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    Plan détaillé Texte intégral MYTHES ORIGINELS LES ANTIQUITÉS DE NÎMES LE SERVICE DE LA " ROME FRANÇAISE " Notes de bas de page Notes de fin Auteur

    Images et imaginaires dans la ville à l’époque moderne

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    L’image de Nîmes antique dans l’historiographie et la mémoire collective locale aux xviie et xviiie siècles

    Robert Sauzet

    p. 49-61

    Note de l’auteur

    Note portant sur l’auteur1

    Texte intégral MYTHES ORIGINELS LES ANTIQUITÉS DE NÎMES LE SERVICE DE LA " ROME FRANÇAISE " Notes de bas de page Notes de fin Auteur

    Texte intégral

    1Avant l’implantation du protestantisme, le fait culturel majeur du xvie siècle Nîmois fut la découverte du passé antique de la ville. Un groupe de notables urbains humanistes gravitait autour de l’hôtel de ville, du présidial et du collège créé en 1534. Ce milieu, qui apparaît nettement dans la correspondance d’Antoine Arlier premier consul en 1535, fut l’âme de la Renaissance Nîmoise : Jean Agulhonet lieutenant du sénéchal, Jacques Andron premier consul puis conseiller au présidial, Jean de Montcalm juge-mage, les avocats Georges et Solinhac et surtout la famille Albenas, pépinière de juristes et de magistrats municipaux. C’est de cette gens qu’est issu l’humaniste Jean Poldo d’Albenas dont le Discours historial publié en 1559 à Lyon a marqué toute l’historiographie locale pendant la période moderne, qu’il s’agisse de la transmission des légendes sur les origines de la cité ou de la description des antiquités locales. Le retour, souvent complaisant, sur le passé romain de la ville contient des significations politiques ou religieuses qu’il nous faudra brièvement envisager.

    MYTHES ORIGINELS

    2Le Discours historial, s’appuyant sur le De urbibus du grammairien grec du ve siècle Etienne de Byzance, attribue la fondation de Nîmes à Nemausus, fils d’Hercule1. Pendant deux siècles, cette légende – empruntée d’ailleurs à un rhéteur du premier siècle, Parthenios de Phocée – perdurera.

    3Au début du xviie siècle l’avocat protestant et humaniste, Anne Rulman, fils d’un professeur d’origine allemande du collège local, adopta dans son Inventaire particulier de l’Histoire des antiquitez de Nismes jusqu’à l’année 1626 l’interprétation de Poldo d’Albenas, tout en critiquant son style " rude et raboteux " et son goût pour les " discours généraux "2. Un peu plus tard le conseiller au présidial de Nîmes, Gaillard Guiran, élargissait la problématique des origines de la cité en envisageant sa fondation possible par Hercule lui-même : " ab Hercule... vel Nemauso filio "3

    4A la même époque, l’érudit protestant Jacques Deyron s’attacha à justifier la création par le fils du vainqueur du lion de Némée. Cette recherche de preuves est d’ailleurs le signe d’un début de contestation de la légende traditionnelle. Deyron commence par opposer la majesté de l’Histoire à la sottise des récits fabuleux : " la fable contrefait naifvement l’Histoire... Jusques au plus petit bourg (si on en veut croire son consul) son fondateur aura esté un Dieu. "En revanche, une série de bons auteurs antiques constitue une autorité indiscutable. Les Nîmois n’ont pas à se forger des légendes, ils ont seulement à relever dans l’Histoire le récit véridique de la naissance de leur cité : " Nostre ville de Nismes n’a pas besoin de cette flatterie. Sa fondation glorieuse ne peut pas estre raisonnablement disputée à un héros après en avoir tant produit, ni entre les héros à Nemausus, fils d’Hercule puisqu’elle en porte le nom et que Diodore Sicilien et Ammien Marcellin rapportent que les enfans qu’Hercule eut de plusieurs dames, en la Gaule celtique, y fondèrent beaucoup de villes ausquelles ils donnèrent leurs noms. L’idemptité du nom est une preuve vraisemblable de l’idemptité des choses ". A l’appui de ce raisonnement sur le nom il précise : " ... on a moins douté que la ville de Rome fut de la fondation de Romule parce qu’elle en porte le nom que parce que Plutarque, Florus, Tite-Live le rapportent ". En amont des références à Diodore de Sicile et Ammien Marcellin sur les activités fondatrices des fils procréés en Gaule par Hercule à son retour d’Espagne, Deyron retrouve les sources fondamentales : Etienne de Byzance et, avant lui, Parthenios. Leur autorité lui paraît irréfutable car " esloignez de nostre voisinage pour estre grecs de nation ", ils ne sauraient être " suspects de complaisance "4.

    5Selon Deyron, on peut trouver à Nîmes même, confirmation dans la pierre des origines de la cité : n’y a-t-il pas deux taureaux sculptés à la porte principale de l’amphithéâtre ? Cet animal qui figura, de 1516 à 1535, dans le blason de la ville était selon Poldo d’Albenas " une des marques de noblesse d’Hercule ". Deyron développe ce point : ces taureaux étaient assurément destinés à commémorer la victoire du héros sur Acheloos. Comme Poldo, Deyron pensait que le père de Nemausus était l’Hercule lybique ou égyptien et non le héros thébain, fils d’Alcmène. Il était fils ou petit fils d’Osiris, dieu de la lumière, tué et dépecé chaque soir par Typhon : le triple phallus becqueté par des oiseaux, visible sur les pierres de l’amphithéâtre, ne saurait représenter que le membre viril d’Osiris, jeté dans le Nil après la mise à mort du dieu, dévoré par les oiseaux et devenu objet de culte. Il y aurait là un prolongement priapique du culte du héros fondateur5.

    6Nous retrouvons, à la même époque, le demi-dieu sur la scène du théâtre scolaire. De 1634 à 1664, les jésuites partagèrent avec les régents protestants les chaires du collège de Nîmes. Comme ailleurs ils utilisèrent, pour des raisons à la fois pédagogiques et publicitaires, le théâtre, se fondant sur la mythologie – bien sûr " ab omni obscenitate expurgata " – pour traiter des thèmes d’actualité6. En septembre 1643, ils firent jouer par leurs élèves une pièce de circonstance inspirée par la récente mort du roi, " Balthazar allegoricus seu impietas a Ludovico justo expugnata, tragoedia. "7. Nemausus, fils d’Hercule, y apparaît mais, pour les besoins de la cause, ce n’est ici ni l’Hercule thébain, ni l’Hercule égyptien mais l’Hercule gaulois, image la plus vivace de la royauté française pour les esprits cultivés des xvie et xviie siècles8. Au premier acte, le prince des druides annonce la mort de l’Hercule gaulois, nouvelle que – au second acte – Mercure apporte à Nemausus. En bon fils et en bon prince, celui-ci impose le deuil mais la pièce a une fin heureuse : les druides obtiennent la métempsychose d’Hercule/Louis XIII en Nemausus/Louis XIV. Ici le mythe fondateur, remanié, est utilisé pour la glorification conjointe de la monarchie et de la ville.

    7Au delà des " humanités " jésuites, le récit originel était apparemment admis par la population Nîmoise – tout au moins l’élite cultivée – et, en 1696, l’intendant Basville dans son mémoire pour l’instruction du duc de Bourgogne en prenait acte avec quelque amusement : " la ville de Nîmes est très ancienne. Les habitants ne sont pas en difficulté de dire qu’elle fut bâtie par Nemausus fils d’Hercule. Il est constant qu’elle fut colonie des Romains. " De fait dès 1633 la légende fondatrice avait été critiquée par Guillaume Catel. Ce conseiller au parlement de Toulouse considérait Nemausus comme " fondateur imaginaire et fabuleux de la ville de Nismes " et le récit d’Etienne de Byzance comme une pure invention " puisque les anciens mesmes ont recognu que la plupart de ce qu’on escrivoit d’Hercule etoit des fables ". Tite-Live et Pline n’estimaient-ils pas purement légendaires les récits des aventures hispaniques et gauloises prêtées à Hercule ?9

    8A la fin du xviie siècle, dans l’ambiance plus générale de la " crise de la conscience européenne " où nombre de certitudes sont mises en cause, le médecin protestant lyonnais Jacob Spon, épigraphiste et voyageur, s’en prit à la fable herculéenne10. Remontant au récit d’Etienne de Byzance, Spon reprocha à Poldo d’Albenas et ses continuateurs d’avoir mal interprété le texte du rhéteur grec qui dit que Nîmes fut fondée par Nemausus, Héraclide. Héraclide " ne signifie point proprement fils d’Hercule mais seulement un de sa race comme il serait aisé de le prouver par une infinité de témoignages ". Par suite, " l’on ne peut sçavoir ni à quel degré ce Nemausus touchoit à Hercule ni en quel temps il vivoit et par conséquent le temps de la fondation de Nismes ". Ainsi s’effondrait la tentative de datation par Poldo d’Albenas (1159 avant J.-C.) ou par Deyron (1650 avant J.-C). Spon concluait raisonnablement : " ce qui est très vray, c’est que la ville est fort ancienne et que ce fondateur estoit adoré comme un Dieu par les habitans de Nismes ainsi qu’on le peut voir par les inscriptions suivantes et c’est ce que les anciens avoient accoutumé de faire des dieux de leurs fondateurs et de leurs princes. " L’évêque académicien Esprit Fléchier s’était documenté sur les antiquités de la ville qu’il avait fait visiter, en mars 1701, aux ducs de Bourgogne et de Berry. Il rédigea, par la suite, le commentaire qu’il avait donné aux princes11. Il y paraît aussi sceptique que Spon à l’égard du vieux récit sur la fondation : " Nismes est une ville ancienne. Que ce soit Nemausus, fils d’Hercule, qui l’ayt fondée c’est une tradition commune mais peu certaine. Ceux qui luy donnent une autre origine tirent son nom des forêts qui l’environnoient : a nemoribus ".

    9Il fallut attendre la mi-xviiie siècle pour que la légende herculéenne soit abandonnée et que s’imposent les critiques toulousaines et lyonnaises des prétentions Nîmoises ! Gautier, " architecte, ingénieur et inspecteur des grands chemins, ponts et chaussées du roy ", après avoir exprimé quelques doutes reprit, encore en 1724, le récit traditionnel. Certes, écrit-il dans son Histoire de la ville de Nismes, " je ne suis pas bien persuadé que Nemausus fils d’Hercule ait été le fondateur de Nismes. Ce n’est qu’une pure conjecture qui n’a de rapport qu’à son nom " mais il ne peut se résoudre à abandonner l’interprétation de Poldo d’Albenas : " si je n’adopte pas ce sentiment quel parti dois je suivre ? Car si je ne veux pas que Nemausus soit le premier qui ait imposé son nom à la ville où irai-je chercher ailleurs dans l’Histoire, autre que lui qui ait pu faire jeter le premier fondement de cette ville pour être ainsi nommée du nom de son fondateur ? " La dénomination, la tradition et l’histoire fondent les droits du créateur de la ville. Et reprenant les explications de Deyron, Gautier, après avoir consulté des " sçavans tant ecclésiastiques que séculiers ", conclut que les " figures licencieuses " des phallus becquetés représentent bien la verge d’Osiris, aïeul de Nemausus12

    10Auteur d’une monumentale Histoire de Nîmes en sept volumes in-folio parus de 1750 à 1758, le conseiller au présidial Léon Ménard y fit preuve d’un réel esprit critique. Il s’efforça de s’appuyer sur les documents authentiques comme en témoignent l’importance des " preuves " données en annexe de l’ouvrage. Il donna le coup de grâce au vieux récit issu de Parthenios et Etienne de Byzance : " il n’est rien de plus frivole que les raisons qu’on emploie pour établir cette chimère ". Il aurait fallu critiquer les œuvres des grammairiens abusifs responsables de la légende : " on sçait que le goût des Grecs était de débiter beaucoup de fables et de n’en rendre jamais raison "13 Ménard dut faire face à une ultime résistance des tenants de la tradition représentée par les jésuites de Trévoux. Le père Berthier donnait bien raison à Ménard : " on doit supposer " écrivait-il dans le Journal de Trévoux de juillet 1750 " qu’il ne s’est déterminé à faire sa patrie plus récente que par des raisons très supérieures, " mais le jésuite considérait que " de toutes les origines fabuleuses qu’on donne aux anciennes villes, celle-ci nous paraît la moins déraisonnable ". Les autorités, en effet, sont nombreuses (Parthenios, Etienne de Byzance, Diodore de Sicile, Ammien Marcellin et " la plupart des modernes ") et on peut considérer comme une présomption, en faveur de la thèse herculéenne, le nom du fondateur. Héraklès, vainqueur du lion de Némée, n’a-t-il pas voulu commémorer sa victoire en donnant ce nom de Nemausus à son rejeton ?

    11Dans le dernier volume de sa série Nîmoise, Ménard réfuta point par point les assertions du Père Berthier, soulignant le fait que les auteurs invoqués étaient " pleins de fables ". Situant le problème de la fondation de Nîmes dans un cadre plus large, il fit surtout remarquer que l’attribution de la création des villes à des demi-dieux était la " folie générale des peuples " de l’Antiquité. Quant à l’argument philologique liant Némée à Nemausus, Ménard estime qu’il ne peut être pris en considération et qu’il aurait fallu se rapporter à la langue celte. La cause était entendue et les historiens de la ville pensèrent, comme Ménard, qu’il était " plus glorieux pour (leur) patrie d’avoir une ancienneté d’origine solidement établie par l’histoire que de la rapporter à la fable et au mensonge "14 La légende dissipée, restaient en effet les œuvres des historiens et, surtout, les monuments et les vestiges antiques.

    LES ANTIQUITÉS DE NÎMES

    12Les monuments antiques constituaient un capital symbolique considérable et les érudits locaux étaient fiers de ce que la ville ait donné le jour à l’empereur Antonin.

    13Déjà, dans le Discours historial où Poldo d’Albenas avait fait figurer un plan représentant l’enceinte gallo-romaine, Nîmes apparaissait comme la Rome française ; comme dans la capitale de l’Empire, le périmètre des murailles antiques était beaucoup plus étendu que celui de la fortification médiévale15. Pour renforcer l’analogie avec la ville éternelle, Poldo prétendit même qu’il y avait, dans l’enceinte romaine, sept collines (il n’y en a en fait que cinq). Son livre parut un an après les Antiquités de Rome de Joachim du Bellay :

    " Nouveau venu qui cherches Rome en Rome
    Et rien de Rome en Rome n’aperçois... "

    14et un ami de Poldo, Jacques Pineton lui avait dédié une ode " discourant sommairement les antiquitez de Nismes " qui est comme un modeste écho du poète angevin

    ..." La belle ville je dis
    Non celle qui est ores
    Mais celle qui fut jadis,
    Dont les reliques encores,
    Le tour et les vieux fragmens,
    Des murailles magnifiques
    De la grandeur des antiques,
    Donnent certains argumens...
    "

    15Dès lors, du xvie au xviiie siècle, la description des monuments antiques fut un thème de prédilection des érudits locaux. Les autorités Nîmoises s’intéressaient aux ouvrages qui en traitaient ; en 1656 la municipalité finança la deuxième édition des Antiquitez de la ville de Nismes de Jacques Deyron et lui alloua 150 livres, tandis que l’assiette diocésaine, organisme chargé de la répartition des impôts, participait aux frais de la troisième édition16. Et, le 12 décembre 1752, l’Histoire de Nîmes valut à Léon Ménard une gratification de 4.000 livres et une pension viagère de 600 livres accordée par le conseil de ville17.

    16Ces antiquités, on les faisait visiter aux hôtes de passage. Les visiteurs moins illustres utilisaient, comme guides avant la lettre, les ouvrages qui en traitaient, tel le Bâlois Thomas Platter qui, se rendant à Nîmes et au pont du Gard en février 1596, utilisa 1"‘ ouvrage excellent de Poldo d’Albenas "18. Les souverains, après la rameuse entrée de François Ier en 1533, visitèrent les monuments romains. Le roi-chevalier les avait beaucoup admirés et avait aimé la reproduction en argent de l’amphithéâtre que lui avaient offerte les consuls. En contre-partie, il les avait autorisés à prendre comme armoiries de la ville le thème de la médaille augustéenne commémorative d’Actium : le crocodile enchaîné à un palmier entouré du sigle COL-NEM (colonia Nemausensis)19. En décembre 1564, avant de visiter Nîmes, Charles IX et Catherine de Medicis furent accueillis, au Pont du Gard, par " des jeunes filles vêtues en nymphes " et, peut-être, frissonnantes sous le mistral20.

    17Au xviie siècle le notaire Etienne Borrelly (1633-1718) mentionne dans son livre de raison les visites souveraines ou princières : en 1660, Louis XIV " se fist porter en chaise et alla voir les arènes, la maison carrée, le temple de Diane et la fontaine " puis alla au pont du Gard. En 1701, le chroniqueur note que l’évêque Fléchier servit de cicerone aux ducs de Berry et de Bourgogne dans la visite des monuments. L’année suivante le nouveau roi d’Espagne Philippe V, petit-fils du roi de France, alla à pied voir les arènes et la maison carrée. Borrelly mentionne, d’autres visites rendues aux monuments anciens, celle, par exemple, du duc de Noailles, lieutenant général de Languedoc : le lendemain de son entrée solennelle, le 16 octobre 1682, il alla " à cheval voir la fontaine et arènes suivi d’une grande quantité de beau monde aussi à cheval ". Revenant de Catalogne, en 1684, le maréchal de Bellefonds au cours d’une brève halte sur le chemin de la Cour visita " les arènes et la maison carrée qu’il a trouvée fort belle ". En novembre 1685, le nonce du pape en Espagne séjourne à Nîmes sur le chemin d’Italie et se rend " aux arènes, maison carrée, au temple de Diane et en d’autres endroits "... Le notaire chroniqueur, peu cultivé, ne fait aucune allusion aux ouvrages relatifs aux édifices romains de la ville. Néanmoins, sensible à l’importance de ce patrimoine, il se réjouit par exemple de la décision du roi d’empêcher les augustins qui venaient de l’acquérir d’abattre la Maison Carrée et admire la restauration financée par les états du Languedoc de ce " superbe et ancien ediffice " : " cellà a esté fait le mieux du monde, aiant reffait des piliers entiers... C’est une chose incroiable les peines et soings qu’on a pris. On a donné la couleur au nouveau réparé comme à l’ancien "21.

    18L’avocat Anne Rulman garda un souvenir ému de la conduite qu’il avait faite, en 1629, du nonce du pape Urbain VIII, Giovanni Francesco Bagni, le cardinal Bain comme on disait en France. Il le rappelle dans la dédicace qu’il lui fit, en 1630, d’un volume de ses œuvres mêlées, l’Inventaire particulier des épitaphes et inscriptions romaines qui ont esté trouvées dans les mazures de l’ancien Nismes :

    19" Monseigneur,

    20Je ne fus pas plus surprins dès l’heure que j’eus l’honneur de vous voir entrer chez moy dans Nismes, le lendemain du départ de Mgr le cardinal de Richelieu que ravi de vous ouir parler avec tant de cognoissance et de jugement de nos antiquités romaines en mesme temps que vous feigniès d’en vouloir recevoir mes indications... Je ne fus aussi jamais si content que d’avoir le bonheur (duquel je me reconnais indigne) de vous accompagner l’après-dîner pour vous faire voir à l’œil et toucher du doigt les plus estimables de nos pièces antiques... Il me souvient que vous eustes agréable le sommaire discours que je vous fis en chemin sur le parallèle que j’ay dressé de Rome et de Nismes "22.

    21Rulman, comme les humanistes Nîmois du siècle précédent, cultive le parallèle Nîmes-Rome. Cette comparaison était devenue, à cette époque, un lieu commun, au-delà de la ville de Nemausus. A preuve, l’homélie prononcée le jour de son arrivée, le 29 juin 1656 fête de saint Pierre, par l’évêque Anthime-Denis Cohon. Il y mêle habilement, dans un style précieux, les souvenirs profanes et sacrés de la Rome antique au service de la contre-Réforme :

    22" Dedans l’enceinte de tes murs, je voys de toutes parts une image de Rome où saint Pierre fist son entrée désarmé comme moy et aussi foible que je suis et néantmoins par la force du mesme esprit qui soustient mon courage, il s’en rendit le maistre faisant tomber tous les idoles au seul bruit de sa voix, et, sur le throsne des Césars plantant la croix du Christ il le fist adorer aux despens de son sang ! Que je servis heureux et que mon sort approcheroit de la gloire du sien si je pouvois gaigner et convertir à mesme prix cette petite Rome où j’arrive tout plein de feu pour en fondre les glaces, où j’apporte la vérité pour en chasser l’erreur et où j’amène le soleil pour en dissiper les ténèbres "23. Cohon, angevin d’origine, continua à s’intéresser à l’histoire antique de sa ville épiscopale ; l’inventaire de sa bibliothèque, réalisé en 1670 après sa mort, montre qu’il possédait Les antiquitez de la ville de Nismes de Deyron et les Mémoires de l’Histoire de Languedoc de Catel où apparaît la critique du mythe herculéen24.

    23Les historiens que nous avons évoqués à propos des origines donnent des descriptions et des croquis des monuments antiques. Il serait fastidieux de reprendre ces développements qui souvent se répètent. Le dénominateur commun, c’est la fierté du glorieux passé de la ville. D’abord, Nîmes avait été une métropole régionale. Selon le géographe Strabon, régulièrement cité de Poldo d’Abenas à nos jours, elle était " la capitale des Volques Arécomiques ", dominant vingt quatre cités qui lui payaient tribut. Ces localités tributaires étaient notamment la région du Lez, le secteur où devait plus tard apparaître Montpellier, point d’histoire fort important pour les Nîmois. Quant aux tributs, ils devaient être entassés dans la tour magne, si l’on en croit une hypothèse de Fléchier, peut-être liée aux vieilles légendes de trésor qui avaient conduit, en 1601, le jardinier François Traucat à mener dans la tour, avec l’autorisation du roi et sous la surveillance des consuls qui craignaient pour la solidité du bâtiment, des fouilles qui s’avérèrent infructueuses25.

    24Autre signe prestigieux du passé de la ville, son statut de colonie latine qui conférait aux magistrats municipaux et à leurs descendants la citoyenneté romaine. L’élite municipale pouvait se sentir confortée par le souvenir d’un tel privilège et plus encore par le fait que l’empereur Antonin le Pieux soit d’origine nîmoise. On attribua à sa munificence envers sa patrie la construction des arènes (en fait antérieures d’un demi-siècle) ; on s’interrogea (on continue, au xxe siècle à s’interroger) sur l’emplacement de la basilique de Plotine, ce tribunal et bourse de commerce construit, selon l’Histoire d’Auguste, en 121 ou 122, par le prédécesseur d’Antonin, Hadrien, en l’honneur de sa bienfaitrice la veuve de Trajan26. La gloire de Nîmes rejaillissait sur les lointains descendants des Nîmois de l’Antiquité et au début du xviiie siècle, l’évêque Jean-César Rousseau de la Parisière s’en amusait : " nous sommes tous venus en droite ligne des Marius, des Cassius, des Adriens, des Antonins, des Augustes, des Livies etc. Je commande et impose le tribut à 60.000 petits-fils de sénateurs, de prêteurs, de censeurs qui imposoient aux rois et disposoient avec mépris des sceptres et des couronnes "27. Si la légende fondatrice a duré si longtemps, si la recherche des " antiques " et l’histoire du passé ont passionné les érudits locaux c’est qu’au delà de la science historique ou épigraphique, la culture de ce passé accomplissait un service.

    LE SERVICE DE LA " ROME FRANÇAISE "

    25Qu’elle ait été fondée antérieurement à Rome, comme le prétendaient les tenants des origines herculéennes ou qu’elle ne soit apparue qu’au ve ou ive siècle avant Jésus-Christ, Nîmes pouvait se vanter d’une prestigieuse ancienneté. En la célébrant, c’est d’abord un service politique que les représentants locaux de la République des Lettres rendirent à l’élite municipale – à laquelle souvent ils appartenaient. Le fait est éclatant dès les débuts de la Renaissance avec l’orchestration de l’entrée royale de 1533 par l’avocat humaniste et futur consul Antoine Arlier, avec les privilèges obtenus de François Ier pour la cité que le roi célébrait comme " fort renommée tant pour l’antiquité d’icelle que par les édiffices présens et anciens ", déclarant, lorsqu’il confirma les armes de la ville inspirées par la médaille antique au crocodile enchaîné : " voulans par ce et désirans conserver ou bien renouveler les louables antiquitez et desquelles avons esté et sommes grandement amateur "...28.

    26La reconnaissance du patrimoine antique par ce roi " François amateur et restaurateur des bonnes lettres " comme le qualifiait Poldo d’Albenas29, et qui jugeait la ville " sur toutes autres de nostre royaume illustre " servait aux Nîmois à faire valoir leur ville face à Montpellier, rivale traditionnelle. Montpellier possédait une université célèbre alors que, malgré le soutien de François 1e, Nîmes n’avait pu obtenir la sienne. Nîmes possédait un présidial, comme Montpellier, mais cette dernière était aussi le siège d’une cour souveraine, la cour des comptes, aides et finances et d’un bureau des finances. L’intendant qui administrait les deux généralités du Languedoc résidait à Montpellier. Les Nîmois qui jalousaient la ville voisine et déploraient que les états de la province se tiennent trop rarement à Nîmes30, pouvaient faire valoir leurs gloires passées contrastant avec l’obscurité des débuts de Montpellier qui n’apparaît guère – et modestement – qu’au xe siècle de notre ère. De fait les Montpelliérains, comme le souligne leur historien Henri Michel, souffraient, malgré leurs succès modernes, de la naissance tardive de leur ville. Au xviie siècle, l’historien Pierre Gariel " non sans une discrète amertume " rappelait que sa cité " n’est pas de celles que la monarchie romaine a faites ou conquises ou restablies et qui ont vu les Caesars dans les Gaules sur le char triomphant de la bonne fortune ". Au xviiie siècle le chanoine d’Aigrefeuille s’efforça de vieillir la cité des bords du Lez : " on doit la rattacher à Maguelone dont la destruction au viiie siècle a entraîné la création de Montpellier ". Par ce relais, l’honneur est sauf puisque " l’ancienne ville de Maguelone fleurit du temps des Romains et sous les rois Visigots. "31

    27Passé et présent s’affrontent dans une prosopopée anonyme en vers, dédiée aux académiciens de Nîmes et publiée en 177232. Il s’agit en effet de comparer les travaux d’urbanisme récents. Ceux de Nîmes étaient destinés à mettre en valeur la vieille " font ", les bains romains et le temple de Diane. Ceux de Montpellier parachevaient la promenade du Peyrou, commencée sous Louis XIV, avec la construction de l’élégant château d’eau de Giral au point d’arrivée de l’aqueduc alimentant la ville. L’auteur, assurément Nîmois, prétend dans son préambule, après avoir évoqué l’œuvre de Maréchal à la Fontaine33, que les travaux Montpelliérains sont une simple imitation : " la ville de Montpellier, toujours rivale de celle de Nîmes, voulut aussi avoir une Fontaine ". Le poème met face à face les deux sources. Celle de Montpellier attaque :

    " De quel droit vous voit-on en ces heureux climats
    Partout vous arroger le droit de préséance
    Et sur moi-même enfin oser prendre le pas ?....

    28La " font " de Nîmes qui se souvient d’avoir été chantée par Ausone répond fort durement :

    " Y pensez-vous ? Vous radotez je crois
    Vous dont le nom depuis dix ans à peine
    Est -on le sçait- connu dans ce canton.
    Y pensez-vous ? Avec une fontaine
    Qui sur ses bords vit Cesar et Caton
    Prétendez-vous faire comparaison ?
    "

    29Perfide, la Montpelliéraine contre-attaque sur les avantages de la modernité :

    " Certes quand une nymphe allègue son grand âge
    C’est faute assurément de meilleures raisons
    En attraits, à coup sûr, elle est très mal en fonds.
    "

    30Piquée et vaguement égrillarde, sa rivale invoque la fidélité que ne cessent de lui témoigner ses " amants " à l’instar de Ninon de Lenclos qui, sexagénaire, subjuguait les compagnons des jeunes femmes. Au bout de quinze pages d’un débat très vif, les deux sources décident de s’en remettre à l’arbitrage de la fontaine de Vaucluse. Elle conclut, évidemment, en faveur de Nîmes et déboute Montpellier de ses prétentions :

    " Par certain charme inexprimable
    Fait pour soumettre jusqu’aux Dieux
    Votre rivale incomparable
    Est toujours nouvelle à mes yeux.
    "

    31La culture du patrimoine antique de la cité sert donc son prestige et ses prétentions. Elle soude l’élite locale et, au xviie siècle, elle fut occasion de rencontre entre les érudits catholiques et protestants. Un architecte Nîmois protestant, Isaac Péladan, ami du savant catholique aixois Peiresc, lui écrivait, rappelant l’amitié entre Rulman et le cardinal Bagni : " pour les hommes de scavoir, la religion ne doit pas être d’empêchement"34. De fait Rulman avait rêvé d’une concorde urbaine fondée sur le commerce intellectuel. Dans une harangue adressée aux consuls de Nîmes en 1605, il évoquait cet idéal, " les bonnes lettres sont les richesses de l’âme, le secours de la piété, l’ornement des villes ", qu’il voyait quasiment réalisé sous le régime de l’édit de Nantes " aux plus beaux jours de la prospérité où nous vivons sous le bénéfice de la paix et le siècle d’or du règne d’Auguste " ... " comme si cette ville eust esté l’asyle auquel les muses fugitives de Grèce et absentes de Rome s’estoient réfugiées pour se faire françoises au cœur du Languedoc ".

    32L’exaltation de la ville et de l’élite intellectuelle qui la gouverne débouche sur le roi et le royaume. Comme au siècle précédent Poldo d’Albenas qui, à travers son évocation de Nîmes antique, exaltait le roi de France et les prétentions impériales de " notre empereur Henri ", Rulman voit dans le passé de sa ville et la culture de ce passé le symbole de la " translatio imperii " et de la " translatio studii "35. Il n’a pas dépendu de lui que son idéal de paix civile ait été démenti par les faits. Il témoigne du moins pour toute la période moderne, contrairement aux allégations d’une certaine historiographie occitanisante, que l’exaltation de la " patrie " (au sens où Ménard l’entendait, c’est-à-dire sa ville) ne se sépare pas de la gloire de l’entier royaume. Un peu plus tard les jésuites Nîmois allaient faire de Louis XIV la réincarnation du héros mythique local, Nemausus. Ordinairement plus critique à l’égard de ses sources, Ménard emprunta à une lettre de Rulman (qui écrivait presque un siècle après l’événement) un récit de l’entrée de François Ier qui en fait un hommage royal à la Rome française : " on le vit un genou en terre, nettoyer lui-même avec son mouchoir la poussière qui couvrait les lettres des inscriptions romaines afin de les déchiffrer et les lire avec plus de facilité "36. Dans les Mémoires adressés aux esprits pacifiques de Languedoc par Rulman en 1630, le lien était fermement posé : " comme la France tient le premier rang entre les royaumes de la terre, le Languedoc le tient aussi entre les provinces de la France et Nismes, pour ses antiquités romaines, entre les villes du Languedoc. "37

    PLAN SCHEMATIQUE DE NIMES AU MILIEU DU xviiie SIECLE

    Image 1.jpg

    1 Porte de la Couronne 2 Porte des Carmes 3 Porte des Casernes 4 Portes d’Alès 5 Porte de la Boucarié 6 Porte de la Madeleine 7 Porte Saint-Antoine 8 Porte de France 8 Porte de Saint-Gilles

    Line TEISSEYRE-SALLMANN, L’industrie de la soie en Bas-Languedoc xviie-xviiie siècles, Paris, 1995.

    Image 2.jpg

    Vue de Nîmes
    Jean POLDO D’ALBENAS, Discours historial de l’antique et illustre cité de Nismes, Lyon, 1560.

    Notes de bas de page

    1 Cf. Robert SAUZET, " L’image de Nîmes antique dans le Discours historial de Jean Poldo d’Albenas ", in Actes du 39e colloque international du C E S R de Tours, juillet 1996, dir. Gérald CHAIX (à paraître). Sur les légendes fondatrices, cf. Maurice SARTRE ," Mémoire et identité civique. Les légendes de fondation des cités grecques aux époques hellénistique et impériale ", La mémoire de la cité. Modèles antiques et réalisations renaissantes, dir. Attilio BARTOLI LANGELI et Gérald CHALX, Naples, 1997, p. 9-22.

    2 B.M. Nîmes, ms.179, p. 21 et ms.180, t. I, fol. 22.

    3 Gaillard GUIRAN, Explicatio duorum vetustorum numismatum Nemausensium, suivi d’Antiquitates Nemausenses, Orange, 1655, p. 65 -2e éd. 1657, p. 72.

    4 Jacques DEYRON, Des anciens bastimens de Nismes, Grenoble, 1653, p. 2-4. Des antiquitez de Nismes, Nîmes, p. 4-5.

    5 Jacques DEYRON, op cit. , p. 6. R. DURAND, Les armoiries de la ville de Nîmes, 1962, p. 14. Jean POLDO D’ALBENAS, op.cit., p. 15.

    6 Cf. Roger CHARTIER, Marie-Madeleine COMPERE, Dominique JULIA, L’éducation en France du xvie au xviiie siècle, 1976, p. 202 sq.

    7 B.M. Nîmes, recueil 11.450.

    8 Cf. Denis R1CHET, De la Réforme à la Révolution. Etudes sur la France moderne, 1991, p. 366.

    9 Edition critique du mémoire de Basville par Françoise MOREIL, 1985, p. 246. Guillaume CATEL, Mémoires de l’Histoire du Languedoc, Toulouse, 1633, p. 414.

    10 Jacob SPON, Recherches curieuses d’antiquité, Lyon, 1683, p. 164-165. Sur Spon (1647-85), cf. François BRIZAY, L’image de l’Italie dans les guides et les relations de voyage publié en France au xviie siècle, thèse dactyl., Université de Tours, 1996.

    11 Dissertation de M. Fléchier évêque de Nismes sur les antiquités de la ville de Nismes, B.M. Nîmes, ms 351.

    12 Hubert GAUTIER, Histoire de la ville de Nismes et de ses antiquitez, Paris et Nîmes, 1724, p. 74.

    13 Léon MENARD, Histoire de Nîmes, t. I, p. 1-2 et notes p. 1-5.

    14 Ibid., t. VII, 1757, p 167 et 668.

    15 Jean POLDO D’ALBENAS, op.cit., p. 21 sq. Poldo exagérait la longueur de l’enceinte romaine qui mesurait 6 ou 7 km et non 16 comme il le croyait, cf. Jean-Luc FICHE et Pierre GARMY, in Histoire de Nîmes (dir. Raymond HUARD), Aix, 1982, p. 56 sq.

    16 Cf. Une SALLMANN-TEISSEYRE, Histoire de Nîmes, op. cit., p. 192.

    17 Léon MÉNARD, op. cit., t. VII, preuves n° LXXXVII.

    18 " Visite de Thomas Platter à Nîmes et au Pont du Gard " traduit de l’allemand par le dr. A. ALIOTH, Mémoires de l’Académie de Nîmes, 1879, p. 229-239. Sur la famille Platter, cf. Emmanuel LE ROY-LADURIE, Le siècle des Platter 1499-1628, t. I, 1995.

    19 Sur l’entrée de 1533, cf. Robert SAUZET, " La ville et le roi. Nîmes et François 1er ", actes du colloque Le gouvernement de la cité (Université de Pérouse, 1997), à paraître.

    20 Cf. Jean BOUTIER, in Un tour de France royal. Le voyage de Charles IX (1564-66), 1984, p. 297.

    21 A.D. Gard., 1E 451, fol. 4, 146, 154, 175ve, 232, 252ve, 255. L’Intendant Basville avait agi en faveur de la réfection de la Maison Carrée, cf. son Mémoire éd. cit. p. 264. Au xviiie siècle les états provinciaux contribuaient encore à l’entretien de ce monument, cf. Lettres de St Simon Sandricourt évêque d’Agde, éd. Xavier AZEMA, Montpellier, 1987, p. 175.

    22 B.M. Nîmes, ms 180, t II, p. 857. (seul le plan des Oeuvres mêlées a été imprimé, Nîmes, 1630).

    23 B.N. ms.fr. 9637, fol. 181, Sur l’utilisation de l’image de Rome, cf. Gérard LABROT, L’image de Rome, une arme pour la Contre-Réforme, Seynel, 1989.

    24 A.D. Gard, Hôpital Général, sous série H 19. Sur les livres de Cohon, cf. Robert SAUZET, " Une bibliothèque épiscopale au xviie siècle. Les commandes d’Anthyme Denis Cohon évêque de Nîmes ", in L’intelligence du passé (Mélanges Jean Lafond), Tours, 1988, p. 226-239. Un jésuite, Albert Daugières dédia à cet évêque un poème consacré aux arènes Amphitheatrum Nemausense Sylva, publié à Nîmes en 1667. Sur Daugières, cf. Carlos SOMMERVOGEL, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, 1891, t. 2, col. 1838-1841.

    25 Jean POLDO D’ALBENAS, op. cit., p. 29 et 46. Esprit FLECHIER, ms. cit., p. 7., Léon MENARD, op. cit., t. V, pr LXVIII. L’épisode Traucat montre le souci de l’élite municipale pour le patrimoine antique.

    26 Jean POLDO D’ALBENAS, op. cit., p. 32-33, 39, 67, 101. Esprit FLECHIER, ms. cit., p.21. Léon MENARD, op. cit., t. VII, passim.

    Mises au point et bibliographie in Histoire de Nîmes, op. cit. et Dominique DARDE et Victor LASSALLE, Nîmes antique, 1993.

    27 Lettre à l’archevêque de Toulouse (31 juillet 1717) cité par E. de BALINCOURT, " Mgr de la Parisière évêque de Nîmes ", Bulletin du comité d’art chrétien, t. VI, Nîmes, 1895, p. 300.

    28 Sur ce point, cf. Robert SAUZET, " La ville et le Roi ", art. cit..

    29 Jean POLDO D’ALBENAS, op. cit. p. 115.

    30 Etienne BORRELLY, ms. cit., fol. 187ve, 200 (cf. en 1688, où les états sont à Nîmes " les messieurs de Montpellier sont dans une consternation espouvantable ", fol. 208ve)

    31 Pierre GARIEL, Idée de la ville de Montpellier, Montpellier, 1665, p. 3. Charles d’AIGREFEUILLE, Histoire de la ville de Montpellier, Montpellier, 1737, p. 1. Cités par Henri MICHEL, Montpellier du milieu du xviie siècle à la fin du xviiie siècle, thèse d’état dactyl., Paris I, 1992, t. IV.

    32 Cause célèbre avec le jugement intervenu sur une question d’une espèce toute nouvelle intéressante pour la province de Languedoc, Amsterdam, 1772.

    33 Line TEISSEYRE-SALLMANN, " Urbanisme et société. L’exemple de Nîmes aux xviie et xviiie siècles", in Annales économie sociétés civilisations, 1980, p. 965-86. Mireille CORBLER, Recherches sur les images et les représentations de la ville dans la société Nimoise au xviiie siècle, D.E.S. dactyl., Paris, 1965.

    34 Lettres de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (éd. Philippe TAM1ZEY de LARROQUE), 1888, t. IV, p. 43.

    35 Jean POLDO D’ALBENAS, op. cit., p. 31-33. Le chapitre 1 du Discours historial était consacré aux noms de la France. Sur la " translatio imperi i ", cf. Anne-Marie LECOQ, François Ier imaginaire, 1987, p.481.

    36 Achille BARDON, " L’entrée de François Ier à Nîmes en 1533 ", Revue du midi, 1893, p. 452.

    37 B.M. Nîmes ms 181 cité par Philippe CHAREYRE, " La théorie du pouvoir d’Anne Rulman ", actes du 7e colloque Jean BOISSET, dir. Marie-Madeleine FRAGONARD, Michel PERONNET, Tout pouvoir vient de Dieu (Rom. XIII, 2), p. 364.

    Notes de fin

    1 Robert Sauzet est Professeur émérite à l'université de Tours.

    Auteur

    • Robert Sauzet
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    1 Cf. Robert SAUZET, " L’image de Nîmes antique dans le Discours historial de Jean Poldo d’Albenas ", in Actes du 39e colloque international du C E S R de Tours, juillet 1996, dir. Gérald CHAIX (à paraître). Sur les légendes fondatrices, cf. Maurice SARTRE ," Mémoire et identité civique. Les légendes de fondation des cités grecques aux époques hellénistique et impériale ", La mémoire de la cité. Modèles antiques et réalisations renaissantes, dir. Attilio BARTOLI LANGELI et Gérald CHALX, Naples, 1997, p. 9-22.

    2 B.M. Nîmes, ms.179, p. 21 et ms.180, t. I, fol. 22.

    3 Gaillard GUIRAN, Explicatio duorum vetustorum numismatum Nemausensium, suivi d’Antiquitates Nemausenses, Orange, 1655, p. 65 -2e éd. 1657, p. 72.

    4 Jacques DEYRON, Des anciens bastimens de Nismes, Grenoble, 1653, p. 2-4. Des antiquitez de Nismes, Nîmes, p. 4-5.

    5 Jacques DEYRON, op cit. , p. 6. R. DURAND, Les armoiries de la ville de Nîmes, 1962, p. 14. Jean POLDO D’ALBENAS, op.cit., p. 15.

    6 Cf. Roger CHARTIER, Marie-Madeleine COMPERE, Dominique JULIA, L’éducation en France du xvie au xviiie siècle, 1976, p. 202 sq.

    7 B.M. Nîmes, recueil 11.450.

    8 Cf. Denis R1CHET, De la Réforme à la Révolution. Etudes sur la France moderne, 1991, p. 366.

    9 Edition critique du mémoire de Basville par Françoise MOREIL, 1985, p. 246. Guillaume CATEL, Mémoires de l’Histoire du Languedoc, Toulouse, 1633, p. 414.

    10 Jacob SPON, Recherches curieuses d’antiquité, Lyon, 1683, p. 164-165. Sur Spon (1647-85), cf. François BRIZAY, L’image de l’Italie dans les guides et les relations de voyage publié en France au xviie siècle, thèse dactyl., Université de Tours, 1996.

    11 Dissertation de M. Fléchier évêque de Nismes sur les antiquités de la ville de Nismes, B.M. Nîmes, ms 351.

    12 Hubert GAUTIER, Histoire de la ville de Nismes et de ses antiquitez, Paris et Nîmes, 1724, p. 74.

    13 Léon MENARD, Histoire de Nîmes, t. I, p. 1-2 et notes p. 1-5.

    14 Ibid., t. VII, 1757, p 167 et 668.

    15 Jean POLDO D’ALBENAS, op.cit., p. 21 sq. Poldo exagérait la longueur de l’enceinte romaine qui mesurait 6 ou 7 km et non 16 comme il le croyait, cf. Jean-Luc FICHE et Pierre GARMY, in Histoire de Nîmes (dir. Raymond HUARD), Aix, 1982, p. 56 sq.

    16 Cf. Une SALLMANN-TEISSEYRE, Histoire de Nîmes, op. cit., p. 192.

    17 Léon MÉNARD, op. cit., t. VII, preuves n° LXXXVII.

    18 " Visite de Thomas Platter à Nîmes et au Pont du Gard " traduit de l’allemand par le dr. A. ALIOTH, Mémoires de l’Académie de Nîmes, 1879, p. 229-239. Sur la famille Platter, cf. Emmanuel LE ROY-LADURIE, Le siècle des Platter 1499-1628, t. I, 1995.

    19 Sur l’entrée de 1533, cf. Robert SAUZET, " La ville et le roi. Nîmes et François 1er ", actes du colloque Le gouvernement de la cité (Université de Pérouse, 1997), à paraître.

    20 Cf. Jean BOUTIER, in Un tour de France royal. Le voyage de Charles IX (1564-66), 1984, p. 297.

    21 A.D. Gard., 1E 451, fol. 4, 146, 154, 175ve, 232, 252ve, 255. L’Intendant Basville avait agi en faveur de la réfection de la Maison Carrée, cf. son Mémoire éd. cit. p. 264. Au xviiie siècle les états provinciaux contribuaient encore à l’entretien de ce monument, cf. Lettres de St Simon Sandricourt évêque d’Agde, éd. Xavier AZEMA, Montpellier, 1987, p. 175.

    22 B.M. Nîmes, ms 180, t II, p. 857. (seul le plan des Oeuvres mêlées a été imprimé, Nîmes, 1630).

    23 B.N. ms.fr. 9637, fol. 181, Sur l’utilisation de l’image de Rome, cf. Gérard LABROT, L’image de Rome, une arme pour la Contre-Réforme, Seynel, 1989.

    24 A.D. Gard, Hôpital Général, sous série H 19. Sur les livres de Cohon, cf. Robert SAUZET, " Une bibliothèque épiscopale au xviie siècle. Les commandes d’Anthyme Denis Cohon évêque de Nîmes ", in L’intelligence du passé (Mélanges Jean Lafond), Tours, 1988, p. 226-239. Un jésuite, Albert Daugières dédia à cet évêque un poème consacré aux arènes Amphitheatrum Nemausense Sylva, publié à Nîmes en 1667. Sur Daugières, cf. Carlos SOMMERVOGEL, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, 1891, t. 2, col. 1838-1841.

    25 Jean POLDO D’ALBENAS, op. cit., p. 29 et 46. Esprit FLECHIER, ms. cit., p. 7., Léon MENARD, op. cit., t. V, pr LXVIII. L’épisode Traucat montre le souci de l’élite municipale pour le patrimoine antique.

    26 Jean POLDO D’ALBENAS, op. cit., p. 32-33, 39, 67, 101. Esprit FLECHIER, ms. cit., p.21. Léon MENARD, op. cit., t. VII, passim.

    Mises au point et bibliographie in Histoire de Nîmes, op. cit. et Dominique DARDE et Victor LASSALLE, Nîmes antique, 1993.

    27 Lettre à l’archevêque de Toulouse (31 juillet 1717) cité par E. de BALINCOURT, " Mgr de la Parisière évêque de Nîmes ", Bulletin du comité d’art chrétien, t. VI, Nîmes, 1895, p. 300.

    28 Sur ce point, cf. Robert SAUZET, " La ville et le Roi ", art. cit..

    29 Jean POLDO D’ALBENAS, op. cit. p. 115.

    30 Etienne BORRELLY, ms. cit., fol. 187ve, 200 (cf. en 1688, où les états sont à Nîmes " les messieurs de Montpellier sont dans une consternation espouvantable ", fol. 208ve)

    31 Pierre GARIEL, Idée de la ville de Montpellier, Montpellier, 1665, p. 3. Charles d’AIGREFEUILLE, Histoire de la ville de Montpellier, Montpellier, 1737, p. 1. Cités par Henri MICHEL, Montpellier du milieu du xviie siècle à la fin du xviiie siècle, thèse d’état dactyl., Paris I, 1992, t. IV.

    32 Cause célèbre avec le jugement intervenu sur une question d’une espèce toute nouvelle intéressante pour la province de Languedoc, Amsterdam, 1772.

    33 Line TEISSEYRE-SALLMANN, " Urbanisme et société. L’exemple de Nîmes aux xviie et xviiie siècles", in Annales économie sociétés civilisations, 1980, p. 965-86. Mireille CORBLER, Recherches sur les images et les représentations de la ville dans la société Nimoise au xviiie siècle, D.E.S. dactyl., Paris, 1965.

    34 Lettres de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (éd. Philippe TAM1ZEY de LARROQUE), 1888, t. IV, p. 43.

    35 Jean POLDO D’ALBENAS, op. cit., p. 31-33. Le chapitre 1 du Discours historial était consacré aux noms de la France. Sur la " translatio imperi i ", cf. Anne-Marie LECOQ, François Ier imaginaire, 1987, p.481.

    36 Achille BARDON, " L’entrée de François Ier à Nîmes en 1533 ", Revue du midi, 1893, p. 452.

    37 B.M. Nîmes ms 181 cité par Philippe CHAREYRE, " La théorie du pouvoir d’Anne Rulman ", actes du 7e colloque Jean BOISSET, dir. Marie-Madeleine FRAGONARD, Michel PERONNET, Tout pouvoir vient de Dieu (Rom. XIII, 2), p. 364.

    1 Robert Sauzet est Professeur émérite à l'université de Tours.

    Images et imaginaires dans la ville à l’époque moderne

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    Ce livre est cité par

    • Entrer dans la ville. Aux confins des paysages urbain et périurbain dans le royaume de France (1670-1789). DOI: 10.70675/9735301fza058z4d92zb0f4z751a14134ba3
    • L'image de Pékin dans la littérature française du XXe siècle (Pierre Loti, Victor Segalen,Pierre-Jean Remy, Suzanne Bernard). DOI: 10.70675/bbd6b117zd2a1z4bf0z8252z0fb05d9a135f
    • Archéologie du sucre : les complexes sucriers du Val de Loire, XVIIème-XIXème siècles. DOI: 10.70675/f9ae41e3z7716z4f22za332z61235470fd4f
    • Relire les correspondances de Denis Diderot : écriture épistolaire et expérience sociale d’un philosophe au siècle des Lumières. DOI: 10.70675/aac0735dzc56az4729za0d2z4cf677ecda49
    • De Maillé à Luynes. Genèse et identités d'une ville de Touraine à l'âge moderne. DOI: 10.70675/51c840cczd84fz43dcz831ez8e1fb28f916a
    • Les faubourgs des villes modernes en France (XVIe-début du XIXe siècle) : étude historique et géographique. DOI: 10.70675/0c6dc1c5z3151z4546zb88ez78defdcde05f
    • La figure dans la ville : identité, visibilité et jeux de l'attention dans les vues de Paris au XVIIIe siècle. DOI: 10.70675/bf25cbe2ze5a0z47dcz905bzcad7dd0e663a
    • Écritures de la science dans l’imaginaire fantastique européen (1816-1894). DOI: 10.70675/6d8e624dz103bz41e4z9e46z969ddb9f5602
    • Médiations culturelles contemporaines et espaces publics urbains : L'expérience spatiale de l'usager à l’épreuve de projets artistiques et numériques. DOI: 10.70675/094a2d17z09d4z4d9ez94ecz4e4250f09c31
    • Villes et bourgs en Savoie de la Réforme à la Révolution. DOI: 10.70675/07a073fbz63cdz4b58za902zf6f0845c1fe1
    • La fabrique des espaces publics : conceptions, formes et usages des places d'Oran (Algérie). DOI: 10.70675/a80a35ecz19a9z4e70z99eez6d4f7752a2ae
    • Architecture civile et formation du tissu urbain de Châteauneuf (Tours) du 10e au 14e siècle. DOI: 10.70675/798a967bz8fc9z4316zab41za04b48029f94
    • La construction de la forme urbaine : approche archéologique et archéogéographique du processus urbain de Reims du début du Moyen Age à la ville préindustrielle.. DOI: 10.70675/d7dc9187z0762z46ebz9e6bza1489a19c7e2
    • Le chapeau à Paris. Couvre-chefs, économie et société, des guerres de Religion au Grand Siècle (1550-1660). DOI: 10.70675/beaca48bz4f9cz48ccz9e43z3a2d2c7b962a
    • Vulnérabilité et perception face aux tremblements de terre en France, 1650-1850. DOI: 10.70675/404c98f7z9e65z4715z87b0z5e1e0acb0480
    • "Le règne de la nuit désormais va finir". L'invention et la diffusion de l'éclairage public dans le royaume de France (1697-1789). DOI: 10.70675/0a5b13a6z0582z434cz8b12z97a31c7c70d6
    • Formes et réformes : la prison parisienne au XVIIIe siècle. DOI: 10.70675/d96c8500z0860z4f86zb9cbz59ebf3b53bf8

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    • De l’objet à la reconstruction de l’Antiquité : les travaux de l’antiquaire nîmois Anne de Rulman (1582-1632). DOI: 10.70675/ae7047bdzea7cz4268z900cz3123d4fa7758

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    Sauzet, R. (1998). L’image de Nîmes antique dans l’historiographie et la mémoire collective locale aux xviie et xviiie siècles. In C. Petitfrère (éd.), Images et imaginaires dans la ville à l’époque moderne. Tours: Presses universitaires François-Rabelais. https://doi.org/10.4000/books.pufr.2004
    Sauzet, Robert. « L’image de Nîmes antique dans l’historiographie et la mémoire collective locale aux xviie et xviiie siècles ». In Images et imaginaires dans la ville à l’époque moderne, édité par Claude Petitfrère. Tours: Presses universitaires François-Rabelais, 1998. doi:10.4000/books.pufr.2004.
    Sauzet, Robert. « L’image de Nîmes antique dans l’historiographie et la mémoire collective locale aux xviie et xviiie siècles ». Images et imaginaires dans la ville à l’époque moderne, édité par Claude Petitfrère, Presses universitaires François-Rabelais, 1998, https://doi.org/10.4000/books.pufr.2004.

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    Petitfrère, C. (éd.). (1998). Images et imaginaires dans la ville à l’époque moderne. Tours: Presses universitaires François-Rabelais. https://doi.org/10.4000/books.pufr.1986
    Petitfrère, Claude, éd. Images et imaginaires dans la ville à l’époque moderne. Tours: Presses universitaires François-Rabelais, 1998. doi:10.4000/books.pufr.1986.
    Petitfrère, Claude, éditeur. Images et imaginaires dans la ville à l’époque moderne. Presses universitaires François-Rabelais, 1998, https://doi.org/10.4000/books.pufr.1986.
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