Postface
p. 215-217
Texte intégral
1Et si la forêt pouvait se défendre elle-même des ravageurs ? C’est une des recherches captivantes que l’INRA de Pierroton mène en mettant en lumière le rôle des feuillus en lisière des parcelles de production.
2C’est dans ce travail de recherche appliquée que s’inscrit la station de Pierroton, son envergure européenne étant aujourd’hui reconnue notamment au travers de la coordination de nombreux réseaux et sites de recherches européens qu’elle assure. Ainsi, c’est tout naturellement qu’elle sera un interlocuteur privilégié de la filière forêt-bois pour cette nouvelle région qui devient une des premières en Europe pour la production forestière.
3Avec ses 60 000 emplois et ses 17 000 entreprises, la filière forêt-bois en Nouvelle Aquitaine constitue un pilier majeur de l’économie régionale. Plus vaste forêt de France avec en son sein les Landes de Gascogne, plus grand massif forestier cultivé d’Europe, elle assure, au-delà de la production de bois, des fonctions importantes comme puits de carbone ou réserve de biodiversité.
4Cette filière forêt-bois, en tant qu’économie de proximité, structure de manière importante nos territoires ruraux par la présence d’entreprises et d’industries au plus près de la ressource. C’est donc une filière stratégique qu’il convient de protéger, de conforter et de développer en alliant compétitivité économique, gestion durable et innovation dans un contexte marqué par le changement climatique et la mondialisation des échanges.
5Ainsi, je suis convaincu que la différenciation et la place de notre forêt en Europe ne pourront se défendre que si l’on investit massivement dans la recherche et les technologies de pointe. On le voit aujourd’hui, les drones et les techniques satellitaires sont des outils totalement intégrés dans la surveillance et la gestion stratégique de la ressource du massif de pin maritime. Demain, cela sera généralisé à l’ensemble de la région, de la même manière que le machinisme a révolutionné la production forestière lors de l’arrivée de nouveaux matériels plus performants et polyvalents.
6Cette avance, notamment dans le domaine de la génétique et de la création de variétés mieux adaptées aux futures conditions climatiques, doit être confortée et accentuée pour garder une longueur d’avance face aux massifs concurrents français, européens et mondiaux.
7Le lien production, entreprises et instituts de recherche est essentiel afin de stimuler la gestion sylvicole et accroître la compétitivité des entreprises. L’objectif est bien de créer encore davantage de valeur et d’emplois en faisant en sorte que les forêts régionales répondent aux demandes croissantes en bois, aussi bien pour les usages existants que pour de nouvelles valorisations (xylochimie et boisénergie), tout en remplissant pleinement leurs fonctions écosystémiques (fixation du carbone, biodiversité, paysages, régulation et qualité des eaux…).
8Cela impose en particulier d’adapter les forêts régionales au changement climatique. Dans cette phase de mutation, la recherche, et particulièrement le dynamisme de l’INRA de Pierroton, est un atout majeur pour pérenniser nos volumes de bois à venir. En effet, par son temps de croissance long, cette production est fortement concernée par les conséquences du réchauffement climatique. Ainsi, il faut imaginer dès à présent ce que sera la forêt de 2050 afin qu’elle soit suffisamment robuste pour s’adapter et résiliente face aux événements climatiques extrêmes, aux sécheresses plus marquées et à l’arrivée possible de nouveaux prédateurs.
9Ainsi, pour relever l’ensemble de ces défis et préparer l’avenir, la Région soutient fortement la recherche. Elle promeut et accompagne également les interactions indispensables entre les entreprises et le monde universitaire. Cette politique s’appuie sur la présence d’un potentiel scientifique fort et reconnu dans la région dans lequel l’INRA occupe une place prépondérante.
10En effet, depuis la création en 1950 de la Station de recherches forestières de Bordeaux jusqu’à l’actuel pôle de Recherche et Innovation Forêt-Bois, l’INRA de Pierroton est devenu une structure d’envergure regroupant notamment un laboratoire du FCBA* et l’office régional atlantique de l’Institut Européen des Forêts (EFI-ATLANTIC).
11Cette station, forte d’une communauté scientifique de plus de 200 chercheurs et ingénieurs et de ses collaborations interrégionales (avec le Sud de l’Europe en particulier) et internationales (avec le Québec) rayonne aussi bien au plan national qu’européen ou mondial et a joué un rôle moteur tant par la qualité des projets portés que par la structuration importante de l’ensemble de la communauté recherche/formation/transfert. Cet ouvrage en est le parfait témoignage.

Jeune futaie de pin maritime (© Dung Vo Trung).
Auteur
-
Alain Rousset
Président de la Région Nouvelle Aquitaine
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Forêts d’hier et de demain
50 ans de recherches en Aquitaine
Michel Arbez, Jean-Michel Carnus et Antoine Kremer (dir.)
2017
