Préambule : De l’utilisation de l’histoire
p. 23-24
Extrait
1Aucune analyse de conflit ne peut faire l’impasse sur un retour historique pour comprendre les raisons de l’éclatement. La difficulté réside dans la délimitation des bornes chronologiques à mettre en place pour valider l’explication. Dans le cas des conflits gelés de l’espace postsoviétique, cette définition chronologique est d’autant plus difficile à proposer que les belligérants ont une interprétation hautement politisée de leur histoire. Dans ce cas, la recherche historique n’est pas conçue comme un outil d’analyse mais comme un véritable instrument de justification. Chacun puise dans le passé les arguments pour légitimer les revendications du présent. Ainsi, les Arméniens n’hésitent pas à remonter à l’Antiquité pour affirmer le caractère arménien millénaire du Karabakh. La région est consubstantielle à l’identité arménienne puisque, selon la légende, c’est au Karabakh (appelé Artsakh par les Arméniens) que la nation arménienne prend sa source
21. Les Azéris, eux, n’ont de
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