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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral I. La conspiration du silenceII. Un lexique de l’intégration nationaleIII. La syntaxeIV. Sémantique discursiveConclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Discours d’Afrique

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    18. Chanson populaire et identité postcoloniale : une lecture de Mimba wi de Lapiro de Mbanga Ndinga Man du Cameroun

    Pierre Fandio

    p. 279-294

    Entrées d’index

    Mots-clés : identité, interdiscursivité, culture populaire, dissidence, légitimation

    Texte intégral Bibliographie Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Lapiro de Mbanga est sans conteste le chanteur camerounais le plus populaire de la fin des années 80 et du début des années 90, période caractérisée en Afrique par des revendications politiques et sociales de toutes sortes1. Le succès de ses textes procède d’une double rupture.

    2D’une part, les chansons sont en rupture avec la tendance au dithyrambe à l’égard du pouvoir, à laquelle n’ont pas su/pu échapper même les plus grands dont André-Marie Tala ou Manu Dibango ; d’autre part, la rupture affecte le moyen d’expression. Lapiro de Mbanga est en effet le premier chanteur camerounais dont le répertoire comprend un nombre aussi important de chansons en Mboko talk (littéralement : « parler du quartier »), parler populaire également appelé « camfranglais »2.

    3L’étude de la chanson emblématique, Mimba wi (« Pensez à nous ») (1989)3, ambitionne de montrer comment la double déconstruction des modèles anciens ainsi engagée peut se lire comme une tentative d’expression d’une identité de classe, celle des exclus des circuits officiels de la production discursive et, par conséquent, de la légitimation sociale.

    I. La conspiration du silence

    4Disons-le tout de go, critiques littéraires et autres chercheurs en sciences humaines semblent regarder sans la voir la culture populaire de la chanson ou du vaudeville par exemple, cette branche de la production culturelle nationale qui est, à bien des égards, l’une des rares qui fonctionne véritablement. En effet, une analyse des conditions d’émergence, des stratégies et modalités de légitimation, montre comment, dans un univers où la culture « officielle » est en pleine crise, la culture populaire se constitue progressivement en sous-champ autonome dans le champ culturel local (Nganang P., Mefe T. et Mbogo Y., 2004).

    5Voici quelques exemples qui font conclure à une conspiration du silence. Au milieu des années quatre-vingt, le ministère de l’information et de la culture organise un colloque international sur « L’identité culturelle du Cameroun » qui regroupe un grand nombre de chercheurs (philosophes, sociologues, spécialistes de cultures orales, critiques littéraires) sans faire aucune place aux arts populaires en général. Vers la fin de la même décennie, un autre colloque international tenu à Yaoundé sur le théâtre camerounais (Botake et Doho, 1988) ne consacre aucune communication au théâtre populaire, par exemple, qui connaît un nouvel élan en cette période de libéralisation de la parole au Cameroun.

    6La revue française Notre Librairie consacre en 1990 deux numéros spéciaux (n° 99 et 100) à la littérature camerounaise, sans évoquer la littérature populaire qui prend pourtant un essor considérable, en même temps que la presse indépendante. Le dossier sur le Cameroun de la revue Europe (n° 774, 1993) n’en fait pas davantage état. Ces publications sont pourtant codirigées respectivement par Ambroise Kom et Marie Claude Jacquey, et par Ambroise Kom et Christian Petr. Or, Ambroise Kom est un éminent spécialiste camerounais des littératures et civilisations africaines alors en poste à l’université de Yaoundé.

    7La culture populaire camerounaise semble ainsi une « culture sacrifiée » (Nganang P., Mefe T. et Mbogo Y., 2004) par les pouvoirs publics et même minorée par les chercheurs. À partir du cas des chansons de Lapiro de Mbanga, c’est une tout autre démarche qui est défendue ici4. À travers leurs spécificités linguistiques, ces textes corrosifs participent à l’élaboration d’une identité nationale postcoloniale sociologiquement marquée propre au Cameroun.

    II. Un lexique de l’intégration nationale

    8À l’image de celui de bien d’autres langues, le lexique du Mboko talk provient d’origines diverses : le français, l’anglais, le pidgin-english et les langues locales camerounaises (Féral, 2004).

    1. Le vocabulaire d’origine française

    9Le vocabulaire d’origine française du Mboko talk dont use le chanteur peut être sérié en deux groupes.

    10Le premier groupe est constitué des mots empruntés qui conservent leur sens : Bien sûr, Tara na flo for don man, (4e couplet). Cette expression signifie ici, comme en français, « bien évidemment ». On peut citer également « heure », « austérité », « échantillons » ; « à genoux » ; « intégration nationale », « ultimatum » ; etc. L’énonciateur recourt également au verlan. Ainsi rémé et répé (11e couplet) dans Rémé no dé, répé no dé où les deux substantifs renvoient respectivement à « mère » et « père ».

    11Le deuxième groupe relève de ce que les sociolinguistes appellent « camerounismes ». Dans Complices ooh mimba we ooh (2e couplet) les processus de transformation sémantique sont sensibles : « complices » est employé dans le français camerounais pour signifier « frères » et désigne, dans le contexte actuel du Mboko talk, « compagnons de misère ». Dans You want soûler, you mimba we (2e couplet), « soûler » signifie simplement « boire » (ex : souler le ndiba, c’est « boire de l’eau »). Dans Jacques Chirac for Ngola don comot corrigé for ultimatum (7e couplet) le lexème « corrigé » ne renvoie pas à un devoir modèle mais exprime l’intensité et signifie « le degré supérieur de » ou « le grand frère de. » ; « sauveteurs » dans He say sauveteurs must nyong (7e couplet) qui signifie « vendeurs à la sauvette » est un camerounisme (cf. Sauvetage na boulot way he no get retraite anticipée, 8e couplet) et bien d’autres occurrences relèvent du « français camerounais ».

    2. Le vocabulaire d’origine anglaise

    12Le vocabulaire d’origine anglaise qui est majoritaire dans la chanson, comme dans l’ensemble du corpus des textes du chanteur, peut se regrouper de la même manière.

    13Dans le premier on trouve par exemple you, want, enjoy sans modification sémantique : You want damer, you mimba we, You want enjoy, you mimba we (2e couplet).

    14Le deuxième groupe lexical « importé » connaît un emploi différent. Ainsi, dans You want damer, you mimba we (2e couplet), we est le pronom personnel de l’anglais, mais, dans le contexte, il est utilisé à la place de us, pronom complément. On peut relever des transferts de ce type pour d’autres mots-outils comme for dans Ngry don make rémé and njanga, they don dry like échantillon for Ethiopia (8e couplet). La préposition qui peut signifier « pour », « par », « de », etc., est employée dans un contexte où c’est plutôt from ou of qui étaient appropriés.

    3. Le vocabulaire du pidgin-english

    15Quelle que soit son origine, le lexique du Mboko talk est généralement formé sur le même mode que dans le pidgin-english, en empruntant les mots de langues sources (anglais, français, langues locales). Il est aussi constitué des mots empruntés directement au pidgin-english.

    16Le pseudonyme même de l’artiste « Lapiro Ndinga Man » illustre l’hybridation. Ndinga est un lexème de la langue basa’a du Cameroun qui désigne le joueur de guitare, l’instrument le plus en vue dans un orchestre populaire au Cameroun et très affectionné par l’auteur qui en joue à la perfection (l’atteste sa participation aux groupes prestigieux de Fela ou de Jimmy Cliff). Man provient, lui, de l’anglais.

    17Pour l’expression Don Man qui signifie « homme accompli », « homme qui a réussi », « grande personnalité » (Bien sûr, Tara na flo for Don Man, 4e couplet) Don provient du pidgin-english et se combine à l’anglais man. Le verbe mimba dans Complices, ooh mimba we (2e couplet) emprunté au pidgin-english provient de l’anglais to remember et signifie « penser », « se rappeler ».

    18Dans le vers Ndinga Man tchouk fire ! (6e couplet), l’expression tchouk fire (« Mets le feu ») provient du pidgin-english avec fire qui signifie « feu » ; autant que, dans I want tchop (6e couplet), le verbe provient de l’anglais to chop, « couper en morceaux », « hacher » ou « mâcher ».

    19Beaucoup d’autres énoncés contiennent des expressions issues directement du pidgin-english : I want gi ticket, Marché Central I go thrower, Sauveteurs, I tchakara ? (7e couplet), Ngry don make rémé and njanga ; Na say they must raffale other people (10e couplet), etc.

    4. Le vocabulaire emprunté directement aux langues locales

    20Les raisons géolinguistiques ou sociolinguistiques expliquent le recours aux langues camerounaises comme langues sources du Mboko talk. Les plus sollicitées sont généralement soit celles dont les locuteurs natifs ou occasionnels sont les plus nombreux (langues du Grassfield, du basa’a, du fulfulde, de l’haoussa, etc.), soit des langues dont les locuteurs natifs ou occasionnels sont originaires des zones urbaines ou périurbaines : (l’ewondo, le duala, le mbo’o, etc.).

    21Ainsi, dans Whose side wou go nang ééé ? (2e couplet), le verbe nang vient du basa’a, langue parlée par l’une des deux cents ethnies du pays, l’une des plus nombreuses et dont les populations se retrouvent dans les provinces du littoral et du centre du Cameroun. Il signifie « dormir » ; tandis que dans We no want problem, Tara (3e couplet), Tara, terme très polysémique, de l’ewondo, langue beti du Sud et du Centre du Cameroun dans la région de Yaoundé – la capitale politique et administrative – peut se traduire par « Vieux ». Il peut aussi désigner toute personne digne de respect, quel que soit son âge, ou même toute personne avec qui le locuteur entretient des relations de confiance. Dans You want no’tou, you mimba we (2e couplet), l’expression no’tou (« honorer les mânes ») proviendrait de la langue nda’nda’ parlée à Bangwa, village d’origine du père de l’auteur, dans la province de l’Ouest du Cameroun qui est l’une des plus peuplées du pays. De même dans No be any fingong say : « Me too I go try » (6e couplet), le lexème fingong provient de la même langue nda’nda’, et peut se traduire littéralement « vendeur de la patrie », « traître ». Mais, dans le contexte, le sens est notablement atténué et le lexème renvoie à « homme sans envergure », « homme insignifiant », « homme sans dignité », « quidam », etc.

    22Quant à Eh Mbombo, na whose kind flo you di popam so ? (5e couplet), Mbombo, en basa’a en duala, langues de la côte du Cameroun où se trouve Douala – capitale économique du pays avec plus de deux millions d’habitants – a des contours sémantiques à peu près identiques à ceux de Tara évoqué plus haut. Il peut en plus signifier « grand-mère » ou « homonyme ». Il désigne alors celui ou celle avec qui le locuteur partage un nom ou un prénom ou l’ensemble de l’étiquette nominale. De même, dans Wou no want go for ngata (2e couplet, « Nous ne voulons pas aller en prison »), le lexème ngata qui signifie littéralement en duala « attacher un fagot » est employé ici au sens figuré pour désigner un lieu ou l’on est comme « attaché », un lieu où l’on n’est pas libre, une prison.

    23Il en va de même du substantif mbourou dans Mbourou for pay location sep nothing (7e couplet) qui est emprunté du fulfulde, langue véhiculaire non seulement d’une très grande partie de la province de l’Est, mais aussi et surtout des trois provinces septentrionales dont celle de l’Extrême Nord, la plus peuplée du pays5. Mola dans les vers Ok, Mola ! / No be da so for secteur for Peter Botha way he bad èè, est un substantif utilisé dans des nombreuses langues de la côte du Cameroun dont le bakweri parlé à Limbe, grand port du Sud-Ouest et à Buea, capitale de la même province. Ce substantif a le même sens que Tara ou Mbombo évoqués à l’instant.

    24Ce vocabulaire d’origines si diverses mais bien repérables inscrit massivement le locuteur et les auditeurs potentiels de la chanson et de tout discours en Mboko talk, dans une communauté culturelle, celle des zones périurbaines des villes du Cameroun.

    III. La syntaxe

    25Entendue comme l’ensemble des combinaisons des unités, la syntaxe du Mboko talk est tributaire de celles des langues sources évoquées plus haut, le français, l’anglais, le pidgin-english et les langues locales camerounaises.

    1. Syntaxe de l’anglais

    26Un grand nombre d’énoncés répondent aux modèles de la syntaxe anglaise. Ainsi par exemple du vers We no want problem, Tara (3e couplet), No marque la négation et occupe la même position que l’adverbe de négation tient habituellement dans les énoncés en anglais, entre le pronom et le verbe. De même la place de for dans le vers suivant est régulière : We want for ndenmbrè for helep wou own family (3e couplet). Le verbe à l’infinitif en anglais est introduit par la particule prépositionnelle to mais nous avons vu plus haut comment la préposition for du pidgin-english remplaçait d’autres prépositions dont to. Dans l’énoncé, elle introduit ainsi les verbes à l’infinitif for ndembrè et for helep.

    27Pour donner un autre exemple, la chanson regorge d’occurrences où la possession, s’exprime comme en anglais. Ainsi Whose side wou gon nang éé (2e couplet, signifiant « Chez qui allons-nous coucher ? ») et encore Na whose kind flo you di popam so ?) (4e couplet, signifiant « Quelle qualité, quel genre de sèche grilles-tu ainsi ? »).

    2. Syntaxe du français

    28Contrairement à l’anglais ou au pidgin-english où le verbe à l’infinitif est introduit par une préposition (dont to ou for), il n’en va pas forcément ainsi dans le Mboko talk, qui se rapproche par ce trait de la syntaxe du français.

    You want soûler
    You want enjoy
    You want damer, (3e couplet).
    Nkoulouloun, I want tchop
    Mokolo, I want gi ticket (6e couplet).

    29Par ailleurs, la désinence de l’infinitif en français des verbes du premier groupe est très exploitée : You want bookER, Marché Central I go throwER.

    3. Syntaxe du pidgin-english

    30Les procédés emphatiques du pidgin-english sont les plus usités dans le discours du Mboko talk et se caractérisent par un usage particulier des présentatifs, des pronoms relais et l’inversion de la structure syntaxique. Dans le vers Austérité, that be say (n)dollar no must change foot (9e couplet), on constate la mise en relief de l’expression No must au lieu de must no. Ailleurs, l’utilisation de nombreux pronoms relais permet de marquer l’emphase, comme dans les cas suivants

    Sauvetage na boulot way he no get compression du personnel
    Sauvetage na boulot way he no get retraite anticipée
    We way we no ba get ntong for go school for side for Ngoa Ekélé (9e couplet).

    31Le substantif « boulot » est repris ici par le pronom relatif way et le pronom personnel he dans les deux premiers exemples, tandis que dans le dernier cas, le pronom personnel we est repris successivement par le pronom relatif way et le pronom personnel we.

    IV. Sémantique discursive

    32Comme le souligne Féral (2005) le camfranglais ne peut s’appréhender comme un inventaire lexical ou un repérage syntaxique mais c’est un phénomène discursif. D’une façon plus générale, c’est au plan du discours et de sa réception (ici une forme artistique populaire) que s’élaborent le sens en contexte et sa résonance sociale.

    33Une série de représentations et d’interprétations s’attache au discours en Mboko talk qui en rattache les énoncés constitutifs à une communauté identifiable. La chanson entretient en effet un dialogue fécond avec une communauté géographique, historique, politique ou sociologique qui l’a suscitée.

    1. Géographie du Cameroun et portée symbolique

    34Mimba wi, comme nombre d’autres chansons de Lapiro de Mbanga, inscrit son discours dans une entité géographique repérable. Le nom même de l’artiste le « situe » et dessine même un itinéraire historique.

    35Mbanga désigne la ville de naissance de l’auteur. Située à quelques encablures de Douala et de Kumba, deux des plus grandes métropoles urbaines et commerciales des Cameroun sous mandat français et sous mandat britannique, cette ville carrefour fut aussi un très haut lieu de contestation de la colonisation française et de la lutte pour l’indépendance du Cameroun. Symbole de la résistance des « petits » mis au chômage par les usines, les commerces et les entreprises qui ont fermé en cascade à Douala, Nkongsamba, etc., Mbanga fut, pendant les « années de braises » (fin décennie 80 – début décennie 90), en première ligne des revendications sociales qui ont abouti à la relative démocratisation actuelle du Cameroun.

    36On a vu plus haut combien les lexèmes Mola, Tara ou Mbombo rattachaient locuteur et l’auditeur à des communautés linguistiques du Cameroun. Dans nombre de vers, géographie et/ou histoire ont une forte pertinence. Dans Yes, Jacques Chirac for Ngola don comot corrigé for ultimatum et Répé for side for Hippodrome don break caisse (7e couplet), Ngola est le diminutif de Ongola par lequel les Camerounais désignent affectueusement Yaoundé, la capitale politique du pays ; tandis que Hippodrome est le nom de l’un des plus anciens quartiers de Ngola. De même, dans les vers We way we no ba get ntong for go school for side for Ngoa Ekélé, Ngoa Ekélé désigne le quartier de Yaoundé qui abritait jusqu’au milieu des années 90 la seule université du pays et renvoyait, par métonymie, à l’université de Yaoundé voire à l’enseignement supérieur ou professionnel au Cameroun.

    37De la même manière, dans Nkoulouloun, I want tchop / Mokolo, I want gi ticket. / Gare routière, I masham ? / Marché Central I go thrower, Nkoulouloun, Mokolo, Gare routière, Marché Central sont des noms de quartiers populaires de Douala et Yaoundé, célèbres pour leurs marchés où les vendeurs à la sauvette abondent, et qui ont été aux avant-postes de la lutte pour l’indépendance (années 60) ; ou des revendications pour la démocratisation du Cameroun (années 90).

    2. Discours sociaux multiples

    38La chanson investit dialogiquement les autres discours sociaux avec lequel elle partage le champ de la parole publique, comme le discours publicitaire, par exemple ici :

    Na whose kind flo you di popam so ?
    Na « Tara »
    (« Quel genre de sèche grilles-tu ainsi ?
    C’est « Tara », 4e couplet).

    39Le lexème Tara employé dans cette strophe ne doit pas du tout être confondu avec son homonyme qui a le même sens que Mbombo. Il désigne ici une marque de cigarettes et l’artiste en profite pour faire la promotion du produit dont le fabriquant sponsorisa les tournées6.

    40Ailleurs, la chanson fait écho à d’autres discours artistiques, journalistiques et politiques, qu’elle réécrit ou réinterprète à sa manière, parfois subversive :

    You want damer, you mimba we
    You want soûler, you mimba we
    You want no’tou, you mimba we
    Ooh mimba we ooh
    Complices, ooh mimba we ooh
    Tara, Ooh mimba we ooh.

    41Ce tout premier couplet qui introduit la chanson peut se lire comme une réécriture du discours journalistique de la presse indépendante renaissante, à la faveur de la relative libéralisation de la parole après 1982, qui se manifeste aussi bien par le dessin de presse que par les articles des journaux comme Le Messager, Le Combattant, et plus tard Challenge Hebdo et La Nouvelle Expression.

    42Ces journaux, tout comme des intellectuels ou même l’homme de la rue, relèvent régulièrement que, avec l’ancien régime, les « mangeurs » (hommes au pouvoir) avaient l’habitude de laisser tomber des miettes dont se contentait le peuple, alors que le credo du nouveau régime, « rigueur et moralisation », semble se traduire, tous les jours un peu plus, par l’éloignement du petit peuple de la table, tandis que d’importantes sommes d’argent sont détournées par les pontes du Renouveau7.

    43Comme le chanteur Prince Eyango, Lapiro qui ne s’arrête pas à la comparaison implicite des deux systèmes demande aux « mangeurs » de penser aussi au peuple : You want damer, you mimba we, etc. La reprise systématique du verbe mimba (« penser ») dans quasiment tous les vers de la strophe marque l’insistance. Les couplets suivants, eux, disent le sentiment d’abandon qu’éprouve le petit peuple et son désir ardent de s’en sortir par les moyens moralement irréprochables (contrairement aux hommes de pouvoir ?) en même temps qu’il implore la mansuétude des dirigeants : We no want problem, tara / We want for ndenbrè / We di fine da so gari / For helep we own family oooh (« Nous ne cherchons pas de problèmes, Tara / Nous voulons nous débrouiller / Nous cherchons seulement la pitance / Pour nourrir nos familles », 3e couplet).

    44Ils décrivent la situation d’extrême misère et de précarité dans laquelle vit le petit peuple :

    Na [my people] that for mboko
    Moua for damer no dé
    Mbourou for pay location sep nothing
    Ngry don make rémé and njanga
    They don dry like échantillons for Ethiopia8
    (« Et voilà mon peuple dans les bidonvilles
    Incapable de se nourrir
    Incapable de payer (ne serait-ce que) le loyer des masures
    La famine a fait des femmes et des enfants des loques
    Dont on a ’découvert’ quelques échantillons en Éthiopie », 7e couplet).

    45Dans tous les cas, le discours de Lapiro de Mbanga reprend ici, dans une large mesure, les discours sociaux contemporains et qui traduisent assez largement le ressentiment d’une population s’estimant flouée par le discours moralisateur du nouveau pouvoir ou, à tout le moins, marque un scepticisme croissant vis-à-vis des intentions réelles de ce pouvoir.

    46Un couplet comme celui qui suit traduit la rumeur selon laquelle la prison camerounaise est remplie d’innocents ou d’hommes, de femmes et même d’enfants qui n’ont commis que des délits mineurs, alors que les plus grands criminels sont libres et parfois occupent des fonctions en vue :

    Whose side wou go nang ééé ?
    Wou no want diko
    Wou no want go for ngata
    Wou want da so for ndembrè
    I beg, mimba we ooh
    (« Chez qui allons-nous coucher ?
    Nous ne voulons pas mourir
    Nous ne voulons par aller en prison
    Nous voulons seulement nous débrouiller
    Je vous en prie, pensez aussi à nous », 2e couplet).

    47La presse indépendante se fait très souvent l’écho de ces situations paradoxales dans un pays qui dit avoir rompu avec la corruption et avoir fait de la justice sociale l’un de ses chevaux de bataille. La littérature écrite, aussi bien en anglais qu’en français, s’en inspire largement comme on peut aisément le constater dans les romans de Mongo Beti ou les pièces de Bate Besong, etc.

    48Dans le même temps, un chanteur comme Ndedi Eyango et son groupe « Les Montagnards » de Nkongsamba, ville située dans le même département du Mungo que Banga, ne disent pas autre chose dans Patou :

    Innocents en prison,
    Où est la liberté
    Eyooh

    3. Références à l’actualité et force de la critique politique

    49L’actualité nationale et internationale contemporaine de Mimba wi est bien présente :

    Mola !
    No be da so for secteur for Peter Botha way he bad èè.
    Moua no day for Ngola
    Répé for side for Hippodrome don break caisse.
    Yes, Jacques Chirac for Ngola don comot corrigé for ultimatum
    He say my people they must damer stone
    He say sauveteurs must nyong
    Them di poum na my people na side by side
    Na them that for mboko
    Moua for damer no dé

    50Le système camerounais est comparé à l’apartheid (l’Afrique du Sud vit encore en 1989 sous ce régime) ; alors que le délégué du Gouvernement (sorte de « super-maire ») de la capitale camerounaise est présenté comme un héritier du sinistre Balthasar Johannes Vorster. Jacques Chirac, est alors le maire de Paris et Basile Emah celui de Ngola (Yaoundé).

    51Ce dernier prend la décision, en cette période où le Cameroun entre officiellement dans la crise économique, d’interdire les petits métiers dont la vente à la sauvette. Les « sauveteurs » sont ainsi pourchassés, arrêtés et parfois brutalisés par les agents communaux et la police. Leurs affaires sont confisquées et leurs installations précaires détruites sans ménagement, dans les divers marchés de la capitale par les engins de la communauté urbaine, tandis que M. le Maire dit ne pas avoir assez de fonds pour acheter le carburant afin d’alimenter lesdits engins pour entretenir une voirie à l’abandon depuis des années.

    52Le discours de Lapiro de Mbanga critique cette attitude du maire qui consiste à combattre la pauvreté en éliminant le pauvre. Ainsi s’explique, le parallèle établi entre Yaoundé et Paris, et entre le régime camerounais et le régime d’apartheid. On a vu plus haut l’allusion à l’Éthiopie révolutionnaire et aux populations affamées (7e couplet).

    53Mimba wi devient subversif au sens des ordonnances présidentielles de 19669 (encore en vigueur alors10) quand le chanteur entreprend de réécrire des discours de la plus haute autorité de la République, ce qu’aucun leader d’opinion avant lui ne s’était permis, pas même les journalistes de la presse privée dont le courage ne pouvait être mis en doute.

    54Ce texte de Lapiro de Mbanga, comme les autres du même album et des albums précédents mobilise la réécriture du discours politique dominant pour interroger les relations entre ce dernier et la réalité vécue des citoyens :

    Yes,
    Austétérité : that be say (n)dollar no must change foot
    Whose side wou own espoir now ?
    Me I di mimba say na time any man must ndengwè
    For he own secteur for say we tum na that crise économique
    Way he don put all man à genou !
    Intégration nationale na wé thing now ?
    Na say they must raffale other people
    Or na say all we must put hand
    Say we helep we don grand for Etoudi for boulot ?
    (9e couplet).

    55Les mots et expressions « austérité », « espoir », « intégration nationale », etc. sont extrêmement récurrents dans le discours même du président de la République (Biya, 1983). « Austérité » revient régulièrement dans le discours de Paul Biya, depuis son discours à la deuxième session de l’Assemblée nationale de 1987 où il l’emploie, pour la première fois, afin d’indiquer l’attitude à adopter pour sortir le pays de la crise économique où, selon le mot même du chef de l’État, il venait d’entrer. « Espoir » est le maître mot du discours de fin d’année 1988 où le président pronostique que la nouvelle année 1989 serait « l’année de l’espoir ».

    56Quant à « intégration nationale », l’expression est prononcée systématiquement dans tous les discours à la nation, elle fonctionne comme une formule incantatoire et désigne, selon la définition même du président Biya, « le stade supérieur de « l’unité nationale »11.

    57Pour le petit peuple et des intellectuels des deux bords du Mungo (la limite géographique des deux Cameroun francophone et anglophone) que relaye la presse indépendante, tout comme pour Mimba wi, ces credo apparaissent en réalité comme des « valeurs dévoyées » (Le Messager, 9 juin 1994, p. 4).

    Sauvetage na boulot way he no get compression du personnel12
    For sauvetage, il n’est pas de concours.
    (« Pour entrer dans la profession, point n’est besoin de passer un concours »13)
    D’ailleurs sep, njo’o Pajero and njo’o Mercedes don bolè from
    (« D’ailleurs, même les Pajero et les Mercedes14 de service ont disparu »)

    Conclusion

    58Grâce à un dialogue permanent avec les autres discours, Mimba wi interroge, entre autres, les discours politiques et leur habile prestidigitation. Pour un peuple qui attend sans jamais les voir les effets d’une politique dite de « moralisation » de la vie publique, qui subit l’enfoncement sans « espoir » des plus pauvres dans la misère, et l’enrichissement insolent d’une oligarchie « gloutonne », les slogans et autres formules lénifiantes semblent permettre simplement de mettre sur pied, ce qu’un intellectuel camerounais appellera plus tard, une « démocratie en trompe-l’œil », à l’usage de l’étranger (Kom, 1996, p. 11).

    59Si Mimba wi est emblématique des années 90 et de nombre d’autres productions culturelles populaires du Cameroun, c’est qu’elle manifeste et promeut une identité propre, périurbaine et contestataire, à travers l’hybridation linguistique et le dialogisme discursif. Si elle porte la voix du peuple, c’est en travaillant comme langage esthétique et politique sa « parlure ».

    Bibliographie

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    Format

    Collins, J. (2013). Uncommon Cultures. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203060803
    Fandio, P. (2004). « Comment peut-on être écrivain camerounais ... de langue anglaise ? ». CAIRN. https://doi.org/10.3917/afcul.060.0046
    Fandio, P. (2004). Nouvelles voix et voies nouvelles de la littérature orale camérounaise. OpenEdition. https://doi.org/10.4000/semen.2298
    Ross, A. (2016). No Respect. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203699836
    Swingewood, A. (1977). The Myth of Mass Culture. Macmillan Education UK. https://doi.org/10.1007/978-1-349-15783-9
    Collins, Jim. Uncommon Cultures. []. Routledge, 2013. doi:10.4324/9780203060803.
    Fandio, Pierre. “« Comment Peut-on être écrivain Camerounais . De Langue anglaise ? »”. Africultures. CAIRN, September 1, 2004. doi:10.3917/afcul.060.0046.
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    Ross, Andrew. No Respect. []. Routledge, 2016. doi:10.4324/9780203699836.
    Swingewood, Alan. The Myth of Mass Culture. []. Macmillan Education UK, 1977. doi:10.1007/978-1-349-15783-9.
    Collins, Jim. Uncommon Cultures. [], Routledge, 2013. Crossref, https://doi.org/10.4324/9780203060803.
    Fandio, Pierre. “« Comment Peut-on être écrivain Camerounais . De Langue anglaise ? »”. Africultures, n° 60, nos. 3, CAIRN, 1 Sept. 2004, pp. 46-54. Crossref, https://doi.org/10.3917/afcul.060.0046.
    Fandio, Pierre. “Nouvelles Voix Et Voies Nouvelles De La littérature Orale camérounaise”. Semen, nos. 18, OpenEdition, 10 Nov. 2004. Crossref, https://doi.org/10.4000/semen.2298.
    Ross, Andrew. No Respect. [], Routledge, 2016. Crossref, https://doi.org/10.4324/9780203699836.
    Swingewood, Alan. The Myth of Mass Culture. [], Macmillan Education UK, 1977. Crossref, https://doi.org/10.1007/978-1-349-15783-9.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    Bibliographie

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    Swingewood A., 1977, The Myth of Mass Culture, London, Macmillan.

    Notes de bas de page

    1 L’itinéraire politique de « l’artiste et leader d’opinion » ne sera pas retracé ici. Pour les développements récents, voir http://imagazinefr.wordpress.com/2008/04/12/cameroun-lapiro-de-mbanga-martyr-de-la-liberté-et%E2%80%A6-apprenti-sorcier/.

    2 Mboko talk et « camfranglais » (mot valise dans lequel on retrouve le « cam » de Cameroun) sont ici utilisés indifféremment pour désigner ce parler caractérisé par l’hybridation et un ancrage sociologique d’origine jeune et urbain.

    3 Extrait de l’Album Toss Tara, piste 1, SL, produit par SONODISC, SD.

    4 La présente analyse fait partie d’un projet de plus grande ampleur sur les arts populaires en post-colonie africaine que je dirige dans le cadre du GRIAD, Groupe de Recherche sur l’Imaginaire de l’Afrique et de la Diaspora.

    5 Il faut ajouter que cette langue est aussi très présente dans les quartiers dits Haoussa des grandes villes du pays comme La Briqueterie à Yaoundé, New Bell à Douala, Quartier Haoussa à Bafoussam, etc.

    6 J’ai traité de ces « liaisons dangereuses » (Fandio, 2004b).

    7 Des milliards en fumée de Ndedi Penda (1996), par exemple, relate les multiples fraudes et malversations qui ont cours au port de Douala, plus encore que sous l’ancien régime. Les anciens barons du régime défunt se sont très rapidement constitué un nouveau réseau de relations dans les divers rouages de l’administration de l’institution, par divers mécanismes : tribalisme, corruption, cooptation politique, concussion, etc. Aussi se livrent-ils impunément, grâce à leurs accointances avec la police, les services de douane et même la justice, aux fraudes de toutes sortes, qui privent le trésor public de milliards de francs tous les mois, au détriment de l’ensemble de la population.

    8 En références aux images terribles qu’une télévision anglaise tourna dans l’Éthiopie « révolutionnaire » au milieu des années quatre-vingt.

    9 Article 1er : « Quiconque aura, par quelque moyen que ce soit, incité à résister à l’application des lois, décrets, règlements ou ordre de l’autorité publique, sera puni d’un emprisonnement de trois ans et d’une amende de 100 000 à 1 000 000 de francs ou de l’une de ces deux peines seulement ».

    10 En 1987 ce motif avait conduit des universitaires et journalistes camerounais dans les geôles de la police politique (Ndachi Tagne, 1987).

    11 Cette dernière expression a été, pendant un quart de siècle, le leitmotiv d’Ahmadou Ahidjo, premier président du Cameroun (jusqu’en 1982). C’est d’ailleurs fort du passage du pays avec succès du stade d’une nation réunie en 1961 (République Fédérale du Cameroun) à une nation « unifiée » en 1972 (République Unie du Cameroun) par des référendums populaires que le président Biya décide de changer le nom de l’État de République Unie du Cameroun en République du Cameroun, en 1984, deux ans après son accession au pouvoir.

    12 Contrairement au secteur formel privé, parastatal ou même étatique qui licencient ou mettent à la retraite anticipée les travailleurs afin de « lutter contre la crise économique ».

    13 Les concours publics sont entachés par la corruption.

    14 Afin de réduire le train de vie de l’État, les pouvoirs publics avaient alors supprimé les véhicules de fonction à de nombreux postes de l’administration.

    Auteur

    • Pierre Fandio

      LACUSO/LASELDI, Université de Buea, Cameroun

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    2 Mboko talk et « camfranglais » (mot valise dans lequel on retrouve le « cam » de Cameroun) sont ici utilisés indifféremment pour désigner ce parler caractérisé par l’hybridation et un ancrage sociologique d’origine jeune et urbain.

    3 Extrait de l’Album Toss Tara, piste 1, SL, produit par SONODISC, SD.

    4 La présente analyse fait partie d’un projet de plus grande ampleur sur les arts populaires en post-colonie africaine que je dirige dans le cadre du GRIAD, Groupe de Recherche sur l’Imaginaire de l’Afrique et de la Diaspora.

    5 Il faut ajouter que cette langue est aussi très présente dans les quartiers dits Haoussa des grandes villes du pays comme La Briqueterie à Yaoundé, New Bell à Douala, Quartier Haoussa à Bafoussam, etc.

    6 J’ai traité de ces « liaisons dangereuses » (Fandio, 2004b).

    7 Des milliards en fumée de Ndedi Penda (1996), par exemple, relate les multiples fraudes et malversations qui ont cours au port de Douala, plus encore que sous l’ancien régime. Les anciens barons du régime défunt se sont très rapidement constitué un nouveau réseau de relations dans les divers rouages de l’administration de l’institution, par divers mécanismes : tribalisme, corruption, cooptation politique, concussion, etc. Aussi se livrent-ils impunément, grâce à leurs accointances avec la police, les services de douane et même la justice, aux fraudes de toutes sortes, qui privent le trésor public de milliards de francs tous les mois, au détriment de l’ensemble de la population.

    8 En références aux images terribles qu’une télévision anglaise tourna dans l’Éthiopie « révolutionnaire » au milieu des années quatre-vingt.

    9 Article 1er : « Quiconque aura, par quelque moyen que ce soit, incité à résister à l’application des lois, décrets, règlements ou ordre de l’autorité publique, sera puni d’un emprisonnement de trois ans et d’une amende de 100 000 à 1 000 000 de francs ou de l’une de ces deux peines seulement ».

    10 En 1987 ce motif avait conduit des universitaires et journalistes camerounais dans les geôles de la police politique (Ndachi Tagne, 1987).

    11 Cette dernière expression a été, pendant un quart de siècle, le leitmotiv d’Ahmadou Ahidjo, premier président du Cameroun (jusqu’en 1982). C’est d’ailleurs fort du passage du pays avec succès du stade d’une nation réunie en 1961 (République Fédérale du Cameroun) à une nation « unifiée » en 1972 (République Unie du Cameroun) par des référendums populaires que le président Biya décide de changer le nom de l’État de République Unie du Cameroun en République du Cameroun, en 1984, deux ans après son accession au pouvoir.

    12 Contrairement au secteur formel privé, parastatal ou même étatique qui licencient ou mettent à la retraite anticipée les travailleurs afin de « lutter contre la crise économique ».

    13 Les concours publics sont entachés par la corruption.

    14 Afin de réduire le train de vie de l’État, les pouvoirs publics avaient alors supprimé les véhicules de fonction à de nombreux postes de l’administration.

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    Fandio, Pierre. « 18. Chanson populaire et identité postcoloniale : une lecture de Mimba wi de Lapiro de Mbanga Ndinga Man du Cameroun ». In Discours d’Afrique, édité par Alpha Ousmane Barry. Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté, 2009. doi:10.4000/books.pufc.25102.
    Fandio, Pierre. « 18. Chanson populaire et identité postcoloniale : une lecture de Mimba wi de Lapiro de Mbanga Ndinga Man du Cameroun ». Discours d’Afrique, édité par Alpha Ousmane Barry, Presses universitaires de Franche-Comté, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pufc.25102.

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    Barry, A. O. (éd.). (2009). Discours d’Afrique. Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté. https://doi.org/10.4000/books.pufc.24902
    Barry, Alpha Ousmane, éd. Discours d’Afrique. Besançon: Presses universitaires de Franche-Comté, 2009. doi:10.4000/books.pufc.24902.
    Barry, Alpha Ousmane, éditeur. Discours d’Afrique. Presses universitaires de Franche-Comté, 2009, https://doi.org/10.4000/books.pufc.24902.
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