1Harry Alpert, Émile Durkheim and his Sociology, New York, Columbia University press, 1939, p. 45.
2Steven Lukes, Émile Durkheim, his Life and Work: A Historical and Critical Study, Harmondsworth, Penguin, 1973, chap. 16, p. 296.
3Marcel Fournier, Émile Durkheim, 1858-1917, Paris, Fayard, 2007, p. 184 et suivantes.
4Il existe deux dossiers personnels distincts aux Archives nationales (AN), aux cotes AJ/16/214 et F/17/25768.
5Réédité dans Émile Durkheim, Textes, Paris, Éditions de Minuit, 1975.
6Ils n’identifient pas très bien les deux rapporteurs, ni leurs titres ni leurs noms, qui sont écorchés.
7Les rapports originaux font quatre pages pour celui de François-Tommy Perrens, deux pour celui d’Auguste Himly (voir annexes).
8Rappelons que l’ouvrage se décompose en trois parties inégales : « La fonction de la division du travail » (livre 1, 150 pages), « Les causes et les conditions » (livre 2, 100 pages) et « Les formes anormales » (livre 3, 30 pages).
9Selon les termes de l’arrêté portant règlement relatif aux examens du doctorat ès lettres, 17 juillet 1840.
10Nous avons consulté leurs dossiers personnels aux Archives nationales, dans la sous-série F/17.
11Agrégé d’histoire géographie, chartiste (1845-1847), professeur à la Sorbonne nommé à une chaire de géographie, Auguste Himly a orienté ses recherches du côté de l’Histoire de la formation territoriale des États de l’Europe centrale. Il était originellement spécialiste de l’histoire carolingienne. Nommé doyen de la faculté en 1881, il le resta dix-sept ans jusqu’en 1898, quand il fut remplacé par Alfred Croiset. Le jour de la soutenance de Durkheim, il avait 70 ans.
12Dans le cadre du projet ès lettres, Lucie Lachenal-Taballet a recensé les protagonistes des jurys de toutes les thèses de l’année 1892 (communication personnelle). On constate alors que Himly participe à tous les jurys de thèses de doctorat ès lettres soutenues cette année à Paris, soit vingt-quatre thèses (deux par mois en moyenne). On se représente la charge de travail et surtout l’impossibilité pour lui de lire tous ces travaux. À en croire l’article de Jules Cornély qui raconte la soutenance de l’un de ses amis dans Le Matin, le 22 février 1891, Himly était ainsi surnommé « Himly-pas » – merci à Pierre Verschueren de m’avoir signalé cet élément amusant.
13Voir plus bas le compte rendu du reporter Lucien Mülhfeld, le seul à donner un aperçu des tours de parole. Ce n’était pas une habitude, puisque d’autres récits de soutenance signalent les interventions du doyen.
14Merci à Pierre Verschueren et aux organisateurs du colloque pour leur invitation, et aux autres participants pour toutes les informations et remarques que j’ai pu recueillir ici et là afin de reconstituer ce parcours des rapports. Merci particulièrement à Lucie Lachenal-Taballet qui a fourni des renseignements très intéressants à ce sujet.
15Massimo Borlandi, « Les deux éditions de 1893 et la véritable date d’achèvement de la Division du travail social », Durkheim Studies / Études durkheimiennes, 6, 1994, p. 3-4.
16Rapport original que nous n’avons pu retrouver.
17Voir Jean-Louis Halpérin, « From Durkheim to Jellinek. A German Origin for a Theory of Penalty Concerned with Religious Feelings? », Durkheimian Studies, 26, 2022, p. 23-40, DOI : 10.3167/ds.2022.260102 ; Cécile Rol, « “La justice est pleine de charité”, ou la “révélation” d’Émile Durkheim vue par Gaston Richard », Durkheimian Studies, 26, 2022, p. 68-105, DOI : 10.3167/ds.2022.260104 ; Matthieu Béra, « Crime et religion chez Durkheim. Les liens forts entre ses sociologies criminelles religieuses », Durkheimian Studies, 26, 2022, p. 41-67, DOI : 10.3167/ds.2022.260103 ; id., « La représentation disciplinaire du “social” dans les références et les lectures du jeune Durkheim (1879-1894) », L’Année sociologique, 67 (2), 2017, p. 481-481, DOI : 10.3917/anso.172.0481 ; id., « Aux sources de la sociologie. À propos de l’édition scientifique de la Division du travail social », Archives de sciences sociales des religions, 118, 2019, p. 111-130, DOI : 10.4000/assr.46740 ; id., « Une archive originale : les manuscrits des cours d’Émile Boutroux à l’ENS, ou la trace d’une technique pédagogique toute spéciale », Les Études sociales, 171-172 (1-2), 2020, p. 235-244, DOI : 10.3917/etsoc.171.0235 ; id., « Trois échecs et un succès. Durkheim aux portes du Collège de France, mais élu en Sorbonne », L’Année sociologique, 72 (1), 2022, p. 23-69, DOI : 10.3917/anso.221.0023.
18Traduction française en 1874.
19Cette référence à Sumner Maine se trouve aussi dans la thèse de son camarade de promotion Gaston Richard, qui collabora à L’Année sociologique pendant neuf numéros (1898-1906) et soutint une thèse intitulée Origines de l’idée de droit, que Durkheim recensa en 1893 dans la Revue philosophique et qu’il évoqua à nouveau assez longuement dans son article de 1895 paru dans la Riforma sociale, en italien.
20C’est un autre problème, en effet : l’enseignement de la sociologie contemporaine néglige totalement la culture juridique des étudiants. Voir notre article d’hommage rendu au droit par un sociologue : Matthieu Béra, « La sociologie, au droit reconnaissante », dans Alexandre Zabalza et Carole Grard (dir.), Mélanges en l’honneur du Professeur Jean-Marc Trigeaud : les personnes et les choses du droit civil à la philosophie du droit et de l’État, Bordeaux, Éditions Bière, 2020.
21Ancien normalien (promotion 1843), agrégé de grammaire (1846), docteur en histoire avec une thèse sur Jérôme Savonarole (1853), François-Tommy Perrens a été professeur en province, puis à Polytechnique à partir de 1862. Il est l’auteur de nombreux ouvrages d’histoire : L’Église et l’État en France sous le règne de Henri IV (1872), La démocratie en France au Moyen Âge (2 volumes, 1875), Histoire de Florence en 6 volumes (1877-1883). Il fut élu à l’Académie des sciences morales et politiques en 1887, et nommé inspecteur général honoraire de l’Instruction publique en 1891. Voir Isabelle Havelange, Françoise Huguet et Bernadette Lebedeff-Choppin, « Perrens François Tommy », Les inspecteurs généraux de l’Instruction publique. Dictionnaire biographique (1802-1914), Paris, Institut national de la recherche pédagogique, 1986, p. 544-545. Voir aussi l’article que m’a signalé Pierre Verschueren de Gabriel Monod, de l’Institut, qui eut Perrens comme professeur et qui en fait un portrait captivant : Gabriel Monod, « François-Tommy Perrens (1822-1901) », Revue internationale de l’enseignement, 43, 1902, p. 108-123.
22Nommé en 1879, Gréard est remplacé à son décès en 1904 par le directeur de l’enseignement supérieur Louis Liard.
23Notons que Durkheim avait reçu le prix du meilleur élève de sa promotion, le prix Jouffroy, comme le signale le directeur de l’École normale supérieure (ENS) Numa Denis Fustel de Coulanges dans son rapport final en octobre 1882 (dossier personnel de Durkheim, AN, F/17/25768).
24Normalien de la promotion 1877, agrégé d’histoire, professeur à Bordeaux, Camille Jullian est un ami de Durkheim – ce qui ne l’empêche pas d’être élu au Collège de France à sa place en 1905. Voir notre article « Trois échecs et un succès… », art. cité.
25Jean Jaurès, de la promotion ENS 1878, agrégé de philosophie en 1881, un an avant Durkheim auquel il était lié depuis leur préparation à l’ENS, soutint sa thèse en 1892 (permis d’imprimer en janvier 1891 sur l’exemplaire de la Bibliothèque nationale de France, avec la signature du doyen Himly et du recteur Gréard). Nous n’avons pas pu retrouver le dossier Jaurès aux AN, ni le moindre rapport sur ses thèses. Il faut donc supposer que l’inspecteur général Perrens rapporta aussi sur elle.
26Ce qui est récurrent dans ses rapports que nous avons pu lire sur le site en ligne des AN.
27Reproduit dans Émile Durkheim, Textes. 2. Religion, morale, anomie, éd. par Victor Karady, Paris, Éditions de Minuit, 1975, p. 288-291.
28Nous avons consulté la Revue universitaire et La Revue blanche.
29Les premiers étudiants de Durkheim à Bordeaux sont nés entre 1865 et 1880 (voir Matthieu Béra, Sociologie des premiers étudiants de Durkheim à Bordeaux, mémoire d’habilitation à diriger les recherches, ENS Cachan, 2017). Rappelons que Durkheim est né en 1858 et qu’il avait 35 ans le jour de la soutenance de sa thèse, qu’il préparait depuis dix ans.
30La Revue universitaire paraît pour la première fois en 1892, selon un rythme mensuel. Elle est soutenue par des personnalités éminentes des milieux universitaires, comme l’indique son comité de patronage : Ernest Lavisse, Henri Marion (membre du jury de Durkheim), Paul Vidal de La Blache, etc.
31Cette présentation entre tout à fait dans la tradition de la critique d’art. Voir notre thèse : Matthieu Béra, Recherches sur la légitimité et les fondements de la critique d’art dans la presse française, thèse de doctorat, université Paris 7, 1997. Inutile de préciser que nous n’avons pas été peu surpris quand nous avons vu se télescoper ici deux univers apparemment distincts dans la figure de Lucien Mühlfeld : celui de la soutenance de thèse du fondateur de la sociologie, recensée par un critique d’art dans la Revue universitaire ; et celui de La Revue blanche, dont il était par ailleurs le secrétaire de rédaction, revue qui était annoncée par les célèbres affiches d’Henri de Toulouse-Lautrec et Pierre Bonnard en 1894 et 1895 ! Notons que Durkheim fut invité à publier un texte sur Hippolyte Taine dans cette même Revue blanche (1897), alors que l’anarchiste et critique Félix Fénéon avait succédé en 1894 à Léon Blum, qui lui-même avait succédé à Mühlfeld au poste de secrétaire de rédaction.
32Lucien Mühlfeld, « Les thèses en Sorbonne », Revue universitaire, 2 (1), 1893, p. 26-36, citation p. 26. C’est Mühlfeld qui souligne.
33Dans le premier numéro de la revue pour l’année 1893, il recense les thèses de Georges Radet, Christian Collignon et Édouard Dumesnil. Ce dernier ne sort pas indemne de sa critique, puisque Mühlfeld qualifie son ouvrage de « nul » ! Dans le deuxième numéro de la même année, il s’occupe de la thèse de Georges Blondel ; dans le troisième, de celle d’Auguste Angellier ; dans le quatrième, de celles de Louis Wysocki, Charles Dufayard, Durkheim et Émile Roy ; aucune soutenance de thèse n’est chroniquée en 1894.
34Lucien Mühlfeld, « Les thèses en Sorbonne », Revue universitaire, 2 (2), 1893, p. 176-184.
35Lucien Mühlfeld, « Les thèses en Sorbonne », Revue universitaire, 2 (2), 1893, p. 176-184. Radet a pourtant été plutôt épargné par le reporter.
36Id., « Les thèses en Sorbonne », Revue universitaire, 2 (3), 1893, p. 437-444, citation p. 441.
37En trois heures de soutenance, cependant, on a peine à croire que si peu de tours de parole aient eu lieu. Le reporter dut se contenter de noter les moments d’échange avec le jury.
38Elle sera rééditée dans le recueil d’Émile Durkheim, Textes. 2. Religion, morale, anomie, op. cit., p. 257-288.
39Sur les cours de Boutroux à l’ENS en 1880, voir Matthieu Béra, « Une archive originale… », art. cité.
40Nous ne reviendrons pas sur le doyen qui a été présenté plus haut.
41Ramus, de son nom français Pierre de La Ramée, est un philosophe français et protestant assassiné pendant la Saint-Barthélemy, en 1572.
42Sa préface était la reprise d’un autre ouvrage de Janet, emprunté par Durkheim à la bibliothèque de Bordeaux : Paul Janet, Histoire de la science politique dans ses rapports avec la morale, 3e éd. revue et augmentée, Paris, F. Alcan, 1887, 2 vol.
43Il est très compliqué de connaître les membres du jury d’agrégation sur la longue période. Aucun historien n’a semble-t-il synthétisé ces informations. La Revue universitaire présente quelques informations pour le jury 1892 dans un article signé Paul Janet, président du jury, qui signale qu’il y eut 80 candidats.
44Il est probable que Pierre Janet – cela serait totalement interdit aujourd’hui – passa le concours de l’agrégation devant son oncle qui présidait le jury et qu’il soutint sa thèse à nouveau face à lui !
45Voir Matthieu Béra, « Trois échecs et un succès… », art. cité.
46Paul Janet, La famille : leçons de philosophie morale, Paris, Librairie philosophique de Ladrange, 1855 ; id., Histoire de la science politique dans ses rapports avec la morale, Paris, Librairie philosophique de Ladrange, 1872 ; id., La morale, Paris, Charles Delagrave, 1874 ; id., Éléments de philosophie scientifique et de philosophie morale, Paris, Charles Delagrave, 1890.
47Massimo Borlandi, « Les deux éditions de 1893… », art. cité.
48Sur Henri Marion, voir Jacqueline Gautherin, Une discipline pour la République. La science de l’éducation en France (1882-1914), Berne, Peter Lang, 2002.
49Henri Marion, Leçons de morale, Paris, Armand Colin, 1882 ; id., Leçons de psychologie appliquée à l’éducation, Paris, Armand Colin, 1882 ; id., L’éducation dans l’université, Paris, Armand Colin, 1892.
50Émile Durkheim, L’éducation morale, Paris, F. Alcan, 1925, a été publié à titre posthume. C’est le seul cours que l’on connaisse de cette époque. Philippe Besnard le date de 1899, ce qui est très vraisemblable.
51Il semble qu’il était assez rarement sollicité pour siéger dans les jurys.
52On sait que les normaliens de la promotion de Durkheim (1879) furent autorisés à assister à la soutenance de Marion en 1880. Cet événement put marquer Durkheim. On a aussi une trace d’un emprunt de l’ouvrage en 1886 pendant son année sabbatique (Matthieu Béra, « La représentation disciplinaire du “social”… », art. cité).
53La thèse secondaire est dédiée (à titre posthume) au directeur de l’ENS Numa Denis Fustel de Coulanges.
54Bien plus tard, en 1907, il lui rendit encore hommage en rappelant à Simon Deploige, de la Revue néo-scolastique, qu’il devait à son maître le principe méthodologique fondamental selon lequel toute discipline se définit par sa méthode spécifique : Simon Deploige et Émile Durkheim, « À propos du conflit de la morale et de la sociologie. Lettres de M. Durkheim et réponses de S. Deploige », Revue néo-scolastique, 14 (56), 1907, p. 606-621, en particulier p. 613, DOI : 10.3406/phlou.1907.2139.
55On peut aussi se référer au manuscrit du cours de Boutroux (numérisé et en ligne sur le site de l’ENS) que j’ai présenté dans Matthieu Béra, « Une archive originale… », art. cité.
56Repris et transcrit dans Lucien Mühlfeld, « Les thèses en Sorbonne », Revue universitaire, 2 (3), 1893, p. 437-444, repris dans Émile Durkheim, Textes. 2. Religion, morale, anomie, op. cit., p. 288-291.
57Il serait intéressant de confronter cette question de la certitude d’une part aux cours que Durkheim reçut sur le sujet à l’ENS, d’autre part au cours de Sens qu’il prodigua sur la question, autour de 1884, enfin au cours qu’il dispensa ensuite à ses agrégatifs, l’année même de sa soutenance, sur la notion de certitude (conservé au Collège de France dans le fonds Marcel Mauss, 57 CDF 6-1-2).
58À son décès en 1907, il fut remplacé par Georges Rodier, collègue et ami philosophe de Durkheim à Bordeaux. Voir Soline Goux-Diétlin, « Georges Rodier (1864-1913), un maître attentif et exigeant », Les Études sociales, 171-172, 2020, p. 57-87, DOI : 10.3917/etsoc.171.0057.
59Voir Matthieu Béra, « Trois échecs et un succès… », art. cité.
60Par un fait indépendant de sa volonté, cette fois-ci, Durkheim se présenta à son fauteuil à l’Académie des sciences morales et politiques à son décès en 1907. Mais ce fut un échec total (ibid.).
61Notre attention au public de la sociologie naissante est constante. Notre HDR portait sur les deux cents étudiants bordelais de Durkheim qui assistèrent, entre 1887 et 1902, à la scène inaugurale de la sociologie.
62Sur ses capacités d’orateur, voir Matthieu Béra, « Durkheim en réunion (1re partie). Ses interventions à l’Assemblée des professeurs de la Faculté de Lettres de Bordeaux (1887-1902) », Durkheimian Studies, 24, 2020, p. 3-32, DOI : 10.3167/ds.2020.240102.
63Voir Célestin Bouglé, « Quelques souvenirs : l’œuvre sociologique d’Émile Durkheim », Europe, 86, 1930, p. 281-304.
65En mars 1893, Marie avait 5 ans et André 6 mois.
66Il ne semble pas que Durkheim siégea au jury en 1890, mais plutôt en 1891 et 1892. À propos de Worms, on pourra consulter l’introduction au numéro des Études sociales qui lui est consacré : Antoine Savoye et Frédéric Audren, « René Worms, un sociologue “sans qualités” ? Éclairage biographique », Les Études sociales, 161-162, 2015, p. 7-41, DOI : 10.3917/etsoc.161.0007. Voir aussi Alain Chenu, « René Worms récidiviste. Documents inédits à propos de deux candidatures au doctorat ès sciences naturelles », Les Études sociales, 173, 2021, p. 155-165, DOI : 10.3917/etsoc.173.0155.
67Cette indication, qui ne se trouve nulle part ailleurs, permet d’affirmer qu’il s’y était rendu.
68René Worms, « Émile Durkheim. De la division du travail social », Revue internationale de sociologie, 1, 1893, p. 359.
69Lettre de Xavier Léon à Élie Halévy, 1893, Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, MSVC 368-1. Léon et Halévy viennent de créer ensemble la Revue de métaphysique et de morale en 1893.
70Dossier personnel d’Émile Durkheim, AN, F17/25768.
71Dossier personnel d’Émile Durkheim, AN, F17/25768.
72Il s’agit du vice-recteur de l’académie de Paris, Octave Gréard, normalien de la promotion 1849 et agrégé de lettres en 1854, directeur de l’enseignement primaire en 1872, nommé au poste de vice-recteur en 1879. Il avait mené une vaste réforme de l’enseignement primaire (toujours en vigueur en 2022) découpant les cycles en trois étapes : cours préparatoires, moyens et supérieurs. À noter que Louis Liard, directeur de l’enseignement supérieur depuis de longues années, lui succède en 1902 comme vice-recteur de l’académie de Paris.
73Adolphe Mourier, normalien de la promotion 1827, qui avait eu pour maître Jules Michelet, devint professeur de philosophie, proviseur, recteur, puis vice-recteur de l’académie de Paris de 1861 à 1878. Il a donc été le prédécesseur d’Octave Gréard. Il a aussi collaboré avec le ministre Victor Duruy.
74Gustave Rouland a été ministre de l’Instruction publique et des Cultes sous Napoléon III de 1856 à 1862, avant d’être remplacé par Duruy.
75Victor Duruy a été nommé ministre de l’Instruction publique en 1863 par Napoléon III, dont il était le secrétaire personnel. Il a mené de très nombreuses réformes dans le primaire, le secondaire et le supérieur. Au sujet de sa thèse, voir le chapitre de Jean-Charles Geslot dans ce volume (chap. 8).
76« La lame use le fourreau » est une expression : on le dit des personnes chez qui l’excessive activité de l’esprit nuit à la santé du corps.
77Souligné par Perrens. C’est le seul mot qu’il souligne dans son rapport de quatre pages manuscrites.
78Il s’agit sans doute de Léopold Victor Delisle, archiviste paléographe (1849), administrateur général de la Bibliothèque nationale (1874-1905), directeur de la Bibliothèque de l’École des chartes (1852-1905). Il était aussi rédacteur du Journal des savants, membre de l’Institut et de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (élu en 1857) ; c’est sans doute là qu’il fit connaissance avec Perrens.
79Charles Gide, auteur d’une thèse sur le droit d’association en matière religieuse (1872), était agrégé de droit (1874), professeur à Bordeaux de 1874 à 1880, à Montpellier jusqu’en 1898, à Paris et au Collège de France en 1930. Son ouvrage Principes d’économie politique (1884) connut un succès fulgurant pendant des décennies (26 éditions, 19 traductions). Il dirigeait depuis 1886 la Revue d’économie politique, qui était le lieu de développement des idées fouriéristes, solidaristes et coopératives. Il était aussi le fondateur de la revue de l’École de Nîmes, L’Émancipation, dans laquelle il publia plus de huit cents articles !
80Gabriel Tarde était magistrat et ne devint professeur au Collège de France qu’à la toute fin de sa vie, de 1900 à 1904. En 1893, il avait publié de nombreux articles de criminologie dans les Archives d’anthropologie criminelle, au côté du Dr Lacassagne, depuis 1886. Ses articles sont réunis dans plusieurs ouvrages : Gabriel Tarde, La criminalité comparée, Paris, F. Alcan, 1886 ; id., La philosophie pénale, Lyon/Paris, A. Storck/G. Masson, 1890 ; id., Études pénales et sociales, Lyon/Paris, A. Storck/G. Masson, 1892 ; id., Les lois de l’imitation : étude sociologique, Paris, F. Alcan, 1890.
81Il emprunte cette expression au doyen, qui cite lui-même Henri Marion, le rapporteur de la thèse française.
82Perrens commet ici un contresens : la solidarité organique, produite par la division du travail, n’est pas plus « voulue » que la solidarité mécanique : elle subit les lois (nécessaires) de l’augmentation de la densité humaine – Durkheim y insiste. Durkheim va même jusqu’à mobiliser (livre 2 sur les causes de la division du travail) L’origine des espèces de Charles Darwin (1859) pour démontrer, par analogie, les causes naturelles de la division du travail : pour un organe, se spécialiser a pour fonction d’échapper aux terribles rivalités de la lutte pour la (sur)vie.
83Ce que rapporte Lucien Mühlfeld dans son article paru dans la Revue universitaire.
84Sans doute fait-il allusion à Charles Waddington.
85La formule de politesse n’est pas complète et laisse penser qu’il s’agit d’une copie visant à être versée au dossier individuel.