L’intime de l’Antiquité à nos jours
1. Espaces de l’intime
La question de l’intime et de ses variations au cours du temps fait l’objet depuis peu d’un fort intérêt parmi les chercheurs. Mais la recherche en la matière reste inépuisable, tant la notion est difficile à cerner selon les époques. L’ouvrage propose une approche interdisciplinaire de l’étude de l’intime et de ses espaces, de l’Antiquité (souvent négligée par les travaux consacrés à la littérature française) à nos jours, qui croise les regards d’archéologues, d’historiens, d’historiens de l’...
Éditeur : Presses Universitaires de Bordeaux
Lieu d’édition : Pessac
Publication sur OpenEdition Books : 15 avril 2022
ISBN numérique : 979-10-300-0818-0
DOI : 10.4000/books.pub.45423
Collection : Eidôlon | 127
Année d’édition : 2019
ISBN (Édition imprimée) : 979-10-91052-28-3
Nombre de pages : 287
Danièle James-Raoul
AvertissementGéraldine Puccini
RemerciementsGéraldine Puccini
IntroductionPartie I. Construction des espaces de l’intime : une lente conquête
Annapaola Zaccaria Ruggiu
Metamorfosi dell’intimo. La costruzione del sé e l’abitare, tra l’età romana e il tardoanticoEleonora Malizia
Les espaces de l’intime dans les villas impériales suburbainesPartie II. Espaces intérieurs de l’intime : la réflexion des Anciens
François Prost
Intimité et douleur dans les Tusculanes de CicéronJérôme Lagouanère
Y a-t-il un lieu de l’intime chez Augustin ?Partie III. L’intime à l’épreuve du corps
Marie de Gandt
La jarre et la maison : l’inquiétante intimité des femmesDanielle Gourevitch
Femme romaine à sa toilette : le miroir de l’intimeLaurence Sieuzac
La toilette de la coquette : une scène intime ?Élise Urbain Ruano
Une question de point de vue : l’intime dans le portrait au xviiie sièclePartie IV. Scénographies littéraires de l’intime
Maria Cristina Panzera
Partager l’intime : les lettres de la prison de Torquato TasseKatalin Bartha-Kovács
Entre l’ouverture et la fermeture : réflexions sur l’intime à propos des dessins à la fenêtre de Caspar David Friedrich
La question de l’intime et de ses variations au cours du temps fait l’objet depuis peu d’un fort intérêt parmi les chercheurs. Mais la recherche en la matière reste inépuisable, tant la notion est difficile à cerner selon les époques. L’ouvrage propose une approche interdisciplinaire de l’étude de l’intime et de ses espaces, de l’Antiquité (souvent négligée par les travaux consacrés à la littérature française) à nos jours, qui croise les regards d’archéologues, d’historiens, d’historiens de l’art, de littéraires, de philosophes et d’anthropologues, afin de délimiter les contours de cette notion floue et d’analyser son évolution dans la diachronie.
Le mot intime provient du superlatif latin intimus (comparatif interior), « ce qui est le plus intérieur » et s’inscrit dans la dialectique du dedans et du dehors. C’est la prise de conscience de l’existence d’un « dehors » et d’un « dedans » qui entraîne l’idée de soi. L’intime est d’abord une question de lieu. Deux voies parallèles se développent à partir du mot latin : d’une part l’intime comme étant le plus profond et le plus secret, caché à autrui, d’autre part l’intime comme étant ce qui nous associe étroitement à autrui. L’intime porte en lui une contradiction entre la radicalisation d’un intérieur, dérobé à autrui, et l’« union intime », l’« ami intime », qui suscitent une ouverture à l’Autre. L’intime dit à la fois le retrait et le partage. Ce sont les rapports du dedans et du dehors qui sont fondamentalement mis en jeu.
L’intime est une catégorie qui ne va pas de soi. Dans une première partie, des articles d’archéologues et d’historiens montrent que l’espace réservé à l’intime dans les demeures est une lente conquête. Dans une seconde partie, c’est la naissance de l’espace intérieur de l’intime qui est interrogée par des chercheurs spécialistes de philosophie et de littérature latines. La troisième partie envisage l’intime comme construction de l’individu « moderne » à travers l’étude des pratiques du soin de soi, en lien avec une histoire du corps, mais aussi avec une histoire des femmes dont l’« intimité » pose question aux hommes. La quatrième partie envisage des scénographies littéraires de l’intime à partir de quelques cas particuliers. Comment dire l’intime, le représenter, si ce n’est à travers des motifs privilégiés, comme la chambre, la fenêtre, lieux symboliques qui disent la profondeur, le secret, l’invisible, qui suggèrent l’indicible ?
Géraldine Puccini (dir.)
Université Bordeaux Montaigne
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