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p. 54-70
Texte intégral
1Cactaceae : Ces plantes américaines (à l’exception du genre Rhispsalis présent dans les forêts malgaches) ne se limitent pas aux raketa. Plusieurs dizaines d’espèces ont été introduites dès le début du XXe siècle. Bien adaptées au climat sec du Sud de Madagascar, elles sont aujourd’hui naturalisées. Elles portent divers noms locaux : lavavoa, bemavo, berombe, borivoa, menavoa, nonongege (Rajaonarimanana & Fee, 2011). Ainsi Cereus hexagonus, plante spectaculaire, forme parfois des haies autour des maisons dans le Sud-Ouest malgache. Mais quand Lyautey (1905) parle de « forêt » de cactus, il s’agit bien pour l’essentiel de fourrés d’oponces ou raketa : « La forêt de cactus épineux offre un réduit des plus difficilement accessibles. On n’y pénètre que par d’étroits sentiers constamment interceptés par les épines qui occasionnent de douloureuses blessures. On n’y chemine que un par un, sans vue, sans champ de tir. C’est une des régions les plus difficiles de Madagascar, nulle n’est plus favorable aux embuscades. » CAIM : La Compagnie Agricole et Industrielle de Madagascar est une société de production de sisal dans la vallée du Mandrare.
2Calcaire : Les roches carbonatées sont abondantes dans tout le bassin sédimentaire malgache. Elles sont utilisées comme pierre de taille et pour des remblais. Les plus anciens calcaires datent du Permien (Isalo), les plus récents appartiennent à des travertins, à des encroûtements et à des récifs soulevés. Les principaux causses sont formés de calcaires éocènes, miocènes et crétacés.
3Caméléon : Les caméléons sont des reptiles de la famille des Chamaeleonidae. Des 3 genres de caméléons présents à Madagascar, deux sont présents dans la région de Tuléar, Furcifer et Brookesia. Calumma n’y est pas observable. Furcifer antimena, F. labordi et F. belalandaensis sont caractéristiques des fourrés xérophiles et des forêts sèches du Sud malgache. F. lateralis, F. oustaleti et F. verrucosus sont visibles dans la forêt sèche de Zombitse. Quelques espèces de Brookesia hantent les forêts sèches. Brookesia brygooi, Geckolepis maculata et G. petiti vivent dans les forêts riveraines.
4Campan : Campan, vice-résident général de France à Nosy Ve de 1885 à 1890, a donné son nom à une rue de Tuléar.
5Campistron (Marcel, 1901-1945) : Marcel Campistron a donné son nom à une rue de Tuléar, la rue du Gouverneur Campistron. Ce jeune administrateur colonial a rejoint la France Libre après l’appel du Général de Gaulle. À la fin de la guerre, il fut nommé à Madagascar mais mourût dans un accident d’avion.
6Cannelure : Les cannelures sont des striations ou ciselures verticales formant des draperies et affectant les versants rocheux cristallins acides (granites, gneiss) des dômes rocheux ou de simples rochers. On peut en observer de beaux exemples dans le massif du Grand-Lavasoa (Peyrot, 1974) ou à Sainte-Luce sur de gros rochers baignés par la mer qui évoquent ceux de Praslin aux Seychelles.
7Cannone (Révérend Père Michel, 1911-1991) : Le Père Michel Cannone, un assomptionniste, fut le premier évêque de Tuléar entre 1959 et 1974. On a donné son nom à une rue de Tuléar.
8Canyon : Ce type de vallée incisée dans un plateau est fréquent dans la région de Tuléar. On distinguera les canyons des principaux fleuves qui coupent le causse d’Est en Ouest et les petits canyons affluents, généralement des vallées sèches. Un grand canyon sousmarin prolonge l’Onilahy au-delà de son embouchure. Par ailleurs, les massifs de grès du Makay et de l’Isalo sont disséqués par d’innombrables et profonds canyons. Certains sont appréciés des touristes comme le canyon des Singes, près du bourg de Ranohira, ou le canyon des Saphirs près de Sakalama.
9Canyon sous-marin : La vallée sous-marine de l’Onilahy débute devant le village de pêcheurs de Ianantsono ou Saint-Augustin (-100 m environ), atteint une profondeur de-350 m en face du promontoire calcaire de Barn Hill et de-1025 m à une dizaine de kilomètres au large de l’embouchure. Son tracé méandriforme se déroule sur 55 km jusqu’à - 2600 m avec une direction d’ensemble ESE – ONO. Sa pente est maximale entre-50 et-100 m de profondeur (22 %). Les alluvions du fleuve connaissent un destin qui diffère selon leur granulométrie : les sables semblent être entraînés le long du talweg sous-marin tandis que les matériaux plus fins se déposent en partie sur les versants du canyon ou restent en suspension avant d’aboutir à un certain nombre de marais maritimes situé dans la proximité. Du canyon, on remonte parfois un cœlacanthe comme celui qui est exposé au musée Rabesandratana de Tuléar.
10Caoutchouc : On a longtemps exploité dans le Sud malgache le caoutchouc végétal provenant de plusieurs plantes, principalement à partir d’Euphorbia intisy, accessoirement du lombiro. Les premiers pneus Michelin furent fabriqués, dit-on, à partir du latex d’euphorbes malgaches. Un moulin à caoutchouc fut même construit à Fort-Dauphin qui sera démoli en 1917. Manambaro était alors le principal marché. Ce fut un véritable boom du caoutchouc, mais bien avant 1900 la production devint moribonde : « Il faut tenir compte aussi de la diminution de l’exploitation du caoutchouc, qui constituait à lui seul 80 % des transactions. On a vu plus haut que cette cessation est due à la destruction de presque toutes les lianes caoutchoutifères et à la mauvaise qualité du caoutchouc livré, recueilli sans soins ou frauduleusement mélangé de matières étrangères. » (Lyautey, 1905). Cette constatation allait dans le même sens que celle du Syndicat lyonnais d’exploration (1897) : « D’euphorbes (à caoutchouc), il n’en existe plus ; les indigènes ont tout détruit, coupant les plans pour en extraire plus rapidement le suc précieux... ». Quelques plantations ont alors été aménagées mais sans succès.
11Cap Sainte-Marie : 1. [25° 35’S, 45° 08’E] : ce cap très spectaculaire (► Vohimena), appelé autrefois St Sebastien, a donné son nom à la feuille H63 de la carte FTM au 1/100 000e. « Une impression d’abandon, de solitude ultra-terrestre se place sur le plateau de Cap-Ste-Marie et la nuit devient un four noir où grondent le vent et l’océan... » (Szumski, Images du Sud). Selon la légende, un navire portugais y aurait autrefois fait naufrage dont les marins auraient été précipités par le chef local dans le puits creusé par eux et aujourd’hui hanté par des kokolampo (Szumski, 1968). 2. Réserve spéciale du Cap Sainte-Marie : créée en 1962, cette réserve s’étend sur 1 750 ha. On y parvient en passant par Tsiombe, situé à une soixantaine de kilomètres. Cette aire protégée vaut surtout par son site exceptionnel. On vient y voir Chalarodon madagascariensis, les tortues radiées et les tortues-araignées, très abondantes, et quelques plantes micro-endémiques comme Aloe millotii.
12Capricorne (tropique du) : Cette ligne fictive qui marque la latitude 23° 27’S passe à quelques kilomètres au sud de Tuléar et se poursuit vers l’Est en suivant approximativement l’Onilahy. Sur la RN13, entre Betroka et Isoanala, se trouve un panneau célèbre signalant le passage du tropique.
13Caprin : L’élevage des caprins constitue une des principales activités pastorales du Sud malgache du fait de la bonne adaptation de ces animaux à des conditions difficiles, que ce soit en brousse ou en ville. Les chèvres se contentent pendant une partie de l’année des oponces épineuses qu’on met à leur disposition. Avec la colonisation est apparue en pays Mahafaly, autour d’Ampanihy, une importante filière mohair fondée sur l’élevage de chèvres angora. En 1990, 38 000 chèvres étaient par ailleurs recensées à Tuléar (source : Samisoa). Il n’est donc pas rare de voir se déplacer en plein centre de Tuléar de petits troupeaux de ces animaux. Dans les sacrifices réalisés lors de cérémonies, les caprins peuvent être substitués aux zébus, trop rares ou trop chers.
14Carapace sableuse : Créé par les premiers géologues, le terme « carapace sableuse » fait référence aux dépôts sablonneux rubéfiés, indurés ou non, du Pliocène et du Pléistocène. Ils couvrent de grandes étendues au Sud-Ouest de Madagascar sur le littoral comme à l’intérieur des terres, au-dessus des formations gréseuses de l’Isalo. Le terme de « sables roux » peut être considéré comme synonyme.
15Carcanossi : Ce nom donné par Flacourt désignait les Tanosy.
16Care : Care est une organisation internationale d’origine étatsunienne présente à Madagascar, notamment dans le Sud, depuis 1992. Une de ses principales cibles est la sécurité alimentaire.
17Carembol(l) es : Ce nom donné par Flacourt désignait le pays et les habitants du Karimbola.
18Carmélites : Cette confrérie de religieuses contemplatives s’est établie à partir de 1975 à Tuléar, dans le quartier de Belemboky.
19Carte : On dispose de nombreuses cartes précises couvrant le Grand Sud malgache : cartes topographiques au 1/100 000e du FTM, cartes hydrographiques marines, cartes géologiques, cartes pédologiques (dressées par l’Orstom) et de végétation. Ces cartes ont souvent l’inconvénient d’être fondées sur des données anciennes. À de rares exceptions près, leur réédition n’est pas accompagnée d’une réactualisation des données. On note cependant que plusieurs bases de données géographiques vectorielles existent actuellement ou sont en cours de réalisation. La « Nouvelle carte de Madagascar pour suivre les opérations militaires » (1886, échelle 1 : 3 000 000e) donne une idée assez floue du Grand Sud. En 1894, dans « Le Monde Illustré » est publiée la carte de Madagascar au 1 : 2 000 000e du Service Géographique de l’Armée. La première carte topographique assez précise du Grand Sud est une carte d’État-Major au 1 : 500 000e de 1899. Les approximations y sont cependant nombreuses. La carte de 1903 « dressée au Service géographique du Corps d’occupation par ordre de M. le Général Gallieni », beaucoup plus complète, se décline pour la région qui nous concerne en feuilles « Cap Sainte-Marie », « Fort-Dauphin », « Vangaindrano », « Tuléar », « Mangoka » et « Fianarantsoa ». Les premières feuilles au 1/100 000e sont éditées vers 1913.
20Casque : On désigne sous ce terme des gastéropodes de la famille des Cassidae, des genres Cassis et Cypraecassis. Sur le littoral du Grand Sud, Cassis cornuta L. (beja) a été exporté pour une utilisation en camée. Cypraecassis rufa L. qui vit dans le sable à une cinquantaine de mètres de profondeur est très recherché et donc menacé. ► Féérègne.
21Casse : Sont appelés casses des chaos de blocs de roches observables à l’aplomb des versants et des dômes rocheux. Elles sont notamment liées à des processus d’exfoliation considérés comme anciens (Peyrot, 1974).
22Catat (Louis, 1859-1933) : Le Docteur Louis Catat est l’auteur d’un ouvrage connu « Voyage à Madagascar » (1895) dans lequel il relate ses missions réalisées à travers la Grande Île en 1889 et 1890. Ses descriptions de l’itinéraire Fianarantsoa-Fort-Dauphin en passant par Antanambao sur l’Horombe, Betroky (Betroka), Ivahona, Tamotamo, Tsivory, Tsiesetra et Imitray sont particulièrement intéressantes.
23Catastrophe : ► acridien, changement climatique, déforestation, Gulser Ana, risque.
24Catholique : On utilise localement le terme d’ECAR pour désigner l’Eglise catholique (apostolique et romaine). Aujourd’hui les catholiques représenteraient environ 8 % de la population régionale totale. Après l’échec de Pierre Dalmond, un jésuite, la religion catholique s’est implantée dans la région de Tuléar à partir de la fin du XIXe siècle, un peu plus tard que le protestantisme. Les Lazaristes furent les premiers en place de 1897 à 1953. Ils ont été remplacés par les Assomptionnistes dans le diocèse de Tuléar. Les religieuses ont également joué un rôle majeur dans la diffusion du catholicisme dans le Sud de Madagascar. Ce dernier, tel que nous l’avons défini, relève aujourd’hui des diocèses de Toliara, de Morombe, d’Ihosy et de Tôlagnaro, créé en 1955. Le premier évêque de Tuléar fut Michel Cannone lors de la création du diocèse de Tuléar en 1959. Lui succédèrent Mgr René Rakotondrabe (1974-1989), puis Mgr Fulgence Rabeony, nommé évêque en 1990, promu archevêque en 2003.
25Cauche (François, né à Rouen en 1616) : François Cauche, qui quitte Dieppe en 1638 à 22 ans à bord du Saint-Alexis, aboutit à Manafiafy. Pendant 4 ans, il voyage sur la côte Est à Madagascar établissant des liens avec des populations musulmanes. Revenu à son point de départ, il retrouve son rôle de colon sous les ordres de Pronis. Il a produit un ouvrage intitulé Relations véritables et curieuses du voyage de François Cauche de Rouen en l’île de Madagascar, îles adjacentes et côtes d’Afrique.
26Causse : On désigne sous le nom de causses, les plateaux façonnés dans des roches carbonatées comme le calcaire ou les dolomies. A l’est de Tuléar s’étendent le causse de Belomotra et celui de Vineta. Au sud de l’Onilahy, derrière la plaine côtière, on trouve le causse Mahafaly. Les causses sont incisés par de profonds canyons où s’effectue l’écoulement des eaux. Sur la plus grande partie de ceux-ci, même aux moments des fortes averses, il n’y a pas d’écoulement organisé de surface. Les eaux s’infiltrent par les cassures et les micro-cassures, puis circulent dans des galeries souterraines, généralement inaccessibles aux spéléologues en ce qui concerne la région de Tuléar, filtrent sous les sables littoraux avant de resurgir sous forme de sources sur le rivage ou directement en mer. Sur la carte de Grandidier et Baldhauff (1901) on indique « plateau sans eau ».
27Caye : Ce terme d’origine espagnole (un cayo : un cor) désigne une accumulation de débris coralliens au-dessus d’un banc récifal. Les cayes exondées sont des îles parfois habitées en dépit des difficultés à y trouver de l’eau douce. Exemples : Nosy Ve, Nosy Manitse.
28CEA : Le Commissariat (français) à l’Énergie Atomique a longtemps possédé une antenne à Fort-Dauphin et une mine à Ambindandrakemba à partir de 1930. Ses avoirs locaux ont été cédés à l’OMNIS lors de l’Indépendance de Madagascar.
29CeDRATOM : Le CeDRATOM ou Centre de Documentation et de Recherche sur l’Art et les Traditions Orales relève de l’université de Tuléar. Sa création date du début des années 1980. On le trouve non loin du marché central (Bazary Be) de la capitale du Sud-Ouest malgache. Un petit musée, celui des arts et traditions du Sud malgache, y a été adjoint.
30Cercle, cercle annexe : Ce terme fut porté par des territoires de l’ordre de la province, créés ou passés sous administration militaire de 1897 à 1908 : le cercle des Baras et des Tanalas, créé en novembre 1897 fut mis sous l’autorité du chef de bataillon Cléret (chef-lieu Betroka). Il recouvrait les districts d’Ihosy, Ikongo et Ivohibé. Les autres cercles furent le cercle de Tuléar (1898), le cercle de Fort-Dauphin et le cercle des Mahafaly (chef-lieu : Androka puis Ampanihy) dont l’existence va de 1902 à juin 1908. (p. 58)
31CFDT : Créée en 1949, la CFDT (Compagnie Française pour le Développement des Fibres Textiles) est intervenue dans la région du Sud-Ouest, notamment comme actionnaire de la Samangoky (22 % en 1960) et de la Hasyma (40 %). Elle est devenue, en 2001, le DAGRIS (Développement des Agro-Industries du Sud). Il s’agissait d’un organisme cotonnier privé censé être au service de la Coopération française outre-mer.
32CGDIS : Le Commissariat Général au Développement Intégré du Sud (CGDIS) est un établissement public rattaché au Premier Ministre, créé en juillet 1996 pour mener des actions de développement intégré dans le Sud de Madagascar, notamment en relation avec les sécheresses.
33Chalorodon madagascariensis : Cet iguane endémique du Sud-Ouest, visible à la réserve du cap Sainte Marie, mesure en moyenne 20 cm de long. Le corps de Chalorodon madagascariensis Peters (famille des Iguanidae) est jaunâtre moucheté de marron.
34Champignon : Parmi les nombreuses espèces de champignons se développant dans le Sud malgache, l’olabositra, recherché pour être consommé, tient une place à part.
35Champmargou (Charles de la Chaussée, seigneur de Champmargou, mort en 1672) : Il fut gouverneur de Fort-Dauphin de 1657 à 1670. Sa désastreuse politique vis-à-vis de la population tanosy et sa jalousie face à la réussite de La Case mena à l’abandon de la colonie française.
36Chanaron (Lieutenant) : Ce militaire français, mort au combat le 3 juin 1898 non loin de Tuléar, à Andrambe, a donné son nom à une rue de Tuléar, la rue du Lieutenant Chanaron, parfois déformé en Chanar.
37Changement climatique : Le thème du changement climatique dans le Sud malgache n’est pas nouveau. Martin (1950) met en avant l’assèchement du Sud-Ouest de Madagascar révélé par l’abaissement du niveau de l’eau des puits, donc de la nappe phréatique, et la diminution du débit des cours d’eau. Les précipitations de la station de Tuléar sont également en baisse : 403 mm en 1912-22, 367 mm en 1925-34 et 317 mm en 1945-49. Depuis la tendance semble s’être inversée : 418 mm en 1961-72, 426 mm en 1996-2007, mais les données étant lacunaires, il y a lieu de rester prudent (Lebigre & Montel, 2012). Depuis quelques décennies, dans le Sud comme dans bien d’autres régions du globe, un léger réchauffement climatique est avéré dont les conséquences sont jusqu’à présent plus faciles à mettre en évidence dans la théorie que dans la pratique. On peut de ce point de vue s’étonner des méthodes de certaines ONG internationales. Elles consistent à faire dire aux ruraux que les changements négatifs qu’ils constatent dans leur vie quotidienne sont dus à ce réchauffement présumé. Il semble pourtant que la pauvreté, alliée à une rapide croissance démographique, est la cause d’une pression grandissante sur les ressources. Dès lors cette dernière apparaîtrait comme le moteur principal des changements au quotidien.
38Charbon de bois : Depuis les années 1970, des villages spécialisés dans la fabrication du charbon de bois se sont établis le long des RN7 et RN10. D’autres ont surgi un peu partout notamment à Soalara. Les besoins de la population urbaine en charbon de bois sont très élevés, principalement dans l’utilisation de fatam’pera, ce qui contribue fortement à la déforestation et à la dégradation de l’environnement. Sur la base d’une consommation de 90 kg par ménage et par an (chiffre des Eaux et Forêts, 1994), au moins 10 000 tonnes de charbon de bois seraient prélevées annuellement pour être vendues à Tuléar. À ce charbon, il faut ajouter le bois de feu (environ 60 kg par ménage et par an). Autrefois ce charbon était acheminé uniquement par charrettes, aujourd’hui ce sont des camions entiers qui arrivent tous les jours sur la capitale du Sud-Ouest.
39Charles (Clément Séverin) : Originaire de Tuléar, cet historien, enseignant à l’université de Tuléar dans les années 1980 puis après 1996, a soutenu une thèse de doctorat à Paris I en 1985. Il est alors passé à la politique et a obtenu divers postes importants dont celui de ministre de l’Intérieur sous la présidence d’Albert Zafy (1993-1996). En 2012, il est directeur du Cabinet du Premier Ministre Omer Beriziky.
40Charretière (piste) : On doit à Lyautey l’aménagement d’un réseau de pistes charretières dans le Sud de Madagascar, permettant de faciliter les liaisons entre les postes militaires par de lourdes voitures Lefèbvre (230 kg) tirées par des mulets, qui sont progressivement remplacés par des zébus. Une partie de ce réseau a été le fondement du réseau routier mis en place ultérieurement. C’est un des points fondamentaux de l’organisation de l’espace méridional malgache.
41Charrette : La charrette à zébu (sarete en malgache) qu’on rencontre dans le Sud de Madagascar est une adaptation de la voiture Lefèbvre. La mise au point d’un véhicule plus léger, construit en bois local, aurait été réalisée en 1905 par un charron de l’Armée française sur l’ordre de l’État-Major. Cette charrette à deux roues fabriquée dans les villages reste le principal moyen de locomotion dans la majeure partie des espaces ruraux du Sud de Madagascar. Il y en aurait plusieurs milliers, voire dizaines de milliers. Parmi les tâches auxquelles elles sont affectées, il y a le transport de barriques (150 à 250 litres) entre les points d’eau et les villages dépourvus de cette ressource. Le cadre, les brancards et le joug sont façonnés en Tetrapterocarpon geayi (vaovy), les moyeux, les jantes et les rayons des roues en varo (Saint-Sauveur, 1998).
42Chasse : La chasse est un passe-temps apprécié dans le Sud malgache. Les crocodiles du Nil furent les premières victimes de cette activité, puisqu’au début des années 1980 ils avaient presqu’entièrement disparus. En l’absence de fady, les tenrecs, les cailles, les pintades, les potamochères sont les principaux autres gibiers. Vu la rareté des fusils et des munitions (► armes), les canards sont plutôt un gibier de vazaha.
43Chat-sauvage : Felix silvestris, animal introduit anciennement d’Afrique, s’est implanté dans les écosystèmes du Sud. Sa présence est signalée par Flacourt, de même que celle du chat domestique parfois haret.
44Chauve-souris : Plusieurs espèces de chauve-souris sont observables dans le ciel du Sud malgache, notamment Rousettus madagascariensis, Hipposideros commersoni, Miniopterus spp., Myotis goudoti, Pipistrellus, Mormopterus jugularis, Taphozous mauritianus, Triaenops furculus et Pteropus rufus. La plupart des espèces sont davantage inféodées aux grottes qu’aux arbres. La déforestation représente une menace moindre pour leur survie que la déstabilisation de cavités karstiques longtemps inaccessibles (Goodman, 2008) et parfois affectées à la production de guano. Elles font en général l’objet d’une consommation alimentaire.
45Chef : C’est le titre donné autrefois à de nombreux responsables administratifs, du chef de canton au chef de province.
46Chemin de fer : On croit généralement que les chemins de fer dans le Sud malgache sont restés à l’état de projet. Ils furent en fait partiellement réalisés : projet très vague d’une ligne Fianarantsoa-Tuléar et projet d’évacuation du charbon de la Sakoa vers Soalara ; 90 km d’une ligne qui devait s’étirer sur 156 km furent construits en 1935 dans le couloir d’Itamboina pour joindre Andranomanintsy au port de Soalara. Le matériel avait été récupéré d’une ligne Morondava-Mahabo dans le Menabe. Il fut de nouveau démonté pour être envoyé dans le Nord-Est de Madagascar afin de transporter du bois. Furent également projetées (1920) des voies Decauville entre Tuléar et Manera (94 km), Tuléar et Tongobory (90 km) et Tuléar et Manombo : 22 km sur la première et 7 sur la seconde furent effectivement aménagés.

Le couloir d’Antseva

Carte touristique : le Grand Sud vu par l’auteur, un type de carte dite mentale

Le Grand Sud : les paysages culturels

L’éphémère cercle des Bara

◄ Exemple de déforestation sur le causse de Belamoty en bordure de l’Onilahy entre 2004 et 2013

Le delta du Fiherenana

L’eau dans le Grand Sud : carte hydrologique
47Chenal d’embarcation : C’est un bras de mer étroit et peu profond, situé parallèlement au rivage entre celuici et certains récifs frangeants. Dans ce cas précis, on doit absolument éviter de parler de lagon. Ainsi, le littoral mikea est bordé par un chenal d’embarcation et un large récif frangeant.
48Cheval : Au moins jusqu’en 1940, les officiers disposaient de chevaux utilisés lors de parades comme le 14 juillet. Ils provenaient de la ferme de l’Iboaka, créée en 1901 près de Fianarantsoa.
49Chevron : Ce terme a été improprement appliqué à des massifs dunaires de la région d’Androka : chevron d’Ampalaza (en fait l’Anandria) et chevron de Fenambosy (en fait du Dogary). Il s’agirait de dépôts sédimentaires côtiers qui auraient été liés à des mégatsunamis survenus il y a quelques milliers d’années. À partir de la découverte du cratère d’impact de Burckle a été construite et soidisant vérifiée l’hypothèse d’un mégatsunami qui serait à l’origine de ces formes en V datées par une équipe internationale (Abbott et al., 2006) de 3 000 à 2 800 ans BP. En 2008, un article de N. Pinter et S. E. Ishman, de la Southern Illinois University, dans GSA Today remet le phénomène en perspective optant pour l’idée de dunes paraboliques : “...the term “chevron” should be purged from the impact-related literature…., We suggest that the data are not consistent with the 4-5-km-diameter impactor that has been proposed, but rather with the constant and certainly noncatastrophic rain of sandsized micrometeorites into Earth’s atmosphere...”). En 2009, Joanne Bourgeois de l’université de Washington à Seattle et Robert Weiss de la Texas A & M University, deux spécialistes des dépôts liés aux tsunamis, réfutent le lien entre le cratère d’impact de Burckle et les chevrons du Sud malgache. La modélisation qu’ils ont faite du tsunami montre que la direction des chevrons en question ne correspond pas. J. Bourgeois et R. Weiss (2009) estiment qu’on a probablement à faire à des massifs dunaires, en fait déjà étudiés par Battistini (1964b).
50Chicago : C’est le nom donné à de petites éoliennes Aermotor fabriquées à Chicago (le nom apparaît clairement sur les éoliennes) dont ont été équipées quelques exploitations agricoles dans les années 1960 dans le cadre d’un programme FAO, voire auparavant (initiatives d’Européens).
51Chien : 1. chien de brousse : nez et oreilles pointus, le chien de brousse a la particularité de somnoler au milieu des routes et des rues, prenant ainsi des risques importants pour sa pauvre vie de chien. En ville, quand il forme des meutes la nuit, il peut se révéler dangereux mais d’une manière générale, il est dressé pour être un animal paisible et peureux pendant la journée. Les risques de contamination de la rage à la suite de morsure sont réels. 2. chien de vazaha : tout chien, autre que les chiens de brousse, et d’une certaine taille (le coton de Tuléar reste donc à part), est considéré comme chien de vazaha, malin, donc dangereux, et de ce fait souvent victime d’empoisonnement.
52Chinois : À la différence de ce qui se passe sur la côte Est de Madagascar, il n’y a pas eu d’immigration chinoise importante dans le Sud. Tuléar compte cependant quelques familles de commerçants, certaines anciennement établies, comme le montre un document de 1903, et d’autres récemment arrivées. Un des premiers commercants de la place du Marché de Tuléar est M. Chang Ha-Kang. D’importants investissements chinois dans le domaine des hydrocarbures sont sans doute en passe de changer la donne.
53Chirogale : Le terme chirogale est applicable à des lémuriens de petite taille de la famille des Cheirogaleidae : genres Cheirogaleus (une espèce commune : Cheirogaleus medius), Microcebus et Lepilemur. Entre 2000 et 2013, 9 nouvelles espèces de Cheirogaleus ont été répertoriées à Madagascar dont 3 dans le Sud (site : www. planet-mammiferes). Le chirogale de Lavasoa (Ch. lavasoensis) est une espèce nocturne et forestière, découverte en 2013 (Thiele, Razafimahatratra & Hapke, 2013), micro-endémique du massif du Lavasoa.
54Choléra : Le choléra a été introduit à Madagascar à la fin des années 1990. Une épidémie partie de Mahajanga en mars 1999 s’est développée jusque dans la région de Tuléar dans l’année qui a suivi (Lévy, 2004). Elle a provoqué la mort de plusieurs dizaines de personnes. Depuis la pathologie reste présente avec un statut d’endémicité.
55Christmas River [45° 36’E, 22° 30’S, 793 m d’altitude] : Ce site de subfossiles a été découvert en 2006 sur le RN7 près d’Andiolava par des chercheurs de pierres précieuses. Il fut exploré à partir de 2008 : les découvertes d’ossements d’animaux datant d’environ 10 000 ans tendent à renforcer l’idée de l’existence d’un couvert forestier, sans doute discontinu, sur les Hautes Terres (Muldoon et al., 2012). On remarquera que les scientifiques étatsuniens ont curieusement mis en avant un toponyme religieux anglo-saxon.
Chronologie historique : Voici quelques repères :
III e siècle BC : premiers signes d’une présence humaine dans le Sud à Taolambiby et à Tsirave ;
VII e –IX e siècles : présence d’établissements humains à Sarodrano et à Talaky ;
1480 ? : naufrage d’un navire transportant des Gujarati islamisés dans le Sud de Madagascar ; les survivants s’intègrent dans ce qui deviendra la communauté tanosy ;
1508 : le navigateur portugais Diego Lopez de Sequeira entre dans la baie de Ranofotsy ; les naufrages de bateaux portugais en partance ou de retour des Indes dites orientales se multiplient ;
1529 : Parmentier et ses navires touchent le littoral méridional de Madagascar ;
1595 : l’amiral hollandais Cornelis De Houtman relâche à Saint-Augustin ;
1614 : le jeune prince tanosy Andriandramaka est emmené à Goa pour recevoir une éducation portugaise ;
1643 : Pronis et des colons français fondent Fort-Dauphin, début d’une épopée tragique terminée en 1674 ;
1658 : publication par Flacourt de l’« Histoire de la Grande Isle de Madagascar » ;
1711 : Drury traverse le Sud de Madagascar fuyant sa condition d’esclave des Tandroy ;
1766 : Masavana, réduit à la condition d’esclave des Hollandais, quitte Tuléar à destination du Cap ;
1768 : le comte de Maudave s’établit à Fort-Dauphin ;
1825 : le prince merina Ramananolona s’établit en Anosy ;
1835 : affaire du Voltigeur ; tentative avortée de mainmise merina sur Saint-Augustin ;
1859 : le mpanjaka Lahimerija permet à Fleuriot de Langle et aux Français de s’établir dans son royaume ; 1865-70 : voyages d’Alfred Grandidier ;
1885 : arrivée d’un résident français à Nosy Ve ;
1890 : établissement d’un poste militaire et d’un comptoir merina à Tolia dans le royaume du Fiherenana ;
1895 : le 14 décembre, Madagascar passe sous la gestion du ministère français des Colonies ;
1898 : Tuléar est choisi par l’autorité française comme chef-lieu d’un cercle ;
1900-02 : Lyautey achève la « pacification » du Sud ; disparition de l’éphémère cercle des Bara ;
1904 : imposition du code de l’indigénat et insurrection du Sud-Est ;
1911-17 : administration de Louis Gerbinis ; insurrection des Sadiavahe (1915-17) ;
1923 : diffusion de la cochenille Dactylopius ceylonicus qui détruit les raketa ;
1927 : Fort-Dauphin est rattaché à Fianarantsoa ;
1947 : l’insurrection de mars 1947, qui a enflammé l’Est et les Hautes Terres de Madagascar, épargne le Sud ; 1959 : Monja Jaona devient maire de Tuléar ;
1960 : Indépendance de Madagascar ; Fort-Dauphin est rattaché à la province de Tuléar ;
1971 : insurrection en pays Mahafaly et en Androy matée par le colonel Ratsimandrava ;
1975 : Fort-Dauphin devient Tôlagnaro ;
1978 : cyclone Angèle (26-29 décembre) ;
1983-87
: « boom » du coton dans le Sud-Ouest ;
1987 : les Indiens de Tuléar sont victimes d’un rotaka (6 mars) ;
1997 : découverte du saphir à Ilakaka ;
2011 : affaire Rehavana à Tuléar ;
2013 : cyclone Haruna (23 février).
56Ciguatéra : La ciguatéra est une intoxication liée à la consommation de poisson dont il faut chercher l’origine dans les destructions naturelle (tempêtes, cyclones) ou anthropique (pollution notamment) des récifs coralliens. Ce phénomène entraîne en effet la prolifération d’une microalgue benthique, Gambierdiscus toxicus. Les toxines s’accumulent dans la chair des poissons brouteurs de corail puis dans celle de leurs prédateurs. De multiples cas de « gratte » (nom donné à la ciguatéra dans certains territoires francophones) sont détectés chaque année sur le littoral mais il semblerait que les cas les plus graves soient apparus avec la consommation de requins.
57Cimetière : À l’image des cérémonies funéraires, il existe divers types de cimetières (lolo) dans le Sud, comme les kibory. En plein centre ville, le cimetière communal de Tuléar, d’aspect classique, est également appelé cimetière vazaha. À Tuléar, dans le quartier d’Ankenta, on trouve un grand cimetière musulman cloisonné en fonction des diverses confessions.
58Cinéma (salle de) : Longtemps il y a eu un cinéma à Tuléar : le Tropic, le long de l’avenue devenue aujourd’hui Monja Jaona. La diffusion des lecteurs-vidéos permettant de proposer à un public amateur de films d’action, des séances bon marché, en a eu raison. Actuellement l’ancienne salle est louée à l’ONG Bel Avenir qui en a fait son siège, tout en proposant des séances de projection de films deux fois par semaine. Cette même association a lancé « Ligne verte » une intéressante expérience de cinéma itinérant dans les villages de brousse.
59Cirque d’érosion : Cette forme d’érosion de grande dimension, à bordure en demi-cercle, se développe sur les dômes sableux. Il ne faut pas les confondre avec les lavaka.
60Citerne : Le 4 novembre 1934 est inauguré le système d’adduction d’eau courante de Tuléar. Il met fin au ravitaillement des foyers européens par une citerne tirée par un âne et guidée par un prisonnier. Ce système de citernes alimente encore en eau de nombreux villages.
61Civette : La petite civette de l’Inde (Viverricula indicapris), jaobady en malgache, est un animal introduit à Madagascar, à Zanzibar et à Socotra, appelé fanalouc par Flacourt, désigné comme un renard par Drury, peut être parce qu’elle s’attaque parfois aux poulaillers. Il ne faut la confondre ni avec le fosa, ni avec la civette de Madagascar (Fossa fossana, Eupleridae, le fossa de Flacourt ?) qui est endémique de la façade orientale de la Grande Île. Son musc (telofory) a fait l’objet d’une exploitation assez anecdotique dans la région de Tuléar.
62Climat : Le climat tropical chaud et subaride, très ensoleillé, de Tuléar et de son littoral constitue un élément essentiel de l’identité du Sud de Madagascar. Il existe cependant des variations régionales liées à la continentalité et à la latitude. Dufournet (1972) distingue un domaine tropical subaride et chaud (station type : Tuléar), un domaine tropical semi-aride et chaud (station type : Ambovombe), un domaine tropical sub-semi-aride chaud (station type : Morombe), un domaine tropical sub-semi-humide et chaud de basse altitude (station type : Ankazoabo), un domaine tropical sub-semi-humide et chaud de moyenne altitude (station type : Ihosy). Il faut mettre à part le climat de Tôlagnaro qui relève du climat tropical à humidité constante de la façade Est. ► changement climatique, cyclone, ENSO, ensoleillement, évaporation, faille pluviométrique, fœhn, hygrométrie, précipitations, saisons (asara, asotry, faosa, lefito), sécheresse, température, tsiokantimo, vent.
63Club sportif : Le Gasy Tennis dont les locaux et terrains se trouvent dans le centre-ville a probablement été le premier club sportif à avoir été créé à Tuléar et dans le Sud, dès 1932. Dans les années qui suivent cette date de nombreux clubs sportifs voient le jour dans toute la région. Ils sont pour la plupart scolaires. L’AS Corps enseignement, club de Tuléar, a connu la célébrité en remportant le championnat national de football en 1974, 1975 et 1977. Il fut suivi par l’AS Somasud en 1981 et le FC Fobar en 1995. L’ASCO (Association Sacré-Cœur Omnisport) a été consacré douze fois champion de Madagascar en handball. ► aéro-club.
64Cocoteraie : Dans la région de Tuléar, les plantations de cocotiers Cocos nucifera sont assez rares, bien que cette plante n’éprouve aucun problème à se développer dans les nombreuses dépressions humides, généralement un peu saumâtres qu’on observe sur le littoral. Un bon exemple en est fourni par la cocoteraie Tsiebo à Ambolimailaka. De nombreux hôtels implantés sur le rivage, celui d’Ifaty par exemple, ont par ailleurs favorisé la plantation de cocotiers, souvent au détriment de la végétation autochtone.
65Code de l’Indigénat : Ce code, promulgué en décembre 1901, abrogé en 1946, fixait les règles arbitraires de l’ordre colonial auquel étaient soumis les seuls Malgaches. Eloigné des idéaux de Lyautey, il a permis aux chefs de district d’avoir une multitude de prétextes pour emprisonner tous ceux qui leur déplaisaient, ne respectaient pas le travail obligatoire ou ne versaient pas l’impôt. Pourtant vivement mis en cause par Augagneur, il créa un climat délétère entre colonisés et colonisateurs (Frémigacci, 2013).
66Cœlacanthe : Peu de personnes savent, en dehors de Madagascar, qu’il existe des communautés de cœlacanthes vivants dans les eaux de Tuléar. On pense généralement que l’habitat des cœlacanthes (poissons de l’ordre des Coelacanthiformes) se limiterait à l’Afrique du Sud et aux Comores. C’est en effet au sud de Durban, en 1938, que Marjorie Courtenay-Latimer a découvert le premier cœlacanthe vivant (Latimeria chalumnae). Les suivants furent pêchés au large de Grande Comore en 1952. Depuis on a observé la présence de cœlacanthes au Mozambique mais aussi à Sulawesi en Indonésie (une autre espèce L. manadoensis) en 1997. Longtemps on a d’ailleurs cru que ce poisson, qualifié aujourd’hui de « fossile vivant », s’était éteint il y a environ 70 millions d’années. Le cœlacanthe qu’on peut voir au musée Rabesandratana de l’IHSM de Tuléar a été pêché en 1995 dans le canyon sous-marin de l’Onilahy, baie de Saint-Augustin. Le hasard a bien fait les choses puisque c’est un touriste qui, voyant le poisson dans la barque de pêcheurs, a pris l’initiative de l’acheter et de le ramener à la station marine de Tuléar. Si le poisson est suffisamment rare pour ne pas avoir de nom vernaculaire, à la différence de ce qui se passe aux Comores et à Sulawesi, on a la certitude que, de temps en temps, des exemplaires de Latimeria chalumnae sont ramenés par les pêcheurs puis consommés. Reste à faire ce qui a été réalisé plusieurs fois en Afrique du Sud depuis 2001, plonger à grande profondeur pour observer ce poisson.
67Coiffure : Les anciennes coiffures appartiennent à un patrimoine en grande partie disparu entre 1910 et 1935 en ce qui concerne les hommes (Decary, 1965) mais qu’on pourrait qualifier de subvivace chez les femmes. Les coiffures traditionnelles dans le Sud se fondaient essentiellement sur les tresses et les boules de cheveux. On note que d’une manière générale ces coiffures, le jaka notamment, ne permettaient que rarement des distinctions entre les sexes et que par ailleurs la grande diversité des dispositifs capillaires, source d’un légitime orgueil, révèlait savoir-faire et imagination. Le vocabulaire appliqué aux coiffures était alors d’une grande richessse si l’on se réfère au travail de synthèse de R. Decary (1965). Un des premiers à en faire mention, Drury (1729) note qu’on lui propose « une coiffure semblable à celle que portent les guerriers malgaches pour se reconnaître », peut-être celle, toujours actuelle, des paramaky. Le maintien des cheveux se faisait grâce à des « gels » très éloignés des normes actuelles comme le tanifotsy des Bara Imanono. Il y a encore quelques années, toutes les femmes s’enduisaient les cheveux de jabora et de tavo. ► dokodoko, talikesa, taly mivo.
68Collecteur : ► langouste, pêche.
69Colon : « Quoi qu’il en soit, plusieurs colons très sérieux, accompagnés de leur famille et possédant des ressources, sont arrivés à Tulléar et s’occupent d’entreprises agricoles. [...] (À Fort-Dauphin) les colons, aussi bien les étrangers que les Français, ont suivi l’exemple que leur a donné le capitaine Brulard ; ils ont construit des maisons en bois, en fer et briques pour remplacer leurs cases de paille. » (Envoyé spécial à Madagascar, Le Temps du 4 octobre 1898, n ° 13635). À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle s’établissent dans le Grand Sud quelques colons, autres que les fonctionnaires, les missionnaires et les soldats. Ils occupent diverses fonctions dans l’agriculture, le commerce et l’artisanat. Ils sont de diverses nationalités. En 1903, on compte dans la province de Tuléar, une centaine de Français (la plupart d’ailleurs sont enregistrés comme « colons »), plus d’une cinquantaine d’Indiens, 9 Britanniques, 7 Allemands, des Grecs, quelques Chinois, Turcs, Italiens, Suisses, Autrichiens et Belges.
70Colonisation : Dans l’Extrême-Sud, le processus colonial commence très tôt, en 1643, avec la colonie française de Fort-Dauphin. C’est un échec flagrant, particulièrement lourd en vies humaines, qui se termine en 1674. Dans le Sud de Madagascar, une dynamique nouvelle se met bien plus tard en place, en 1885 à Nosy Ve mais on considère que la colonisation française va d’août 1896 jusqu’à l’Indépendance en juin 1960. Le modèle choisi par Galliéni est celui de colonies britanniques idéalisées, le contre-modèle étant ce que faisait l’Italie en Abyssinie et la France en Nouvelle-Calédonie (Galliéni, 1900 : p. 60). La politique coloniale initiale visait à promouvoir la sécurité, à éduquer, à stimuler l’activité économique au profit de la France, non à occuper militairement un territoire comme le prouvent les faibles effectifs de la pacification. Cependant vue avec le recul, la colonisation du Grand Sud de Madagascar laisse un goût amer. Même s’il faut se garder de généraliser, de nombreux colons et fonctionnaires, personnes aussi suffisantes que médiocres, ne furent jamais à la hauteur de l’enjeu. Il est évident que le processus d’intégration de nouveaux territoires à une vieille métropole désireuse d’accroître sa puissance a été dévoyé par le faible cas qu’on fit des identités culturelles des communautés du Grand Sud. Celles-ci furent regardées avec condescendance par une majorité d’expatriés. D’un point de vue économique, en dépit des belles intentions de départ de personnalités de la trempe de Galliéni ou de Lyautey, la région, du fait de sa marginalité initiale, n’est jamais passée au centre des préoccupations des autorités françaises. Il en découla que dès les premières décennies de la mise en place de la tutelle française (1898-1930), le Sud prit un gros retard dans les domaines de l’éducation, de la santé et des infrastructures de communication par rapport à la quasi-totalité des autres régions malgaches. Il a conservé ce retard jusqu’à aujourd’hui. Si l’on devait désigner un symbole de la colonisation, cela pourrait être le casque colonial, couvre-chef omniprésent porté avec condescendence par les colons et leurs enfants et censé les protéger des ardeurs du soleil.
71Colportage : Cette activité très répandue se présente comme une vente ambulante de maison en maison. La marchandise consiste généralement en produits de la pêche, en légumes et en fruits. Il fut un temps (1980-1990) où les bouteilles d’alcool, troquées sur les navires de passage, faisaient l’objet d’un lucratif colportage.
72Commerce : La côte Sud de Madagascar est marquée dès le XVIe siècle par la demande en vivres et en eau des navires de passage ainsi que celle d’esclaves à destination des Mascareignes et de l’Afrique du Sud. La population locale acquiert des qualités de tenacité, citées en exemple : « L’ancre à peine jetée, une cinquantaine de pirogues sont détachées de la rive et se précipitent à l’assaut du navire. Ce sont des offres de vente importunes, tenaces. Le marchand qui est chassé d’un endroit revient d’un autre côté, toujours sa marchandise à la main, sans se soucier des rebuffades, sans se lasser jamais de crier sa marchandise et de la présenter. » (Gravier, 1896). Le commerce interne semble quant à lui avoir été, avant les premiers contacts avec les Européens, un phénomène limité. Les besoins en armes, en poudre et autres produits de comptoir stimulent le troc même si l’on utilise aussi les monnaies étrangères. Avec la fin de l’esclavage, d’autres produits s’imposent : « Tulear ou Cotsàoko, la plus importante place de commerce de la province de Feheringue, fait une grande exportation d’orseille, de tortues, de bois pour la teinture, de biches de mer, de poissons, de gibier, d’herbes à tisser, de cire, de miel, de maïs, de pois du Cap, de riz, etc. » (Du Vergé, 1887). La colonisation française stimulera l’activité commerciale, persuadée que cette dernière engendrera une véritable prospérité, ce qui ne fut pas le cas. ►maison de commerce.
73Commerce informel : Comme partout dans le Tiers-Monde, le petit commerce informel envahit les rues et les arrêts des transports en commun. Rarement soumis à des taxes, il permet à des familles quelques médiocres mais nécessaires revenus.
74Commerson (Philibert, 1727-1773) : Ce naturaliste français, après son tour du monde avec Bougainville, accompagné de Pierre Sonnerat, embarqua sur L’Ambulante en octobre 1770 et voyagea pendant plus de deux mois dans la région de Fort-Dauphin recueillant de nombreux échantillons de plantes jusque-là non répertoriées (Oberlé, 1979).
75Commiphora : Ce genre de la famille des Burseraceae, qui donne la myrrhe dans la Corne de l’Afrique, est représenté par de nombreuses espèces endémiques des forêts et du fourré xérophiles de l’Ouest et du Sud malgache. Il s’agit d’arbres et d’arbustes en général pachycaules et reconnaissables à leur fine écorce s’exfoliant. Leurs feuilles sont composées-imparipennées à l’exception de C. simplicifolia. C. arafy H. Perr., appelé arofy mena, est un arbre au gros tronc rouge facilement observable dans la forêt Mikea, malheureusement très recherché pour son bois. C. aprevalii (Baill.) Guillaum., le daro ou zabi, est un arbuste assez commun poussant aussi bien sur les calcaires que sur les sables siliceux. C. brevicalyx H. Perr., le darosily est un arbuste réputé pour la qualité du charbon de bois qu’il donne. Le plus spectaculaire semble être C. monstruosa (H. Perr.) Cap., le tainjazamena, arbrisseau pachycaule d’un à 2 m de haut à écorce crevassée présent sur la côte mahafaly, utilisé en pharmacopée. Les autres espèces endémiques sont : C. coleopsis H. Perr. ; C. grandifolia Engler l’arofy bohy, un petit arbre utilisé pour développer des haies vives ; C. guillaumini H. Perr. ; C. humberti H. Perr. ou bohy arbuste du fourré xérophile de la côte mahafaly ; C. lamii H. Perr., arbuste des sables de la Linta ; C. orbicularis Engler, arbuste tortueux des sables et calcaires du lac Tsimanampesotse ; C. pterocarpa H. Perr. ou matambolo, arbre de 15 m observable dans le bassin du Mandrare ; C. simplicifolia H. Perr., appelé sangatsy, fatsakatra ou encore hingitse, petit arbre de 6 m de haut à écorce jaune, des sables et calcaires du lac Tsimanampesotse et de la Réserve Domergue, utilisé pour produire du charbon ; C. sinuata H. Perr., arbuste à rameaux en zigzag visible à Ianantsono.
76Communication (moyens de) : ► avion, charrette, chemin de fer, convoyage, goélette, Lefèbvre (voiture), marche à pied, mily’kilao, mulet, pirogue à balancier, port, portable, pousse-pousse, taxi, taxi be.
77Comorien : Pendant la colonisation, une petite communauté comorienne, musulmane, formée principalement par les familles des cuisiniers employés chez les Européens, vivait à Tuléar. Les massacres de décembre 1976 à Mahajanga ont provoqué le retour d’une majorité de Comoriens dans leur archipel.
78Compagnie d’Orient/Compagnie des Indes Orientales : La Compagnie d’Orient, créée en 1742 par Richelieu, tint un rôle fondamental dans l’établissement de la colonie de Fort-Dauphin et dans le commerce d’esclaves. On pourra lire à ce sujet le journal de voyage de l’Astrée (Leslez Pezeron, 1732-36).
79Compagnie lyonnaise de Madagascar : Cette maison de commerce fut fondée à Lyon en 1897, mais son siège passa à Paris. Elle était spécialisée dans le commerce de traite avec, à partir de 1910, une agence à Tuléar et une autre à Morombe qui exportaient du pois du Cap.
80Compagnie marseillaise de Madagascar : Cette maison de commerce, fondée en 1898, dont le siège se trouvait à Paris a eu pignon sur rue à Tuléar à partir de 1910 et jusqu’à l’Indépendance. Elle importait des produits de consommation courante et exportait des peaux et du caoutchouc. Elle était également présente à Fort-Dauphin et à Tsiombe.
81Comptoir : Il ne faut pas imaginer les comptoirs du littoral sud-occidental de Madagascar au XIXe siècle comme de petites villes à l’image des antiques échelles de la Méditerranée. Il s’agit de villages traditionnels où quelques traitants européens au mieux coexistent avec une population souvent encline à de menus larcins mais consciente des bénéfices qu’elle tire du commerce de traite : Ambohibe, Lamboharano, Saint-Augustin, Itampolo, Androka Ela (Machicora), Ambohibola (Port Cruizer), Ampalaza (Port Crocker), Fanambosy (Pointe Barrow), Lavanono, Faux-Cap, etc. Certains comptoirs n’ont d’ailleurs ni habitat en dur, ni même de mouillage vraiment satisfaisant. Nosy Ve constitue une exception puisque sur cette île ne vivent que des marchands et les personnes à leur service qui se mettent ainsi à l’abri des pillages. De nombreux comptoirs n’ont eu qu’une durée de vie limitée, Machicora par exemple.
82Comptoir national d’Escompte de Paris : Cette maison de commerce a eu à partir de 1910 une agence à Tuléar dont une des finalités était l’exportation du pois du Cap.
83Conceição : Ce navire-amiral de la flotte portugaise de Manoel de Lacerda en partance vers l’Inde s’échoua en 1527 dans la baie de Saint-Augustin. Il en fut de même pour le São Sebastião. 800 personnes furent condamnées à survivre misérablement sur place. Ils furent suivis l’année suivante par le Flor da Rosa (Pierre van den Boogaerde, 2009).
84Confédération Soanavela : Cette communauté interethnique, directement dirigée par un administrateur français, fut créée en 1909 au sud de l’Onilahy, rassemblant des populations hétérogènes désireuses de sortir de l’autorité des mpanjaka (Frémigacci, 1981). En fait ce territoire s’avéra très revendicateur pendant l’administration de Gerbinis, ce qui n’avait pas été prévu.
85Conflit : On distingue plusieurs types de conflits gérés par la coutume (lily) : efetse, un petit litige facile à réparer ; avake, une faute plus grave comme un vol ; tafara, une faute très grave comme un meurtre sanctionnée par des dons en zébus. En cas de refus de la punition, on peut en arriver à l’ombilahimavo, une expulsion du lignage ou du clan.
86Conus : Les cônes sont des mollusques gastéropodes communs sur tous les récifs coralliens du monde. Leur piqûre est dangereuse. Leurs tests font l’objet d’un commerce actif. Dans la région de Tuléar, on trouve plusieurs sous-espèces endémiques de Conus pennaceus Born (Korn et al., 2000) recherchées par les collectionneurs : C. pennaceus spp. vezoi, C. pennaceus subsp. behelokensis, C. pennaceus subsp. tsara.
87Contrôle financier (route du) : C’est le curieux nom donné à l’ancienne route de la Voirie à Tuléar.
88Convoyage : Les convoyages sur des charrettes du corps des pirogues, de la forêt vers le littoral, et celui des zébus vers les centres de négoce et d’abattage constituent des activités caractéristiques du Sud malgache. Il s’agit de trajets longs et pénibles, rendus dangereux par les attaques de dahalo. Des romanciers ne tarderont pas à s’emparer de ce sujet.
89Coopération : De nombreuses nationalités ont été impliquées dans des actions de coopération entre États, s’inscrivant dans la région de Tuléar. Français, Vietnamiens, Russes et autres ressortissants de l’ex-Union Soviétique, Allemands (GTZ), Étatsuniens du Peace Corps ont représenté leur pays en coopération à Tuléar, voire dans diverses communes isolées.
90Copalier : Ce nom a été donné à Dicraeopetalum capuronianum (M. Pelt.) Yakovlev (Fabaceae), présente dans le fourré xérophile du Sud de Madagascar ; elle est réputée pour son bois odorant et ses racines pourvoyeuses d’une résine. Hymenaea verrucosa Gaertn. (Fabaceae) est un copalier plus connu mais est a priori absent du Sud de Madagascar. Il est à l’origine d’une gomme, le copal. Il existe également des copals fossiles sur les Hautes terres.

Un village de pêcheurs sur le lagon de Ranobe. Observer le grand nombre de pirogues à balancier, les maisons et les clôtures construites en matériel végétal. Au premier plan : Euphorbia stenoclada (© J.-M. Lebigre).
91Copefrito : La Compagnie de Pêche Frigorifique de Toliara ou COPEFRITO a été créée en 1995. Cette société, établie à Tuléar où une usine de traitement a été mise en place, a pris le relais de la COFRITO. Elle est spécialisée dans la collecte de produits de la mer auprès des communautés villageoises littorales. Après transformation, le produit, principalement des Céphalopodes (poulpes, calmars), est expédié vers Maurice et l’Union Européenne en partenariat avec la société Alizé. Tuléar est en effet la première région productrice de Céphalopodes à Madagascar avec 75 % de la production nationale. La société suivie de l’ONG Blue Ventures a implanté en 2003 à Andavadoaka un site pilote de sensibilisation à la gestion des ressources.
92Corderie : La corderie Déquivre, du nom du planteur de sisal qui l’avait créée, fut un des premiers établissements industriels de Tuléar. Reprise par la SMC, elle disparut à l’Indépendance en même temps que la production locale de sisal.
93Corruption : Longtemps discrète dans les années 1960 à 1980, la corruption a connu un vif essor à partir de 1990. Manière d’arrondir les fins de mois difficiles des fonctionnaires et des politiciens, elle gangrène non seulement de nombreux aspects de la vie courante mais aussi les projets de développement jusqu’à les faire avorter.
94Coton : Grâce à l’emploi d’importantes quantités d’insecticides (Hoerner, 1990), le coton [« hasy » en malgache] a été ces dernières décennies la principale culture commerciale de la région Atsimo Andrefana avant même l’emploi de ce terme administratif. On distinguait les principales zones de production suivantes : centré sur Analamisampy dans le couloir d’Antseva, autour d’Ankililoaka dans la vallée de la Manombo, le delta du Fiherenana, le Moyen-Fiherenana et la région d’Ankazoabo. Le delta du Mangoky en qui on avait placé de grands espoirs, lors de la création de la Samangoky à Tanandava, n’était déjà plus une région de production dans les années 1980. Deux formes de culture coexistaient : une culture irriguée et une culture sèche sous pluie. La Hasyma a été à la fois la principale centrale d’achat et le principal usineur de ce produit pour l’ensemble de Madagascar. Le « boom du coton », responsable d’une éphémère prospérité, se situe en 1983 et 1987 : ce fut l’occasion pour certains citadins, en dépit de la fermeture de la Sumatex, de se lancer dans cette spéculation, reposant sur le travail de salariés ou de métayers. À ce titre, il a été responsable d’importants phénomènes de déforestation. En 2003, la Hasyma a produit 14 000 tonnes de coton-graine ce qui correspond à 5 800 tonnes de coton-fibre après usinage. Depuis, les déboires et la disparition de la Hasyma, la production a chuté faute d’acheteurs. Bionexx s’intéresse cependant à la création d’une filière coton bio. Les principales variétés cultivées il y a quelques années étaient le Stoneville 7A (depuis 1967), l’Isa 205, l’Alcala SJ1 (depuis 1975) et le Samir 730 (quelques ha à la Samangoky).
95Coton de Tuléar : Cette célèbre race de petit chien a davantage contribué à faire connaître Tuléar dans le monde que les rares informations touristiques sur la ville. En témoigne la Toile, où le terme Tuléar renvoie immédiatement à ce petit canidé. Les cotons seraient les descendants de bichons arrivés au début de la colonisation dans la région et rapidement adaptés à la vie en brousse, allant jusqu’à participer à la chasse au potamochère. Cela explique sans doute que ces chiens préfèrent les grands espaces aux appartements pour lesquels ils ont une réelle aversion. Les élevages se trouvent aujourd’hui sur les Hautes Terres de Madagascar et à l’étranger plutôt que dans la capitale du Sud. À Tuléar, on dénomme parfois le coton de Tuléar amboa sirasira.
96Coua : Les couas forment une sous-famille de Cuculidae, les Couinae, endémique de Madagascar. 6 espèces sur les dix existantes sont présentes dans la région de Tuléar : le coua coureur (Coua cursor Grandidier) est endémique du Sud et vit dans le sous-bois du fourré xérophile ; Le coua géant (Coua gigas Boddaert) vit dans le fourré et la forêt sèche et mesure environ 62 cm grâce à sa longue queue, et est endémique du Sud et de l’Ouest. Ses cris « ouac ouac ouac » et « kukukukugogo » sont très caractéristiques (Langrand, 1995) ; le coua de Verreaux (Coua verreauxi Grandidier), endémique du Sud, est par contre arboricole même s’il ne dédaigne pas chercher sa nourriture dans les buissons. On en a fait le porte-drapeau du centre d’endémisme du Karimbola ; le coua de Coquerel, plus septentrional n’est visible que vers Morombe. Ces oiseaux se déplacent par sauts et volent rarement. Ils se nourrissent d’insectes et occasionnellement de graines.
97Coucal : Les coucals forment une sous-famille de Cuculidae, les Centropidae, endémiques de Madagascar et de l’atoll d’Aldabra. Le coucal de Madagascar (Centropus toulou Müller subsp. toulou) est un oiseau bruyant d’une cinquantaine de centimètres de long qui se déplace avec facilité dans tous les sous-bois denses particulièrement dans le bush. Son cri « toloho » est proche de celui du rollier terrestre à longue queue (Langrand, 1995).
98Couillard (Antoine) : Antoine Couillard, dit Marouvoule (maro vola : beaucoup de cheveux), est un des colons français fondateurs, avec Pronis, de Fort-Dauphin. Il est connu pour s’être opposé aux deux premiers gouverneurs, qu’il tenta d’assassiner avec l’aide d’autochtones avec lesquels il s’était lié. Il fut exilé sur L’Ours pour l’île Bourbon (la Réunion) en 1654 avec quelques-uns de ses compagnons français et malgaches.
99Couloir d’Antseva : Au nord de la Manombo, le couloir d’Antseva peut être considéré comme une microrégion rurale relativement prospère de 550 km2 qui s’étire sur une cinquantaine de km le long de la RN9 entre Ankaraobato et Analamisampy. Cette région a une bonne identité physique et économique. C’est une gouttière synclinale dans laquelle les calcaires éocènes ont été fossilisés sous des sédiments plio-quaternaires. A l’Ouest du couloir se trouve le pays Mikea, tandis qu’à l’Est on passe du plateau de Beravy au causse qui flanque le Mikoboka sur son flanc occidental. Les cours d’eau-Tsivora, Sakamena et Manhira-sont intermittents mais des exsurgences ont permis de créer des périmètres irrigués comme à Ankililoaka. Les principales productions agricoles ont été ou sont le coton, le pois du Cap, l’arachide et le riz (Salomon et Hoerner, 1980). La population a dépassé les 30 000 habitants dont une part importante est formée de migrants et de descendants de migrants travaillant dans les exploitations agricoles à finalité commerciale. Les localités les plus importantes sont du Sud au Nord Ambondro, Ankaraobato, Ankiliabo, Ankililoaka, Amboboka, Ampiamy, Antseva, Ampasikibo, Analamisampy, Betsioky. (p. 58)
100Coutume : Dans le Sud de Madagascar, on emploie moins souvent ce terme que dans le Pacifique. Il reste pourtant fondamental dans la compréhension des sociétés locales et de leur évolution. Ses contraintes échappent généralement à l’observateur étranger. ► fomban’draza, lily.
101Crassula micans Vahl ex Baill. : Commerson récolta à Madagascar en 1770 cette crassule dont Vahl fit la description, la nommant Crassula micans, ce qui signifie brillante. Cette espèce a été redécouverte par Decary à Vinanibe puis sur la lagune d’Andratoloharano par Lucie Allorge-Boiteau.
102Criquet : Les criquets ou Acridiens sont un des principaux fléaux du Sud de Madagascar. Mandelslo en 1639 déjà, lors de son passage à Saint-Augustin, fait mention d’une invasion de sauterelles. La lutte antiacridienne a été confiée depuis avril 2000 au Centre National Antiacridien. On trouve divers centres antiacridiens notamment à Ejeda. Deux espèces-Locusta migratoria capito Saussure (ou valala) et Nomadacris septemfasciat-, sont responsables d’invasions temporaires qui partent du Sud. Il s’est produit en tout 8 invasions majeures au cours du XXe siècle. L. migratoria est préparé et consommé sous forme de friture ou de poudre.
103Crocodile : On ne peut observer qu’une espèce à Madagascar, le crocodile du Nil (Crocodilus niloticus L., voae ou voay), souvent appelé à tort « caïman ». Inféodés aux cours d’eau et à leurs embouchures, aux lacs et aux étangs, ces sauriens autrefois très abondants ont vu leur nombre fortement diminuer pendant la période coloniale du fait de la chasse. La difficulté qu’ont les chasseurs à se procurer des munitions a permis à l’espèce de faire un timide retour à partir de quelques espaces refuges, ce qui ne va pas sans accidents. L’espèce Crocodilus robustus retrouvée sur le site de fouille d’Ambolisatra a disparu il y a quelques siècles. On la classe parmi les subfossiles.
104Cueillette : L’économie de cueillette n’est pas uniquement le lot des Mikea et des Tanalana qui sont souvent considérés comme des peuples tirant une partie importante de leur subsistance de cette activité. Mais ce n’est pour l’essentiel qu’une activité de subsistance en périodes de disette. Le miel, les fangitsy (Dolichos fangitsa), les ignames sauvages, les amandes de sakoa (sur le causse) et les fruits du baobab fony constituent quelques-uns des fondements de cette pratique occasionnelle. Par ailleurs, au début de la période coloniale, s’est développé un type de cueillette qu’on peut associer à de l’extractivisme : il concernait les récoltes d’orseille et du latex d’Euphorbia intis fournissant un caoutchouc naturel.
105Cuesta : La région de Tuléar présente des reliefs de cuesta qui s’inscrivent dans le bassin sédimentaire. Il s’agit de reliefs structuraux présentant un talus ici orienté vers l’Est, appelé « front de cuesta », un « revers » ici en pente douce vers l’Ouest et se présentant comme un causse dans le cas où la surface est carbonatée, une dépression généralement drainée par un cours d’eau. Parmi les plus spectaculaires, citons la cuesta éocène de la Sakondry, la cuesta jurassique de Sakaraha et celle de Lambosy ou Lambosina (Salomon, 1987).
106Cuirasse/cuirassement : Ces termes de géomorphologie désignent des indurations ferrugineuses, ferrallitiques (fer et alumine) ou de bauxite, parfois épaisses de plusieurs mètres, parfois seulement limitées à une petite épaisseur de gravillons. On en observe notamment à la surface des tables sédimentaires de l’Isalo ou à travers l’exemple des karoaka d’Evatra.
107Culture : On considère qu’il existe plusieurs cultures ou fomba plus ou moins distinctes dans le Grand Sud : bara, karimbola, mahafaly, masikoro, mikea, tandroy, tanosy, vezo. Celles-ci ont en effet en commun de nombreux usages. Les termes d’ethnie et à plus forte raison ceux de peuplade ou de tribu seraient à exclure. (p. 58)
108CURA : La première pierre du Centre Universitaire Régional de l’Androy (CURA) a été posée en mai 2013, dans la commune rurale d’Ankilibevoa située à 4 km d’Ambovombe.
109Cyclone tropical : Un des premiers cyclones dont il ait été fait mention a lieu en 1898 : « lorsque, au commencement de cette année 1898, un cyclone mit fin à leurs hésitations en saccageant et dévastant Nosy-Vé qui fut alors définitivement évacué. » (Anonyme, 1901). Celui de 1922 qui détruisit Ambohibe est resté également célèbre. Ce sont essentiellement des tempêtes tropicales et des résidus de cyclones provenant du Nord du Canal de Mozambique qui touchent le Sud-Ouest de Madagascar. En conséquent, les pluies y occasionnent davantage de dégâts que les vents. Eliane qui se manifesta par 84 mm de précipitations à Tuléar le 7 janvier 1970 en fournit un excellent exemple. Mais il existe des cas où la région est affectée par des cyclones investissant l’ensemble de la Grande Île. Ainsi en janvier 1968, Tuléar fut touché par Georgette : en seulement deux jours, le 27 et le 28, on nota le chiffre exceptionnel de 299 mm de précipitations. De même en 2004, Gafilo touche l’ensemble de l’île. Une des dépressions tropicales les plus destructrices a été Angèle qui toucha le Sud malgache entre le 26 et le 29 décembre 1978, provoquant de forts abats d’eau dans tout l’arrièrepays de Tuléar, notamment sur le massif de l’Analavelona, et une meurtrière crue du Fiherenana, sans causer de dégâts directs sur le littoral. La saison de prédilection de ces cataclysmes se situe pendant l’été austral mais on peut parfois voir de fortes dépressions de saison fraîche comme Aline, le 21 et 22 août 1969. Parmi les cataclysmes les plus récents citons Daisy en janvier 1994, Fodah le 24 janvier 1995 à Morombe, Cyprien le 1er janvier 2002, Fari en janvier 2003, Ernest le 23 janvier 2005 (237 mm à Tuléar et au moins autant à Androka), suivi de Felapi quelques jours plus tard, Boloetse en février 2006 (d’Europa à Androka), Izilda qui le 26 mars 2009 toucha Morombe. Bizinga en février 2011 après avoir touché le Nord-Est de la Grande Ile, est revenu sur le Sud, rompant la digue du Fiherenana à Miary et provoquant des inondations plus au Sud, en pays Mahafaly. Le dernier cyclone en date, Haruna, survenu du 22 au 24 février 2013, peut être considéré comme le pire.
110Cynanchum : Ce genre de la famille des Asclepiadaceae est bien représenté dans le fourré xérophile du Grand Sud : on y rencontre environ 25 espèces endémiques pour 300 dans le monde entier. Il s’agit presque toujours de plantes succulentes toxiques, le plus souvent aphylles et lianescentes, plutôt spectaculaires. Les noms vernaculaires les plus utilisés sont folotsia et try. Voici les principales espèces qu’on peut observer : Cynanchum ambovombense (Liede) Liede & Meve ; C. ampanihense Jum. & Perr. ; C. aphyllum Schlechtr. ; C. arenarium Jum & H. Perrier ; C. crassipedicellatum Liede & Meve ; C. compactum Choux ; C. decaryi Choux ; C. decorsei (Cost. & Gall) Liede & Meve ; C. descoiingsii Rauh ; C. floriferum Liede & Meve ; C. grandidieri Liede & Meve ; C. lineare N. E. Br., C. luteifluens (Jum. & H. Perrier) Desc. ; C. macrolobum Jum. & Perr. ; C. madagascariense K. Schum. ; C. mahafaliense Jum. & Perr. ; C. mariense (M & L) Liede & Mev ;, C. marnieranum Rauh ; C. membranaceum Liede & Meve ; C. menarandrense Jum. & H. Perrier ; C. nodusum Desc. ; C. perrieri Choux ;, C. petignatii Liede & Rauh ; C. rauhianum Desc. ; C. rossii Rauh ; C. toliari Liede & Meve ; C. verrucosum (Desc.) Liede & Meve.

L’eau dans l’Androy

La baie de Fanemotra ou baie des Assassins

Les flux de l’esclavage à Madagascar et dans l’océan Indien de 1500 à 1850

L’île d’Europa

Le bassin du Fiherenana

L’effet de foehn

Les forêts sacrées du Mahandrovato central en 2013
111Cyphostemma : Ce genre de la famille des Vitaceae, parfois connu sous le nom de laza, se développe dans le fourré xérophile. Il comporte une dizaine d’espèces endémiques de la région (23 pour l’ensemble de Madagascar). Celles-ci sont à la fois pachycaules et lianescentes ce qui s’exprime par un tronc grossièrement conique et une racine pivot volumineuse.
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Forêts d’hier et de demain
50 ans de recherches en Aquitaine
Michel Arbez, Jean-Michel Carnus et Antoine Kremer (dir.)
2017
