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p. 143-147
Texte intégral
1Objectif Sud : Le projet Objectif Sud, démarré en 2002, vise à améliorer la sécurité alimentaire dans le Grand Sud de Madagascar. Il est focalisé sur l’Androy pour produire des références techniques et méthodologiques adaptées au contexte difficile de cette région. Ce projet est mené par le GRET en partenariat avec une ONG locale, Kiomba, et financé par l’Union européenne.
2Ohabola [litt. « les exemplesde parole »] : Ce terme masikoro peut être traduit par « proverbes » (Raharinjanahary et Velonandro, 1996).

Les caméléons sont un des groupes animaux les mieux représentés dans le Sud de Madagascar, notamment grâce au genre Furcifer. Furcifer verrucosus peut dépasser un demi-mètre de long (© J.-M. Lebigre).
3Oiseaux : ► Aepyornis, autruche, brachyptérole à longue queue, bulbul d’Appert, coua, coucal, drongo, flamant, fody, kibo, kilinina, merle de roche de Benson, merle de roche du sub-désert, monias de Bensch, newtonie d’Archbold, perroquet, phaéton à brins rouges, pintade, souimanga, takatra, Thamnornis chloropetoides, toloho, vanga de Lafresnaye, vorobe.
4Olios coenobita : Cette grande araignée endémique du Sud subaride de Madagascar, de la famille des Sparassidae, vit dans des coquilles d’escargot abandonnées qu’elle déplace elle-même jusque sur des arbustes.
5Olabositra : Volvariella volvacea (Bulliard ex Fries) Singer de la famille des Agaricaceae, ou champignon de baobab, est utilisé dans l’alimentation. Cette volvaire asiatique, cultivée en Chine et dans toute l’Asie du Sud-Est, pourrait avoir été introduite à partir de l’Insulinde.
6Olo’bohitse [litt. « le rebord de la montagne »] : Désigne un escarpement notamment le talus occidental du causse Mahafaly. Le talus qui domine toute la région de Tuléar et sert de transition entre la plaine côtière et le causse a un commandement de 100 à 150 m. C’est un escarpement de faille avec un rejet de l’ordre de 250 m. La Table (159 m) est une butte-témoin dont le sommet est formé de calcaires miocènes, alors que les calcaires et les marnes du plateau sont d’âge éocène. Le causse, dont on aura un bel aperçu à partir de ce relief, présente un paysage monotone caractérisé par d’immenses étendues grises de fourré xérophile.
7Olombetsitoto : Ce roi mahafaly légendaire a vécu au XVIe siècle.
8Olompoutsi [litt. : olon’fotsy « l’homme blanc »] : Ce terme est plus précis que celui de vazaha employé pour désigner les Français et autres étrangers au XVIIe siècle.
9Olon’kafa : Ce terme est employé pour désigner une personne n’étant ni de la famille, ni alliée, donc étrangère.
10Omba : Ce terme désigne dans l’Ibara des êtres surnaturels de la forêt, en fait peut-être des hommes ayant choisi de vivre cachés en forêt à l’image des Mikea (Moizo, 1997).
11Ombiasa/ombiasy : Il est préférable de traduire ce terme par guérisseur ou tradipraticien plutôt que par sorcier. Les ombiasy ont aujourd’hui encore un rôle important dans les sociétés du Sud malgache. Dans le passé, ils ont joué un rôle majeur auprès des souverains. Aptes à déjouer le tolaka (mauvais sort), à soigner les maux physiques et psychologiques, ils indiquent aux malades de quelles plantes ils doivent faire usage et de quelle manière. Ils fabriquent les aody ou ody, talismans prisés, et à ce titre inspirent de la crainte. Certains ont une connaissance impressionnante des plantes et disent posséder des « réserves » de plantes dans des lieux parfois reculés. Les ombiasy possèdent des aptitudes à maîtriser le sikily ; on désigne même comme ombiasy be de grands maîtres de ce système de divination (Rabedimy, 1980).
12Ondatibe : Ce terme désigne la classe des notables, généralement les chefs de lignage, qui forment un conseil autour du mpanjaka dans la société mahafaly (Bernard, 1978).
13Ondra / ondre / ondrañe : 1. C’est la danse traditionnelle bara pratiquée par les bouviers (son autre sens est mouton). 2. On emploie également ce terme pour désigner une danse traditionnelle féminine tandroy.
14ONG : Depuis une vingtaine d’années, une multitude d’Organisations Non Gouvernementales a fleuri dans le Sud malgache. Parmi elles nous en citerons : AHSMC, Aide et Action, ADES, Amika, ASE, Andrew Lees Trust, Bel Avenir, Care, Fimpahara, Honko, Mazava, Mazoto, Megaptera, Objectif Sud, Overaid, Projet Action de Milenaka, ReefDoctor, SAF-FJKM, Secaline, Sokake, Sokapila, SURECa, Tafa, Taratra, Trans-mad’developpement, WWF, etc. Le plus grand nombre de ces ONG a un statut d’association. Certaines sont locales, d’autres sont étrangères avec une assise locale plus ou moins solide. Les plus grandes d’entre elles appelées Bingos ont des moyens financiers considérables. Leurs objectifs sont variés mais en général ils touchent principalement les questions de développement, d’éducation ou d’environnement. Sans qu’on puisse en aucun cas généraliser, l’aide pratiquée par certaines ONG ne semble avoir pour but que de justifier les séjours à Madagascar de leurs permanents étrangers. Cependant une majorité d’entre elles mène des actions de qualité.
15Onilahy [litt. « le Fleuve mâle »] : Luis Mariano a été le premier à parler de l’Onguelay ou fleuve de Santiago. Sur d’autres cartes anciennes est mentionné l’Yonghelahé suivant en cela Flacourt (1658) qui mentionne l’Onghe Lahé et le Yong Lahé. On parle plus communément de la rivière de Saint-Augustin mais aussi du Darmouth ou de l’Ongla (Huot, 1845). L’Onilahy est le plus grand fleuve au sud du Mangoky : son bassin-versant s’étend sur 31 600 km2 dont les deux-tiers s’inscrivent sur le socle cristallin qui reçoit une lame d’eau annuelle de précipitations de l’ordre de 1 000 mm en moyenne. Son module brut est de 145 m3 /seconde, ses crues maximales pouvant atteindre 1 130 m3/seconde. Son module spécifique est de 4,75. C’est également le seul fleuve de notre région à être pérenne, avec un débit d’étiage de l’ordre de 10 m3/s contre 1 000 m3/s au moment des grandes crues de l’été austral, aussi soudaines que courtes. Ses principaux affluents sont l’Isoanala, l’Ianapera, la Sakoa, la Sakamena sur sa rive gauche, le Mangoky, l’Imaloto, la Sakamare, la Taheza et la Sakondry sur la rive droite (au Nord). On attendrait d’un tel fleuve qu’il construise un delta au sortir du canyon qu’il forme dans sa traversée du plateau calcaire éocène. S’il n’en est rien, cela s’explique par la présence d’un fantastique canyon sous-marin dans son prolongement. La vallée de l’Onilahy est nettement plus peuplée que celle du Fiherenana, notamment dans son cours aval où elle s’encaisse en un large canyon. On parcourt ce dernier pour accéder aux Sept Lacs. Dans toute la vallée, d’amont jusqu’à l’embouchure (vallée d’Andoharano), on peut observer de belles rizières. Elles sont cultivées par ces communautés rurales tanosy qu’on trouve le long du fleuve. La communication à finalité marchande entre la région de Betroka et l’embouchure, assurée par des pirogues, permettait avant même la colonisation de vendre des produits locaux dans les comptoirs. D’un point de vue biogéographique, on parle du centre d’endémisme de l’Onilahy. (p. 138)
16Onjatsy : C’est la caste des « roturiers » dans la société tanosy.
17Opéra du bout-du-monde (L’) : ► bout-du-monde.
18Or : Des orpailleurs extraient, sous le contrôle d’agents du Service des Mines, avec des moyens artisanaux, de petites quantités d’or sur différents sites : notamment à Ejeda, Lazarivo, Fotadrevo, Berohy et Manakara Vavy.
19Organisation de l’espace : L’occupation actuelle de l’espace méridional est-elle héritière du monde précolonial ? On peut le penser dans la mesure où la trame mise en place par Galliéni et Lyautey s’est fondée sur celle des royaumes existants et qu’elle n’a pas été fondamentalement remise en cause depuis l’Indépendance. Il ne faut cependant pas oublier que la trame traditionnelle de l’organisation de l’espace est d’essence magique puisqu’elle unit les lieux où résident les morts à ceux où résident les vivants. De ce point de vue il y a eu une rupture définitive. Les postes militaires, puis administratifs, qui furent établis à proximité de la résidence des mpanjaka à partir de 1900 provoquèrent généralement un afflux de population et la création de petits marchés. Ce fut le cas par exemple pour Ejeda. Si certaines localités ayant un rôle de carrefour à cette époque (comme Ankazoabo, Bekily, Antanimoro, Isoanala, etc.) n’ont pas perdu leur rôle local, d’autres n’apparaissent pas encore sur les cartes du début de la colonisation, notamment celle de 1903 du Service géographique de l’Armée. D’autres bourgs, importants en 1900, ont depuis disparu ou sont devenus de simples lieux-dits : Kokomba, Eseva, Firinga, Montovistra située au sud de Beloha, Maromiandra, etc. Le catholicisme et le luthérianisme ont joué également un rôle important dans la mise en place de territoires, autour de lieux de cultes, associés à des institutions à fort rôle social (écoles, dispensaires), jouant parfois un rôle de commandement (évêchés). L’organisation spatiale du Grand Sud continue à évoluer lentement à l’image du tissu admnistratif et de dynamiques nouvelles comme celles liées à l’exploitation du saphir. (p. 139)
20Ornementales (plantes) : Dans les jardins aux abords des maisons et le long des voies de circulation, prospèrent des plantes joignant l’utile (ombre, fruits) à l’agréable (fleurs, feuillage) du moins en ce qui concerne les ligneux. Certaines sont indigènes comme le flamboyant, Moringa drouhardi, Dypsis, mais la majorité est introduite : Pithecelobium, badamier, neem, dattier, Bauhinia, Parkinsonia, Moringa oleifera, etc.
21Orseille : Roccella spp., l’orseille, est un genre de lichen connu depuis l’Antiquité dans tout le bassin méditerranéen, à partir duquel on fabriquait une teinture prisée, la pourpre française. Dans le Sud-Ouest de Madagascar, il s’agit de l’espèce R. montagnei Bél. ; Alfred Grandidier nous dit que des commerçants créoles se sont un moment établis, à la moitié du XIXe siècle, à Androka pour acheter ce produit avant de se replier vers Saint-Augustin. En 1866, des navires passaient acheter ce produit abondant au cap Sainte-Marie (Grandidier, 18, à Faux Cap et à Lavanono. Ce négoce à destination de l’Angleterre dura jusqu’en 1950 environ.
22Orthodoxe : La religion orthodoxe dans le Sud malgache est liée à la présence d’une communauté d’origine grecque.
23OverAid : Cette ONG humanitaire chrétienne, basée au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, a établi en 2012 une base à Beroroha. Grâce à un hovercraft River Rover, des soins d’urgence peuvent être prodigués tout le long du fleuve Mangoky et de ses affluents.
24Ovin : La plupart des voyageurs anciens s’extasient sur la taille des moutons du Grand Sud et de leur queue. Considéré comme une activité accessoire par rapport à celui des zébus, l’élevage ovin permet de pratiquer des sacrifices moins onéreux que ceux des bovins et contribue à l’alimentation (lait, viande).
25Ovy ala / oviala : On donne ce nom à des tubercules, notamment à des ignames sauvages endémiques poussant en milieu forestier (comme Dioscorea arcuatinervis Hochr., famille des Dioscoreaceae) et utilisés pour l’alimentation en période de disette mais parfois aussi en période normale. Cultivée, la plante reste simplement ovy.
26Owen (William Fitz William, 1774-1857) : Ce célèbre officier de marine et hydrologue anglais explora à bord du HMS Barracouta la côte occidentale de Madagascar en 1824 en faisant des relevés hydrographiques. Il perdit deux de ses assistants, assassinés à Nosy Hao.
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Forêts d’hier et de demain
50 ans de recherches en Aquitaine
Michel Arbez, Jean-Michel Carnus et Antoine Kremer (dir.)
2017
