Chapitre 7

Éléments de socio-histoire du champ académique français après 1968 au prisme de l’accès des normalien·nes au doctorat et à la carrière universitaire

Pierre Bataille

p. 203-228


Extrait

1« Le normalien qui a tout vu et tout entendu » constitue l’une des images d’Épinal de l’enseignement supérieur français les plus couramment convoquées pour quiconque fréquente ou a fréquenté les discussions de couloir des universités, les pauses café des colloques ou encore les délibérations d’un jury de recrutement ou d’attribution d’une bourse, d’un prix, etc.1. Outre que cette figure masque les variations (et les inégalités) d’appropriation des ressources normaliennes et leur incidence en matière de carrières professionnelles2, elle pose comme évident le fait que l’accès à un poste académique est le débouché naturel des ancien·nes élèves des écoles normales supérieures (ENS). Et que la thèse constitue donc le passage obligé d’un parcours normalien « normal ».

2Dans le cadre de ce chapitre, nous voudrions remettre en perspective historique cette adéquation a priori optimale et nécessaire entre ENS, thèse et carrière académique. Au regard de la place centrale qu’occupent les ENS

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