1 Illud tibi brevissime quod nemo doctus ignorat, inculcandum reor : ubi passiones habitant, nubilum esse teterrimum et horrendas anime tenebras, ac rationis, ut proprie dixerim, eclipsim ; quod cum de omnibus tum de ira convenientissime dici arbitror (Pétrarque, Lettre familière XII, 14, 9, dans Lettres familières. Livres XII-XV, trad. fr. A. Longpré, Paris, Les Belles Lettres, 2004, p. 82-83).
2 Né vers 1275, mort le 19 janvier 1343, Robert fut sacré roi en Avignon le 3 aout 1309 par Clément V
3 Unum decus etatis nostre fuerat (Pétrarque, Lettre familière V, 3, 10, dans Lettres familières. Livres IV-VII, trad. fr. A. Longpré, Paris, Les Belles Lettres, 2002, p. 141).
4 Il fut aussi chargé d’administrer la justice royale en Calabre et dans le Molise et il effectua des missions politiques et diplomatiques pour le compte du Royaume de Naples, en particulier fin 1341 lorsqu’il se rendit à Florence, Pise et à Lucques pour revendiquer et défendre les droits du Royaume de Naples sur cette ville.
5 Voir la Lettre familière V, 3, 8-11, dans Lettres familières. Livres IV-VII, op. cit., p. 138-141.
6 Elle n’a alors que 17 ans. Adolescente, elle a été fiancée par son grand-père à André de Hongrie, dans un souci de réconciliation avec la branche hongroise de la famille royale.
7 Ce conseil est composé, entre autres, de la reine Sancia, de Philippe de Cabassoles, vice-chancelier, évêque de Cavaillon et grand ami de Pétrarque. Ce dernier, d’après sa Lettre familière V, 3, semble y avoir assisté.
8 Le 28 août 1344, Aimery de Châtelus couronnera Jeanne reine de Naples et lui fera jurer fidélité à l’Église.
9 Giovanni Barilli parvient également à rétablir dans les Pouilles les droits des Angevins, contestés par des familles locales.
10 Le pouvoir politique de Barilli au sein de la cour de Naples commença à s’émousser particulièrement durant la régence du cardinal Aimery de Châtelus.
11 Il transmettra son poste en 1353 à son fils Foulques d’Agoult-Sault.
12 Il y mourra quelques années plus tard, en 1355.
13 Pétrarque l’immortalisera dans sa seconde Églogue en lui faisant endosser le rôle du berger Ideus qui pleure la mort de Robert d’Anjou.
14 Pétrarque le consola de son échec en lui envoyant une invective contre la curie pontificale.
15 D’où son nom : Acciaiuoli.
16 Il devient à l’été 1349 capitaine général du duché de Calabre. Il obtient la baronnie de Calamata.
17 Il a été nommé par Robert d’Anjou « justicier » – autrement dit le magistrat chargé d’exécuter la justice royale – de la plus belle province du royaume, la Terre de Labour (la Terra di Lavoro).
18 Il plaide la cause de Jeanne auprès de la Cour papale et facilite ainsi le retour de Jeanne depuis la Provence à Naples le 17 août 1348. Il devient à l’été 1349 capitaine général du duché de Calabre.
19 Louis, frère d’André, le premier mari de Jeanne Ire, est devenu roi de Hongrie le 21 juillet 1342, à la mort de son père ; la plus grande partie de son règne consista à combattre Venise et Naples. Battu par Venise en 1346 à Zara, Louis Ier organise une expédition contre Naples en 1347-1348, car il suspecte Louis de Tarente d’avoir participé au meurtre d’André. Il occupe Naples, mais une épidémie de peste et les révoltes des barons napolitains l’obligent à se retirer.
20 En réalité, cette stabilisation politique n’est qu’apparente et bien fragile.
21 Iantandem, vir clarissime, perfidiam fides avaritiam largitas superbiam vicit humilitas ; iam caritati odium, desperatio spei cessit, perseverantie difficultas ; iam sub malleo veritatis pertinax mendacium et mendax obstinatio votis tuis obstantium fracta est. Immortale bellum inter invidiam et gloriam, inter nequitiam et virtutem. Gratias Illi qui est « dominus virtutum et rex glorie », quod eo duce in presenti certamine victa parte deterrima, cuius sepe contrarium videmus, optima pars triumphat. Ecce nunc, unica tua cura, gloriosissimus Siculi regis vertex negatos honores invito livore suscipiet ; « peccatores videbunt et irascentur, dentibus suis frement et tabescent » ; ipse autem solito augustior multumque serenior, avito solio residens, pulsis Latio mestitie nubibus atque imbribus lacrimarum, orbem nostrum fronte siderea et stellanti dyademate serenabit, ereptam restituens regno pacem, tranquillitatem populis exoptatam (Pétrarque, Lettre familière XII, 2, 1-2, dans Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 20-21).
22 Lettre familière XII, 2, 10-11, dans Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 25.
23 Ostende illi quibus gradibus in hunc fortune verticem sit evectus, quibus artibus consistendum sit, neque tam deinceps enitendum ut ascendat altius quam ut ascensu se se approbet non indignum et hereditarium sceptrum non magis sanguini debitum quam virtuti. Non facit virum sed detegit principatus, et honores non mutant mores atque animum sed ostendunt. Persuade illi minus esse regem nasci quam iudicio regem fieri ; esse enim fortune illud, hoc meriti ; doce Deum colat, patriam amet, iustitiam servet, sine qua regnum licet opulentum ac validum stare nequit ; discat violentum nichil esse longevum et amari multo tutius esse quam metui ; assuescat nichil in terris optare nisi bonam mentem, nichil sperare nisi bonam famam, nichil nisi dedecus formidare. Cogitet quo altior est eo se clarius videri eoque minus occultari posse que gesserit, et quo potentie plus est eo minus esse licentie (Lettre familière XII, 2, 9-12, dans Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 24-25).
24 Arma equi litere supellex regia, pax et bellum exercitatio regis sint, « Que les armes, les chevaux, les livres soient son mobilier, la paix et la guerre ses occupations » (Lettre familière XII, 2, 31, dans Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 34-35).
25 Inducat in animum amare quos regit, nam et amando amor queritur et nullum certius regnum est quam preesse volentibus (Lettre familière XII, 2, 13, dans Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 26-27).
26 Amor enim, ex quo amicitia nominata est, princeps est ad benevolentiam coniungendam, « Car l’amour, qui donne à l’amitié son nom, est le premier élan qui pousse à la sympathie » (Cicéron, L’amitié, texte établi et traduit par R. Combes, introduction et notes de F. Prost, Paris, Les Belles Lettres, 2002, p. 37).
27 Salustianum illud dogma regium nunquam exeat ex animo regis tui : « non exercitus neque thesauros presidia regni esse » sed « amicos » eosque nec « armis cogi nec » pecunia « parari » sed « officio et fide », et que in eandem sententiam sequuntur : concorditer vivendum esse cum suis, « concordia » enim « parvas crescere, discordia maximas res dilabi » (Lettre familière XII, 2, 14, dans Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 26-27).
28 Ad hec non temere neque fortuito serenissimi titulum sibi impositum arbitretur, sed ut in animum eius, Deo proximum et humanis passionibus altiorem, nulla meroris nebula, nullus flatus letitie gestientis, nulla pavoris glacies, nullus libidinum terrenarum fumus possit ascendere. Iram in principe turpissimam non ignoret, crudelitatem vero nominari etiam nefas esse, eo funestiorem quo nocendi plura suppeditant instrumenta (Lettre familière XII, 2, 21, dans Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 30-31).
29 Voir Fenzi Enrico, « Petrarca e la scrittura dell’amicizia (con un’ipotesi sul libro VIII delle Familiari », dans Motivi e forme delle Familiari di Francesco Petrarca, éd. par C. Berra, Milan, Cisalpino, 2003, p. 549-589.
30 Voir l’exorde de Barbato da Sulmona dans le texte édité par Papponetti Giuseppe, « Un inedito commento di Barbato da Sulmona alla Iantandem del Petrarca », Studi petrarcheschi, NS 10, 1993, p. 81-144.
31 Plato triplicem finxit animum, cuius principatum, id est rationem, in capite sicut in arce posuit, et duas partes parere uoluit, iram et cupiditatem, quas locis disclusit : iram in pectore, cupiditatem supter praecordia locauit, « Platon imagina que l’âme était triple ; l’élément dirigeant, c’est-à-dire la raison, il le plaça dans la tête comme dans une citadelle et lui soumit les deux autres parties, la colère et le désir qu’il logea à part, la colère dans la poitrine, le désir au-dessous du diaphragme » (Cicéron, Tusculanes, I, 20, texte établi par G. Fohlen et traduit par J. Humbert, revu et corrigé par C. Rambaux, Paris, Les Belles Lettres, 1997, p. 19).
32 Lettre familière XII, 14, 2, dans Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 82-83.
33 Vaucluse, 24 mai 1352. Certe si acriter intenditis, is rerum vestrarum status est, ut quodammodo sive volentibus sive nolentibus vobis in eiusdem regie penetralibus habitandum sit : quanto autem serenior quantoque tranquillior vita erit pulsis irarum nebulis, siquas forte vobis impurissimus susurronum flatus invexerit (Lettre familière XII, 16, 6, dans Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 90-91).
34 Il s’établira à Naples en 1352. Auteur de vers latins, il reçut à Pise le 24 mai 1355, grâce aux bons offices de l’empereur Charles IV, la couronne de laurier et en 1359 il deviendra secrétaire apostolique en Avignon.
35 Quod si votive successerit, gratum quiddam ac magnificum reipublice prestitisse gloriabor, et multum semper huic calamo debebo (Lettre familière XII, 17, dans Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 100-103).
36 Voir Lettres familières XII, 2, 1 : pulsis Latio mestitie nubibus atque imbribus lacrimarum (Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 21) ; XII, 2, 21 : nulla meroris nebula (Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 31) ; XII, 14, 9 : nubilum esse teterrimum et horrendas anime tenebras (Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 83) ; XII, 16, 6 : pulsis irarum nebulis (Lettres familières. Livres XII-XV, op. cit., p. 91).