1Christine Musselin et Frédérique Pigeyre, « Les effets des mécanismes du recrutement collégial sur la discrimination : le cas des recrutements universitaires », Sociologie du travail, 50 (1), 2008, p. 48-70, DOI : 10.4000/sdt.17927.
2Pierre Bataille, « “Les réseaux, c’était pas Normale Sup’ !” Les modalités d’activation des ressources relationnelles normaliennes en milieu professionnel », Zilsel, 6, 2019, p. 116-147, DOI : 10.3917/zil.006.0116.
3Victor Karady, « Les professeurs de la République : le marché scolaire, les réformes universitaires et les transformations de la fonction professorale à la fin du xixe siècle », Actes de la recherche en sciences sociales, 47-48, 1983, p. 90-112, DOI : 10.3406/arss.1983.2190 ; Diane Rubenstein, What’s Left? The École Normale Supérieure and the Right, Madison, University of Wisconsin Press, 1990 ; Christophe Charle, La République des universitaires, 1870-1940, Paris, Le Seuil, 1994. Voir aussi le chapitre de Pierre Verschueren dans le présent livre (chap. 1).
4Le pendant féminin de l’ENS d’Ulm (Sèvres) et ses déclinaisons dans l’enseignement primaire (Fontenay et Saint-Cloud) et l’enseignement technique (ENSET/Cachan) ont longtemps été tenus éloignés de la course aux carrières universitaires, jusqu’aux années 1950 au moins. Voir Jean-Noël Luc et Alain Barbé, Des normaliens ? Histoire de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1982 ; Florent Le Bot et al. (dir.), L’ENS Cachan. Le siècle d’une grande école pour les sciences, les techniques, la société, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013.
5Yves Verneuil, Les agrégés : histoire d’une exception française, Paris, Belin, 2005, p. 82.
6Le concours de l’agrégation, créé en 1821, a longtemps été la principale voie d’accès aux postes titulaires d’enseignement et d’encadrement dans les lycées français. Voir André Chervel, « Les “agrégés d’avant le concours” (1809-1821) », Histoire de l’éducation, 124, 2009, p. 135-170, DOI : 10.4000/histoire-education.2073.
7Françoise Mayeur, « L’évolution des corps universitaires (1877-1968) », dans Christophe Charle et Régine Ferré (dir.), Le personnel de l’enseignement supérieur en France aux xixe et xxe siècles, Paris, Éditions du CNRS, 1985, p. 11-27.
8Victor Karady, « Lettres et sciences. Effets de structure dans la sélection et la carrière des professeurs de faculté (1810-1914) », dans Christophe Charle et Régine Ferré (dir.), Le personnel de l’enseignement supérieur aux xixe et xxe siècles, op. cit., p. 29-45 ; George Weisz, The Emergence of Modern Universities in France, 1863-1914, Princeton, Princeton University Press, 1983.
9François Thalamas, agrégé d’histoire, devant la commission Ribot mise en place en 1899 pour remédier aux problèmes alors rencontrés par le secondaire public, dont les effectifs connaissent une importante baisse au cours des années 1890. Une série de propositions sont alors formulées, dont une partie seront reprises par la réforme de l’ENS du 10 novembre 1903. Cité par Pierre Albertini, « La réforme de 1903, un assassinat manqué ? », dans Jean-François Sirinelli (dir.), École normale supérieure : le livre du bicentenaire, Paris, Presses universitaires de France, 1994, p. 31-72, citation p. 36.
10Les enseignants de l’ENS sont appelés « maître de conférences » depuis 1815, mais le terme n’est pas en usage dans les facultés avant 1877.
11Jean-François Sirinelli, Génération intellectuelle : khâgneux et normaliens dans l’entre-deux-guerres, Paris, Fayard, 1988, p. 150-151.
12Pierre Albertini, « La réforme de 1903, un assassinat manqué ? », art. cité.
13Victor Karady, « Les professeurs de la République », art. cité.
14Cité par Nicole Hulin, « La section des sciences de l’École normale supérieure. Quelques jalons de son histoire », dans Jean-François Sirinelli (dir.), École normale supérieure : le livre du bicentenaire, op. cit., p. 321-349, citation p. 327.
15Arnaud Saint-Martin, « Autorité et grandeur savantes à travers les éloges funèbres de l’Académie des sciences à la Belle Époque », Genèses, 87 (2), 2012, p. 47-68, DOI : 10.3917/gen.087.0047.
16Cité dans Nicole Hulin, « La section des sciences de l’École normale supérieure », art. cité, p. 337.
18Une part réduite d’entre eux se tourne vers des domaines extérieurs à l’enseignement (17 % des normaliens inscrits dans l’Annuaire de la Société de secours des anciens normaliens de 1934 consulté par Jean-François Sirinelli dans Génération intellectuelle…, op. cit., p. 159).
19Jean-François Sirinelli, Génération intellectuelle…, op. cit., p. 161.
20Jean-François Condette, Les lettrés de la République : les enseignants de la faculté des lettres de Douai puis Lille sous la Troisième République (1870-1940), Villeneuve d’Ascq, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2012, p. 57-58.
21Jean-François Sirinelli, Génération intellectuelle…, op. cit., p. 150-151.
23L’accès à l’École française de Rome ou d’Athènes est cependant également ouvert aux élèves de l’École de chartes et de l’École pratique des hautes études (EPHE).
24Robert J. Smith, The École normale supérieure and the Third Republic, Albany, State University of New York Press, 1982, p. 51.
25Victor Karady, « Les professeurs de la République », art. cité, p. 109.
26Entre 1910 et 1939 – date à laquelle les femmes ne sont plus admises à se présenter au concours d’entrée à l’École normale supérieure de jeunes gens (décret du 9 mars 1938) – 41 jeunes filles arrivent à entrer rue d’Ulm plutôt qu’à Sèvres. Voir Loukia Efthymiou, « Le genre des concours », Clio, 18, 2003, p. 91-112, DOI : 10.4000/clio.613.
27Emmanuelle Picard, La profession introuvable ? Les universitaires français de l’Université impériale aux universités contemporaines, mémoire d’habilitation à diriger des recherches, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2020, p. 181-191.
28Christine Musselin, La longue marche des universités françaises, Paris, Presses universitaires de France, 2001, p. 43 44.
30Jean-François Sirinelli, Génération intellectuelle…, op. cit., p. 163.
31Pierre Bourdieu, Homo academicus, Paris, Les Éditions de Minuit, 1986, p. 116.
34Diane Rubenstein, What’s Left?..., op. cit.
35Martin Andler, « Les mathématiques à l’École normale supérieure au xxe siècle : une esquisse », dans Jean-François Sirinelli (dir.), École normale supérieure : le livre du bicentenaire, op. cit., p. 351-404, citation p. 381.
36Bernard Zarca, « Mathématicien, une profession élitaire et masculine », Sociétés contemporaines, 64, 2006, p. 41-65 ; Pierre-Michel Menger, Colin Marchika, Yann Renisio et Pierre Verschueren, « Formations et carrières mathématiques en France : un modèle typique d’excellence ? », Revue française d’économie, 35 (2), 2020, p. 155-217, DOI : 10.3917/rfe.202.0155.
37Pierre Bourdieu, Homo academicus, op. cit.
39Notons que si l’analyse de Pierre Bourdieu porte essentiellement sur les lettres et sciences humaines, les remarques de Martin Adler sur les transformations de la section de mathématiques de l’ENS de la rue d’Ulm ou de Pierre Verschueren sur les physiciens nous font penser que des métamorphoses semblables s’y sont opérées. Voir Martin Adler, « Les mathématiques à l’École normale supérieure… », art. cité, p. 382‑396 ; Pierre Verschueren, Des savants aux chercheurs : les sciences physiques comme métier (1945-1968), Lyon, ENS Éditions, 2024.
40Pierre Bourdieu, Homo academicus, op. cit., p. 185.
41Voir par exemple les propos acerbes que tenaient Marc Bloch et Lucien Febvre trente ans auparavant dans Marc Bloch et Lucien Febvre, « Le problème de l’Agrégation », Annales d’histoire économique et sociale, 9 (44), 1937, p. 115-129.
42Yves Verneuil, Les agrégés…, op. cit., p. 68.
43Sylvia Faure, Charles Soulié et Mathias Millet, Enquête exploratoire sur le travail des enseignants-chercheurs. Vers un bouleversement de la « table des valeurs académiques » ?, rapport d’enquête, 2005, p. 70, https://shs.hal.science/halshs-00602398/document [consulté le 18/06/2024].
44Victor Karady, « Lettres et sciences… », art. cité, p. 42.
45Certificat d’aptitude au professorat du second degré, créé en 1950, qui va représenter le niveau de recrutement de base des futurs collèges d’enseignement général créés en 1959.
46Article écrit par le comité, paru dans la revue Esprit en juin 1989, cité par Yves Verneuil, Les agrégés…, op. cit., p. 271.
47Décret no 62-1138 du 3 octobre 1962.
48Pierre Verschueren, « La science comme vocation ? Les élèves scientifiques de l’École normale supérieure et l’espace de leurs carrières (1944-1962) », Histoire de l’éducation, 144, 2015, p. 79-103, DOI : 10.4000/histoire-education.3049.
50Christine Musselin, La longue marche des universités françaises, op. cit., p. 55.
51Arnaud Desvignes, « Les enjeux de la participation dans le monde universitaire de la loi Faure à l’abrogation de la loi Sauvage (1968-1981) », Histoire@Politique, 37, 2019, DOI : 10.4000/histoirepolitique.4185.
52Antoine Prost, Éducation, société et politiques : une histoire de l’enseignement en France, de 1945 à nos jours, Paris, Le Seuil, 1992, p. 138.
53Sylvia Faure, Charles Soulié et Mathias Millet, Enquête exploratoire sur le travail des enseignants-chercheurs…, op. cit., p. 70-71 ; Pierre-Michel Menger et al., « Formations et carrières mathématiques en France… », art. cité.
55La base et les codes utilisés pour reconstruire des catégories pertinentes nous ont généreusement été transmis par Olivier Godechot – que nous voudrions remercier ici.
56La méthode mise en œuvre pour déterminer le sexe probable des personnes nommées dans la base a été la même que celle utilisée par Olivier Godechot et Alexandra Louvet.
57Bastien Bernela, Olivier Bouba-Olga et Marie Ferru, « Spatial Patterns of PhDs’ Internal Migration in France, 1970-2000 », Journal of Innovation Economics & Management, 25, p. 33-56, DOI : 10.3917/jie.pr1.0021 ; Olivier Godechot et Alexandra Louvet, « Comment les docteurs deviennent-ils directeurs de thèse ? », Sociologie, 1 (1), 2010, p. 3-23, DOI : 10.3917/socio.001.0003.
58Le processus d’appariement des docteur·es et des directeurs et directrices de thèse a été le même que celui décrit par Olivier Godechot et Alexandra Louvet – grâce au concours précieux de Jean-François Bataille, que nous voudrions également remercier ici.
59L’antenne de l’ENS de Cachan à Ker Lann, future ENS de Rennes (2013), créée en 1994, n’est donc pas prise en compte ici.
60Pierre Bataille, Des cheminements sur la voie royale : une analyse sociologique des parcours de vie des normalien·nes de Saint-Cloud, Fontenay-Aux-Roses et Lyon (1981-1987), thèse de doctorat en sociologie, université de Lausanne, 2014, https://theses.hal.science/tel-02924890 [consulté le 19/06/2024].
61Nous reprenons cette distinction traditionnelle entre ensembles de filières bien qu’elle ne recoupe en rien la (non-)scientificité des différentes disciplines.
62Pierre Verschueren, Des savants aux chercheurs…, op. cit.
63Pierre Bataille, Des cheminements sur la voie royale…, thèse citée, p. 171.
64Yves Gingras et Brigitte Gemme, « L’emprise du champ scientifique sur le champ universitaire et ses effets », Actes de la recherche en sciences sociales, 164, 2006, p. 51-60, DOI : 10.3917/arss.164.0051.
65Pour une analyse plus approfondie des barrières auxquelles se confrontaient les élèves des écoles de Saint-Cloud et Fontenay, voir : Jean-Noël Luc et Alain Barbé, Des normaliens. Histoire de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1982 ; Mélanie Fabre, La craie, la plume et la tribune : trajectoires d’intellectuelles engagées pour l’école laïque (France, années 1880-1914), thèse de doctorat en histoire, EHESS, 2021. Pour Cachan, voir le livre collectif sorti à l’occasion du centenaire de l’école : Florent Le Bot et al. (dir.), L’ENS Cachan : le siècle d’une grande école pour les sciences, les techniques, la société, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013.
66Pierre Bataille, Des cheminements sur la voie royale…, thèse citée, p. 205-213.
67Décret no 86-788 du 24 juillet 1985 relatif aux écoles normales supérieures.
68Martin Andler, « Les mathématiques à l’École normale supérieure… », art. cité.
69Pierre-Michel Menger et al., « Formations et carrières mathématiques en France… », art. cité ; Bernard Zarca, « Mathématicien, une profession élitaire… », art. cité.
70Il faudrait idéalement croiser ces tendances avec une analyse fine du contenu scientifique produit dans ces différentes aires disciplinaires en France au cours de la période, mais cela dépasserait largement le cadre d’un chapitre.
71Frédéric Lebaron, « La dénégation du pouvoir. Le champ des économistes français au milieu des années 1990 », Actes de la recherche en sciences sociales, 119, 1997, p. 3-26, DOI : 10.3406/arss.1997.3226.
72Olivier Godechot et Alexandra Louvet, « Le localisme dans le monde académique… », art. cité.
73Voir notamment, pour le cas français, les travaux de Louis Gabrysiak sur l’importance de la structure et du volume des capitaux individuels sur les parcours académiques : Louis Gabrysiak, « Publish or What? Identité professionnelle et position dans le champ universitaire français d’enseignants-chercheurs peu ou pas publiants », Zilsel, 7, 2020, p. 128‑159, DOI : 10.3917/zil.007.0128. Ou encore les travaux de Catherine Marry et Irène Jonas sur l’emprise du genre dans les parcours académiques : Catherine Marry et Irène Jonas, « Chercheuses entre deux passions. L’exemple des biologistes », Travail, genre et sociétés, 14, 2005, p. 69-88, DOI : 10.3917/tgs.014.0069.
74Pierre Bataille, « “Les réseaux, c’était pas Normale Sup’ !”… », art. cité.
75Olivier Godechot, Réseaux socio-intellectuels et recrutement dans le monde académique, mémoire d’habilitation à diriger les recherches, Institut d’études politiques de Paris, 2013.
76L’algorithme utilisé pour obtenir cette partition est l’algorithme PAM (pour Partitioning Around Medoids).
77Jens Beckert et Christine Musselin, Constructing Quality: The Classification of Goods in Markets, Oxford, Oxford University Press, 2013.
78Pierre Bataille et Pierre Brasseur, « L’espace contemporain de la formation en sociologie en France : une cartographie à construire. Introduction au dossier », Socio-logos, 15, 2021, DOI : 10.4000/socio-logos.5203 ; Alain Chenu, « Une institution sans intention. La sociologie en France depuis l’après-guerre », Actes de la recherche en sciences sociales, 141-142, 2002, p. 46-61, DOI : 10.3406/arss.2002.2817 ; Johan Heilbron, French Sociology, Ithaca/Londres, Cornell University Press, 2015 ; Guy Houdeville, Le métier de sociologue en France depuis 1945 : renaissance d’une discipline, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015 ; Catherine Paradeise, Dominique Lorrain et Didier Demazière (dir.), Les sociologies françaises : héritages et perspectives, 1960-2010, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, « Introduction générale », p. 9-37.
79Les travaux disponibles sur les sciences de l’éducation dans la période post-1968 mettent au jour des questionnements similaires. Voir Gaspard Fontbonne, « Enquête sur les parcours des professeurs de philosophie en sciences de l’éducation (1968-1979) – Du ciel des idées à l’étude des pratiques éducatives », Les Sciences de l’éducation – Pour l’Ère nouvelle, 50 (1), 2017, p. 127-151, DOI : 10.3917/lsdle.501.0127. Sur le cas de l’art, voir aussi le chapitre d’Antoine Idier dans ce volume (chap. 20).