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    Plan détaillé Texte intégral L’affreuse découverte ou le choc lors des consultations de médecine scolaire Les prémisses : le centre médico-social scolaire de prophylaxie dentaire (1946) Concevoir le mi-temps pédagogique et sportif entre amis ou comment profiter des crises politiques Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Reconstructions physique et sportive en France sous la IVe République (1946-1958)

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    Table des matières

    Crises et expériences scolaires : le cas de Vanves

    Crises and Experiments in Schools: The Vanves Case

    Sébastien Laffage-Cosnier

    p. 105-122

    Résumés

    Après le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale, la IVe République est une période marquée par l’inflation, la guerre froide ou encore la tourmente politique. Pourtant, à cette époque, le docteur Max Fourestier met en place le mi-temps pédagogique et sportif à l’école Gambetta de Vanves en 1950. Cette expérience est un ensemble de procédés qui articule les activités intellectuelles le matin et les activités physiques l’après-midi. Prolongeant ce qu’il considère comme une œuvre sanitaire et sociale, ce médecin scolaire envoie aussi la première classe de neige organisée au sein de l’école publique pendant un mois, en 1953, au chalet de l’Aurore à La Féclaz. Cette formule à la montagne se généralise rapidement au cours de cette décennie à l’échelon national. Parallèlement à ce mouvement initié en direction des massifs enneigés et à diverses autres expériences, le docteur Max Fourestier met également sur pied une classe de forêt en 1959. La situation de trouble profond dans laquelle se trouve la société française aurait-elle des vertus créatrices ? Le but de cette présentation est de montrer que la crise économique, l’instabilité politique et le désastre social d’après-guerre sont des leviers, presque paradoxaux, de l’émergence d’expériences scolaires porteuses d’espoir. Plus précisément, face à la prostration générale, certaines localités privilégiées et atypiques (ici Vanves) profitent d’un contexte favorable à la prise de risque pédagogique et à la novation scolaire. Finalement, l’enjeu majeur de cette contribution envisage de montrer que dans un tel contexte national et local, les expériences, voire les réformes scolaires, sont particulièrement activées en périodes de crises. Comme l’affirme Edgar Morin, « plus la crise s’approfondit et dure, plus elle suscite une recherche de solutions de plus en plus radicales et fondamentales. La crise a donc toujours un aspect d’éveil » (« Pour une crisologie », Communications, nº 25, 1976, p. 159). Bien évidemment, il conviendra de situer les expériences de Vanves par rapport à un certain héritage de l’entre-deux-guerres et de questionner l’éventuelle rupture de la mise en place de la Ve République.

    After the cataclysm of World War II, the Fourth Republic was marked by a period of inflation, the Cold War and even political upheavals. And yet, at the time, Dr Max Fourestier introduced 50% teaching / 50% sport at the Gambetta school in Vanves, in 1950. This experiment consisted of a range of procedures that grouped intellectual activities in the morning and physical activities in the afternoon. As a school doctor, he decided to extend this measure, which he perceived as having a health and social value; in 1953, he also sent a group of children to the first ski class, organised by a state school, for a month at the “Chalet de l’Aurore” in La Féclaz. This “mountain formula” quickly spread to the national level over the next decade. In parallel to this move towards mountains and snow and other various experiments, Dr Max Fourestier also introduced forest classes in 1959. Could it be that the widespread confusion and uncertainty in which French society found itself had its creative virtues? The goal of this paper is to show that the economic crisis, the political instability and the social havoc in the aftermath of World War II were real key levers, even if almost paradoxically so, in creating and conducting experiments in schools that became beacons of hope for the country. More precisely, in a context of general prostration, a few select and atypical municipalities (Vanves in the present case) enjoyed a favourable environment for taking risks in teaching methods and in introducing innovations. Finally, the main issue at stake in this paper is to try and demonstrate that in such a national and regional context, experiments in schools or even school reforms are usually triggered in times of crisis. As Edgar Morin has remarked, “the more a crisis gets worse and goes on and on, the more it leads to a search for solutions that tend to become more and more radical, more and more fundamental. A crisis always initiates an awakening” (« Pour une crisologie », Communications, nº 25, 1976, p. 159). Of course, the experiments conducted in Vanves need to be seen in the context of a kind of legacy from the inter-war period and of its possible disruption provoked by the establishment of the Fifth Republic.

    Texte intégral L’affreuse découverte ou le choc lors des consultations de médecine scolaire Les prémisses : le centre médico-social scolaire de prophylaxie dentaire (1946) Concevoir le mi-temps pédagogique et sportif entre amis ou comment profiter des crises politiques Conclusion Bibliographie Sources imprimées Études Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Après le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale, s’ouvre une période marquée par une inflation galopante, une tension internationale liée à la guerre froide et des gouvernements dans la tourmente. Les premières années de la IVe République sont ponctuées par des déchirements politiques notables et la « double fracture de 1947 »1, résultante de faiblesses au niveau international (guerre froide et décolonisation) et de difficultés intérieures (rupture du tripartisme). René Rémond consacre un chapitre entier à 1947, intitulé « L’année de toutes les crises »2. Cet après-guerre est synonyme de « crise d’identité culturelle »3 et, plus largement, d’une « crise structurelle de la société française »4. Conjointement à ces brisures institutionnelles, la situation économique est étranglée par une production industrielle et agricole qui redémarre au ralenti, la pénurie et la hausse des prix. Aux conséquences désastreuses de la Seconde Guerre mondiale et des bouleversements sociopolitiques s’ajoutent un déséquilibre alimentaire de toute une nation5 et une altération de la santé des enfants6.

    2Pourtant, dès 1950, le docteur Max Fourestier met en place le mi-temps pédagogique et sportif à l’école Gambetta de Vanves. Cette expérience est un ensemble de procédés qui articule les activités intellectuelles le matin et les activités physiques l’après-midi. Prolongeant ce qu’il considère comme une œuvre sanitaire et sociale, ce médecin scolaire envoie aussi la première classe de neige organisée au sein de l’école publique pendant un mois, en 1953, au chalet de l’Aurore à La Féclaz. Évoluant au cours des décennies suivantes7, cette initiative locale s’étend rapidement à l’échelon national. Elle devient une « innovation institutionnalisée aux multiples développements »8 et une pratique novatrice d’envergure dans le champ de l’éducation physique scolaire du XXe siècle9. Parallèlement à ce mouvement initié en direction des massifs enneigés, le docteur Max Fourestier met également sur pied diverses autres expériences telles que la « classe de sieste » ou la « classe de forêt » en 195910. Le concept du docteur Max Fourestier, présent dans les dictionnaires de référence11, marque incontestablement l’histoire mondiale de l’éducation comme le prouve la diffusion du modèle à l’étranger, notamment en Belgique et au Canada12. La situation de trouble profond dans laquelle se trouve la société française au cours de l’après-guerre aurait-elle des vertus créatrices ?

    3Du latin krisis, le mot « crise » est issu du vocabulaire médical évoquant le moment critique d’une maladie au cours duquel elle peut évoluer aussi bien vers la guérison que vers la mort. Du XVIIe siècle à nos jours, un processus progressif de généralisation et d’extension de l’usage médical de la crise à d’autres sphères (financière, économique, politique, psychologique) s’effectue. À partir du XXe siècle, la crise désigne les moments de rupture, les périodes de bouleversements et l’état de dysfonctionnement d’un système, ponctuellement incapable d’assurer ses fonctions, que cette anomalie résulte de la conjoncture ou bien de ses caractéristiques intrinsèques13. Les historiens s’emparent peu à peu de cette notion14, montrant par la même occasion que les sciences sociales disposent de ressources manifestes pour convoquer ce concept dans toute sa complexité et son épaisseur sociohistorique15. Les sciences humaines et sociales ont, depuis quelques années, développé des recherches et introduit de nouveaux cadres d’analyse susceptibles d’interroger la crise et d’évaluer ses répercussions16. Or, à notre connaissance, mis à part les écrits de Bertrand During articulant le concept de crise avec l’évolution des sports17 ou de l’éducation physique18, aucun travail d’histoire des pratiques corporelles n’appréhende ces relations. Néanmoins, pour comprendre le surgissement de nouveautés en éducation physique et leurs évolutions, il nous semble nécessaire d’étudier ces moments particuliers de crise.

    4Le but de ce chapitre est de montrer que la crise économique, l’instabilité politique et le désastre social d’après-guerre représentent des conjonctures qui permettent l’émergence, presque paradoxale, d’expériences scolaires finalement porteuses d’espoir. Certains théoriciens affirment que le politique renvoie à une fonction de cohésion sociale et de régulation globale auxquelles le pouvoir étatique se consacre spécifiquement19. Lorsque le pouvoir politique étatique est désorganisé, sa fonction régulatrice s’affaiblit. Or, pour Jean-Pierre Cot et Jean-Pierre Mounier, le politique n’est ni limité à l’État, ni au pouvoir20. Ainsi, l’espace abandonné, partiellement et ponctuellement, par l’autorité régalienne laisse la possibilité à certains acteurs d’inventer des formes d’organisation nouvelles qui leur permettent, non pas de choisir entre des scenarii dictés par l’État, mais bien de les concevoir, donc d’être force de propositions21. Les effets conjugués de l’inefficacité du pouvoir étatique et la persistance des douleurs et des souffrances vécues par les élèves facilitent les velléités de transformation et les initiatives des acteurs du système éducatif opportunistes. En d’autres termes, la crise est, indirectement, à l’origine de la démarche du médecin qui esquisse une lecture subpolitique22 de son engagement dans le domaine scolaire. Dit autrement, face à la prostration générale, certaines personnalités atypiques (ici Fourestier), soutenues par leurs localités (ici Vanves), profitent du contexte favorable de la crise pour prendre des risques pédagogiques et soumettre des novations scolaires. Il s’agit donc de montrer que les expériences scolaires (organisationnelles, médicales et sportives) sont particulièrement activées en périodes de crises.

    L’affreuse découverte ou le choc lors des consultations de médecine scolaire

    5Suite à sa mise en congé de médecin auxiliaire de réserve fin 1940, Max Fourestier est nommé à 34 ans au poste de médecin inspecteur du groupe scolaire Gambetta de Vanves en 194123. Pour Max Fourestier, qui a vécu une jeunesse dorée et heureuse dans la demeure parentale de Lunas (Hérault) et une scolarité studieuse et épanouie sur tous les plans, les visites médicales au sein de l’école de Vanves sont un véritable choc. Il fait une affreuse découverte :

    […] en constatant la détérioration physiologique incroyable pour les enfants de la ville dont [il] avai[t] dorénavant mission de surveiller la santé, comme si, à l’école primaire, un mauvais génie s’y donnait pour tâche de mutiler le beau bébé prolongé qui sort généralement de la maternelle, et cela sans aucun avantage intellectuel, voire moral24.

    6Il assiste « de 1941 à 1949 […] impuissant, mais de plus en plus irrité, à un quasi-massacre des enfants par la grande majorité des écoles de France »25. Au cours de l’entre-deux-guerres, la population vanvéenne est laborieuse26. Elle habite dans des logements défectueux des vieux quartiers aux rues insalubres27. Concernant l’état sanitaire, Bouca Echkenazy signale que

    Les maladies les plus fréquentes à Vanves [sont], pour l’enfance, les fièvres éruptives (variole exceptée), la coqueluche et la diphtérie ; chez les adultes, la tuberculose, répandue probablement plus qu’ailleurs en raison de l’industrie du blanchissage du linge28.

    Les conséquences de la Seconde Guerre mondiale amplifient ces difficultés. Pour René Rémond, les pertes humaines sont énormes, les ruines matérielles plus étendues qu’après la Grande Guerre puisque le deuxième conflit est de mouvement29. Comme tous les Français de l’époque, pendant et après la guerre, les petits Vanvéens doivent « survivre »30. Selon Jean-Pierre Rioux, dans les grandes villes, en mars 1945, un enfant sur trois présente des troubles de croissance31. Les plus jeunes passent très difficilement « les années noires »32 et souffrent dans leur chair. Le ravitaillement est une obsession surtout dans les villes33. Les Français vivent « au ras des rutabagas »34. Les cartes d’alimentation sont renouvelées de 1945 à 1949 et les manifestants de la tête du cortège de la grève du 11 mars 1945, à l’appel de la Confédération générale du travail (CGT), brandissent des pancartes « Nos gosses ont faim »35.

    7De la même manière, dès son arrivée à son poste en 1941, Max Fourestier découvre les écoliers vanvéens qui subissent la guerre depuis les bombardements de l’aviation allemande du 3 juin 1940 suite à l’offensive par la banlieue sud-ouest36. Ces assauts causent de sérieux dégâts à Vanves, Issy-les-Moulineaux et Boulogne37, faisant près de trois cents morts parmi les habitants de Vanves38. À partir du 14 juin 1940, les nazis occupent Paris. Comme dans la capitale, les ravitaillements ne tardent pas à devenir insuffisants et les titres de rationnement sont honorés très irrégulièrement à Vanves39. La pénurie et les restrictions s’installent :

    Les magasins sont vides. Le pain, la viande, le lait, les pommes de terre font défaut. On ne trouve plus de quoi manger. Les ménagères s’ingénient à accommoder du rutabaga quand elles en trouvent et même des feuilles d’ortie. On a faim. Dans le métro on ne voit que des gens amaigris qui sans attendre l’heure du repas grignotent le bout de pain qu’ils viennent d’acheter pour leur famille. Au coin des rues on fait la queue pour avoir une misérable crêpe au sarrasin. Les fumeurs sont réduits à bourrer leur pipe de feuilles de tilleul. Et les vieux amis qui se rencontrent sont stupéfaits de ne pas se reconnaître tout de suite tant ils sont devenus décharnés et squelettiques40.

    8Vanves n’échappe donc pas à la rigueur. Le « système D » se développe, le marché noir progresse, le pain est grisâtre et contient de plus en plus de son, le lait et les œufs sont en poudre quand il y en a41. L’hiver 1942 n’arrange pas les choses. Il est très rude et les Vanvéens éprouvent des difficultés à se chauffer avec les quelques rares boulets de charbon distribués, les ligots de bois vendus à prix d’or et, faute de chauffage central, les tuyaux des poêles installés pour l’occasion sortent des fenêtres42. Des boules de papier serrées et mouillées autour des doigts sont confectionnées pour éviter les engelures. Les jeunes, dont les moins de 19 ans constituent 26 % de la population de Vanves en 194643, n’ont pour se chausser que des sabots ou des chaussures à semelle de bois (rigide ou articulée). Des distributions de sabots de bois ont lieu dans les écoles, aux ateliers municipaux et au sous-sol de l’hôtel de ville44. Plutôt fils d’ouvriers ou de classes populaires45, les enfants de Gambetta souffrent de la crise des logements46. Les écoles reçoivent aussi parfois des bonbons et des gâteaux vitaminés pour les enfants47. Si, le 24 août 1944 au soir, le bourdon de Notre-Dame, les cloches de Vanves et les carillons de banlieue sonnent la fin de la servitude48, les séquelles et les blessures des enfants seront longues à panser.

    9Pendant et après la guerre, Max Fourestier découvre des corps d’écoliers en désolation. Il caractérise cette jeunesse difforme en énumérant trois points principaux49. D’une part, 80 % des enfants sont porteurs d’une imperfection physiologique ou morphologique. D’autre part, beaucoup d’élèves sont de santé délicate et offrent peu de résistance aux plus banales infections pendant des intempéries ordinaires. Enfin, 60 % des écoliers sont malheureux de fréquenter l’établissement scolaire. Pendant plus de vingt-cinq ans, Max Fourestier critique l’organisation scolaire qui sacrifie la formation physique au détriment d’un effort intellectuel massif qui détériore « le rendement scolaire »50. En effet, pour lui « les horaires d’enseignement ne laiss[ent] aucune place aux sports ; il n’[est] donné qu’une caricature d’éducation physique »51. Son constat est sans appel :

    En fait de « culture physique », qu’offrait le règlement officiel de l’école primaire ? Une heure de « gym » par semaine, coupée en deux, chaque demi-heure étant furtivement glissée, clandestinement presque, entre une leçon d’arithmétique et une dictée. Et on n’osait appeler leçons d’éducation physique ces exercices totalement incompris des enfants et pratiqués sans joie dans des conditions misérables de vêtements et de locaux, ne comportant que des rudiments rébarbatifs et jamais joués d’initiation sportive. Rien d’étonnant, après des mois et des années d’un tel régime d’éducation physique, que maîtres et parents puissent le juger inutile, les résultats morpho-physiologiques s’avérant entièrement nuls52.

    10Dans cette situation de crise, Max Fourestier réalise le contraste entre sa propre scolarité et celle qui est dispensée aux enfants qu’il suit médicalement. En vivant en internat, dans une bourgade de province, Max Fourestier est en vase clos et le reconnaît : « Dans ma naïveté, je croyais que tous les enfants de France étaient “logés” à la même enseigne, si je puis dire… »53. L’homme n’est pas du genre à abandonner. Au contraire. Toutes ces raisons et sa compassion l’amènent « à expérimenter à l’école Gambetta de Vanves »54.

    Les prémisses : le centre médico-social scolaire de prophylaxie dentaire (1946)

    11Le premier investissement socio-éducatif de Max Fourestier pour tenter de panser les plaies et de reconstruire la santé de ses écoliers dans le cadre municipal se réalise au centre médico-social scolaire de prophylaxie dentaire qu’il crée dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comme l’affirme Edgar Morin, « plus la crise s’approfondit et dure, plus elle suscite une recherche de solutions de plus en plus radicales et fondamentales. La crise a donc toujours un aspect d’éveil »55.

    12En 1946, la première pierre est posée en faveur des expériences de mi-temps pédagogique et sportif. En effet, dans la continuité de l’affreuse découverte des défaillances physiques et hygiéniques de la jeunesse affaiblie par cinq années de guerre, Max Fourestier met en place un partenariat entre la municipalité et les chirurgiens-dentistes installés en cabinet à Vanves dans le but d’améliorer l’hygiène buccale des élèves scolarisés dans cette commune. Lorsqu’il prend son poste de médecin inspecteur du groupe scolaire Gambetta, « l’immense problème social que représent[e] la carie dentaire chez l’enfant et [l]es difficultés d’une solution rationnelle »56 lui apparaissent immédiatement. Il constate l’ignorance des parents, leur manque de temps et d’argent pour se préoccuper de cette question. Les professionnels, quant à eux, se montrent peu favorables à soigner de jeunes patients dont les comportements sur le fauteuil dentaire sont redoutés, et ce, surtout en présence des parents pendant les soins57.

    13C’est en fonction de toutes ces considérations et du catholicisme social propre au docteur Max Fourestier58 qu’il crée, en juillet 1946, le centre médico-social scolaire de prophylaxie dentaire. Ce service municipal se constitue en association d’utilité publique conforme à la loi de 1901, présidée par René Plazanet, conseiller municipal entre 1944 et 1945, puis élu maire de la ville en 1947. Ce dernier est assisté de Mme Derivoz (secrétaire générale de mairie) et de René Besse, dentiste et conseiller municipal entre 1947 et 1953. Diverses personnes font partie de l’association, notamment tous les stomatologues et chirurgiens-dentistes de la ville59. Georges Le Gourrierec, instituteur à l’école Gambetta puis directeur de l’école Fratacci de Vanves60, est en charge de la direction technique et de la trésorerie tandis que sa femme est infirmière secrétaire rémunérée par la mairie et chargée de suivre administrativement les soins61. Cet instituteur est aussi conseiller municipal en 1953. Max Fourestier est vice-président de ce centre médico-social scolaire de prophylaxie dentaire62.

    14L’originalité de ce service social réside dans son organisation regroupant tous les dentistes praticiens de Vanves63, lesquels, chacun leur tour une fois par semaine, assurent une vacation au sein même des établissements scolaires et notamment au cabinet dentaire médical installé à l’école de filles de la rue Dardenne à Vanves. Un agrément est signé avec la Sécurité sociale de façon à ce que les parents ne payent que le ticket modérateur. René Plazanet, maire de Vanves de 1947 à 1965, fait voter au conseil municipal les différentes subventions pour le centre médico-social scolaire de prophylaxie dentaire64 qui fonctionne sous cette appellation au moins jusqu’en 196765. Ce centre illustre les relations entre la sphère pédagogique et l’hygiène publique promue par la municipalité : « À l’école communale de Vanves, on attend l’heure du dentiste (entre une dictée ou une leçon de lecture) en jouant dans la cour de récréation. Quelle drôle d’école ! »66. Pour Max Fourestier, les objectifs du centre sont doubles : « Assurer les soins dentaires aux enfants des écoles de Vanves et réaliser une expérience sociale dont les résultats permettraient de créer, puis d’orienter la politique dentaire scolaire nationale »67. Il est convaincu que les habitudes de prophylaxie dentaire s’apprennent dès le plus jeune âge (Fig. 1 et 2) et donc à l’école68. Pour lutter contre les caries, il souhaite que l’exemplarité de son centre soit étendue à tout le territoire :

    La seule solution au problème de sa prévention et de son traitement est la généralisation, à l’échelon national, de l’exemple de Vanves. Dans toutes les grandes, moyennes et petites villes de France, tout groupe scolaire d’une certaine importance devrait être pourvu d’un cabinet dentaire (aussi d’un gymnase et d’un bassin de natation…). Dépistage et soins de la carie dentaire devraient faire partie intégrante de nos mœurs pédagogiques. À ce point de vue, le rôle des enseignants me paraît primordial69.

    Fig. 1 – Le docteur Max Fourestier examinant les enfants dans une classe maternelle, tirage argentique, noir et blanc, 1958, 18 x 24 cm, anonyme (archives municipales de Vanves, fonds Max Fourestier, cote 6 Fi 699a)

    Image

    Fig. 2 – Un garçon au centre médico-social scolaire de prophylaxie dentaire, tirage argentique, noir et blanc, 1961, 7 x 9,5 cm, anonyme (archives municipales de Vanves, fonds Max Fourestier, cote 6 Fi 698c)

    Image

    15En exigeant « l’impératif hygiénique d’une denture toujours en parfait état »70, Max Fourestier se positionne dans une tradition des médecins hygiénistes du XIXe siècle qui préconisent des comportements nouveaux71. En effet, de nombreux médecins impulsent des changements de comportements et participent à l’amélioration de l’hygiène publique en profitant de l’évolution de la chimie moderne qui transforme les conceptions sanitaires72, en réclamant une amélioration des conditions sociales (notamment des ouvriers et des enfants)73 et en dénonçant les miasmes urbains74. Ces médecins hygiénistes75 adoptent une stratégie administrative pour faire appliquer leurs idées, et, surtout après 1870, se lancent collectivement « dans la bataille politique pour mettre en œuvre les mesures d’hygiène et de salubrité qu’ils n’avaient cessé de préconiser, voire de réclamer »76.

    16Suivant ce modèle, pendant et après le deuxième conflit mondial, Max Fourestier entame donc une croisade contre le malheur des défavorisés, des malades et des enfants77. Ces démarches sociales sont les prémisses des mises en place du mi-temps pédagogique et sportif, des classes de neige et de toutes les expériences scolaires de Vanves puisqu’elles trouvent leur origine au cabinet médical de l’école Gambetta en 1946 dans le contexte des consultations dentaires de ce centre médico-social scolaire78. En tentant une forme d’hygiénisation de la vie scolaire, il reprend à son compte l’époque glorieuse de « l’hygiène en action »79 impulsée par Frédéric Pic, véritable marque de fabrique de la commune. Plus encore, dans le contexte d’étatisation progressive de la politique prophylactique nationale80, son souhait de « dentiste de l’école »81 dans tous les établissements de France est un modèle qui met sur la voie la diffusion de ses innovations scolaires. Dit autrement, le mi-temps pédagogique et sportif et les classes de neige se propageront en France parce que Max Fourestier a pu expérimenter, à travers son centre médico-social scolaire de prophylaxie dentaire, les conditions favorables à la diffusion d’une innovation à l’école. Cet épisode fait office d’essai et ouvre la voie à la propagation de ses futures idées. Il reste que, provoquée par le contexte particulier de crise, cette « subpolitique médicale »82 se manifeste par un engagement de Max Fourestier en direction du progrès social et son association avec des acteurs volontaires locaux dans le but de supplanter la carence de politique sanitaire nationale.

    Concevoir le mi-temps pédagogique et sportif entre amis ou comment profiter des crises politiques

    17Bien souvent, « l’innovation résulte d’actions banales, quotidiennes »83 comme un repas festif entre amis par exemple. C’est le hasard des bancs de la faculté de médecine de Paris qui accélère le cours des choses. Max Fourestier a, comme étudiant en médecine, le fils de Maurice David84. Ce dernier est un ancien professeur et directeur des services d’enseignements de la Seine et inspecteur général de l’instruction publique depuis la Libération. Il préside, par conséquent, le conseil départemental de l’enseignement primaire de la Seine, de la Libération85 jusqu’à la fin de l’année scolaire 195486. Il devient son grand ami87. Les soirées tardives aident souvent les discussions de fond à se développer. C’est aussi lors de ces moments euphoriques que les grands desseins se concluent entre amis, que les innovations émergent.

    18Max Fourestier est un habitué des dîners donnés par Maurice David à son domicile, boulevard de Montmorency dans l’ancien « Grenier » des Goncourt88. Il le voit deux à trois fois par mois, et, à chaque visite, il se permet de lui faire remarquer que l’éducation physique est mal lotie à l’école89. C’est un soir de 1950, après le repas, que Max Fourestier et Maurice David discutent d’une vraie réforme de l’enseignement primaire. Le médecin évoque devant son ami inspecteur général sa propre scolarité de sportif studieux à Saint-Gabriel et le convainc « de l’insuffisance de l’éducation physique scolaire, de l’absurdité du programme “démentiel” imposé et des résultats globaux au demeurant peu satisfaisants, constatés à l’âge de 14 ans, chez les enfants, à leur sortie de l’école primaire »90. Maurice David accepte avec enthousiasme la proposition de réaliser une expérience à l’école Gambetta de Vanves du 1er novembre 1950 au 30 juin 195191. Concrètement, les rapports entre Max Fourestier et Maurice David illustrent l’étape de « problématisation » développée par le sociologue Michel Callon qui consiste, pour l’inventeur (ici Max Fourestier), à traiter, traduire et expliquer l’innovation aux autres acteurs et alliés potentiels92.

    19Persuader Maurice David n’est cependant pas très difficile. Cet homme est aussi un innovateur. Il crée la Maîtrise de Radio France en 1946 avec Henry Barraud, compositeur et directeur des services musicaux de la Radiodiffusion française (RDF)93. Au niveau pédagogique, Maurice David a déjà mis en place dans l’Aude, au cours des années 1930, une expérience d’allégement des programmes scolaires94. Il est aussi sensible au courant de l’Éducation nouvelle. Il met en avant, dans un ouvrage de la collection « Bibliothèque des éducateurs » chez Nathan95, le besoin du jeu dans l’éducation des enfants en s’appuyant sur les travaux d’Édouard Claparède. C’est aussi un soutien de l’école de Decroly de Saint-Mandé depuis sa création en 1945, le délégué au Congrès international de l’Éducation nouvelle de 1946 et, enfin, un des promoteurs de la reconnaissance de la Maison de Sèvres par l’enseignement public96.

    20La démarche volontariste, le comportement franc-tireur et l’opportunisme stratégique de Max Fourestier doivent être signalés. En plein régime des partis, il s’allie à un haut fonctionnaire capable de décider de la mise en place d’une expérimentation sans en avertir le ministère. Selon Max Fourestier, interrogé par des reporters de l’Institut national pédagogique en 1970, « Monsieur David, le directeur des services d’enseignements de la Seine, était un personnage très important en réalité, et sans en référer aux ministères de l’époque, il nous a donné l’autorisation »97. L’instabilité gouvernementale d’après-guerre est spectaculaire et caractérisée par une valse des ministres qui, ayant à peine le temps de se familiariser avec leurs dossiers avant la chute de leur gouvernement, délèguent l’essentiel de l’élaboration et de l’exécution de la politique aux hauts fonctionnaires, qui agissent, quant à eux, dans la durée. De 1945 à 1958, et sans compter les remaniements infructueux, vingt-sept gouvernements se succèdent (seize ont duré moins de six mois) et deux seulement se maintiennent à peine plus d’un an : treize et seize mois98.

    21Selon Jean Barnier, Max Fourestier « a eu la chance d’être l’ami de Maurice David qui était le directeur des services de l’enseignement de la Seine, c’était le gros pontife puisqu’il n’y avait pas de ministre [stable] »99. L’Inspection générale acquiert un pouvoir par défaut. De plus, elle vit un siècle d’or, dont la chronologie100 s’étale de 1869 à 1968, entre les deux échecs ministériels : celui de Victor Duruy face aux conservatismes et celui d’Alain Peyrefitte balayé par Mai 68101. Maurice David est donc la personne idéale pour Max Fourestier afin de mettre au point le mi-temps pédagogique et sportif en catimini, entre amis, à l’abri des regards. En effet, il s’agit bien d’élaborer une proposition « à titre d’expérience »102, c’est-à-dire un « essai »103 dans lequel les élèves sont de véritables « petits cobayes »104. Une fois les preuves de la réussite de l’expérience accumulées au cours de l’année scolaire 1950-1951, il sera temps pour l’école Gambetta d’être sous les feux des projecteurs des médias105.

    22Au niveau politico-médiatique, pas moins de onze articles seront publiés dans le journal Issy, Vanves, Malakoff : Hebdo-banlieues pour couvrir ce premier mi-temps pédagogique et sportif. Comme le stipule le bandeau supérieur en une d’Hebdo-banlieues, il s’agit d’un « hebdomadaire de combat (républicain et national) » dirigé par René Plazanet, alors maire de Vanves. Sur le plan médical, les résultats de l’expérience de Max Fourestier à l’Académie nationale de médecine sont exposés par Louis Tanon, professeur d’hygiène médicale et préventive à la faculté de médecine de Paris106. Max Fourestier connaît la force de la caution scientifique de l’Académie nationale de médecine, historiquement renommée. Il sait aussi que les séances de cette société savante sont publiques et que son service de presse diffuse tous ses travaux aux journalistes. La stratégie de Max Fourestier fonctionne à merveille. Dans la foulée de sa communication, de nombreux articles de journaux et de revues paraissent et traitent de l’expérience de Vanves. Ainsi, dès le 31 juillet 1952, soit deux jours après la présentation à l’Académie nationale de médecine, des journaux grand public relaient l’expérience scolaire tentée à Vanves. Le journal Le Monde du 31 juillet 1952 titre par exemple « À l’Académie de Médecine, une nouvelle formule d’éducation : le “mi-temps pédagogique et sportif” ».

    23Par conséquent, même s’il faut vérifier cette affirmation sur un plus grand nombre d’innovations, concernant Vanves, il semble que plus le pouvoir régalien est distant, plus est forte la possibilité de créer et de réussir une expérience scolaire localement. À cette époque en tous cas, si certains attendent les réformes d’un État central passif107, à Vanves en revanche, on s’active. Et les retombées médiatiques sont patentes.

    Conclusion

    24Comme le souligne Edgar Morin :

    [Il y a] dans toute crise, un déblocage des activités intellectuelles, dans la formation d’un diagnostic, dans la correction d’une connaissance trop insuffisante ou faussée, dans la contestation d’un ordre établi ou sacralisé, dans l’innovation et la création. […] La crise libère en même temps des forces de mort et des forces de régénération. D’où son ambiguïté radicale108.

    25Illustrant les propos du sociologue, la mise en place des expériences de Vanves est symptomatique de l’émergence des innovations scolaires. Suite à la Seconde Guerre mondiale, l’éclosion de la IVe République s’effectue dans un contexte chaotique, laissant place au vide. Or, c’est précisément lorsque l’incertitude est à son paroxysme, lors des crises, qu’elle est génératrice d’innovations109. Le tumulte social et politique laisserait une liberté d’action, ou un « espace extraparlementaire », permettant la libération des forces vives et « l’engagement politique actif des citoyens »110. Finalement, les situations de crises parviendraient à légitimer la démarche de « transgression » correspondant à la naissance d’initiatives subpolitiques111, et donc d’innovations à grande échelle. Pour preuve, l’autoritarisme et la stabilité politique incarnée par le début de la Ve République mettent fin aux velléités réformatrices des acteurs vanvéens.

    26Bien évidemment, ce constat est à nuancer. Même si elle participe à leur extinction, la stabilité politique de la Ve République n’est pas l’unique explication de la fin des expériences vanvéennes. Le processus d’innovation est indissociable de la concurrence112. En effet, lorsque Vanves est à la pointe de l’invention scolaire, son école en récolte le succès. Par contre, lorsque Max Fourestier est dépassé par l’inventivité d’autres acteurs, il n’est plus le centre d’intérêt des pédagogues et des hommes politiques. L’invention de la première classe de mer lancée le 15 juin 1964 par Jacques Kerhoas à Moulin-Mer acte la fin du monopole vanvéen dans l’innovation scolaire113. Mais plus encore, à partir du début des années 1960, Max Fourestier n’est plus aussi actif qu’auparavant. Le nombre de ses publications scientifiques est à la baisse et son réseau, qui constituait la force indéniable de la diffusion de ses innovations, s’étiole114. Autant de facteurs qui s’ajoutent à la restriction de l’espace de liberté pédagogique provoquée par l’avènement de la Ve République.

    27Cependant, et pour conclure, ne peut-on pas se demander s’il existe un lien entre les crises morales, les récessions économiques, les bouleversements politiques et la recherche de changements de rythmes scolaires pour la jeunesse que l’on croit voir en souffrance ? En effet, entre les expériences d’André Latarjet qui font suite au krach boursier de 1929, celles de Max Fourestier organisées après la Seconde Guerre mondiale, le texte relatif au tiers-temps pédagogique après Mai 68, et encore, en 2013, la réforme des rythmes scolaires en pleine crise économique, les permanences sont pour le moins troublantes. Même si cette remarque appelle une réelle réflexion d’ampleur, qui nous entraînerait dans une autre recherche, la question mérite tout au moins d’être soulevée et, sans aucun doute, doit l’être. Renouveler l’écriture de l’histoire de l’éducation physique consiste peut-être à étudier la portée des ruptures, des bouleversements, des brisures et de la discontinuité du temps.

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    Notes de bas de page

    1 Rioux 1980, 159.

    2 Rémond 1996, 397-413.

    3 Ibid., 550.

    4 Berstein & Milza 2009, 494.

    5 Grenard 2008.

    6 Nourrisson 2002.

    7 Laffage-Cosnier & Vivier 2015 ; Laffage-Cosnier 2014a.

    8 Hillairet 2005, 336.

    9 Hillairet 2010, 322.

    10 Laffage-Cosnier 2015.

    11 Vial 1981, 402.

    12 Laffage-Cosnier 2013, vol. I.

    13 Ordioni 2011.

    14 Starn 1971.

    15 Wieviorka 2009, 197.

    16 Gilbert 2003.

    17 During 1984, 19-24.

    18 During 1981.

    19 Poulantzas 1968.

    20 Cot & Mounier 1974, 14-21.

    21 Callon et al. 2001, 312.

    22 Beck 2001, 400-451.

    23 Retranscription manuscrite de l’allocution de Max Fourestier à l’occasion de l’inauguration du groupe scolaire Max Fourestier du 19 février 1983, archives municipales de Vanves, fonds Max Fourestier, cote liasse 199 W 1, Livre d’or (1952-1985), p. 388.

    24 Ibid. (souligné par Max Fourestier).

    25 Ibid., p. 389.

    26 Pennetier & Viet-Depaule 1990, 233.

    27 Echkenazy 1929, 35.

    28 Ibid., 42.

    29 Rémond 1989, 155-156.

    30 Rioux 1980, 30.

    31 Ibid., 32.

    32 Rousso 1992.

    33 Rioux 1980, 39.

    34 Azéma 1979, 160.

    35 Rioux 1980, 45.

    36 Chailley 1956, 394.

    37 Ibid.

    38 Commission municipale d’histoire locale de Vanves 1982, 273.

    39 Ibid., 276.

    40 Chailley 1956, 394.

    41 Commission municipale d’histoire locale de Vanves 1982, 277.

    42 Ibid.

    43 Bouexel et al. 1989, 10.

    44 Commission municipale d’histoire locale de Vanves 1982, 278.

    45 Entretien avec Jean Barnier réalisé le mardi 1er mai 2012 à Saint-Maur, concernant ses souvenirs et sa scolarité d’enseignant d’éducation physique à l’école de garçons de Gambetta pendant le mi-temps pédagogique et sportif et les classes de neige, collection privée Sébastien Laffage-Cosnier, 2 h 48 min 35 s.

    46 Girault 1998, 186-187.

    47 Commission municipale d’histoire locale de Vanves 1982, 277.

    48 Chailley 1956, 396.

    49 Fourestier 1962, 3.

    50 Ibid.

    51 Ibid., 2.

    52 Fourestier 1960.

    53 Retranscription manuscrite de l’allocution de Max Fourestier à l’occasion de l’inauguration du groupe scolaire Max Fourestier du 19 février 1983, p. 388.

    54 M. Fourestier, « L’expérience scolaire de Vanves, une formule nouvelle d’éducation : le mi-temps pédagogique et sportif », 1952, collection privée Jean Barnier, pochette « 1re expérience de Vanves (1950-1951) », p. 1.

    55 Morin 1976, 159.

    56 Fourestier 1961, 1.

    57 Ibid.

    58 Il ne les précise pas plus.

    59 Fourestier 1961, 1.

    60 Entretien avec Jean Barnier réalisé le mardi 1er mai 2012.

    61 Fourestier 1961, 1.

    62 Le Gourrierec & Besse 1967, 12.

    63 Plazanet 1961, 7.

    64 Botrel 1962, 9.

    65 Le Gourrierec & Besse 1967.

    66 Fourestier 1962, 39-40.

    67 Fourestier 1961, 1.

    68 Fourestier 1959.

    69 Fourestier 1961, 7.

    70 Ibid.

    71 Jorland 2010.

    72 Lecuyer 1986.

    73 Moriceau 2009.

    74 Corbin 1982 ; Barles 1999.

    75 Bourdelais 2001.

    76 Jorland 2010, 256.

    77 Laffage-Cosnier 2014b.

    78 Notes manuscrites de Max Fourestier autour d’une photographie relative à une visite médicale au cabinet médical de l’école Gambetta, 1984, archives municipales de Vanves, fonds Max Fourestier, cote liasse 199 W 1, Livre d’or (1952-1985), p. 560.

    79 Echkenazy 1929.

    80 Vigarello 1993.

    81 Fourestier 1961, 7.

    82 Beck 2001, 445.

    83 Alter 2010, 83.

    84 Entretien avec Jean Barnier réalisé le mardi 1er mai 2012.

    85 Lettre dactylographiée de Maurice David au directeur de l’école normale d’instituteurs, relative à la réunion du conseil départemental de l’enseignement primaire de la Seine du 25 juin 1947, 20 juin, archives de Paris, cote liasse 3433W172 (école normale d’instituteurs de la Seine), pochette « Conseil départemental ».

    86 Lettre dactylographiée de Maurice David relative à la réunion du conseil départemental de l’enseignement primaire de la Seine du 19 juin 1954, 8 juin, archives de Paris, cote liasse 3433W172 (école normale d’instituteurs de la Seine), pochette « Conseil départemental ».

    87 Fourestier 1962, 4.

    88 Fourestier 1960.

    89 Philippart 1983, 4.

    90 Fourestier 1960.

    91 Fourestier 1962, 4.

    92 Callon 1986, 181-185.

    93 Pradalié 1983.

    94 Ory 1987, 24.

    95 David 1936, 16-28.

    96 Wagnon 2012, 85.

    97 A. Bon, R. Humbert, Vanves, pionnier du tiers-temps pédagogique, Institut pédagogique national, 21 février 1970, émission de la radio-télévision scolaire du jeudi 5 mars 1970 de 10 h 30 à 11 h 30, film numérisé noir et blanc, série « Atelier de pédagogie : Magazine VI », 6 min 45 s à 6 min 54 s, archives du SCÉRÉN-CNDP, non coté.

    98 Cauchy 2004, 123-124.

    99 Entretien avec Jean Barnier réalisé le mardi 1er mai 2012.

    100 Gerbod 1979.

    101 Legrand 2002, 298.

    102 J. Watteaux, J. Barnier, « Compte rendu d’expérience : classe à mi-temps, école rue Gambetta à Vanves », 25 juillet 1951, collection privée Jean Barnier, pochette « 1re expérience de Vanves (1950-1951) », p. 1.

    103 Ibid., p. 4.

    104 Retranscription manuscrite de l’allocution de Max Fourestier à l’occasion de l’inauguration du groupe scolaire Max Fourestier du 19 février 1983, p. 390.

    105 Laffage-Cosnier & Vivier 2014.

    106 Fourestier et al. 1952.

    107 Enfert & Khan 2010.

    108 Morin 1976, 159.

    109 Alter 2010, 75.

    110 Beck 2001, 420.

    111 Ibid., 445.

    112 Blondel 2002.

    113 Rosière 1968.

    114 Laffage-Cosnier 2013, vol. I, 743-772.

    Auteur

    • Sébastien Laffage-Cosnier

      Université de Bourgogne-Franche-Comté
      Culture, sport, santé et société – C3S (EA 4660)

      Sébastien Laffage-Cosnier est maître de conférences en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) et agrégé d’éducation physique et sportive (EPS). Il effectue ses recherches au sein du laboratoire Culture, sport, santé et société (C3S – EA 4660) de l’université de Bourgogne-Franche-Comté autour de trois grands thèmes. Il mène des travaux sur l’histoire visuelle en sciences sociales du sport : il explore les liens entre les pratiques corporelles et leurs représentations artistiques (affiches, photographies, cartes postales, etc.). Il étudie la culture enfantine (bandes dessinées, jouets, dessins animés, etc.) pour comprendre comment, selon les époques, la jeunesse a été sensibilisée au sport. Enfin, il s’intéresse à l’histoire de l’éducation physique, notamment aux mécanismes permettant la mise en place et la diffusion d’innovations scolaires.

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    1 Rioux 1980, 159.

    2 Rémond 1996, 397-413.

    3 Ibid., 550.

    4 Berstein & Milza 2009, 494.

    5 Grenard 2008.

    6 Nourrisson 2002.

    7 Laffage-Cosnier & Vivier 2015 ; Laffage-Cosnier 2014a.

    8 Hillairet 2005, 336.

    9 Hillairet 2010, 322.

    10 Laffage-Cosnier 2015.

    11 Vial 1981, 402.

    12 Laffage-Cosnier 2013, vol. I.

    13 Ordioni 2011.

    14 Starn 1971.

    15 Wieviorka 2009, 197.

    16 Gilbert 2003.

    17 During 1984, 19-24.

    18 During 1981.

    19 Poulantzas 1968.

    20 Cot & Mounier 1974, 14-21.

    21 Callon et al. 2001, 312.

    22 Beck 2001, 400-451.

    23 Retranscription manuscrite de l’allocution de Max Fourestier à l’occasion de l’inauguration du groupe scolaire Max Fourestier du 19 février 1983, archives municipales de Vanves, fonds Max Fourestier, cote liasse 199 W 1, Livre d’or (1952-1985), p. 388.

    24 Ibid. (souligné par Max Fourestier).

    25 Ibid., p. 389.

    26 Pennetier & Viet-Depaule 1990, 233.

    27 Echkenazy 1929, 35.

    28 Ibid., 42.

    29 Rémond 1989, 155-156.

    30 Rioux 1980, 30.

    31 Ibid., 32.

    32 Rousso 1992.

    33 Rioux 1980, 39.

    34 Azéma 1979, 160.

    35 Rioux 1980, 45.

    36 Chailley 1956, 394.

    37 Ibid.

    38 Commission municipale d’histoire locale de Vanves 1982, 273.

    39 Ibid., 276.

    40 Chailley 1956, 394.

    41 Commission municipale d’histoire locale de Vanves 1982, 277.

    42 Ibid.

    43 Bouexel et al. 1989, 10.

    44 Commission municipale d’histoire locale de Vanves 1982, 278.

    45 Entretien avec Jean Barnier réalisé le mardi 1er mai 2012 à Saint-Maur, concernant ses souvenirs et sa scolarité d’enseignant d’éducation physique à l’école de garçons de Gambetta pendant le mi-temps pédagogique et sportif et les classes de neige, collection privée Sébastien Laffage-Cosnier, 2 h 48 min 35 s.

    46 Girault 1998, 186-187.

    47 Commission municipale d’histoire locale de Vanves 1982, 277.

    48 Chailley 1956, 396.

    49 Fourestier 1962, 3.

    50 Ibid.

    51 Ibid., 2.

    52 Fourestier 1960.

    53 Retranscription manuscrite de l’allocution de Max Fourestier à l’occasion de l’inauguration du groupe scolaire Max Fourestier du 19 février 1983, p. 388.

    54 M. Fourestier, « L’expérience scolaire de Vanves, une formule nouvelle d’éducation : le mi-temps pédagogique et sportif », 1952, collection privée Jean Barnier, pochette « 1re expérience de Vanves (1950-1951) », p. 1.

    55 Morin 1976, 159.

    56 Fourestier 1961, 1.

    57 Ibid.

    58 Il ne les précise pas plus.

    59 Fourestier 1961, 1.

    60 Entretien avec Jean Barnier réalisé le mardi 1er mai 2012.

    61 Fourestier 1961, 1.

    62 Le Gourrierec & Besse 1967, 12.

    63 Plazanet 1961, 7.

    64 Botrel 1962, 9.

    65 Le Gourrierec & Besse 1967.

    66 Fourestier 1962, 39-40.

    67 Fourestier 1961, 1.

    68 Fourestier 1959.

    69 Fourestier 1961, 7.

    70 Ibid.

    71 Jorland 2010.

    72 Lecuyer 1986.

    73 Moriceau 2009.

    74 Corbin 1982 ; Barles 1999.

    75 Bourdelais 2001.

    76 Jorland 2010, 256.

    77 Laffage-Cosnier 2014b.

    78 Notes manuscrites de Max Fourestier autour d’une photographie relative à une visite médicale au cabinet médical de l’école Gambetta, 1984, archives municipales de Vanves, fonds Max Fourestier, cote liasse 199 W 1, Livre d’or (1952-1985), p. 560.

    79 Echkenazy 1929.

    80 Vigarello 1993.

    81 Fourestier 1961, 7.

    82 Beck 2001, 445.

    83 Alter 2010, 83.

    84 Entretien avec Jean Barnier réalisé le mardi 1er mai 2012.

    85 Lettre dactylographiée de Maurice David au directeur de l’école normale d’instituteurs, relative à la réunion du conseil départemental de l’enseignement primaire de la Seine du 25 juin 1947, 20 juin, archives de Paris, cote liasse 3433W172 (école normale d’instituteurs de la Seine), pochette « Conseil départemental ».

    86 Lettre dactylographiée de Maurice David relative à la réunion du conseil départemental de l’enseignement primaire de la Seine du 19 juin 1954, 8 juin, archives de Paris, cote liasse 3433W172 (école normale d’instituteurs de la Seine), pochette « Conseil départemental ».

    87 Fourestier 1962, 4.

    88 Fourestier 1960.

    89 Philippart 1983, 4.

    90 Fourestier 1960.

    91 Fourestier 1962, 4.

    92 Callon 1986, 181-185.

    93 Pradalié 1983.

    94 Ory 1987, 24.

    95 David 1936, 16-28.

    96 Wagnon 2012, 85.

    97 A. Bon, R. Humbert, Vanves, pionnier du tiers-temps pédagogique, Institut pédagogique national, 21 février 1970, émission de la radio-télévision scolaire du jeudi 5 mars 1970 de 10 h 30 à 11 h 30, film numérisé noir et blanc, série « Atelier de pédagogie : Magazine VI », 6 min 45 s à 6 min 54 s, archives du SCÉRÉN-CNDP, non coté.

    98 Cauchy 2004, 123-124.

    99 Entretien avec Jean Barnier réalisé le mardi 1er mai 2012.

    100 Gerbod 1979.

    101 Legrand 2002, 298.

    102 J. Watteaux, J. Barnier, « Compte rendu d’expérience : classe à mi-temps, école rue Gambetta à Vanves », 25 juillet 1951, collection privée Jean Barnier, pochette « 1re expérience de Vanves (1950-1951) », p. 1.

    103 Ibid., p. 4.

    104 Retranscription manuscrite de l’allocution de Max Fourestier à l’occasion de l’inauguration du groupe scolaire Max Fourestier du 19 février 1983, p. 390.

    105 Laffage-Cosnier & Vivier 2014.

    106 Fourestier et al. 1952.

    107 Enfert & Khan 2010.

    108 Morin 1976, 159.

    109 Alter 2010, 75.

    110 Beck 2001, 420.

    111 Ibid., 445.

    112 Blondel 2002.

    113 Rosière 1968.

    114 Laffage-Cosnier 2013, vol. I, 743-772.

    Reconstructions physique et sportive en France sous la IVe République (1946-1958)

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    Ce livre est cité par

    • Sussman, Sarah. (2019) Recent Books and Dissertations on French History. French Historical Studies, 42. DOI: 10.1215/00161071-7689260
    • Tajri, Yacine. Saint-Martin, Jean. (2024) Le docteur Philippe Encausse (1906–1984) et sa contribution à la construction de la médecine du sport en France. Movement & Sport Sciences - Science & Motricité. DOI: 10.1051/sm/2024011
    • Gomet, Doriane. Pénard, Étienne. Chovaux, Olivier. (2025) L’éducation des corps en temps de « crises » : ruptures ? continuité ? (1936-1948). Staps, N° 151. DOI: 10.3917/sta.151.0007
    • (2021) L’implication sociale du mouvement sportif associatif. DOI: 10.4000/books.septentrion.105175
    • Gardi, Romain. (2025) Éduquer les corps par le football. L’instituteur, le club sportif et la jeunesse au village en Vaucluse (années 1930-1940). Staps, N° 151. DOI: 10.3917/sta.151.0039

    Ce chapitre est cité par

    • Laffage-Cosnier, Sébastien. Hugedet, Willy. (2025) Les aléas d’une réforme pédagogique pendant la crise de Mai 68. Penser l'éducation, 56. DOI: 10.4000/14qqs

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    Laffage-Cosnier, Sébastien. « Crises et expériences scolaires : le cas de Vanves ». In Reconstructions physique et sportive en France sous la IVe République (1946-1958), édité par Frédéric Dutheil, Yohann Fortune, et Jean-Marc Lemonnier. Caen: Presses universitaires de Caen, 2018. doi:10.4000/books.puc.18166.
    Laffage-Cosnier, Sébastien. « Crises et expériences scolaires : le cas de Vanves ». Reconstructions physique et sportive en France sous la IVe République (1946-1958), édité par Frédéric Dutheil et al., Presses universitaires de Caen, 2018, https://doi.org/10.4000/books.puc.18166.

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    Dutheil, F., Fortune, Y., & Lemonnier, J.-M. (éds.). (2018). Reconstructions physique et sportive en France sous la IVe République (1946-1958). Caen: Presses universitaires de Caen. https://doi.org/10.4000/books.puc.18046
    Dutheil, Frédéric, Yohann Fortune, et Jean-Marc Lemonnier, éd. Reconstructions physique et sportive en France sous la IVe République (1946-1958). Caen: Presses universitaires de Caen, 2018. doi:10.4000/books.puc.18046.
    Dutheil, Frédéric, et al., éditeurs. Reconstructions physique et sportive en France sous la IVe République (1946-1958). Presses universitaires de Caen, 2018, https://doi.org/10.4000/books.puc.18046.
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