Sens de la langue. Sens du langage
Poésie, grammaire et traduction
Ballotté entre ce qu’Édouard Glissant appelait « la masse tranquille de la langue », dans laquelle le discours scolaire s’est, semble-t-il, installé, et ce « tourment de langage » que l’on éprouve sans cesse à l’école de la poésie, l’enseignement de la langue française ne sait plus aujourd’hui à quel saint se vouer. Faut-il, comme le prescrivent les instructions dites officielles, le concevoir en serviteur de la « grammaire » - grammaire atemporelle fixée une fois pour toutes, ou bien faut-il ...
Éditeur : Presses Universitaires de Bordeaux
Lieu d’édition : Pessac
Publication sur OpenEdition Books : 7 mars 2019
ISBN numérique : 979-10-300-0423-6
DOI : 10.4000/books.pub.7988
Collection : Modernités | 32
Année d’édition : 2011
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-86781-733-5
Nombre de pages : 198
Éric Benoit
Avant-dire à l’ébat des languesChantal Lapeyre-Desmaison, Isabelle Poulin et Jérôme Roger
IntroductionOuverture
Du côté de chez l’autre
Jean-Michel Delacomptée
Bossuet et le naturel de la langueMarie-Corinne Baron
L’expression à l’épreuve de l’impression dans À la Recherche du Temps PerduChloé Laplantine
« La langue de Baudelaire » avec BenvenisteDu côté de la classe
Chantal Lapeyre-Desmaison
Embarras de languesSandrine Larraburu-Bedouret
Donner du sens à l’enseignement de la langue ?Paul Boucher
Narration et apprentissage des languesSerge Martin
La voix comme sujet-relation : de la transmission des modèles de langue aux relations de voixDu côté de Babel
Joachim Zemmour
Quand la lettre tue l’esprit : réflexions à partir de transcréations d’Alfred Lord TennysonSandy Pécastaing
La traduction de Poe par Baudelaire, ou la fidélité au mot comme liberté d’expressionAndrew Eastman
Idéologies de l’anglais : traduction littéraire, théories de l’énonciation et génie des languesIsabelle Poulin
Langues brisées et sujets en miettesPourquoi lire Sappho ou Dostoïevski en traduction ?
Ballotté entre ce qu’Édouard Glissant appelait « la masse tranquille de la langue », dans laquelle le discours scolaire s’est, semble-t-il, installé, et ce « tourment de langage » que l’on éprouve sans cesse à l’école de la poésie, l’enseignement de la langue française ne sait plus aujourd’hui à quel saint se vouer. Faut-il, comme le prescrivent les instructions dites officielles, le concevoir en serviteur de la « grammaire » - grammaire atemporelle fixée une fois pour toutes, ou bien faut-il au contraire, comme le préconisent d’autres experts, « enseigner les littératures dans le souci de la langue » ? - Louable intention, certes, mais qui, une fois de plus, ne dit rien du souci de la littérature.
À ce dilemme s’ajoute la quasi-occultation, dans les programmes comme dans la formation des enseignants, de littératures écrites dans d’autres langues, ou en langue française mais dans diverses parties du monde. La littérature dite « francophone » est pourtant, depuis plus de cinquante ans, la caisse de résonance de « la querelle des babils », ou des « puissances des langues » (Louis Aragon, à propos du Fou d’Elsa).
Ce livre collectif, issu d’un colloque qui s’est tenu à l’IUFM d’Aquitaine et à l’université Bordeaux 3 au mois de novembre 2010, se propose d’aborder ces questions, selon trois perspectives que le lecteur pourra croiser à son gré : après un parcours historique de notre imaginaire linguistique national, on se tournera d’abord du côté des écrivains, chez qui les grammaires ne sont pas des idées mais des expériences vitales d’où l’on revient « autre ». On se tournera ensuite du côté de la classe, pour y chercher des raisons d’espérer des jours plus favorables à l’initiation d’une poétique du langage au jour le jour. On ira ensuite voir du côté des traducteurs, sans lesquels nous resterions sourds à l’infini travail d’écoute auquel nous invite le passage des rythmes et des silences entre les mots de la grammaire.
Sans prétendre couvrir l’étendue du terrain ni en aplanir les aspérités, le présent ouvrage souhaite ouvrir une brèche que d’autres pourront élargir.
Chantal Lapeyre-Desmaison (dir.)
Université d'Artois
Isabelle Poulin (dir.)
TELEM, Université Bordeaux 3
Jérôme Roger (dir.)
TELEM, Université Bordeaux 3
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