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p. 209-212
Texte intégral
1Zafimanara / Zafimagnare [litt. « les descendants de Manara »] : Cette dynastie en provenance de la région correspondante à l’actuel Anosy s’imposa au XVIe siècle aux Karimbola et aux Tandroy, grâce à Manara ou Andriamagnare, un prince de la dynastie Zafiraminia. Elle aurait sombrée au XVIIIe siècle sous les coups des Sakalava venus du Nord.
2Zafimanely [litt. : « les descendants de Manely »] : Cette dynastie royale s’est imposée aux Bara.
3Zafindravola [litt. « les descendants de Ravola »] : Cette dynastie se serait imposée au XVIIe siècle aux Masikoro.
4ZafiRaminia / Zafiraminia : [litt. « les descendants de Raminia »] : cette célèbre dynastie tanosy de la vallée de l’Efaho a des ancêtres qui seraient issus du groupe des Antambahoaka, des arabisants établis plus au Nord. Certains pensent que ce nom viendrait d’Iminia, la mère de Mahomet ou de Raminia, un ami de ce même Mahomet. Selon une autre tradition, les Zafiraminia descendraient d’un prince indien musulman venu du Gujarat. Cette dynastie a diffusé donnant vie aux royautés Sakalava et Mahafaly (les Maroseranana), Bara (les Zafimanely), Tandroy et Karimbola (les Zafimanara).
5Zanahary : Il s’agit du créateur de toute chose. On traduit donc généralement ce terme par Dieu.
6Zanga : Holothuria scabra (ou zanga foty) a donné son nom à un projet d’élevage d’holothuries dans plusieurs villages autour de Tuléar. Un petit centre d’holothuriculture en relation avec l’IHSM s’est créé à Belaza.
7Zaomanery : Ce souverain tanosy de la dynastie des Zafiraminia fut le premier à fuir la domination merina et à s’exiler en 1845, en partant s’établir dans la vallée de l’Onilahy. Alfred Grandidier le rencontra en 1867.
8Zatovo : Ce personnage mythique est connu pour sa remarquable intelligence.
9Zaza Club : Il ne s’agit pas de faire ici de la publicité mais de citer la discothèque probablement la plus connue de Madagascar (le chanteur Carlos, disparu, a souvent été cité à ce sujet), avant même ses homologues de la capitale. Il s’agit d’une véritable institution qui, dans les années 1980, prit le relais du non moins réputé Chat Botté. Il était alors en concurrence avec une autre institution ancienne, le Filao, qui a terminé dans les flammes d’un incendie.
10Zazafotsy [22° 12’S, 46° 22’E] [litt. « l’enfant blanc »] : Cette commune du fivondronana d’Ihosy a une population d’environ 10 000 habitants. Cette localité située le long de la RN7 et dominée par l’Andriamitsioka a donné son nom à la feuille L-55 de la carte FTM au 1/100 000e.
11Zaza mainty : Zaza mainty, c’est-à-dire « L’enfant noir », est un long métrage d’aventures de Florentin Randrianasoavina sorti en 2006 (Kambana Production). Il a été tourné à Ilakaka. Le scénario part d’un fait divers survenu dans la région d’Antsirabe où un petit garçon avait été égorgé dans une mine de pierres précieuses au cours d’un rite propitiatoire. C’est un des rares exemples de film de fiction tourné dans la région de Tuléar.
12Zébu : 1. Le zébu (Bos taurus indicus L., aomby en malgache) est un élément essentiel de la vie sociale et de l’économie des peuples du Sud de Madagascar, notamment chez les Bara, les Masikoro, les Tandroy et les Mahafaly qui pratiquent le pastoralisme. D’anciennes légendes voudraient que les zébus soient originaires de la mer (Rakotondrasoa, 2012). Il semble en effet que les premiers bovins malgaches aient été amenés sur des bateaux en divers endroits du littoral et à différentes époques (Rakotozafy, 2012). Ce serait à Andolonomby que se trouvent les plus anciens restes de bovin. Szumski (1968) a repris une de ces légendes qu’il a intitulé « Le boeuf de la mer ». Il voit un lien entre le mythe et la faculté que possèdent certains zébus de trouver des sources d’eau douce jaillissant dans la mer à proximité du rivage, et d’y rester de longs moments. Partout, c’est aussi un animal d’attelage, tirant de lourdes charrettes. Le zébu est le symbole d’un pouvoir social d’où l’importance des mpanarivo (Fauroux, 1989). Voilà la description de Walter Hamond (1640) qui s’était établi 4 mois à Saint-Augustin : « Le bétail est si abondant à Madagascar que ses habitants semblent tous être des éleveurs ; c’est en effet leur principale occupation. Leurs bœufs sont aussi gros que les nôtres d’Angleterre ; ils ont entre les épaules une volumineuse bosse de chair qui pèse de 20 à 30 livres ». Le zébu fait partie de la « nature sauvage », ce qui implique en partie sa gestion extensive. Il est par conséquent proche des esprits des ancêtres et peut donc servir d’intercesseur lors de sacrifices de zébus fampindrihay « qui vont avec la vie » (Battistini, 1964a). On comptait au début des années 1960, environ un zébu par habitant dans la plaine côtière, et jusqu’à 3 en Ibara. Son élevage a eu un rôle particulièrement important dans l’économie notamment à l’époque de La Rochefortaise. Le vol de zébus est le corollaire du rôle social de ces animaux. En Ibara comme en Androy, on note la grande richesse du vocabulaire permettant de décrire les découpes d’oreilles (vilo, vaky sofy), la robe des animaux (volon’aomby) ou la forme de leurs cornes. Un beau troupeau appartenant à un mpanarivo comprend obligatoirement des vositsy. 2. Le vol de zébus : la définition ironique de Gerbinis (1915) « Le sport favori des gens du Sud... » paraît quelque peu restrictive. Ce phénomène commun à tout le Moyen-Ouest et au Sud de Madagascar, moins fréquent dans les régions côtières, revêt plusieurs formes comme le hala-pamaky, le vorak’ambala ou le tantakely (Hoerner, 1990). Rien de commun en effet entre un vol d’initiation par un adolescent bara et les expéditions menées par des groupes lourdement armés. Avant la colonisation, chez les Bara, les Tandroy et les Mahafaly, le voleur insolvable était puni de mort. La loi française ne permit pas de juguler le problème. Les administrateurs se reposèrent sur le sasalia. Des dina applicables à un nombre parfois élevé de communautés villageoises permettent de retrouver plus facilement les voleurs, de réprimer les vols et d’organiser la restitution des bêtes. À partir de 1979, des opérations militaires sont organisées par l’État qui entraînent parfois de grosses bavures, dénoncées par le père Nicolas Pesle (1986) et Monja Jaona. En 2012 les vols et les opérations armées qui suivent font de nombreux morts dans les rangs des forces de l’ordre, moins bien armées que les dahalo. Quoiqu’il ne soit pas tourné à Tuléar, on pourra se référer au long métrage d’Ignace-Solo Randrasana intitulé « Alakaosy » (2004), à celui un peu plus ancien de Benoît Ramampy, à celui de René Fulgence Tovondrainy intitulé « Malaso, malaso... » (2015) ou encore à la thèse d’A. Razafitsiamidy (1997) qui traitent de ce sujet. « L’importance « culturelle » des vols de bœufs, dans l’ensemble de la région, est telle qu’on peut les considérer comme un élément indissociable du système de production « normal » (E. Fauroux, 1989).
13ZEE : Dans le Canal de Mozambique, au large du Grand Sud, la Zone Economique Exclusive de Madagascar s’arrête là où commence celle de l’île d’Europa. (p. 207)
14Ziva : Ce terme désigne la parenté ou l’alliance à plaisanterie. Lire à ce sujet Paul Ottino (1998).
15Zolica : Ce type d’enclos est particulier aux villages tandroy (Defoort, 1913 : p. 183).
16Zombitse-Vohibasia (parc national de) : Les forêts de Zombitse et de Vohibasia couvraient environ 60 000 ha dans les années 1960. Depuis 1997, 36 000 ha ont été classés en parc national. La forêt de Zombitse bénéficiait auparavant du statut légal de forêt classée, accordé par l’Arrêté de la Direction des Eaux et Forêts du 31 août 1962, qui la protégeait contre l’exploitation illicite, tandis que celles de Vohibasia et d’Isoky Vohimena étaient considérées comme des forêts domaniales. Elles constituent actuellement les forêts denses sèches les plus méridionales de Madagascar (22° 45’S et 22° 49’S ; 44° 37’E et 44° 45’E) aux confins du domaine floristique de l’Ouest et de celui du Sud de Madagascar. En raison de leur localisation, ces forêts denses sèches semi-caducifoliées, qui affichent une biodiversité exceptionnelle, sont inscrites parmi les écorégions prioritaires identifiées par le WWF. Un projet cofinancé par le WWF Norvège et le NORAD s’était fixé comme objectif d’assurer le maintien de la biodiversité dans les forêts de Zombitse et de Vohibasia par la mise en place de structures pérennes de gestion facilement prises en main par les communautés locales. La forêt de Zombitse est située entre 485 et 825 m d’altitude sur des collines formées de grès recouverts de sables et d’argile, la carapace sableuse pliocène. C’est le domaine des dômes sableux (Sourdat, 1977). Il s’agit de lourdes croupes à versants convexes, parfois entaillées par des cirques d’érosion. La forêt s’étend sur 21 500 ha dont une partie importante est située le long de la RN7 lorsqu’on arrive à Sakaraha en provenance de Ranohira. La région reçoit environ 750 mm de précipitations sur 4 à 5 mois, de décembre à mars. Le massif forestier correspond au bassin de la Taheza, afluent de l’Onilahy. Il n’est traversé par aucun grand cours d’eau mais sert de réservoir hydrique : de nombreuses sources sont visibles en contrebas du massif forestier. Par ailleurs, la bonne rétention du sous-sol en eau permet aux arbres de s’enraciner profondément. On peut la considérer comme une forêt semi-caducifoliée. On y compterait au moins 135 espèces endémiques de Madagascar. Son architecture est pluristrate. Certains émergeants atteignent 20-25 m de hauteur tandis que la canopée ne dépasse guère une quinzaine de mètres de hauteur en moyenne. Cette strate supérieure est notamment constituée de baobabs (Adansonia za, A. madagascariensis), d’une grande plante sempervirente (Securinega seyregii, Euphorbiaceae), de grandes euphorbes arborescentes aphylles (Euphorbia enterophora), de Commiphora spp. (Burseraceae) et parfois d’une Légumineuse à magniique loraison (Colvillea racemosa). L’Hernandiacée Hazomalania voyronii a presque disparu du fait d’une exploitation intensive commencée lors de la colonisation. Dans les strates intermédiaires, les essences sclérophylles sont abondantes : Baudouina rouxevillei (Fabaceae), Bridelia pervilleana (Euphorbiaceae) y sont bien représentées. Le sous-bois est riche en Acanthaceae et en lianes. Quelques épiphytes comme Sobennikofia spp. et Jumellea viguieri, des Orchidaceae, colonisent les grands arbres. Dans les années 1980, cette forêt a fortement reculé du fait des défrichements agricoles entrepris par les migrants venus cultiver le maïs (Mahafaly et Tandroy). C’est là un grave problème de même que celui de la coexistence entre ces agriculteurs et les tompontany, les agropasteurs bara. L’exploitation forestière, censée s’arrêter en 1981 au terme du permis délivré à la Coopérative Avotse, s’est par ailleurs poursuivie de manière illicite. Les essences les plus recherchées étaient Dalbergia trichocarpa (un palissandre), Diospyros spp. (l’ébène), Hazomalania voyronii et Commiphora arofy. (p. 206)

Euphorbes aphylles endémiques : de nombreuses espèces marquent le paysage du Grand Sud (© J.-M. Lebigre).
17Zoosphaerium : Zoosphaerium analavelona Wesener est une espèce de mille-pattes géant de la famille des Sphaerotheriidae, micro-endémique de l’Analavelona, découverte en 2008 par Thomas Wesener.
18Zoulou : Les quelques rares soldats zoulou arrivés à Madagascar avec l’armée sud-africaine pour chasser du pouvoir les Vichystes en 1942 ont laissé dans la mémoire collective un souvenir au moins aussi terrifiant que celui des Sénégalais.
19Zz : Ce type de ilet est utilisé par les pêcheurs vezo et destiné à la pêche aux requins (Pascal, 2008).

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