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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. L’Allemagne : une absence regrettable 2. Les limites de l’interdisciplinarité 3. Le cadre conceptuel 4. Le choix des références intellectuelles 1. Les districts et le monde extérieur 2. Le marché 3. Les rapports entre services et industrie 1. Les trajectoires des districts 2. L’articulation entre l’économique et le social 3. Le rôle des grandes entreprises 4. Institutions et régulation Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000)

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    22. Conclusion

    Patrick Fridenson

    p. 423-440

    Texte intégral 1. L’Allemagne : une absence regrettable 2. Les limites de l’interdisciplinarité 3. Le cadre conceptuel 4. Le choix des références intellectuelles 1. Les districts et le monde extérieur 2. Le marché 3. Les rapports entre services et industrie 1. Les trajectoires des districts 2. L’articulation entre l’économique et le social 3. Le rôle des grandes entreprises 4. Institutions et régulation Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Ce ne seront pas de véritables conclusions, à la fois pour des raisons de fond et pour des raisons qui tiennent à ma personne. Pour des raisons de fond : nous avons eu, ici, à Besançon, avec une participation internationale d’Anglais, d’Espagnols, d’Italiens, de Suisses, un vrai colloque de recherche. Ce n’a pas été un autre type de colloque, tel qu’on en organise de ci de là, que j’appelle des colloques publicitaires, il en faut parfois, où l’on connaît par avance ce qui va être dit, et où, du coup, les conclusions sont faciles à lier en gerbe. Ici, nous avons eu, très franchement, de mon point de vue, des avancées et des remises en cause par rapport à ce qui s’était cristallisé comme connaissances dans la dernière décennie en économie, sociologie et histoire des districts1. Donc, à cet égard, des conclusions seraient hautement prématurées. Et il y a aussi mes limites personnelles. Certes j’ai travaillé sur l’usine et la ville dans le cadre de l’industrie automobile2, mais on ne peut pas dire particulièrement qu’il s’agisse là de districts, et il me manque singulièrement d’avoir mis la main à la pâte. Donc ce seront des observations temporaires, qui sont fondées sur la lecture des communications, sur l’écoute des débats, sur la participation à la discussion, et aussi sur ce que j’ai vu hors d’Europe. Je vais d’abord faire une série de remarques que j’appellerai impopulaires, ensuite je vais évoquer une série de questions qui me sont propres, et je terminerai par les questions qui ont été posées par l’un des organisateurs du colloque, et son maître d’œuvre, Jean-Claude Daumas, dans son introduction pour essayer de regarder comment on peut leur donner des réponses.

    I

    2Quelques propos impopulaires pour commencer.

    1. L’Allemagne : une absence regrettable

    3Première réserve : il est tout à fait dommage que l’Allemagne ait été si peu représentée dans nos discussions. Elle l’est bien sûr, effectivement, matériellement, par une partie de la communication de Gérard Gayot, sur les territoires industriels en Allemagne durant la période de 1795 à 1815. Mais par les travaux des historiens allemands – on pense d’abord au livre et à l’article de Rudolf Boch sur la coutellerie de Solingen3 – et par les recherches comparatistes de première main de l’historien suédois Lars Magnusson4, nous savons que l’Allemagne est une des terres de districts au XIXème et dans la première moitié du XXème siècle. C’est pour les historiens une nouvelle et grande interrogation que de se demander comment l’Allemagne peut être, en même temps, une des zones d’éclosion en Europe de la grande entreprise, ici bientôt concentrée, intégrée verticalement et horizontalement5, et une zone importante de districts. La question se pose alors de savoir dans quelle mesure les deux formules économiques sont compatibles ou bien si elles suscitent des contradictions. Donc là, il y a un problème, et qui ressort d’autant plus que nous avons eu des communications fort riches sur d’autres pays européens.

    2. Les limites de l’interdisciplinarité

    4Deuxième problème : les limites de notre interdisciplinarité mutuelle. Regardons les choses tout à fait franchement et directement, cela en vaut la peine. Nous avons, dans les communications présentées, des éléments d’échange entre l’histoire, la géographie et l’économie. Mais si on gratte au-delà de cet acquis significatif, qu’est-ce qu’on voit ? Je voudrais signaler une série de lacunes sans me mettre du tout à l’abri de cette critique, mais simplement par souci d’avancer dans le partage des savoirs. On voit que l’ethnologie est quasi totalement absente. Or il est quand même très difficile de penser un fonctionnement de coopération entre salariés comme entre entreprises sans recourir aux travaux des ethnologues6. On s’aperçoit que la gestion, qui s’est intéressée très fortement dans les dix dernières années à la question des systèmes productifs locaux, est absente. On constate, quand on regarde dans le détail, que les économistes qui ont pris part à ce colloque et dont les recherches sont fort utiles ne font pas énormément de cas des autres sciences sociales que la leur. Mais je dois dire aussitôt que, tout autant, une partie des historiens qui sont intervenus ne font que des références pieuses à l’économie. Et quant à la sociologie, soyons aussi lucides, la plupart des communications utilisent la sociologie certainement plus que l’économie, du côté des historiens, mais quand même pas autant qu’il le faudrait. Donc ce colloque a fait en la matière nettement mieux que d’habitude, que ce qu’on voit dans beaucoup d’autres colloques, mais nous avons tous encore des progrès à accomplir, je le crois sincèrement7.

    3. Le cadre conceptuel

    5Troisième point : la question du cadre théorique adéquat. Elle reste à mes yeux tout à fait difficile et non tranchée. C’est Francesca Carnevali, auteure d’une belle communication sur la comparaison entre deux districts de nations différentes : Birmingham et Providence, qui a mis le doigt sur les endroits qui font mal dans la construction théorique actuelle. On nous bâtit, a-t-elle dit, un mélange de coopération et de concurrence comme parfaitement compatibles. Et j’observerai immédiatement, à partir de ma propre pratique de chercheur qui, depuis 1992, travaille également sur l’histoire des entreprises japonaises du second XXème siècle8, que ce n’est évidemment pas le cas seulement des petites et même des moyennes entreprises. Les grandes entreprises japonaises ont été parmi les premières, à partir de 1949, à multiplier les coopérations, ce qu’elles appellent en anglais des tie ups. Fin 2001, pour ne prendre qu’un exemple très frappant à Besançon, PSA Peugeot Citroën et Toyota, qui sont de grands concurrents à l’échelle du monde, se sont engagés dans une coopération pour concevoir et développer en République Tchèque la production en commun de petits véhicules. L’usine, installée à Kolin, a commencé à produire en juin 2005. Les chercheurs américains Charles Sabel et Jonathan Zeitlin, ceux là même qui depuis vingt ans ont fait réfléchir les historiens sur les « alternatives à la production de masse » et notamment sur les districts, ont proposé récemment de parler désormais de « capitalisme collaboratif »9. Bien entendu, il ne faut pas forcer la continuité ou l’analogie, et il ne s’agit évidemment pas de « fabrique collective » ! Donc ce cadre économique de mélange entre coopération et concurrence est, selon Francesca Carnevali (dont je partage en tous points l’analyse distanciée), bâti sur l’hypothèse d’une large pratique de la confiance et celle d’une convergence entre entreprises, ou construite, ou naturelle, ou spontanée, soit deux idées sur lesquelles les chercheurs de sciences sociales auraient tout lieu de s’interroger. Dans ces conditions, il me semble que ce cadre théorique devrait très fortement être critiqué, notamment par les historiens, pour réfléchir en premier sur la question des moyens par lesquels la cohérence tend à être maintenue, c’est-à-dire les sanctions, la justice et la police, les contrats à très forte valeur juridique explicite, les constructions institutionnelles dont un participant a ensuite le plus grand mal à se désengager, mais aussi sur des choses que paradoxalement dans ce colloque on a peu vues, c’est-à-dire tout ce qui relève en revanche d’un univers de liens implicites, que, pour le XXème siècle, l’on peut reconstruire par l’histoire orale ou par le recours à l’analyse des photos, des images, etc.

    6Au total, il me semble que ce colloque et le livre qui en résulte ont permis de progresser dans la critique de beaucoup d’idées encore à la mode sur les rapports entre types d’entreprises et configurations productives locales. Lorsque, arguments solides à l’appui, Francesca Carnevali a critiqué l’usage extensif que beaucoup de chercheurs font de la notion d’encastrement chère à Mark Granovetter10, critique qui a été reprise dans la discussion par Claire Lemercier, il est apparu plus largement que l’on ne peut plus se contenter de prendre pour repères un certain nombre de statues, bien connues dans la recherche contemporaine sur les territoires de l’industrie, mais qu’il était temps, me semble-t-il, de déboulonner les statues.

    4. Le choix des références intellectuelles

    7D’où une quatrième et avant-dernière volée de remarques impopulaires : le choix des références intellectuelles. Permettez-moi de faire de la propagande pour des auteurs qu’on n’utilise pas assez, à côté de ceux qu’on a vus beaucoup, parce que je pense qu’ils peuvent aider à avancer. Un géographe belge, Christian Vandermotten, que m’a fait connaître sa collègue historienne Ginette Kurgan van Hentenryk : il a fait un livre sur les dynamiques de l’industrialisation11, qui est, à mes yeux, un beau livre, qui aide à faire avancer nos discussions, parce que c’est un livre essentiellement agnostique, qui ne se reconnaît dans aucune des écoles dominantes, et qui apporte beaucoup à la discussion12. Un sociologue français, Alain Cottereau, que j’ai trouvé tout à fait peu cité ici, et, en tout cas, encore moins utilisé, sur l’histoire comparée de la fabrique collective dans la soierie lyonnaise et la soierie londonienne au cours de la première moitié du XIXème siècle, qui est paru dans une traduction anglaise13, mais est aussi accessible sous forme ronéotée en français. Et, puisque Dominique Barjot a souligné avec force lors du colloque qu’il fallait aussi regarder vers d’autres mondes que les mondes européens, les travaux novateurs de l’historien américain Philip Scranton cités dans le débat14 ne sont absolument pas passés dans notre discussion, alors que, d’une certaine manière, ils sont partiellement subversifs par rapport à l’image harmonieuse des districts que la littérature a tendu à présenter.

    8Voilà ce qu’il me paraissait nécessaire de dire aux lecteurs pour que tout ne baigne pas dans la satisfaction généralisée.

    II

    9Venons-en maintenant à un certain nombre de questions que personnellement je me pose en lisant les communications. Elles me viennent, dans la tradition des Annales, d’un regard sur aujourd’hui. Mais tous les participants du colloque l’avaient eux aussi présent à l’esprit. Cependant cette attention à aujourd’hui peut devenir une limite quand on s’efforce de comprendre les territoires de l’industrie en Europe depuis 1750. Elle n’est pas le seul regard possible, et bien entendu il ne faut pas non plus tomber dans le piège de l’interprétation téléologique. Reste que nous voyons en ce moment l’expansion de l’industrie que connaissent la Chine, la Corée, plus récemment l’Inde, et le Japon se redéfinissant sous nos yeux, et la question qui est posée est de savoir dans quelle mesure les districts peuvent connaître une nouvelle forme d’adaptation ou bien s’il peut y avoir de nouveaux districts, ou si c’est une forme qui est graduellement obsolète. Cette réflexion incite alors à évoquer trois questions transversales sur les travaux que contient le présent livre.

    1. Les districts et le monde extérieur

    10Première question : les rapports entre l’intérieur et l’extérieur du district. Que se passe-t-il entre le système productif local et l’extérieur ? Voilà une question que j’avais déjà commencé à poser lors d’un colloque précédent à Besançon sur l’Arc jurassien15, et qui rejoint très directement une interrogation que Jean-Claude Daumas a lancée ici dans son introduction. Autant les recherches actuelles mettent en évidence les débouchés commerciaux, industriels, j’allais dire financiers des districts, autant on voit encore insuffisamment leurs rapports avec le monde extérieur. De quoi s’agit-il en particulier ? Tout d’abord des rapports avec l’international, c’est-à-dire que le district a beau être une construction extraordinairement territorialisée, il est sur un espace économique, social et culturel qui s’insère dans un univers international, et cela, on ne devrait jamais nous le sortir de l’idée. Philippe Mioche dans sa communication relève ainsi la greffe de la technologie américaine sur la sidérurgie d’Allevard. L’assimilation de technologies nouvelles par les hommes et femmes du district peut aller au-delà du cadre national. Rudolf Boch a montré comment dans les années 1880 les relations entre les entrepreneurs et les mouleurs de coutellerie de Solingen, jusque-là fondées sur un « contrat social » qui limitait la concurrence et protégeait la qualité, ont été soumises à rude épreuve par l’attraction de circuits commerciaux mondialisés plus grands et plus éloignés. Il leur a fallu alors trouver les moyens d’un second souffle, et nous verrons plus loin comment16 .

    11La même perspective implique très fortement que l’on réintègre là où ce n’est pas fait (mais c’est fait dans un certain nombre de communications) la question des transports et des communications. Il est bien de parler de réseaux17, il est mieux de montrer, comme nous l’avons appris de François Caron, dans un colloque qui est resté célèbre, sur Paris et ses réseaux, mais qui allait bien au-delà18, par quels canaux les districts ou les réseaux communiquent avec d’autres mondes sociaux. De ce point de vue-là, il nous faut désenclaver les districts, parce qu’ils le sont réellement.

    2. Le marché

    12Deuxième question, transversale elle aussi : celle du marché. Nous nous trouvons en matière de districts et plus généralement de territoires industriels à un point d’avancement des recherches qui est tout à fait paradoxal. Nous reconstruisons intellectuellement des districts qui sont chargés d’institutions, chargés de valeurs, chargés de produits, chargés de financements, j’y reviendrai, mais où le marché n’est pas au clair. Je ne suis peut-être pas si libéral que ce qu’a dit quant à lui dans sa profession de foi devant le colloque mon ami Dominique Barjot, mais j’ai au moins une conviction que je peux partager avec lui, c’est que nous sommes dans un moment, dans la réflexion en histoire, en géographie, en économie, etc., où il ne faudrait pas laisser le marché comme entre parenthèses. Il ne s’agit pas seulement aujourd’hui pour les chercheurs de retracer des flux et des prix ou de mettre en évidence des logiques cachées. Je suggère qu’il faut davantage regarder ce qui rassemble les acteurs présents sur un marché ou susceptibles d’en créer un autre, et comprendre ce qui les oppose, puis rechercher ce qui, au moins un certain temps, fait tenir le marché debout. Les débats du colloque ont sur ce point éclairé plusieurs axes de réflexion.

    13D’une part, ce qu’a écrit le sociologue Pierre-Paul Zalio pour le colloque dans une communication sur Marseille en 1930 qui sera publiée ultérieurement19, et qui marque de fortes inflexions par rapport à ce qu’il avait écrit dans son livre ou dans ses articles précédents20 (comme par rapport à la célèbre formule de Mark Granovetter : « L’action économique est encastrée dans le réseau des relations personnelles »), devrait nous interpeller tous. Il pense que la culture du district n’a, en définitive, pas une grande importance. Il considère aussi que les connaissances économiques acquises par les acteurs comptent, mais peut-être moins que d’autres. Il met en valeur toute une série d’autres connaissances qui sont des connaissances sociales, et des connaissances qui n’ont à faire valoir aucun rapport avec l’entreprise (par exemple le fait pour des dirigeants de se retrouver dans un club sportif). Pour lui, ce sont des facteurs qui lient dans l’économie autant que les éléments proprement économiques. De même, les institutions qui font le territoire ne sont pas seulement les institutions politiques ou administratives ou encore cette institution de base qu’est la famille, mais les familles d’entrepreneurs se retrouvent dans des lieux qui ne sont pas des lieux familiaux. Et Zalio de souligner que face aux confrontations nées de la concurrence la société offre « les correctifs de l’individualisme industriel ». Là-dessus, il y a matière à réfléchir pour beaucoup mieux évaluer que jusqu’à présent la place et le rôle successifs des différents types de piliers d’une économie de marché.

    14D’autre part, quand on affirme avec le gros de la littérature récente que la vitalité du marché sur un territoire passe par la comparaison et la minimisation des coûts de transaction, on est loin d’avoir épuisé la question. On se retrouve en fait avec les interrogations qui ont été formulées par les collègues italiens présents au colloque et par Francesca Carnevali, bref, avec une série de doutes. Dans certains cas, la coopération entre entreprises allège les coûts de transaction, mais dans d’autres cas, elle peut en créer de supplémentaires. Et il y a des formes de complémentarité dans les districts qui, finalement, ne survivent pas, qui sont rejetées. Là-dessus, je pense que nous devrions être plus systématiques.

    15En outre, le marché, comme le titre du colloque et du livre le rappelle, trouve une partie de son unité dans des règles. L’enquête sur les territoires de l’industrie doit par conséquent cerner s’il y a constitution d’un droit local au moins dans certains domaines, comme l’a affirmé pour la France du XIXème siècle Alain Cottereau, ou à tout le moins d’usages territoriaux du droit et d’une jurisprudence locale, et repérer au sein du territoire les lieux d’évaluation et d’arbitrage entre industriels, entre eux et les commerçants ou les financiers, voire entre eux et les salariés. On les a trouvés à l’œuvre dans certains articles, mais pas dans tous. Reste alors à mesurer les variations au cours du temps de l’ajustement entre ces régulations locales et les normes nationales, comme y invite Evelyne Ternant, ou même les conventions internationales.

    16Et enfin, le marché, c’est une articulation entre des produits et services très homogènes et d’autres produits et services très divers. L’article de Miguel Gutiérrez-Poch souligne avec raison, à partir du cas de la papeterie espagnole, la nécessité d’une étude historique des rapports interindustriels dans les territoires. Sur les autres aspects de l’articulation entre produits et services inégalement homogènes, nous avons encore du pain sur la planche.

    17Donc, revenons à mon propos, prenons le marché au sérieux. Regardons aussi ses résultats financiers et comparons systématiquement les performances. Le culturel, c’est important, pas l’ombre d’un doute, la question reste de savoir si c’est lui qui est premier.

    3. Les rapports entre services et industrie

    18Troisième question transversale : celle des rapports entre industrie et services. Deux éléments courent dans toute une série de communications qui m’ont passionné (je pourrais en évoquer bien d’autres) : celles de l’historien Pierre Judet sur la construction longue du district de la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, et des économistes : Fabienne Picard et Nathalie Rodet sur le développement comparé des services aux entreprises dans deux espaces frontaliers : l’Alsace et la Franche-Comté, Caroline Hussler et Patrick Rondé21 sur « interactions et innovations », et Evelyne Ternant sur l’horlogerie. Ce sont deux questions sur lesquelles nous sommes en état de recherche, c’est pour cela que je disais plus haut que ce ne sont pas des conclusions, mais des observations provisoires.

    19D’abord il importe d’en savoir plus sur les systèmes de financement dans les districts, c’est-à-dire le rôle des notaires (ces grands manieurs d’informations auxquels, suivant en cela des chercheurs spécialisés22, je reviens toujours mais qui ont été faiblement présents dans les communications), les institutions financières spécifiques qui se créent en fonction des besoins (on songe à la banque de Tolosa née en 1911 à l’instigation de papetiers espagnols que signale la communication de Miguel Gutiérrez-Poch ou aux avances sur factures que parviennent à obtenir les filatures de soie japonaises23), l’articulation entre banques locales, banques régionales, banques internationales et banques nationales, ou les mécanismes de financement parapublics ou étatiques. Je pense que, surtout lorsque l’on passe dans la deuxième moitié du XXème siècle, il faudrait que ces questions soient agitées systématiquement. On a besoin de voir si le financement se réduit uniquement aux apports des acteurs de terrain présents dans les districts, et ma question est totalement rhétorique. Donc il faut absolument regarder comment les acteurs financiers agissent, avec quelles logiques, et dans quelle mesure ils interviennent sur un territoire industriel sans être destructeurs ou prédateurs24.

    20Ensuite, on a besoin de davantage connaître la genèse et la disponibilité des services non financiers accessibles sur le territoire et leur prise en compte par les industriels, bien que ce thème soit plus présent dans les communications. Je pense que ce qui fait la réussite d’un district à un moment donné, c’est une complémentarité très étroite entre des services d’origines diverses, privés bien sûr, publics aussi, et une production industrielle. Or face à ce problème les chercheurs vivent un peu en état de divorce intellectuel, c’est-à-dire qu’ils n’appliquent pas pleinement un axiome comme celui que j’ai martelé dans mon article de 1997 sur l’histoire contemporaine de la grande entreprise en France25 : pas d’industries sans services, pas de services sans industries. Cette formule a l’air d’une évidence totale, mais, en réalité, elle impose beaucoup d’enquêtes pour comprendre aussi bien la mise en place de la complémentarité que ce qui se passe quand, au contraire, un des morceaux de ce tandem ne marche pas – ou plus – en parallèle avec l’autre. La même démarche vaudrait bien entendu pour les services financiers. Outre les services autour de l’approvisionnement, de la vente, l’entretien, la réparation, qui peuvent donner lieu à des systèmes collectifs ou parfois à des regroupements pour éviter la mainmise des grossistes, il y en a nombre d’autres, qui sont des services de recherche et de gestion de la main-d’œuvre, de formation de personnel, d’informations techniques, d’estimation du risque et d’assurance, de logistique, de logement, de relations avec les pouvoirs publics, sur lesquels nous les chercheurs ne sommes pas encore assez actifs.

    III

    21J’en viens à mon troisième point : les questions qui ont été posées par Jean-Claude Daumas dans son introduction. J’en ai une grande quantité, et Dominique Barjot, comme d’habitude, a ajouté à mon trouble en en mentionnant encore d’autres, ce qui est naturellement son droit, mais, par définition, je ne saurais les traiter toutes. Ne tirez pas trop sur le pianiste ! J’ai sélectionné quatre ensembles de problèmes sur lesquels ce livre apporte des réponses qui vont compter. Il y a la question des trajectoires. Il y a l’articulation entre économique et social, telle qu’elle a été formulée par Jean-Claude Daumas. Il y a la question des structures. Il y a la question des institutions. Je garde les territoires pour la bonne bouche.

    1. Les trajectoires des districts

    22Les trajectoires des entreprises et des districts émergent sous un jour nouveau, que ce soit dans les tentatives de reconstruction à l’échelle nationale d’une branche qu’ont faites Philippe Mioche pour la sidérurgie française ou Miguel Gutiérrez-Poch pour la papeterie espagnole ou dans des monographies locales, régionales, je pense à Jean-Marc Olivier sur l’industrie dispersée à Toulouse, à Pierre Judet, déjà cité, à Jean-Michel Minovez pour l’industrie lainière du Pays d’Olmes, ou encore dans la recherche d’une dynamique nationale, tentée, dans le prolongement de leur récent livre26, par Andrew Popp, John Wilson et Steve Toms sur la Grande-Bretagne. C’est clairement un des avantages très forts de ce colloque. De même que le modèle unique de district, me semble-t-il, est tombé au colloque de Besançon, de même l’idée du district fixe et immobile sort, elle aussi, extrêmement abîmée de ce colloque, et c’est une bonne chose.

    23Mais on rencontre alors des problèmes extrêmement difficiles à résoudre. J’en évoque d’abord deux : les bases de l’acquisition de compétences27, et, symétriquement, comme l’analysent certains des papiers, la perte des compétences. Sous cette formulation placide se cache un grand enjeu. Le district est-il quelque chose de dynamique, durablement28, ou n’est-il qu’un moment de cristallisation du marché et des facteurs, quand les entrepreneurs possèdent au moins « un micro-monopole de connaissances et de savoir-faire, générant des profits ou surprofits qui devront être investis ou réinvestis dans un autre produit ou une autre technique de production une fois l’innovation éventée »29 ? Là aussi, nous sommes encore dans le doute.

    24Troisième problème lié, auquel l’analyse des trajectoires conduit inéluctablement, la notion de cycle de vie, qui est apparue à beaucoup de chercheurs comme une ressource intellectuelle pour essayer de mieux comprendre ce que pouvait être une trajectoire sur longue durée. C’est un progrès, c’est absolument clair, par rapport au modèle initial, mais on se retrouve là aussi avec des éléments d’incertitude. Voici, à mon avis, les deux principaux30. Premièrement, le cycle de vie – important concept inventé par l’ Américain Raymond Vernon en 1966 – a fait l’objet dans la dernière décennie de critiques en économie industrielle comme dans les sciences de gestion, parce qu’il a l’air de considérer que l’analogie biologique est suffisante pour interpréter les trajectoires, et que tout va de la naissance à la mort. Or, quand on regarde les industries anciennes – et l’exemple que je cite toujours, c’est la sidérurgie31, mais mes collègues japonais estiment que l’argument vaut même pour certaines des industries qu’ils nomment « traditionnelles »32–, on constate que les industries anciennes ne sont pas inévitablement vouées à la mort. De manière générale, un district qui peut être entré dans une phase de crise profonde est susceptible de rebondir, et de le faire, comme cela a été souligné dans ce colloque, en changeant de produits33, ou même de spécialisation, en démontrant finalement que c’est un vrai district, c’est-à-dire qu’il est flexible. Donc, là-dessus, le thème du cycle de vie ne me convainc pas totalement. Deuxièmement, quand il y a mort (et c’était aussi un apport de ce colloque de ne pas avoir uniquement étudié les réussites mais, notamment avec Catherine Vuillermot et Bruno Jegou, d’avoir pris les échecs en considération), est-ce une mort totale, ou bien est-ce qu’il n’y a pas en réalité ce que j’appelle une vie après la mort, c’est-à-dire des éléments qui vont sortir de la construction globale, collective, articulée telle qu’elle a été définie ici, mais qui vont retrouver une existence propre, un second souffle ? Je prends un exemple qui est tout à fait individuel, qui n’est pas dans un district, mais qui pour moi est très éclairant, situé dans les débuts de l’industrie automobile en France. Elle apparaît en 1873 au Mans avec la voiture à vapeur, mise au point par un fondeur de cloches. Quand l’automobile à vapeur disparaît du marché, éliminée par la voiture à essence, la firme du fondeur de cloches en question, qui s’appelle Bollée, devrait normalement disparaître du même coup. La Société des automobiles Bollée meurt en effet. Mais peu auparavant, dès les années 1920, son dirigeant Amédée Bollée fils se limite à la production de segments de moteurs, laquelle donne naissance en 1927 à une firme de mécanique de précision fort active : la Société des segments Amédée Bollée, devenue Le segment AB qui est leader européen 80 ans après la mort de l’entreprise initiale et est tombée dans l’escarcelle du groupe familial Aciéries et Fonderies de l’Est en 198934. Donc je pense que nous devrions regarder, lorsqu’un district s’effrite, quels sont les éléments de persistance, et ainsi corriger profondément l’analyse en termes de cycle de vie, en cherchant, d’un côté, quelles sont les capacités d’adaptation par transformation ou refondation et, de l’autre côté, quelles sont les capacités de dissémination.

    2. L’articulation entre l’économique et le social

    25L’articulation entre économique et social est le deuxième point sur lequel les communications ici rassemblées clarifient nos idées et ajoutent à nos connaissances. C’est un domaine que les travaux allemands et italiens avaient balisé et où il faut maintenant aux chercheurs décomposer le social pour avancer. Tout d’abord, j’ai apprécié dans la communication de Nicolas Stoskopf et Raymond Woessner sur l’industrialisation de l’Alsace depuis 1746 une analyse historique sur le religieux beaucoup plus précise que dans d’autres travaux lus antérieurement, et la distinction qu’ils établissent entre luthériens et calvinistes nuance de manière à mes yeux convaincante toute une série de généralisations classiques sur le protestantisme alsacien35. C’est une analyse du religieux qui nous aide à progresser.

    26Ceci dit, le social, pour moi, c’est aussi les salariés, le personnel de manière générale. Ils ne sont pas toujours présents, ni non plus souvent de manière très intense, dans les papiers que nous avons eus ici. Il y a lieu de le regretter car l’historien ne peut pas seulement considérer que les salariés sont des agents, comme le dit une grande partie de la théorie économique, alors qu’il lui faut comprendre comment ils sont aussi des acteurs. Ils le sont parfois par des conflits du travail, souvent révélateurs de blocages temporaires de l’ascension sociale, et parfois aussi en établissant des convergences paradoxales, comme dans l’exemple de la coutellerie de Solingen en Allemagne36. Lorsque les contraintes du marché mondial deviennent de plus en plus impérieuses, s’implantent parmi les ouvriers des syndicalistes et des socialistes marxistes « intelligents mais éthiquement et historiquement obtus ». Leur première réaction est d’être d’accord avec les fonctionnaires fidèles à Adam Smith et les ingénieurs technocrates pour mettre fin aux modalités de production flexible caractéristiques de Solingen. Cette grande coalition parvient presque à les tuer. Mais comme par miracle, à la fin du XIXème siècle, toutes les parties concernées parviennent à reconfigurer le « contrat social » de manière à concevoir un nouveau modèle industriel de spécialisation flexible. Revitalisés, les produits de Solingen ont rivalisé avec ceux de la ville anglaise de Sheffield et les ont mê-me dépassés. Prenons un second exemple, afin de répondre à une question de Dominique Barjot en évoquant rapidement un district de la soie répondant à des donneurs d’ordres extérieurs qui se trouve dans l’arrondissement de Suwa (préfecture de Nagano) au nord-est de l’île principale du Japon, entre 1890 et 1920, et qu’a étudié un jeune historien japonais, Masaki Nakabayashi. Or la coopération entre les entreprises productrices de soieries de ce district, qui répondent à des commandes qui viennent des Etats-Unis et de France, est profondément mise en question par les ouvriers qui, une fois qu’ils ont acquis beaucoup de compétence et de finesse, n’ont qu’une envie, c’est de partir dans une autre entreprise que celle qui les a formés, à l’intérieur du district. Pour sortir du risque de désorganisation que comporte ce turn over, ce qui se met en place, c’est le recours à la justice locale comme facteur de la régulation de la rupture des contrats37. Je pense que c’est là un exemple vraiment intéressant, qui répond aussi à la question de Jean-Claude Daumas sur le fait que certaines institutions spécialisées, soit privées, soit en l’occurrence publiques, peuvent servir d’éléments de régulation à cette articulation entre l’économique et le social.

    3. Le rôle des grandes entreprises

    27Troisième élément : les structures. Grâce à la communication d’Olivier Crevoisier sur les milieux innovateurs en Suisse, et aux deux textes de nos collègues italiens Patricia Sabatucci, sur la production de chaussures en Italie, et Alberto Baccini, sur le district textile de Prato à la fin du XXème siècle, nous arrivons à l’issue de ce colloque à penser les relations entre moyennes, petites et grandes entreprises en termes différents de ceux dont nous avions souvent l’habitude. Mais quant à moi je ne suis toujours pas au clair sur le rôle des grandes entreprises. Sont-elles des têtes de réseau, des nœuds de contrats, ou le débouché des PME ? Benetton, qui a été évoqué, reste toujours une entreprise réseau, mais Benetton est en même temps, aujourd’hui, gestionnaire d’autoroutes et gestionnaire de gares, et il nous faudrait savoir où sont les principaux profits. Or, pour moi, c’est une question essentielle quand on souhaite comprendre dans quelle mesure Benetton est encore une entreprise réseau. Allons plus loin. La grande entreprise, lorsqu’elle est dans un district, est-elle le chef d’orchestre ou est-elle le prédateur ? Question selon moi toujours ouverte. Et enfin, quand on entre dans les formes contemporaines d’organisation productive qui sont centrées sur la gestion de projets, où il y a imbrication entre la grande entreprise et les moyennes entreprises, entre les équipementiers et les donneurs d’ordres, où se font les choix technologiques principaux ? Est-ce qu’ils se font chez le donneur d’ordres ou est-ce qu’ils se font en fonction de sa capacité d’innovation chez l’équipementier ? Et encore, autre façon de poser la même question, lorsque, dans une relation entre équipementier et donneur d’ordres, l’équipementier partage ses connaissances avec des entreprises différentes et concurrentes, est-ce que ce n’est pas une forme de coopération qui est désormais une alternative possible à la fonction de district industriel telle que nous l’avons vue ?

    4. Institutions et régulation

    28Sur les institutions, les communications de Giovanni Fontana sur l’Italie38, de Claire Lemercier sur les articles de Paris et la fabrique, de Danièle Fraboulet sur les syndicats patronaux dans la métallurgie française, d’Evelyne Ternant sur la norme nationale dans l’horlogerie sont une lecture décapante. On sort de ce colloque avec l’idée d’une plus grande variété des institutions que ne l’avaient montré les textes canoniques portant sur les districts italiens. En outre, les institutions des territoires de l’industrie (présentes aussi dans différents autres papiers) apparaissent comme traversées à l’occasion par des conflits profonds, comme n’étant pas homogènes, à l’image de ce que l’on sait de plus en plus grâce aux avancées de l’histoire des syndicats patronaux39. Enfin, ces institutions se révèlent bien souvent créatrices de savoirs, et de savoirs qui ne sont pas seulement des savoirs localisés au district. Pour les apprécier plus précisément, on aimerait disposer d’une comparaison systématique des savoirs issus des institutions liées à la fabrique dans différents territoires, et pouvoir ainsi mieux comprendre dans quelle mesure ils sont compatibles avec les savoirs transmis par l’Etat ou par l’international.

    Conclusion

    29Acteurs, régulations, trajectoires contribuent à dessiner la variété des formes successives dans lesquelles les entreprises industrielles s’incarnent dans l’espace. Ce livre offre un éventail à la fois de situations historiques, de méthodes pour les comprendre et d’essais pour généraliser.

    30Dans un certain nombre de cas, il incite à reconsidérer les relations entre agriculture et industrie dans les territoires, et il les présente comme moins simples et moins unilatérales qu’on ne l’avait parfois écrit. Jean-Marc Olivier avait déjà montré dans son ouvrage récent tout ce que la persistance et la croissance de la nébuleuse métallurgique du haut Jura devaient au dynamisme industriel de campagnes pratiquant la pluriactivité et organisées sur la base de la petite propriété et non pas à « la domination d’une ville-centre»40. Il nous faut donc faire leur juste place aux « impulsions modernisatrices » venues de la campagne et de la montagne, au rebours d’une tradition historiographique polarisée sur les villes jusqu’à la découverte de la proto-industrialisation.

    31Le pilier central de ce colloque puis du livre, ce sont les territoires, ce n’est pas le territoire, et cette notion elle-même est sortie en partie transformée de ce colloque. J’en prendrai maintenant deux exemples. Si l’on peut débattre de la proposition faite par Philippe Mioche, pour la sidérurgie il est vrai, d’étendre cette notion à l’époque récente à la nation puis à l’Europe, en revanche on retiendra l’opposition qu’il établit dans le cours de l’histoire d’une même industrie entre des périodes où celle-ci est implantée dans des « agrégats d’espaces industriels » et celles où elle est au cœur de « territoires homogènes ». Il y a donc un monde de types de localisations possibles et il faut en outre strictement différencier les incarnations du rapport industrie-espace dans le temps. C’est aussi, du reste, ce que rappelle le cas du monde alpin étudié par Anne Dalmasso. Le papier d’André Larceneux, que j’ai trouvé provocateur, et en même temps, comme beaucoup de provocations, stimulant et enrichissant, propose quant à lui la notion de métropolisation comme « forme de proximité » alternative aux systèmes productifs locaux. On peut la discuter, mais elle peut nous aider à remettre les organisations spatiales de l’industrie en perspective. Ainsi que devient le district, alors qu’en même temps se construisent des réseaux urbains avec une hiérarchisation extrêmement forte telle qu’elle a été mise en valeur côté français par les travaux du regretté Bernard Lepetit ? Et quelle place tiennent les districts à l’heure de la seconde mondialisation, dans une période où d’autres hiérarchies se superposent ?

    32Remettre l’accent sur les territoires a aussi des implications fortes sur les plans scientifique et politique. En effet cette approche constitue un correctif bienvenu à une partie des travaux anglais et américains de sciences sociales où, d’une certaine manière, que ce soit au XIXème siècle ou aujourd’hui, le territoire est interchangeable. Eh bien, la proposition que les auteurs de ce livre ont faite dans leurs recherches, c’est que, même si eux aussi montrent qu’il y a des moments où les entreprises peuvent être nomades41, ils pensent en revanche que les territoires ne sont pas interchangeables.

    Notes de bas de page

    1 G. CONTI et R. GIANNETTI, « PME et réseaux d’entreprises en Italie au XXème siècle », Entreprises et Histoire, n° 28, décembre 2001, p. 20-36 ; M. LESCURE et J.- F. ECK (dir.), Villes et districts industriels en Europe occidentale, Tours, Publications de l’Université François Rabelais, 2002 ; M. LESCURE (dir.), La mobilisation des territoires. Les districts industriels en Europe, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, à paraître.

    2 P. FRIDENSON, « Les usines Renault et la banlieue (1919-1952) », in A. FOURCAUT (dir.), Banlieue rouge 1920-1960, Paris, Editions Autrement, 1992, p. 127- 142, et « Ouvriers de l’automobile en banlieue de Paris », in J. GIRAULT (dir.), Ouvriers en banlieue XIXème-Xèmee siècle, Paris, Editions de l’Atelier, 1998, p. 108- 127.

    3 R. BOCH, Sozialisten gegen Fabrikgesellschaft. Lokale Fachvereine, Massengewerkschaft und industrielle Rationalisierung in Solingen 1890-1914, Göttingen, Vandenhoeck und Ruprecht, 1985, et « The rise and decline of flexible production : the cutlery industry of Solingen since the eighteenth century », in C.F. SABEL and J. ZEITLIN (eds.), World of possibilities : flexibility and mass production in Western industrialization, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, p. 153-187.

    4 L. MAGNUSSON, Contest for control : metal industries in Sheffield, Solingen, Remscheid and Eskilstuna during industrialization, Oxford, Berg, 1994.

    5 Cf. A.D. CHANDLER, Organisation et performance des enterprises, t. 3 : L’Allemagne, Paris, Editions d’Organisation, 1993, nuancé et complété par U. Wengenroth, « Germany : competition abroad – co-operation at home, 1870-1990 », in A. D. CHANDLER, F. AMATORI, T. HIKINO (eds.), Big business and the wealth of nations, Cambridge, Cambridge University Press, 1997.

    6 On renvoie ici à la revue Terrains et, parmi les livres, par exemple à R. LIOGER et N. BARBE, Les industries jurassiennes : savoir-faire et coopération, Berne, Peter Lang, 1999.

    7 Cf. S. DAVIET et P. MIOCHE (dir.), Changements dans les entreprises et SHS, Entreprises et Histoire, n° 35, juin 2004.

    8 Cf. P. FRIDENSON, « La différence des entreprises japonaises », in J.-F. SABOURET (dir.), La dynamique du Japon, Paris, Editions Saint-Simon, 2005, p. 321-331.

    9 C.F. SABEL and J. ZEITLIN, « Neither modularity nor relational contracting : inter-firm collaboration in the new economy », Enterprise and Society, September 2004, p. 388-403.

    10 M. GRANOVETTER, Le marché autrement. Les réseaux dans l’économie. Paris, Desclée de Brouwer, 2000.

    11 C. VANDERMOTTEN, P. MARISSAL, La production des espaces économiques, t. I, Bruxelles, Editions de l’Université de Bruxelles, 1998.

    12 Voir aussi C. VANDERMOTTEN, « Dynamiques spatiales de l’industrialisation et devenir de la Belgique », Le Mouvement Social, octobre-décembre 1998, p. 75- 100.

    13 A. COTTEREAU, « The fate of collective manufactures in the industrial world : the silk industries of Lyons and London, 1800-1850 », in C.F. SABEL and J. ZEITLIN (eds.), World of possibilities…, op. cit., p. 75-152.

    14 Dans une riche production scientifique, signalons un article en français : « La confection à Philadelphie : entreprises et marchés, 1890-1930 », in L. BERGERON (dir.), La révolution des aiguilles. Habiller les Français et les Américains, 19ème-20ème siècles, Paris, Editions de l’EHESS, 1996, p. 21-62, et rappelons le grand livre : Endless novelty : specialty production and American industrialization, 1865-1925, Princeton, Princeton University Press, 1997.

    15 P. FRIDENSON, « Conclusion », in J.-C. Daumas (dir.), Les systèmes productifs dans l’Arc jurassien, Besançon, Cahiers de la MSH CN Ledoux, PUFC, 2004, p. 329 sqq.

    16 R. BOCH, « The rise and decline… », art. cit.

    17 Rappelons que la Business History Conférence de 2004, qui s’est tenue au Creusot, a été consacrée aux réseaux. Une partie des comunications ont été publiées dans la revue annuelle en ligne Business and Economic History de 2004.

    18 F. CARON et alii (dir.), Paris et ses réseaux : naissance d’un mode de vie urbain, XIXème-XXème siècles, Paris, Bibliothèque historique de la ville de Paris, 1990.

    19 P.-P. ZALIO ayant été empêché de participer au colloque de Besançon, sa communication n’a pu y être discutée même si les participants en ont eu connaissance. Aussi les organisateurs l’ont-ils invité à la présenter au colloque de Neuchâtel (janvier 2006). Elle sera donc publiée dans les actes de ce colloque qui sont à paraître prochainement aux Editions Alphil.

    20 P.-P. ZALIO, Grandes familles de Marseille au XXème siècle. Enquête sur l’identité économique d’un territoire portuaire, Paris, Belin, 1999, et en dernier lieu « L’entreprise, l’entrepreneur et les sociologues », Entreprises et Histoire, n° 35, juin 2004, p. 16-30.

    21 Les communications de F. PICARD et N. RODET-KROÎCHVILI ainsi que de C. HUSSLER et P. RONDÉ n’ont pas été incluses dans ce volume.

    22 P.T. HOFFMAN, G. POSTEL-VINAY, J.-L. ROSENTHAL, Des marchés sans prix. Une économie politique du crédit à Paris, 1660-1870, Paris, Editions de l’EHESS, 2001. J.-P. BARRIÈRE, « Notaires des villes et des champs : les origines sociales d’une profession », Le Mouvement Social, octobre-décembre 1997, p. 71-102.

    23 M. NAKABAYASHI, « The rise of the modern silk reeling industry and financial institutions : the formation of the institution of providing advance on documentary bills », Japanese Yearbook on Business History, n° 18, 2001, p. 119-139.

    24 Cf. M. VILLETTE et C. VUILLERMOT, Portrait de l’homme d’affaires en prédateur, Paris, La Découverte, 2005.

    25 P. FRIDENSON, « France : the relatively slow development of big business in the twentieth century », in A. D. CHANDLER et alii (eds.), Big business…, op. cit., p. 207-245.

    26 J.F. WILSON, A. POPP (eds), Industrial clusters and regional business networks in England, 1750-1970, Aldershot, Ashgate, 2003.

    27 Dans ses mémoires, un artisan suisse du premier XIXème siècle (devenu aussi contremaître et négociant) souligne l’importance qu’a eue pour lui l’acquisition de connaissances en chimie, mathématiques et dessin : F.-X. Gressot, Histoire de ma vie, Neuchâtel, Editions Alphil, 2002, p. 273.

    28 C’est la thèse de J.-M. OLIVIER, Des clous, des horloges et des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780-1914), Paris, Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 2004, par opposition à la disparition de l’importante clouterie des Bauges (Savoie).

    29 Je remercie Pierre Caspard pour cette réflexion.

    30 P. FRIDENSON, « Business failure and the agenda of business history », Enterprise and Society, December 2004, p. 562-582.

    31 Argument formulé initialement par D. EDGERTON, « De l’innovation aux usages. Dix thèses éclectiques sur l’histoire des techniques », Annales HSS, juillet-octobre 1998, p. 815-837.

    32 Cf. le dossier « The evolution of “traditional” industries in Japan », Japanese Research in Business History, n° 21, 2004.

    33 Ou en changeant la matière du produit. Cf. N. BARBE et R. LIOGER, « Du jouet en bois au plastique. Permanence et innovation technique dans l’Arc jurassien », in C. BROMBERGER et D . CHEVALLIER (dir.), Carrières d’objets. Innovations et relances, Paris, Editions de la Maison des Sciences de l’Homme, 1999.

    34 P. BOLLÉE, Tempête sur l’histoire, Le Mans, Imprimerie L. Chaudourne, 1961 (ce livre n’est ni à la BNF ni à la Library of Congress). Site web du groupe AFE (consulté en juillet 2005).

    35 De même, voir pour Belfort-Montbéliard, P. LAMARD, Excellence industrielle et formation technique : acteurs, culture, stratégies dans le nord de la Franche-Comté, mémoire d’habilitation à diriger les recherches, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 2004.

    36 R. BOCH, Sozialisten…, op. cit. L. MAGNUSSON, Contest for control…, op. cit.

    37 M. NAKABAYASHI, An organisation in modern capitalism : the governance of trade and the system of production in the development of the silk reeling industry, Tokyo, University of Tokyo Press, 2003 (en japonais).

    38 La communication de G. FONTANA n’a pas été reprise dans les actes du colloque.

    39 Voir par exemple O. DARD et G. RICHARD (dir.), Les permanents patronaux : éléments pour l’histoire de l’organisation du patronat en France dans la première moitié du XXème siècle, Metz, CRHCU, 2005.

    40 J.-M. OLIVIER, Des clous…, op. cit.

    41 Voir par exemple J.-P. CHANTEAU, L’entreprise nomade. Localisation et mobilité des activités productives, Paris, L’Harmattan, 2001.

    Auteur

    • Patrick Fridenson

      Est directeur d’études à l’EHESS (CRH). Ancien président de l’Association française des historiens économistes (AFHE) et de la Business History Conference, il est directeur de la revue Le Mouvement Social et rédacteur en chef d’Entreprises et Histoire. Il mène des recherches sur l’histoire des entreprises, du travail et des fonctions économiques de l’Etat contemporain. Il a notamment publié (avec B. Reynaud) La France et le temps de travail (1814-2004), O. Jacob, 2004 ; « La différence des entreprises japonaises », in J.-F. Sabouret (dir.), La dynamique du Japon, Editions Saint-Simon, 2005 ; « La multinationalisation des entreprises françaises publiques et privées de 1945 à 1981 », in M. Lévy-Leboyer (dir.), L’économie française dans la compétition internationale au XXème siècle, CHEFF, 2006, et « Une entreprise de sélection : Google », Entreprises et Histoire, n° 43, juin 2006.

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    1 G. CONTI et R. GIANNETTI, « PME et réseaux d’entreprises en Italie au XXème siècle », Entreprises et Histoire, n° 28, décembre 2001, p. 20-36 ; M. LESCURE et J.- F. ECK (dir.), Villes et districts industriels en Europe occidentale, Tours, Publications de l’Université François Rabelais, 2002 ; M. LESCURE (dir.), La mobilisation des territoires. Les districts industriels en Europe, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, à paraître.

    2 P. FRIDENSON, « Les usines Renault et la banlieue (1919-1952) », in A. FOURCAUT (dir.), Banlieue rouge 1920-1960, Paris, Editions Autrement, 1992, p. 127- 142, et « Ouvriers de l’automobile en banlieue de Paris », in J. GIRAULT (dir.), Ouvriers en banlieue XIXème-Xèmee siècle, Paris, Editions de l’Atelier, 1998, p. 108- 127.

    3 R. BOCH, Sozialisten gegen Fabrikgesellschaft. Lokale Fachvereine, Massengewerkschaft und industrielle Rationalisierung in Solingen 1890-1914, Göttingen, Vandenhoeck und Ruprecht, 1985, et « The rise and decline of flexible production : the cutlery industry of Solingen since the eighteenth century », in C.F. SABEL and J. ZEITLIN (eds.), World of possibilities : flexibility and mass production in Western industrialization, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, p. 153-187.

    4 L. MAGNUSSON, Contest for control : metal industries in Sheffield, Solingen, Remscheid and Eskilstuna during industrialization, Oxford, Berg, 1994.

    5 Cf. A.D. CHANDLER, Organisation et performance des enterprises, t. 3 : L’Allemagne, Paris, Editions d’Organisation, 1993, nuancé et complété par U. Wengenroth, « Germany : competition abroad – co-operation at home, 1870-1990 », in A. D. CHANDLER, F. AMATORI, T. HIKINO (eds.), Big business and the wealth of nations, Cambridge, Cambridge University Press, 1997.

    6 On renvoie ici à la revue Terrains et, parmi les livres, par exemple à R. LIOGER et N. BARBE, Les industries jurassiennes : savoir-faire et coopération, Berne, Peter Lang, 1999.

    7 Cf. S. DAVIET et P. MIOCHE (dir.), Changements dans les entreprises et SHS, Entreprises et Histoire, n° 35, juin 2004.

    8 Cf. P. FRIDENSON, « La différence des entreprises japonaises », in J.-F. SABOURET (dir.), La dynamique du Japon, Paris, Editions Saint-Simon, 2005, p. 321-331.

    9 C.F. SABEL and J. ZEITLIN, « Neither modularity nor relational contracting : inter-firm collaboration in the new economy », Enterprise and Society, September 2004, p. 388-403.

    10 M. GRANOVETTER, Le marché autrement. Les réseaux dans l’économie. Paris, Desclée de Brouwer, 2000.

    11 C. VANDERMOTTEN, P. MARISSAL, La production des espaces économiques, t. I, Bruxelles, Editions de l’Université de Bruxelles, 1998.

    12 Voir aussi C. VANDERMOTTEN, « Dynamiques spatiales de l’industrialisation et devenir de la Belgique », Le Mouvement Social, octobre-décembre 1998, p. 75- 100.

    13 A. COTTEREAU, « The fate of collective manufactures in the industrial world : the silk industries of Lyons and London, 1800-1850 », in C.F. SABEL and J. ZEITLIN (eds.), World of possibilities…, op. cit., p. 75-152.

    14 Dans une riche production scientifique, signalons un article en français : « La confection à Philadelphie : entreprises et marchés, 1890-1930 », in L. BERGERON (dir.), La révolution des aiguilles. Habiller les Français et les Américains, 19ème-20ème siècles, Paris, Editions de l’EHESS, 1996, p. 21-62, et rappelons le grand livre : Endless novelty : specialty production and American industrialization, 1865-1925, Princeton, Princeton University Press, 1997.

    15 P. FRIDENSON, « Conclusion », in J.-C. Daumas (dir.), Les systèmes productifs dans l’Arc jurassien, Besançon, Cahiers de la MSH CN Ledoux, PUFC, 2004, p. 329 sqq.

    16 R. BOCH, « The rise and decline… », art. cit.

    17 Rappelons que la Business History Conférence de 2004, qui s’est tenue au Creusot, a été consacrée aux réseaux. Une partie des comunications ont été publiées dans la revue annuelle en ligne Business and Economic History de 2004.

    18 F. CARON et alii (dir.), Paris et ses réseaux : naissance d’un mode de vie urbain, XIXème-XXème siècles, Paris, Bibliothèque historique de la ville de Paris, 1990.

    19 P.-P. ZALIO ayant été empêché de participer au colloque de Besançon, sa communication n’a pu y être discutée même si les participants en ont eu connaissance. Aussi les organisateurs l’ont-ils invité à la présenter au colloque de Neuchâtel (janvier 2006). Elle sera donc publiée dans les actes de ce colloque qui sont à paraître prochainement aux Editions Alphil.

    20 P.-P. ZALIO, Grandes familles de Marseille au XXème siècle. Enquête sur l’identité économique d’un territoire portuaire, Paris, Belin, 1999, et en dernier lieu « L’entreprise, l’entrepreneur et les sociologues », Entreprises et Histoire, n° 35, juin 2004, p. 16-30.

    21 Les communications de F. PICARD et N. RODET-KROÎCHVILI ainsi que de C. HUSSLER et P. RONDÉ n’ont pas été incluses dans ce volume.

    22 P.T. HOFFMAN, G. POSTEL-VINAY, J.-L. ROSENTHAL, Des marchés sans prix. Une économie politique du crédit à Paris, 1660-1870, Paris, Editions de l’EHESS, 2001. J.-P. BARRIÈRE, « Notaires des villes et des champs : les origines sociales d’une profession », Le Mouvement Social, octobre-décembre 1997, p. 71-102.

    23 M. NAKABAYASHI, « The rise of the modern silk reeling industry and financial institutions : the formation of the institution of providing advance on documentary bills », Japanese Yearbook on Business History, n° 18, 2001, p. 119-139.

    24 Cf. M. VILLETTE et C. VUILLERMOT, Portrait de l’homme d’affaires en prédateur, Paris, La Découverte, 2005.

    25 P. FRIDENSON, « France : the relatively slow development of big business in the twentieth century », in A. D. CHANDLER et alii (eds.), Big business…, op. cit., p. 207-245.

    26 J.F. WILSON, A. POPP (eds), Industrial clusters and regional business networks in England, 1750-1970, Aldershot, Ashgate, 2003.

    27 Dans ses mémoires, un artisan suisse du premier XIXème siècle (devenu aussi contremaître et négociant) souligne l’importance qu’a eue pour lui l’acquisition de connaissances en chimie, mathématiques et dessin : F.-X. Gressot, Histoire de ma vie, Neuchâtel, Editions Alphil, 2002, p. 273.

    28 C’est la thèse de J.-M. OLIVIER, Des clous, des horloges et des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780-1914), Paris, Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 2004, par opposition à la disparition de l’importante clouterie des Bauges (Savoie).

    29 Je remercie Pierre Caspard pour cette réflexion.

    30 P. FRIDENSON, « Business failure and the agenda of business history », Enterprise and Society, December 2004, p. 562-582.

    31 Argument formulé initialement par D. EDGERTON, « De l’innovation aux usages. Dix thèses éclectiques sur l’histoire des techniques », Annales HSS, juillet-octobre 1998, p. 815-837.

    32 Cf. le dossier « The evolution of “traditional” industries in Japan », Japanese Research in Business History, n° 21, 2004.

    33 Ou en changeant la matière du produit. Cf. N. BARBE et R. LIOGER, « Du jouet en bois au plastique. Permanence et innovation technique dans l’Arc jurassien », in C. BROMBERGER et D . CHEVALLIER (dir.), Carrières d’objets. Innovations et relances, Paris, Editions de la Maison des Sciences de l’Homme, 1999.

    34 P. BOLLÉE, Tempête sur l’histoire, Le Mans, Imprimerie L. Chaudourne, 1961 (ce livre n’est ni à la BNF ni à la Library of Congress). Site web du groupe AFE (consulté en juillet 2005).

    35 De même, voir pour Belfort-Montbéliard, P. LAMARD, Excellence industrielle et formation technique : acteurs, culture, stratégies dans le nord de la Franche-Comté, mémoire d’habilitation à diriger les recherches, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 2004.

    36 R. BOCH, Sozialisten…, op. cit. L. MAGNUSSON, Contest for control…, op. cit.

    37 M. NAKABAYASHI, An organisation in modern capitalism : the governance of trade and the system of production in the development of the silk reeling industry, Tokyo, University of Tokyo Press, 2003 (en japonais).

    38 La communication de G. FONTANA n’a pas été reprise dans les actes du colloque.

    39 Voir par exemple O. DARD et G. RICHARD (dir.), Les permanents patronaux : éléments pour l’histoire de l’organisation du patronat en France dans la première moitié du XXème siècle, Metz, CRHCU, 2005.

    40 J.-M. OLIVIER, Des clous…, op. cit.

    41 Voir par exemple J.-P. CHANTEAU, L’entreprise nomade. Localisation et mobilité des activités productives, Paris, L’Harmattan, 2001.

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    Fridenson, P. (2007). 22. Conclusion. In J.-C. Daumas, P. Lamard, & L. Tissot (éds.), Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000). Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté. https://doi.org/10.4000/books.pufc.27564
    Fridenson, Patrick. « 22. Conclusion ». In Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000), édité par Jean-Claude Daumas, Pierre Lamard, et Laurent Tissot. Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté, 2007. doi:10.4000/books.pufc.27564.
    Fridenson, Patrick. « 22. Conclusion ». Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000), édité par Jean-Claude Daumas et al., Presses universitaires de Franche-Comté, 2007, https://doi.org/10.4000/books.pufc.27564.

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    Daumas, J.-C., Lamard, P., & Tissot, L. (éds.). (2007). Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000). Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté. https://doi.org/10.4000/books.pufc.27289
    Daumas, Jean-Claude, Pierre Lamard, et Laurent Tissot, éd. Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000). Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté, 2007. doi:10.4000/books.pufc.27289.
    Daumas, Jean-Claude, et al., éditeurs. Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000). Presses universitaires de Franche-Comté, 2007, https://doi.org/10.4000/books.pufc.27289.
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