Le corps gourmand dans la comédie antique
p. 247-254
Texte intégral
1La comédie grecque dite ancienne du ve siècle avant notre ère s’attaque à ceux qui ont le corps trop gros et à ceux qui ont le corps trop mince1. Parmi ces derniers se trouvent les poètes et les philosophes, autrement dit ceux qui ne prennent pas place dans le monde du matériel, ne se lavent pas les pieds et marchent en l’air. Nous pensons à Socrate ainsi présenté par Aristophane dans les Nuées2. Naturellement, de tels philosophes s’intéressent peu à la nourriture et à la gourmandise. En revanche, ceux qui ont le corps trop gros s’y intéressent trop, et souvent n’arrivent pas à contrôler leur appétit, ce qui pose le problème de la maîtrise de soi. En principe, il s’agit d’un problème moral et social bien plus que médical.
2Les médecins se soucient parfois de ceux qui sont trop gros mais en général être gros ne leur pose pas de problème. Dans les Aphorismes d’Hippocrate on lit « un corps lourd est noble et ne déplaît pas dans le cas des jeunes ; dans le cas des vieux ce n’est pas convenable et plaît moins qu’un corps plus petit » (II, 54) ; « dans toutes les maladies, ceux qui sont gros de ventre font bien ; cela fait mal d’être très mince et énervé de cette partie » (II.35). « Un état de santé porté à l’extrême est dangereux » (I.3), ce qu’on trouve chez les athlètes de grande taille, mais, en même temps, être extrêmement mince est très mauvais. Les médecins hippocratiques craignaient surtout le trop plein (de sang, de bile, de phlegme) ou le ventre affamé, « parce que rien n’est bien s’il est contre la nature » (Aphorismes II.4 ; voir également II.51). Ces notions d’excès et de contre-nature se trouvent également dans la comédie grecque.
3Danielle Gourevitch3, en 1985, a étudié l’obésité dans le monde romain et a trouvé que l’obésité frappait le corps masculin, en particulier le corps des rois des cités grecques chez Athénée4, et le corps des empereurs romains, chez Suétone, celui de Néron, par exemple, ou ceux de Vitellius, de Galba et de Domitien. L’obésité peut être médicalisée, dit-elle, en citant Galien Sur la diète atténuante et Sur la méthode thérapeutique – il faut manger les aliments les moins nourrissants évidemment – mais souvent « l’obésité a des connotations morales très fortes », ce que nous retrouvons dans les comédies et dans le discours d’Athénée sur la comédie.
4Dans le discours médical, comme dans la comédie, manger suffisamment et manger ce qui plaît est très important. « Quant à la nourriture et la boisson, c’est mieux de prendre quelque chose qui convient un peu moins mais qui plaît, que quelque chose qui convient plus mais plaît moins »5. L’auteur hippocratique s’exprime avec prudence. Si l’aliment a bon goût, la langue s’assure qu’il ne va pas blesser le corps. La position de Galien est identique : le bon goût indique un aliment qui est bon pour le corps, mais le médecin conseille néanmoins la prudence, puisque l’art des cuisiniers réside dans la préparation des mets uniquement pour le plaisir, sans prise en compte de la santé6.
5Dans la comédie, en revanche, manger ce qui plaît à la fin de la pièce exprime tout ce qu’il y a de bon, signifie que tout est dorénavant en bon ordre. Dans presque toutes les comédies, que ce soit une pièce d’Aristophane (de la comédie ancienne), de Ménandre (de la comédie nouvelle) ou une pièce romaine de Plaute du iie siècle avant notre ère, manger à la fin de la pièce signale la résolution des problèmes et des dérèglements initiaux. Souvent, il s’agit d’un repas de mariage ou d’une fête de la cité. De cette façon, la pièce parvient à reformuler l’utopie comique où tout le monde peut manger à son gré, sans travailler et même sans cuire ! On dit dans Les Amphictyons, une pièce utopique perdue de Teleclidès, du ve siècle avant notre ère, « les hommes étaient gras à cette époque et de puissants géants » (fr. 1 KA).
6Le banquet final peut être un repas assez simple mais aussi un grand repas à plats divers et variés. Notons les mets savoureux et les différentes méthodes de préparation dans ce passage d’Aristophane : « Enfants, femmes, n’avez-vous pas entendu ? Que faites-vous ? N’entendez-vous le héraut ? Faites bouillir, rôtissez à point, tournez, retirez le lièvre, vite ! Nouez les couronnes. Qu’on me passe les brochettes, que j’enfile les grives »7.
7Tous ceux qui sont du côté du poète peuvent dîner, tous ceux qu’il exclut, en revanche, s’en vont sans manger. Tous ceux qui mangent bien sont du côté du poète, mais ceux qui ne mangent pas comme il le faut ne sont pas les bienvenus à la fête comique. Ces hommes-là sont chassés de la fête parce qu’ils mangent soit seuls, soit trop ; du point de vue politique, ils dérobent les biens du peuple. Ainsi est célébré le corps gourmand communautaire – le corps du peuple bien nourri et brillant à l’huile d’olive – mais on se méfie de l’individu au corps gourmand8.
8Dans la comédie ancienne d’Aristophane et de ses rivaux, nous pouvons noter les noms de certains de ces individus trop gourmands. Le plus célèbre s’appelle Cléonyme, un homme politique, gros et de grande taille, et qui plus est lâche. Il parlait beaucoup mais a jeté son bouclier dans une bataille ! On se moque de lui dans une douzaine de comédies9. Peisandros, un autre homme politique, était un glouton (Adesp. 64 KA) et un lâche. Aristophane en fait mention dans plusieurs pièces, notamment dans sa deuxième, Les Babyloniens, dans laquelle Peisandros apparaît (fr. 84) : il y accepte les pourboires des alliés d’Athènes ! Mais le plus important de tous, c’est Cléon. Aristophane l’a attaqué plus que tout autre. C’est lui qui est présenté dans les Guêpes sous la forme d’un chien qui a dérobé un grand fromage et qui apparaît dans un procès absurde. On l’accuse d’être « l’homme qui mange seul le plus de tous les chiens » (v. 922). En d’autres termes, il a demandé plus de pourboires aux alliés que tout autre. Ici le fromage représente la Sicile. Ailleurs dans la pièce, on trouve une métaphore similaire où la nourriture représente soit l’argent reçu pour pourboire, soit les revenus impériaux qui arrivent à Athènes :
Et toi, tu te contentes de grignoter les déchets de ta royauté. Quant aux alliés, voyant bien que le rebut de la population vit du produit du kèmos, efflanqué et se nourrissant autant dire de rien, ils t’estiment, toi, autant que le suffrage de Connos, tandis qu’à eux ils apportent en don pots de salaison, vin, tapis, fromage, miel, sésame, coussins, coupes, manteaux, couronnes, colliers, vases à boire, riche santé.10
si l’on avait imposé à chacune (des cités alliées) d’entretenir vingt hommes, vingt mille de nos citoyens vivraient en pleine abondance de civets, de couronnes de toute espèce, de colostre et de crème cuite, goûtant des délices dignes de ce pays et du trophée de Marathon. Mais maintenant, pareils à ceux qui cueillent les olives, vous suivez celui qui tient le salaire.11
9Les biens offerts ne sont ni en argent ni en métaux, mais en aliments. Dans la comédie, les échanges se font souvent avec des produits alimentaires que le peuple souhaite manger lors des fêtes civiques. Dans ce cas, il est question de denrées du commerce (sésame), mais surtout de la ferme : le vin, le fromage, le colostre, la crème cuite. Ce sont ces aliments envers lesquels les hommes politiques de la démocratie athénienne ne peuvent pas contrôler leur appétit. Ils ont souvent l’appétit d’un animal, un chien (Cléon dans Les Guêpes), une mouette (Cléon dans Les Cavaliers), un oiseau kataphagas (Cléonyme dans Les Oiseaux).
10Il s’agit en premier lieu de la corruption politique : le corps de l’homme politique s’engraisse parce qu’il engloutit les revenus de l’État. C’est un problème de la vie politique à l’époque de la démocratie athénienne, mais c’est aussi un problème plus ancien, mentionné par exemple par Hésiode, au viiie siècle, au sujet des rois dôrophagoi, « qui avalent les dons »12. Nous pourrions penser que l’appétit n’est qu’une métaphore comique dans une pièce qui traite des affaires politiques. Mais n’oublions pas que la nourriture fait tout le temps partie de la comédie. Manger ensemble, boire ensemble, profiter de l’agriculture à l’aide des dieux : tout ceci exprime le bonheur comique. C’est un élément de carnaval qui animait les fêtes de Dionysos à Athènes13. En ce sens, le corps gourmand appartient bel et bien au genre de la comédie. Athénée dans son histoire de la gourmandise grecque, Les Deipnosophistes, cite les comédies presque plus que tout autre genre14. Bien manger, manger des plats variés, préparer d’une façon ou d’une autre un mets, etc., tous ces détails se retrouvent dans les citations comiques offertes par Athénée. On trouve comment cuire les poissons, par exemple, les discours des chefs vantards sur la meilleure méthode, les fruits variés, etc. Nous pouvons ajouter que le premier livre de cuisine en Europe, écrit au ive siècle avant notre ère, Hèdupatheia ou La vie de plaisir d’Archestrate de Géla, s’exprime en vers homériques mais emprunte à la comédie le vocabulaire et le mode d’expression15. La littérature gourmande en grec, en effet, a puisé dans la comédie, plus que dans tout autre genre, son vocabulaire.
11Ainsi, dans les comédies, le corps gourmand peut-il signifier aussi bien un membre de la cité en fête qu’un individu qui a trop profité du bien public. Ce dernier n’est pas un bon citoyen, et cette immoralité publique s’exprime en termes d’immoralité privée, c’est-à-dire par une incapacité à contrôler son appétit (akrasia). La comédie se préoccupe donc de la vie de la cité et de l’unité des citoyens. Les citoyens se réunissent mieux autour d’une attaque contre ceux qui ont le pouvoir, et cherchent à les chasser de la fête communautaire. La comédie insulte l’homme politique qui ne contrôle pas son appétit, ce qu’on trouve ailleurs, dans les plaidoyers du ive siècle avant notre ère16. Athénée (VIII, 341e) remarque en effet qu’Hypéride, orateur et auteur de plaidoyers, était un gourmand (opsophagos) selon le poète comique Timoclès dans sa pièce Délos (fr. 4).
12Dans une pièce en particulier, Les Cavaliers, Aristophane présente le peuple athénien, le Démos. Il est un maître faible qui permet à ses esclaves (les hommes politiques) de le nourrir comme un nourrisson. Ainsi ses esclaves le tiennent sous leur contrôle tout en en profitant pour s’engraisser des autres aliments. Mais à la fin de la pièce, Démos déclare qu’il sait bien ce que dérobent les esclaves, et le chœur lui répond :
Alors tu fais bien, si la sagesse inspire ta conduite, comme tu dis, une profonde sagesse si exprès tu les engraisses comme les victimes publiques, dans la Pnyx, et qu’ensuite s’il se trouve que tu n’as pas d’autres mets, tu prennes le plus gras pour l’immoler et en faire ton dîner.17
13 Il les soumet, comme des animaux, à la violence sacrificielle. Ces hommes politiques, qui sont tous gloutons, se sont engraissés des aliments, autrement dit des biens publics ; mais Démos, le peuple athénien, en est conscient et les abat comme des bœufs engraissés, selon les rites traditionnels de la religion.
14La comédie a construit cet individu qui ne se contrôle pas. C’est l’homme appétitif de Platon dans La République, et d’Aristote dans l’Éthique à Nicomaque ; celui-ci est akrates, il ne se maîtrise pas. Nous pouvons le comparer au roi obèse de la tradition moralisatrice qu’Athénée a rassemblé dans Les Deipnosophistes, le roi qui mange trop est trop efféminé et n’est pas un bon guerrier18, et, aussi, à l’empereur chez Suétone qui mange bien et mange seul : le tyran qui mange tandis que le peuple ne mange pas19.
15Nous voyons dans les pages d’Athénée des personnages qui ne contrôlent pas leur appétit : les rois luxueux du douzième livre ; les gourmands (opsophagoi) qui risquent tout pour manger le meilleur des poissons ; les parasites qui s’humilient à tout faire tant ils ont envie de gagner une place à table. Dans le vocabulaire comique, le gourmand se distingue de celui qui a faim, le parasite, mais ils sont tous deux de mauvais citoyens. Mis à part les rois, tous ces personnages se retrouvent sur la scène comique, les opsophagoi dans les pièces de la Comédie moyenne cités par Athénée dans le huitième livre20, les parasites dans une pièce sicilienne d’Épicharme, du début du ve siècle (cité par Athénée VI, 235e- 236c), dans les Flatteurs d’Eupolis à Athènes (cité par Athénée VI, 236e-f), et dans les pièces de la Comédie moyenne. Un parasite d’Épicharme (fr. 31, cité par Athénée VI, 235f) est ainsi décrit : « mais un autre est arrivé, immédiatement après lui, que tu pourras acquérir facilement, exprès, l’hôte qui est toujours présent, à bon marché. Ce monsieur du moins avale ses biens sans prendre de l’air, comme s’il vidait une coupe ». Et Athénée fait une petite liste d’occurrences « opsophagos/opsophagein » (VIII, 345f) :
Aristophane dans la deuxième version des Nuées [v. 983], « n’être ni gourmand ni bavard » ; Céphisodote dans Le Porc [fr. 9 KA] : « ni gourmand ni bavard » ; Machon dans La Lettre ([r. 2 KA] : « Je suis gourmand. C’est la base de notre art. Celui qui ne veut pas détruire le savoir transmis doit aimer les bonnes choses. Celui qui se soucie de lui-même ne sera pas mauvais […].
16 Athénée nous offre, en effet, la réception des personnages comiques d’antan dans le monde gréco-romain du iie siècle de notre ère. Il nous enseigne à maîtriser la vie pour éviter et la gloutonnerie et l’excès qui mènent à l’akrasia (la perte de contrôle de soi). Dans ce monde plus tardif, on peut se moquer du parasite et de l’opsophagos, mais on risque encore de répéter ce que ces personnages faisaient sur la scène. J’ai proposé ailleurs ce que nous pouvons apprendre de la comédie selon Athénée21, et comment Athénée a présenté le poème de cuisine d’Archestrate22, mentionné ci-dessus. Pour Athénée, Archestrate offre, d’une part, tout le bonheur de la gourmandise, les poissons et comment les préparer, les jeux d’esprit et les jeux de mots qu’on trouve au symposium grec, et, de l’autre, tout ce qui est mauvais et désagréable. Dans un fragment particulier (fr. 22 Olson et Sens) par exemple, Archestrate conseille au lecteur de dérober un poisson si on en a envie sans avoir les moyens financiers de l’acheter. Et dans le fragment 16, 1-4 (Olson et Sens), Archestrate conseille :
Quand vous arrivez au pays riche d’Ambracie, achetez le kapros, si vous le voyez, et ne le laissez pas de côté, même s’il pèse l’équivalent en or, de peur que la nemesis terrible des dieux se lance contre vous. Car c’est la fleur de nectar.
17Pour équilibrer ces deux aspects, le bon goût et la bonne cuisson d’une part, et le désir sans limite de l’autre, Athénée, dans son œuvre énorme en quinze livres, évoque les ambiguïtés de la gourmandise grecque.
18Six siècles plus tôt, la comédie grecque rend compte des mêmes ambiguïtés dans l’évocation de la gourmandise. Les rites de la cité, le sacrifice, les fêtes permettaient une distribution acceptable. Le sacrifice en effet contrôlait l’équité de la distribution de viande. Tout allait bien si la gourmandise était communautaire, mais pour la gourmandise de l’individu c’était autre chose.
19Nous pouvons dire que la comédie ancienne d’Aristophane appartient à la cité démocratique d’Athènes, et que la comédie plus tardive, contemporaine d’Alexandre et de Rome, a perdu cette perspective communautaire. Mais là aussi, il faut manger comme il faut. Ni le parasite qui a toujours faim, ni les jeunes gens qui dilapident les biens patrimoniaux en soirées avec les filles ne font ce que la société attend.
20Pour conclure, remémorons-nous la dernière pièce qui a survécu d’Aristophane, Ploutos, dans laquelle le dieu de la richesse, Ploutos, récupère la vision. Il n’est plus aveugle, ce qui lui permet de donner l’argent aux bons citoyens, et non plus aux mauvais qui mangent trop. Il peut voir clairement et ne donne plus d’argent aux hommes politiques corrompus. C’est un conte agréable. Mais Aristophane nous présente au milieu de la pièce un personnage affreux et tragique, Pauvreté, qui parle bien et vivement :
Pauvreté
[…] tu ne sais pas que plus que Ploutos [Richesse] je rends les hommes supérieurs et pour l’esprit et pour le corps. Avec lui ils sont podagres, ventrus, épais de cuisses, gras insolemment ; avec moi ils sont minces, à la taille de guêpe et fâcheux pour les ennemis.23
21Être riche détruit la morale du peuple, dit-elle. Personne ne travaillera plus. Quant à la santé, sans travail, le peuple aura un corps malsain. On peut arriver à l’utopie comique, et manger comme un gourmand. Mais aura-t-on la bonne santé ? Finissons par où nous avons commencé, le domaine de la médecine qui ne parle définitivement ni pour ni contre le corps gourmand. Ce qu’il faut, déclare l’auteur hippocratique du Régime III, 67, vers 400 avant notre ère, c’est « la juste proportion (la summetria) des exercices par rapport à la quantité des aliments ». À l’époque d’Athénée, Galien, en bon hippocratique qu’il était, évoque lui aussi la notion de la summetria, de la juste proportion, comme bon principe de santé. Le corps trop gros ou trop mince n’est pas en bonne santé (Galien, Hygiène VI, 8, 182.31-184.18 CMG) : le médecin doit corriger celui-ci avec une application de poix24, celui-là à l’aide de la diète amaigrissante, le sujet d’un traité particulier de Galien. Ce n’est pas le médecin hippocratique tout seul qui se soucie du corps gourmand, ce sont aussi les poètes et les auditeurs de la comédie. À l’époque de Galien et d’Athénée, on lisait encore les comédies, même aux banquets dans les somptueuses villas de l’élite romaine, sous l’œil érudit d’un Pline le Jeune ou d’un Athénée de Naucratis. Ce dernier décrit, dans Les Deipnosophistes, les repas les plus fastueux et rappelle aux convives les personnages comiques qui montrent comment on doit manger, et comment on ne le doit point. Être gourmand chez Athénée, c’est bien, mais prenez garde, il faut agir avec prudence !
Notes de bas de page
1 J. Wilkins, The Boastful Chef : The Discourse of Food in Ancient Greek Comedy, Oxford, Oxford University Press, 2000, p. 24-28.
2 Athénée (Les Deipnosophistes, XII, 552d) note que l’homme politique du ive siècle avant notre ère, Philippides, d’après Hypereidès le plaideur (p. 57 Jensen) était mince et laid. Le poète comique Aristophon en fait mention dans la pièce Platon (fr. 8) : « A : Dans trois jours je le présenterai plus mince que Philippides !/
B : Tu fais les cadavres en si peu de jours ? »
3 D. Gourevitch, « L’obésité et son traitement dans le monde romain », History and philosophy of the life sciences, vol. VII, no 2, 1985, p. 195-215.
4 Athénée, Les Deipnosophistes XII, 449e, à propos de Ptolémée VII : « Par son goût du luxe, son corps était devenu complètement corrompu de graisse et avec un ventre d’une telle taille qu’il aurait été difficile de le mesurer avec ses bras » ; XII, 550b, « Magas, le roi de Cyrène est devenu extraordinairement lourd à la fin de sa vie et s’est étouffé à cause de sa grosseur ».
5 Aphorismes d’Hippocrate II, 38.
6 Sur les Facultés des aliments II, 50 (317.15-21 CMG, 6.639 K). Galien suit Platon dans le Gorgias à propos du cuisinier qui offre des aliments trompeurs.
7 Les Acharniens, v. 1003-1007.
8 Sur la cité, les fêtes et l’utopie, voir J. Wilkins, The Boastful Chef…, op. cit., p. 103-155.
9 Ibid., p. 27.
10 Les Guêpes, v. 672-7, traduction de H. Van Daele, CUF, 1958.
11 Ibid., v. 708-712.
12 Hésiode, Les Travaux et les Jours, v. 37-41.
13 Cf. M. Bakhtine, L’œuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen âge et sous la Renaissance, traduction française, Paris, Gallimard, 1970 ; J.-C. Carrière, Le Carnaval et la politique, Paris, Les Belles Lettres, 1979.
14 J. Wilkins, « Visions de la comédie grecque sur les alimentations des élites », in J. Leclant, A. Vauchez et M. Sartre (dir.), Pratiques et discours alimentaires en Méditerranée de l’Antiquité à la Renaissance, Paris, De Boccard, 2008, p. 157-170.
15 S.D. Olson et A. Sens, Archesratos of Gela : Greek Culture and Cuisine in the Fourth Century BC, Oxford-New York, Oxford University Press, 2000.
16 J. Davidson, Courtesans and Fishcakes : The Consuming Passions of Classical Athens, Londres, HarperCollins, 1997.
17 Les Cavaliers, v. 1131-1140, traduction de H. Van Daele, CUF, 1995.
18 Magas de Cyrène, par exemple cité plus haut.
19 S. Braund, « The Solitary Feast : A Contradiction in Terms ? », Bulletin of the Institute of Classical Studies, no 41, 1996, p. 37-52.
20 Par exemple VIII.342 e-f « Antiphane dans les Hommes Riches fait une liste des opsophagoi dans les lignes qui suivent ».
21 J. Wilkins, « Vers une histoire sympotique », in D. Lenfant (dir.), Athénée et les fragments d’historiens, Paris, De Boccard, 2007.
22 Id., « Athenaeus the Navigator », Journal of Hellenic Studies, no 128, 2008, p. 132-152.
23 Ploutos, v. 558-561, traduction de H. Van Daele, CUF, 2002.
24 Pour éviter la perte de substances nutritives à travers les pores.
Auteur
-
John Wilkins
Professeur en histoire ancienne, Université d’Exeter, département d’études classiques et d’histoire ancienne.
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