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    Plan détaillé Texte intégral Des amitiés républicaines librement consenties Une aversion pour le mouvement populaire L’isolement du Conventionnel Notes de bas de page Auteur

    Violence & politique

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    Table des matières

    Jacques-Antoine Dulaure, ou la tentation de la Gironde

    Philippe Bourdin

    p. 133-146

    Texte intégral Des amitiés républicaines librement consenties Une aversion pour le mouvement populaire L’isolement du Conventionnel Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Né le 3 décembre 1755 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Jacques-Antoine Dulaure descend d’une famille de magistrats de Toulouse, dont un cadet est venu fonder un atelier à Thiers (Puy-de-Dôme), ville de coutellerie dans les premières décennies du xviiie siècle. Le fils de ce dernier, maître-orfèvre à Clermont-Ferrand, a élevé une famille de dix-huit enfants, au sein de laquelle a grandi Jacques-Antoine. L’aisance paternelle lui permet de profiter d’une résidence secondaire dans un lieu prisé des prélats auvergnats, Beauregard-l’Évêque, des leçons d’un répétiteur – un ecclésiastique dont il souffre d’avoir subi les avances –, enfin de suivre une scolarité au collège de Clermont. Il lit Voltaire, Helvétius, Rousseau, et souscrit en 1778 à l’Encyclopédie de Panckoucke. Voilà déjà cinq ans qu’il travaille comme élève feudiste au service de nobles et d’abbayes auvergnats, copiant des centaines de pages de manuscrits, chartes et cartulaires bien au-delà de ses obligations professionnelles. En 1779, retrouvant pour sa première visite à Paris d’anciens condisciples de ses années d’étude, il entre dans l’atelier de l’architecte Rondelet, favori de Soufflot, et travaille notamment à la réfection de l’actuel Panthéon. Puis, il se fait engager en 1781 comme ingénieur dans la compagnie de percement du canal Bayonne-Bordeaux1.

    2Entré à une date inconnue en Franc-maçonnerie2, et reçu en l’Académie du Pont-Saint-Michel, il fait dans celle-ci, avec un esprit encyclopédique parfois non dénué d’ironie, ses premières armes poétiques, historiques et scientifiques (Observations physiques sur les aurores boréales,  Pogonologie, ou Histoire philosophique de la barbe, Le retour de mon pauvre oncle ou relation d’un voyage dans la lune, écrite par lui-même, et mise au jour par son cher neveu). Suivra l’invention du pantographe, reconnu par l’Académie des Sciences comme instrument facilitant la levée des plans. Il échoue à partir aux États-Unis, tente sans succès le professorat et fréquente à Paris une communauté auvergnate au sein de laquelle on compte Chamfort, Delille, le comte d’Espinchal, le duc de Duras. Il refuse les places de commis qu’on lui propose, préférant vivre d’articles et de critiques livrés aux journaux (Feuille hebdomadaire pour la province d’Auvergne, Courrier lyrique et amusant), de pièces de théâtre, de vers, de traités plus ou moins sérieux, de brochures anonymes sur les bâtiments de Paris (les théâtres, le cirque du Palais-Royal), de lavis et d’enseignes. Il en fera son miel pour sa Description des curiosités de Paris, dédiée à Gustave III de Suède, qui le récompense d’une médaille et lui évite l’embastillement3, pour sa Description des environs de Paris et sa Description des principaux lieux de France. Il recopie quantité d’archives du parlement de Paris. En 1787, une brochure de sa plume contre le mur des fermiers généraux, livrée à l’autodafé, l’oblige à se cacher trois mois.

    31789 en fait un auteur prolixe de brochures, de pamphlets sur le système électoral, les réformes judiciaires, les anciens ordres (ainsi son Histoire critique de la noblesse, ses listes de ci-devant des anciens premiers ordres4). Il rejoint le camp des patriotes et, pour affronter les Actes des Apôtres, fonde Les Évangélistes du jour (9 avril-20 juillet 1790). Il écrit aussi dans le Courrier français. Il contribue à la fondation de la Société des Droits de l’Homme, et participe à la Société des Amis de la liberté de la presse. En août 1791 naît le Thermomètre du jour, feuille tout aussi hostile à La Fayette qu’aux violences révolutionnaires, qui le fait admettre au sein du salon Roland, où il noue des amitiés avec son compatriote clermontois Bancal des Issarts, avec Louvet, Carra, Lanjuinais. Habitant rue du Théâtre-Français, dans le district des Cordeliers, et membre du club des Amis de la Constitution de Paris, il observe de près les débuts de Danton, Fabre d’Eglantine, Billaud-Varenne, Linguet, Marat, Ronsin, Chaumette, etc. Aux Jacobins, désormais séparés des Feuillants, où il a participé au comité épuratoire puis à celui de correspondance, il voit aussi poindre les dissensions entre Brissot, Louvet et Robespierre lorsqu’il s’agit de s’entendre sur les formes de la guerre, la rupture qui s’affirme après l’accession de Roland et Clavière au ministère5. S’il a séjourné cinq mois en Auvergne en 1786, on ne l’y a plus revu avant son élection à la Convention, qui, le 7 septembre 1792, porte pourtant à la deuxième place de la députation cet homme désormais reconnu, auteur à l’époque de vingt-trois publications. Il fait de son journal le lien privilégié avec ses électeurs6. Mais ce lien se distend au fil des événements, bientôt dominé par des Montagnards auxquels il préférera toujours les réseaux girondins. De ses choix découle sa proscription en octobre 1793. Essayons donc de distinguer le cheminement idéologique qui conduit ses préférences et ses amitiés jusqu’à ce point de rupture, avec la conscience qui est la sienne des erreurs possibles dans « ce temps de tumulte et de passions7 ».

    Des amitiés républicaines librement consenties

    4Son début de mandat est encadré jusqu’en mai 1793 par les réunions hebdomadaires des élus du Puy-de-Dôme, par les écrits réguliers et alternés des élus avec leurs mandants, avant que les divergences politiques ne détruisent cette fraternité surtout espérée par Couthon8. Comme ce dernier durant un temps, Dulaure se sent proche des Girondins – son Thermomètre du jour est acheté à quelques centaines d’exemplaires par le ministère Roland, affiché à la porte de la Convention9. Il prétendra avoir repoussé à plusieurs reprises les offres de Collot d’Herbois de rallier la Montagne, celles, réitérées, de Robespierre pour mettre sa plume à son service10. Les massacres de septembre, les agissements de la Commune de Paris, et sur elle l’influence de Robespierre, les appels à la dénonciation et au meurtre proférés par « l’Ami du Peuple », les défenseurs d’une « loi agraire », le tout selon lui au détriment de l’ordre public et social, ou des pouvoirs légaux de la Convention, le confortent dans ce choix. Mais il se défendra tout autant d’avoir jamais été « brissotin », comme le désignent les papiers retrouvés chez Robespierre : il n’a entretenu aucune relation avec Brissot lui-même et a voté différemment de lui dans des occasions majeures11.

    5Dulaure siège à la Plaine et se revendique indépendant. Il suit Louvet dans sa proposition de mise en accusation de Robespierre (29 octobre 1792), mais ne rejoint pas Buzot dans sa proposition de bannir le duc d’Orléans et sa famille (16 décembre 1792). En janvier 1793, il défend clairement dans Le Thermomètre Gensonné, qui plaide pour un appel au peuple sur le jugement de Louis Capet et dénonce surtout « les manœuvres de cette faction qui voudrait dominer la Convention par la crainte » (« la faction maratique » comme les partisans de Robespierre). Il applaudit aux attaques de Guadet contre les pourfendeurs de Vergniaud, Condorcet ou Brissot, aux discours duquel il ouvre largement ses pages, en particulier pour justifier la guerre contre l’Angleterre12. Il offre pareillement une tribune à son collègue auvergnat Bancal des Issarts, intime des Roland, lui permettant d’expliciter son refus de la mort du roi13. Dulaure a de son côté reconnu la culpabilité de Louis XVI, se prononçant contre l’appel au peuple, pour la mort, contre le sursis14. Dans son Opinion sur le jugement du ci-devant roi, publiée le 2 décembre 1792, il affiche son mépris pour « ces hommes imbéciles, lâches, injustes qui pleurent sur la destinée d’un vil oppresseur », dont les pièces enfermées dans l’armoire de fer ont prouvé la trahison ; sûr que « la pitié nationale contre les tyrans est un crime de lèse-justice, de lèse-humanité », il s’adresse à l’univers qui contemple la France : « Apprenons aux nations étrangères que la main du bourreau va détruire le vain prestige de la royauté15 ». Lui qui a régulièrement rendu compte du déroulé du procès publie quatre fois dans Le Thermomètre le récit de l’exécution, l’un repris des Annales patriotiques de Carra, le quatrième en contrepoint de celui-ci, et fondé sur le témoignage que lui adresse le bourreau Sanson ; par deux fois il propose le texte du testament royal16. S’il a relayé dans sa feuille le signalement de l’assassin de Le Peletier, s’il a éclairé ses lecteurs sur les préparatifs et les temps détaillés de la cérémonie funèbre imaginée par Chénier à la gloire de son défunt collègue, Dulaure impose donc aussi, non sans hésitation, l’image du courage de Louis à sa dernière heure, vertu morale ou « fausse fermeté » qui peut sembler une acceptation de sa peine et faire oublier le caractère dégradant du supplice17. Le journaliste participe ainsi à l’écriture de ce moment historique, qui le perturbe certainement à l’aune de ses propres votes radicaux et de la solennité de la décision politique18. Il se retrouve du reste dans l’adresse que Barère propose d’écrire aux Français pour expliciter celle-ci, affirmant notamment que « jamais les circonstances ne furent plus impérieuses pour exiger des citoyens le sacrifice de leur opinion particulière sur l’acte de justice nationale qui vient d’être exécuté », et plaçant lesdites circonstances en regard du grand attentat contre la représentation nationale perpétré à travers la personne de Le Peletier19. Le journaliste publiera aussi la proclamation du comte de Provence faisant de Louis XVII l’héritier légitime du trône, et pour l’heure s’accaparant la régence et laissant au comte d’Artois la lieutenance générale du royaume ; mais c’est pour immédiatement regretter l’argent qui nourrit les réseaux contre-révolutionnaires, et pour publier une lettre de Lord Stanhope, correspondant de plusieurs clubs jacobins, qui regrette la guerre entre la France et l’Angleterre20.

    6Que Dulaure soit républicain ne fait aucun doute. Dons patriotiques, effort de guerre, a fortiori victoires militaires trouvent en lui un sincère propagandiste. En avril 1793, Dulaure est à l’écritoire. À ses électeurs, il se montre outré par la trahison de Dumouriez, tribun militaire en mal de royauté et prêt au coup d’État, d’autant plus qu’il vient de livrer aux Autrichiens les commissaires que lui avait envoyés la Convention, parmi lesquels son ami Bancal des Issarts21. Avec en tête l’échec de la république anglaise, il n’est plus prêt à donner désormais facilement quitus aux officiers supérieurs (il exprime des doutes sur Custine), et la fuite du duc de Chartres aux côtés du général félon lui semble révéler « l’existence d’un parti d’Orléans22 ». Il est en revanche d’autant plus ardent à encourager à la mobilisation malgré les revers militaires23, malgré les sentiments monarchistes d’une partie des troupes de ligne qu’il faut éduquer24. Sont valorisés en conséquence les moindres faits d’armes en Italie, en Allemagne, en Espagne ou en Vendée – jusqu’à prédire trop vite, prophétie critiquée par ses lecteurs, une victoire totale25 –, et en regard la tranquillité de la capitale (« Union, calme et énergie, c’est aujourd’hui le cri de ralliement des véritables patriotes26 »). Il faut lire la joie du journaliste à rendre compte dans Le Thermomètre du 18 janvier 1793 d’une cérémonie qui a animé la fête des rois à Carpentras avant les farandoles, les bals, le repas civique et les illuminations : les citoyens, les autorités civiles et militaires ont assisté au brûlement des nobiliaires, des généalogies, des parchemins, des tableaux des papes, des rois et des reines, prêtant serment de maintenir le nouveau régime « et de traiter en ennemi public quiconque proposerait un gouvernement différent ». Dulaure sera toujours sensible aux cérémonies publiques, quel que soit le contexte politique : la mise en scène imaginée par David pour le 10 août 1793 l’enchantera pour sa poésie, et notamment ses nuées d’oiseaux portant à leur cou de légères banderoles imprimées des articles de la Déclaration des droits de l’Homme27 ; le dernier numéro de son journal rendra même compte, sans autre commentaire, d’une fête consacrant la Montagne à Toulon28. Il dénonce en revanche vigoureusement les profanateurs des arbres de la liberté, les auteurs des fêtes déviantes – telle la manifestation royaliste de Rosay (Eure) le 15 janvier 1793, autour des statues du ci-devant couple royal – ou les « farfadets » bordelais s’apitoyant au foyer de la Comédie du sort du dernier Capet29.

    Une aversion pour le mouvement populaire

    7Pourtant, Dulaure ne cultive pas excessivement magnanimité et unanimité : son regard est volontiers critique sur les protagonistes du mouvement populaire. Il fustige les « exagérés », les « hommes emportés » et leurs « propositions extravagantes et subversives de tout ordre » : « on peut être ferme, sévère et très révolutionnaire, sans cesser d’être sage, sans cesser d’être équitable30 ». Malgré son amitié pour Manon Roland et Olympe de Gouges, il prouve à plusieurs reprises sa difficulté à admettre, au-delà du cercle des salons, la participation des femmes à la vie publique. S’il fait la publicité d’un club féminin lyonnais, il espère que ses membres ne perdront « pas le temps de leurs séances en frivoles et bruyantes discussions sur les matières politiques, qui ne peuvent être de leur ressort qu’individuellement, et dans la forme consultative que suppose l’intimité conjugale31 ». Il montre toutefois une compréhension certaine pour les blanchisseuses parisiennes lorsque, en février 1793, elles viennent protester devant la Convention contre le renchérissement du savon et des denrées de première nécessité32. Mais son soutien s’arrête dès les premiers pillages de boutiques, dans lesquels il ne voit qu’instrumentalisation des foules par la contre-révolution, ou par quelques leaders démagogiques, tels Marat, Jacques Roux, des « orateurs banaux » jouant de la crédulité, de « la mauvaise éducation », des « dispositions violentes » du peuple, « l’entretenant sans cesse de l’étendue de ses droits sans lui parler jamais de ses devoirs » :

    Que doit-il résulter de ces violences ? Non seulement le renchérissement, mais encore le manque total des denrées ; car les marchands ne voudront plus faire venir des marchandises, les payer fort cher, pour être exposé ensuite à les voir pillées ou vendues à moitié moins de ce qu’elles ont coûté. Que résultera-t-il encore ? La dépopulation de Paris, des banqueroutes et une disette générale. Que résultera-t-il si ces violences restent impunies ? La rupture de tous les liens de la société, le mépris de tous les droits, l’encouragement à tous les excès, l’anarchie la plus affreuse ; et la porte sera ouverte aux tentatives du premier despote qui se présentera. Voilà où l’on nous mène33.

    8C’est peu dire que les prises de position du Conventionnel auvergnat lui attirent des haines. Hébert, dans Le Père Duchesne, faisant allusion à la formation de sa victime aux arts graphiques, se moque du « misérable barbouilleur à la toise », le « gaspillard Dulaure34 ». Dès le début de l’année 1793, le Conventionnel s’adresse à ses électeurs par des textes imprimés (Physionomie de la Convention nationale en janvier, Observations à mes commettants ensuite, dans lesquels il n’a cessé de se plaindre des divisions des factions). Au fil de ses Observations35, il regrette que, passé les longs débats sur le sort du roi, « les orages des passions » n’aient jamais laissé en paix la Convention, exagération et modération la dévorant de part et d’autre au détriment du service de la patrie. Les haines recuites, les vengeances obstinées, l’irascibilité et les humeurs des bretteurs de tribune, l’ego des démagogues36, la paranoïa des tenants de la théorie du complot permanent, annihilent la réflexion et obstruent le chemin de la vérité et de la justice. Si ces tares sont dans la nature de l’homme, il faut une sévère introspection pour s’en défaire, « une espèce de plaidoyer au tribunal de sa conscience », « un effort de vertu, […] et on n’en a guères contre ses penchans » tandis qu’ « être utile à la patrie et le moins utile à soi, voilà ce qui constitue le vertueux républicain ». Sans doute ne se construit-on pas tel du jour au lendemain, ne se détache-t-on pas si rapidement de siècles d’idolâtrie royale, fût-elle reportée sur de nouveaux dirigeants, et la république proclamée doit pour fonctionner compter sur des générations nouvelles et éduquées. Mais, quand la tolérance devrait la consolider et la sauver, le constat immédiat est pessimiste sur les capacités de la démocratie à accepter le pluralisme :

    […] il est injuste, et c’est surtout une preuve d’ignorance, de prétendre que dans une grande assemblée les opinions soient unanimes, et […] il est encore plus injuste de s’accuser réciproquement de trahison, parce qu’ayant des tempéraments différents on n’opine pas de même.

    9Dulaure, en note, marque nettement sa désapprobation du coup de force contre les chefs de la Gironde en juin 1793, et tout autant vitupère sans les citer contre Danton, Robespierre et surtout Marat37, rangés parmi les « quelques énergumènes pressés par le besoin de partisans et d’admirateurs [qui] ont dénoncé tout le monde de peur que tout le monde les dénoncât38 ». Il les juge objectivement complices de la Commune de Paris, dont les agitations conduisent, le 10 mars 1793, à la fondation du Tribunal révolutionnaire. Et de rappeler les bienfaits de la démocratie grecque, prompte à bouter hors de la Boulè des orateurs corrompus. Plus observateur qu’acteur, lui qui par ailleurs avoue manquer d’organe en étendrait le nombre aux endettés, aux immoraux, aux pourfendeurs de la propriété privée, aux babillards impénitents ou dangereusement séduisants39. En bref, moins de poumons, de cris et d’amour-propre, plus de raison, de clarté et d’un laconisme tout républicain… De tous ses collègues qui ne s’y conforment pas, Dulaure dresse l’acte d’accusation :

    Si vous eussiez pu dominer vos passions, vous auriez sauvé la patrie ; vous auriez évité ces tiraillements contraires dans l’action du gouvernement, ces mouvements populaires qui l’avilissent, le désorganisent, et ralentissent sa marche. Vous n’eussiez point perverti la morale du peuple. Vous lui auriez appris ses droits en même temps que ses devoirs ; il eût respécté ses représentants. L’Europe qui vous contemple vous eût admiré, eût envié votre sort. Vous avez enlaidi la Révolution. Vous avez gâté, en quelque sorte, la plus belle des causes. Vous avez fait haïr la liberté par vos fureurs. Vous vous êtes affaiblis en vous divisant et vous avez relevé les espérances de nos ennemis communs. Votre harmonie eût fait trembler les puissances coalisées contre nous ; vos divisions les rassurent. Votre harmonie eût réduit à l’impuissance et au mépris le petit nombre d’hommes pervers qui se cachent parmi vous, et qui y soufflent le feu de la discorde ; vos divisions les encouragent et les fortifient. Vous n’avez pas fait votre devoir40.

    L’isolement du Conventionnel

    10Rappelant l’exil imposé par les Athéniens à Aristide, et persuadé qu’« il ne faut point dans une république de dominateur », Dulaure, dans ses lettres d’avril 1793 aux Clermontois, gagnés majoritairement à Couthon, plaide pour l’exclusion des bancs de la Convention des « dix hommes les plus passionnés de chaque parti », désignant prioritairement Marat, « tourmenté par la maladie appelée atrabile » et présentement favorable à une dissolution de l’Assemblée41. Le triomphe de l’Ami du Peuple, acquitté le 24 avril 1793 par le Tribunal révolutionnaire des accusations portées contre lui par une écrasante majorité de Conventionnels, et porté par une foule en liesse, le désolera : il n’y verra qu’idolâtrie et dans les Vive Marat une réminiscence de Vive le Roi, une substitution indigne de républicains42. Il ne cesse d’ailleurs de proclamer que « les extrêmes se touchent » et que les exagérés sont les alliés objectifs des contre-révolutionnaires43 ; que la cause de la patrie, suspendue à la destruction du « despotisme des tyrans, [de] l’aristocratie des nobles, [du] fanatisme des prêtres » ne tolère pas « les passions de Pierre ou de Jacques44 ». Les manifestations qui ont conduit le 10 mars 1793 à la création du Tribunal révolutionnaire – dont il lui arrivera par ailleurs de louer le travail45 – sont pour cet admirateur de Thomas Paine46 autant de manipulations : les Conventionnels ont cédé à la pression virile et tumultueuse des tribunes, certains, comme Pétion, molestés, d’autres, comme Duhem, surenchérissant pour attenter à la liberté de la presse par des attaques contre Carra ou Brissot47. Du décret alors adopté, il découle qu’aucun élu de la nation ne peut plus être journaliste, et Dulaure obéit donc, au moins officiellement durant trois semaines, le temps que l’acte législatif soit rapporté : il abandonne la plume, non la propriété de sa feuille, supprime son nom de l’ours, cherchant un rédacteur « qui aura les mêmes principes, le même éloignement pour les partis qui divisent les patriotes, le même amour de la vérité48 ». Il ne cessera, parfois avec des erreurs ensuite reconnues, de dresser la liste des atteintes aux journaux et aux presses – ainsi pour la défense de Prudhomme en juin 1793 ; il est beaucoup moins amène avec Brissot, dont il relatera bientôt froidement l’arrestation à Moulins et les accusations de ses geôliers49. Lui-même subira la censure : comme trente feuilles relatant la journée du 2 juin, la sienne sera interdite de diffusion par le comité de Salut public50 ; les numéros des 27 et 30 juin ne parviendront jamais aux abonnés, retenus par la poste et renvoyés à l’expéditeur : « cela arrive à plusieurs journaux, même depuis que la déclaration des droits a été acceptée à Paris, où se trouve consacré le principe de la liberté de la presse, et celui du respect des propriétés », persifle la victime51.

    11Les journées des 31 mai-2 juin, dont il donne un compte-rendu sans affect, le bouleversent pourtant jusque dans sa prudente écriture. Au risque d’être accusé de faiblesse ou de ralliement à la Montagne, ses prises de position demeurent le plus souvent indirectes, tenant dans ses choix éditoriaux : ceux des événements bien sûr, plus encore ceux des paroles auxquelles il donne écho, ceux des listes de victimes qu’il déroule, ceux des départements et des villes dont il rend compte (Puy-de-Dôme, Lozère, Morbihan, Finistère, Ille-et-Vilaine, Lyon, Caen, Bordeaux, Marseille). Ainsi le 5 juin 1793, annonçant sans commentaire les arrestations de Guadet et de Pétion, Le Thermomètre du jour les fait-il précéder d’une lettre se réjouissant de la chute des Chalier à Lyon52, et suivre d’un long plaidoyer de son ami Vergniaud condamnant les journées insurrectionnelles parisiennes, et regrettant le fourvoiement du « peuple dont on parle sans cesse et que l’on sert si mal ». Des figures apparaissent plus furtivement, qui finissent d’associer la cause du rédacteur à celle des Girondins : c’est Clavière dénonçant sa consignation à domicile, ou Olympe de Gouges publiant son testament politique (« elle y parle avec énergie contre les ennemis de la patrie, contre les anarchistes53 »). Les interrogatoires reproduits sur plusieurs numéros favorisent surtout trois protagonistes de la Révolution : Philippe-Égalité à partir du 8 juin – malgré le mépris prétendu du journaliste pour le prince –, Manon Roland à partir du 11 juin, Charlotte Corday à partir du 21 juillet. La défense indirecte de cette dernière, de sa « conduite aussi criminelle qu’héroïque54 », est d’autant plus sensible que Dulaure n’écrit rien à l’heure de la mort de Marat, sinon une brève le 19 juillet pour souligner qu’il y a sans doute chez lui des papiers importants justifiant des scellés, une autre pour signaler que deux militantes sont venues exprimer leur douleur à la barre de la Convention, l’une d’elle proposant de prénommer son fils du patronyme du défunt.

    12Dulaure encourage-t-il pour autant à la guerre civile ? Appréciant la Déclaration des Droits de l’Homme, « plus précise, plus complète » que la précédente55, il se rallie à la Constitution de 1793 dont ses lecteurs ont pu suivre la construction depuis février. Mais il le fait de manière retorse, comme un pis-aller. En effet, s’adressant aux citoyens des départements, et les pressant d’accepter le texte, il ajoute, ironique :

    En vain diriez-vous qu’elle est l’ouvrage d’une faction, qu’elle a été décrétée dans un instant où l’intégralité des représentants du peuple a été entamée par la violence d’un parti qui a triomphé ; que vous importe ; si cette constitution est bonne, si les droits du peuple, si sa souveraineté, si l’unité de la république, l’égalité, la liberté des citoyens y sont consacrés sur des bases solides. De quelques mains qu’elle vienne, fût-ce de celles de Cobourg ou de Pitt, si elle remplit le vœu général, si elle sauve la patrie, il faut l’accepter56.

    13En janvier, Dulaure avait appelé aux armes contre les insurrections locales, dont il jugeait le nombre alarmant57. Il fait paraître exceptionnellement le 11 juin un avis personnel sur la situation, qui énonce désormais également sa compréhension des révoltes départementales et sa conviction que le salut de la patrie doit l’emporter sur les déchirements partisans :

    Le salut de la patrie dépend entièrement de la conduite que les départements vont tenir relativement à l’arrestation de plusieurs députés de la Convention. Si l’esprit de parti dirige leurs mesures, quelques justes qu’elles soient, ils perdront la chose publique, et amèneront la guerre civile, le plus grand des fléaux. Sans doute les départements ont autant, et plus de droit que le comité révolutionnaire de Paris, de poursuivre, d’arrêter ceux du parti qui a poursuivi et arrêté l’autre ; sans doute ils ont le droit de tirer vengeance de l’attentat fait à la représentation nationale le 2 juin. Mais le salut de la patrie doit prévaloir sur ces considérations, sur la justice même. Quand l’incendie est à la maison, il faut se hâter de l’éteindre, avant de poursuivre les incendiaires. Qu’ils combinent leurs démarches avec la situation critique de la France, situation qu’aggraveraient encore des mesures violentes ; qu’ils méditent de sang-froid ; qu’ils ne prennent que des résolutions sages, et ils sauveront la patrie qui ne s’est jamais trouvée, à mon avis, dans une crise aussi périlleuse58 ».

    14Là encore, Dulaure use de l’ambiguïté, puisqu’il ne cesse de publier des protestations contre l’insurrection parisienne anti-girondine, de rendre compte des bataillons départementaux en cours de constitution et de la demande du Finistère pour une réunion à Bourges des suppléants de la Convention59. Il dénonce la gangue de silence imposée à Paris par le mouvement sans-culotte, la « guerre sourde de section à section », qui se tourne contre celles ayant le malheur de prendre des arrêtés contraires aux orientations du conseil général, bientôt contraintes de les retirer à cause des intrusions menaçantes dans leurs séances de militants extérieurs hostiles60. C’est peu dire que Dulaure suit avec délectation le combat opposant les Exagérés Roux, Leclerc et Varlet, et Cordeliers, les seconds excluant les premiers61. Ouverte début juillet, une rubrique de son journal multipliant les « on dit que » ne cesse d’additionner les faux-bruits. Les jacobins clermontois, puis ceux d’Ambert, se désabonnent du Thermomètre du jour en juillet 1793. Influencés par Couthon et par Maignet, ils jugent les propos de son auteur, dont ils ne lisent déjà plus les lettres, « anticiviques » et diviseurs62. Les Ambertois disent même du Thermomètre qu’il est « infâme », « souillé de mensonges absurdes, de calomnies atroces », de « sarcasmes injurieux contre les patriotes », attaques comparées par Dulaure à celles que lui adressent les « aristocrates63 ». Le 25 août, après 698 numéros publiés jusqu’à la veille – et une interruption du 3 au 24 août –, Dulaure vend Le Thermomètre du jour à Garat, encore ministre de l’Intérieur qui, avec l’aval du comité de Salut public, cherche à exercer son contrôle sur la presse en rachetant pareillement les Annales patriotiques de Carra et Mercier, ou La Chronique de Paris de Fiévée. Jean-Antoine avoue :

    […] j’étais las de mon journal, je ne pouvais plus y énoncer la moindre vérité qui déplut aux conspirateurs sans voir es numéros arrêtés par le comité censorial de la poste64.

    15Fort de ce qui lui reste de la succession de son père, Dulaure se retire mi-septembre dans le quartier de Chaillot avec son collègue Jean-Augustin Pénières-Delzors, député de Corrèze, qui partage ses convictions. Il fréquente irrégulièrement la Convention, assiste avec effroi à plusieurs exécutions. Il est bientôt compris dans un décret de proscription porté par son collègue et adversaire Amar : non celui du 3 octobre, décrétant l’arrestation de 73 Girondins, mais celui, complémentaire, du 21 octobre, dont ne l’aura pas protégé sa brochure concomitamment envoyée aux autorités auvergnates, Du Fédéralisme en France. Destinée à le laver de tout soupçon de complot contre la République, elle vante la force de l’unité dans le strict périmètre des frontières naturelles, qui permet d’associer au gouvernement une force coactive indispensable pour accélérer les réformes et répondre aux urgences, pour établir les institutions culturelles et les moyens financiers de l’État, pour mieux répartir l’impôt, pour résister aux ennemis de l’extérieur et de l’intérieur. S’ensuivent deux mois de clandestinité dans Paris et ses environs, puis un an d’exil en Suisse, dont le récit de l’organisation exhume les réseaux girondins à l’œuvre et la force des solidarités nouées au sein du salon Roland65. Pour ses caches, ses faux papiers, ses haltes, Dulaure peut ainsi compter sur ses collègues Pénières, Bonnet de Treiches, Devérité, Ferroux – ce dernier, élu du Jura, lui livre des cartes, des adresses protectrices, une lettre d’introduction pour les Cousins Charbonniers, mixte entre Franc-maçonnerie et compagnonnage66. Avant que la Convention ne débatte de la réintégration des proscrits girondins, Dulaure lui envoie le 20 vendémiaire an III (11 octobre 1794) une pétition, également adressée à ses collègues auvergnats, qui lève l’infamie dont il est victime67. Cette autojustification renvoie ses lecteurs à ses nombreux écrits contre toutes les oppressions, de l’Ancien Régime à la Terreur, redit sa haine des factions, son goût pour l’isolement. Elle n’évite pas les attaques contre des chefs de parti depuis déchus, dont il écorne à loisir le souvenir (Couthon, Robespierre, Fabre d’Églantine, Chabot et Basire). Sans réponse, Dulaure réitère sa pétition, dans une forme très abrégée, le 11 brumaire an III (1er novembre 1794). La date est plus favorable : le débat sur la réintégration des Girondins exclus a été lancé dix jours plus tôt. Cette fois, le plaignant a prudemment retiré tout motif de polémique, toute allusion aux anciens Montagnards68. Il est réhabilité et réintégré dans ses fonctions le 18 frimaire an III (8 janvier 1795) ; il est déjà rentré en France. Une mission dans les départements de Corrèze et de Dordogne, une correspondance renouée avec la municipalité de Clermont-Ferrand – ne serait-ce que pour lui faire admettre la répression des journées populaires de germinal et de prairial an III69 –, des articles dans la Sentinelle de son ami Louvet, marqueront son retour à la vie publique. Deux élections successives au Conseil des Cinq-Cents, un rôle actif au sein du comité d’Instruction publique, notamment pour la fondation d’un corps d’inspection des écoles de la république70, un appui sans faille au coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797)71, s’ensuivront, avant que le 18 Brumaire, dont il se désolidarise, ne l’éloigne définitivement de la vie politique et ne lui fasse mesurer, si besoin était, la difficulté à bâtir de concert république et démocratie.

    Notes de bas de page

    1Édouard Fournier, Notice sur Dulaure, Poissy, 1858 ; Camille Leynadier, introduction à l’Histoire physique, civile et morale de Paris depuis les premiers temps historiques, co-écrite avec Dulaure, t. 1, Paris, Dufour, Mulat et Boulanger, 1859 ; surtout : Marcellin Boudet, Les Conventionnels d’Auvergne. Dulaure, Paris, Auguste Aubry, 1874.

    2Daniel Ligou, « Conventionnels du Puy-de-Dôme et Franc-maçonnerie », in Gilbert Romme (1750-1795) et son temps, Paris, 1966, p. 113-128.

    3BnF, Lb41 11. Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, représentant du peuple mis hors la loi et rappelé à la Convention nationale, ou Supplément aux crimes des anciens comités de gouvernement, Paris, Louvet, an III, 140 p. Dans cet écrit, Dulaure rappelle les attaques dont il fut l’objet de la part des rédacteurs de L’Année littéraire et les interdits prononcés par le Garde des Sceaux Miromesnil sur les deux premières éditions de l’ouvrage. Il n’arrange pas son cas en publiant contre le mur des Fermiers généraux.

    4Crimes et forfaits de la noblesse et du clergé depuis le commencement de la monarchie jusqu'à nos jours, Paris, s. n., s. d. ; Histoire critique de la noblesse depuis le commencement de la monarchie jusqu'à nos jours, Paris, Guillot, 1790 ; Liste des noms des ci-devant nobles, nobles de race, robins, financiers, intrigans et de tous les aspirans à la noblesse ou escrocs d'icelle, Paris, Garnéry, an II de la Liberté (1791), avec pour épigraphe : « Si notre père Adam avait recherché une charge de secrétaire du Roi, nous serions tous nobles » ; Vie privée des ecclésiastiques, prélats et autres fonctionnaires publics qui n’ont point prêté leur serment sur la Constitution civile du clergé, pour faire suite à la Liste des nobles, Paris, Garnéry, 1791 ; Étrennes à la noblesse, ou Précis historique et critique sur l'origine des ci-devant ducs, comtes, barons, etc., Paris, J. Thomas, l'an III de la liberté (1792).

    5Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, op. cit., p. 12-13.

    6AD Puy-de-Dôme, L 388, lettre de Dulaure à ses concitoyens, s. d. : « Je crois qu’il est de mon devoir, pour répondre à votre confiance et pour vous donner un témoignage de mes opinions politiques, de vous faire passer mon journal qui servira à entretenir la correspondance qui doit exister entre tous les citoyens et leurs délégués. Je recevrai de vous avec reconnaissance toutes les observations tendantes à redresser ces mêmes opinions, si vous les jugiez peu conformes à l’intérêt général ».

    7La Révolution française. Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 42, janvier-juin 1902, p. 534-540, « Lettre de Dulaure à la Convention en vendémiaire an III ».

    8Francique Mège, Correspondance inédite de Georges Couthon, député du Puy-de-Dôme à l’Assemblée législative et à la Convention (1791-1794), Paris, Aubry, 1872, p. 287. Une lettre de Couthon du 4 mai 1793 montre que la suspicion existe déjà entre les deux hommes : « Dulaure m’ayant dit hier qu’il vous avait écrit pendant notre absence, et qu’il vous écrirait encore aujourd’hui pour finir la semaine, je me dispenserai d’entrer dans de grands détails sur notre situation, bien persuadé que mon collègue ne manquera pas de vous mettre au courant de tout. Je vous dirai pourtant, de peur qu’il ne l’oublie, que le vertueux Roland est gardé à vue, et qu’il est sur le point d’aller figurer au Tribunal révolutionnaire ».

    9Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, op. cit., p. 82-83. Dulaure précise : Roland ayant décrété le 18 août 1792 qu’une somme de 100 000 livres serait consacrée à l'impression « des écrits propres à éclairer sur les trames des ennemis de l’État » et à leur envoi vers les départements, le ministre souscrit 26 ou 27 abonnements au Thermomètre pour un trimestre, et à deux ou trois reprises fait acheter 1 000 ou 500 exemplaires de numéros contenant « des réflexions sur les élections des députés qui devaient être appelés à la Convention nationale » – au total, 452 livres 10 sols lui auront donc été versés.

    10Ibid., p. 15, 110-112.

    11Ibid., p. 77.

    12Le Thermomètre du jour, 4 janvier et 2 février 1793.

    13Ibid., 23 janvier 1793.

    14Archives parlementaires, tome LVII (12 janvier-28 janvier 1793), Paris, Paul Dupont, 1900, p. 67, 83, 367, 462 – avis dans le procès du roi, 15 et 19 janvier 1793.

    15Bibliothèque du Patrimoine, Clermont-Ferrand, A 348 281.

    16Le Thermomètre du jour, 23 et 24 janvier 1793.

    17Ibid., 22, 23, 24 et 25 janvier, 13, 18 et 21 février 1793.

    18Philippe Bourdin, « Révolution et transgression : autour de la mort du roi », in Pierre Dubois (dir.), Normes et transgressions au xviiie siècle, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2002, p. 15-36.

    19Le Thermomètre du jour, 26 janvier 1793.

    20Ibid., 26 février 1793.

    21Bibliothèque Clermont-Communauté (BCC), Patrimoine, Ms 351. Lettres à ses commettants des 2 et 4 avril 1793.

    22Ibid., Lettre à ses commettants du 9 avril 1793.

    23Ibid., Lettre à ses commettants du 2 avril : « Les revers ne doivent point alarmer les âmes patriotes. Ils doivent leur prêter une nouvelle énergie. Les revers font connaître les traîtres et les font punir ; les revers font connaître les fautes et apprennent à les éviter. Les revers offrent des leçons utiles à un peuple qui se régénère ».

    24Ibid., Lettre à ses commettants du 11 avril 1793.

    25Ibid., Lettres à ses commettants des 28 et 30 mai 1793.

    26Ibid., Lettre à ses commettants du 6 avril 1793.

    27Le Thermomètre du jour, 13 juillet 1793.

    28Ibid., 24 août 1793 : « Quatre statues hideuses représentant l’aristocratie, la monarchie, le fédéralisme, le fanatisme, étaient placées dans la plaine parmi les ronces, les crapauds, les Birotteau, les Buzot, les Brissot. La foudre, partie à propos du haut de la montagne au moment où le peuple entier répétait le serment de mourir pour le maintien de la constitution républicaine, a écrasé tous les monstres de la plaine ».

    29Ibid., 31 janvier, 1er et 7 février 1793.

    30Ibid., Lettre à ses commettants du 9 avril 1793.

    31Le Thermomètre du jour, 16 janvier 1793.

    32Ibid., 24 et 25 février 1793.

    33Ibid., 27 février 1793.

    34Hébert, Le Père Duchesne, no 194, décembre 1792.

    35BnF, Lb41 3021. Les treize pages des Observations ont été imprimées à Paris, chez Langlois.

    36Observations à mes commettants, p. 6 :« Ils aiment mieux pervertir le peuple en conservant sa faveur que l’instruire en risquant de le perdre ; ils n’aiment qu’eux, ils n’aiment point le peuple ».

    37Les clés de ce texte seront explicitées dans l’autojustification que Dulaure, comme beaucoup d’autres, produira en l’an III : Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, op. cit.

    38Observations à mes commettants, p. 11.

    39Ibid., p. 9 : « Une tribune de républicains ne doit pas être une tribune de rhéteurs. Des hommes chargés des intérêts du peuple ne doivent pas perdre le temps à faire des phrases. Ils doivent travailler pour la gloire de la république, et non pour leur gloire particulière. Ils ne savent briller que par l’ordre et la force de leurs raisonnements ; tout autre éclat est vain. Des républicains doivent s’accoutumer à la nudité de la raison. Précision et clarté, voilà les préceptes éternels de l’éloquence républicaine. Ces préceptes devraient être réduits en lois ».

    40Ibid., p. 12.

    41Ibid., Lettre à ses commettants du 13 avril 1793.

    42Ibid., Lettre à ses commettants du 25 avril 1793.

    43Ibid., Lettre à ses commettants du 13 avril 1793.

    44Ibid., Lettre à ses commettants du 20 avril 1793.

    45Ibid., Lettre à ses commettants du 23 avril 1793 : « On continue de battre les révoltés qui dévastent les départemens maritimes et le tribunal révolutionnaire de Paris travaille sans relâche à leur faire une justice prompte et sévère. Déjà un grand nombre ont payé, de leur tête, leur complot liberticide ».

    46Le Thermomètre du jour, 2 mars 1793.

    47Ibid., 26 janvier 1793.

    48Ibid., 11 mars et 5 avril 1793.

    49Ibid., 25 juin 1793 : « Brissot n’est resté que huit jours à Moulins, ce temps a suffi pour qu’il corrompit une partie du département de l’Allier ».

    50Ibid., 6 juin 1793 ; Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, op. cit., p. 67.

    51Le Thermomètre du jour, 14 juillet 1793.

    52Dulaure décrira en outre l’exécution de Chalier dans son numéro du 23 juillet 1793.

    53Le Thermomètre du jour, 14 juin 1793.

    54Ibid., 21 juillet 1793.

    55Ibid., 16 février 1793.

    56Ibid., 4 juillet 1793.

    57Ibid., 25 janvier 1793.

    58Ibid., 11 juin 1793.

    59Ibid., 10, 11, 13 juin 1793.

    60Ibid., 13 juin 1793.

    61Ibid., 4 juillet 1793.

    62Philippe Bourdin, Des lieux, des mots, les révolutionnaires. Le Puy-de-Dôme entre 1779 et 1799, Clermont-Ferrand, 1995, p. 403. Le 5 juillet 1793, la société populaire de Clermont-Ferrand dénonce Dulaure comme siégeant habituellement du côté droit de la Convention, et se désabonne de sa feuille comme de celle de Carra pour privilégier le Journal de la Montagne et Le Républicain.

    63Le Thermomètre du jour, 26 juillet 1793.

    64Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, op. cit., p. 113.

    65Dulaure, Mémoires, avec une introduction par M. L. de la Sicotière, Paris, Poulet-Malassis, 1862. Cf. Philippe Bourdin, « Jacques-Antoine Dulaure, de la Gironde à la Suisse », in L’exil des conventionnels, Actes du colloque de Bruxelles, Paris, SER, 2017.

    66Jacques Brengues, La Franc-Maçonnerie du Bois, Paris, Éditions Abi, 1973 ; Pierre Merlin (dir.), Bons cousins charbonniers. Autour d’un catéchisme de la société secrète, 1835. Sociabilité, symbolique, politique, Nancray, Le Folklore comtois, 2005 ; Pascal Arnaud, « Charbonnerie et Maçonnerie. Modèles, transferts et fantasmes », Cahiers de la Méditerranée, no 72, 2006, p. 171-202.

    67La Révolution française. Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. 42, janvier-juin 1902, p. 534-540, « Lettre de Dulaure à la Convention en vendémiaire an III ».

    68Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXII, Paris, Plon, 1862, p. 641.

    69BCC, Patrimoine, Ms 351. Lettre du 14 germinal an III (3 avril 1795).

    70Philippe Bourdin, « Instruire le peuple enfant. Autour de Jacques-Antoine Dulaure et du second Directoire », in Dictionnaire des usages socio-politiques (1770-1815), fascicule 6 : « Notions pratiques », Paris, E.N.S. Saint-Cloud, 1998, p. 81-98.

    71AD Puy-de-Dôme, L 548. Lettre de Dulaure à l’administration du Puy-de-Dôme, s.d. (fructidor an V).

    Auteur

    • Philippe Bourdin

      CHEC, Université Clermont Auvergne

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    1Édouard Fournier, Notice sur Dulaure, Poissy, 1858 ; Camille Leynadier, introduction à l’Histoire physique, civile et morale de Paris depuis les premiers temps historiques, co-écrite avec Dulaure, t. 1, Paris, Dufour, Mulat et Boulanger, 1859 ; surtout : Marcellin Boudet, Les Conventionnels d’Auvergne. Dulaure, Paris, Auguste Aubry, 1874.

    2Daniel Ligou, « Conventionnels du Puy-de-Dôme et Franc-maçonnerie », in Gilbert Romme (1750-1795) et son temps, Paris, 1966, p. 113-128.

    3BnF, Lb41 11. Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, représentant du peuple mis hors la loi et rappelé à la Convention nationale, ou Supplément aux crimes des anciens comités de gouvernement, Paris, Louvet, an III, 140 p. Dans cet écrit, Dulaure rappelle les attaques dont il fut l’objet de la part des rédacteurs de L’Année littéraire et les interdits prononcés par le Garde des Sceaux Miromesnil sur les deux premières éditions de l’ouvrage. Il n’arrange pas son cas en publiant contre le mur des Fermiers généraux.

    4Crimes et forfaits de la noblesse et du clergé depuis le commencement de la monarchie jusqu'à nos jours, Paris, s. n., s. d. ; Histoire critique de la noblesse depuis le commencement de la monarchie jusqu'à nos jours, Paris, Guillot, 1790 ; Liste des noms des ci-devant nobles, nobles de race, robins, financiers, intrigans et de tous les aspirans à la noblesse ou escrocs d'icelle, Paris, Garnéry, an II de la Liberté (1791), avec pour épigraphe : « Si notre père Adam avait recherché une charge de secrétaire du Roi, nous serions tous nobles » ; Vie privée des ecclésiastiques, prélats et autres fonctionnaires publics qui n’ont point prêté leur serment sur la Constitution civile du clergé, pour faire suite à la Liste des nobles, Paris, Garnéry, 1791 ; Étrennes à la noblesse, ou Précis historique et critique sur l'origine des ci-devant ducs, comtes, barons, etc., Paris, J. Thomas, l'an III de la liberté (1792).

    5Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, op. cit., p. 12-13.

    6AD Puy-de-Dôme, L 388, lettre de Dulaure à ses concitoyens, s. d. : « Je crois qu’il est de mon devoir, pour répondre à votre confiance et pour vous donner un témoignage de mes opinions politiques, de vous faire passer mon journal qui servira à entretenir la correspondance qui doit exister entre tous les citoyens et leurs délégués. Je recevrai de vous avec reconnaissance toutes les observations tendantes à redresser ces mêmes opinions, si vous les jugiez peu conformes à l’intérêt général ».

    7La Révolution française. Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 42, janvier-juin 1902, p. 534-540, « Lettre de Dulaure à la Convention en vendémiaire an III ».

    8Francique Mège, Correspondance inédite de Georges Couthon, député du Puy-de-Dôme à l’Assemblée législative et à la Convention (1791-1794), Paris, Aubry, 1872, p. 287. Une lettre de Couthon du 4 mai 1793 montre que la suspicion existe déjà entre les deux hommes : « Dulaure m’ayant dit hier qu’il vous avait écrit pendant notre absence, et qu’il vous écrirait encore aujourd’hui pour finir la semaine, je me dispenserai d’entrer dans de grands détails sur notre situation, bien persuadé que mon collègue ne manquera pas de vous mettre au courant de tout. Je vous dirai pourtant, de peur qu’il ne l’oublie, que le vertueux Roland est gardé à vue, et qu’il est sur le point d’aller figurer au Tribunal révolutionnaire ».

    9Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, op. cit., p. 82-83. Dulaure précise : Roland ayant décrété le 18 août 1792 qu’une somme de 100 000 livres serait consacrée à l'impression « des écrits propres à éclairer sur les trames des ennemis de l’État » et à leur envoi vers les départements, le ministre souscrit 26 ou 27 abonnements au Thermomètre pour un trimestre, et à deux ou trois reprises fait acheter 1 000 ou 500 exemplaires de numéros contenant « des réflexions sur les élections des députés qui devaient être appelés à la Convention nationale » – au total, 452 livres 10 sols lui auront donc été versés.

    10Ibid., p. 15, 110-112.

    11Ibid., p. 77.

    12Le Thermomètre du jour, 4 janvier et 2 février 1793.

    13Ibid., 23 janvier 1793.

    14Archives parlementaires, tome LVII (12 janvier-28 janvier 1793), Paris, Paul Dupont, 1900, p. 67, 83, 367, 462 – avis dans le procès du roi, 15 et 19 janvier 1793.

    15Bibliothèque du Patrimoine, Clermont-Ferrand, A 348 281.

    16Le Thermomètre du jour, 23 et 24 janvier 1793.

    17Ibid., 22, 23, 24 et 25 janvier, 13, 18 et 21 février 1793.

    18Philippe Bourdin, « Révolution et transgression : autour de la mort du roi », in Pierre Dubois (dir.), Normes et transgressions au xviiie siècle, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2002, p. 15-36.

    19Le Thermomètre du jour, 26 janvier 1793.

    20Ibid., 26 février 1793.

    21Bibliothèque Clermont-Communauté (BCC), Patrimoine, Ms 351. Lettres à ses commettants des 2 et 4 avril 1793.

    22Ibid., Lettre à ses commettants du 9 avril 1793.

    23Ibid., Lettre à ses commettants du 2 avril : « Les revers ne doivent point alarmer les âmes patriotes. Ils doivent leur prêter une nouvelle énergie. Les revers font connaître les traîtres et les font punir ; les revers font connaître les fautes et apprennent à les éviter. Les revers offrent des leçons utiles à un peuple qui se régénère ».

    24Ibid., Lettre à ses commettants du 11 avril 1793.

    25Ibid., Lettres à ses commettants des 28 et 30 mai 1793.

    26Ibid., Lettre à ses commettants du 6 avril 1793.

    27Le Thermomètre du jour, 13 juillet 1793.

    28Ibid., 24 août 1793 : « Quatre statues hideuses représentant l’aristocratie, la monarchie, le fédéralisme, le fanatisme, étaient placées dans la plaine parmi les ronces, les crapauds, les Birotteau, les Buzot, les Brissot. La foudre, partie à propos du haut de la montagne au moment où le peuple entier répétait le serment de mourir pour le maintien de la constitution républicaine, a écrasé tous les monstres de la plaine ».

    29Ibid., 31 janvier, 1er et 7 février 1793.

    30Ibid., Lettre à ses commettants du 9 avril 1793.

    31Le Thermomètre du jour, 16 janvier 1793.

    32Ibid., 24 et 25 février 1793.

    33Ibid., 27 février 1793.

    34Hébert, Le Père Duchesne, no 194, décembre 1792.

    35BnF, Lb41 3021. Les treize pages des Observations ont été imprimées à Paris, chez Langlois.

    36Observations à mes commettants, p. 6 :« Ils aiment mieux pervertir le peuple en conservant sa faveur que l’instruire en risquant de le perdre ; ils n’aiment qu’eux, ils n’aiment point le peuple ».

    37Les clés de ce texte seront explicitées dans l’autojustification que Dulaure, comme beaucoup d’autres, produira en l’an III : Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, op. cit.

    38Observations à mes commettants, p. 11.

    39Ibid., p. 9 : « Une tribune de républicains ne doit pas être une tribune de rhéteurs. Des hommes chargés des intérêts du peuple ne doivent pas perdre le temps à faire des phrases. Ils doivent travailler pour la gloire de la république, et non pour leur gloire particulière. Ils ne savent briller que par l’ordre et la force de leurs raisonnements ; tout autre éclat est vain. Des républicains doivent s’accoutumer à la nudité de la raison. Précision et clarté, voilà les préceptes éternels de l’éloquence républicaine. Ces préceptes devraient être réduits en lois ».

    40Ibid., p. 12.

    41Ibid., Lettre à ses commettants du 13 avril 1793.

    42Ibid., Lettre à ses commettants du 25 avril 1793.

    43Ibid., Lettre à ses commettants du 13 avril 1793.

    44Ibid., Lettre à ses commettants du 20 avril 1793.

    45Ibid., Lettre à ses commettants du 23 avril 1793 : « On continue de battre les révoltés qui dévastent les départemens maritimes et le tribunal révolutionnaire de Paris travaille sans relâche à leur faire une justice prompte et sévère. Déjà un grand nombre ont payé, de leur tête, leur complot liberticide ».

    46Le Thermomètre du jour, 2 mars 1793.

    47Ibid., 26 janvier 1793.

    48Ibid., 11 mars et 5 avril 1793.

    49Ibid., 25 juin 1793 : « Brissot n’est resté que huit jours à Moulins, ce temps a suffi pour qu’il corrompit une partie du département de l’Allier ».

    50Ibid., 6 juin 1793 ; Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, op. cit., p. 67.

    51Le Thermomètre du jour, 14 juillet 1793.

    52Dulaure décrira en outre l’exécution de Chalier dans son numéro du 23 juillet 1793.

    53Le Thermomètre du jour, 14 juin 1793.

    54Ibid., 21 juillet 1793.

    55Ibid., 16 février 1793.

    56Ibid., 4 juillet 1793.

    57Ibid., 25 janvier 1793.

    58Ibid., 11 juin 1793.

    59Ibid., 10, 11, 13 juin 1793.

    60Ibid., 13 juin 1793.

    61Ibid., 4 juillet 1793.

    62Philippe Bourdin, Des lieux, des mots, les révolutionnaires. Le Puy-de-Dôme entre 1779 et 1799, Clermont-Ferrand, 1995, p. 403. Le 5 juillet 1793, la société populaire de Clermont-Ferrand dénonce Dulaure comme siégeant habituellement du côté droit de la Convention, et se désabonne de sa feuille comme de celle de Carra pour privilégier le Journal de la Montagne et Le Républicain.

    63Le Thermomètre du jour, 26 juillet 1793.

    64Tableau de la conduite politique de J.A. Dulaure, op. cit., p. 113.

    65Dulaure, Mémoires, avec une introduction par M. L. de la Sicotière, Paris, Poulet-Malassis, 1862. Cf. Philippe Bourdin, « Jacques-Antoine Dulaure, de la Gironde à la Suisse », in L’exil des conventionnels, Actes du colloque de Bruxelles, Paris, SER, 2017.

    66Jacques Brengues, La Franc-Maçonnerie du Bois, Paris, Éditions Abi, 1973 ; Pierre Merlin (dir.), Bons cousins charbonniers. Autour d’un catéchisme de la société secrète, 1835. Sociabilité, symbolique, politique, Nancray, Le Folklore comtois, 2005 ; Pascal Arnaud, « Charbonnerie et Maçonnerie. Modèles, transferts et fantasmes », Cahiers de la Méditerranée, no 72, 2006, p. 171-202.

    67La Révolution française. Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. 42, janvier-juin 1902, p. 534-540, « Lettre de Dulaure à la Convention en vendémiaire an III ».

    68Réimpression de l’ancien Moniteur, t. XXII, Paris, Plon, 1862, p. 641.

    69BCC, Patrimoine, Ms 351. Lettre du 14 germinal an III (3 avril 1795).

    70Philippe Bourdin, « Instruire le peuple enfant. Autour de Jacques-Antoine Dulaure et du second Directoire », in Dictionnaire des usages socio-politiques (1770-1815), fascicule 6 : « Notions pratiques », Paris, E.N.S. Saint-Cloud, 1998, p. 81-98.

    71AD Puy-de-Dôme, L 548. Lettre de Dulaure à l’administration du Puy-de-Dôme, s.d. (fructidor an V).

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