2En référence à la religion, le terme est attesté avant 1704 ; concernant la politique, il est utilisé comme adjectif en 1789, et comme substantif en 1790. Il est emprunté au latin moderari « tenir dans la mesure, régler, diriger, conduire ; imposer une limite à, modérer », dérivé de modus « mesure, juste mesure, limite convenable » ; cf. infra, p. 177. Voir également la définition du dictionnaire Robert 2010, s. v. : celui « qui professe des opinions politiques éloignées des extrêmes et conservatrices ou modérément réformistes ».
3Cf. Benrekassa 1996 ; Serna 2009 ; Crăiuțu 2016.
4Robespierre avait préparé le brouillon de l’acte d’accusation du groupe de Fabre d’Églantine et de Chabot, qu’il fit prononcer par Saint-Just : voir Ed.-B. Courtois, Rapport fait au nom de la commission chargée de l'examen des papiers trouvés chez Robespierre, Paris, 1795 (chez Maret, an III), p. 192-193.
5Discours de Danton à la Convention, le 31 mai 1793 (section 8).
6Dans Aulard 1980 [1914], p. 124. Le 2 juin 1793, 31 membres de la Gironde furent décrétés d’arrestation pour avoir fomenté un complot contre l’établissement et l’unité de la République, parmi eux Pierre Victurien Vergniaud : cf. Chaumié 1968.
8Salvatorelli 1959 ; Woolf 1973 ; Berti 1986 ; La Salvia 1987.
9Cette seconde interprétation, qui parcourt encore la tradition savante allemande, remonte à Gelzer 1912 ; Münzer 1920.
10Cic. Fin. 2.19.60 (45 av. J.-C.) où temperantia et modestia sont des synonymes : Transfert idem ad modestiam vel temperantiam, quae est moderatio cupiditatum rationi oboediens. La définition est avancée dans le cadre de sa polémique contre l’épicurisme. Off. 1.4.15 (44 av. J.-C., après la mort de César) sur la division de la beauté morale : Sed omne, quod est honestum, id quattuor partium oritur ex aliqua. […] quae fiunt quaeque dicuntur ordine et modo, in quo inest modestia et temperantia. Off. 1.11.142 : […] modestiam, quo in verbo modus est. Off. 1.15.46 sur la mesure et la tempérance en tant que vertus de l’homme de bien : […] colendum autem esse ita quemque maxime, ut quisque maxime uirtutibus his lenioribus erit ornatus, modestia, temperantia, hac ipsa, de qua multa iam dicta sunt, iustitia. […] illae uirtutes bonum uirum uidentur potius attingere. Off. 3.33.116, où l’épicurisme est critiqué au sujet de la beauté morale : Restat quarta pars, quae decore, moderatione, modestia, continentia, temperantia continetur. Potest igitur quicquam utile esse, quod sit huic talium uirtutum choro contrarium ? La principale référence pour le traité de officiis est Panétios de Rhodes. Les quatre vertus qui correspondent aux tendances fondamentales du caractère humain et constituent les aspects de l’honestum sont identifiées notamment par les doctrines philosophiques platonicienne et stoïcienne. Sauf indication contraire, les textes anciens et leurs traductions sont empruntés aux éditions de la CUF.
11Cf. Cic. Mur. 40.87 (63 av. J.-C., modestia de L. Licinius Murena) ; Dom. 18.48 (57 av. J.-C., aliquid modestiae), où le contexte est clairement politique ; Phil. 10.3.7 (moderatio et modestia de Brutus).
12Les deux œuvres furent écrites en 45 av. J.-C.
13Cic. Fin. 4.7.18 : […] quodque hoc solum animal natum est pudoris ac uerecundiae particeps appetensque coniunctiorum hominum ad societatem animaduertentesque in omnibus rebus, quas ageret aut diceret, ut ne quid ab eo fieret nisi honeste ac decore, his initiis {et}, ut ante dixi, seminibus a natura datis temperantia, modestia, iustitia et omnis honestas perfecte absoluta est. [« […] l’homme étant le seul animal qui par sa nature ait en partage des sentiments d’honneur et de retenue, le seul qui ait l’instinct des liaisons qui aboutissent à la société humaine, le seul qui soit attentif, dans tous ses actes et dans toutes ses paroles, à éviter que rien ne procède de lui qui ne soit pourvu de beauté et de noblesse, ces principes, et, comme j’ai dit plus haut, ces germes donnés par la nature ont permis à la tempérance, à la maîtrise de soi, à la justice, à la moralité en général, d’atteindre la plénitude de leur perfection. »].
14Cic. Tusc. 3.8.16 : Veri etiam simile illud est, qui sit temperans quem Graeci σώφρονα appellant eamque uirtutem σωφροσύνην vocant, quam soleo equidem tum temperantiam, tum moderationem appellare, non numquam etiam modestiam ; sed haud scio an recte ea uirtus frugalitas appellari possit, quod angustius apud Graecos ualet qui frugi homines χρήσιμος appellant, id est tantum modo utilis […]. Quae nisi tanta esset, et si is angustiis, quibus plerique putant teneretur, numquam esset L. Pisonis cognomen tanto opere laudatum. [« La tempérance fournit aussi un argument plausible. L’homme tempérant est appelé par les Grecs σώφρων, la vertu correspondante σωφροσύνη, et pour mon compte je la désigne tantôt par tempérance, tantôt par modération, quelquefois même par sens de la mesure. Mais je crois bien que logiquement on devrait appeler cette vertu frugalitas. Le terme correspondant en grec a un sens plus restreint, car les Grecs appellent l’homme frugi χρήσιμος, ce qui ne veut pas dire plus que utile […]. Si ce mot [frugalitas] n’avait pas une telle portée, s’il avait le sens restreint que la plupart des gens lui donnent, jamais le surnom de Lucius Pison n’aurait eu tant de gloire. »].
15Ac. 2.44.135 (45 av. J.-C.).
16Cic. Tusc. 3.10.22 : « Quant aux Péripatéticiens, nos amis, en dépit de leur éloquence, de leur science, de leur sérieux insurpassable, ils ne me décident pas à admettre leurs troubles ou passions médiocres. En effet n’importe quel mal, même médiocre, est un mal ».
17Cic. Tusc. 4.20.46 : « Ils ne vont pas, il est vrai, jusqu’à dire qu’il ne faille pas élaguer les passions, mais ils soutiennent qu’on ne peut ni ne doit les extirper de fond en comble, et qu’au reste en toute chose généralement le mieux est de se tenir dans un juste milieu. Cette thèse, dis-moi, est-elle sans valeur, ou te paraît-elle intéressante ? ». Cf. Cic. Tusc. 3.31.74 ; Mur. 30.63, où Platon et Aristote sont associés. Le rapport entre modération et vices est bien explicité dans Fin. 2.9.27, où Cicéron critique la philosophie qui ne s’attache pas à détruire le vice, mais seulement à le régler : qualis ista philosophia est, quae non interitum afferat prauitatis, sed sit contenta mediocritate uitiorum ?
18Cic. Tusc. 3.5.11 : « Celui qui vient à tomber dans cet état, les Douze Tables lui ont interdit la disposition de ses biens ; aussi le texte ne porte-t-il pas : s’il est fou (insanus), mais s’il est fou furieux (furiosus). Nos ancêtres ont estimé en effet que la sottise, état d’esprit dépourvu d’équilibre, c’est-à-dire de santé, est cependant à la hauteur des devoirs moyens et des fonctions ordinaires de la vie courante ; ils ont jugé au contraire que la folie furieuse (furor) est un aveuglement de l’esprit qui s’étend à toute choses. ». Sur la folie et l’interdiction établie dans les XII Tables, voir le commentaire de M. Humbert, La loi des XII Tables, Rome, 2018, p. 217.
19Sur la modération dans l’éloquence, voir de Orat. 3.9.33 (les gestes) ; 1.25.117 ; 3.52.199 (style : utriusque generis quadem mediocritate) ; orat. 27.96 (genre tempéré) ; 66.221 (phrase) ; Brut. 40.149 (cum omnis uirtus sit, ut uestra, Brute, uetus Academia dixit, mediocritas, uterque horum medium quiddam uolebat ; sed ita cadebat, ut alter ex alterius laude partem, uterque autem suam totam haberet) ; 62.224 (critique de l’éloquence de L. Apuleius Saturninus, auquel la mediocritas prudentiae – invention – était déficitaire). Pour la critique de ceux qui veulent donner des limites à la philosophie, voir Fin. 1.1.2. L’éloge de la mesure dans l’habillement dans Off. 1.36.130 ; dans la construction d’édifice : Off. 1.39.140.
20Le discours a été prononcé en mars 56 av. J.-C. ; sur le projet politique que Cicéron y présente et le rapport avec les accords de Lucques, voir Achard 1993. Sur la vertu de moderatio comme fondement de la vie morale, sociale et politique chez Cicéron, cf. Dieter 1967 ; Militerni Della Morte 1980.
21Cf. Cic. Phil. 5.14.38 à propos de l’attitude de M. Lepidus après la mort de César : Quanta uero is moderatione usus sit in illo tempore ciuitatis, quod post mortem Caesaris consecutum est, quis nostrum obliuisci potest ?
22Exemples de L. Philippus, Cotta, Curion et Cicéron lui-même. Voir aussi Off. 2.17.60 : tota igitur ratio talium largitionum genere vitiosa est, temporibus necessaria et tum ipsum et ad facultates accomodanda et mediocritate moderanda est.
23Ad Q. fr. 3.4.3 (54 av. J.-C.).
24Cic. Off. 1.25.89 : « On doit aussi se garder que la peine soit plus grande que la faute et que, pour les mêmes motifs, les uns soient punis et les autres pas même poursuivis. Mais il faut surtout proscrire la colère en infligeant un châtiment. Jamais en effet celui qui arrivera en colère pour punir, ne tiendra ce juste milieu qui se trouve être le trop et le trop peu, qui plaît aux péripatéticiens et leur plaît à juste titre, à condition toutefois de ne pas faire l’éloge de la colère et de ne pas dire qu’elle a été utilement donnée par nature ! En vérité il faut la repousser en toutes choses et souhaiter que ceux qui sont à la tête de l’État, soient semblables aux lois qui sont amenées à punir, non point par colère mais par équité. ».
25En ce qui concerne la σωφροσύνη, il y a néanmoins une proximité entre les stoïciens et les académiciens : voir infra notes 26 et 27.
26Cf. Pl. Phlb. 64 e 6 : μετριότης γὰρ καὶ συμμετρία κάλλος δήπου καὶ ἀρετὴ πανταχοῦ συμβαίνει γίγνεσθαι. [« La mesure et la proportion réalisent partout la beauté et la vertu. »]. Phlb. 65 b 8 : Κάλλους καὶ ἀληθείας καὶ μετριότητος πέρι λέγεις. [« Tu veux parler de la beauté, de la vérité, de la mesure ? »]. Pl. R. 8.560 d 7 : μετριότητα δὲ καὶ κοσμίαν δαπάνην [« la modération et la mesure dans les dépenses]. Pl. Lg. 3.701 e 4 : λαβόντες δὲ αὐτῶν ἑκατέρας μετριότητά τινα [« lorsque nous avons pris pour chacun (scil. : régime) la mesure convenable […] »]. Ps.-Pl. Def. 411 e : Σωφροσύνῃ · μετριότης τῆς ψυχῆς ἐν αὐτῇ κατὰ φύσιν γιγνόμενας ἐπιθυμίας τε καὶ ἡδονάς [« Tempérance : mesure de l’âme en ce qui concerne ses désirs naturels et ses plaisirs ; harmonie et ordre de l’âme en ce qui concerne les plaisirs et les peines que comporte la nature […] »]. Cf. une définition analogue du stoïcien Zénon (D.L. 7.92, cf. 7.102 ; 7.126).
27Sur la modération (σωφροσύνη) chez Platon, voir entre autres : White 1979, p. 116-118, 127-129 ; Vlastos 1981 [1973], p. 380-383 ; chez Aristote : Jager 1923, p. 42 ; Miller 1995, p. 191-275 ; Vilatte 1995, p. 241-376 ; Hutchinson 1995, spéc. 217-219 ; Winthrop 2019, p. 41, 46, 50, 117, 153, 172, 182. Sur le platonisme chez Cicéron et le rapport entre philosophie et rhétorique, voir Renaud 2018.
29Sur la connexion des Aurelii Cottae avec les Metelli, voir Badian 1957, spéc. p. 321-325. À son tour, Gruen 19952 [1974], p. 124, souligne leur association avec les Luculli.
30Cf. Hellegouarc’h 1963, p. 102 ; Syme 1964, p. 200 ; Gruen 19952 [1974], p. 26. Voir également Morstein-Marx 2021, p. 41-42.
32Cf. Mc Gushin 1994, p. 89.
34Cf. Ferrary 1975 (70 av. J.C.), spéc. p. 322, d’après lequel L. Licinius Lucullus faisait partie du groupe hostile au préteur L. Aurelius Cotta, dont la loi est considérée comme reflet d’une attitude modérée. Il demeure néanmoins incertain de savoir si l’opposition de Lucullus remontait à l’époque du consulat de C. Aurelius Cotta. Sur ce dernier, cf. aussi Malitz 1972.
37Sall. Hist. 3.48 M : la citation est rapportée supra, p. 184.
38Cf. aussi Sall. Hist. 2.47 M : <Post> paucos dies Cotta, mutata veste, permaestus, quod pro cupita voluntate plebis abalien<ata> fuerat, hoc modo in contione populi disseruit […].
39Sur cette périodisation, voir Schettino 2021.
41Pour une mise à point du recours au SCU voir Buongiorno 2020.
42Voir Burton 2014. Pour un portrait nuancé, cf. aussi Landréa 2021.
44Plut. Crass. 13.1 : […] καίτοι Ῥωμαίων ἔχοντι τὸν πρᾳότατον Λουτάτιον Κάτλον.
45Vell. 2.32.1 : Digna est memoria Q. Catuli cum auctoritas tum uerecundia. Qui cum dissuadens legem in contione dixisset esse quidem praeclarum uirum Cn. Pompeium, sed nimium iam liberae rei publicae neque omnia in uno reponenda adiecissetque : ‘si quid huic acciderit, quem in eius locum substituetis ?’ uniuersa contio : ‘te, Q. Catule’. Tum ille uictus consensu omnium et tam honorifi co ciuitatis testimonio e contione discessit. Hic hominis uerecundiam, populi iustitiam mirari libet, huius, quod non ultra contendit, plebis, quod dissuadentem et aduersarium uoluntatis suae uero testimonio fraudare noluit. […] [« Il convient de rappeler à cette occasion le prestige et la modération de Quintus Catulus. Il parlait contre la loi dans une réunion populaire en affirmant que Cn. Pompée était certes une personnalité d’élite, mais déjà trop puissante pour un État libre et qu’il ne fallait pas tout faire reposer sur un seul homme ; il avait ajouté : “S’il lui arrive quelque chose, qui mettrez-vous à sa place ?” – “Toi, Q. Catulus”, s’écria l’assemblée tout entière. Alors, désarmé par cette unanimité et par ce témoignage si flatteur de ses concitoyens, il quitta l’assemblée. J’ai plaisir à admirer ici la modération de cet homme et l’esprit de justice du peuple, car lui n’insista pas davantage et la plèbe, malgré le désaccord et l’opposition de Catulus à ses volontés, ne voulut pas le priver d’un juste témoignage. »].
46Cf. Twyman 1972. Bien que Ferrary 1975, p. 330 n. 3, minimise l’importance de tels arguments, l’influence de la tradition familiale sur les choix politiques de Crassus et son adhésion au milieu de la génération paternelle sont bien attestées dans les sources anciennes : voir Schettino 2023.
47Plut. Crass. 7.7 : « […] Crassus se tenait au milieu entre les deux (scil. : Pompée et César) et fréquentait l’un et l’autre parti ; il changeait très souvent de politique et n’était ni un ami constant ni un ennemi irréconciliable ».
48Plut. Crass. 7.7 : καθόλου δὲ τῆς Ῥώμης εἰς τρεῖς νενεμημένης δυνάμεις, τὴν Πομπηίου, τὴν Καίσαρος, τὴν Κράσσου (Κάτωνος γὰρ ἡ δόξα μείζων ἦν τῆς δυνάμεως καὶ τὸ θαυμαζόμενον πλέον <ἢ τὸ> ἰσχῦον), ἡ μὲν ἔμφρων καὶ καθεστῶσα μερὶς ἐν τῇ πόλει Πομπήιον ἐθεράπευε, τὸ δ´ ὀξὺ καὶ φερόμενον μετ´ εὐχερείας ταῖς Καίσαρος ἐλπίσιν ἐπηκολούθει, Κράσσος δὲ μέσος ὢν ἀμφοτέραις ἐχρῆτο, καὶ πλείστας μεταβολὰς ἐν τῇ πολιτείᾳ μεταβαλλόμενος, οὔτε φίλος ἦν βέβαιος οὔτ´ ἀνήκεστος ἐχθρός [...]. [« Dans l’ensemble Rome était alors partagée entre trois partis, ceux de Pompée, de César et de Crassus (en effet Caton avait plus de renommée que d’influence, et il était plus admiré que puissant). La fraction raisonnable et modérée de l’opinion était en faveur de Pompée ; l’élément ardent et passionnée s’associait volontiers aux espérances de César ; Crassus se tenait au milieu entre les deux et fréquentait l’un et l’autre parti ; il changeait très souvent de politique et n’était ni un ami constant ni un ennemi irréconciliable. »].
49D.C. 39.30.3 : Ὡς οὖν τούτῳ φανερῶς ἐνέκειτο, καὶ ὁ Κράσσος ἐρωτηθεὶς καὶ αὐτὸς τὰ αὐτὰ οὐχ ὡμολόγησε μέν, οὐ μὴν οὐδ' ἀπηρνήσατο [...].
50La conception politique de Crassus ainsi que le réseau de ses parents et de ses amis démentiraient l’hypothèse la plus répandue, selon laquelle les allusions de Plutarque et Dion Cassius ne doivent être rapportées qu’à la période du « premier triumvirat », comme le croit en revanche Twyman 1972, p. 816-874.
51Twyman 1972, p. 857, parle d’une faction aux contours flous : « a somewhat more amorphous group ».
52Sur le flottement des alliances cf., entre autres, Schettino 2008.
53Cette circonstance pourrait aussi expliquer les liens amicaux et politiques que Crassus avait tissés à cette époque, avec des hommes politiques qui étaient en conflit avec les Cottae, comme L. Licinius Lucullus, membre par ailleurs d’une des branches de sa gens, même si les rapports avec ce dernier s’intensifièrent surtout pendant la décennie suivante. Quant à la brouille entre Crassus et Q. Caecilius Metellus Pius à la veille de la première guerre civile, que les spécialistes interprètent comme la cause d’une rupture entre les deux, une reconstitution alternative de l’épisode et des raisons du dissentiment invite à relativiser son importance et à privilégier une continuité de leurs rapports : cf. Schettino 2023, p. 113-119.
55Elle trouve appui dans le témoignagne de V. Max. 7.7.6 : conveniens Mamerco, conveniens principi senatus decretum.
56Avec Aurelius Cotta, et d’autres parents et amis, cf. Suet. Caes. 2 : Quare et sacerdotio et uxoris dote et gentilicis hereditatibus multatus diuersarum partium habebatur, ut etiam discedere e medio et quamquam morbo quartanae adgrauante prope per singulas noctes commutare latebras cogeretur seque ab inquisitoribus pecunia redimeret, donec per uirgines Vestales perque Mamercum Aemilium et Aurelium Cottam propinquos et adfines suos ueniam impetrauit. [« C’est pourquoi il (scil. : Sylla) le dépouilla de son sacerdoce, de la dot de sa femme, des héritages de sa famille, et le rangeait au nombre de ses ennemis, de sorte qu’il fût même obligé de disparaître, changeant de retraite presque chaque nuit, quoique rongé par la fièvre quarte, et dut racheter sa vie à prix d’argent aux espions (scil. : de Sylla), jusqu’au jour où, sur l’intercession des vierges Vestales, de Mamercus Aemilius et d’Aurelius Cotta, ses parents et ses alliés, il obtint sa grâce. »].
57Broughton 1952, II, p. 130, n. 1, parle en revanche d’« insignificance of Mam. Aemilius Lepidus Livianus », tout en acceptant sa nomination comme princeps senatus et en la considérant comme un élément à l’appui de l’hypothèse de Mommsen selon laquelle cet honneur était réservé aux maiores gentes. D’après Sumner 1964, Mam Aemilius Lepidus fut le cinquième des principes civitatis à témoigner contre C. Cornelius en 65.
58Pour cette raison, je ne partage pas la suggestion de Willems 1878, I, p. 114, selon lequel le princeps senatus de 70 aurait été Q, Lutatius Catulus, qui aurait tenu ce rôle jusqu’à sa mort, en 61-60.