Sens de la langue. Sens du langage

Poésie, grammaire et traduction

Chantal Lapeyre-Desmaison, Isabelle Poulin et Jérôme Roger (dir.)

Modernités

Éditeur : Presses Universitaires de Bordeaux

Lieu d’édition : Pessac

Publication sur OpenEdition Books : 7 mars 2019

Collection : Modernités

Année d’édition : 2011

Nombre de pages : 198


Présentation

Ballotté entre ce qu’Édouard Glissant appelait « la masse tranquille de la langue », dans laquelle le discours scolaire s’est, semble-t-il, installé, et ce « tourment de langage » que l’on éprouve sans cesse à l’école de la poésie, l’enseignement de la langue française ne sait plus aujourd’hui à quel saint se vouer. Faut-il, comme le prescrivent les instructions dites officielles, le concevoir en serviteur de la « grammaire » - grammaire atemporelle fixée une fois pour toutes, ou bien faut-il au contraire, comme le préconisent d’autres experts, « enseigner les littératures dans le souci de la langue » ? - Louable intention, certes, mais qui, une fois de plus, ne dit rien du souci de la littérature.

À ce dilemme s’ajoute la quasi-occultation, dans les programmes comme dans la formation des enseignants, de littératures écrites dans d’autres langues, ou en langue française mais dans diverses parties du monde. La littérature dite « francophone » est pourtant, depuis plus de cinquante ans, la caisse de résonance de « la querelle des babils », ou des « puissances des langues » (Louis Aragon, à propos du Fou d’Elsa).

Ce livre collectif, issu d’un colloque qui s’est tenu à l’IUFM d’Aquitaine et à l’université Bordeaux 3 au mois de novembre 2010, se propose d’aborder ces questions, selon trois perspectives que le lecteur pourra croiser à son gré : après un parcours historique de notre imaginaire linguistique national, on se tournera d’abord du côté des écrivains, chez qui les grammaires ne sont pas des idées mais des expériences vitales d’où l’on revient « autre ». On se tournera ensuite du côté de la classe, pour y chercher des raisons d’espérer des jours plus favorables à l’initiation d’une poétique du langage au jour le jour. On ira ensuite voir du côté des traducteurs, sans lesquels nous resterions sourds à l’infini travail d’écoute auquel nous invite le passage des rythmes et des silences entre les mots de la grammaire.

Sans prétendre couvrir l’étendue du terrain ni en aplanir les aspérités, le présent ouvrage souhaite ouvrir une brèche que d’autres pourront élargir.


Sommaire

Chantal Lapeyre-Desmaison, Isabelle Poulin et Jérôme Roger

Introduction

Ouverture

Gilles Philippe

Peut-on écrire de la poésie en français ?

Histoire d’une question

Du côté de chez l’autre

Jean-Michel Delacomptée

Bossuet et le naturel de la langue

Du côté de la classe

Chantal Lapeyre-Desmaison

Embarras de langues

Du côté de Babel

Isabelle Poulin

Langues brisées et sujets en miettes

Pourquoi lire Sappho ou Dostoïevski en traduction ?


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