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    Plan détaillé Texte intégral L’Empire du mensonge d’Aminata Sow Fall : un banquet littéraire L’Heptaméron de Marguerite de Navarre : la réinstallation de l’ordre par la narration La préface de l’Heptaméron comme hypotexte de L’Empire du mensonge La vision d’une société à venir Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Nouvelles voix/voies des discours politiques en Afrique francophone

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre 7

    Discours politique et humaniste

    L’Empire du mensonge d’Aminata Sow Fall et l’Heptaméron de Marguerite de Navarre

    Lydia Bauer

    p. 111-122 (volume 1)

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les écrivains et artistes exercent une grande influence sur la politique d’un pays. C’est aussi la raison pour laquelle dans les régimes totalitaires, les livres sont brûlés et interdits et les œuvres d’art censurées. La littérature et l’art sont essentiels pour la mémoire d’une société, pour la critique et la thématisation de questions sociétales, mais également pour la création de nouvelles visions pour l’humanité. Les femmes écrivaines jouent un grand rôle dans ce changement. Ainsi, quand on parle des voix des discours politiques en Afrique francophone, il faut parler des femmes. Celles-ci se font de plus en plus entendre en tant que citoyennes, politiciennes, scientifiques et écrivaines. Elles revendiquent le droit de participer de manière active aux décisions politiques et sociales prises dans leurs pays et à la création de nouvelles visions d’une Afrique future.

    2Aminata Dramane Traoré, essayiste et ancienne ministre de la Culture et du Tourisme du Mali, et Nathalie M’Dela-Mounier, enseignante-documentaliste en Bretagne, critiquent dans leur essai L’Afrique mutilée (2012) le fait que l’on ne prête attention au discours des femmes africaines que lorsque ce discours est centré sur la femme victimisée (Traoré et M’Dela-Mounier, 2012, p. 7). En réaction à cela, elles revendiquent que les femmes soient entendues dans tous les domaines, que ce soit le domaine économique, politique ou social, en signalant la « nouvelle présence de femmes de cœur, de tête et de combat dans un environnement mondial ébranlé où les alternatives les plus audacieuses ont leur place » (ibid., p. 16). Dans Une si longue lettre, de l’écrivaine sénégalaise Mariama Bâ, nous retrouvions déjà la revendication d’une participation des femmes aux décisions politiques (Bâ, 1979). De plus, il faut souligner que cette participation ne concerne pas seulement les conditions et les droits de la femme, mais aussi les questions portant sur le gouvernement, l’économie, l’éducation et bien d’autres sujets encore.

    3On pourrait mentionner ici beaucoup d’autres écrits. Mais pour pouvoir entrer un peu plus dans la profondeur des textes, nous voudrions nous limiter à un seul roman, L’Empire du mensonge d’Aminata Sow Fall, non seulement parce que l’écrivaine a obtenu pour ce livre, en 2017, le prix de l’Engagement littéraire, mais aussi parce que ce roman est plus un manifeste qu’une fiction dans lequel la narration comporte des visions sociales et politiques d’une « humanité-à-venir » (Mbembe, 2006, p. 118) dans un monde globalisé.

    4Aminata Sow Fall est une écrivaine sénégalaise. Née en 1941, elle a écrit jusqu’à aujourd’hui de nombreux romans dont La Grève des battù (1979) et Douceurs du bercail (1989). L’écrivaine souligne elle-même son engagement littéraire. Ainsi affirme-t-elle dans un entretien avec Françoise Pfaff (1985, p. 136) : « Nous avons tellement de problèmes que je pense que l’art pour l’art n’est pas un luxe que nous pouvons nous offrir ». Et dans un autre avec Médoune Guèye (2005, p. 22), elle poursuit : « Je pense que chaque projet littéraire s’inscrit dans une vision idéaliste du genre humain, de la société […]. Car toute critique tend vers une alternative. […] Il y a donc des idées à creuser, à mettre en œuvre. Des idées qui doivent répondre à la question : “Où allons-nous ?” ».

    5Aminata Sow Fall ne cesse de prendre position. Qu’il s’agisse de la corruption et des abus du pouvoir (La Grève des battù, 1979 ; L’ex-père de la nation, 1987), de la migration (Douceurs du bercail, 1989) ou des visions politiques du continent (L’Empire du mensonge, 2017), l’écrivaine intervient, pose des questions et propose des voies à suivre. Ce qui nous intéresse dans cet article, c’est la façon dont Aminata Sow Fall prend position. Il ne s’agit pas pour elle de se laisser réduire au fait de n’être qu’une voix de femme d’Afrique ; consciente de ses origines, elle vise dans ses textes l’universel de l’être humain indépendamment de sa culture ou de l’époque. Ainsi déclare-t-elle : « Tous les peuples se posent les mêmes questions existentielles. Comment vivre ? Comment survivre ? La littérature apporte des réponses. Elle ne peut être locale ! » (Sow Fall cité par Kane, 2019 [En ligne]). En se référant explicitement et implicitement à d’autres textes, l’écrivaine crée de nouvelles formes de littérature. Mais cela veut également dire, en reprenant les mots de János Riesz, « que l’ouverture vers une “littérature monde” n’incombe pas seulement aux auteurs, mais aussi à la critique de la littérature africaine qui ne devrait pas être enfermée dans des corpus “institutionnellement séparés” » (Riesz, 2019, p. 52-53). Pour Aminata Sow Fall, dont l’œuvre préférée est Tristan et Yseult – une œuvre du Moyen Âge –, « [l]a tradition ne doit pas être figée, elle est dynamique » (Sow Fall, 2012, p. 9). Selon elle, la modernité est aussi dans le passé : au xve siècle par exemple, la Renaissance européenne représente pour elle la modernité et Érasme de Rotterdam, avec ses idéaux humanistes, annonçait déjà cette modernité (Sow Fall, 2005, p. 4).

    6C’est dans cette optique que nous analyserons dans ce qui va suivre les liens intertextuels et intergénériques qui existent entre le roman d’Aminata Sow Fall et un recueil de nouvelles bien plus ancien, comparaison qui, au premier abord, semblera surprenante. Il s’agit en effet de l’Heptaméron de Marguerite de Navarre, œuvre posthume datant de la Renaissance, publiée en 1558. Marguerite de Navarre était la sœur du roi François Ier. Très érudite, elle exerça longtemps une certaine influence sur la politique de son frère. L’Heptaméron est aussi un exemple de la « prise de parole » (Bauer, 2019, p. 52) des femmes au xvie siècle en France. Aminata Sow Fall, diplômée en lettres modernes de la Sorbonne à Paris et un temps professeur de littérature française au Sénégal, connaît sans doute ce texte, l’un des rares écrits par des femmes faisant partie des classiques des programmes de littérature française en France. Notre objectif est de démontrer que, tout comme Marguerite de Navarre, Aminata Sow Fall croit au pouvoir de la parole et esquisse au moyen de l’illusion artistique – le mensonge – un modèle sociétal à suivre pour réintroduire les valeurs humaines.

    L’Empire du mensonge d’Aminata Sow Fall : un banquet littéraire

    7Comme tous les romans d’Aminata Sow Fall, L’Empire du mensonge, publié en 2017, est un texte politique critiquant la situation des sociétés africaines après les indépendances : les anciennes valeurs humaines et les traditions ont fait place aux seuls intérêts de l’argent et à l’hypocrisie :

    En ce monde où les cœurs semblent s’être asséchés, où personne n’aime ou ne regrette plus rien, où on blesse son prochain sans remords, il faut avoir les nerfs solides (Sow Fall, 2018, p. 29)1.

    8Les personnages du roman oscillent entre position politique (dans leurs discussions), réalités politiques (dans leurs actes) et discours philosophique (dans leurs écrits). L’autrice y critique d’une part la société sénégalaise actuelle, et donne de l’autre des visions d’une vie ensemble fondée sur des valeurs humaines dans un monde globalisé. L’Empire du mensonge est raconté par un narrateur hétérodiégétique, mais ce discours narratif est souvent interrompu par le discours direct des personnages. Le roman commence par la rencontre hebdomadaire pour un repas dominical de trois couples, dont un avec un enfant. Les femmes sont sœurs et amies et les trois hommes se connaissent depuis leur enfance : Coumba et Boly, Borso et Mignane, et la jumelle de Borso, Yacine, avec Sada et leur fils Diéry – un adolescent. L’objectif du repas n’est pas seulement culinaire, mais il s’agit plutôt pour ce groupe de se rencontrer pour échanger des idées. Ainsi, au cours du repas, Diéry demande à son père Sada la raison pour laquelle il a fait lors de « la pose de la première pierre de “l’Université Internationale d’Excellence” » (EM, p. 12) l’éloge d’un politicien dont il est de notoriété publique qu’il est corrompu. Tout le groupe soutient cette critique de Diéry. Après une discussion animée, le repas se poursuit paisiblement.

    9L’Empire du mensonge est un roman philosophique dans la mesure où les histoires racontées servent plutôt à illustrer un concept politique et sociétal et où le texte est plus argumentatif que descriptif. Il s’inscrit dans la tradition du dialogue, chère à la Renaissance et aux banquets littéraires2, qui remonte à l’Antiquité et au Banquet de Platon, dans lequel un groupe d’amis se rencontre dans la maison d’Agathon à Athènes et discute pendant le repas de leurs conceptions de l’amour. Le Banquet est composé de dialogues. Le texte fut redécouvert en Europe à l’époque de la Renaissance. Marsilio Ficino le traduisit en latin et y ajouta un commentaire auquel il donna également la forme d’un dialogue3. Marguerite de Navarre fit traduire le commentaire de Marsilio Ficino en français, et cette traduction parue en 1546 fut à la base du concept de l’amour platonique qu’elle prôna entre autres dans l’Heptaméron.

    10La discussion dans L’Empire du mensonge ne tourne pas autour de l’amour, mais des questions d’honnêteté et de sincérité. Le repas sert d’histoire-cadre d’une longue analepse dans laquelle l’histoire de ces trois amis d’enfance est narrée, avant tout l’histoire de Sada.

    11Le lecteur apprend que les trois amis partageaient avec leurs familles la même cour ; après une inondation, ils s’étaient perdus de vue. Par la suite, Sada a grandi dans la pauvreté, mais il a malgré cela réussi à se forger une bonne place dans la société grâce à l’éducation et à l’amour de ses parents. Bien plus tard, Sada apprend la publication d’un livre d’un certain Mignane qui se révèle être son ami d’enfance. Il participe à une lecture publique de Mignane, ce que fait également Boly qui lui aussi a entendu parler de Mignane et de sa publication. Après des années de séparation, les amis se retrouvent. Les femmes, Coumba, Borso et Yacine participent aussi à la lecture (EM, p. 91) : « Trois cracs, forte personnalité, chacune son style ». Borso, une actrice, y déclame quelques passages du livre. Finalement, le narrateur raconte que les hommes sont tombés amoureux des femmes et réciproquement, qu’ils se sont mariés et que Yacine a eu l’idée d’organiser des rencontres tous les dimanches pour le repas. La vision de la vie sociétale est présentée sous différentes formes narratives : sous forme de débat (le début du roman et les discussions), sous forme de narration (l’histoire de la famille de Sada), sous forme de pièce de théâtre (un résumé d’une pièce écrite par Borso) et sous forme de manifeste (les extraits lus du livre de Mignane).

    L’Heptaméron de Marguerite de Navarre : la réinstallation de l’ordre par la narration

    12Dans l’Heptaméron de Marguerite de Navarre, un groupe de cinq femmes et de cinq hommes se retrouve à la suite d’une catastrophe naturelle – une inondation – à Notre-Dame de Sarrance, dans le sud de la France, où il leur faudra attendre dix jours jusqu’à la réparation d’un pont avant de pouvoir poursuivre leur chemin. Les inondations n’ont pas seulement plongé la nature dans le chaos, mais ont également désorganisé la société en général et bouleversé ses valeurs. Les personnes du groupe ont survécu aux vols, aux tentatives de meurtre et aux bêtes sauvages, avant de pouvoir se réfugier à Notre-Dame de Sarrance. Comme passe-temps, ils décident de se raconter chaque jour des nouvelles, donc dix nouvelles par jour suivant l’exemple du Décaméron de l’écrivain italien Boccace paru entre 1349 et 1353. L’histoire-cadre de l’Heptaméron est racontée par un narrateur hétérodiégétique, les nouvelles sont narrées par les devisants, c’est-à-dire des narrateurs intradiégétiques. Cette œuvre restera inachevée, car Marguerite de Navarre meurt en 1549, avant sa publication, raison pour laquelle le recueil se termine à la deuxième nouvelle de la septième journée, ce qui explique le choix du titre, l’Heptaméron. Comme Boccace4, Marguerite de Navarre choisit l’événement d’une catastrophe pour attirer l’attention sur la perte de valeurs dans une société où règnent désormais la cupidité, l’hypocrisie et l’égoïsme. Dans les deux œuvres, un groupe d’amis se retire de la ville à la campagne et réintroduit dans une sorte de locus amoenus une société idéale, avec une structuration des journées et des règles de comportements. Dans un article sur l’Heptaméron, Patricia Oster parle à partir d’une citation de Friedrich Schiller du fait que « dans l’œuvre d’art, le discours du pouvoir est suspendu ». C’est la raison pour laquelle l’œuvre d’art peut devenir « un champ d’expérimentations utopique pouvant favoriser des changements sociétaux et remettre en question les rapports de force »5 (Oster, 2000, p. 83).

    13Les nouvelles racontées servent d’exemples pour discuter des valeurs sociétales et notamment des questions relatives à l’amour. Les devisants choisissent la narration comme « passe-temps ou jeu » (Navarre, 1982, p. 47), comme l’appelle Parlamente, l’une des devisants, et conviennent qu’au jeu, tout le monde est égal, leurs batailles n’étant que des batailles de mots. On peut dire que chaque nouvelle sert d’illustration à une question centrale, celle de savoir comment pouvoir vivre ensemble dans une société humaine tout en restant cependant libre. En même temps, il s’agit d’une « initiation à l’art du discours et du débat » (Bauer, 2019, p. 45).

    La préface de l’Heptaméron comme hypotexte de L’Empire du mensonge

    14Gérard Genette définit l’hypertextualité comme « toute relation unissant un texte B ([…] hypertexte) à un texte antérieur A ([…] hypotexte) sur lequel il se greffe d’une manière qui n’est pas celle du commentaire » (Genette, 1982, p. 11-12). Il évoque différentes formes de dérivations d’un texte à un autre, comme le fait que le texte B « ne parle nullement de A, mais ne pourrait cependant exister tel quel sans A, dont il résulte au terme d’une opération […] de transformation » (ibid., p. 12). Notre hypothèse est qu’Aminata Sow Fall fait allusion à la préface de l’Heptaméron en pratiquant une « transposition diégétique » de manière temporelle, géographique et sociale (ibid., p. 351). À première vue, il semble qu’il n’y ait pas de similitudes entre ces deux œuvres : d’un côté dans l’Heptaméron, un groupe de nobles français dans le sud de la France à l’époque de la Renaissance se raconte des nouvelles portant sur l’amour, de l’autre dans L’Empire du mensonge, des intellectuels africains issus d’un milieu modeste discutent pendant un repas au Sénégal à l’époque contemporaine. Dans ce qui va suivre, nous démontrerons pourtant des parallèles entre les deux œuvres au niveau de la diégèse et de la forme.

    L’intrusion de la catastrophe

    15Dans les deux textes, une situation harmonieuse est détruite par une catastrophe naturelle. La société noble de l’Heptaméron doit quitter les bains de Cauterets et les parents de Sada, Boly et Mignane sont obligés d’abandonner leur habitation où ils vivaient avec leurs enfants « en entente cordiale et chaleureuse » (EM, p. 23). Dans les deux cas, il est question d’une inondation, et cette inondation est, dans les deux textes, signe d’une crise de la société. Ainsi, dans l’Heptaméron, il est écrit :

    Mais sur le temps de ce retour vinrent les pluies si merveilleuses et si grandes qu’il semblait que Dieu eût oublié la promesse qu’il avait faite à Noé de ne détruire plus le monde par eau, car toutes les cabanes et logis dudit Cauterets furent si remplies d’eau qu’il fut impossible d’y demeurer (Navarre, 1982, p. 39).

    16Les gens sont séparés à la suite de l’inondation et ne sont pas d’accord sur le chemin à prendre (ibid., p. 40) : « Les uns traversèrent la hauteur des montagnes et, passant par Aragon, vinrent en la comté de Roussillon, et de là à Narbonne ; les autres s’en allèrent droit à Barcelone, d’où, par la mer, les uns allèrent à Marseille et les autres à Aiguesmortes ». Les personnes du groupe qui se retrouvent plus tard à Notre-Dame de Sarrance sont confrontées aux forces de la nature, aux bêtes sauvages et aux brigands, mais aussi à l’avarice et l’hypocrisie.

    17Dans L’Empire du mensonge, les trois familles qui vivent avec leurs enfants dans la même maison sont également victimes des fortes pluies :

    Le retour des saisons pluvieuses sonna comme un enfer pour eux et pour les habitants d’autres quartiers qui avaient poussé comme des champignons à travers la ville, sans canalisations. La maison étant sommairement posée dans une cuvette, les baraques branlantes tanguaient sous les vents et les pluies dans une énorme mare d’eaux usées, boueuses, nauséabondes, charriant toutes sortes d’immondices (EM, p. 23).

    18Le chaos de la nature se reflète également dans le dérèglement de la société (EM, p. 24) : « Atmosphère infernale polluée par les disputes et les bagarres des nombreux locataires ». De la même manière que dans l’histoire de l’Heptaméron, l’eau provoque la séparation des amis :

    La seule solution raisonnable fut de retourner dans leurs terroirs respectifs : Boly et ses parents dans une île de cocotiers et de mangroves, Mignane et les siens au cœur d’un paradis terrestre ombragé, balayé par le souffle vivifiant de l’Océan. Mapaté avait décidé de migrer vers les bords d’une forêt classée, dans une zone qui abritait une décharge d’ordures. Déjà que tout le monde l’appelait Boudjou du fait de son bric-à-brac (EM, p. 24).

    19Le Boudjou, le bric-à-brac, explique une fois de plus la situation chaotique. Dans l’Heptaméron comme dans L’Empire du mensonge, les protagonistes se réfugient dans un endroit hors de la ville où ils se retrouvent et recréent un lieu harmonieux de la narration et du débat. Ce lieu est dans les deux cas idyllique, en contraste avec le chaos qui règne tout autour. Dans l’Heptaméron, à Notre-Dame de Sarrance, il est décrit comme un « beau pré le long de la rivière du Gave, où les arbres sont si feuillés que le soleil ne saurait percer l’ombre ni échauffer la fraîcheur », un pré « qui était si beau et plaisant qu’il avait besoin d’un Boccace pour le dépeindre à la vérité ; mais vous contenterez que jamais n’en fut vu un plus beau » (Navarre, 1982, p. 48-49). La cour de Mapaté et Sabou est un « petit paradis », avec sa « verdure luxuriante et les souffles revitalisants de l’atmosphère » (EM, p. 97). Les lieux de la narration et du débat sont dans les deux œuvres des endroits protégés du monde extérieur.

    Les devisants

    20Au centre de L’Empire du mensonge se trouve le débat. La structure d’une histoire-cadre y est maintenue. Après avoir été séparés pendant des années, Sada, Boly et Mignane participent désormais aux débats pendant le repas hebdomadaire. Comme c’était déjà le cas de Boccace qui parlait d’une « bonne compagnie », les devisants de l’Heptaméron sont des nobles. À l’opposé des personnages de l’Heptaméron, ceux de L’Empire du mensonge sont issus d’une couche sociale extrêmement pauvre. Mais l’Heptaméron démontre également que ce n’est ni la noblesse ni la richesse qui compte, mais les vertus, ce qui est illustré par exemple dans la deuxième nouvelle où la femme d’un muletier préfère perdre la vie plutôt que de perdre sa « vertu de chasteté » et est décrite comme « femme de bien » (Navarre, 1982, p. 59). Dans L’Empire du mensonge, le grand-père de Mapaté explique à son petit-fils : « “D’où tu viens” ne suggérait aucune référence sur l’origine, l’appartenance, le statut social ou la confession » (EM, p. 37), en lui rappelant que ce qui importe c’est « la dignité et l’honneur » (ibid.).

    21Dans L’Empire du mensonge, nous retrouvons deux groupes des personnes qui forment une « bonne compagnie » : d’abord le groupe qui se retrouve chez Mapaté et Sabou, les parents de Sada, autour d’un tamarinier, un endroit qui est appelé « la Cour » avec majuscule, « [p]ar le symbole qu’elle représentait au-delà de ces contours géographiques » (EM, p. 72). Ici le narrateur joue avec la double signification du mot cour comme « [e]space découvert entouré de murs, de haies ou de bâtiments, attenant à une maison d’habitation et à ses commodités ou à un édifice »6 et comme « [l]ieu où réside un souverain et sa suite »7. Par ailleurs, la Cour était également, au-delà d’un lieu, la désignation des « [p]ersonnes de haut rang et de haute qualité qui constituent l’entourage d’un souverain ou d’un prince »8. Chez Vaugelas se référant à Saint-Beuve, « le mot de Cour […] revient assez à ce qu’on a appelé depuis la bonne société »9.

    22Dans la cour de Sada et Yacine dans L’Empire du mensonge, il est autant question des discussions que de la « distraction » (EM, p. 34). Et tout comme dans l’Heptaméron dans lequel le groupe de dix personnes réinstaurait un ordre sociétal fondé sur l’égalité des droits et des sexes, il y participe des gens « qui savent parler, se distraire, se respecter en dehors de tout clivage social, ethnique et religieux » (EM, p. 45). Cette « compagnie du dimanche » (EM, p. 10) présente, tout comme les devisants dans l’Heptaméron, qui sont bien éduqués et liés entre eux par l’amitié et l’amour, un équilibre de femmes et d’hommes liés entre eux par la parenté, l’amour et l’amitié. Pendant que les devisants de Boccace et de Marguerite de Navarre se rencontrent pour la première fois dans ou près des églises (Sainte-Marie-Nouvelle et Notre-Dame de Sarrance), les devisants d’Aminata Sow Fall font connaissance dans une librairie pendant une lecture.

    Jeu et débat

    23Tout comme dans l’Heptaméron où la narration était comparée à un jeu, le narrateur hétérodiégétique de L’Empire du mensonge relie les discussions hebdomadaires au jeu parce qu’il renvoie à Borso, la sœur de Yacine, qui avait autrefois aménagé « dans la cour de sa maison un espace de débats et de lecture » qu’« elle avait décidé de […] baptiser “L’Empire du mensonge” » (EM, p. 91-92). La désignation de l’art comme mensonge remonte à Platon qui excluait les arts de sa République. Ancienne étudiante de lettres classiques, Borso s’inscrit dans cette tradition, mais selon elle, l’illusion artistique est constructive ; ce que fait également Mignane qui écrit dans son livre (EM, p. 96) : « L’Art est mensonge, oui ! Le seul mensonge qui peut nous guérir, un puissant neutralisant contre les haines, les hostilités, la crétinisation ».

    24Les débats de la « compagnie du dimanche » représentent un échange au cours duquel tous sont égaux, critiquent et se soumettent à la critique des autres, comme il est dit dans le texte :

    La séance d’explication […] fait partie de leur ordinaire, suite à une résolution non écrite qu’ils se sont imposée depuis de longues années : se recadrer mutuellement chaque fois que nécessaire si l’un ou l’autre « déraillait » selon leurs propres termes. Pas pour blesser ou humilier. Tout, sauf un tribunal. Un acte lucide et courageux ; un exercice d’hygiène mentale afin d’échapper au conformisme du mensonge, de la délation et de l’hypocrisie qui ont fini de pourrir l’atmosphère et d’inhiber les consciences (EM, p. 16).

    25Il faut souligner que dans l’œuvre de Marguerite de Navarre et d’Aminata Sow Fall, ce sont les femmes qui proposent le divertissement de la conversation. Dans l’Heptaméron, il s’agit de Parlamente (Navarre, 1982, p. 47-48) et dans L’Empire du mensonge, de Yacine :

    Madame Waar [Yacine] m’a chargé d’une mission auprès de vous. Elle souhaite […] que chaque dimanche nous partagions le déjeuner ici. […] Le plus important n’étant pas de manger. Mais l’occasion d’être ensemble, de nous amuser […], de réfléchir sur la manière dont le monde bouge. Garder notre lucidité et notre liberté face aux manœuvres, manipulations et mensonges […] (EM, p. 119).

    26Les femmes invitent donc, dans les textes d’Aminata Sow Fall et de Marguerite de Navarre, les autres locuteurs et locutrices à prendre la parole. Gisèle Mathieu-Castellani constate à propos du personnage de Parlamente dans l’Heptaméron que « celle qui conduit les débats […] s’appelle Parlamente, la parlementaire » (Mathieu-Castellani, 1992, p. 63). Et Patricia Oster, de son côté, note que le nom de Parlamente fait allusion au parlement de l’époque et souligne que ce personnage « apparaît comme incarnation d’une ouverture au dialogue spontanée dans le va-et-vient d’une conversation qui est diamétralement opposée à une rhétorique du pouvoir »10 (Oster, 2000, p. 86). Patricia Oster renvoie au fait que le parlement à l’époque de la Renaissance jouait un rôle important non seulement politiquement, mais aussi au niveau de la rhétorique11 et elle met en contraste le discours unilatéral du pouvoir avec le débat argumentaire du parlement qui servit probablement de modèle aux débats menés dans le récit-cadre de l’Heptaméron (ibid., p. 87-88). Le « groupe du dimanche » de L’Empire du mensonge est « tout, sauf un tribunal ». Alors que la compagnie de l’Heptaméron forme selon Gisèle Mathieu-Castellani un tribunal12, Patricia Oster souligne le fait qu’« [i]l n’existe pas d’instance autoritaire discursive qui porte un jugement définitif »13 (ibid., p. 91).

    27Dans les deux œuvres, les histoires narrées ont une fonction exemplaire : il s’agit des règles du comportement sociétal et d’une critique de l’abus de pouvoir. Dans L’Empire du mensonge, Boly critique le fait que les politiciens s’enrichissent et ne fassent rien pour le peuple :

    Pour résister à l’amnésie générale qui paralyse les esprits et nous transforme en robots. Cinquante mobilisations grandioses pour des applaudissements vains chèrement payés et rien pour le peuple. Pendant ce temps, des écoles ont fini de s’écouler, les hôpitaux de s’affaisser sur la tête de malades démunis. Et ça continue (EM, p. 13-14).

    28Dans les deux œuvres, les devisants utilisent des mots et des arguments au lieu d’utiliser des armes. Le jeu se révèle dans l’Heptaméron comme jeu dans le sens de l’Antiquité : un âgon (Wetzel, 2010, p. 582). Sada, Yacine, Diéry et leurs amis « peuvent se livrer à une bataille grammaticale bruyante sur la juste place d’une virgule dans une phrase ou l’emploi du pronom relatif “dont” de plus en plus “massacré” au grand malheur des puristes […]. Une manière pour eux de jouer ; aucune prétention de faire étalage d’érudition » (EM, p. 17).

    29Dans l’Heptaméron, il est aussi souligné par Parlamente que ce n’est pas l’érudition qui importe, mais la vérité de l’histoire racontée (Navarre, 1982, p. 48). Le narrateur hétérodiégétique de l’Heptaméron renonce également à de longues descriptions faute de pouvoir les faire à la manière de Boccace (ibid.). Dans L’Empire du mensonge, la cour de Mapaté est désignée comme « paradis » sans donner beaucoup de détails descriptifs. En général, les descriptions – pourtant caractéristiques d’un roman – sont presque complètement absentes.

    30L’Heptaméron est le projet de dix personnes qui ont l’intention de présenter au roi et à la famille royale à la fin de leur séjour à Notre-Dame de Sarrance un recueil de leurs narrations (ibid.). Comme dans l’Heptaméron, L’Empire du mensonge est le titre du projet qui se réalise dans et avec ce livre – un « espace de débats et de lecture » (EM, p. 91-92).

    La vision d’une société à venir

    31L’Empire du mensonge illustre la reconstruction de la communauté après son déclin. L’inondation et la dispersion des personnages sont une métaphore d’une société dans laquelle chacun poursuit ses propres intérêts sans penser aux autres et où l’argent s’est substitué aux valeurs. À la séparation des gens, au chaos de la situation sociale et politique sont opposées la « convivialité », « une tradition de joie et de partage » (EM, p. 11). L’objectif de l’éducation inculquée par Sada à son fils Diéry est de « développer ses capacités de réflexion et d’analyse l’amenant à comprendre les enjeux de notre monde et à choisir sa voie, en toute liberté, dans la dignité. Et en parfaite compatibilité avec les normes de respect, de retenue et de sociabilité » (EM, p. 17). Tout comme dans l’Heptaméron, ce lieu où l’on discute et se raconte des « contes et légendes » (EM, p. 76) est un lieu utopique, « un petit paradis » (EM, p. 97), « une “cité” miniature ceinturée par une haie d’eucalyptus et de parkisonia » (EM, p. 78), loin d’une société qui a perdu ses valeurs humaines.

    32Les retrouvailles des amis et plus tard les rencontres hebdomadaires des couples symbolisent la réintroduction d’une communauté et d’une structure sociétale. Le groupe se donne des règles de comportement à l’égard des autres et les conflits sont réglés dans la discussion et par l’argumentation. Comme ces repas du dimanche sont également ouverts aux « vieilles connaissances, parents proches ou lointains, voisins » (EM, p. 10), on peut constater qu’il s’agit aussi d’une discussion publique.

    33Les retrouvailles des trois amis se font grâce à la publication de Mignane de « Honte à nous ! Qu’avons-nous fait de ce que nous avons appris ? ». Mignane constate après avoir retrouvé Sada et avoir écouté son histoire :

    Sada, ce dont je rêve dans mon livre, tu l’as réalisé. Ce livre, tu aurais pu l’écrire pour narrer, sans orgueil, sans vantardise, l’histoire d’une vie d’abnégation, de courage, de labeur et de réussite. L’histoire d’une conquête, d’une victoire sur les difficultés à surmonter par le travail, l’énergie et la rage de vaincre (EM, p. 98).

    34Ainsi, l’histoire de Sada illustre les théories de Mignane comme L’Empire du mensonge celles d’Aminata Sow Fall. Le livre de Mignane n’est pas seulement mentionné, mais nous retrouvons trois extraits sous forme de longues citations dans le texte : il y est question de la perte des valeurs et de la nécessité de retrouver l’amour, la fraternité et la paix (EM, p. 92) : « Se ressaisir. Ou le chaos droit devant nous. Repenser le sens de notre existence – en soi et avec les autres. L’Humanité est une, à dignité égale, partout sur la planète ».

    35Le deuxième extrait dénonce le pouvoir de l’argent et le règne du mensonge (EM, p. 93) : « Mensonge politique. Mensonge industriel » et prône le respect de l’autre (Sow Fall, 2018, p. 94). Et le troisième essai rejette le pouvoir unique des sciences naturelles et revendique le traitement égal des sciences humaines (EM, p. 95) : « Ont-ils oublié que leurs références, les grands savants qui ont révolutionné le monde des mathématiques, de la physique, de la chimie et de l’astronomie étaient aussi de grands philosophes, donc préoccupés par l’importance des sciences humaines ».

    36Alors que Mignane a écrit un livre scientifique, Borso critique la société à travers une pièce de théâtre. C’est avec la mention « La mariée était en pièces détachées » que le roman se termine (EM, p. 120). Dans cette pièce, il est question d’une mariée qui se révèle être entièrement travestie : « fausses fesses, faux seins, fausses dents, faux… » (EM, p. 121). L’être y est entièrement caché par le paraître.

    37Les femmes contribuent autant au changement de la société que les hommes et elles servent également de modèle de comportement. Ainsi le narrateur, après avoir décrit comment Sabou, la mère de Sada, avait défendu son mari contre des agresseurs, se demande-t-il (EM, p. 42) si cette dernière « connaissait[-elle] l’épopée de ces vaillantes héroïnes qui, d’une manière ou d’une autre, en temps de paix, de guerres ou de catastrophes, ont écrit les plus belles pages de l’histoire de l’Humanité ? La grande histoire, et la petite – qui n’est pas moindre ».

    38Aminata Sow Fall présente à travers ces différents discours une critique de la société et en même temps des idées pour en fonder une future. Le narrateur évoque le projet sociopolitique de Sada qui vise la « modernisation du village et d’autres localités sur terres de ses origines » ainsi que l’autonomie des habitants par les moyens de l’« autofinancement » et de l’exploitation de « l’énergie solaire » (EM, p. 110). Réflexions scientifiques, créations artistiques et réalisation réelle se joignent dans L’Empire du mensonge.

    Conclusion

    39En tant qu’écrivaine, Aminata Sow Fall présente ainsi ses idées dont le but est d’assurer le bon fonctionnement d’une société à plusieurs niveaux. Premièrement, en utilisant le discours direct, qui crée une impression d’immédiateté chez le lecteur par rapport à la discussion des sept personnes dans la cour de Yacine et de Sada. Deuxièmement, elle illustre les valeurs d’une société idéale par l’analepse de l’histoire de la famille de Sada. Troisièmement, elle donne des extraits du livre de Mignane qui s’avère être un manifeste sociétal. Quatrièmement, les passages de ce manifeste sont lus par l’actrice Borso. L’écriture et l’oralité alternent, comme c’est le cas dans l’Heptaméron.

    40Aminata Sow Fall revendique l’importance de la tradition pour le futur, car « aussi bien [dans] l’histoire que la tradition on s’en va vers la modernité » (Sow Fall, 2005, p. 4). Selon Patricia Oster, Marguerite de Navarre a créé avec l’Heptaméron « un espace dans lequel des conflits de normes, des changements sociaux et des questions de pouvoir pouvaient être fantasmés et explorés »14 (Oster, 2000, p. 104). Aminata Sow Fall crée également avec L’Empire du mensonge un espace de fiction qui sert à représenter et thématiser des questions sociétales. Le roman développe un modèle sociétal : Aminata Sow Fall lie la tradition à la modernité, la famille à la société, l’Afrique au monde, les sciences naturelles aux sciences humaines, l’écriture à l’oralité pour aboutir à une société à venir. La description donnée du livre de Mignane correspond exactement à ce modèle :

    Savoir d’où on vient et qui on est : voie royale pour forger une conscience d’appartenance à l’Humanité en ce qu’elle a de plus valorisant. Sans cesser de cultiver le jardin de nos mythes, idéaux et utopies sur le socle de l’édifice sacralisé de nos valeurs. En connivence planétaire avec « toutes les respirations de tous les mondes » (EM, p. 87).

    41En comparant, L’Empire du mensonge d’Aminata Sow Fall et l’Heptaméron de Marguerite de Navarre, nous avons fait le lien entre deux œuvres d’écrivaines et d’humanistes qui réussissent à lier l’analyse et la discussion des problèmes sociétaux au plaisir du texte. L’Empire du mensonge devient ainsi un laboratoire de la pensée permettant de créer un lien entre le passé et le présent pour proposer de nouvelles voies.

    Bibliographie

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    Mbembe, A., Mongin, O., Lempereur, N., & Schlegel, J.-L. (2006). Qu’est-ce que la pensée postcoloniale ?. CAIRN. https://doi.org/10.3917/espri.0612.0117
    Barck, K. (Ed.). (2003). Ästhetische Grundbegriffe. J.B. Metzler. https://doi.org/10.1007/978-3-476-98611-5
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    Mbembe, Achille, et al. “Qu’est-Ce Que La pensée postcoloniale ?”. Esprit, Décembre, nos. 12, CAIRN, 1 Dec. 2006, pp. 117-33. Crossref, https://doi.org/10.3917/espri.0612.0117.
    Barck, Karlheinz, editor. Ästhetische Grundbegriffe. [], J.B. Metzler, 2003. Crossref, https://doi.org/10.1007/978-3-476-98611-5.

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    10.1007/978-3-476-98611-5 :

    Notes de bas de page

    1 Désormais, les références à L’Empire du mensonge seront indiquées par le sigle EM, suivi de la page.

    2 L’idée du banquet est centrale pour Aminata Sow Fall. Ainsi explique-t-elle (Sow Fall, 2005, p. 32) : « Le banquet, c’est l’échange d’intelligence, parce qu’autour du banquet, on discute, on se parie, on voit l’autre, on découvre ce que l’on pense. Mais c’est aussi la tolérance et c’est aussi le partage ».

    3 Il s’agit d’un groupe de savants qui se rencontrent dans la maison de Marsilio Ficino pour un banquet. Après le repas a lieu une lecture du Banquet et par la suite, les savants interprètent ce texte de Platon.

    4 Dans l’œuvre de Boccace, un groupe de dix personnes nobles fuit la peste à Florence ; ils se retirent dans leurs maisons de campagne.

    5 Traduction de l’autrice de l’article.

    6 Trésor de la langue française (TLFi) : cour1 5. A.

    7 TLFi : cour2 I. A.

    8 TLFi : cour2 I. B. 1.

    9 TLFi : cour2 I. B. 1.

    10 Traduction de l’autrice de l’article.

    11 Patricia Oster renvoie à Marc Fumaroli qui a dédié tout un chapitre au « stile parlementaire » dans sa publication (Fumaroli, 1994).

    12 « Le constant rappel de la règle imposée aux témoins […] et l’insistante présence du vocabulaire juridique […] attestent que le petit groupe des Dix compose un tribunal » (Mathieu-Castellani, 1992, p. 190).

    13 Traduction de l’autrice de l’article.

    14 Traduction de l’autrice de l’article.

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    • Lydia Bauer
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    1 Désormais, les références à L’Empire du mensonge seront indiquées par le sigle EM, suivi de la page.

    2 L’idée du banquet est centrale pour Aminata Sow Fall. Ainsi explique-t-elle (Sow Fall, 2005, p. 32) : « Le banquet, c’est l’échange d’intelligence, parce qu’autour du banquet, on discute, on se parie, on voit l’autre, on découvre ce que l’on pense. Mais c’est aussi la tolérance et c’est aussi le partage ».

    3 Il s’agit d’un groupe de savants qui se rencontrent dans la maison de Marsilio Ficino pour un banquet. Après le repas a lieu une lecture du Banquet et par la suite, les savants interprètent ce texte de Platon.

    4 Dans l’œuvre de Boccace, un groupe de dix personnes nobles fuit la peste à Florence ; ils se retirent dans leurs maisons de campagne.

    5 Traduction de l’autrice de l’article.

    6 Trésor de la langue française (TLFi) : cour1 5. A.

    7 TLFi : cour2 I. A.

    8 TLFi : cour2 I. B. 1.

    9 TLFi : cour2 I. B. 1.

    10 Traduction de l’autrice de l’article.

    11 Patricia Oster renvoie à Marc Fumaroli qui a dédié tout un chapitre au « stile parlementaire » dans sa publication (Fumaroli, 1994).

    12 « Le constant rappel de la règle imposée aux témoins […] et l’insistante présence du vocabulaire juridique […] attestent que le petit groupe des Dix compose un tribunal » (Mathieu-Castellani, 1992, p. 190).

    13 Traduction de l’autrice de l’article.

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    Bauer, L. (2024). Discours politique et humaniste. In M. Kastberg Sjöblom, A. Barry, & A. Chauvin-Vileno (éds.), Nouvelles voix/voies des discours politiques en Afrique francophone. Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté. https://doi.org/10.4000/books.pufc.53066
    Bauer, Lydia. « Discours politique et humaniste ». In Nouvelles voix/voies des discours politiques en Afrique francophone, édité par Margareta Kastberg Sjöblom, Alpha Barry, et Andrée Chauvin-Vileno. Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté, 2024. doi:10.4000/books.pufc.53066.
    Bauer, Lydia. « Discours politique et humaniste ». Nouvelles voix/voies des discours politiques en Afrique francophone, édité par Margareta Kastberg Sjöblom et al., Presses universitaires de Franche-Comté, 2024, https://doi.org/10.4000/books.pufc.53066.

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    Kastberg Sjöblom, M., Barry, A., & Chauvin-Vileno, A. (éds.). (2024). Nouvelles voix/voies des discours politiques en Afrique francophone. Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté. https://doi.org/10.4000/books.pufc.52886
    Kastberg Sjöblom, Margareta, Alpha Barry, et Andrée Chauvin-Vileno, éd. Nouvelles voix/voies des discours politiques en Afrique francophone. Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté, 2024. doi:10.4000/books.pufc.52886.
    Kastberg Sjöblom, Margareta, et al., éditeurs. Nouvelles voix/voies des discours politiques en Afrique francophone. Presses universitaires de Franche-Comté, 2024, https://doi.org/10.4000/books.pufc.52886.
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