1 G. Avanzini, M. Ferrero, « Contribution à une comparaison entre les techniques Freinet et les méthodes traditionnelles d’enseignement », Bulletin de psychologie, 328-XXX, mars-avril 1977, p. 455-467 (le passage cité est situé p. 455).
2 Plusieurs interviewés s’emploient eux-mêmes à démêler les entrelacs : par exemple, ce que l’un d’entre eux dit à propos de ce qu’il appelle « l’apprentissage de la responsabilité » : « Bon, c’est atypique ce que je vais vous dire, mais nous, on venait d’une grande famille qui nous a appris à être responsable, ce n’est pas l’école, l’école ne nous a rien appris sur ce point-là… » (A. G., fils de pêcheur, sept frères et sœurs, scolarité au début des années 1960.)
3 G. Avanzini, « Note critique sur l’ouvrage Freinet, 70 ans après », dans la Revue française de pédagogie, no 127, avril-mai-juin 1999, p. 168-169.
4 J. Mondoloni, Les enfants de Freinet, s.l., Éd. Le temps des cerises, 1996. L’école de Vence est l’école qu’ont créée Célestin et Élise Freinet au milieu des années 1930, après “l’affaire de Saint-Paul”, le déplacement d’office de Célestin Freinet et son départ / exclusion de l’enseignement public.
5 Seize étudiants de licence-maîtrise en Sciences de l’éducation, de l’année universitaire 1995-1996, et trois étudiants de l’année 1996-1997 ont contribué à cette recherche en réalisant la plupart des entretiens : Brigitte Anne, Marie Bicep, Florence Coulon, Catherine Forget, Geneviève Grandjean, Catherine Gomont, Marie-Dominique Guyon, Jean-Marc Hocine, Sabrina Joret, Christelle Lebailly, Delphine Le Naour, Sébastien Lechartier, Martine Lechevallier, Nadine Maga, Chantal Mancel, Olivier Marc, Véronique Mauger, Colette Rémy, Bérangère Utratny.
6 H. Peyronie, Célestin Freinet : pédagogie et émancipation, Paris, Hachette, 1999.
7 La durée la plus courte est d’une année, la durée la plus longue est de cinq années (soit l’ensemble de la scolarité primaire). Pendant ces années, c’est la totalité du temps scolaire qui a été vécue avec l’instituteur ou avec l’institutrice Freinet.
8 Cela a été le cas, pendant quelques années, à l’école de Genêts dans le département de la Manche : nous avons interviewé trois anciens élèves de cette école (mais leur scolarité s’est déroulée avant que cette école ne fonctionne en “classe unique”).
9 Mais ce cas de figure est en voie de disparition, ou a déjà disparu. Dans le Calvados, il est arrivé – une fois seulement – que plusieurs instituteurs se regroupent dans une école à quatre ou cinq classes : dans les années 1960 et 1970, plusieurs instituteurs Freinet enseignèrent ensemble dans le village minier de Rocquancourt ; l’école était devenue – de fait – un pôle de référence. Cf. par exemple cet extrait d’une lettre de C. Freinet à G. Barrier, du 30 décembre 1965 : « Merci de me présenter ainsi, sous leur vrai jour, tous vos bons collaborateurs. Je sais que c’est parce qu’il y a ainsi, dans les départements, tant de camarades dévoués, mais trop discrets que nous sommes une force. […] Il serait bon par exemple que nous connaissions mieux l’École des Dumont à Rocquancourt pour montrer que de telles réussites sont aujourd’hui possibles ».
10 Élise Freinet cite le nom de “Porquiet” parmi “les premiers délégués départementaux” de la Coopérative de l’enseignement laïc, en 1937-1938, pour le Calvados : « Dans l’attente du nouveau Plan d’Études Français, voilà donc la CEL à pied d’œuvre. Dans chaque département des camarades dévoués représentent effectivement la CEL. Ils sont les propagandistes des techniques et aussi les administrateurs qui servent souvent d’intermédiaire entre les adhérents et l’organisation centrale », Naissance d’une pédagogie populaire, p. 327 dans l’édition originale de 1949, Éditions de l’École moderne française, p. 287 dans l’édition de 1978, chez Maspero).
11 Raymond Porquiet sera la premier maire communiste de la commune de Fleury-sur-Orne, dans la banlieue de Caen, après la guerre ; cf. G. Calmus-Separi, Vers un dictionnaire biographique des militants du mouvement Freinet du Calvados, mémoire de maîtrise de Sciences de l’éducation, Université de Caen Basse-Normandie, 2000, s.d. H. Peyronie (dactyl.).
12 V. Isambert-Jamati, « Types de pédagogie du français et différenciation sociale des résultats », in Les savoirs scolaires. Enjeux sociaux des contenus d'enseignement et de leurs réformes, Paris, Éd. universitaires, 1990.
13 Le groupe scolaire Henri Sellier, inauguré en 1934, regroupait des classes maternelles et primaires, ainsi que le Cours Complémentaire mixte (soit environ 400 élèves). Ce groupe avait était construit dans le parc du château de Colombelles (ce bâtiment détruit en 1944, abritait alors les logements de fonction des instituteurs et quelques salles pour l’école) [d’après le travail de licence de M. Lechevallier et N. Maga : Souvenirs d’un cours complémentaire et de ses effets, 1996].
14 L. Demailly, « Contribution à une sociologie des pratiques pédagogiques », Revue française de sociologie, XXV, 1984, p. 96-119.
15 D’autres professeurs sont évoqués, mais moins régulièrement : une professeur de mathématiques, un professeur d’histoire-géographie, une professeur d’espagnol.
16 La situation d’interconnaissance est très forte dans “la Baie”. L’étudiant qui réalise l’entretien, lui-même originaire du lieu, s’inclut volontiers dans ce réseau…
17 La suite de l’entretien revient sur cette formule « On était très mauvais en français ». Jocelyne explique : « C’est dû surtout à l’orthographe ; enfin je pense qu’il avait complètement raison quelque part parce qu’il attachait beaucoup plus d’importance aux tournures de phrases, à la liberté avec laquelle on s’exprimait, plutôt qu’à la façon dont on transcrivait. Il était plus pour la liberté de… il essayait de nous laisser faire un peu ce qu’on voulait dans ce domaine-là […] mais il fallait surtout que ça te ressemble. […] Je me suis pris des zéros en orthographe jusqu’en 5e, mais ça ne m’a pas empêchée, une fois en 3e, de ne plus en faire une seule faute d’orthographe, parce que ça, ça dépend un peu de toi aussi ».
18 L’idée « qu’on pouvait bouger » dans la classe Freinet revient plusieurs fois dans ces entretiens. On rappellera à ce propos qu’une des représentations de “l’École active” était qu’on y était actif parce qu’on “bougeait”. Mais peut-être ce faux sens dans l’ordre des idées pédagogiques est-il induit par une observation de bon sens ?
19 Cf. Ph. Perrenoud, « Le go-between : entre sa famille et l’école, l’enfant messager et message », in Métier d’élève et sens du travail scolaire, Paris, ESF, 1994, p. 75-98.
20 « L’affaire de Saint-Paul », avec les Freinet, est bien sûr une sorte de matrice de ce type de conflit. Le collège de Douvres a connu lui-aussi une “affaire” importante en 1971 puisque, dans le contexte de guérilla idéologique post-soixante-huit dans le monde scolaire, le conflit a pris une résonance nationale : un texte libre d’élève fut le déclencheur de cette crise (cf., un peu plus loin, l’extrait de l’entretien avec J. R. R., l’auteur de ce texte libre. Cf. aussi G. Calmus-Sépari, « L’affaire du collège de Douvres », in Vers un dictionnaire biographique…, p. 199-228).
21 « Notation anecdotique ? J’ai été frappé, pour ma part, par la cour de “récréation” de cette école : dans un grand espace, très peu d’élèves, tous habillés de bleu (bleu des treillis pour les cours d’atelier ; bleu des blouses pour les cours généraux). À l’heure de reprise des cours, la centaine d’élèves de l’École technique s’alignent en rangs silencieux, qui ne se déplacent pas autrement qu’en longeant la périphérie du quadrilatère vide de la cour. Processions bleues, guidées par les quelques taches blanches des blouses de professeurs, rasant silencieusement les murs qui bornent cet espace désert qu’on contourne sans le franchir. Brève vision de science-fiction », H. Peyronie, Un professeur de philo à l’usine, p. 107.
22 « On cherche à lier l’école avec les familles. On fait fabriquer des objets pour la Fête des mères. […] Nous sommes une grande famille [déclare un professeur de l’école] », H. Peyronie, ibid., p. 108. Les catégories « domestique, familial et civique » appliquées au monde scolaire sont empruntées à Jean-Louis Derouet, École et justice, 1992.
23 Voir dans l’article précédent « La Pédagogie Freinet, une pédagogie pour les enfants des nouvelles classes moyennes ou une pédagogie alternative en milieu populaire ? », l’entretien avec Mme D. [1986] : « Le vieux Rocquancourt, quelques paysans : neuf fermes de la Plaine de Caen, et les ouvriers, mineurs du fer, tous immigrés des années 1920 après la guerre 14-18 : Sardes, Italiens, Polonais en particulier. La fermeture de la mine sera un moment très dur. Notre implication sera maximum : repas aux enfants, collectes, cours du soir pour examens vers d’autres voies. Moments de rapports chaleureux avec les ouvriers concernés… »
24 J. Vial, « Pédagogie Freinet : pédagogie du travail, de l’aléatoire et de la dédicace », in Freinet, 70 ans après. Une pédagogie du travail et de la dédicace ?, p. 15.