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    Plan détaillé Texte intégral Une fidélité à toute épreuve Imaginez HBO sans Tony Soprano… Si proches, et pourtant si loin du but Notes de bas de page

    Le concept HBO

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Ces (grandes ?) séries que vous ne verrez jamais

    p. 163-178

    Texte intégral Une fidélité à toute épreuve Imaginez HBO sans Tony Soprano… Si proches, et pourtant si loin du but Notes de bas de page

    Texte intégral

    1Dans un ouvrage paru en 2013, Simon Braund revenait en détail sur ces potentiels chefs-d’œuvre cinématographiques « que vous ne verrez jamais » en raison des mille et un problèmes qui, de l’idée initiale à la post-production, peuvent se poser à la conception d’un long-métrage, quand bien même son réalisateur se nomme Charlie Chaplin, Orson Welles, Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick, Federico Fellini, Wong Kar-wai, Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, David Lynch ou Tim Burton1. Que ce soit envers les autres ou envers eux-mêmes, les plus grands cinéastes sont aussi les plus exigeants ; le genre d’individus qui, parce qu’ils suscitent des attentes bien au-dessus de la moyenne, ont naturellement le plus de mal à les satisfaire et à accepter que leurs collaborateurs puissent se formaliser de leur degré d’intransigeance. Ceux-là ignoreraient-ils que l’art n’est pas une science exacte, et qu’il requiert de la part de ses disciples une totale dévotion pour parer à ses innombrables imprévus, surtout quand il engage une machinerie aussi lourde et complexe que l’industrie cinématographique2 ?

    2Dans le prolongement de cette réflexion sur les « fantômes » du septième art, je vous propose à présent de braquer les projecteurs sur les séries de HBO « que vous ne verrez jamais » (en tout cas, sous la forme et avec les maîtres d’œuvre initialement prévus), pour des raisons aussi multiples et variées que des divergences artistiques entre auteurs, un résultat en deçà des attentes, des dépassements de budget devenus incontrôlables ou des changements de gouvernance au sein de la chaîne. En précisant d’emblée, pour éviter tout malentendu, qu’il ne s’agit pas ici de dresser une liste exhaustive de ces projets parfois extrêmement alléchants qui, dans un contexte différent, auraient pu voir le jour – il faudrait pour cela des centaines de pages qui ressembleraient plus à un registre abscons qu’à une tentative de percer à jour un tel phénomène. Pendant que j’écris ces lignes, combien de nouveaux concepts sont d’ailleurs en train de naître qui ne parviendront jamais jusqu’à nos écrans ?

    3Comme le rappelle Warren Littlefield, faire de la télévision consiste avant tout à savoir accepter l’échec :

    « Durant mon mandat à la tête des programmes de NBC, une année ordinaire revenait à entendre environ 1 000 synopsis de nouvelles séries potentielles. Parmi ceux-ci, 150 avaient une chance d’être développés. Dans le lot, nous commandions une douzaine de pilotes de comédies et une douzaine de pilotes de dramas (avec un budget approximatif d’1 million de dollars pour une comédie et 2 millions de dollars pour un drama). Parmi ceux-ci, trois ou quatre comédies et le même nombre de dramas étaient susceptibles d’intégrer notre grille de programmes. Si une comédie et un drama s’imposaient et gagnaient le droit d’être renouvelés, alors nous considérions que l’année avait été plutôt bonne3. »

    4Chez HBO, le volume de projets développés de la phase d’écriture au tournage du pilote est évidemment bien moindre que celui d’une « usine à gaz » de type NBC ; par contre, le volume de synopsis proposés et de nouveautés mises à l’antenne chaque année par HBO n’est pas très éloigné des chiffres avancés par Warren Littlefield, tant la chaîne premium est parvenue à susciter de convoitise parmi les auteurs frustrés par les contraintes des networks comme parmi les personnalités du cinéma en quête de nouveaux territoires à explorer. Tant, aussi, les places sont chères au sein d’une grille de programmes dont les dramas en cours de production se comptent systématiquement sur les doigts d’une main, et les comédies sur les doigts de deux mains tout au plus. La raison est toujours la même : pour susciter le désir, il faut savoir être à l’écoute de toutes les bonnes volontés, mais aussi ménager ses effets pour donner le plus d’impact possible aux projets auxquels on donne leur chance.

    5 Rappelons en outre que HBO, si l’on se souvient des propos de Chris Albrecht, ne tente pas de manière obsessionnelle « d’imaginer ce que le public va regarder » ; or, quel plus redoutable défi pour une chaîne de télévision que d’essayer d’esquisser le visage de la série événementielle de demain, quand on sait qu’en art « tout » a déjà été imaginé ? Si une grande majorité de chantiers prometteurs sur le papier sont finalement laissés en plan (et, parfois, repris en main par d’autres entreprises tentant de tirer profit du travail déjà accompli), il est toutefois difficile de tirer des enseignements généraux de cette non-concrétisation sans se retrouver bêtement à essayer de transformer des arbres qui cachent la forêt… en forêts. Je me contenterai donc de décliner deux principes philosophiques fondamentaux de la politique éditoriale de HBO : 1) Un partenaire d’un jour peut devenir un partenaire de « toujours » ; 2) Les succès d’aujourd’hui se bâtissent sur les échecs d’hier. Autant de mantras en forme d’aphorismes qui peuvent (une fois de plus) sembler simplistes sur le papier, mais dont toute la complexité se révèle à l’aune des multiples impondérables susceptibles de freiner, voire d’empêcher la création d’une série télévisée d’envergure.

    Une fidélité à toute épreuve

    6C’est bien connu : HBO n’est pas du genre à « oublier » de rappeler après un premier rendez-vous ayant tenu toutes ses promesses. David Simon en incarne la plus éclatante démonstration, lui qui a pris ses quartiers sur la chaîne premium après un essai concluant intitulé The Corner, minisérie de six épisodes tirée de son livre d’investigation The Corner : AYear in the Life of an Inner-City Neighborhood (1997). Coécrite avec Ed Burns, ancien inspecteur de la criminelle de Baltimore, et relatant les ravages de la drogue dans le quartier ouest de cette ville sinistrée du Maryland, cette enquête préfigurait de manière assez évidente (rétrospectivement) la première série au long cours de Simon pour HBO, The Wire. D’autant que l’ancien journaliste du Baltimore Sun avait déjà passé une année entière à arpenter les rues de Baltimore aux côtés de la brigade des stupéfiants locale pour rédiger une première enquête, Homicide : AYear on the Killing Streets (1991), matériau de base d’un procedural de NBC : Homicide : Life on the Street. Depuis, Simon a entériné sa reconversion en auteur de télévision en consacrant tacitement toute son énergie à HBO, confectionnant pas moins de deux nouvelles miniséries (Generation Kill et Show Me a Hero) et deux séries (Treme et The Deuce) en moins de dix ans. Il envisagerait d’ailleurs déjà la suite, toujours sur HBO : une série intitulée Legacy of Ashes disséquant les dysfonctionnements de la CIA, en partenariat avec BBC. À moins qu’il ne s’agisse d’une minisérie historique centrée sur la guerre d’Espagne de 1936 à 1939 (A Dry Run) ? Difficile à dire, tant l’appétit fictionnel (mais extrêmement documenté) de Simon semble insatiable. Signalons toutefois que son projet de minisérie dédiée à Martin Luther King n’a jusqu’à présent pas pu se concrétiser – c’est Show Me a Hero qui a pris sa place –, preuve que même le plus prolifique des showrunners de HBO ne peut mener chacun de ses projets à terme…

    7L’autre signature récurrente de la chaîne se nomme David Milch, lui aussi d’abord passé par la télévision de network – et pas n’importe laquelle : celle des grandes heures de NBC et ABC, d’Hill Street Blues (1981-1987) et L.A. Law (1986-1994) à NYPDBlue (1993-2005) et Murder One (1995- 1997). Il a toutefois fini par migrer sur le câble premium, visiblement plus à même de tolérer son impétuosité, ses revirements de dernière minute et un certain nombre d’addictions plus ou moins sévères sur lesquelles je ne m’étendrai pas ici. S’il a connu un succès critique pour le moins éclatant avec son western revisité Deadwood, aujourd’hui considéré comme l’une des œuvres majeures de HBO, Milch n’est cependant parvenu à accoucher « que » de dix-neuf épisodes de série par la suite, entre 2006 et 2017, passant plus de temps à lutter contre des difficultés de réception (les audiences faméliques de John from Cincinnati, projet incompris maladroitement présenté dans la sphère médiatique comme le successeur attitré des Sopranos) et de production (la mort accidentelle de trois chevaux lors du tournage de Luck) qu’à enchaîner les saisons d’une vingtaine d’épisodes comme au bon vieux temps, certes tumultueux mais remarquablement prolifique, de NYPDBlue. Il serait pourtant malvenu de reprocher à Milch d’avoir procrastiné et de s’être reposé sur ses lauriers durant la dernière décennie : il n’a en effet cessé de jeter des idées sur le papier, de concevoir des bibles de plusieurs centaines de pages, d’imaginer des arches narratives au long cours, et même parfois de tourner des pilotes de séries qui resteront finalement sans suite.

    8L’échec cuisant de John from Cincinnati ne l’a ainsi pas empêché de prolonger son contrat de développement avec HBO en août 2007, puis de mettre en chantier Last of the Ninth, un drama revenant sur plusieurs affaires de corruption ayant touché la police new-yorkaise dans les années 1970 – le pilote, dont une scène a été mise en ligne sur Vimeo par une assistante de tournage4, ne convaincra toutefois pas la direction de la chaîne de commander une saison complète. En 2013, rebelote : l’annulation prématurée de Luck à peine digérée, Milch tourne un (cinquième) pilote pour une série intitulée The Money, toujours située à New York et nous plongeant cette fois-ci dans les arcanes d’un empire médiatique tiraillé par des luttes intestines. Le projet sera finalement classé sans suite, ce qui n’empêchera pas HBO de renouveler sa confiance à son auteur « résident » en prolongeant, en 2014, son contrat de développement de deux années supplémentaires. Depuis, le nom de Milch a été associé à plusieurs projets d’adaptations littéraires dont aucune n’a encore vu le jour, à commencer par celle d’un roman de Peter Matthiessen (Shadow Country) et, chantier plus tentaculaire, celle de l’œuvre de William Faulkner dans toute son ampleur et toute sa rugosité stylistique. L’auteur a également été recruté pour superviser l’écriture de la troisième saison de True Detective, autre série « malade » saluée par la critique à ses débuts avant d’être désavouée en saison 2. Cerise sur le gâteau, Milch espère toujours mettre un point final à Deadwood par le biais d’un téléfilm de conclusion annoncé de longue date. Autant dire que le natif de Buffalo n’est pas du genre à renoncer facilement, même si la plupart de ses travaux dépassent rarement le stade des belles promesses…

    9À un tel degré de non-concrétisation, on serait cependant tenté de considérer que la chaîne perd son temps (et son argent) avec Milch, et qu’elle fait preuve d’un orgueil mal placé en refusant aveuglément d’admettre qu’elle a eu tort de miser encore et encore sur un cheval n’ayant somme toute jamais enchaîné les victoires sur le terrain du câble premium. Mais ce serait ignorer que, d’une part, les grandes séries ne tombent pas du ciel (ni de baies de serveurs dédiés à des calculs algorithmiques), et d’autre part que la fidélité a eu de multiples occasions de porter ses fruits chez HBO. Après Six Feet Under, Alan Ball a ainsi permis à la chaîne de renouer avec le succès public grâce à True Blood ; il a ensuite produit Banshee pour Cinemax et répondu à une commande directe de dix épisodes pour un nouveau drama familial lancé en février 2018, Here and Now (non renouvelé). Précisons également qu’il a tourné en 2010 le pilote d’une série noire qui ne sera finalement pas retenue par HBO, All Signs of Death, ainsi que le pilote d’un drame musical produit par Elton John, Virtuoso, rejeté à son tour par la chaîne premium. Quant à Terence Winter, l’un des rares scénaristes des Sopranos à avoir obtenu les faveurs de David Chase (avec Matthew Weiner, le futur showrunner de Mad Men), il est parvenu à se faire un nom en créant Boardwalk Empire puis, aux côtés de Martin Scorsese, Mick Jagger et Rich Cohen, une série au destin plus funeste : Vinyl, annulée au bout d’une seule saison malgré un renouvellement en première instance.

    Image du générique de Boardwalk Empire.

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    Richie Finestra dans Vinyl (1.01).

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    10Et la liste des showrunners à avoir remis le couvert pour HBO après une première expérience plus ou moins concluante ne s’arrête pas là : Steven Soderbergh (KStreet, Unscripted), le couple Mark V. Olsen-Will Scheffer (Big Love, Getting On), les duos Steven Spielberg-Tom Hanks (Band of Brothers, The Pacific, en attendant un éventuel troisième volet annoncé dès 2013 : The Mighty Eighth) et Ricky Gervais-Stephen Merchant (Extras, The Ricky Gervais Show, Life’s Too Short, Hello Ladies), sans oublier Michael Patrick King (Sex and the City, The Comeback), Danny McBride (Eastbound & Down, Vice Principals), les frères Duplass (Togetherness, Room 104) et, peut-être dans les années à venir, Damon Lindelof (The Leftovers, Watchmen) et la paire gagnante composée de David Benioff et de D. B. Weiss (Game of Thrones, Confederate). Tous ont eu l’opportunité de renouveler leur bail avec une chaîne pourtant réputée pour son exigence et son intransigeance de chaque instant, même vis-à-vis de pointures ayant déjà largement fait leurs preuves chez elle. David Chase en personne, atone depuis le triomphe des Sopranos et une première expérience cinématographique des plus mitigées (Not Fade Away, 2012), pourrait bien reprendre du service via un projet annoncé de longue date chez HBO : la minisérie A Ribbon of Dreams, voyage fictionnel à travers l’histoire du cinéma hollywoodien sillonnant du modèle classique instauré par D.W. Griffith aux dérives de l’ère contemporaine. Bientôt sur vos écrans… si les dieux de la création sérielle l’entendent de cette oreille.

    L’avenir dans le viseur : le cas Boardwalk Empire
    Dans son essai Rêves et séries américaines paru en 2016, Sarah Hatchuel tisse subtilement un lien prophétique entre les séries The Sopranos et Boardwalk Empire en décrivant un rêve issu de la première dans lequel Tony Soprano se sert d’une longue-vue sur les planches d’Asbury Park, face à la mer, pour entrevoir sans le savoir l’avenir des séries de HBO (Funhouse, 2.13). « Les séquences de rêve ne font pas qu’annoncer la suite de l’histoire mais "prophétisent" aussi les séries que les scénaristes créeront par la suite, écrit Hatchuel. […] [Dans son rêve, Tony] devient le spectateur d’une scène qui évoque le générique et l’esthétique de Boardwalk Empire – vagues sur la plage d’une station balnéaire de Nouvelle-Angleterre, jeuxdetripotetexécutionsmafieuses dans une gare immense » (p. 117). Sachant que Terence Winter prendra les rênes de Boardwalk Empire après s’être frotté à David Chase et à la salled’écrituredesSopranospendant cinq saisons, il y a donc tout lieu de penser que la promotion interne façon HBO ne concerne pas uniquement les bureaux administratifs de la chaîne. C’est une politique plus globale qui imprègne jusqu’à la diégèse (fût-elle onirique) des séries dont se nourrissent nos écrans.

    Imaginez HBO sans Tony Soprano…

    11Pour l’heure, rien ne dit que ce rêve d’un retour sur ses terres de David Chase, le père fondateur de la politique éditoriale du « nouvel HBO », ne viendra pas grossir les rangs des innombrables spectres qui hantent le parcours cahoteux (sans être chaotique) de la chaîne premium depuis le milieu des années 19905. D’autant que certains projets finalement non retenus par celle-ci auraient très bien pu la faire dévier de manière significative de la trajectoire que nous lui connaissons aujourd’hui, pour le meilleur et pour le pire. Alan Sepinwall s’amuse à ce titre à imaginer les conséquences virtuelles d’une mise à l’écart des Sopranos au profit de l’autre projet mis en balance par la direction des programmes de HBO à l’époque de la phase de prédéveloppement : un drama centré sur une femme d’affaires tentant de s’imposer dans un milieu « macho » signé Winnie Holzman, essentiellement connue pour avoir révélé Claire Danes et Jared Leto dans la trop éphémère série adolescente My So-Called Life (ABC, 1994-1995)6.

    Le timide Tyler dans Enlightened.

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    12D’autres chantiers finalement laissés en plan auraient quant à eux pu permettre à des voix radicales de porter au-delà d’un coup d’essai non transformé, à l’image de Cynthia Mort, la créatrice de Tell Me You Love Me, écartée du tournage d’un projet consécutif intitulé Tilda en raison de conflits éruptifs avec son réalisateur Bill Condon et son actrice principale Diane Keaton, puis bloquée au stade du développement d’une comédie noire inspirée de la vie familiale mouvementée de la poétesse Mary Karr. De même, le nom de Mike White aurait pu prendre une résonance encore plus forte chez les sériephiles s’il avait pu donner une petite sœur à la remarquable comédie Enlightened, qui l’avait vu porter les casquettes de cocréateur (avec Laura Dern), de scénariste (de tous les épisodes), de réalisateur (occasionnel) et d’interprète du solitaire Tyler. Son projet suivant, une comédie loufoque narrant la cohabitation agitée entre une famille texane ultra-conservatrice et une nourrice se révélant drag-queen, n’est toutefois pas allé au-delà d’un pilote commandé par HBO en 2014. La chaîne a beau se montrer d’une fidélité sans faille avec ses auteurs les plus talentueux, quitte à relancer beaucoup pour ne voir en fin de compte que très peu, tous les chemins ne mènent pas à sa précieuse grille des programmes…

    13Alors imaginez un peu quand elle fait appel à des « noms » venus de l’extérieur : la courbe des réussites se met sans tarder à piquer du nez de manière vertigineuse. Pour un Spielberg par-ci, un Scorsese par-là qui parviennent à franchir sans trop d’encombres la barrière du pilote en raison de leur indiscutable savoir-faire, on ne compte plus le nombre de cinéastes de renom à s’être cassé les dents sur l’exigence des décideurs de HBO au cours des dix dernières années. David Fincher (Videosyncrazy, Shakedown, Utopia), Kathryn Bigelow (The Miraculous Year), Gus Van Sant (The Devil You Know), Spike Lee (Da Brick), Darren Aronofsky (Hobgoblin, MaddAddam), Noah Baumbach (The Corrections), Steve McQueen (Codes of Conduct), Lisa Cholodenko (The Kids Are All Right), Michaël R. Roskam (Buda Bridge Bitch) : tous ont vu leurs projets sériels sabrés par la chaîne avant leur arrivée à l’antenne. Même constat du côté des acteurs hollywoodiens les plus en vue (de Kevin Bacon à Rooney Mara), des personnalités bankable de la scène hip-hop (Kanye West, Jay-Z, Snoop Dogg, etc.) et des showrunners ayant déjà fait leurs preuves par ailleurs, telle Jenji Kohan, la créatrice reconnue de Weeds (Showtime, 2005-2012) et d’Orange Is the New Black (Netflix, 2013-), recalée lors de la présentation du pilote de New World en 2015 malgré la présence derrière la caméra de Gus Van Sant. Ryan Murphy lui-même a eu droit à son traitement de défaveur lorsque son projet de décryptage des mystères de la sexualité (Open) s’est soldé par un refus de HBO en septembre 2014, quelques mois à peine après que le premier fruit de leur collaboration naissante, un téléfilm intitulé The Normal Heart, eut triomphé aux Emmy Awards ! Une fois encore, preuve est faite que sélectionner des séries chez HBO ne se résume pas à lire des indices de popularité.

    14Bien sûr, la médaille que constitue un pouvoir d’attraction sans égal auprès des différents corps de métier des industries télévisuelle et cinématographique américaines a son revers : quand des « cadors », peu habitués à ce qu’on leur fasse non de la tête, réalisent que la liberté d’action offerte par la chaîne n’est pas sans limites, voilà que les dents se mettent à grincer et les signaux d’alarme à retentir en plein jour. Prenons l’exemple d’une période très récente. Début 2016 : HBO échoue à lancer sur les chapeaux de roues Vinyl et annonce dans le même temps la mise en pause du tournage de Westworld, superproduction de science-fiction très attendue mais qui tarde à se matérialiser. La centaine de projets en cours plus ou moins avancé de développement de la chaîne se met alors à peser particulièrement lourd dans la balance, et sa culture d’entreprise, si souvent vantée, de se voir insidieusement remise en question. Citant des sources (anonymes) proches de HBO, une enquête du Hollywood Reporter fait ainsi état d’un contrôle accru des dépenses, d’une prise de pouvoir de certains cinéastes de renom se croyant tout permis, ainsi que d’un besoin urgent d’augmenter son volume de dramas pour faire face à la concurrence de la SVOD7. Autant de pressions médiatiques susceptibles de se répandre comme une traînée de poudre dans l’industrie hollywoodienne (à la même période, David Chase évoque lui-même des on-dit quant à la marge de manœuvre prétendument plus restreinte des artistes employés par HBO8) ; des pressions contre lesquelles n’ont d’autre choix que de lutter les dirigeants de la chaîne s’ils entendent ne pas dénaturer leur ligne éditoriale. À ce titre, nous avons jusqu’ici dressé plusieurs constats qui peuvent servir de réponses : 1) Carnivàle et Rome avaient déjà dû être interrompues en leur temps en raison d’un budget pharaonique, ce qui n’a pas empêché Westworld de voir le jour quelques années plus tard ; 2) les David Fincher et autres Steve McQueen n’ont pas toujours eu le dernier mot avec HBO, signe que la chaîne ne s’est pas résignée à se plier aux desiderata de la crème des cinéastes contemporains ; 3) la rareté des dramas parvenant à se hisser jusqu’à la grille de programmes de HBO participe justement de leur caractère événementiel tant convoité.

    15Plus généralement, l’état de santé de HBO est souvent jaugé en fonction de sa capacité à mener ses projets à terme, chacun de ses renoncements étant perçu comme un aveu d’échec. Or, le processus de sélection d’une chaîne du câble premium américain repose précisément sur l’acceptation de cet inaboutissement créatif qu’impliquent des exigences artistiques bien plus élevées que la moyenne. Comme le relève avec discernement Dean J. DeFino en s’appuyant sur plusieurs projets sériels pleins de promesses mais abandonnés en cours de route par HBO – ceux de Doug Ellin (40), de Spike Lee (Da Brick), d’Alan Ball (All Signs of Death), de Neil LaBute (The Member Guest) ou de Kathryn Bigelow (The Miraculous Year) –, c’est parce que les dirigeants de la chaîne placent si haut la barre de leurs attentes que tant de projets sur lesquels ils avaient misé finissent à la poubelle9. En l’occurrence, ce serait plutôt de voir sa grille s’ouvrir à chaque projet en phase de développement comme la mer Rouge devant Moïse qui aurait de quoi susciter l’inquiétude, car ce serait le signe patent d’un renoncement à cette quête permanente de la série idoine, symbiotique, fusionnelle que HBO destine fiévreusement à écrire une nouvelle page de son histoire. Ces « ratés » constituent en effet le prix à payer pour établir une synergie entre ses différentes séries originales (aussi éloignées soient-elles les unes des autres) et pour donner au spectateur le sentiment de « savoir » quand il a une série HBO sous les yeux, tel un vin soyeux dont le palais du dégustateur expérimenté saura sans peine identifier le millésime. Ou comment, pour ne reprendre que la deuxième partie du célèbre slogan de la chaîne, diffuser cette impression latente que « c’est HBO » que l’on est en train de regarder, et pas une autre chaîne. Et pas n’importe quelle chaîne, devrait-on dire.

    Si proches, et pourtant si loin du but

    16Il convient tout de même de distinguer deux types de projets avancés qui ne voient finalement pas le jour chez HBO : ceux dont le pilote est classé sans suite, et ceux dont la production est brusquement interrompue – qu’ils soient passés par l’étape toujours incertaine du pilote ou aient fait l’objet d’une commande directe d’une saison inaugurale (« straight-to-series »). Dans le premier cas, la déception est grande mais pas tout à fait inattendue, quand on sait combien le chemin est long entre la réalisation d’un pilote et la mise en production d’une saison entière de série originale à la télévision américaine. Dans le second cas, par contre, la pilule peut s’avérer assez difficile à avaler pour qui se croyait à l’abri de tout interventionnisme de la part d’une chaîne qui lui avait témoigné une confiance prétendument absolue. C’est pourtant le rappel vital que la partie n’est jamais gagnée d’avance avec HBO, et que l’institution l’emporte sur tout le reste : les dirigeants de chaîne, les producteurs, les showrunners, les réalisateurs, les scénaristes, les acteurs, les techniciens, etc. Quels que soient la notoriété des artistes engagés et les sommes d’argent déjà dépensées – rappelons que HBO est portée par Time Warner et dispose par conséquent de ressources financières suffisamment importantes pour se permettre de développer de nouveaux projets sans exiger à chaque fois un retour direct sur investissement –, la chaîne a pour mission de protéger sa plus précieuse vitrine : la grille de programmes. Car celle-ci constitue le seul véritable reflet de sa ligne éditoriale aux yeux d’un abonné généralement peu au fait des tractations, des atermoiements et des dissensions susceptibles de freiner ou d’enrayer une mécanique de développement audiovisuel d’envergure. Sauf quand ces aléas se mettent à défrayer la chronique par voie de presse, bien entendu…

    17L’un des plus fameux exemples de ce type de déconvenue se nomme 12 Miles of Bad Road, une saga familiale texane de Linda Bloodworth-Thomason censée aider HBO à remplir le trou béant laissé par le départ approchant des Sopranos. Après le tournage d’un pilote durant l’été 2006, la chaîne, apparemment convaincue du résultat, commande une saison de dix épisodes dont la production débute sans encombre l’année suivante. Six épisodes sont déjà en boîte quand survient une grève des scénaristes paralysant une majeure partie de l’industrie cinématographique et audiovisuelle américaine du 5 novembre 2007 au 12 février 2008. Face (ou grâce ?) à ce coup du sort, le tournage de la série en germe s’interrompt et HBO en profite pour y mettre un terme brutal, ce dont elle fait l’annonce officielle le 17 mars 2008. Coût de l’opération : 25 millions de dollars, et la colère d’une créatrice qui n’hésite pas à envoyer une copie des six épisodes déjà tournés à la presse afin de pousser HBO à donner une deuxième chance à sa série10. Ses efforts resteront vains, mais l’affaire ne manquera pas de susciter chez bon nombre d’éditorialistes une remise en cause précipitée et sans appel de la politique de développement « somptuaire » de HBO.

    18Plus récemment, entre 2015 et 2016, quatre autres projets aux ambitions élevées se sont eux aussi vus coupés dans leur élan sans ménagement alors qu’ils se trouvaient en phase avancée de production : Codes of Conduct (une minisérie de six épisodes dirigée par Steve McQueen, interprétée notamment par Helena Bonham Carter et Rebecca Hall et portant sur l’entrée d’un jeune Afro-Américain aux dents longues dans le gotha de Manhattan), Lewis & Clark (une minisérie au même format produite par Tom Hanks et Brad Pitt et mettant en scène le duo Casey Affleck-Matthias Schoenaerts dans la peau d’explorateurs de l’Ouest sauvage du début du XIXe siècle), Videosynchrazy (une comédie de David Fincher centrée sur l’émergence du clip musical dans les années 1980) et Utopia (un remake de la série anglaise éponyme par le même David Fincher, avec Rooney Mara, Eric McCormack et Jason Ritter dans les premiers rôles). L’heureux vainqueur de cette impitoyable course au successeur de Game of Thrones se nommera finalement Westworld, un autre mastodonte à l’accouchement particulièrement difficile, ainsi que nous avons pu le constater dans notre chapitre consacré à la programmation à deux étages de HBO.

    19Résultat jugé insatisfaisant (12 Miles of Bad Road, Codes of Conduct), conditions météorologiques exécrables (Lewis & Clark), « dispersion » du showrunner accaparé par d’autres projets (Videosynchrazy), budget qui explose (Utopia) : les excuses plus ou moins officielles ne manquent pas pour expliquer de si coûteux rendez-vous manqués. Pléthore de médias américains ne se sont pourtant pas privés de charger exclusivement la barque de HBO, faisant état d’un étirement inquiétant des périodes de développement11 et d’une surenchère de mises en chantier de projets n’entrant pourtant pas dans la ligne éditoriale de la chaîne12. Oliver Lyttelton est même allé jusqu’à mettre en corrélation directe cette litanie d’annulations prématurées et le départ du directeur des dramas de HBO, Michael Ellenberg, en janvier 201613.

    20Plutôt que d’entrer dans ce genre de débats purement conjecturels, je me contenterai ici de rappeler que l’art ne peut advenir sans une part de souffrance, et que celle-ci fait partie intégrante du processus créatif (quoi qu’en disent ceux qui s’élèvent en parangons de vertu et en ayatollahs de la bonne conduite). Certes, comme toute chaîne premium, il arrive à HBO de commettre des erreurs de jugement, de payer lourdement le prix de son ambition, de perdre son temps à tenter d’étouffer des crises internes synonymes de mauvaise publicité potentielle, et de se retrouver démunie à la fois face à la pression de concurrents acharnés aux moyens financiers de plus en plus colossaux et face à une évolution supersonique des modes et des pratiques de consommation, à l’ère de la mobilité et de la SVOD. Mais ce que viennent salutairement nous rappeler tous les projets prometteurs de HBO « que nous ne verrons jamais », c’est qu’il faut se battre pour parvenir à créer une œuvre qui réponde simultanément aux attentes d’une chaîne, d’un public et d’une époque. Comme le confiait Michael Lombardo du temps où il était encore directeur des programmes de HBO :

    « Nous estimons ne pas avoir à nous excuser de maintenir notre confiance en des projets susceptibles de devenir de grandes séries. Malheureusement, nous n’avons parfois d’autre choix que de couper court à leur développement. Ce n’est jamais une partie de plaisir, mais ça fait partie du métier14. »

    21Si chaque inaboutissement raconte une histoire différente, tous revalorisent la chance qu’ont d’y échapper les coureurs de fond qui parviennent à se faire une place au soleil de HBO. Cela ne veut pas dire que chaque série originale de la chaîne est un succès garanti : nous avons vu à quelle vitesse les belles promesses d’hier pouvaient virer à la désillusion et se voir subitement requalifiées de paroles en l’air auxquelles il ne fallait pas accorder de crédit. Mais, au moins, HBO essaie. Tel un peintre s’asseyant tous les matins devant son chevalet pour tenter de créer un nouveau chef-d’œuvre, la chaîne premium s’évertue sans relâche à renouer avec ses inspirations passées, tout en tâchant de ne pas reproduire inéluctablement la même toile. Celles qui ont atterri au débarras continuent de l’accompagner malgré tout, vestiges d’un « Ça aurait pu » dont il serait tout à fait absurde de considérer qu’elles ont été esquissées en pure perte. Car le génie autosuffisant n’est qu’un mythe ; quoi qu’en pensent les plus incorrigibles des romantiques, l’art se travaille, quitte à devoir parfois endurer de bien cruelles désillusions. La splendeur de la toile achevée n’en est que plus saisissante.

    HBO et la « révolution » du streaming
    Malgré les promesses de rupture avec le modèle télévisuel traditionnel, l’entrée en lice des plateformes de SVOD et la course à la série « dont tout le monde parle » sont venues placer HBO au cœur de la révolution du streaming enclenchée par le positionnement de Netflix sur le marché des séries originales en 2013. En acquérant pour 250 millions de dollars les droits d’adaptation en série(s) de Lord of the Rings, les dirigeants d’Amazon n’ont en effet pas caché leur désir de mettre au monde le « nouveau Game of Thrones ». En avril 2018, ils ont également annoncé leur intention de redonner vie au projet d’adaptation de la série anglaise Utopia, après le renoncement de HBO que nous avons évoqué dans ce chapitre. Le même mois, Apple a de son côté rendu publique sa volonté d’adapter en série le cycle Fondation d’Isaac Asimov : là encore, il s’agit d’un projet d’abord développé par HBO, avant d’être abandonné par la chaîne câblée afin de laisser place à l’éclosion de Westworld. Bref, le nouvel âge (d’or ?) des séries « télévisées » semble plus que jamais arcbouté sur les formules gagnantes d’hier – et il s’avère que HBO en possède quelques-unes en magasin. Soit une preuve de plus que l’avenir des séries télévisées sera artistique avant d’être technique : inventer la série de référence de demain ne pourra faire l’économie d’un vertigineux saut dans l’inconnu, quitte à accepter d’ajouter de nouvelles entrées à la liste des innombrables projets salivants qui n’auront finalement jamais vu le jour.

    Notes de bas de page

    1 Braund Simon, Les plus grands films que vous ne verrez jamais, Paris, Dunod, 2013.

    2 Sur ce sujet, se référer également au documentaire de Frank Pavich, Jodorowsky’s Dune (2013), qui revient sur la genèse rocambolesque et finalement légendaire de Dune, le projet de science-fiction maudit d’Alejandro Jodorowsky tiré du roman de Frank Herbert paru en 1965 aux États-Unis.

    3 Littlefield Warren, op. cit., p. 56.

    4 Skjerping Katy, « Scene from HBO », Vimeo, 8 février 2010, consulté le 24 août 2017 : https://vimeo.com/9302741.

    5 Ces derniers temps, Chase s’est d’ailleurs montré prêt à replonger dans l’univers des Sopranos – mais sous la forme d’un film, et plus précisément d’un prequel revisitant les années débridées des parents de Tony et de l’oncle Junior dans les années 1960. Le studio New Line a en effet officialisé, en mars 2018, l’acquisition d’un scénario de long-métrage écrit par Chase sans que HBO ne soit de la partie.

    6 Sepinwall Alan, « What if HBO picked up Winnie Holzman’s show instead of “The Sopranos” ? », What’s Alan Watching ?, 20 août 2013, consulté le 24 août 2017 : http://uproxx.com/sepinwall/what-if-hbo-picked-up-winnie-holzmans-show-instead-of-the-sopranos.

    7 Masters Kim, loc. cit.

    8 Tartaglione Nancy, « David Chase On “The Sopranos” & Potential Prequel, His New HBO Project, James Gandolfini & Terence Winters’“Vinyl” Exit », Deadline, 15 avril 2016, consulté le 24 août 2017 : http://deadline.com/2016/04/david-chase-on-the-sopranos-ending-potential-prequel-movie-new-hbo-show-ribbon-of-dreams-james-gandolfini-terence-winter-vinyl-exit-1201738026.

    9 DeFino Dean J., op. cit., p. 221-222.

    10 Patterson Troy, « Road Kill », Slate, 26 mars 2008, consulté le 25 août 2017 : http://www.slate.com/articles/arts/television/2008/03/road_kill.html.

    11 Rose Lacey, « HBO Shake-Up : Casey Bloys Named President of Programming », The Hollywood Reporter, 23 mai 2016, consulté le 26 août 2017 : http://www.hollywoodreporter.com/news/hbo-shake-up-casey-bloys-896346.

    12 Rose Lacey, « The Buzz on HBO’s New Programming Chief Casey Bloys : Insiders Speak », The Hollywood Reporter, 25 mai 2016, consulté le 26 août 2017 : http://www.hollywoodreporter.com/news/buzz-hbos-new-programming-chief-897182.

    13 Lyttelton Oliver, « “Vinyl” Loses Its Groove And Why HBO Is Struggling In The Era Of Peak TV », IndieWire, 14 avril 2016, consulté le 26 août 2017 : http://www.indiewire.com/2016/04/vinyl-loses-its-groove-and-why-hbo-is-struggling-in-the-era-of-peak-tv-292559.

    14 Cité par Masters Kim, loc. cit.

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    1 Braund Simon, Les plus grands films que vous ne verrez jamais, Paris, Dunod, 2013.

    2 Sur ce sujet, se référer également au documentaire de Frank Pavich, Jodorowsky’s Dune (2013), qui revient sur la genèse rocambolesque et finalement légendaire de Dune, le projet de science-fiction maudit d’Alejandro Jodorowsky tiré du roman de Frank Herbert paru en 1965 aux États-Unis.

    3 Littlefield Warren, op. cit., p. 56.

    4 Skjerping Katy, « Scene from HBO », Vimeo, 8 février 2010, consulté le 24 août 2017 : https://vimeo.com/9302741.

    5 Ces derniers temps, Chase s’est d’ailleurs montré prêt à replonger dans l’univers des Sopranos – mais sous la forme d’un film, et plus précisément d’un prequel revisitant les années débridées des parents de Tony et de l’oncle Junior dans les années 1960. Le studio New Line a en effet officialisé, en mars 2018, l’acquisition d’un scénario de long-métrage écrit par Chase sans que HBO ne soit de la partie.

    6 Sepinwall Alan, « What if HBO picked up Winnie Holzman’s show instead of “The Sopranos” ? », What’s Alan Watching ?, 20 août 2013, consulté le 24 août 2017 : http://uproxx.com/sepinwall/what-if-hbo-picked-up-winnie-holzmans-show-instead-of-the-sopranos.

    7 Masters Kim, loc. cit.

    8 Tartaglione Nancy, « David Chase On “The Sopranos” & Potential Prequel, His New HBO Project, James Gandolfini & Terence Winters’“Vinyl” Exit », Deadline, 15 avril 2016, consulté le 24 août 2017 : http://deadline.com/2016/04/david-chase-on-the-sopranos-ending-potential-prequel-movie-new-hbo-show-ribbon-of-dreams-james-gandolfini-terence-winter-vinyl-exit-1201738026.

    9 DeFino Dean J., op. cit., p. 221-222.

    10 Patterson Troy, « Road Kill », Slate, 26 mars 2008, consulté le 25 août 2017 : http://www.slate.com/articles/arts/television/2008/03/road_kill.html.

    11 Rose Lacey, « HBO Shake-Up : Casey Bloys Named President of Programming », The Hollywood Reporter, 23 mai 2016, consulté le 26 août 2017 : http://www.hollywoodreporter.com/news/hbo-shake-up-casey-bloys-896346.

    12 Rose Lacey, « The Buzz on HBO’s New Programming Chief Casey Bloys : Insiders Speak », The Hollywood Reporter, 25 mai 2016, consulté le 26 août 2017 : http://www.hollywoodreporter.com/news/buzz-hbos-new-programming-chief-897182.

    13 Lyttelton Oliver, « “Vinyl” Loses Its Groove And Why HBO Is Struggling In The Era Of Peak TV », IndieWire, 14 avril 2016, consulté le 26 août 2017 : http://www.indiewire.com/2016/04/vinyl-loses-its-groove-and-why-hbo-is-struggling-in-the-era-of-peak-tv-292559.

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