Table des matières
Introduction. Faverges au printemps 1976, un affrontement de rationalités opposées
- Faverges 1976, deux mémoires
- Michel Grinberg/Vinaver, de la direction de Gillette à la Comédie-Française : des vies parallèles ?
- S.T. Dupont sous Gillette, du produit de luxe au produit jetable : vers un changement de régime productif
- Un projet historiographique : restituer la multiplicité des enjeux du conflit
- Les revendications
- Un patronat « moderne » et dérouté, en quête de légitimité
- Les rivalités entre CFDT et CGT à Faverges
- Les effets d’un conflit sur une communauté villageoise catholique et paysanne : importer en histoire contemporaine les méthodes ethnographiques
- Méthode et annonce de plan
Partie I. Chronologie du conflit
Chapitre 1. Le changement du climat social en France et à Faverges
- Le contexte : la zone grise des Trente Glorieuses finissantes
- Luttes offensives et défensives des « oubliés de M. Giscard d’Estaing »
- La métallurgie en effervescence : les luttes autour des classifications
- Faverges au XXe siècle : un fort ancrage industriel
- Faverges 1975, un climat de luttes sociales à l’échelle du bassin d’emploi
- La situation sociale chez S.T. Dupont depuis 1970 : une « repolitisation » de l’action syndicale
- Le déclenchement du conflit : ruptures d’allégeance et regain de combativité (fin novembre 1975 – 10 mars 1975)
- Une négociation qui ne commence pas : la nouvelle grille de classification (avril-octobre 1975)
- Montparnasse, novembre 1975, négocier à la source : la montée au siège social des représentants CFDT
- Coup de génie, coup de grâce ? Le retrait du stock par les cadres
- Décembre 1975, création de la section CGT chez S.T. Dupont
- Un élément décisif dans la « rupture d’allégeance » : la découverte d’un circuit de vol à l’usine
- De nombreuses usines à proximité en lutte
- Première application de la nouvelle grille de classification, premiers débrayages
Chapitre 2. La grève de mars-avril 1976
- L’unité d’action contre la direction (12-25 mars)
- Quand les « extérieurs » s’en mêlent (13-15 mars)
- « Populariser » le conflit à défaut de l’exporter : débrayage de l’usine Cricket le 15 mars, cortège à Faverges le 17 mars
- La « visite à l’Ermitage », le 20 mars : un premier contact en force
- Premières failles, premières velléités autogestionnaires (25 mars – 5 avril)
- Aussitôt annoncées, aussitôt ajournées : le faux départ des négociations sur la forme
- Premières négociations sur la forme, erreur tactique des sections syndicales ?
- La maîtrise fait sécession
- « Plan émeraude » contre « plan primevère » : l’enjeu des salariés silencieux
- Justice de classe ? L’ordonnance du référé du tribunal de grande instance d’Annecy, le 31 mars
- Débloquer la situation à force d’imagination : la journées portes ouvertes et la menace de la reprise de la production (4 et 5 avril)
- Savoir terminer une grève ? Divisions syndicales et douloureuse « sortie de crise » (6-21 avril)
- La CGT refuse l’autogestion : retour aux enjeux confédéraux et désunion syndicale
- Le « compromis » sur les classifications : hausse des coefficients, baisse de la valeur du point (du 5 au 10 avril)
- Tout est dans la question : le vote en mairie sur le document de la direction
- Le choc ouvrier de la dépossession des lieux : l’évacuation de l’usine (20 avril)
- Comment reprendre le travail ?
Partie II. Gouverner la « masse amorphe »
Chapitre 3. Un patronat « moderne » et dérouté
- L’ambition initiale d’incarner une modernité patronale
- Un management « moderne »
- Ne rien changer au luxe
- Moderniser les relations sociales pour conserver son poste
- Moderniser les relations sociales parce qu’on y croit
- La disqualification du « paternalisme »
- Le délitement des évidences : l’expérience du conflit
- Une position de hors-jeu géographique : une direction « enfermée dehors »
- Violence des interactions en milieu savoyard
- Une déroute idéologique provisoire mais ressentie violemment
- Mettre en place un dispositif de gouvernement plus solide
- Comment parler du conflit ? « Guerrier » puis « docteur » : les choix lexicaux de la direction
- Les sciences sociales, un savoir-pouvoir ? Le recours à un cabinet de « sociologie industrielle »
- Quels directeurs, où sont les cadres, et que faire de la maîtrise ? La refonte partielle de la hiérarchie
- Mesures concrètes, peur durable
- Le « dialogue social » comme technique de gouvernement
Chapitre 4. La question du pouvoir se pose aussi aux syndicats
- Méthodologie ou politique ? Questionner le syndicalisme n’équivaut pas à une dénonciation
- L’importance du syndicalisme à Faverges : parcours militants
- Un profil militant : fils et filles d’immigrants italiens
- Autre profil militant : venir au syndicalisme par la religion
- Le syndicat contre/pour/avec/sans la « base » : un problème historiographique
- Deux conceptions du militantisme et du rapport à la « base » : CGT et CFDT durant le conflit
- La CGT contre la CFDT ? Union et désunion syndicale
- La logique du « lâchage » de la CGT : stratégie locale ou souci de l’assemblée générale ?
- Le leadership au service de l’autogestion ? Le cas Jean-Charles Violi
- L’équipe syndicale CFDT durant le conflit : le souci de ne pas mettre (trop) à distance les salariés
- L’ambition de Jean-Charles Violi d’incarner le mouvement
Partie III. Anthropologie historique du contemporain
Chapitre 5. « Ce que veut au juste cette France qui bouge » : la question des revendications
- Sous la comptabilité, le sentiment de la justice : les classifications
- L’accord du 21 juillet 1975 sur les classifications dans la métallurgie : nouvelles hiérarchies, nouveaux modes de rémunération au sein de la branche
- Classification et rémunération à l’usine, des problèmes techniques ?
- Les négociations autour des classifications : une situation de porte-à-faux
- Importer Lip à Faverges ? La question du pouvoir à l’usine
- Des envies de démocratie qui inquiètent
- L’autogestion chez S.T. Dupont : utopie, pur slogan, menace, ou projet concret ?
Chapitre 6. Carnaval ou événement ? Des idées et des corps subversifs
- La dénaturalisation de l’ordre et du normal
- Quand les « manants » gouvernent
- Les révolutions intimes : le tabou des « coucheries » à l’usine pendant l’occupation
- Parenthèse rituelle, ou irruption « sérieuse » de l’inédit ?
- Première version : une occupation éphémère et cathartique
- Le carnavalesque de Mikhaïl Bakhtin à Teofilo Ruiz : un détour par l’historiographie médiévale
- Le carnavalesque à Faverges ?
- Deuxième version : l’occupation de l’usine est un événement
- Un Mai 68 à retardement ?
Chapitre 7. Épilogue : La question Grinberg/Vinaver
- La « double vie »
- Le théâtre sans engagement : une position d’irresponsabilité revendiquée
- La vie est un théâtre ? L’explication par le rôle
- L’hypothèse de la rupture biographique
- Un théâtre politique ?
- Évolution de l’œuvre : l’irruption du monde du travail dans le théâtre de Vinaver
- Le « refus du système de l’aveu » : écrire après Brecht, un théâtre sans thèse ?
