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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral I. Un état des lieux des activités industrielles dans le dernier tiers du XIXème siècleII. Trajectoires sectoriellesIII. Comparaison des trajectoires des différentes activités industrielles locales Notes de bas de page Auteur

    Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000)

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    4. La dynamique séculaire d’industrialisation dans les vallées des Morin et de la Marne

    Bruno Jegou

    p. 71-86

    Texte intégral I. Un état des lieux des activités industrielles dans le dernier tiers du XIXème siècleII. Trajectoires sectorielles1. La vanneriea) Un essor lié aux besoins parisiensb) Structure des entreprisesc) Un inexorable déclin2. Les industries extractives : le cas de la pierre meulièrea) La Ferté-sous-Jouarre, capitale de la pierre meulièreb) Trois étapes dans la mise au point d’un produit standardiséc) Organisation de l’activité et évolution de la production3. La papeteriea) Des origines anciennesb) Des entreprises au destin divergentc) Évolutions au XXème siècle4. Les sucreriesa) Originesb) Organisation du travailc) ÉvolutionIII. Comparaison des trajectoires des différentes activités industrielles locales1. Hiérarchiser les facteurs de production similaires2. Logiques de production différentes, trajectoires différentes3. Comparaison avec les districts industriels et esquisse de typologie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les vallées du Grand Morin, du Petit Morin et de la Marne entre La Ferté-sous-Jouarre et Esbly, entaillent le plateau agricole de la Brie. Ces vallées ont connu des processus d’industrialisation précoces, liés à l’exploitation de la force motrice actionnée par des moulins. Les industries ainsi créées étaient très diverses. Logiquement, les industries agro-alimentaires (fromagerie, sucrerie, conserverie et vermicellerie) constituent une part importante de l’activité industrielle des vallées, mais de nombreuses autres activités se sont également développées. La région étudiée présente la caractéristique de n’avoir pas vraiment connu de relais par de nouvelles industries au cours du XXème siècle : le déclin industriel s’y est poursuivi longuement, les activités nouvelles s’étant rapprochées du centre moteur constitué par l’agglomération parisienne (Chelles, Lagny).

    2Le but de cette communication est d’étudier cette petite région qui ne constitue pas en tant que telle un district industriel, mais qui a connu dans le passé le développement de plusieurs activités industrielles à ancrage local. Dans un cadre géographique unique qui offre des atouts et contraintes identiques à diverses industries, on va chercher à mettre en évidence les facteurs de développement de ces industries, les atouts locaux favorables à leur pérennité ou au contraire les contraintes et obstacles susceptibles de remettre en cause ces industries.

    3L’étude va d’abord partir d’un état des lieux dans le dernier tiers du XIXème siècle, vers 1880, au moment du retournement de la conjoncture économique européenne. Puis on étudiera les trajectoires suivies par ces différentes activités aux XIXème et XXème siècles. Enfin, un bilan cherchera à cerner les différents facteurs pouvant expliquer l’évolution de ces diverses activités industrielles.

    I. Un état des lieux des activités industrielles dans le dernier tiers du XIXème siècle

    4Dans le dernier tiers du XIXème siècle, plusieurs activités industrielles et artisanales sont présentes dans les vallées. Elles s’y sont historiquement concentrées car elles disposaient de la force motrice hydraulique. Les machines à vapeur sont ensuite venues compléter l’équipement sans changer les localisations. Le contraste est alors très marqué avec le plateau agricole briard qui n’accueille quasiment pas d’industries. On peut faire un inventaire exhaustif de ces industries grâce au dépouillement de la Statistique industrielle du département de Seine-et-Marne pour les années 1873-18931. Ces activités peuvent être regroupées en six rubriques principales :

    • Des industries agro-alimentaires : sucreries (Coulommiers, Villenoy), conserveries alimentaires et vermicellerie (Meaux). Sans l’inclure dans notre étude, entres autres parce qu’elle est plus proche de Paris, on peut aussi évoquer la chocolaterie Menier de Noisiel, dans la vallée de la Marne, premier employeur de la région (470 employés en 1873, 1071 en 1893).

    • D’autres industries de transformation sont liées aux productions agricoles locales : la vannerie, surtout dans la vallée du Petit Morin ; la tannerie-corroierie, activité traditionnelle des villes de la région (Coulommiers).

    • On trouvait à Meaux en 1873 deux ateliers fabriquant des instruments aratoires pour l’agriculture, mais ces ateliers ont disparu en 1885, concurrencés par les ateliers de la région parisienne. Il y a aussi une fonderie de fer à Villenoy, près de Meaux.

    • Des industries extractives, la plus importante étant la fabrication de pierres meulières, spécialité de La Ferté-sous-Jouarre et de sa région ; on trouve aussi des tuileries (Coulommiers) et des briqueteries (La Ferté).

    • Des activités liées à la confection : fabriques de corsets essentiellement, à La Ferté-sous-Jouarre et dans diverses communes alentours (Saâcy, Jouarre).

    • Reste la papeterie, installée dans les deux vallées du Grand et du Petit Morin depuis le XVIIIème siècle ; les papeteries alimentaient également quelques imprimeries, en particulier à Coulommiers.

    5Apportons deux précisions supplémentaires. Au plan géographique, on peut opposer les villes, Meaux et Coulommiers, toutes deux sous-préfectures, qui ont des industries diversifiées, et les vallées, où la mono ou la bi-activité est la norme. Le canton de La Ferté-sous-Jouarre n’a que deux industries significatives, la fabrication des pierres meulières et les fabriques de corsets, qui emploient les femmes des ouvriers meuliers. Dans les vallées du Grand Morin et du Petit Morin en amont (hors Coulommiers), deux activités sont prépondérantes, la vannerie et surtout la papeterie.

    6Sur le plan historique, on peut noter que le décollage de ces activités a eu lieu dans une période précise : la première moitié du XIXème siècle. Au-delà d’un démarrage de la production plus ou moins ancien, qui remonte au Moyen Âge dans le cas des pierres meulières, c’est plus précisément la période 1830-1848 qui voit l’affirmation de ces industries. Pour la papeterie, c’est un peu plus précoce : la spécialisation est lancée durant la Révolution française (assignats), mais elle n’est véritablement consolidée qu’après la Restauration. A l’inverse, dans le cas de la vannerie, la croissance de l’activité est un peu postérieure et correspond au début du Second Empire. On peut cependant considérer que ces activités sont caractéristiques de la première grande phase d’industrialisation de la France, au cours de la première moitié du XIXème siècle, et plus particulièrement durant la Monarchie de Juillet.

    II. Trajectoires sectorielles

    7Dans une seconde étape, nous allons préciser l’évolution des différentes branches industrielles qui viennent d’être évoquées. L’industrie des corsets étant liée à celle des pierres meulières, comme il vient d’être dit, on l’a laissée de côté. De même, on ne s’étendra pas sur le matériel agricole, activité rapidement déclinante face à la concurrence de la région parisienne. Restent donc quatre types d’activité, représenté chacun par l’industrie localement la plus significative : la vannerie, la fabrication de pierres meulières, la papeterie et la sucrerie. L’étude menée ici vise à resituer les grandes phases de l’évolution de ces industries, depuis leur implantation dans la région jusqu’à leur disparition ou, le cas échéant, jusqu’à la situation actuelle. On insistera également sur la structure interne propre à chaque activité, en matière de processus de production comme de structure des entreprises.

    1. La vannerie2

    a) Un essor lié aux besoins parisiens

    8La présence de vanniers est sans doute très ancienne dans la vallée du Petit Morin, comme dans le reste du Bassin Parisien. Mais c’est seulement vers 1830, à Bellot, que la production commence à être véritablement commercialisée. La vannerie du petit Morin fournit des paniers de tous types, adaptés à chaque corps de métier (bouchers, fleuristes, ...).

    9L’essor de la vannerie est lié à la satisfaction des besoins du marché parisien, en particulier des halles de Paris, dont les besoins en paniers en tout genre explosent au milieu du XIXème siècle. Il semble que la construction des Halles Baltard, en regroupant davantage les grossistes et marchands, consommateurs d’articles de vannerie, a contribué à structurer l’offre de paniers, en particulier celle du petit Morin ; c’est la demande qui structure l’offre.

    10À partir des années 1840, des grossistes parisiens viennent se fournir dans la vallée du Petit Morin : la maison Defer, fondée en 1838, devenue Wandlaincourt, finit par se fournir exclusivement dans la vallée, réputée pour la grande solidité de sa production (en partie grâce à une espèce d’osier spécifique à la région). Après 1870, la maison Coudry, fondée à Paris en 1863, établit un atelier de fabrication à Rebais, puis elle développe à grande échelle la culture de l’osier (70 hectares environ en 1888). M. Coudry créa ensuite une école de vannerie à Rebais, assurant la formation des vanniers. En 1889, lorsqu’est construit le chemin de fer départemental parcourant la vallée du Petit Morin, le conseil municipal de Bellot réclame et obtient la création d’une gare, arguant en particulier du fait que les expéditions de « vannerie, osier, sabots » de la commune se montent à 1 200 quintaux annuels.

    b) Structure des entreprises

    11Les entreprises s’inscrivent d’emblée dans une logique de sous-traitance, fournissant les commandes des sociétés parisiennes. À l’origine, le travail à domicile prédomine, d’une part parce que l’outillage est individuel (il n’y a pas de mécanisation), d’autre part parce que le vannier y bénéficie de l’aide gratuite apportée par sa femme (elle prépare les brins d’osier). Ces travailleurs à domicile sont le plus souvent sous contrat avec les patrons de la vallée. Des ateliers importants, regroupant plusieurs ouvriers, se sont constitués après 1870, comme on vient de le voir : ils sont plutôt spécialisés dans les grandes pièces, qui peuvent profiter d’un travail collectif. Au cours du XXème siècle en revanche, les vanniers se mirent de plus en plus souvent à leur compte.

    c) Un inexorable déclin

    12L’âge d’or de la vannerie du Petit Morin s’étend de 1889 à 1914. Après la guerre, de nombreux invalides de guerre apprennent le métier : le nombre de vanniers se maintient, mais le déclin a commencé. Celui-ci devient inexorable après la seconde guerre mondiale : les effectifs déclinent rapidement durant les Trente Glorieuses. L’apparition de commandes sur mesure pour une clientèle de particuliers n’a pas suffi à empêcher la disparition de la vannerie dans la région. À la fin du XIXème siècle, il y avait environ 280 vanniers dans la région (Petit Morin, Rebais, Grand Morin). En 1925, ils sont 212, dont 190 dans la vallée du Petit Morin ou à proximité immédiate. En 1976, ils sont encore 8 en activité, et un seul en 1994. Le déclin de la vannerie est lié à l’émergence de produits de substitution, en bois, en métal, en plastique. Si la vannerie a mieux survécu en France, essentiellement dans deux régions excentrées (en Haute Marne, autour de Fayl-Billot, et en Touraine, à Vulaines-les-Rochers), la production seine-et-marnaise était quant à elle condamnée par la proximité du marché de l’emploi parisien qui offrait des conditions d’emploi meilleures. Le recrutement d’apprentis vanniers s’est tari dès les années 1950.

    13Au total, on voit que la vannerie du Petit Morin, activité traditionnelle et artisanale s’il en est, ne peut être classée dans l’industrie, en termes de structures de production. Mais son essor dans la région correspond cependant à une logique de satisfaction de nouveaux marchés en croissance, caractéristique de l’âge industriel.

    2. Les industries extractives : le cas de la pierre meulière

    a) La Ferté-sous-Jouarre, capitale de la pierre meulière

    14La fabrication des pierres meulières de la Ferté-sous-Jouarre est l’activité à la fois la plus emblématique et quantitativement la plus importante parmi les industries extractives de la région. L’étude de l’industrie des meules à moulin de la Ferté sous Jouarre a été lancée par l’historien anglais Owen Ward3. Un colloque récent a permis la publication d’une première synthèse complète sur le sujet, même si plusieurs questions restent posées4.

    15La pierre meulière, comme son nom l’indique, servait depuis des siècles à fabriquer les meules des moulins à farine. Il est apparu très tôt que le silex dont se compose la meulière de Brie avait une solidité exceptionnelle qui donnait aux meules briardes une efficacité et une longévité remarquables. Le banc de meulière de la Brie affleure sous la surface du plateau, le long de la vallée du Petit Morin. La Ferté-sous-Jouarre apparaît en quelque sorte comme la capitale de la pierre meulière. Son rayonnement est d’ailleurs devenu mondial au cours du XIXème siècle.

    b) Trois étapes dans la mise au point d’un produit standardisé

    16- Le monolithe : historiquement, la meulière de Brie a d’abord fourni de grandes meules monolithes. Ces meules avaient une grande valeur quand elles étaient parfaites, ce qui est devenu progressivement très rare (5 à 6 par an vers 1834, d’après le rapport de Dufrénoy pour l’École des Mines5).

    17- La meule anglaise (carreaux assemblés) : dès l’époque moderne, la rareté et le prix de ces meules monolithes avaient poussé à trouver une autre solution pour satisfaire la demande : la meule composite. Celle-ci était réalisée par l’assemblage de plusieurs carreaux de pierre meulière afin de constituer une grande meule. L’avantage de cette solution en terme de transport était certain : l’expédition de carreaux était bien plus aisée que celle des meules complètes. Cela supposait que les meules soient assemblées à l’arrivée. Cette pratique s’est développée en Angleterre dès le XVIIème siècle. Au siècle suivant, les « French millstones » sont largement consommées en Grande-Bretagne et dans ses colonies.

    18- La meule française (carreaux taillés et assemblés) : l’industrie fertoise change véritablement de dimension au début du XIXème siècle, à partir des années 1820, avec la mise au point définitive à La Ferté d’un nouveau produit, la meule dite anglaise. La meule est toujours un assemblage de carreaux. Mais ce qui était auparavant perçu comme un défaut sera désormais considéré comme un avantage. Les meules françaises sont plus petites que les anglaises ; elles sont surtout rayonnées : le meulier a creusé des rayons sur toute la surface de la meule. Ces rayons garantissent un écrasement régulier du grain (à condition d’être périodiquement recreusés, « rhabillés »). Ils permettent aussi de combiner des carreaux de dureté variable, sans nuire à la qualité générale de la pierre, à condition que l’agencement des pierres soit bien réalisé. Auparavant négligée, la taille préparatoire des carreaux devient une étape décisive, toujours réalisée à La Ferté. Les pierres meulières taillées sont dès lors exportées dans le monde entier, sous forme de meules ou, le plus souvent, en carreaux non assemblés.

    19C’est ainsi que les meules dites françaises en Angleterre, du fait de leur provenance géographique, sont devenues les « meules anglaises » en France, parce qu’elles reprenaient le format et la méthode d’assemblage développée pour l’exportation vers l’Angleterre.

    Tableau 1 : Production de pierres meulières au départ de La Ferté

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    c) Organisation de l’activité et évolution de la production

    20L’âge d’or de la production de meules de La Ferté correspond aux années 1830-1885. Pendant cette période, l’exportation prend une grande ampleur, se dirigeant vers tous les continents. L’emploi augmente, pour culminer à la fin des années 1870 à environ 1 000 emplois directs6. La période d’activité maximale correspond aux années 1867-1900. Dans les carrières comme dans les ateliers, le travail est un travail de force, épuisant du fait de l’extrême dureté de la pierre : les marteaux en acier sont inutilisables au bout de quelques heures de travail ! Pour ce travail extrêmement dur et dangereux, on a recours à des travailleurs venus de régions pauvres (Berry, Limousin, Massif Central), et à des étrangers (Belges surtout, puis Polonais).

    21Mais le déclin s’annonce. Un produit de substitution des meules de pierre apparaît : les cylindres métalliques. Les premiers essais ont eu lieu dès les années 1840, et la technologie est au point au début des années 1880 ; elle s’impose véritablement en France à partir de 1885. Dès lors, la fabrication des meules de pierre va progressivement mais inexorablement décliner. Associés à des machines à vapeur, puis aux nouveaux moteurs de la seconde révolution industrielle, les cylindres permirent la création de minoteries à la puissance d’écrasement bien supérieure à celle des moulins traditionnels.

    22Le retournement du marché, lié à la concurrence des cylindres métalliques, provoque un puissant mouvement de concentration du secteur7. Dès 1789, 6 producteurs s’étaient déjà associés. Une première société s’est progressivement constituée au cours du XIXème siècle. L’association rassemblait les entrepreneurs, au gré des successions : de nouveaux accords sont conclus en 1812, puis 1844 et 1851. En 1858, ce groupement se constitua en Grande Société des Meules à Moulins ; les partenaires se nomment alors Dupety, Theuney, Geuvin, Bouchon. En 1883, elle devient la Grande Société Meulière Dupety, Rossignol et Cie. La Société Générale Meulière est créée à son tour en 1881. Elle rassemble sept sociétés meulières, rejointes en 1884 par deux autres sociétés. Son objectif est de trouver les moyens de réagir à la concurrence des cylindres. Au XXème siècle, ces deux sociétés restent les seules significatives sur le marché de la meule à moulin en France. Elles ont dû gérer le déclin progressif de l’industrie meulière.

    3. La papeterie8

    a) Des origines anciennes

    23La papeterie s’est très tôt développée dans les vallées des Morin, dès le XVIème siècle. La production s’affirme et s’organise véritablement dans le courant du XVIIIème siècle, autour de deux sites de la vallée du Grand Morin : Courtalin d’un côté, à Pommeuse ; le Marais de l’autre, à Jouy-sur-Morin. D’autres papeteries du Bassin Parisien s’étaient tournées précocement vers le marché parisien, en particulier celle d’Essonnes sur la Seine : la concurrence est donc rude. Pour y faire face, les entreprises briardes vont se tourner vers des productions de qualité. Ainsi, dès avant la Révolution, la papeterie du Marais est l’une des premières à produire du papier vélin, venu d’Angleterre, pour le marché parisien. Le tournant décisif est la fabrication des assignats, durant la Révolution française, qui est assurée par les deux entreprises locales. Dans la foulée, elles founissent le papier pour l’impression du Bulletin des lois.

    b) Des entreprises au destin divergent

    24Après la Révolution, les papeteries du Marais se tournent naturellement vers la fabrication des billets de banque. Au cours du XIXème siècle, elles ont su multiplier leurs débouchés, notamment dans le billet de banque où, après la Banque de France, de nombreuses banques étrangères, ainsi que les banques coloniales, passèrent commande de billets. D’autres spécialités, comme le papier pour actions et obligations, commandé par les compagnies de chemin de fer, étaient également développées. Enfin, des contrats de fourniture récurrents étaient signés avec quelques grands éditeurs parisiens, comme Larousse.

    25La papeterie du Marais s’inscrit dans une logique d’investissement et de modernisation systématiques, conforme à sa politique de papiers spéciaux de qualité. Dans cette longue suite d’innovations, la mise au point de la machine à fabriquer le papier en continu constitue l’étape décisive du passage à l’ère industrielle. Créée vers 1800 par Nicolas Louis Robert qui travaillait à la papeterie Didot, à Essonnes, la machine est définitivement mise au point par Canson, d’Annonay, en 1824, après diverses améliorations apportées en Angleterre. Dès lors, elle commence à se diffuser : 4 papeteries sont équipées en France en 1827, 12 en 1834. Le Marais fait partie de celles-ci : la papeterie a acheté en Angleterre sa première machine en continu en 1829. Sans être un acteur direct de l’innovation, le Marais est en mesure de réagir rapidement et de se l’approprier, en partie sans doute du fait de la proximité de Paris, pôle moteur de l’innovation dans ce domaine.

    26A l’essor de la papeterie du Marais s’oppose le déclin, puis l’échec de Courtalin. La papeterie de Courtalin vivotait, subissant de multiples vicissitudes au gré de ses changements d’actionnaires. Après une première fermeture en 1814, et plusieurs relances infructueuses, la papeterie ferma définitivement ses portes en 1872, à la suite d’un incendie.

    27Alors même que l’usine de Courtalin est fermée, une autre usine, celle de Biercy, tout près de La Ferté-sous-Jouarre, dans la vallée du Petit Morin cette fois, est aménagée par les papeteries du Marais entre 1862 et 1865. A partir de 1876, la Banque de France s’y installe et commence à y fabriquer ses billets de banque, sans passer par ses fournisseurs traditionnels, en particulier justement la papeterie du Marais. La rupture entre le Marais et la Banque de France remontait en fait à la guerre de 1870. Durant le siège de Paris, en effet, la Banque de France avait fait fabriquer des billets à Clermont-Ferrand et à Thiers, ce qui avait provoqué une rapide détérioration des relations entre la Banque et la papeterie du Marais, celle-ci étant dès lors jugée trop chère. Après la guerre, la Banque de France a opté pour la poursuite de la fabrication à Thiers, tout en s’installant également à Biercy, afin de continuer à profiter des avantages résultant de la proximité de Paris : rapidité de réaction aux variations des commandes, facilités d’acheminement des billets, supervision plus facile.

    28Au binôme Courtalin – Marais de la fin du XVIIIème siècle et de la première moitié du XIXème succède donc, à partir des années 1870, un nouveau binôme Marais – Biercy (Banque de France). Mais précisons que, hormis Biercy, ces entreprises contrôlent au XIXème siècle de nombreux sites de production : la concentration ne se fait que progressivement.

    c) Évolutions au XXème siècle

    29L’usine de Biercy profitait de la proximité de Paris. Mais comme en 1870, la bataille de la Marne de 1914 a montré la vulnérabilité du site (les Allemands sont à quelques kilomètres de Biercy). En 1916, la Banque de France s’implante à Vic-le-Comte. L’usine de Vic va progressivement supplanter Biercy, jusqu’au transfert de la fabrication qui a lieu en 1933. Soixante dix familles partent pour Vic-le-Comte. L’avantage « économique » de la proximité de Paris était aussi un handicap « stratégique ». L’usine est vendue en décembre 1942 à la Compagnie industrielle et agricole de la cellulose.

    30De son côté, le Marais poursuit un triple processus de mécanisation, de concentration de la production dans des usines moins nombreuses et de concentration capitalistique. En 1931 a lieu l’association de trois entreprises, Arches, Rives et le Marais, qui fondent l’Office français des papiers fiduciaires. A partir de 1954, les fusions successives de quatre sociétés, Arches, Johannot, le Marais et Rives aboutissent à la création d’un groupe unique portant leurs initiales : ARJOMARI. Les acquisitions se poursuivent dans les années 1960 et 1970. En 1990, le groupe emploie 7 750 personnes, dont 327 à Crève-cœur et 248 à Sainte-Marie, les dernières papeteries historiques du Marais dans la vallée du Grand Morin. Fin 1992, une fusion avec un groupe britannique fait alors du nouveau groupe, Arjo Wiggins Appleton, le premier papetier de l’Union Européenne et le huitième mondial.

    4. Les sucreries

    a) Origines

    31On le sait, la production de sucre de betterave a débuté dans le Bassin Parisien au tout début du XIXème siècle, au temps du Blocus continental. Le plateau briard s’est d’emblée affirmé comme une zone de production majeure, tout au moins dans sa partie occidentale, caractérisée à la fois par la fertilité de ses sols et par la proximité du marché parisien. La force motrice nécessaire au raffinage du sucre a été recherchée au bord des cours d’eau. En 1883, comme on l’a vu, trois sucreries fonctionnent dans la région, l’une à Coulommiers, sur le Grand Morin, une autre à Lizy-sur-Ourcq, la dernière enfin à Villenoy-sur-la-Marne, près de Meaux.

    32Des râperies de betteraves préparent la récolte, avant le raffinage dans la sucrerie. Ces râperies sont installées sur le plateau agricole, au plus près des champs de production : cela permet, dans une certaine mesure, de réduire les frais de transport. Dans la région, cela concerne les râperies de Bussy-Saint-Georges et Coupvray, qui alimentent Villenoy. Coulommiers a sa râperie sur place, la ville étant située au cœur du plateau agricole. Ces râperies disparaissent au début du XXème siècle, avec le progrès technique qui intègre totalement les étapes de la fabrication du sucre, dans un processus de transformation continue.

    b) Organisation du travail

    33Au XIXème siècle, l’activité est marquée par une saisonnalité très marquée : la saison dure moins de trois mois, après la récolte des betteraves ; elle couvre à peu près le dernier trimestre de l’année. La statistique industrielle relève, dans ses données trimestrielles, les brusques variations d’emploi entre le quatrième et le premier trimestre par exemple. A Coulommiers, on passe de 200 salariés fin 1892 à 50 début 1893 ; à Lizy, de 141 à 40 ; à Villenoy, de 80 à 50. Dans une région encore très rurale, les sucreries présentent le grand avantage d’offrir ces emplois à l’automne et en hiver, soit à la morte saison. Les sucreries permirent ainsi, dans une certaine mesure, de préserver le mode de vie rural traditionnel, d’autant qu’avec leurs horaires intensifs et leurs salaires élevés, elles attiraient les travailleurs. Les patrons des autres industries se plaignaient de la « fuite » de leurs salariés vers les sucreries en fin d’année. Cette situation nous révèle au passage à quel point les métiers étaient encore au XIXème siècle peu cloisonnés, les qualifications peu significatives ; au XXème siècle, ces passages d’une industrie à l’autre seront de moins en moins possibles, compte tenu de la progressive technicisation des métiers.

    c) Évolution

    34Les sucreries de la région maintiennent leur activité tout au long du XXème siècle. Ce n’est qu’à la fin du siècle qu’elles sont intégrées dans le mouvement général de concentration propre à l’industrie sucrière. La sucrerie de Coulommiers est la première à s’arrêter, suivie par celle de Lizy sur Ourcq. La sucrerie de Villenoy n’a fermé ses portes qu’au début 2004. La spéculation foncière (Eurodisney…) n’est pas étrangère à ce déclin régional.

    35Au-delà de la période de décollage, l’évolution des différentes activités étudiées est d’abord parallèle, avant de connaître une divergence à partir de la Grande Dépression de la fin du XIXème siècle. Tandis que la vannerie et la fabrication de pierres meulières s’enfoncent progressivement dans la crise, les deux autres activités, la papeterie et la production de sucre, poursuivent un processus de modernisation caractérisé par un mouvement continu d’investissement et de mécanisation, parallèlement à la concentration des entreprises et des sites de production.

    III. Comparaison des trajectoires des différentes activités industrielles locales

    1. Hiérarchiser les facteurs de production similaires

    36En première analyse, les quatre activités industrielles étudiées correspondent peu ou prou à un schéma wébérien classique de localisation des industries. Les facteurs de localisation à prendre en compte sont en effet au nombre de trois : les matières premières, la proximité d’un marché de consommation et le cas échéant l’énergie. Mais, pour pouvoir préciser l’analyse, il est nécessaire de hiérarchiser ces différents facteurs pour chacune des activités étudiées.

    37Pour la pierre meulière, il est clair que l’existence des gisements de pierre meulière a constitué le facteur clé dans le développement de cette industrie dans la région. Pour autant, le Bassin Parisien constituant la première région céréalière française, cela a sans doute contribué au fil des siècles à la notoriété des pierres à meules de la Brie.

    38La situation pour le sucre est comparable : on retrouve ici le rôle prépondérant de la matière première, ici la betterave à sucre produite sur le plateau briard, cet élément étant complété par la proximité du marché parisien.

    39Dans le cas de la vannerie, le facteur clé est le marché parisien. On a vu que ce sont bien les commerçants des Halles de Paris qui ont dynamisé et structuré l’offre provenant de la vallée du Petit Morin. Le marché explique donc le développement de la vannerie, tandis que la nécessité de produire la matière première dans les fonds de vallée humides explique quant à elle le choix, à l’échelle locale, de cette zone de production : il s’agit d’un facteur explicatif second.

    40Enfin, dans le cas de la papeterie, le schéma est un peu plus complexe, puisque trois facteurs entrent en ligne de compte : le marché parisien, la source d’énergie, la matière première. Le marché parisien a le rôle clé, car c’est lui qui détermine l’évolution de la production, c’est-à-dire la spécialisation dans des papiers spéciaux, en particulier les billets de banque. Le facteur énergétique est important, puisque les papeteries sont installées au fil de la vallée, dans de nombreux moulins (avant la concentration du XXème siècle). Enfin, les matières premières jouent également un rôle, dans la mesure où à l’origine l’approvisionnement en chiffons profite de la proximité de Paris. À l’inverse, le passage à la pâte à bois a défavorisé les papeteries de la région parisienne. Mais à cette date, c’est-à-dire dans la seconde moitié du XIXème siècle, la spécialisation des papeteries locales permet de supporter cette nouvelle contrainte dans les coûts de production.

    41Au total, on voit que dans deux cas, la vannerie et la papeterie, le débouché parisien joue le rôle principal dans l’affirmation locale de ces activités, alors que dans les deux autres cas, le sucre de betterave et la pierre meulière, c’est le critère de disponibilité de la matière première qui s’avère primordial.

    2. Logiques de production différentes, trajectoires différentes

    42Au-delà des différents facteurs de localisation, on a retenu ici trois caractéristiques permettant de caractériser chaque activité : la standardisation du produit, la mécanisation de la production (ou industrialisation), enfin la concentration des entreprises ou au contraire le maintien de petites entreprises. Le tableau 2 rassemble l’ensemble de ces données pour les quatre domaines d’activité étudiés. La combinaison de ces trois critères apparaît différente dans chacun des cas ; elle permet d’expliquer le déclin de certaines activités et la pérennité des autres.

    Tableau 2 : Les logiques locales de la production

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    43Dans le cas de la vannerie, on constate à la fois l’absence de mécanisation et de standardisation du produit : cela caractérise une activité qui est restée fondamentalement artisanale. Conjugués à une faible intensité capitalistique, ces éléments ont conduit à un déclin inexorable de l’activité, face à la montée en puissance de la concurrence étrangère, et surtout l’affirmation de produits de substitution en matériaux variés (bois, plastiques, métal…).

    44Les sucreries sont dans une situation opposée à la vannerie : on y trouve à la fois un produit totalement standardisé, une mécanisation forte et permanente et une concentration au sein de grandes entreprises capitalistiques, accompagnée de la fermeture progressive des sites de production. Une telle combinaison a permis d’accompagner la mutation de l’activité tout au long des deux siècles écoulés.

    45Dans le cas de la papeterie, on retrouve les caractéristiques des sucreries : mécanisation, concentration. S’y ajoute un aspect spécifique : le produit n’est pas ici standardisé, car il y a eu développement précoce, face à la concurrence, de produits de niche, dans une logique de qualité et d’innovation (papier-monnaie). Dans ces conditions, les avantages liés à la proximité du marché parisien ont permis de surmonter les autres contraintes de production. Le résultat est très favorable, avec la création d’une entreprise unique de dimension mondiale, maintenant toujours des sites de production locaux.

    46Enfin, la pierre meulière présente une configuration plus complexe. Si la production des pierres meulières connaît bien au XIXème siècle une standardisation du produit en rupture complète avec la logique antérieure (chaque pierre monolithe est par définition unique), les méthodes de travail, elles, reposent sur le maintien strict d’un savoir-faire totalement rebelle à la mécanisation. Les ouvriers meuliers restent des artisans, parce que la standardisation concerne uniquement le produit final assemblé, tandis que chaque carreau doit être taillé puis assemblé au cas par cas. Dans ce contexte, le progrès technique, tardif, ne concerne que le perfectionnement des outils. Malgré la réputation dont pouvaient jouir dans le monde entier les meules de La Ferté, cette situation portait en elle l’échec final. La fabrication des meules composites ne pouvait être intégrée dans un processus industriel. Le passage du savoir-faire de l’artisan au savoir de l’ingénieur, ce transfert de pouvoir caractéristique de la révolution industrielle, s’avérait ici impossible, compte tenu de la nature même du produit fini. Dès lors, on se trouvait dans une impasse technologique, alors même que la mouture à la pierre gardait une supériorité reconnue sur les cylindres, en matière de qualité des farines. C’est d’ailleurs ce que montre le regain d’intérêt de ces dernières années pour les moutures traditionnelles. Mais ce retour à la tradition s’est avéré bien trop tardif pour sauver les meuliers de Brie.

    3. Comparaison avec les districts industriels et esquisse de typologie

    47Les cas de figure étudiés ici se rapprochent d’une logique de cluster, mais avec des différences significatives qui apparaissent dans le tableau 2. Ainsi, par exemple, la multiplicité des PME familiales, caractéristique des districts, se retrouve dans une certaine mesure dans la vannerie et la pierre meulière, mais pas du tout dans les sucreries ou les papeteries très capitalistiques. Si, dans aucun des quatre cas abordés, on ne peut parler de district industriel, la combinaison de trois critères, matières premières, savoir-faire et mécanisation, permet d’établir une typologie simple des activités de la région étudiée.

    • Type 1 : Pas de matière première propre à la région – pas de savoir-faire spécifique – mécanisation forte. C’est le cas du sucre. Dans ce cas, l’activité a persisté grâce à un quatrième critère, le marché parisien, avant de se fondre dans des logiques de marché nationales et européennes dans la seconde moitié du XXème siècle. Cette configuration est la plus éloignée du district industriel.

    • Type 2 : Exploitation d’une matière première locale – savoir-faire spécifique – absence de mécanisation de la production, d’industrialisation véritable. Cette configuration correspond aux cas de la vannerie et des pierres meulières. On se trouve bien ici dans une logique de district industriel, avec ancrage territorial, organisation en petites structures, entretien d’un savoir-faire local spécifique. Mais le système est condamné à terme au déclin ; il ne peut se renouveler, car sans mécanisation les savoir-faire associés ne sont pas transposables à d’autres activités, ou d’autres débouchés.

    • Type 3 : Pas de matières premières – forte mécanisation – savoir-faire spécifique lié à une spécialisation poussée et à l’innovation. Il s’agit ici du cas de la papeterie. Dans ces conditions, l’activité peut perdurer sur plusieurs siècles et mener à l’émergence d’un groupe de rang mondial. Mais rappelons qu’il ne s’agit pas d’un district industriel, compte tenu de la concentration et de la taille des entreprises concernées.

    48Cette esquisse de typologie conduit à nous interroger sur la pérennité des districts industriels. Sur le long terme, les districts industriels sont bien entendu menacés par des concurrences, soit directes (concernant les mêmes produits), soit indirectes (liées à des produits ou des techniques de substitution). Par analogie avec les cas de figure étudiés ici, on peut considérer que la pérennisation d’un district industriel peut résulter soit du maintien d’un avantage comparatif lié à une matière première, soit à celui induit par un savoir-faire spécifique, soit enfin par un processus d’innovation permettant de définir de nouvelles productions susceptibles de remplacer les anciennes. La diversité des trajectoires des industries étudiées ici montre à quel point le champ des possibles est ouvert.

    Notes de bas de page

    1 Archives départementales de Seine-et-Marne, dossiers M7871, M7291, M7890 & 7893.

    2 Association La Chanterelle, Les vanniers du Petit Morin et alentours en Brie, Le Mée, Editions Amattéis, 1994.

    3 O. WARD, Notes on the millstone industry at La Ferté-sous-Jouarre, La Haye, The international Molinological Society, 1993.

    4 AGAPAIN, Les meuliers, meules et pierres meulières dans le bassin parisien, Étrepilly, Presses du Village, 2002.

    5 Ours P. A. DUFRÉNOY, Rapport sur le gisement des pierres meulières des environs de Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, novembre 1834, repris dans Les meuliers… op. cit., p. 123.

    6 Archives Départementales de Seine-et-Marne, Situation industrielle, M 7890. Au 4ème trimestre 1878, 665 emplois à La Ferté-sous-Jouarre, auxquels il faut ajouter de nombreux emplois dans les carrières environnantes (par exemple 75 ouvriers dans les carrières de Jouarre).

    7 AGAPAIN, Les meuliers…, op. cit., p. 92-105.

    8 A. DAILLY, La Seine-et-Marne, berceau du papier-monnaie, Le Mée, Editions Amatteis, 1996.

    Auteur

    • Bruno Jegou

      Est professeur agrégé d’histoire et de géographie, diplômé de l’IEP de Paris, ATER à l’Université Paris-Sorbonne. Il prépare sous la direction de Dominique Barjot une thèse de doctorat d’histoire sur « Les mutations économiques des pays de Brie, 1873-1973 ».

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    7 AGAPAIN, Les meuliers…, op. cit., p. 92-105.

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    Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000)

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    Jegou, B. (2007). 4. La dynamique séculaire d’industrialisation dans les vallées des Morin et de la Marne. In J.-C. Daumas, P. Lamard, & L. Tissot (éds.), Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000). Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté. https://doi.org/10.4000/books.pufc.27374
    Jegou, Bruno. « 4. La dynamique séculaire d’industrialisation dans les vallées des Morin et de la Marne ». In Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000), édité par Jean-Claude Daumas, Pierre Lamard, et Laurent Tissot. Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté, 2007. doi:10.4000/books.pufc.27374.
    Jegou, Bruno. « 4. La dynamique séculaire d’industrialisation dans les vallées des Morin et de la Marne ». Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000), édité par Jean-Claude Daumas et al., Presses universitaires de Franche-Comté, 2007, https://doi.org/10.4000/books.pufc.27374.

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    Daumas, J.-C., Lamard, P., & Tissot, L. (éds.). (2007). Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000). Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté. https://doi.org/10.4000/books.pufc.27289
    Daumas, Jean-Claude, Pierre Lamard, et Laurent Tissot, éd. Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000). Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté, 2007. doi:10.4000/books.pufc.27289.
    Daumas, Jean-Claude, et al., éditeurs. Les territoires de l’industrie en Europe (1750-2000). Presses universitaires de Franche-Comté, 2007, https://doi.org/10.4000/books.pufc.27289.
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