L
p. 114-118
Texte intégral
1Laborde (rue Jean) : Jean Laborde (1805-1878), aventurier gascon, né à Auch, est un personnage historique lié à la royauté merina ; son nom a été donné à une rue de Tuléar. Il a fréquenté, involontairement, le Sud-Est de Madagascar après un naufrage en 1831.
2Labourdonnais (rue de) : Il s’agit sans aucun doute de Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais (1699-1753), célèbre officier de marine français et gouverneur des Mascareignes, qui a donné son nom à une rue de Tuléar ainsi qu’à des paquebots des Messageries et à des navires de guerre. Il est cependant peu probable que ce personnage soit passé par le port de la capitale du Sud-Ouest.
3Labradorite : Ce minéral de la famille des feldspaths plagioclases, une anorthite réputée pour son éclat bleu métallique, est exploité puis exporté depuis la carrière d’Antsohamamy à Ianapera. Il semblerait que la collectivité rurale profite très peu de cette ressource aux mains d’une société italienne.
4La Case (Le Vacher de, vers 1636-1671) : Sous le nom de Dian Poussi, on trouve un certain Le Vacher de La Case, originaire de La Rochelle (Dumont d’Urville, 1834), connu sous le nom de La Case. Ce jeune colon, arrivé en 1656, excellent combattant, se fit accepter de la population tanosy, multiplia les victoires militaires contre les Antemoro, épousa une princesse de Manambaro, Dian Nang, et succéda à son beau-père comme souverain. Cela lui valut, probablement par jalousie, d’être rejeté par Champmargou et par les autorités françaises de Fort-Dauphin, alors qu’il aurait eu la capacité d’établir des relations confiantes entre Français et Tanosy.
5Lafike : Ce nom correspond aux nattes qui couvrent le sol de l’habitat traditionnel, souvent le seul mobilier avec le fatam’pera.
6Lagon : Le terme lagon évoque des eaux émeraude, calmes, bordées de récifs coralliens, de plages et de cocotiers. Mais c’est loin d’être toujours le cas. Un lagon est en fait une dépression marine, de profondeur et de largeur extrêmement variables, située entre la terre ferme et un récif barrière. On peut considérer qu’il existe dans la région de Tuléar deux principaux lagons : celui de Tuléar, délimité par le Grand récif et celui de Ranobe. Quand la dépression, peu profonde et mal dessinée, concerne un récif frangeant, on parle alors de chenal d’embarcation. Le récif amortissant les houles, un lagon se présente souvent comme une nappe d’eau peu agitée. Cependant au jusant, la circulation des eaux génère de forts courants de marée dans les passes reliant le lagon à la mer. Cela constitue un danger pour les plongeurs et même pour la baignade. (p. 157)
7Lagune : Plusieurs grandes lagunes marquent les littoraux du Sud malgache : celle de Bevoalava et, en dépit de leur nom, le « lac » Anony et les lacs de l’Anosy. Il existe aussi, ici ou là, de plus petites lagunes comme à Belalanda. Ce sont d’anciennes baies fermées par un cordon littoral, appelé en langage géomorphologique « lido », celui-ci étant souvent percé d’un vinany.
8Lahetafika : Selon Du Vergé (1887), Lahetafika était le roi d’Anakao ; il régnait sur les Antifingoka, clan réputé pour sa cruauté. Mais il y a peut-être une confusion avec Laitafika.
9Lahimerija/Lahimerisa (1849-1886) : Ce mpanjaka masikoro, neveu de Marantoetse, ayant souveraineté sur une partie du royaume de Firingue, signa, le 19 août 1859 à Andrevo, avec le capitaine de vaisseau Fleuriot de Langles un acte qui permettait aux Français de commercer dans la région de Tuléar, établissant une sorte de protectorat (Engelvin, 1937). Alfred Grandidier le rencontra en 1868, épousa sa fille Parata et contracta avec lui un famaki’ra, serment de sang. Tompoemana lui succéda.
10Lahinirano/Lanirano (lac de) [litt. « l’eau est épuisée »] : Cette lagune située immédiatement à l’est de Tôlagnaro est utilisée pour l’approvisionnement en eau de cette ville.
11Laitafika : Ce roi bara (groupe des Bara’be), fils de Ramieba, après s’être opposé comme son père à l’armée française dans la région de Ranohira, fut exécuté en mai 1897.
12Lakope : Ce terme est utilisé pour désigner une plantation de sisal, c’est-à-dire l’endroit où se fait « la coupe ».
13Lalambato : Les terrasses gemmifères des cours d’eau de la région d’Ilakaka, où l’on trouve des saphirs, sont appelées lalambato.
14Lamatra : Scomberomorus commersonnii est un poisson pélagique des eaux côtières peu profondes, de la famille des Scombridae. On l’appelle également talafeta ou thazard. Il est très apprécié des pêcheurs. La définition de Flacourt (1658) est : « Lamatra : c’est la morue. » Lamba, lambahoany : Cette pièce d’étoffe sert de vêtement et correspond au pareo polynésien, au sarong indonésien ou cambodgien.
15Lambo : Potamochoerus larvatus Cuvier constitue le plus gros gibier susceptible d’apporter, à Madagascar, de la viande à des chasseurs. Il vaut mieux parler de potamochère que de cochon sauvage comme cela arrive parfois. Cet animal, introduit anciennement de l’Afrique, est souvent la cause de destructions de cultures. Des interdits empêchent certains clans d’en consommer.
16Lamboharano [22° 12’S, 43° 14’E] [litt. « dugong (cochon de corail) »] : Ce village des rivages de la baie des Assassins est situé sur une presqu’île cernée de récifs frangeants à environ 135 km au nord de Tuléar. Cette localité est signalée comme un ancien comptoir européen. C’est aussi un site bien connu de subfossiles, exploré par G. Grandidier vers 1928. Des collectes de surface y ont été réalisées depuis par une équipe du Musée d’Archéologie (P. Vérin et Ramilisonina) en 1972. C’est de là que proviendraient les preuves d’un peuplement très ancien de Madagascar du fait de traces supposées d’outils (dents de aye-aye percées et pierres taillées) associés aux ossements.
17Lambomaty [litt. « le potamochère mort »] : Cet affluent du Manambovo draine une petite partie de l’Androy. Le long de ce cours d’eau, Heurtebize et Vérin (1974) ont découvert les traces d’une ancienne civilisation (XIe - XIIe siècles) considérée comme assez proche de celle de Talaky, maîtrisant l’art de la poterie et l’élevage des bovins.
18Lambosy [litt. « le dos »] : Ce front de cuesta, formé de grès et de calcaires jurassiques, culminant à 784 m, situé entre Sakanavaka et Isahena. Plus au Nord, il est incisé par le Mangoky en une étroite gorge.
19Lamo(n) ty : Flacourtia indica (Burm.) Merrill, est un arbre à vaste distribution tropicale de la famille des Salicaceae. Il est parfois planté. Son fruit moucheté à côtes, sucré et plein de pépins, est consommé pendant les périodes de disette. Il a de plus
des propriétés antipaludéennes.
20Lampihazo : C’est le nom parfois donné à des personnes rompant avec la société pour aller vivre dans la forêt. Dans la forêt des Mikea, il s’agit, comme les hako, d’êtres mystérieux, très difficiles à observer car se déplaçant d’arbre en arbre, collés au tronc pour mieux se dissimuler.
21Lancaster (James) : Ce marin britannique séjourna à Saint-Augustin en 1600, pendant deux mois, pour y pratiquer la traite.
22Landibe : On donne ce nom aux papillons séricigènes du genre Borocera (famille des Lasiocampidae, Lepidoptères). ► soie.
23Langarano [25° 01’S, 44° 04’E] : La baie de Langarano se trouve à l’embouchure de la Linta. C’est une échancrure dans le récif frangeant qui borde le delta.
24Langoro : Ce mot désigne un tambour. Il sera intéressant de lire le récit de Szumski (1968) intitulé « Le langoro », expliquant la naissance du clan tandroy des Mahandrovato.
25Langlois (hôtel) : Ce fut l’un des plus anciens hôtels de Tuléar, aujourd’hui disparu. Il aurait fonctionné des années 1930 aux années 60.
26Langouste : Ces crustacés décapodes appartiennent à la famille des Palidurinae. Quoique les langoustes de Tôlagnaro (Palinurus homarus L. ou oramena, P. versicolor) aient une meilleure réputation gustative, les langoustes qu’on trouve entre le cap Sainte-Marie et l’embouchure du Mangoky (P. ornatus Fabricius) constituent une ressource importante. De 1966 à 1979, la SOPICA eut le monopole de sa commercialisation. 350 tonnes de langoustes étaient pêchées dans la région et commercialisées vers 2001, notamment par Mada Pêche et le Martin Pêcheur. Leur achat aux pêcheurs, répartis dans quelques 4 000 familles par des collecteurs équipés de véhicules tout-terrain, voire avec les petits avions de l’aéro-club, est rendu difficile du fait de l’isolement des villages. La question cruciale est celle de la gestion du stock existant. En effet la demande croissante pousse à la surexploitation. Palinurus barbarae Groeneveld, Griffiths & van Dalsen est une espèce géante (4 kg) découverte en 2003 sur les grands fonds des Walters Shoals à 700 km au large de Cap Sainte-Marie.
27Langue : S’agit-il de langues régionales ou de simples dialectes constitutifs d’une langue malgache pluriforme ? Le débat est ancien. Dans le Sud de Madagascar, on parle plusieurs langues. Le malgache officiel, proche de la langue merina, est appris à l’école ; c’est avec le français la langue de l’administration. D’origine austronésienne, le tandroy-mahafaly, le masikoro, le bara, le tanosy sont considérés comme les principales langues ou groupes linguistiques régionaux ; on les parle mais on ne les écrit pratiquement pas. Le tuléarien tend à créer une synthèse orale spontanée de ces langues régionales. En ville, comme à Tuléar, les jeunes parlent un argot très vivace (Sambo, 2001). Le français, appris à l’école et à l’université, est la langue de l’ouverture vers l’extérieur (► francophonie). L’anglais, bien qu’appris à l’école, reste confiné à quelques établissements touristiques et à certaines ONG.
28La Pérouse : Ce croiseur de 2 300 tonnes de déplacement appartenant à la Marine française, lancé en 1877, finit naufragé le 31 juillet 1898 près de Tôlagnaro au cours du voyage autour de la Grande Ile de Galliéni. « La seule ombre au tableau, c’est la perte du La Pérouse. Poussé par un vent violent du Nord-Est, qui s’était élevé dans la journée du 31 juillet, il a cassé successivement deux chaînes d’amarre et s’est échoué sur les brisants vers 8 heures du soir. Nous avons été fort inquiets toute la nuit ; les embarcations furent mises à l’eau, mais la chaloupe à vapeur et une baleinière se perdirent et il fallut opérer le sauvetage des hommes. Ce n’est qu’au matin qu’il fut possible de jeter une amarre à terre, établir un va-et-vient et débarquer l’équipage avec une partie du matériel. Quant au navire, il est complètement perdu. » (Envoyé spécial à Madagascar, Le Temps du 4 octobre 1898, n ° 13635)
29Lapiaz ou lapiès : Ce terme de géomorphologie désigne des formes karstiques (► karst). Celles-ci sont très communes sur les causses de la région de Tuléar. De prime abord, les lapiès apparaissent comme chaotiques mais en fait les monticules formés de roches carbonatées résiduels correspondent aux parties en saillie, les parties creuses à des cassures exploitées par la dissolution. Sur les estrans rocheux, on peut également observer des lapiès. C’est le cas sur les littoraux karimbola et mahafaly (Battistini, 1964).
30Laro : Euphorbia laro Drake est une plante utilisée dans le cadre de la pêche au poison, pour paralyser le poisson.
31Lavadanoro [litt. « trou de poisson lanoro »] : Le marais à mangrove de Lavadonoro s’étend sur environ 80 ha sur la rive gauche de l’embouchure de l’Onilahy. Sa caractéristique principale, qui tient à l’abondance d’eau douce, est la prédominance de Xylocarpus granatum (Lebigre, 1990). Entre les années 1970 et aujourd’hui, il a subi une forte érosion naturelle. On peut y observer de nombreuses espèces d’oiseaux et des maki qui viennent s’abreuver à une source. (p. 112)
32Lavaka : Ce terme malgache pouvant se traduire par « trou », est passé dans le vocabulaire géomorphologique international désignant des formes de ravinement se développant sur les manteaux d’altérite recouvrant les roches cristallines et cristallophylliennes, voir les roches volcaniques. On en observe autour de Tôlagnaro. C’est donc à tort que ce terme est parfois employé pour désigner n’importe quel gros ravinement. En argot, lavaka signifie prison (Sambo, 2001).
33Lavanonien : Lavanono a donné son nom à un épisode humide du Pléistocène malgache propice au ruissellement, le Lavanonien. À l’origine d’épandages sableux reconnaissables, il est daté entre 45 000 et 8 000 ans BP (Battistini, 1964b).
34Lavanono [25° 25’S, 44° 56’E] [litt. « longues mamelles »] : Cette petite localité littorale, enclavée du Karimbola, au climat très sec, située au pied d’un talus abrupt au tracé découpé, est réputée pour ses langoustes, très abondantes. On y trouve une chapelle à côté de laquelle a été bâtie une école catholique. Depuis le début des années 1990, une auberge s’y est établie profitant du site très favorable à la pratique surf. Il y a plusieurs décennies, une butte-témoin rendait facilement reconnaissable aux navigateurs ce point de la côte situé face au banc de l’Étoile, propices aux naufrages. Ce village de pêcheurs a donné son nom à la feuille G-63 de la carte FTM au 1/100 000e.
35Lavasoa [litt. « long bien »] : ► Grand-Lavasoa (massif du).
36Lavoisot (colonel) : Le colonel Lavoisot, commandant du cercle de Tuléar, ayant succédé au commandant Lucciardi, a donné son nom (déformé en Lavoigot) à une rue de Tuléar passant près de l’hôpital : la rue du colonel Lavoigot.
37Layon : Sur les images satellitaires, on observe ces trouées linéaires dans la végétation réalisées pour la recherche de pétrole. Le vent marin en y pénétrant modifie les microclimats et gêne la cicatrisation. C’est aussi le fondement de nouveaux défrichements.
38Lazaristes : Les Lazaristes sont les religieux d’une congrégation fondée en 1625 par Saint-Vincent-de-Paul. Ce nom fait référence au prieuré Saint-Lazare, une léproserie de Paris. Les Lazaristes furent les premiers religieux catholiques à s’établir dans la région de Tuléar en 1897, à Nosy Ve, mais leur présence à Madagascar est bien plus ancienne puisqu’ils s’installèrent, sans succès, à Fort-Dauphin de 1648 à 1672. Ils y revinrent d’ailleurs plus tard en 1896 à l’initiative de Mgr Crouzet. Ils ouvrent successivement des postes à Manombo (Père Émile Brunel arrivé en 1906), à Betioky (mission créée en 1938), à Bekily, à Ampanihy et à Ankazoabo (mission créée en 1929). La mission de Sakaraha date de 1946. En 1953, les Lazaristes ont été remplacés par les Assomptionnistes.
39Lazarivo [23° 54’S, 44° 57’E] : Cette commune du fivondronana de Betioky Atsimo est peuplée d’environ 18 000 habitants répartis sur 247 km2 (SIRSA, 2006), en majorité des Tanosy avec des minorités tandroy et mahafaly. Riz, manioc, maïs et patate douce sont les cultures vivrières auxquelles il faut ajouter l’arachide, la canne à sucre, la banane et les oignons. L’élevage bovin y est bien développé.
40Leda (Albert) : Cet ancien maire de Tuléar a laissé son nom à une rue, l’ancienne rue de l’École ménagère.
41Lefèbvre (voiture) : La voiture Lefèbvre semble être apparue en 1883 dans la conquête du Soudan. Un certain commandant Lefebvre en aurait été l’inventeur. Elle réapparaît en force dans l’expédition de l’Armée française qui part de Mahajanga vers l’Imerina en 1895. Construite en fer et tirée par des mulets, elle est utilisée par Lyautey dans sa conquête du Sud de Madagascar ce qui l’oblige à aménager des pistes charretières. Progressivement les mulets seront remplacés par des zébus. C’est l’ancêtre des différents types de charrette à zébu qu’on voit aussi bien dans le Sud que dans le reste de Madagascar.
42Lefito : Ce terme malgache est employé pour indiquer la saison sèche. ► asotry, climat, faosa.
43Lefo : À l’origine de relefo (litt. « dame sagaie »), est le nom vernaculaire de Carissa sessiliflora Merid., de la famille des Apocynaceae (Lefèvre, 2009). ► sagaie.
44Lémurie : La Lémurie a été définie comme l’ensemble formé de l’Inde et de Madagascar, détaché il y a 120 millions d’années du Gondwana. Jusqu’à cette période, ce qui correspond à l’actuel Sud-Ouest malgache était accolé à ce qui correspond aujourd’hui au Sud du Mozambique.
45Lémurien : Les lémuriens appartiennent à la classe de Primates mais sont différents des singes. Une excellente revue scientifique bilingue (français, anglais) leur est consacrée : Lemur News. Ils sont bien représentés dans le Sud de Madagascar. On peut y observer assez facilement plusieurs espèces, notamment dans la réserve du PK32 (Gardner, 2009), dans celle de Beza Mahafaly, dans le parc national de Zombitse-Vohibasia ou encore dans la réserve privée de Berenty : des maki (Lemur catta, Lemuridae), des sifaka (Propithecus verreauxi, Indriidae), les genres Microcebus, Cheirogaleus, Lepilemur, Phaner furcifer, Mirza, et Eulemur. Plusieurs espèces de petits lémuriens ont été découvertes de 2000 à 2013 : 3 espèces de chirogales, 2 du genre Microcebus, 2 du genre Avahi, 5 du genre Lepilemur. Les restes de plusieurs espèces de lémuriens géants aujourd’hui disparues ont par ailleurs été retrouvés dans la région, comme Archaeoindris, Megaladapsis madagascariensis, M. edwardsi, Palaeopropithecus ingens ainsi que de moins gros comme Archaeolemur majori, Daubentonia robusta, Mesopropithecus globiceps, Pachylemur insignis (Spiral et Ravelonjanahary, 2011).
46Lepilemur : Ce genre de lémurien appartient à la famille des Megalapidae. L. leucopus (Major, 1894) le lépilémur à pattes blanches, est endémique de l’Extrême-Sud. Bien connu dans le Menabe, L. ruficaudatus (A. Grandidier, 1867), le lépilémur à queue rousse, a été répertorié dans la forêt des Mikea (WWF, 2000, p. 17). 4 nouvelles espèces ont par ailleurs été découvertes récemment dans le Sud (Louis, 2006) : L. fleuretae, L. hubbardi, L. petteri et L. wrighti.
47Lèpre/léproserie : La lèpre est une pathologie à Mycobacterium leprae caractéristique de la pauvreté et du manque d’hygiène. On compte encore quelques dizaines de nouveaux cas chaque année dans la région de Tuléar. À l’échelle de Madagascar, Tuléar occupe une seconde peu envieuse place après celle de Toamasina (Tamatave) pour le nombre de malades déclarés. La première léproserie fut créée en 1938 par les Filles de la Charité près de Betioky à Ambika ce qui répondait à une demande de l’administration. Deux autres se trouvent à Antsakoandravangone et à Ampasy. Plusieurs léproseries fonctionnent aujourd’hui avec l’aide de la Fondation Raoul Follereau, dont une à l’hôpital de Tuléar : le pavillon Père Isidore Détré.
48Leptadenia madagascariensis : Leptadenia madagascariensis D. C. est une liane endémique rampante de la famille des Apocynaceae, anciennement rattachée aux Asclepiadaceae. Cette liane très commune, d’une couleur vert grisâtre, est connue sous les noms vernaculaires de taritarike, vahy ronto et de vahirano. Elle a un caractère pionnier sur les sables.
49Leucotaenius favannii : Cette espèce endémique d’escargots (famille des Acavidae dont les représentants produisent de gros œufs) est capables de vivre en milieu subaride dans le fourré xérophile en s’enterrant jusqu’à 20 cm de profondeur pendant les périodes les plus chaudes. En pays Mahafaly, le sol peut parfois être jonché de leurs coquilles dures.
50Lewison (Société Malgache Sud-africaine de) : Cette entreprise commerciale britannique, spécialisée dans l’exportation de bovins vers l’Afrique du Sud, s’est implantée dans le Grand Sud (Betroka et Benenitra) au début de la colonisation en employant des Français. Elle possèdait un navire à vapeur, le Zingara (Mahatsanga, 1995).
51Liandambo : Les airs et les danses de ce genre musical de la région de Bezaha, dans laquelle prédominent des riziculteurs tanosy, sont proches du mangaliba de la région de Tôlagnaro.
52Liban : Parmi les nombreuses jeunes femmes malgaches parties au Liban, pays où la langue française est pratiquée, pour devenir domestiques, une part importante était d’origine du Sud. Depuis fin 2009, le gouvernement malgache ne délivre plus d’autorisations pour ces départs. Une part importante de ces femmes a en effet subi le non-paiement de ses salaires, diverses maltraitances et violences assorties de séquestration, ce qui est assimilé à de l’esclavage. Ce phénomène, qui touche en fait une grande partie du Proche-Orient, culmine avec l’existence de nombreuses morts suspectes. Quelques courageuses ONG libanaises ont cependant entrepris de secourir et de rapatrier ces jeunes femmes.
53Lieu-commun : Il existe, tant chez les Malgaches que chez les visiteurs étrangers, de nombreux lieux-communs tenaces concernant le Sud de Madagascar : celui par exemple de l’Armée française répandant des cochenilles Dactylopius ceylonicus pour faire disparaître les raketa et ainsi écraser plus facilement la résistance tandroy ; celui de l’existence d’un désert couvrant le Sud malgache, illustré par des photos de dunes littorales ; celui, ancré dans la population malgache pauvre, de l’existence parmi les vazaha d’un grand nombre de mpakafo ; celui du changement climatique responsable de tous les maux ou encore celui selon lequel l’Androy serait « le pays des ronces » (sic), etc. C’est une des raisons d’être de cet ouvrage que de contribuer à la lutte contre ces lieux-communs. Nous n’incluons pas dans cette rubrique la croyance en des créatures malines ou maléfiques au bénéfice du doute : en effet tout le monde n’a pas la capacité de les voir !
54Lieu d’aisance : Dans une ville comme Tuléar, 75 % de la population ne disposerait pas de sanitaires. Si 40 % des maisons en sont équipées à Toliara Centre, à l’inverse dans d’autres quartiers, la majorité défèque à l’air libre : 90 % à Tanambao II, 95 % à Ankiembe Haut (Rajaonarivelo, 2013), ce qui s’explique en grande partie par des usages sociaux (Fauroux, 1991). D’une manière générale prédominent les latrines à trou ou à fosse, sans eau, à proximité de la maison. ► ala, eau.
55Lihemiha : Le Lihemiha est un organisme public de coopération intercommunale (OPCI) qui regroupe les communes rurales d’Androka, Itampolo, Beheloke, Anakao, Soalara et Ianantsono. Cet OPCI est à l’origine du bac maritime Saint-Augustin-Soalara.
56Lily, lilindraza : Ce terme désigne l’ensemble des coutumes et des règles ancestrales transmises oralement. Elles permettent notamment de gérer les conflits qui surviennent au sein d’un clan.
57Linta [litt. « la limace »] : Appelé également Ilinta, la (et non le) Linta est un des grands fleuves du Sud. Sur son bassin (173 km de long, 5 500 km2) on trouve les bourgs d’Ejeda et d’Androka. Ce bassin-versant est très sec, avec une pluviométrie moyenne inférieure à 650 mm. Son cours est intermittent en aval. Son affluent principal est le Manakaralahy qui conflue à une quinzaine de kilomètres en aval d’Ejeda. À Ejeda, la Linta a un module brut de 4,95 m3 /s avec un maximum de février (12,6 m3 /s) et un minimum de septembre (0,07 m3 /s). Comme pour le Menarandra, ses crues sont rares et brutales. Les grandes crues peuvent atteindre, pendant un laps de temps très court, 10 000 m3 /s. Cela explique la largeur du lit mineur sablonneux : 600 m à Soadona. (p. 94)
58Liolio : 1. Ce mot désigne un terrain nu, sans végétation, ni culture. 2. C’est également un plat traditionnel à base de maïs.
59Littoral : C’est un espace de transition entre la mer, ou un lac, et la terre ferme. ► barkhane, beach-rock, ciguatera, comptoir, falaise, hosa, lagon, lagune, mangrove, marée, marée rouge, nebkha, pêche, pirogue, plage, plate-forme à vasques, pollution, récif frangeant, salin, tanne, tortue, trepang, tubulure, Vezo. (p. 95)
60Lokanga : Cet instrument de musique traditionnel tandroy et bara fonctionne sur les mêmes principes qu’un violon. Un disque de musique traditionnelle, enregistré en Ibara, intitulé « L’art du Lokanga », a été publié en 1984.
61Lokaro (baie de) : 1. [24° 56′ S, 47° 06′ E] : Cette baie est située entre la pointe Evatra et la pointe d’Itapera. 2. Les îles Lokaro : de nombreux îlots rocheux, désignés sous le nom d’îles Lokaro, parsèment la baie de Lokaro et son entrée.
62Lokombitike : Cette gomme-laque sur laquelle vivent des fourmis est secrétée par une cochenille.
63Lolo : Ce terme désigne un fantôme, un revenant, mais aussi un cadavre et par extension un cimetière. « Le lolo, de préférence, demande à boire aux femmes, aux filles surtout, se laissant plus facilement attendrir, mais toute jeune fille désaltérant un fantôme était irrémédiablement attente d’un mal étrange, maladie indéfinie, inguérissable ». (Szumski, Images du Sud). Dans l’Androy, on parle aussi de tsiboko pour désigner les fantômes.
64Lombiro : Cryptostegia madagascariensis et C. grandiflora de la famille des Asclepiadaceae sont des plantes toxiques, lianescentes ou buissonnantes selon le contexte, poussant sur les sols souvent plus ou moins salés. Elles ont été introduites pour des finalités ornementales dans diverses régions tropicales du globe, notamment en Australie où leur caractère invasif dans les pâturages pose problème. Ce n’est que depuis 2001 que l’on considère qu’il existe deux espèces distinctes, leurs noms ayant été longtemps synonymes.
65Lonake : Ce nom est parfois donné à la résidence des mpanjaka en pays Mahafaly. On trouvait des lonake à Manera, Ankiliabo, Firanga et Ankazolaha.
66Lonaky : Cette pratique magique perdure dans la région d’Ankazoabo (Saint-Sauveur, 1998) : elle consiste à capturer des aomby le. C’est aussi le nom des plantes seulement connues des ombiasa-donaky qu’on brûle pour attirer ces bœufs ensauvagés.
67Lopez de Sequeira (Diego) : Ce navigateur portugais fait escale dans la baie de Ranofotsy le 4 août 1508. À ce titre, on peut le considérer comme le découvreur de la partie méridionale de Madagascar.
68Lorin (incident) : Le 7 octobre 1900 sur la rive droite du Mandrare du côté d’Ifotaka, le lieutenant Lorin dirige la construction d’une route, à la tête de 5 tirailleurs indigènes sur le territoire des Analave, un clan tandroy considéré comme soumis. Il est attaqué par une quarantaine d’hommes. Deux de ses tirailleurs sont tués et lui-même est sérieusement blessé. Il se bat néanmoins pendant 6 heures, donnant le temps à un tirailleur survivant de chercher du renfort. Lyautey décide alors de cesser sa progression dans l’Androy pour éviter de nouvelles pertes humaines.
69Lova (terres) : Il s’agit des terres collectives héritées des ancêtres par opposition aux terres fila appropriables individuellement.
70Lovo : Ce terme désigne le mérou et le cabot. Ces poissons du genre Epinephelus spp. (famille des Seranidae), étaient autrefois abondants en milieu corallien dans la région de Tuléar.
71Lovokahitse : On dénomme ainsi la saison pastorale des « herbes rouges », allant d’avril à juin, en début de saison sèche (Saint-Sauveur, 1998).
72Lovokampy [litt. « la petite baie cachée »] : Le marais à mangrove de Lovokampy s’étend immédiatement au sud de l’embouchure de l’Onilahy sur 90 ha, autour d’une petite lagune. La composition de la mangrove y est marquée par la prédominance d’Avicennia marina. On observe également Ceriops tagal, également bien adapté aux fortes salinités. Ces deux espèces sont pourtant exploitées par les villageois. Bruguiera, Rhizophora, Lumnitzera et Xylocarpus sont plus rares et ont des difficultés à se régénérer (Woods-Ballard et al., 2005).
73Lovoke : Désigne un pâturage ou une clairière, mais aussi pour les Vezo, une petite baie.
74Lucciardi (Commandant) : Ce militaire et administrateur a donné son nom à une rue de Tuléar. Il s’est fait connaître en 1898 grâce à la prise des repaires d’insurgés d’Iaritsena et de Marovoalavo. Il devint commandant du cercle de Tuléar en remplacement de Toquenne, avant d’être promu chef d’État-Major auprès de Galliéni en 1901.
75Lulu : Le nom de ce genre musical a été inspiré par le chanteur sud-africain Lulu Masilela dont les chansons étaient diffusées par la radio mozambicaine et par les vendeurs de 45 tours comme Disco Vezo. Dans la seconde moitié des années 1970, les musiciens de Tuléar s’approprièrent ce genre se différenciant ainsi nettement de la musique des Hautes Terres (Mallet, 2009). Le lulu a précédé le tsapiky.
76Luthérien : ► American Lutherian Missionary Society, Manasoa, Norske Misjonsselskap, Norvégien, protestant.
77Lutte antiacridienne : Le centre antiacridien de Betioky Atsimo a été créé en 1934 appuyé par plusieurs postes locaux. L’aire grégarigène couvre en effet une superficie de 60 000 km2 dans le Sud de Madagascar. En l’absence de grandes invasions de criquets pendant les décennies 1970 et 1980, la lutte se relâcha ce qui conduisit à la catastrophe de 1997 et années suivantes, qui aurait coûtée plus de 3 milliards de francs malgaches. La lutte antiacridienne est alors confiée depuis avril 2000 au Centre National Antiacridien, un établissement public autonome. Ce dernier s’est substitué à la CNLA (Coordination Nationale de Lutte Antiacridienne) qui dépendait de l’Armée. Au début des années 1970, un programme d’étude des relations entre les données pluviométriques et les regroupements des Acridiens avait été financé par le PNUD. Il avait permis de mettre en place un système de veille acridienne entretenu par la GTZ.
78Lyautey (Louis Hubert Gonzalve, 1854-1934) : Ce grand artisan « dangereusement séduisant » (Jacob, 1981) de la « pacification » militaire française est l’auteur de « Dans le Sud de Madagascar », un ouvrage essentiel pour la connaissance de la partie méridionale de Madagascar puisqu’il nous permet d’y suivre les premiers pas de la colonisation de 1900 à 1902. Lyautey a une vision à la fois humaniste et économique de la prise de contrôle française. À l’image de son chef, Galliéni, il n’utilise la force qu’avec discernement pour réduire les derniers îlots de résistance en pays Mahafaly et dans l’Androy. Plutôt que de mettre en place une lourde administration à l’égard de laquelle il nourrit une certaine prévention, il préfère déléguer aux chefs traditionnels, désormais sous tutelle : « Alléger les charges de notre administration en utilisant dans la plus large mesure les éléments indigènes, en maintenant les groupements constitués, en conservant les chefs traditionnels est un des buts qu’il est le plus désirable d’atteindre en politique coloniale. Il convient malheureusement de remarquer que c’est un de ceux qui répugnent le plus à beaucoup de nos agents ». Il s’inspire de ce qui se fait de mieux dans les colonies britanniques. Il croit au développement économique par la pacification mais hiérarchise sans ménagement les peuples du Sud. L’insurrection de 1904 démontre un échec au moins partiel de ses thèses. Un boulevard de Tuléar porte son nom.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Forêts d’hier et de demain
50 ans de recherches en Aquitaine
Michel Arbez, Jean-Michel Carnus et Antoine Kremer (dir.)
2017
