Chaleur locale, réchauffement global
p. 121-126
Résumés
Dans le paysage littéraire actuel, il semble que les nouvelles formes de littérature trouvent leurs origines dans des situations postcoloniales : l’Amérique latine, l’Inde, l’Afrique. La « centrality of margins » dont parlait Borges s’applique également dans le Nord de l’Europe, où la meilleure littérature narrative moderne est écrite en Islande, aux îles Féroé et en Finlande. Dans un autre pays périphérique comme la Norvège, le développement économique était basé sur des ressources naturelles comme l’électricité hydraulique, le poisson, le pétrole et le gaz. Le processus même de modernisation est venu des périphéries, où les ressources susmentionnées étaient exploitées. À de nombreux égards, ceci explique les forces d’anticentralisation qui s’expriment dans la vie politique norvégienne, ainsi que le refus populaire d’une entrée dans l’Union européenne.
In world literature today the most advanced fiction seems to stem from post-colonial conditions: Latin America, India, Africa. This “centrality of margins” underlined by Borges might also be applicable to the north of Europe, where some of the best modern narrative is written in Iceland, in the Faroes, and in Finland. In another marginal country like Norway, economic development was based on natural resources like water power, fish, oil and gas. The whole process of modernisation therefore came first from the periphery, where these resources were found. In many ways this explains the strong anti-centralising forces in Norwegian politics, and the widespread rejection of the idea of EU membership.
Note de l’éditeur
Traduit du norvégien par Sophie Bentot et Håvard Astrup Bakke.
Texte intégral
1Dans le paysage littéraire actuel, il semble que les nouvelles formes de littérature trouvent leurs origines dans des situations postcoloniales, aussi bien géographiquement que socialement. Vu de l’Occident, il semble que la prose la plus vivante vienne des périphéries, aussi bien sur une carte du monde que dans la société. On pense surtout à l’Amérique du Sud, et au boom de la génération dernière, avec des noms tels que García Márquez, Cortázar, et Borges, qui parlait de ce qu’on nomme « the centrality of margins ». Plus tard, d’autres continents avec ce même passé colonialiste se sont imposés sur la scène littéraire. On pense ainsi à l’Afrique et l’Inde. En français, mais aussi en anglais, la prose a été sauvée par des auteurs originaires des ex-colonies, Salman Rushdie et Amin Maalouf en sont des exemples célèbres. Le dernier lauréat germanophone du Prix Nobel de littérature est d’origine roumaine.
2Si l’on rétrécit l’échelle, on peut voir le même essor littéraire dans des pays au passé colonial, car il est permis de soutenir que la littérature en Finlande, en Islande et dans les îles Féroé se porte relativement mieux que dans les anciennes grandes puissances régionales que sont le Danemark et la Suède. Je parle ici d’auteurs tels que Laxness, Heinesen et Linna. Ma modestie m’empêche de parler de la Norvège à cet égard, mais il est difficile de ne pas mentionner le fait que l’art du récit norvégien se porte bien depuis quelques décennies. On peut penser qu’une situation postcoloniale crée un climat culturel propice à une littérature créative, novatrice.
3En Islande, un écrivain tel qu’Einar Már Gudmundsson est devenu un important critique populaire du néo-libéralisme, ce qui indique que, dans ce pays, la littérature n’est pas devenue une sous-culture, comme dans d’autres pays scandinaves.
4Lors des référendums portant sur l’entrée dans l’Union européenne, la Norvège a choisi de se démarquer du Danemark, de la Suède et de la Finlande. Tout comme les syndicats, les ouvriers du pétrole norvégiens étaient contre. En revanche, la presse, « le parti des médias », était pour, et a dénigré les arguments des foreurs en les comparant à ceux d’une association appelée « Blondes contre l’UE ». Tant d’un point de vue économique que politique, il y a tout de même plus que la couleur des cheveux qui sépare la Norvège du reste de l’Europe. Contrairement à l’Union européenne, la Norvège est un grand exportateur de gaz et de pétrole. Un prix du pétrole élevé est excellent pour l’économie norvégienne, désastreux pour tous les autres pays. Sur cette question précise, les intérêts de la Norvège et ceux du reste de l’Europe sont absolument contraires. Le contrôle démocratique des revenus du pétrole a également protégé la Norvège des pires conséquences de la crise financière. C’est, dans ce contexte, la gestion démocratique et autonome des ressources qui a été décisive. On observe la même situation en ce qui concerne la pêche et d’autres ressources naturelles, comme l’hydroélectricité. En Norvège, l’autonomie par rapport à l’Union européenne a limité les dégâts du capitalisme. En effet, le système de l’Union européenne est considéré comme un cadre constitutionnel pour la domination du capital financier sur le capital réel, c’est-à-dire précisément le système politique qui a plongé les économies développées dans une crise grave. La plupart des Norvégiens partagent cette vision-là. Lors des dernières enquêtes d’opinion, les deux tiers des électeurs restaient contre l’entrée dans l’Union européenne, et seulement 20 % y étaient favorables. Et cette répartition semble prendre racine, en dérivant même vers une attitude anti-Union européenne.
5Finalement, les eurosceptiques sont majoritaires dans tous les partis, à l’exception du parti conservateur (Høyre). Dans « le parti des médias », on parle à voix plus basse, mais on est encore plus à l’unisson qu’auparavant. L’une des caractéristiques remarquables de la vie politique norvégienne est que les grands médias capitalistes n’ont pas été capables d’influencer l’opinion populaire sur ce point. Ceci peut être dû au manque de crédibilité des médias norvégiens, et à la force toujours intacte des contre-cultures. Il s’agit plus probablement d’une combinaison des deux.
6En Norvège aussi, la culture industrielle a été remplacée par l’industrie culturelle. La roue de la Fortune a remplacé les rouages des machines en tant que force motrice de l’économie. On observe un conflit politique entre un centre désindustrialisé et une périphérie productive.
7Le néo-libéralisme n’est certes pas une catastrophe naturelle, mais il frappe de façon aussi impitoyable sinon aveugle qu’un coup de grisou ou une marée noire. Les analyses des origines de la dernière crise du capitalisme ont été nombreuses ; l’une des plus claires et des premières à avoir été formulées est celle de l’historien Eric Hobsbawm. En voici la version courte : les régimes soviétiques en Europe de l’Est ont été en général un triste fiasco dans les pays concernés, mais en tant que défi politique, menace militaire, ou, de plus en plus à la marge, en tant qu’idéal séduisant, le « réal-socialisme » (socialisme réel) était tout de même l’une des conditions nécessaires au compromis de classe historique qu’on a trouvé dans l’Occident, et notamment en Scandinavie.
8Pendant presque deux décennies après la chute du Mur, cette thèse de L’âge des extrêmes1 avait disparu des médias dans l’Occident. L’Union soviétique avait implosé en précipitant avec elle tout ce qui faisait penser au socialisme dans la poubelle de l’Histoire. Le progrès dans les républiques populaires de Chine et du Viêtnam était une conséquence du fait qu’elles avaient introduit le « capitalisme », et ce n’était pas dû au fait que l’économie était contrôlée par l’État (énergie, métallurgie, armement, télécommunication). Dans ces pays, l’importance et le rôle du secteur de l’État dans l’économie sont beaucoup plus grands que dans les économies capitalistes.
9En Occident, la croissance économique s’est arrêtée, les différences sociales sont donc plus importantes, les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et les riches s’enrichissent d’une façon de plus en plus ostensible. Dans les pays riches, la production industrielle est délocalisée dans des usines chinoises, indonésiennes et brésiliennes. Ce fait alimente le mythe selon lequel la société industrielle et la classe ouvrière ont disparu. Des chiffres de l’ILO (International Labour Organization / Organisation internationale du travail) montrent en revanche qu’il n’y a jamais eu tant d’ouvriers industriels dans le monde qu’aujourd’hui. L’historien Perry Anderson le dit d’une façon encore plus claire :
La main-d’œuvre à la disposition du capital a augmenté à une vitesse jamais vue auparavant […]. Ce doublement de la classe ouvrière dans le monde, atteignant trois milliards en l’espace de quelques années et ce, dans des conditions de travail aussi dures qu’au début du XXe siècle, est le changement structurel le plus important de la période [de 1990 jusqu’à aujourd’hui]2.
Eric Hobsbawm a considéré tout cela en relation avec l’effondrement de l’Union soviétique et la disparition du socialisme en tant que force politique et horizon utopique. Après la crise financière de 2008, ce courant de pensée auparavant décrié a été plus reconnu. Dans le numéro du 29 avril 2010 de The New York Review of Books, Benjamin M. Friedman critique de manière très élogieuse le livre I.O.U. : Why Everyone Owes Everyone and No One Can Pay, qui venait d’être publié par Simon and Schuster à New York. Dans cet ouvrage, l’écrivain britannique John Lanchester écrit que la condition qui a précipité la crise du capitalisme était l’effondrement du communisme international et notamment le naufrage de l’Union soviétique :
Le fait que le secteur financier ait pu éviter toute forme de contrôle n’a pas été possible grâce au vide ambiant mais plutôt grâce au climat créé par la victoire incontestée du système capitaliste qui était une hégémonie idéologique jamais vue auparavant3.
En accord avec Hobsbawm, Lanchester affirme que la victoire de l’Occident sur le communisme a levé les derniers obstacles qui pouvaient contenir le capitalisme. Depuis la chute du Mur, il n’était plus nécessaire de cacher les côtés sombres du capitalisme débridé ; les différences sociales qui se creusaient et les extravagances des plus riches n’étaient plus considérées comme un problème.
Les bons avaient gagné, le concours de beauté était fini, et les décennies du progrès de l’égalité et du droit individuel ont pris fin dans l’Occident. Le mur est tombé et les gouvernements occidentaux ont commencé à laisser tomber en même temps les idéaux de justice sociale qui avaient prévalu dans le projet de l’après-guerre4.
Sans frein, le capital financier pouvait se détacher des contraintes sociales et d’ordre « réal-économique » pour se lancer dans la spéculation et mener une grande partie de la population du monde à la misère. Dans les pays nordiques, c’est surtout l’Islande qui en a amèrement subi les conséquences.
10L’opposition entre le centre et la périphérie a été une ligne de conflit importante dans l’histoire de la Norvège. Le trait caractéristique de l’industrialisation de la Norvège réside dans le fait qu’elle est née dans les régions excentrées. En effet, l’industrialisation au début du XXe siècle était fondée sur l’exploitation de l’hydroélectricité pour produire de l’énergie, hydroélectricité particulièrement facile à exploiter sur la côte ouest de la Norvège, très arrosée. À l’époque, il était techniquement impossible de transporter de l’énergie électrique sur de longues distances, et les usines se sont donc construites à proximité des centrales électriques. Ainsi, des sociétés rurales reculées ont été reliées directement à l’économie mondiale sans passer par les centres d’influence au niveau national. Finalement, la modernité norvégienne s’est établie dans des petits foyers industriels dans ces régions géographiquement excentrées. Par la sidérurgie et l’industrie lourde, ces sociétés étaient très exposées aux fluctuations conjoncturelles directement liées à l’économie mondiale globalisée, avant même que ce mot n’existe.
11Si ces petites villes industrielles d’alors étaient excentrées, les plates-formes pétrolières d’aujourd’hui ne sont pas seulement à la périphérie, elles se trouvent en effet en dehors de la périphérie, « offshore » comme on dit. En partant des bases d’hélicoptères de Stavanger et de Bergen, on rejoint les plates-formes en une demi-heure seulement. Malgré cela, les plates-formes pétrolières de la mer du Nord sont tout de même des territoires fermés et relativement inaccessibles. J’ai été une fois invité là-bas par les syndicats des travailleurs du pétrole, dans le gisement pétrolier d’Oseberg. Mais ce n’était pas pour faire de la propagande politique. C’était un jour d’automne gris avec de forts coups de vent orientés nord-ouest. Nous portions des combinaisons de survie orange et des casques antibruit qui diffusaient de la musique pop. Ensuite est apparue la flamme de gaz brûlant dans la mer du Nord et enfin la plate-forme, tel un couteau dans la mer, reliée au réseau sous-marin dans lequel coule le sang noir de la société industrielle.
12Sous les bourrasques et le souffle des pales, la passerelle de la zone d’atterrissage de l’hélicoptère ressemblait à l’entrée d’une usine industrielle. Après cela, un escalator nous a conduits à l’entrée d’un nouveau monde. Tout à coup, c’était comme si nous arrivions à l’accueil d’un hôtel business class très cher, noir et brillant, tout de chrome et d’acier. Des œuvres d’art d’artistes contemporains décoraient les murs sans aucune trace d’huile, de crasse, de labeur. Les cabines étaient exiguës et spartiates, mais chacune dotée d’œuvres graphiques d’artistes norvégiens contemporains. Le mur au-dessus de ma couchette était orné d’une gravure de l’artiste sami Iver Joks.
13Le même soir, j’ai lu mes propres textes et des traductions de Pablo Neruda et de Tony Harrison dans la salle de cinéma de la plate-forme. Les foreurs travaillent en fait deux semaines pour quatre semaines de repos. Pendant les deux semaines sur la plate-forme, ils alternent 12 heures de travail et 12 heures de repos. J’ai fait la lecture pour les ingénieurs et surtout pour les femmes qui travaillaient là et qui s’étaient apprêtées pour l’occasion ; elles écoutaient avec un vif intérêt. Dehors, peu à peu, le vent s’est transformé en tempête, alors que nous avions à peine perçu un tremblement au niveau du sol accompagné d’un crissement dans la structure du bâtiment. Après la lecture, nous avons joué au ping-pong dans le gymnase qui ressemblait à un hangar. Le leader du syndicat m’a battu et je crois que j’ai été un mauvais perdant : j’ai prétexté que l’ouragan avait certainement donné à la balle de ping-pong un spin très difficile à prévoir pour quelqu’un qui n’a pas le pied marin…
14Au milieu des années 1980, Hans Magnus Enzensberger a sorti un livre de reportages couvrant un grand nombre de pays européens différents et il en a profité pour se rendre en Norvège5. Sa description du pays comme un mélange entre un musée du passé et un laboratoire de l’avenir est encore plus pertinente aujourd’hui qu’à l’époque.
15Le Norvégien modèle d’aujourd’hui est à la fois un technocrate pointu dans l’industrie du pétrole et un rustique éleveur de moutons. Un authentique paysan attaché à sa terre peut se trouver le lendemain vêtu du costume lisse du commercial à l’aéroport de Stavanger, attendant un vol privé qui va l’amener à Houston, Texas, ou à de nouveaux gisements pétroliers en Libye ou en Iran. Un soudeur sur le pont A ou B de la plate-forme pétrolière d’Oseberg réussira à organiser son travail afin de vivre une moitié de sa vie en tant que paysan. Un foreur creusant les couches géologiques sous la mer peut se trouver en train de battre l’herbe pour ses moutons avec une faux à l’ancienne, au milieu des prairies. À l’aide des technologies de pointe, ce Norvégien d’aujourd’hui produit le temps nouveau qui lui permet de perpétuer un mode de vie à l’ancienne. À l’aide de la fortune pétrolière, il peut acquérir ce qui ne peut être acheté avec de l’argent. Cette intemporalité radicale qui se retrouve dans tous les pays nordiques est en Norvège incarnée par la même personne, celui qui est gardien de musée dans sa petite exploitation et travailleur de laboratoire du futur dans le Pétrole.
16Dans la façon de parler du quotidien, l’imagination et le réalisme sont souvent considérés comme contradictoires. Mais dans la littérature, l’imagination et le réalisme se rejoignent. Il faut une imagination débridée pour être un réaliste sévère et il faut un réalisme sévère pour écrire de façon fantastique.
17Mais est-ce la vérité ou un mensonge ?
18C’est fugace.
19C’est plus fugace que la fumée.
20C’est plus fugace que l’ombre de la fumée.
21C’est plus fugace que l’ombre de la fumée sur de l’eau qui coule.
22C’est plus fugace que la brume dans le crépuscule par-dessus l’ombre de la fumée sur l’eau qui coule.
23C’est plus fugace que la lumière à travers les brumes dans le crépuscule par-dessus l’ombre de la fumée sur l’eau qui coule.
24C’est plus fugace que ces mots sur la lumière à travers les brumes dans le crépuscule par-dessus l’ombre de la fumée sur l’eau qui coule.
25C’est ainsi.
26Et c’est ainsi que la vérité se dévoile à nous. Elle vient par-dessus l’horizon et monte comme une pleine lune invisible et blanche derrière l’épaisse couche de nuages sur la côte pluvieuse norvégienne. Nous ne la voyons pas. Mais nous savons qu’elle est là et que sa position peut être déterminée poétiquement et littérairement.
27Afin d’écrire la société nordique, il est nécessaire d’écrire de façon à ce que le lecteur se demande ce qui se passe sur la prochaine page et sur celle d’après et sur la dernière page.
28Et sur la dernière page, il ou elle se demande ce qui s’est passé.
29Non, pas dans le livre, pas dans le roman, pas dans la poésie, ni dans l’art.
30Mais ce qui s’est passé avec la classe ouvrière, l’environnement, le climat, l’État-providence, les banques, la fortune pétrolière, la démocratie populaire.
31Avec vous, cher public.
32Avec moi.
33Avec nous.
Notes de bas de page
1 Eric Hobsbawm, Age of Extremes. The Short Twentieth Century, 1914-1991, Londres, M. Joseph, 1994.
2 Perry Anderson, « Jottings on the Conjuncture », New Left Review, no 48, novembre-décembre 2007, p. 29 (nous traduisons).
3 John Lanchester, cité d’après Benjamin M. Friedman, « Two Roads to Our Financial Catastrophe », The New York Review of Books, vol. 57, no 7, 29 avril 2010 (nous traduisons), article en ligne à l’adresse suivante : http://www.nybooks.com/articles/archives/2010/apr/29/two-roads-to-our-financial-catastrophe/.
4 Ibid. (nous traduisons).
5 Hans Magnus Enzensberger, Ach Europa !, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 1987 ; trad. norvégienne, Akk, Europa !, Oslo, Universitetsforlaget, 1987, chap. « Norsk utakt » [1984], p. 169-224.
Auteur
-
Kjartan Fløgstad
Écrivain
Né en 1944 à Sauda, Kjartan Fløgstad est écrivain et habite à Oslo. Ses œuvres récentes sont : Grand Manila (Oslo, Gyldendal, 2006 ; trad. fr. Paris, Stock, 2008) ; Grense Jakobselv (Oslo, Gyldendal, 2009 ; trad. fr. Des hommes ordinaires, Paris, Stock, 2011).
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