former le territoire commun d’une humanité indivisible, un Monde unique. Paradoxalement peut-être, le Monde, comme décloisonnement des territoires, devenait ainsi ce qui devait permettre de sortir du lieu où l’on est, de s’en extraire pour aller ailleurs. Ceci amenait Kant à défendre l’idée que l’étranger devait pouvoir invoquer un droit de visite : « Le droit de tous les hommes de se présenter à une société, en vertu du droit de propriété commune de la surface de la terre sur laquelle, parce que sphère, ils ne peuvent se disperser à l’infini10. » Si le Monde est bien un espace-mouvement, la liberté de migrer doit être un droit fondamental à tout habitant du globe. En théorie, il l’est, reconnu par l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien. » Pourtant, jamais autant de murs ne se sont élevés, entravant cette libre circulation, condamnant à la mort des hommes, des femmes, des enfants qui tentent désespérément de fuir leur pays, la guerre, la misère et l’oppression dans l’espoir d’une vie meilleure ailleurs. La Méditerranée, fosse commune de la politique frontalière européenne, est une blessure béante dans cet idéal cosmopolitique.
12Mais Kant n’est pas le seul à avoir considéré que la finitude du globe prédisposait à l’unification de l’humanité. Comme l’écrivait Friedrich Ratzel en 1891, l’exploration des terres inconnues touchait à sa fin et l’humanité se trouvait désormais face à toute l’étendue du globe sans possibilité de conquérir une seconde Terre. La planète était un espace fini qui devait amener à une unité « hologéenne », à une conscience globale : « La forme sphérique, initialement un fait astrophysique, est devenue la condition préalable d’une Terre partout cohérente, parcourue sur l’ensemble de son contour, qui est devenue la maison de cette humanité unique11. »
13Pour Élisée Reclus, le déterminisme géographique confinerait même avec la destinée historique de l’être humain. L’unification de l’humanité à l’échelle de l’espace planétaire était un progrès, l’accomplissement d’on ne sait trop quel dessein :
En premier lieu, l’humanité est arrivée à la conscience de soi. Aucune nation, quoi qu’elle veuille ou de quelle manière qu’elle proteste, n’a son horizon limité par ses propres frontières. L’exploration complète de la terre et des mers jusqu’à leurs confins de glace, le mouvement perpétuel des voyageurs passant d’un monde à l’autre, la présence partout de marins, ou de colons et de touristes, ont véritablement fait de l’homme le citoyen de la planète ; et aussi patriote qu’il puisse être, ou soit supposé être, il est impossible à quiconque de ne pas regarder au-delà de son sol natal vers les pays voisins ou lointains dans lesquels se déroulent les événements les plus importants pour toute la destinée de l’humanité12.
14Cette idée d’une humanité consciente d’elle-même n’est pas forcément très loin de celle développée par Teilhard de Chardin, qui voyait dans l’avènement du Monde l’oméga de la Création. Dans la fusion intellectuelle de tous en une « noosphère », l’humanité accéderait à un nouveau plan, un nouvel état. Cette conception prend place dans l’ensemble des théologies, pas uniquement chrétiennes, qui donnent un rôle à l’être humain dans l’achèvement de l’œuvre divine. La particularité d’Élisée Reclus est de ne pas mettre l’accent sur la dimension morale ou religieuse, mais de considérer que la mise en connexion de tous les êtres humains est un préalable, que la totalisation est nécessaire et fait sens dans une perspective caractérisée par une foi athée en un progrès humain. La mondialisation serait une sorte d’accomplissement, d’avènement non seulement du Monde, mais de la Terre elle-même comme demeure des êtres humains. L’humanité, d’hypothèse philosophique, serait devenue réalité – au risque peut-être d’une épidémie de misanthropie, comme l’écrivait sarcastiquement Peter Sloterdijk13.
15Au début du xxe siècle, le philosophe William James, moins preste à se laisser aveugler par une quelconque valeur accordée à l’unité, interrogeait, non sans ironie lui aussi, l’évidence d’un monde unique :
« Le monde est Un ! » – la formule est peut-être devenue une sorte de culture des nombres. « Trois » et « sept » ont, il est vrai, été considérés comme des nombres sacrés ; mais, abstraction faite, pourquoi « un » est-il plus excellent que « quarante-trois », ou que « deux millions dix » ? [...] La seule façon d’avancer avec notre notion est de la traiter de manière pragmatique. Admettons l’existence de l’unité : quels faits, par conséquent, seront différents ? Comment l’unité sera-t-elle reconnue ? Le monde est Un – oui, mais un de quelle manière ? Quelle est la valeur pratique de l’unité pour nous14 ?
16Sans sombrer dans un acosmisme délétère, je ne suis pas sûr qu’effectivement il y ait une valeur pratique et a fortiori un sens à tout cela. Le Monde, comme réunification d’une humanité dispersée, n’était peut-être pas un objectif à poursuivre, même par humanisme – pour lequel la « communauté humaine » serait l’alibi, écrivait Roland Barthes, un mythe à décaper à coups d’histoire15. Il n’y avait peut-être rien à gagner à la mise en Monde des êtres humains et la tentation de la déconnexion, de la retraite hors du Monde peut parfois se faire sentir, par mysticisme, par appel de la nature, par besoin de solitude, par fatigue ou par folie. Mais l’anachorèse n’est pas une politique et il n’est plus guère possible de fuir au désert.
17Que l’humanité fasse Monde n’avait a priori ni sens ni nécessité, mais il est trop tard pour regarder en arrière. Espèce invasive capable de s’affranchir des milieux et des distances, les êtres humains ont étendu leur écoumène à la totalité du globe et nous nous sommes heurtés aux « limites de notre cage16 » dans un cosmos infini et insensé. Que faire ? Question récurrente. On pourrait s’abandonner à cultiver son jardin en attendant la fin, attrit par le pessimisme, tout en se laissant touché, chaque jour, par la beauté transcendante du monde, mais cela ne serait pas complètement satisfaisant et ne constituerait qu’un pis-aller, au risque de l’acédie. Et il est peut-être encore trop tôt pour se satisfaire de rien.
18Le Monde est là. Territoire d’une humanité globale, il est la seule échelle où certains problèmes doivent se résoudre. C’est un impératif moral, voire vital, écologique au sens le plus absolu qu’on puisse accorder à cette idée. On ne peut pas transiger avec cette exigence qui seule peut nous maintenir debout, aussi sisyphéenne qu’elle paraisse. La question du sens ne se pose plus vraiment lorsque se pose celle de la vie.
19Le Monde est là. Espace de déclosion, de pluriversalité, de créolisation, de cosmopolitisation – qu’importe le mot qu’on retiendra –, il est l’espace-mouvement de nos brassages et de nos échanges, à la fois horizon clos de l’espace planétaire et horizon déclos pour tout individu qui grandit sur ce globe. Il est l’entre-nous, l’espace ultime de dialogue pour une humanité plurielle, diverse comme toute société, divisée par des injustices et les ressentiments que celles-ci nourrissent, mais traversée aussi d’aspirations partagées et de questionnements communs.
20Le Monde est là. Lieu où cohabitent presque huit milliards d’êtres humains, ainsi que tous les autres êtres des huit ou neuf millions d’espèces vivantes. Il est notre seule planète et Mars n’est pas une issue. L’important est de parvenir à le garder viable, socialement et écologiquement, à lutter contre ces injustices, ces barrières, ces déprédations, à inventer un Monde fondé sur la solidarité et l’attention mutuelle. Car le Monde est là, mais pas tel que nous pourrions le vouloir. L’utopie a encore de l’avenir.
21Changer le Monde implique un minimum d’empathie.
22De l’empathie, et de la colère.
23Pour ne pas sombrer dans le vertige du rien.
Notes de bas de page
1 Henri Lefebvre, « Justice et vérité », Arguments, nº 15, 1959, p. 19.
2 Henri Lefebvre, « Le nécessaire et le possible dans la formation du mondial », dans Anouar Abdel-Malek, Gregory Blue & Miroslav Pecujlic (dir.), The First International Seminar on Science and Techonology in the Transformation of the World, Tokyo, The United Nations University, 1980, p. 32.
3 Pierre Dezoteux de Cormatin, L’Administration de Sébastien-Joseph de Carvalho et Mélo, comte d’Oeyras, marquis de Pombal, Amsterdam, s. n., 1786, vol 1, p. 41.
4 Ibid., p. 44-45.
5 Cornelius de Pauw, Recherches philosophiques sur les Américains, ou Mémoire intéressant pour servir à l’histoire de l’espèce humaine, Berlin, s. n., 1777, vol. 1, p. VIII.
6 Collectif, « Voir des enfants du peuple Yanomami en situation de famine est la démonstration qu’il s’agit d’un génocide prémédité », Le Monde, 18 février 2023.
7 Margaret Moss, « Femmes amérindiennes assassinées : ce génocide qui embarrasse l’Amérique du Nord », The Conversation, 12 juin 2019.
8 Juste Lipse, De constantia, Anvers, chez Christopher Plantin, 1596, livre II, chap. 22, p. 143.
9 Voir Paul Otlet, « La loi d’ampliation et l’internationalisme », Le Mouvement sociologique international, vol. 8, nº 4, 1908, p. 133-162.
10 Immanuel Kant, Zum ewigen Frieden. Ein philosophischer Entwurf, Königsberg, bey Friedrich Nicolovius, 1795, p. 40-41.
11 Friedrich Ratzel, Anthropogeographie, 2. Die geographische Verbreitung des Menschen, Stuttgart, Verlag von J. Engelhorn, 1891, p. 55.
12 Élisée Reclus, « The Progress of Mankind », The Contemporary Review, nº 70, 1896, p. 775.
13 Voir Peter Sloterdijk, Le Palais de cristal : à l’intérieur du capitalisme planétaire, Olivier Mannoni (trad.), Paris, Pluriel, 2011, p. 202.
14 William James, Pragmatism. A New Name for some Old Ways of Thinking, New York, Longmans, Green and Co, 1907, p. 132.
15 Roland Barthes, Mythologies, Paris, Éditions du Seuil, 1957, p. 162.
16 Jean Brunhes, Au seuil de l’année 1910 : les limites de notre cage, Fribourg, Imprimerie de l’Œuvre de Saint-Paul, 1911.
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