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    Detailed outline Full text SOUBASSEMENTS CONCEPTUELS ET PROBLÉMATIQUE MÉTHODOLOGIES ET INVESTIGATION DE TERRAIN QUELQUES RÉSULTATS CONCLUSION VALORISATION Bibliography Footnotes Author

    Quatre ans de recherche urbaine 2001-2004. Volume I

    This book is reviewed by

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    Proximités et identités urbaines. Dynamique des représentations sociales de l’urbanité et spatialisation de l’identité

    Gabriel Moser

    p. 320-327

    Full text Bibliography RÉFÉRENCES Footnotes Author

    Full text

    1Note portant sur l’auteur1

    2L’ambition de cette recherche était d’accéder, in fine, aux significations de la proximité aujourd’hui, et de repérer les mécanismes socio-cognitifs qui régulent cette proximité, autrement dit, les représentations sociales associées aux interactions de voisinage.

    3Dans cette optique, la proximité, irréductible à une mesure objective et à une échelle géographique donnée, renvoie à la conception qu’a chaque sujet de sa propre insertion socio-spatiale et à sa capacité de réguler sa distance à autrui. Pour autant, l’analyse des déterminants psychosociaux doit obligatoirement intégrer les variables environnementales susceptibles de moduler et d’infléchir, dans une large mesure, le rapport du sujet à son espace.

    SOUBASSEMENTS CONCEPTUELS ET PROBLÉMATIQUE

    LE MODÈLE D’ANALYSE ARTICULE DEUX NOTIONS CENTRALES : L’URBANITÉ ET L’IDENTITÉ SOCIALE URBAINE

    4L’urbanité est définie comme l’ensemble des modalités du vivre ensemble qui régulent les rapports du sujet à son environnement physique et aux « autruis » qui l’occupent. Si le concept exploré ici englobe la civilité (entendue comme un ensemble de conventions régissant les actes usuels quotidiens), il inclut plus largement l’ensemble des modalités du rapport à l’autre intervenant dans un milieu ayant des caractéristiques écologiques spécifiques, à savoir le cadre urbain.

    5On s’est ainsi attaché à mettre au jour, au travers des représentations sociales du « bon voisinage », un système de normes définissant la « bonne distance à autrui ».

    6Compte tenu de la multiplicité et de la labilité des appartenances et des références du sujet contemporain, dans quelles mesures s’opère la spatialisation de son identité ? L’identité topologique est ici conçue comme : « la plus ou moins forte propension à éprouver une conscience émotionnelle d’appartenance à l’égard d’un lieu et des autruis qui l’occupent, non seulement en fonction de dispositions et de références personnelles et d’appartenance groupale mais aussi en fonction de modes collectifs – et culturellement marqués – de penser l’environnement » [Félonneau, 2003, p. 31].

    7Selon nous, la spatialisation de l’identité se fonde sur le sentiment de proximité psychosociale qui se développe à partir des caractéristiques socio-environnementales perçues. L’individu mettra donc en œuvre des stratégies de gestion des proximités urbaines différenciées en fonction des contraintes environnementales et de sa position sociale.

    8En référence à la littérature dans le domaine, nous avons complété l’approche en intégrant également les thématiques de la satisfaction résidentielle et de l’appropriation spatiale.

    DEUX TYPES DE VARIABLES ONT ÉTÉ RETENUES

    • Des variables environnementales : taille de l’unité urbaine et statut administratif (capitale vs ville de province de taille moyenne : Paris, Bordeaux et Nantes) et position du lieu de résidence (centre vs périphérie).
    • Des variables sociales : composition sociale du quartier (favorisé vs défavorisé) et capacité stratégique des individus (forte vs faible).

    9L’ancienneté dans la ville et dans le quartier, le statut d’occupation du logement (propriétaire/locataire) et le type d’habitat (individuel/collectif) ont été également testés à titre de variables secondaires.

    MÉTHODOLOGIES ET INVESTIGATION DE TERRAIN

    10L’échantillon. L’échantillon se compose de 257 femmes habitant depuis au moins quatre ans dans leur quartier, ayant au moins un enfant scolarisé à charge et vivant en couple.

    11Les outils d’analyse. À la suite d’une pré-enquête incluant une tâche d’associations libres à partir du stimulus « relations de bon voisinage » et la passation d’entretiens semi-directifs, nous avons construit une échelle d’urbanité. Le niveau de l’identité topologique est mesuré par une échelle construite à partir de celle de Lalli [Lalli, 1992]. Une échelle de satisfaction mesure la perception et l’évaluation du quartier habité. Enfin, par la méthode des cartes mentales, nos sujets ont été invités à dessiner leur quartier sur un support libre.

    QUELQUES RÉSULTATS

    EFFETS DE CAPITALE/EFFET DE CENTRALITÉ…

    12Les facteurs environnementaux, en particulier les distinctions capitale/ province et centre/périphérie, s’avèrent fondamentalement discriminants. À l’évidence, ces variables modulent très sensiblement le rapport à l’environnement et peuvent même neutraliser l’effet de variables sociologiques pourtant considérées comme puissamment actives comme la situation socio-économique des ménages.

    13En effet, dans tous les cas, résider dans le centre semble favoriser l’identification topologique. À Paris, cette différence est particulièrement saillante. On retrouve ainsi nettement les effets de la symbolique sociale associée à l’asymétrie des positions socio-spatiales.

    VERS UNE NOUVELLE DÉFINITION DE L’URBANITÉ

    14Cette recherche dévoile de façon saillante l’aspiration généralisée des sujets à s’impliquer affectivement dans leur quartier sans souhaiter pour autant vivre au milieu de semblables sociaux. Sans doute nos sujets sont-ils sensibles aux prescriptions dominantes de la tolérance à la différence puisqu’ils assurent qu’en dépit d’éventuelles différences de culture ou de mode de vie, il est souhaitable que les voisins deviennent des amis. Assurément, ce résultat renvoie à une norme émergente de désirabilité sociale qui consiste à afficher une grande tolérance vis-à-vis d’autrui alors que les comportements effectifs restent plutôt tournés vers la discrimination !

    S’IDENTIFIER À SON ESPACE DE VIE…

    15L’analyse des modalités de l’identité topologique montre que le quartier demeure encore fondamentalement un lieu d’ancrage de l’identité psychosociale et participe directement à la construction identitaire du sujet.

    16Retenons cependant que les modalités d’inscription du Soi dans l’espace sont déterminées par le statut socio-économique.

    17Ainsi, les sujets les plus favorisés présentent-ils globalement un niveau plus élevé d’identification à leur espace de vie, y compris lorsqu’ils habitent un secteur défavorisé, à la condition cependant que celui-ci soit central. Disposant de ressources sociales, économiques et culturelles leur autorisant une grande mobilité, ces ménages peuvent s’affranchir de leur périmètre de vie immédiat : leur quartier ne constitue pas leur seule ressource d’identité sociale positive.

    18Les ménages les plus modestes, quant à eux, refusent de s’identifier à leur quartier lorsqu’ils résident dans un site défavorisé et périphérique. L’endogroupe local est alors rejeté et, en dépit d’un destin socio-économique commun, ces sujets revendiquent une certaine distance vis-à-vis de leurs voisins. En revanche, les ménages modestes en « position atypique » (c’est-à- dire résidant dans un secteur socialement favorisé), présentent le score d’identité topologique le plus élevé de l’ensemble de l’échantillon. On reconnaîtra ici un processus de construction identitaire qui fait du quartier le pourvoyeur essentiel d’identité sociale positive.

    CONCLUSION

    19L’ensemble de ces résultats ouvre sur des questionnement larges, en particulier, celui de la gestion de la diversité urbaine et celui des liens, en constante redéfinition, entre les échelles territoriales

    20Si nos résultats révèlent des normes d’urbanité fondées sur une certaine acceptation de la différence, on sait combien l’échec des politiques urbaines de mixité sociale est retentissant. On supposera donc ici une certaine disjonction entre l’adhésion à des valeurs altruistes d’une part et les stratégies effectives d’homogénéisation résidentielle d’autre part. En tout état de cause, les tentatives trop explicitement volontaristes – fussent-elles louables – pour introduire la mixité résidentielle sont probablement vouées à l’échec.

    21Dans un monde où la mobilité est hissée au rang de prescription dominante, l’échelon du quartier, promis souvent à un déclin définitif, resurgit de façon récurrente dès lors que l’on se penche sur les modalités du vivre ensemble contemporain. Pourtant, même si la mobilité est devenue en quelque sorte la métonymie de la modernité, il n’y a plus forcément d’incompatibilité entre un fort ancrage local et le désir d’ouverture vers une échelle spatiale plus large, entre l’investissement du quartier et celui de la ville dans son ensemble.

    22En filigrane, réapparaît sans cesse la question du couple mobilité/ancrage. Dans ce mouvement de va-et-vient entre ville et quartier, mobilité et racines, sans doute est-il plus pertinent de parler de flexibilité des inscriptions spatiales et de se pencher sur les régulations proxémiques ainsi que sur les représentations qui les accompagnent et/ou les génèrent. Au fond, les conceptions de l’urbanité à un moment donné, révèlent sans doute les écarts entre les sociabilités urbaines telles que les souhaitent nos contemporains et la réalité de la ségrégation socio-spatiale urbaine.

    VALORISATION

    Communications

    23Félonneau M.-L., Fleury-Bahi G., (2001), « Les modalités du vivre ensemble urbain. Représentations sociales de l’urbanité et identité topologique », 5ème Colloque International de Psychologie Sociale Appliquée, Université de Paris VIII, 9-10 novembre 2001.

    24Félonneau M.-L., Fleury-Bahi G., (2001), « Identité résidentielle, dynamiques identitaires et situations résidentielles », Journée Scientifique, Laboratoire de Psychologie Environnementale, Institut de Psychologie, Université René Descartes – Paris V, 26 mai 2001.

    25Moser Gabriel, Félonneau Marie-Line, (2004), « The dynamics of social representations of urbanity and the spatialisation of identity », Symposium au Congrès de l’IAPS (International Association for People-Environment Studies), Vienne (Autriche), 6-10 juillet 2004.

    Publication

    26Félonneau M.-L., Marchand D., Fleury-Bahi G, (2004), « Les représentations sociales de l’urbanité. Modalités du vivre ensemble et sentiment de proximité », Psychologie et Société.

    27mailto:moser@psycho.univ-paris5.fr
    Laboratoire de Psychologie Environnementale

    CNRS – UMR 8069 – Université René Descartes – Paris V
    71, avenue Édouard Vaillant
    92774 Boulogne-Billancourt
    Tél. : 01 55 20 58 20

    Bibliography

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    Format

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    Footnotes

    1 Professeur des universités, directeur du Laboratoire de Psychologie Environnementale – Paris V/CNRS.

    Author

    • Gabriel Moser

      Responsable scientifique

      Équipe : Marie-Line Félonneau (maître de conférences de psychologie Sociale, Laboratoire de Psychologie, Université Victor Ségalen – Bordeaux 2), Ghozlane Fleury-Bahi (maître de conférences de psychologie Sociale, Université de Nantes), Dorothée Marchand (chercheur associée au Laboratoire de Psychologie Environnementale, Université René Descartes – Paris V).

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    Quatre ans de recherche urbaine 2001-2004. Volume I

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    Moser, G. (2006). Proximités et identités urbaines. Dynamique des représentations sociales de l’urbanité et spatialisation de l’identité. In Émilie Bajolet, M.-F. Mattéi, & J.-M. Rennes (eds.), Quatre ans de recherche urbaine 2001-2004. Volume I. Tours: Presses universitaires François-Rabelais. https://doi.org/10.4000/books.pufr.1189
    Moser, Gabriel. “Proximités et identités urbaines. Dynamique des représentations sociales de l’urbanité et spatialisation de l’identité”. In Quatre ans de recherche urbaine 2001-2004. Volume I, edited by Émilie Bajolet, Marie-Flore Mattéi, and Jean-Marc Rennes. Tours: Presses universitaires François-Rabelais, 2006. doi:10.4000/books.pufr.1189.
    Moser, Gabriel. “Proximités et identités urbaines. Dynamique des représentations sociales de l’urbanité et spatialisation de l’identité”. Quatre ans de recherche urbaine 2001-2004. Volume I, edited by Émilie Bajolet et al., Presses universitaires François-Rabelais, 2006, https://doi.org/10.4000/books.pufr.1189.

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    Bajolet, Émilie, Mattéi, M.-F., & Rennes, J.-M. (eds.). (2006). Quatre ans de recherche urbaine 2001-2004. Volume I. Tours: Presses universitaires François-Rabelais. https://doi.org/10.4000/books.pufr.1084
    Bajolet, Émilie, Marie-Flore Mattéi, and Jean-Marc Rennes, eds. Quatre ans de recherche urbaine 2001-2004. Volume I. Tours: Presses universitaires François-Rabelais, 2006. doi:10.4000/books.pufr.1084.
    Bajolet, Émilie, et al., editors. Quatre ans de recherche urbaine 2001-2004. Volume I. Presses universitaires François-Rabelais, 2006, https://doi.org/10.4000/books.pufr.1084.
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