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Texte intégral
1PACA : Le Projet Ankililoaka Couloir d’ Antseva a été monté en 2006 sur un financement sécurité alimentaire de l’Union Européenne, sur proposition de SDMad associé à TAFA. Son objectif essentiel est de développer la production rizicole de la zone, souvent limitée à 3 t/ha de production annuelle en deux saisons de culture, et de remplacer la monoculture de coton par un assolement coton – cultures vivrières qui permettra de nourrir les populations locales tout en produisant plus de coton.
2Pachycaulie : Cette adaptation xéromorphe est une forme particulière de crassulescence touchant le tronc des plantes ligneuses qui se transforment en « arbresbouteilles ». Ces arbres se constituent des réserves d’eau grâce à un grand développement du parenchyme médullaire. Ces tissus parenchymateux gorgés d’eau peuvent même être broutés par le bétail. Les baobabs sont les arbres pachycaules les plus célèbres. Ceux du bush malgache, Adansonia rubrostipa en particulier, sont moins hauts mais tout aussi spectaculaires, grâce à leur port « en bouteille de gaz » qu’on observe parfois sur des substrats rocheux. On distingue deux processus de croissance très différents : la pachycaulie tardive après acquisition de la hauteur définitive dans le cas des baobabs ; la pachycaulie précoce comme chez Moringa ou chez Pachypodium.
3Pachypodium : Ce genre de la famille des Apocynaceae est bien représenté par plusieurs espèces endémiques de Madagascar rassemblées en sous-genres et en sections. On pourra en observer facilement sur les grès du massif de l’Isalo (sous-genre Chrysopodium) et en plein fourré xérophile mais aussi dans des jardins et plus particulièrement à l’arboretum d’Antsokay. La découverte de certaines espèces est récente et celle de nouvelles plausible dans les prochaines années. Les principales espèces connues sont : P. lamerei Drake ou vontaka (var. lamerei et var. ramosum Pich. ; P. meridionale (Perr.) Pichon ; P. rutenbergianum Vatke ; P. geayi Cost. & Bois ; P. brevicaule Baker ; P. densiflorum Baker ; P. horombense Poisson ; P. rosulatum Baker ; P. baronii Costantin & Bois.
4Pacification : Ce terme employé au début de la colonisation signifiait que l’Armée française était prête à faire la guerre jusqu’à reddition de ceux qui n’acceptaient pas la tutelle française. Certains mpanjaka acceptèrent cette dernière sans combattre vu qu’ils pouvaient conserver une partie de leur autorité. Il faut dire que l’insécurité qui régnait n’était pas appréciée de tous. Mais à l’opposé certains clans mahafaly et tandroy donnèrent du fil à retordre à l’État-Major français engagé dans le Sud : « Pendant que les travailleurs débouchaient les sentiers, les guerriers Antandroy se glissaient autour de nous, tiraient leurs coups de fusil devant, derrière, sur les côtés. En certains endroits ils avaient creusé des tranchées, des trous de tirailleurs. Généralement ils nous suivaient par des sentiers parallèles à ceux sur lesquels nous étions engagés, connus d’eux seulement, et d’ailleurs impraticables pour nous. C’est là qu’ils lâchaient leurs coups de fusil, puis ils couraient à l’abri recharger leurs armes. » (Lyautey, 1905 : p. 163). En revanche, la destruction des raketa par une cochenille, qui selon la rumeur aurait été introduite volontairement par l’Armée française à cet effet, n’a en fait eu lieu que de façon fortuite, une vingtaine d’années plus tard.

Les éléments d’une pirogue vezo

La réserve du PK32-Ranobe en 2008

Population et densités dans le Grand Sud par fivondronana en 2011

Les précipitations dans le Grand Sud

Les régimes de précipitations d’Ambovombe, d’Ihosy, de Tôlagnaro et de Toliara
5PAEPAR :Le Projet Pilote d’Alimentation en Eau Potable et Assainissement en milieu Rural est à l’origine de 500 forages dans le fivondronana d’Ampanihy et celui de Bekily.
6Paille-en-queue : ► Phaéton à brins rouges.
7Paléoclimat : Tout au long du Quaternaire, des climats, tour à tour plus humides ou plus secs que l’actuel, se sont mis en place pour des durées allant jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’années.
8Palissandre : On dénomme palissandre les arbres du genre Dalbergia (famille des Fabaceae). Ceux-ci sont présents, en ce qui concerne notre région, dans les forêts denses sèches et font l’objet d’une intense exploitation. La croissance de ces arbres est très lente : il faudrait environ 250 ans pour qu’un palissandre arrive à maturité.
9Palmier : Les palmiers sont des plantes de la famille des Arecaceae, bien représentées dans le Sud. ► Bismarckia, cocoteraie, dattier, Dypsis, kalalo, Ravenea, satra.
10Paludisme : Le paludisme (bemangovitra) semble avoir déjà sévi dans les régions de Fort-Dauphin et de Tuléar, il y a plusieurs siècles : en 1602, des marins qui accompagnaient Martin en seraient morts. Dans la région de Tuléar, en dépit d’un contexte environnemental favorable, cette terrible pathologie responsable d’une importante mortalité apparaît comme un fléau un peu moins virulent que dans d’autres régions plus humides de Madagascar. Il sévit au moins pendant toute la saison chaude, de décembre à mars. Les principaux moustiques anophèles responsables sont de l’espèce Anopheles arabiensi. On a cru longtemps que A. gambiae ne s’activait qu’au nord de Morombe ce qui n’est plus vrai aujourd’hui. On trouve A. funestus vers l’Est à partir de Bezaha. On pense que ces 3 espèces sont venues d’Afrique avec les hommes. A. mascarensis, une espèce endémique, sévit avec (actuellement) une moindre gravité dans le Moyen-Ouest. Contrairement à une idée répandue, de fréquents cas de paludisme à Plasmodium falciparum ont été observés dans toute la région, notamment à Ampanihy entre 1974 et 1994 et à Bekily en octobre 2012 (forte mortalité), à côté de cas de paludisme à P. vivax. En 2013, Haruna fut à l’origine d’une poussée de cette maladie.
11PAM : Le Programme Alimentaire Mondial est une organisation humanitaire internationale créée en 1963 et domiciliée à Rome. Il intervient à Madagascar et plus particulièrement dans le Sud. Un programme de préparation et d’atténuation des effets des catastrophes naturelles a été mise en place dans la province de Tuléar, qui est régulièrement frappée par des sécheresses et des invasions acridiennes, ponctuellement par des inondations. Le PAM gère des entrepôts de stockage de vivres, de semences et de médicaments, crée des cellules d’urgence en collaboration avec d’autres organismes nationaux ou internationaux (FAO, UNICEF, SURECa, CARE, SALOHI notamment).
12Pandanus arenicola : On connait généralement les Pandanus comme des plantes de milieux humides. C’est le cas pour plusieurs espèces des forêts galeries du Moyen-Ouest connues principalement sous le nom de fandra ou fandro. Pandanus arenicola Huynh apparaît donc comme une exception. On peut l’observer dans la forêt dense sèche de Zombitse.
13Pantaloa safira : On donne ce nom au treillis porté par les chercheurs de saphir. Celui-ci a été adopté par les musiciens de tsapiky (Mallet, 2009).
14Papa : On a donné ce nom en Ibara à des ignames sauvages endémiques (plus particulièrement Dioscorea antaly Jum. et Perr., famille des Dioscoreaceae) poussant en forêt et utilisées pour l’alimentation en période de kere mais parfois aussi en période normale. Papango : Dans cette danse traditionnelle et rituelle bara, un homme, perché en haut d’un poteau de bois, mime l’envol d’un oiseau de proie.
15Paraky : Traditionnellement, le tabac est cultivé, puis autoconsommé sous sa forme à priser. Cependant, on roule aussi parfois les feuilles en petits cigares.
16Paramaky : Chez les Bara, les adolescents et les jeunes hommes, de moins de 21 ans, forment le groupe social des paramaky. Ils se signalent par leur coiffure originale (touffe de cheveux ou longue mèche sur le front) et leur peigne fiché dans les cheveux. Dans la tradition, ils devaient se mettre en lumière par le vol de zébus. Ils sont de plus en plus ressentis comme une menace (Saint-Sauveur, 1998). Ce terme est aujourd’hui employé pour désigner les musiciens de tsapiky (Mallet, 2009).
17Paritaky : On dit aussi karitaky. Cette danse bara (Ratsimbazafy, 2004) a été remise à l’honneur par le groupe Matsubara et le chanteur Thierry d’Ihorombe.
18Parmentier (Jean, 1494-1529) : A bord du Sacre et de La Pensée, ce navigateur français et son frère Raoul, des navigateurs dieppois en route vers l’Insulinde, sont les premiers à atteindre le littoral occidental de Madagascar le 23 juin 1529, probablement aux environs de Morombe. Ce marchand est resté célèbre comme un des plus grands poètes de son époque. On doit par ailleurs à son ami, Pierre Crignon, et à lui-même une excellente carte de ce voyage.
19Parure : En 1613, à Sainte-Luce, à la tête de 500 hommes parés de bijoux, Andriantsiambany vint à la rencontre des Portugais, débarqués de la Nossa Senhora da Esperança, qui le vécurent comme une humiliation (Domenichini, n. d.).
20Passe : L’espace parfois étroit qui relie un lagon ou une lagune à la mer est appelé ainsi. Face à la plage de La Batterie, la passe Nord du lagon est connue pour ses courants de marée.
21Pastoralisme : Les sociétés qui vivent dans le Sud de Madagascar sont presque toutes pastorales, notamment les Bara. Elles pratiquent, en l’associant à la culture de nombreuses plantes, un type d’élevage du zébu à forte consonance sociale sans qu’on puisse qualifier cette activité d’« élevage sentimental » comme l’a souligné E. Fauroux (1989).
22Pathologies : ► bilharziose, choléra, ciguatera, cysticercose, drépanocytose, fasciolose, filariose de Bancroft, hépatite virale, kwashiorkor, lèpre, MST et SIDA, mycose, paludisme, parasitose intestinale, poliomyélite, piroplasmose, rage, tazo, tuberculose.
23Patrimoine architectural : Au-delà du simple habitat en matériel végétal, il y a peu de réalisations architecturales dans le Sud de Madagascar. Hervé Brugoux, architecte qui s’est établi à Tuléar au début des années 1980, est cependant l’auteur de quelques bâtiments remarquables comme la basilique du quartier de Mahavatse.
24Pâturage : L’importance des pâturages est à la mesure de celle du pastoralisme. Il serait erroné de se limiter aux écosystèmes herbeux. La forêt joue un rôle important pour la protection et l’alimentation des zébus : « Le pays des An-Ampâtes est plat et boisé, ses meilleurs pâturages sont dans les forêts. » (Léguével de Lacombe, 1840). ► fatra, hinde, lovoke, savane, transhumance.
25Paule de Marie Géteau (Sœur, décédée en 2008) : Cette religieuse de la congrégation de Saint-Paul de Chartres est arrivée dans la région de Tuléar en 1977. Elle s’est fait connaître pour son dévouement auprès des lépreux de Betioky.
26Pauvreté : La pauvreté constitue un caractère fondamental et récurrent du Grand Sud de Madagascar. Selon l’Institut National de la Statistique, le pourcentage de population affectée par la pauvreté y est passé à 82,1 % en 2010, en forte augmentation par rapport à la décennie précédente. D’un point de vue régional, le Sud est la région la plus pauvre de Madagascar. Cependant pauvreté n’est pas forcément synonyme de misère : la pauvreté dans le Sud semble moins insupportable que la misère urbaine dans la capitale. Cette pauvreté doit être considérée comme le principal facteur de vulnérabilité de la population. Au-delà des chiffres, il y a lieu d’observer pour mieux comprendre l’habitat précaire, la déficience de l’alimentation en eau potable et en énergie, les conditions difficiles d’hygiène expliquant une forte mortalité infantile, le constant recours au travail basé sur la force physique (agriculture, moyens de transports), la carence d’industries pourvoyeuses d’emplois, le taux de scolarisation insuffisant, le poids financier de certaines pratiques comme les funérailles et l’impact de certains interdits (Lupo Ravelorimanana, 1995)..
27Paysage : « La route traverse un paysage qui pourrait être monotone s’il n’était pas typique du Sud ; le bush, avec sa végétation si particulière, parsemée ça et là de baobabs décoratifs qui, en dépit de la laideur qu’ils évoquent à des yeux neufs, s’insèrent finalement très bien dans une végétation dont l’ensemble ne manque ni de grandeur, ni de beauté. » (Guide Bleu Madagascar, 1968 : p. 257) Cette phrase d’un guide qui a longtemps par sa qualité servi de référence, illustre bien l’ambigüité des perceptions du paysage. Que ce soit en ville comme en brousse, les paysages de la région de Tuléar sont traversés par de forts caractères identitaires. À ce titre, cela doit être considéré comme un excellent atout pour le développement du tourisme. On notera cependant que l’hôtellerie balnéaire est depuis quelques années souvent responsable de la dégradation de certaines composantes des paysages locaux. On lui doit la destruction de la végétation originelle au profit de plantes introduites.
28Pêche : La pêche est une activité majeure de Tuléar et de sa région (Rejela, 1993). Riche de nombreuses techniques ancestrales, elle reste, à quelques rares exceptions près, artisanale se pratiquant à partir de pirogues à balancier et se limitant aux lagons et aux récifs. La pêche à pied (mihaky) sur les récifs, pratiquée essentiellement par des femmes et des enfants, à la main ou au harpon, reste une activité très vivace, en dépit de la surexploitation de certaines espèces. La pêche pélagique industrielle concerne des bateaux étrangers restant au large. La pêche de plaisance s’est développée ces dernières années mais ne représente encore qu’une petite partie des prises. Sur les chenaux de la mangrove, aux embouchures des cours d’eau, sur les passes des lagunes et dans les lacs, on utilise encore aujourd’hui des barrages, mananjake, et des tandroho ou nasses.
29Pêche au poison : Ce type de pêche littorale (mandoro en vezo), officiellement interdite depuis la colonisation, est fondé sur l’emploi d’un ichtyotoxique issu d’une plante endémique au Grand Sud, Euphorbia laro Drake, famata ou laro. Les pêcheurs préparent une pâte faite de sable et de latex. Cela leur permet de confectionner des boules qu’ils jettent dans l’eau. Le sable entraîne le latex en profondeur en un nuage blanchâtre. Le poisson, sans distinction de taille, paralysé, remonte à la surface et est alors facile à capturer. Cette technique, là où elle est pratiquée, crée des déserts marins.
30Pechpeyron (domaine de) : Ce domaine de production de sisal, d’environ 5 000 ha, a été créé à partir de 1930, situé sur le bas Mandrare.
31Pecto : C’est le nom donné au genre musical précurseur du tsapiky. Ce terme fait allusion à des bonbons soignant les maux de gorge et dégageant une chaleur bienfaisante.
32Pédiplaine centrale : On parle de pédiplaine pour désigner le résultat de processus d’aplanissement des reliefs par recul des versants (backwearing) affectant les socles précambriens. Il s’agit d’étendues subhorizontales dominées par des inselbergs et les barres rocheuses caractéristiques des reliefs appalachiens. R. Battistini (1964b) définit une pédiplaine bara prolongeant celle du Nord-Mahafaly et de l’Androy occidental. (p. 138)
33Pepe : On appelle ainsi les harengs et les sardinelles, poissons très prisés de la famille des Clupeidae.
34Perrier de La Bâthie (Henri, 1873-1958) : Ce célèbre naturaliste français s’est signalé par son exploration du Sud de Madagascar et du massif du Makay dans les années 1910-1932. Il y identifia de très nombreuses espèces de plantes et est l’auteur de très nombreuses publications. Avec Henri Humbert, il est l’initiateur de l’aire protégée de Tsimanampesotse.
35Perroquet : Il existe deux espèces de perroquets dans le Sud : le perroquet Vasa (Coracopsis vasa Shaw) et le petit perroquet noir (Coracopsis nigra L.). On les observe d’ailleurs sur l’ensemble de Madagascar en-dessous de 1 000 m. Le premier préfère les friches et les cultures ; le second les forêts (Langrand, 1995). Ces perroquets servent parfois d’animaux de compagnie. Alfred Grandidier (1916) raconte qu’un ancêtre de Lahimerija fut laissé pour mort et jeté dans une fosse par des jirikaha qui ignoraient qu’ils avaient affaire au roi. Réveillé par des perroquets, il jura que ses descendants respecteraient la vie de ces oiseaux.
36Persépolis : Ce petit paquebot des Messageries Maritimes assura la desserte mensuelle du port de Tuléar de 1900 à 1922.
37Personnages historiques : ► Andriandramaka, Andriantsiambany, Bastard, Blondlat, Brulard, Cauche, Champmargou, Couillard, De Houtman, Drury, Estèbe, Etienne, Etsiamponde, Flacourt, Fleuriot, Foucquembourg, Galibert, Galliéni, Gerbinis, Impoinimerina, La Case, Lahimerija, Laitafika, Lancaster, Lavoisot, Lucciardi, Lyautey, Mahy, Manangue, Mariano, Martin, Masavana, Maudave, Monja Jaona, Parmentier, Pronis, Rabefanatrika, Rabefialy, Ramananolona, Rebiby, Relenja, Remako, Røstvig, Speyer, Tompoemanana, Toquenne.
38Pervenche de Madagascar : Catharanthus roseus (L.) G. Don, de la famille des Apocynaceae, est une plante endémique de Madagascar, très commune dans le Grand Sud, introduite dans toutes les régions tropicales du monde du fait de ses qualités ornementales et médicinales.
39Pesticide : Le Sud de Madagascar du fait de sa pauvreté semblerait a priori à l’abri des pesticides. Cependant les épandages pratiqués principalement dans le cadre de la lutte antiacridienne et de la culture du coton, grande consommatrice de pesticides, donnent lieu à une forte dispersion de produits dangereux, parfois interdits en Europe. L’écotoxicologie a de beaux jours devant elle. Pétignat (Hermann, 1923-2000) : Germain Pétignat, né dans le Jura suisse en 1923, arriva comme missionnaire catholique à Tananarive en 1952, mais rompit de manière voulue définitive avec la religion. Proche des indépendantistes, notamment d’André Resempa, il est expulsé par l’administration coloniale. Il revient juste après l’Indépendance et exerce le métier d’imprimeur à Tananarive, éditant le Journal Officiel du gouvernement sous la présidence Tsiranana. En remerciement, il obtient la nationalité malgache, un véritable privilège pour un étranger à cette époque. Plus tard, il intègre une société d’exploitation forestière à Moramanga comme administratif puis à Sakaraha en 1972 où il épouse Simone, originaire du Nord de Madagascar, qui lui donne deux filles (1972, 1974) et un garçon (1980). Quelques années plus tard, il s’installe à Tuléar où il loue une propriété dans le quartier de Mitsinjo pour faire de l’agriculture, une de ses passions avec les plantes. En 1980, il achète un terrain à Ankoronga, plus précisément à Antsokay là où se trouve l’actuel arboretum. Il y fait des cultures et de l’élevage. La vente de fromages de chèvre à la petite communauté d’expatriés de Tuléar lui permet de subsister. Il se lance même dans la restauration informelle sous un petit faré qui deviendra plus tard l’Auberge de la Table. Sa rencontre avec le botaniste allemand Werner Rauh l’amène à parcourir la région à la recherche de nouvelles espèces de plantes et à créer un arboretum. Il est suivi par d’autres botanistes du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris et du Jardin botanique de Kew. Malade, il décède en 2000. Son fils a pris la relève en 2003. Ainsi un autodidacte suisse sans fortune a été à l’origine d’un jardin botanique que ni les autorités coloniales françaises, ni les responsables malgaches de l’environnement, n’ont été capables de mettre en place dans une des régions du monde les plus riches en phytodiversité. Quelques espèces lui ont d’ailleurs été dédicacées comme Cynanchum petignatii Liede & Rauh.
40Petite Dune : Ce terme a été créé par René Battistini (1964b) pour désigner les dépôts éoliens grésifiés aepyorniens les plus récents, dits post-karimboliens, qu’on trouve sur la zone côtière de notre région. En maints secteurs, la Petite Dune transgresse la Grande Dune et est elle-même souvent transgressée par des dunes plus récentes.
41Petriky (forêt de) : Cette forêt littorale sur sable, située au nord des lagunes d’Andrananany et d’Andratoloharano, limitée par une falaise morte, est vraisemblablement un futur site d’exploitation de l’ilménite à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Tôlagnaro : QMM y a une concession de 1 320 ha. Depuis 2008, 120 ha ont acquis le statut de zone de conservation forestière.
42Pétrole : Les premières prospections d’hydrocarbures, négatives, dans le Grand Sud furent le fait de la SPM (Société des Pétroles de Madagascar) dans les années 1950. Dans les années 1970 et 1980 eurent lieu de nouvelles prospections dont témoignent de nombreux layons sismiques à l’origine de trouées toujours visibles dans la végétation. Le premier forage de prospection par la société Madagascar Energy International a eu lieu en mai 2009 ; il a été suivi de l’intervention de la chinoise Yapec ou Yangchang Petroleum à Sakaraha. Des gisements de gaz naturel y ont été également mis en évidence.
43Phaéton à brins rouges : Phaethon rubricauda Boddaert est l’oiseau marin connu également sous le nom de phaéton à queue rouge ou paille-en-queue. Il nidifie uniquement à Nosy Ve (il y est facile à observer), à Europa, à l’île Ronde (Maurice) et à Aldabra. Un fady protège l’oiseau et ses œufs (Langrand, 1995).
44Pharmacopée : De nombreuses espèces de plantes, pour la plupart endémiques, sont collectées et vendues pour être utilisées en pharmacopée. Ainsi en est-il pour le katrafay ou la pervenche de Madagascar. Les ombiasy restent cependant détenteurs d’innombrables secrets en ce domaine.
45PHBM : Le Projet de mise en valeur du bassin du Haut-Mandrare a été initié par le FIDA en 1995.
46Phytodiversité : ► Baobab, Didiereaceae, Kalanchoe, Pachypodium, végétation.
47Pieds-nus : Le port de chaussures était encore, il y a peu de temps, réservé aux plus fortuné(e) s. La fabrication artisanale de sandales puis la diffusion des tongues a modifié les comportements. Comme autrefois les tsimandoa, les tireurs de pousse vont presque toujours pieds-nus.
48Piletse, pilotsy : On emploie ce terme pour désigner un type de fronde fabriqué à partir de cuir et de bois.
49Pintade : En brousse, il n’est pas rare de croiser des groupes de pintades mitrées (Numida meleagris, Numididae), peu farouches. Cette espèce a, selon toute vraisemblance, été introduite anciennement par les hommes depuis le Mozambique et s’est naturalisée. C’est un des principaux gibiers.
50Piolalitsy [litt. « attraper les mouches »] : Ce terme désigne la soudure, la période morte où les musiciens de tsapiky n’ont rien à faire, faute de demande (Mallet, 2009).
51Pipeline japonais : De 1996 à 1999, grâce à un financement de la coopération japonaise (JICA) a été capté un sousécoulement du Menarandra et construit un aqueduc, connu sous le nom de « pipeline japonais », entre Ampotaka pour conduire l’eau vers Beloha, Tranovato et Tsihombe. Censé approvisionner en eau environ 80 000 personnes au moment de l’aménagement, le programme n’a pas répondu à toutes les espérances. Cela est en partie dû à la modestie des deux forages (5 l/s), à la précarité des canalisations de 16 cm de diamètre en amont (7,5 cm à l’arrivée à Tsihombe), réalisées en PVC. Ce pipeline est géré par l’AES.
52Pirate : Les pirates font partie de l’histoire de la baie de Saint-Augustin, un de leurs principaux points de relâche à Madagascar aux XVIIe et XVIIIe siècles, notamment pendant la période 1680-1725, aux côtés de Fort-Dauphin, de Methelage et surtout de l’île Sainte-Marie. Daniel Defoe a donné dans son « Histoire générale des plus fameux pyrates. Le grand rêve flibustier » une description beaucoup trop romancée de ces coureurs des mers. Une des principales activités de ces pirates consistait en effet à faire le commerce des esclaves et non à venir en aide à la veuve et à l’orphelin. Parmi les plus célèbres nous citerons Abraham Samuel et Samuel Burgess.
53Pirogue à balancier : La pirogue à balancier et à voile est plus encore qu’un outil destiné à la pêche et au transport, un mode de vie et un symbole de l’esprit d’aventure des Vezo. Ces pirogues, héritage de traditions venues de l’Insulinde, également transmises vers l’Océanie, coexistent avec des monoxyles sans balancier (molanga, jilo) destinés principalement à la navigation sur les cours d’eau. Cependant des pirogues à balancier, attachées par 2 ou par 3, activées à la perche, étaient autrefois utilisées pour desservir Beroroha sur la Mangoky (Ottino, 1963), loin de l’embouchure. De même sur l’Onilahy, des pirogues à balancier assuraient, avant l’arrivée des véhicules tout-terrain, le transport des productions locales vers l’aval ainsi que celui de passagers jusqu’à Benenitra. Les marins vezo utilisent habilement les brises de terre et de mer pour naviguer en utilisant des voiles parfois formées d’un patchwork de pièces textiles variées. La voile et les membrures sont utilisées comme tente (tranolay) à même la plage ce qui évoque, en moins spacieux, les tepee des Amérindiens. Un signe de reconnaissance ou masonday (l’oeil de la voile) en évidence sur la voile permet d’identifier le bateau (B. Pascal, 2008). On utilise le farafatse pour tailler le corps monoxyle de la pirogue et le hazomalany pour fabriquer les balanciers. L’exploitation de ces arbres a lieu loin du littoral en pleine forêt ce qui implique de longs convoyages sur des charrettes à zébu et sur les cours d’eau. On se reportera à l’ouvrage de Bernard Kœchlin (1975) pour de plus amples détails sur les pirogues. (p. 148)
54Piscine : À Tuléar, la plus ancienne piscine connue, aménagée par la ville dans les années 1950, se trouvait près de la petite jetée à côté de l’actuel hôtel Plazza. Depuis 2008, les piscines privées se multiplient, principalement pour le compte d’hôtels ou de lieux de loisirs (Victory, Palétuvier, Auberge de la Table à Antsokay, Récif, etc.), voire pour des lotissements (« Clos des Dunes »). À Bezaha se trouve la plus ancienne piscine alimentée par de l’eau thermale chaude. A Sarodrano, on trouve une grottepiscine naturelle.
55Pisopiso : Ce nom est donné à différentes espèces endémiques de Croton (Euphorbiaceae) et à Pemphis madagascariensis H. Perr. (Lythraceae), plante endémique de petite taille (1 à 2 m).
56Pitolalahaninany : Ce serpent à 7 têtes, sorte de dragon, relève de la mythologie régionale. Dans l’Androy, on parle du fananim’pitoloha. Pour Molet (1974b), la légende pourrait être née au fond d’assiettes chinoises.
57PK32-Ranobe (réserve du) : La Réserve du PK32-Ranobe, dite également réserve Domergue (Domergue, 1983), a vu le jour en 2008 sur 287 530 ha grâce à un arrêté de protection temporaire. Des recommandations ont été faites pour que cette aire protégée soit étendue à des forêts riveraines du Fiherenana et du Manombo (Gardner, 2009). (p. 148)
58Plage : Le Sud malgache comporte des centaines de kilomètres de plage de sable quartzeux, apporté par les fleuves, et de sable carbonaté provenant des récifs coralliens. Pour les populations littorales comme les Vezo, la plage est un lieu de vie d’où partent et où reviennent les pirogues à balancier. C’est aussi le lieu de la pêche à pied. Y sourdent parfois des filets d’eau douce qui à l’étal de basse mer attirent le bétail. Pour les enfants c’est un lieu de jeux. Pour les véhicules tout-terrain, c’est parfois, au jusant, une alternative intéressante aux mauvaises pistes. Accessoirement les plages comme celles de Tôlagnaro, de La Batterie ou d’Ifaty attirent quelques touristes mais, il ne s’agit pas encore d’un tourisme de masse.
59Plage soulevée : On désigne sous le terme de plage soulevée d’anciennes portions de rivage se trouvant au-dessus du niveau du rivage actuel. Sur tout le littoral méridional de Madagascar, on retrouve de telles plages jusqu’à 4 m au-dessus du niveau actuel de la mer comme c’est le cas au cap Sainte-Marie par exemple (Battistini, 1964b).
60Plantes cultivées : En excluant les plantes ornementales : ► agrumes, antake, arachide, balahazo (manioc), canne à sucre, cocoteraie pour cocotier, coton, dattier, haricot, igname, Jatropha curcas, jojoba, kabija, katsaka (maïs), manguier, Moringa spp., niébé, pervenche de Madagascar, pois du Cap (kabaro), raketa (oponce), ricin, riziculture pour riz, sisal, songe (taro), sorgho, vigne, voandzou, vomanga (patate douce).
61Plate-forme à vasques : Des plates-formes à vasques ont été décrites par R. Battistini (1964) sur les estrans rocheux situés entre le Cap Sainte-Marie et Tôlagnaro, notamment à Faux-Cap. Les vasques sont des sortes de bassins de quelques centimètres de profondeur, parfois disposés en escalier, mesurant rarement plus de 8 m dans leur plus grande longueur. Elles sont séparées par des bourrelets d’origine probablement biologique.
62Plate-forme continentale : Entre le delta de la Linta et celui du Mangoky, sur près de 400 km du littoral malgache, la plate-forme continentale est très étroite : moins d’une vingtaine de kilomètres. Elle ne s’élargit que vers le Sud (50 km au niveau du cap Sainte-Marie) et vers le Nord (30 km au large de Morondava). Ce plateau est peu profond (- 20 à - 60 m) et plonge brutalement vers les plaines abyssales du canal de Mozambique par un talus continental abrupt. Il est coupé par plusieurs vallées sous-marines : le canyon de l’Onilahy est l’un des plus importants (Battistini et al., 1975) ; la fosse de Morondava, à titre de comparaison, plonge de - 50 à - 700 m en l’espace de 8 km.
63Pois du Cap : Dans un pays comme la France, on connaît moins bien le pois du Cap, une plante andine et mésoaméricaine (Phaseolus lunatus L., kabaro en malgache, Lima bean en anglais) que dans les îles britanniques où il était et reste très prisé. Au XXe siècle la plante était déjà cultivée loin à l’intérieur des terres et vendue sur la côte. Pendant la colonisation, la production a été développée dans le couloir d’Antseva et sur les terroirs des communes du Mangoky inférieur, notamment à Ambahikily et à Nosy Ambositra. Elle s’est effondrée depuis.
64Poisson : Les poissons marins qu’on observe dans le Sud de Madagascar sont communs à de nombreux littoraux tropicaux. Le fleuron de ce groupe est sans contexte le cœlacanthe. Les poissons d’eau douce, peu nombreux en espèces, n’ont fait l’objet que de rares publications. ► aloalo, anguille, antenjo, coelacanthe, gogo, lamatra, lovo, pepe, Ptychochromis onilahy, requin, sorboa, Tilapia, tovy, Typhleotris, vahava.
65Poliomyélite : On croyait la poliomyélite, autrefois très répandue, éradiquée de Madagascar depuis 2005 mais la maladie a ressurgi dans le Sud en 2011. Selon le ministère de la Santé, seulement 40 % des enfants seraient vaccinés dans le Sud de Madagascar, ce qui est le taux le plus faible du pays.
66Politique des races : La « politique des races », inspirée des idées de Gustave Lebon (1841-1931), adaptée et mise en place par Galliéni, avait clairement pour principale finalité d’écarter les Merina de l’administration des régions d’où ils n’étaient pas originaires (Galliéni, 1900 : p. 201). Ce fut, de ce point de vue, un échec car ces derniers s’imposèrent comme indispensables, du moins jusqu’à l’insurrection de 1971. Cette stratégie consistait pour ce partisan de la décentralisation administrative à déterminer « scientifiquement » diverses « races », notamment selon des critères anthropométriques, puis à cartographier précisément les découpages ethniques. Cela avait également pour but de donner l’illusion que chaque prétendue « race » pourrait un jour jouir d’une totale autonomie. Ce terme de race, souvent interchangeable avec celui de « peuplade », était peu approprié car il s’agissait en fait davantage de pouvoirs, de faits culturels et de genres de vie que de faits anthropométriques : « Ces races sont au nombre de trois : les Antanosy […] ; les Antatsimos […] et les Antandroy » (Anonyme 1901, à propos de la région de Fort-Dauphin). Il est remplacé à l’Indépendance par celui, également contesté, d’ethnie. C’est le prétexte pour l’administration coloniale de mettre en avant un ressenti négatif : « Sales, hirsutes, n’ayant la plupart pour tout vêtement qu’un lambeau d’étoffe d’une malpropreté sordide roulé autour des reins, devenu à la longue de même couleur que leur peau […]. Ils ont la peau cuivrée et la physionomie empreinte d’une certaine brutalité. » (Anonyme, 1901 : p. 121). Cette politique contribua au développement de ce qui fut appelé l’ethnologie militaire.
67Pollution marine : Bien qu’il y en ait certainement beaucoup plus, on peut retenir 3 accidents majeurs dans le Grand Sud. En septembre 1971, un navire grec, l’Antonia Xila, transportant une grosse cargaison de charbon s’échoua dans le lagon de Tuléar et brûla pendant plusieurs mois entraînant une forte mortalité de la faune lagonaire. Un autre navire grec s’échoua en 1973 près de Tôlagnaro libérant des tonnes de farine qui pourrirent, provoquant de très mauvaises odeurs. La pollution du Gulser Ana à Betenty date de 2009. Par ailleurs, du fait du niveau actuel de corruption à l’échelle nationale, le Sud de Madagascar, qui propose de nombreux sites peu peuplés, est considéré comme propice au débarquement illégal de déchets toxiques.
68Ponor : Ce terme de karstologie (► karst) désigne une cavité dans laquelle disparaissent les eaux d’une rivière pour suivre un cours souterrain qui les mène généralement à une résurgence. Les eaux de la Sitiny disparaissent dans un ponor.
69Population : ► Bara, démographie, Karana, Karimbola, Mahafaly, Masikoro, Merina, migration, Mikea, natalité, Tandroy, Vezo. (p. 148)
70Porcelaine : Cypraea est un genre de mollusque gastéropode vivant sur les récifs coralliens, dénommé communément « porcelaine ». On en compte environ 25 espèces sur les récifs du Sud. Les porcelaines du marché aux coquillages de Tuléar étaient réputées, particulièrement les grosses porcelaines tigre (C. tigris L.). Leur raréfaction est liée à la surexploitation (pêche à pied, plongée) entraînée par l’exportation. Des études ont montré l’intérêt de certaines espèces dans les soins des asthmatiques.
71Port : Tuléar est aujourd’hui en concurrence avec Ehoala pour le titre de principal port du Grand Sud malgache, Soalara et Morombe étant placés bien loin derrière. Au tonnage, à l’échelle nationale, le port de Tuléar reste loin derrière les ports de Toamasina, Mahajanga et Nosy Be. Cependant des projets d’amélioration se dessinent. « Tuléar est le port le plus sûr et le plus beau de tout Madagascar. Il y a là deux belles entrées par n’importe quel temps et sous n’importe quel vent. » (Du Vergé, 1887). « On éprouve une véritable satisfaction [...] à pénétrer dans l’excellent petit port de Tulléar, bien fermé par la terre et une ligne de récifs qui le protège contre les vents du large. Il n’a qu’un inconvénient, c’est, à la basse mer, la grande laisse qui retient les embarcations à 1.200 ou 1.500 mètres du rivage et oblige le voyageur à faire ce trajet en filanzane ou sur les épaules des indigènes. Il faudrait donc, si l’on voulait profiter des grands avantages que présente ce merveilleux point de débarquement, y construire un wharf le plus tôt possible ; cette question est à l’étude. » (Envoyé spécial à Madagascar, Le Temps du 4 octobre 1898, n ° 13635). En 1901, un premier appontement est réalisé à Tuléar et on édifie le phare de La Batterie qui permet aux navires de se repérer pour entrer dans le lagon. Un wharf plus long conduisant à un véritable quai fut construit plus tard permettant de s’émanciper des contraintes de marées.
72Portable : La diffusion grand-public, à partir de la décennie 2000, des téléphones portables (opérateurs Telma, Orange et Zain) constitue une véritable révolution dans les comportements d’une partie des habitants du Sud malgache. Les tarifs, bon marché vus d’Europe mais très élevés pour la population locale, n’ont pas empêché le mouvement.
73Port Cruizer : Ce toponyme que l’on doit à Owen (Grandidier, 1892) apparaît sur quelques cartes à partir de 1825 : il s’agirait d’un ancrage à proximité d’Ambohibola. Il ne s’agit pas d’une confusion avec Port Crocker (► Ampalaza).
74Port-de-la-Loi : Ce nom a été donné à Fort-Dauphin pendant la Convention (1792-95).
75Portugais : Des navigateurs portugais ont anciennement fréquenté le littoral de cette partie de Madagascar, explorateurs ou marchands en route vers l’Inde. Ils ont été à l’origine de quelques toponymes. Le premier d’entre eux à toucher le rivage semble avoir été Diego Lopez de Sequeira qui débarqua à Torobaya en 1508 (Bernard, 1978). À partir de ce moment, de nombreux navires voyageant entre le Portugal et les Indes orientales font naufrage ; une partie des marins survit et se mêle à la population, d’autres disparaissent. ► fort des Portugais, grotte des Portugais, Isalo, Luis Mariano.
76Poste militaire : Au début de la colonisation, l’implantation temporaire de postes militaires le long des lignes de communication répond davantage à un impératif politique qu’à un impératif militaire. Ces postes sont hiérarchisés notamment en fonction du nombre de soldats qu’ils abritent et de leur qualité (compagnie de Tirailleurs, milice). Commandés par des officiers ou sous-officiers français, ils sont destinés à créer les conditions propices à la sécurité et permettent de transmettre l’autorité à des chefs locaux et de les transformer en postes administratifs. En Androy, ce sont parfois « des sentinelles qui gardent des puits… » (Lyautey, 1905 : p. 151) ; quelques rares postes reçoivent alors une lettre (M, P) comme nom. Il est d’ailleurs exclu de favoriser de multiples implantations militaires, trop coûteuses et comportant des risques : « Les petits détachements indigènes tyrannisent et exploitent la population et en déterminent l’exode. » (Galliéni, 1900 : p. 181). Selon Lyautey, il est fondamental de s’implanter au cœur des territoires les plus peuplés si possible à côté de la résidence des mpanjaka. De cet impératif est née une nouvelle organisation de l’espace, la plupart des postes ayant été les fondements de futurs bourgs. (p. 156)
77Potamochère : Le terme de « cochon sauvage », employé par certains vazaha, est inexact puisqu’il désigne en fait un potamochère (Potamochoerus larvatus Cuvier), parvenu d’Afrique, abondant et destructeur des cultures. Mais il existe aussi ici ou là quelques porcs adeptes du marronage. ► lambo.
78Poterie : Un peu partout, des tessons de poterie en stratigraphie ou à la surface du sol signalent la présence d’anciens établissements humains à moins qu’ils ne se trouvent simplement à des points d’eau. On sait que les Vazimba étaient d’excellents potiers. Aujourd’hui cette activité artisanale, dont on mentionne le dynamisme en début de XXe siècle, a disparu du Sud malgache, à quelques exceptions près. Battistini (1964a) rapporte la fabrication de grandes jarres à eau par des artisans vezo, réputés très habiles dans cette activité, à Soalara, Anakao et Befasy.
79Pousse/pousse-pousse/ posiposy : Pour celui qui aborde Tuléar en ne connaissant que la capitale, le spectacle des innombrables pousses (familier) et de leurs « tireurs » ou boto (litt. domestiques) constitue un phénomène tout à fait fascinant. Marcher à pied à Tuléar implique d’être constamment interpellé par l’appel « pusy » signalant leur présence. En 2009, on en comptait au moins 3 000. C’est beaucoup plus que dans les années 1980, où il n’y en aurait eu que 300. Seule la ville d’Antsirabe en possèderait davantage mais, de forme différente, ils sont moins impressionnants. Ceux de Tuléar sont fabriqués sur place par des artisans. Ces pousse-pousse ont en commun la toile de leur toit pliant, toujours verte. Les tireurs de Tuléar proviennent tous de l’Androy. Pauvres, ils vivent avec frugalité. Il ne faut cependant pas oublier qu’en ajoutant la chaîne locale de fabrication et d’entretien, ce moyen de transport permet à de très nombreuses personnes de vivre de leur travail. L’idéal serait cependant de passer à la technique du cyclo-pousse comme cela s’est passé en Asie après la Seconde Guerre mondiale. Pour mieux comprendre la réalité sociale des tireurs, on pourra visionner le documentaire « Le divorce d’un tireur de pousse » de M. Fiéloux et J. Lombard (IRD audiovisuel).
80Poussière : Des mesures faites à l’aide de capteurs pyramidaux tendraient à montrer l’augmentation récente des volumes de poussières emportés par les vents qui soufflent parfois de manière violente dans la partie méridionale de Madagascar. Le lien avec la déforestation est a priori plus probant que celui qui pourrait être fait avec les changements climatiques. Des toponymes comme Belemboke font allusion à l’abondance de la poussière. Lupo (1995 : p. 77) décrit le phénomène sur la route de Maninday privée de son goudron. Il insiste sur les préjudices sanitaires.
81Prairie marécageuse : On peut observer de grandes étendues de prairies marécageuses soit sur les rives des cours d’eau, soit autour des étangs ou encore dans la partie externe des marais maritimes. Les plantes qui les composent sont majoritairement des roseaux (Phragmites australis ou bararata), des Typha ou vondro, des scirpes et autres Cypéraceae. Utilisées dans la construction de l’habitat traditionnel, elles jouent un rôle important dans l’économie locale. Par ailleurs, elles permettent à de nombreux oiseaux d’y trouver un refuge et des lieux de reproduction.
82Précipitations : La côte du quart sud-occidental est la région la plus sèche de Madagascar. Le climat y a été défini comme tropical chaud subaride (Dufournet, 1972). En moyenne, Tuléar ne reçoit qu’environ 400 mm de précipitations (ranonorane) annuelles sur 34 jours ; elles sont par ailleurs soumises à une importante variabilité interannuelle. Dans toute la région, les sécheresses exceptionnelles ne sont pas rares. Ainsi, ces dernières années les précipitations sont parfois tombées en dessous de 250 mm mais jamais aussi bas qu’en 1948 (129 mm) et en 2002 (85,5 mm) à Tuléar. Ces précipitations ont un régime contrasté : l’essentiel se concentre de décembre à mars sous forme de petites sessions pluvieuses propices à des inondations, entrecoupées de sessions sèches parfois très longues. Une grande partie de ces pluies estivales est liée à des cyclones en voie de comblements venus du Nord du canal de Mozambique. En revanche, les pluies d’hiver, bien que peu abondantes, ne sont pas rares ; elles sont liées à des perturbations venues de l’Afrique du Sud ; au nord de Morombe, elles disparaissent. On remarque qu’en s’éloignant de la mer vers l’intérieur des terres, les totaux des précipitations augmentent. Cela est souvent perceptible dans les environs de Tuléar en saison chaude (décembre à mars) quand de gros cumulonimbus se forment donnant de fortes averses sur le causse, rafraîchissant momentanément l’atmosphère, mais laissant le littoral au sec dans une chaleur étouffante. Ainsi tandis qu’à Bezaha, il tombe 517 mm de pluie par an, Sakaraha en reçoit environ 730 mm et Ranohira environ 900 mm. Il en est de même en allant vers le Nord : Morombe reçoit une centaine de millimètres de plus que Tuléar. Tôlagnaro, avec ses 1 500 mm annuels, est à part, faisant partie du domaine perhumide du versant oriental. Les précipitations occultes, à propos desquelles on ne dispose pas d’estimation, sont particulièrement importantes. Il s’agit d’un élément fondamental pour le développement ou la survie de la végétation pendant les longues périodes sans pluie. La chute brutale des températures pendant la nuit est à l’origine de rosées matinales que la morphologie de certaines plantes semble apte à récupérer. L’omniprésence des lichens sur les branches des ligneux atteste également l’importance des rosées. (p. 149)
83Premchai Karnasuta : Né en 1954, cet homme d’affaires thaïlandais, un des plus riches d’Asie, aurait acquis en 2011 de vastes concessions minières principalement dans le Sud de Madagascar, notamment à Maromby.
84Presse : Jusqu’à la création de son université, Tuléar ne pouvait pas être considérée comme un véritable centre intellectuel. En 1900, on y publia le journal La Dune, puis en 1958 La Voix du Sud, créé par Maître Jean Ducaud (Rabearimanana, 1981). C’est à Tuléar cependant que fut diffusé le premier journal de langue malgache, Tolona. Une première revue universitaire Tsiokantimo vit le jour en 1976 mais ne dura guère ; en 1995 fut créée Talily, une autre revue de sciences humaines.
85Prison : À l’époque coloniale, l’emprisonnement motivé par un esprit réfractaire à l’impôt, des violences sur la voie publique ou par des vols de zébus, provoquait la terreur de la population rurale. Dans les prisons, les conditions de vie étaient considérées comme déplorables. Gerbinis, cité par F. Esoavelomandroso (1975), note que la prison a des effets pernicieux : qui y entre simple voleur de zébus en ressort malfaiteur capable des pires crimes. Ce fut le cas des chefs sadiavahe, d’anciens évadés. Les conditions insalubres n’ont guère évolué comme le montrerait le pénitencier d’Ambalabe à Tuléar.
86Pronis (Jacques, 1619-1655) : Jacques (de) Pronis était un administrateur colonial français, de religion protestante, originaire de Normandie. Embarqué à Dieppe en 1642, à l’âge de 23 ans, sur le Saint-Louis pour le compte de la Société de l’Orient, il aboutit à Sainte-Luce. Il fut l’année suivante, avec Foucquembourg, le fondateur de Fort-Dauphin dont il fut également le gouverneur de 1643 à 1648 avant de devenir le second d’Étienne de Flacourt. Il épousa la fille d’un chef tanosy, Drian Revelo, après avoir conclu un pacte avec son père. La réputation de Pronis est encore aujourd’hui détestable mais cela prend sans doute racine dans le fait qu’il était protestant et qu’il avait à faire à des administrés catholiques supportant mal l’autorité d’un réformé. Il fut notamment accusé d’avoir fait exécuter un chef tanosy coupable d’avoir entretenu des relations avec son épouse. Plus grave, il fit capturer puis déporter à Maurice comme esclaves destinés aux Hollandais, 70 villageois. Cela provoqua la désertion de nombreux colons. Flacourt, nommé par la Société de l’Orient pour le remplacer, jugea très sévèrement Pronis sur cet acte et les conséquences qui s’ensuivirent, une véritable haine antifrançaise de la part de nombreux Tanosy. Pronis revint cependant relever Flacourt en 1654 à la demande du maréchal de Meilleraye, cousin de Richelieu. Il mourut d’épuisement le 23 mai 1655 après qu’un incendie ait détruit le fort.

Postes militaires et axes de circulation vers 1905

Un récif barrière : bloc-diagramme

La Rivière Saint-Vincent

Le lagon de Ranobe
87Propithecus : Ce genre de lémurien, de la famille des Indriidae, est présent dans le Grand Sud et est localement appelé sifaka.
88Protectorat intérieur : L’idée de constitution de protectorats dits intérieurs (Fremigacci, 1981) dans le Sud de Madagascar est à mettre à l’actif de Lyautey. Le projet reposait sur des accords avec les mpanjaka qui avaient de bonnes raisons de se rallier à la politique française, notamment avec Impoinimerina, chef des Bara-Imamono, et avec les chefs des Tanosy de l’Onilahy pour lesquels la France se posait en sauveur contre la menace merina. « Alléger les charges de notre administration en utilisant dans la plus large mesure les éléments indigènes, en maintenant les groupements constitués, en conservant les chefs traditionnels est un des buts qu’il est le plus désirable d’atteindre en politique coloniale. Il convient malheureusement de remarquer que c’est un de ceux qui répugnent le plus à beaucoup de nos agents. Imbus des formules administratives de la Métropole, élevés dans le culte de la symétrie et de l’uniformité, ils n’admettent pas volontiers la diversité et la souplesse que comporte tout système se rapprochant plus ou moins du protectorat. » (Lyautey, 1905). L’expérience échoua du fait de l’insurrection du Sud-Est à partir de décembre 1904 ; les miasmes de cette dernière touchèrent l’ensemble du Sud et conduisirent à l’abandon du projet.
89Protestant : Alors que la religion protestante s’est imposée avant même la colonisation sur les Hautes Terres de Madagascar, dans le Sud, elle a dû composer avec les croyances traditionnelles, l’administration française, le catholicisme et les sectes. Ce sont essentiellement les luthériens de la NMS de Stavanger et de l’American Lutherian Missionary Society qui ont diffusé cette religion. La London Missionary Society fit quant à elle au XVIIIe siècle de nombreux projets d’évangélisation, comme en témoigne le mémoire d’Aspasio en 1799, qui finalement ne virent pas le jour (Huyghues-Belrose, 1981).
90PSDR : Le Projet de Soutien au Développement Rural est un programme fonctionnant à l’échelle de la Grande Île. On reconnaît sa présence dans les villages à ses bornes jaunes.
91Pseudo-steppe : Les steppes sont des formations herbeuses dans lesquelles, à la différence des savanes, les herbes ont un mauvais recouvrement du sol. Lorsque ces steppes se trouvent dans les régions intertropicales, autre part que sur la marge d’un désert, on parle de pseudo-steppe. Dans la région de Tuléar, celles-ci couvrent de bien plus grandes étendues que les savanes, notamment du fait de la pauvreté des sols.
92PSO : Le Projet Sud-Ouest, un projet d’appui aux institutions agricoles dans le Sud-Ouest de Madagascar, a été mis en place pendant les années 1990 par l’ambassade de France à Madagascar dans le domaine du développement agricole.
93Ptychochromis onilahy Stiassny & Parks : Ce Cichlidé, endémique du bassin de l’Onilahy, observé dans les années 1960, ne l’a plus été récemment ce qui peut vouloir dire qu’il a disparu.
94Puits : ► eau, éolienne, hosa, Taratra, vovo.
95Pulicani : 1. Poste Pulicani : ce poste militaire a été mis en place fin 1898 dans le delta du Mangoky. 2. Le sergent Pulicani : ce soldat est mort au combat dans le Menabe, le 9 mai 1898. On a donné son nom à un poste militaire.
96Pyxide arachnoïde : Pyxis archnoides Bell. ► tortuearaignée.
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Forêts d’hier et de demain
50 ans de recherches en Aquitaine
Michel Arbez, Jean-Michel Carnus et Antoine Kremer (dir.)
2017
