Deuil et littérature
La tâche du deuil ? « Maintenir vivant comme objet perdu » celui ou celle que nous avons perdu. C’est-à-dire : ne pas fantasmer son improbable survie, sans céder non plus à l’effacement de l’oubli, cette deuxième mort symbolique, presque plus terrible que la première réelle. Est-ce cela que la littérature nous permet, ou plus modestement nous promet ? Une reconnaissance et une conversion de la perte, qui composerait avec la dimension mélancolique en y échappant ? L’objet de ce livre est plutôt...
Éditeur : Presses Universitaires de Bordeaux
Lieu d’édition : Pessac
Publication sur OpenEdition Books : 7 mars 2019
ISBN numérique : 979-10-300-0412-0
DOI : 10.4000/books.pub.6422
Collection : Modernités | 21
Année d’édition : 2005
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-86781-349-8
Nombre de pages : 445
Dominique Rabaté
Introduction1re partie. Deuils romantiques
Pierre Glaudes
« Necropolis » : Les romantiques et le deuilFabienne Bercegol
De l’adieu et du deuil au seuil du xixe siècleBrigitte Louichon
De quelques tombeaux romanesques post-révolutionnairesAlexandre Péraud
Le réalisme romantique comme deuil du réelMarie-Catherine Huet-Brichard
Le tombeau des Muses et le deuil de la poésiePatrick Marot
Deuil et métaphore2e partie. Veufs, inconsolés fin de siècle
Vérane Partensky
Le veuvage des signesBernard Dov Hercenberg
Séparation et émergence de soiA propos de La Naissance de la tragédie de Nietzsche
Jean-Philippe Rimann
Trace, travail, traduction (Lessing, De Quincey, Baudelaire)Éric Benoit
Le deuil des virtualités inaccompliesRenée-Paule Debaisieux
Dire le deuil / dire l’envers, dans la production romanesque décadente grecque (1894-1912)3e partie. Orphelins, âmes errantes
Carine Trevisan
Écrits ultimesValéry Hugotte
Journal d’une âme erranteJean-François Hamel
Le corps de l’histoireKlossowski et les mélancolies de la narrativité chrétienne
Bernard Magné
La figure de l’orphelin dans l’œuvre de Georges Perec4e partie. Présences du deuil
Dominique Rabaté
« Maintenant sans ressemblance » : le temps du deuil et du poème (Deguy, Eluard, Roubaud)Serge Canadas
Ce qui reste de la nuitChantal Lapeyre-Desmaison
L’objet du deuil, l’objet comme deuilStéphanie Orace
L’expression muette du deuilSéverine Bourdieu
Le passé en pièces détachéesLa tâche du deuil ? « Maintenir vivant comme objet perdu » celui ou celle que nous avons perdu. C’est-à-dire : ne pas fantasmer son improbable survie, sans céder non plus à l’effacement de l’oubli, cette deuxième mort symbolique, presque plus terrible que la première réelle. Est-ce cela que la littérature nous permet, ou plus modestement nous promet ? Une reconnaissance et une conversion de la perte, qui composerait avec la dimension mélancolique en y échappant ? L’objet de ce livre est plutôt de laisser résonner cette question, d’en suivre le trajet sur deux siècles et dans certaines œuvres majeures de la modernité. De nouer des fils, d’ouvrir des pistes, de mettre en écho du début du xixe siècle jusqu’à des textes tout à fait contemporains cette problématique union, cette tension constitutive entre deuil et écriture. Pour être fidèles à ce qui pourrait être la définition même de la littérature : l’incessant dialogue entre les vivants et les morts.
Pierre Glaudes (dir.)
Université de Toulouse-Le Mirail
Dominique Rabaté (dir.)
Institut Universitaire de France. Université Michel de Montaigne-Rordeaux 3
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
