Musaeo contingere cuncta lepore
p. 269-276
Texte intégral
1On peut imaginer que lorsqu’un Latin prononce le mot carmen, l’étymon de notre mot charme, il distingue deux contenus sémantiques apparemment différents. Les Latins sentent toujours la proximité de la formation avec le verbe chanter cano1, ils connaissent très bien le plus ancien de ces contenus qui note une formule rythmée, notamment magique2, présent dans la langue religieuse et juridique, et le second plus courant renvoyant aux vers chantés ou non, et au poème. Je voudrais montrer aujourd’hui qu’un humaniste au moment de la fin de notre Renaissance ressent la même chose. Il dit et croit fermement que le pouvoir des vers est immense, car les vers, la poésie (on emploie alors plutôt le pluriel de type singularisant carmina) procurent à un ouvrage didactique comme le traité dont je vais vous parler ce je ne sais quoi d’indéfinissable, l’agrément, le charme indispensable à la lecture. Mais il y a aussi dans ce même traité trace de l’incantation en vers, le chant poétique propre à envoûter et à capter dans un curieux passage difficile à interpréter. Dans ce cas-là on rencontre plutôt le singulier, même si ce n’est pas une constante.
2Présentons d’abord l’auteur et son travail. L’auteur de ce traité est bien connu, c’est la gloire de Monopoli, une petite ville de la province de Bari, qui a donné son nom à sa bibliothèque. C’est un juriste qui a toujours vécu dans sa ville de Monopoli. Issu de la vieille aristocratie italienne terrienne, il vit entre 1540 et 1630 dans un milieu catholique proche de la Contre-Réforme. Mais il est aussi viticulteur, lui, le maître d’une grande propriété où il cultive la vigne. À ses heures perdues, il rassemble ce qu’il sait et en fait un traité. Son objectif est de laisser une sorte de testament de viticulteur du XVIe siècle, au plus près des réalités économiques et surtout pratiques et techniques de son pays, les Pouilles.
3Fin lettré sans aucun doute, Rendella écrit en latin (le latin est finalement une langue quasi vernaculaire dans ce milieu en Italie à la fin du XVIe) une somme viti-vinicole qui paraît à Venise en 1629. La lecture n’est pas facile. Son latin est si maniéré qu’il en est obscur parfois. Notre propriétaire viticole aime ensuite à énumérer les lois et à les étudier, et à classer de façon pointilleuse cépages, terroirs et pratiques. Disons-le dès le départ, le Tractatus de uinea, de uindemia, de uino de Prospero Rendella aurait pu être un ouvrage franchement austère.
4Pourtant on ne cesse de citer cet « ouvrage d’un savant jurisconsulte et d’un bon catholique » selon les termes du Théâtre d’agriculture et mesnage des champs d’Olivier de Serres3 qui le cite en deuxième position après l’ouvrage de Rambert Dodonée (ca 1580) et avant Andrea Baccio (1596) que Rendella connaît et cite souvent, ou celui de Philippe Sachs. Les oenologues modernes le citent toujours et réclament unanimement une traduction complète.
5À regarder le traité, on ne peut que souligner le soin constant apporté à l’édition. La matière est divisée en trois traités séparés. Le premier traite de la vigne, en deux sections, la première concernant la garde des vignes, pars prima quae continet Vineae custodiam, la seconde, des soins à donner aux vignes, des maladies ; la seconde partie s’occupe de vinification, vendanges, travaux de cave. Dans la troisième partie, Rendella énumère différents vins, avec des détails intéressants sur les différents crus (Falerne, Lacrima, surtout de nombreux vins de la région de Naples), les cépages, les lois dans des domaines variés (héritage, commerce, mesure des quantités, religion). L’édition est soignée. On trouve même une disposition de la matière en forme de calligramme, trouvaille propre sans doute à alléger la lecture un peu fastidieuse de ce paragraphe particulier4.
6La forme de l’ouvrage est très mêlée. Elle pourrait être comparée à la satire. Car le traité est parsemé de différents poèmes de formes variées dont cependant Rendella n’est pas toujours l’auteur, loin s’en faut. Les vers qui parsèment l’ouvrage font une grande partie de son intérêt, car Rendella obéit à sa manière au parti-pris de Lucrèce « imprégnant tout de charme poétique » :
[…] obscura de re tam lucida pango
carmina musaeo contingens cuncta lepore5.
7On connaît la comparaison qui suit :
quand les médecins veulent donner aux enfants
l’absinthe rebutante, auparavant ils enduisent
les bords de la coupe d’un miel doux et blond
pour que cet âge étourdi, tout au plaisir des lèvres,
avale en même temps l’amère gorgée d’absinthe
et loin d’être perdu par cette duperie
se recrée au contraire une bonne santé6.
8 On charme pour mieux faire entendre. C’est exactement ce qu’assure Olivier de Serres, lecteur de Rendella, quand il voit dans les carmina qui parsèment l’ouvrage l’un des principaux attraits du Traité. Il n’est pas le seul.
9Dès le début de l’œuvre l’avalanche de vers et de citations très connues montre une culture étendue, Pline sans doute, mais surtout les poètes latins. Par exemple, quand il aborde le droit (l’interdiction de la pâture dans les vignes), il cite les Géorgiques de Virgile7. Dans les vingt premières pages du traité de la vigne, on trouve huit citations d’Horace8, huit de Virgile9, trois d’Ovide, une de Martial. On trouve aussi une traduction d’Hésiode en vers latins. Dans la partie sur la vendange, on trouve aussi en plus de vingt pages deux extraits d’Horace, un de Virgile, un d’Ovide, un de Némésien, un de Juvénal. C’est dans la première section du Traité du vin (41-54 prima sectio) qu’il insère le plus de carmina, qui viennent ponctuer très régulièrement la liste de cépages de la Campanie principalement : il cite sept fois Virgile, seize fois Horace, tout comme Martial, une fois Tibulle, Stace, Juvénal ou Ausone.
10Mais il connaît aussi la poésie de ses contemporains qu’il aime à citer, preuve s’il en était besoin, qu’il aime les vers et croit fermement à leur pouvoir d’enchanter la science, par la beauté de la langue ou l’intérêt de ce que les vers rapportent. Il aime les poètes de la Renaissance comme Publio Fausto Andrelini, auteur de Bucoliques, amores siue Liuia, Pietro Crinito10, né vers 1475 à Florence, un disciple d’Ange Politien. Martin d’Arles né vers 1451 chante en un distique élégiaque la fête de Saint Vincent, le saint patron du vin comme on sait. Il cite le plus souvent nommément les grands poètes de la Renaissance qu’il semble bien connaître, six fois Pierre Gravida11, six fois également Bernardin Rota12, mais donne aussi un extrait de Pic de la Mirandole, un autre de Giovanni Pontano, ou de Jacques Sannazar13. On trouve aussi un poème sur le vin de Sorrente rapporté par Barthélémy Chasseneuz14 et un vers de Barnabé Brisson15, deux poèmes empruntés à l’école de Salerne. Rendella recopie aussi, comme en forme d’hommage, deux distiques élégiaques extraits du traité des couleurs d’Antonio Télésio (1549), dans lesquels l’humaniste rappelle la mort de Lycurgue et l’origine légendaire de la couleur rouge du raisin : « Tandis qu’il frappait injustement les jambes de la vigne, Lycurgue frappa aussi ses propres jambes et mourut d’une mort affreuse ; de là vient que son ennemie de verte qu’elle était devint rouge à cause du sang dont elle fut éclaboussée, et de son tronc resté indemne, la vigne vengea le crime abominable ». Il y a aussi une bien jolie épigramme d’un certain Domenico Pezimenso « quel vin choisir ? » :
Si l’on me demandait le vin que je préfère,
Je répondrois en peu de mots :
Le nectar du dieu de Naxos
Doit être un composé d’amour et de lumière.
Je veux que le raisin dont il fut exprimé
Ait reçu du Midi l’influence puissante,
Et que dans sa grappe naissante
Un rayon du soleil ait été renfermé,
Je veux que ce vin pur pétille dans mon verre,
Je veux que sa couleur brille à mes yeux je veux
Que sa pointe quoi qu’il soit vieux,
Me laisse sur la langue une empreinte légère.
Je ne veux pas qu’en le goûtant,
On trouve à sa liqueur une amertume ingrate ;
Je veux que sa fraîcheur me réveille et me flatte,
Et me tienne l’esprit content :
Je ne veux pas surtout, que sa sève enflammée,
Dans mon faible cerveau porte l’embrasement ;
Je veux que sa vapeur doucement allumée,
Et de la tête aux pieds coulant rapidement,
N’excite en moi qu’un enjouement
Plus marqué qu’à l’accoutumée.
Si l’on vous donne un vin pareil,
Mes amis, suivez mon conseil,
Du pauvre Achelous laissez le froid breuvage,
Car ce n’est qu’à défaut d’un vin pur et vermeil,
Qu’on en peut tolérer l’usage16.
11On retrouve la même volonté de charmer le lecteur dans les poèmes liminaires, écrits tous deux par des connaissances de son temps. Dans le premier, en hendécasyllabes phaléciens, Mutius Sforza, un de ses compatriotes bien connu par ailleurs17, demande la protection de Bacchus, le dieu du vin :
Fils de la thébaine Sémélé et de Jupiter,
Liber dieu toujours vert couronné de pampre
Toi qui imposes le respect de ton thyrse, protège maintenant
La tête si savante du doux Prosper, ton compagnon,
Qui m’est plus cher que la prunelle de mes yeux,
De ton lierre toujours vert.
12Il loue le propriétaire et le juriste qui travaille avec acharnement, « dévoilant les Historiens, et citant les poètes / Dans ses écrits que la matière abondante à pleine corne vient nuancer / Et couronner des fleurs que les Muses ont rapportées des chants de l’Aonie ».
13Dans le second poème, en distiques élégiaques, Francesco Guerrieri, un humaniste jésuite professeur à Naples, peint de façon alerte la journée d’un propriétaire érudit à la Renaissance :
Si je tentais de compter tous les avantages
Que t’offre ta campagne toute proche,
Une longue journée ne me suffirait pas
Et la matière paralyserait ma langue,
Car elle est comme la vaste mer pour un frêle radeau.
Quand la pousse verdoyante commence à défendre les grappes vermeilles,
Et à produire devant elle de belles figues,
Tu quittes la ville pour la campagne :
Ne te retardent ni la foule des clients qui t’appellent,
Ni l’oiseau au cri favorable, ni la recherche du profit,
Ni tes chers collègues ni l’élégante bibliothèque et ses livres.
[…]
Appuyé sur une canne tu ramènes tes pas infatigablement
Dans tes champs et dans les arpents cultivés du sol paternel
Et, quand tu as bien regardé, tu ne refuses pas de cueillir
D’une main habile à la vigne une grappe, à l’arbre un fruit.
Ensuite tu presses vivement l’ouvrage en regardant tout autour de toi,
Et tu dis « paresseux, dépêchez-vous ! »
Ils se redressent rapidement pour travailler, et prennent les ordres.
Ta voix a le pouvoir d’une voix divine
Mais quand le char de Phébus monte au milieu de l’Olympe
Et commence à sortir ses traits du carquois
Tu regagnes ton toit ; tu accueilles chez toi
Un de tes descendants et l’invites à puiser le vin sur la table déjà mise.
Les serviteurs sont debout tout autour.
Certains versent l’eau, d’autres préparent des linges pour essuyer les mains.
Faut-il rappeler les plateaux, ou les plats au couvercle fermé ?
Les coupes pleines de vin doux ?
Que le palais, malgré ses merveilles, le cède à celui d’Alcinoos,
Ouvrage d’un roi, fiction du poète de Méonie.
Cependant, ce n’est pas la descendance de Laerte
Qui fait oublier les mets par sa conversation
Mais tes doctes propos aux suaves paroles.
Les convives charmés sont pendus à tes lèvres,
Et boivent des oreilles un chant plus doux que le vin
Enfin, une voix plus forte se fait entendre de tous,
Que ta voix, écho, renvoie sur les pierres creuses :
Puisses-tu vivre heureux bien des années encore
Prosper, et jouir souvent des bonheurs de ta propriété.
14On sent donc dès le départ un grand propriétaire dont la culture littéraire est très étendue et les lectures constantes sans doute, un véritable lecteur de poésie, qui se fie à la douceur du miel de la poésie pour donner le charme nécessaire à la diffusion d’une matière un peu technique. C’est qu’il croit à la force de la poésie, utilisant à ce propos le terme uirtus.
15Est-ce cette force à laquelle il croit quand il mentionne au début de son ouvrage les incantations maléfiques qui pourraient atteindre la vigne, pour les condamner sévèrement ? À dire vrai, le passage résonne de façon étrange à nos oreilles modernes mais l’état d’esprit qu’il révèle est loin d’être inconnu à cette époque. Le chapitre VI s’intitule ainsi : « quels expédients chez les païens contre la sidération » ? La sidération renvoie à l’influence des astres ou du ciel, qui cause toutes sortes de maladies aux arbres18. Une des principales tâches du vigneron sera, dit-il, d’utiliser des chants bénéfiques ou au moins de protéger son œuvre de ces incantations maléfiques. Il s’étend alors assez longuement dans sa page 3 sur la vertu des carmina, véritables incantations magiques, affirmant, en s’appuyant exclusivement sur les Anciens, qu’un carmen a en lui suffisamment de pouvoir pour agir en bien ou en mal sur les cultures ou les vendanges. Le court chapitre V vient d’ailleurs de faire allusion à ces influences finalement climatiques sur la vigne (soleil, pluie, grêle) et il ajoute dans le chapitre suivant : « Les Anciens repoussaient cette force à l’aide d’une incantation bien précise ». Il se réfère à Pline évidemment, mais aussi à Palladius19 et rappelle même que chez Homère la blessure d’Ulysse s’arrêta de saigner grâce à un enchantement du même ordre. Il rappelle aussi au passage l’ouvrage de Marcel Ficin de uita caelitus comparanda, « comment organiser sa vie de façon céleste », dans lequel était inséré le chapitre « de la vertu des mots et du chant pour capter les bienfaits ».
16Le carmen a donc des pouvoirs. La preuve, dit Rendella, on s’en protège. La loi des XII Tables punissait de mort l’auteur d’incantation maléfique. Sous la caution de Pline20, il en cite deux fragments qu’on pourrait traduire ou plutôt presque gloser ainsi : « on chasse celui qui enchante en chantant une incantation maléfique » et « celui qui enchante les cultures ». Il rapporte aussi que la magie de l’incantation pouvait attirer les récoltes d’un champ à l’autre et tout un entrelacs de citations vient appuyer ses dires. On trouve la préface à l’Âne d’or d’Apulée de Béroalde21. « Car les enchanteurs, et autres du même genre, qui par un art maléfique, dévastent les fruits pendus (aux arbres ?) doivent être punis de la peine capitale ». Sa dernière arme pour montrer la force du carmen est un passage des Amores d’Ovide :
Les trésors de Cérès, frappés par un enchantement, ne sont bientôt plus qu’une herbe stérile : soumises à un enchantement, les eaux d’une fontaine se tarissent22.
17On connaît très bien ces passages, en particulier ceux qui sont tirés des XII Tables23, souvent cités24. Les Anciens rapportent même que Gaius Furius Chrésimus fut accusé d’avoir ainsi attiré la fertilité des blés de son voisin dans ses propres terres25.
18Et le contexte dans le traité de Rendella est intéressant. On reconnaît le juriste qui s’intéresse aux lois qui protègent la vigne des animaux, aux soins tout particuliers du vigneron, mais aussi le chrétien qui fournit une prière contre ces maux dévastateurs que sont les maladies de la vigne. Le chapitre suivant de remediis fidelium pro Deo placando en dit long sur l’atmosphère de cette suite d’éléments assez cohérents finalement : les mots, l’incantation, la prière ont du pouvoir, ils peuvent déjouer la malveillance des incantations magiques des autres, ils peuvent supplier Dieu de venir au secours d’une vigne attaquée par la vermine.
19En guise de conclusion je voudrais d’abord montrer que les mots nous jouent parfois des tours. Il est évidemment difficile de dire ce que pensait Rendella de ces incantations. Le crime de la loi des XII tables, représentatif de la mentalité prédécemvirale, disparaît probablement très rapidement après les XII Tables et dans l’Antiquité même, un Cicéron juge avec humour cette mentalité26. Mais l’histoire des idées ne va pas toujours en droite ligne et il faut attendre bien après Rendella pour voir une condamnation indignée contre ces croyances d’un autre âge. Gaetano Filangieri par exemple, après avoir rappelé l’histoire de l’application de cette loi, s’indigne contre ces « prétendus délits27 ». La somme juridique en 7 volumes parut en italien de 1780 à 1788. Elle fut à l’index. Et même on utilise toujours le verbe charmer à propos de la végétation comme si le contenu de carmen lié à la magie avait contaminé durablement le mot français. On trouve l’expression « charmer un arbre28 » dans l’ordonnance d’août 1669 sur les eaux et forêts « Défendons à toutes personnes de charmer les arbres ». Quel sens ? Les notes explicatives de cette ordonnance l’expliquent. Charmer un arbre veut dire le gâter par le pied, afin qu’il périsse & tombe à la longue, ou bien plus clairement encore « mettre le feu au pied de l’arbre afin de provoquer sa mort prématurée » ou utiliser tout procédé « accélérant son dépaysement ». On ne croit plus aux incantations magiques, mais on conserve l’expression.
20Plus largement peut-être, cette petite présentation du Traité de la vigne, de la vendange et du vin montre, s’il en était besoin, combien à l’époque encore on ne peut ni ne veut penser le savoir même technique en dehors des structures et des références classiques. La vulgarisation des sciences et des techniques passe par le latin, et même ici par le charme des vers latins qui viennent orner la matière elle-même, et lui donner une certaine douceur ; les vers sont aussi partie même de ce savoir, référence obligée et caution toujours présente. On retrouve là le pouvoir de la poésie : un je ne sais quel charme emporte le lecteur au-delà de la matière austère. En somme, je ne suis pas certaine que pour un locuteur latin, qu’il soit d’époque latine ou néo-latine, il y ait bien différence entre les deux contenus sémantiques du mot carmen. C’est que tous deux renvoient à la force performative des vers et à leurs pouvoirs.
Notes de bas de page
1 J. Perrot, Les dérivés latins en -men, -mentum, Paris, Klinsieck, 1961, p. 236.
2 A. Ernout et A. Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue latine, histoire des mots, Paris, Klincksieck, 1979, s. u. carmen.
3 La première édition parisienne date de 1600. J’ai utilisé la 21e datée de l’an XII, 1804, ici Vol I, p. 375.
4 Le contexte est celui de questions de type plutôt juridique sur la vendange.
5 Lucrèce, De Rerum Natura, 1, 933-4.
6 Lucrèce la trouve chez Platon, Lois, 660a.
7 Virgile, Georg., 2, 380 ; 2, 395.
8 Essentiellement odes et épodes.
9 Géorgiques surtout mais aussi la quatrième églogue.
10 J.-L. Charlet, Le choix des mètres dans les poemata de Pietro Crinito, Genève, Droz, coll. « Bibliothèque d’humanisme et de renaissance », t. 67, 2005 ; P. Galland-Hallyn, « Les miscellanées de Pietro Crinito, Une philologie de l’engagement et du Lyrisme », dans D. de Courcelles (dir.), Ouvrages miscellanées et théories de la connaissance à la Renaissance, Paris, École des Chartes, 2003, p. 57sq.
11 Ce poète de la Renaissance qui est né en Sicile mais d’une famille de Capoue mourut en 1528.
12 Le poète publie ses œuvres en latin en 1572 à Naples.
13 Jacopo Sannazaro, dont le nom est parfois francisé en Jacques Sannazar, est né à Naples le 28 juillet 1458 et mort le 6 août 1530 ; il a passé quelques années de sa vie en exil en France de 1501 à 1504.
14 Catalogus gloriae mundi, Lyon, 1529.
15 Ce juriste polygraphe vécut de 1531 à 1591.
16 Loué et traduit par Olivier de Serres, Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs, nouvelle édition augmentée, Paris, Imprimerie et Librairie de Madame Huzard, 1804, p. 376.
17 Cet auteur, né à Monopoli, meurt en 1597. On connaît l’existence d’œuvres diverses publiées surtout entre 1580 et 1590.
18 Pline, H. N., 17, 35.
19 Paladius Rutilius Taurus Emilianus dit Palladius écrivit sans doute autour de 450 un De Re rustica, une somme sur l’agriculture en 14 livres.
20 Le crime consiste en la récitation de formules magiques maléfiques, le carmen : quid ? non et legum ipsarum in duodecim tabulis uerba sunt : qui fruges excantassit, et alibi : qui malum carmen incantassit ? « Quoi ? Ne sont-ce pas les termes des lois elles-mêmes dans les XII Tables : “qui a enchanté les moissons” et ailleurs “qui a récité un carmen magique” » (Pline, H. N., 28, 2, 10).
21 La première édition commentée de Béroalde fut imprimée à Bologne en 1500.
22 On sait que dans cette élégie le locuteur se plaint d’être comme poursuivi d’un maléfice qui le rend impuissant.
23 XII, t. 8, 1b.
24 Je suis très redevable à A. Ruelle, « L’anathème en chantant. Scandale, fascinatio et fatalité », dans S. Klimis, L. Van Eynde (dir.), Littérature et savoir(s), Bruxelles, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 2002, p. 127-173, où l’on trouvera les références de nombreuses résonnances de ces textes.
25 Pline, H. N., 18, 6, 41. Il fut absous car il amena au forum sa familia entière et dit : « voici mes incantations magiques » ! On trouve une allusion aussi à cette loi dans Horace, Sat. 2, 1, 74-86.
26 Par exemple, Cicéron, Rep. 4, 10, 12 ap. Civ. 2, 9.
27 G. Filangieri, La science de la législation, Paris, chez Cuchet, 1822, vol. 3, p. 344.
28 Voir P. Huvelin cité par A. Ruelle, « L’anathème en chantant. Scandale, fascinatio et fatalité », art. cit., 2002, p. 139.
Auteur
-
Armelle Deschard
Université Bordeaux Montaigne
TELEM EA 4195
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