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    Plan détaillé Texte intégral Des femmes écrivaines engagées Ana de Castro Osório : les rôles du féminin Virgínia de Castro e Almeida : l’éducation des filles et des garçons Maria Lamas : stéréotypes de genre, entre permanence et nuances Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2)

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    Table des matières

    Être une fille, un garçon dans la littérature de jeunesse au Portugal dans la première moitié du xxe siècle

    Maria da Natividade Pires et Ângela Balça

    p. 147-160

    Texte intégral Des femmes écrivaines engagées Ana de Castro Osório : les rôles du féminin Virgínia de Castro e Almeida : l’éducation des filles et des garçons Maria Lamas : stéréotypes de genre, entre permanence et nuances Bibliographie Corpus Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Le présent article se propose de réfléchir au rôle de la littérature de jeunesse dans la construction de modèles et de contre-modèles féminins et masculins, en fonction des contextes sociaux, culturels, historiques, politiques et/ou idéologiques. Au Portugal, la première moitié du xxe siècle offre un contexte politique et social spécifique, ouvrant la voie à une évolution qui n’est pas tout à fait positive. Du début de la République, en 1910, à la consolidation d’une dictature, dans les décennies suivantes1, on s’éloigne d’une littérature innovante, animée d’une volonté d’éducation civique, propre à favoriser l’égalité entre filles et garçons.

    2Tout au long du xxe siècle, dans la vieille Europe, nous assistons au développement de mouvements féministes qui se centrent, entre beaucoup d’autres questions, sur l’émancipation des femmes et sur la lutte pour l’égalité des droits entre hommes et femmes. Très tôt, l’une des préoccupations de ces mouvements s’est portée sur l’éducation des plus jeunes et beaucoup de femmes auteurs de livres de littérature pour enfants ont transmis dans leurs œuvres les modèles, les idées, les conceptions qu’elles partageaient sur le rôle que l’homme et la femme devraient jouer dans la société.

    3Dans ce cadre, nous nous attacherons à trois femmes écrivaines, Ana de Castro Osório, Virgínia de Castro e Almeida et Maria Lamas, et à quelques-unes de leurs œuvres, écrites dans la première moitié du xxe siècle. D’après Gomes, Ramos et Silva, les écrivains qui ont vécu durant la Ire République (1910-1926) ont donné à la littérature portugaise pour enfants des œuvres de haute qualité esthétique, une littérature que les conditions politiques et sociales de l’époque ont rendue « plus consciente de sa dimension ludique et esthétique et plus libérée, de ce fait, de l’intentionnalité pédagogique et moralisante qui a empoisonné beaucoup de la production antérieure2 ».

    Des femmes écrivaines engagées

    4À propos d’Ana de Castro Osório (1872-1935), Pires affirme qu’« être femme, écrivain et éditrice au début du xxe siècle est une sorte de passeport qui fournit dès lors une information significative où que l’on soit dans le monde3 ». Ana de Castro Osório a été une importante militante républicaine et une défenseure des droits des femmes, en tant que fondatrice de la Liga Republicana das Mulheres Portuguesas. Elle a écrit plusieurs œuvres où elle abordait des thèmes sûrement dérangeants à l’époque, comme Mundo Novo (Monde nouveau, 1927, sur la question du divorce), Um Passo em Falso (Un faux pas, sur l’émancipation de la femme) ou A Verdadeira Mãe (Une vraie mère, 1925, sur les femmes célibataires4). En réalité, Ana de Castro Osório introduit dans son œuvre les idéaux qu’elle défend et jusque dans la réécriture de contes traditionnels. Pires met en évidence que, même si les figures et les situations types des contes traditionnels perdurent dans ces réécritures, elles sont placées au service de la lutte pour les droits des femmes. Nous nous centrerons sur deux œuvres publiées en 1922 et 1923, Viagens Aventurosas de Felício e Felizarda ao Pólo Norte (Les Voyages Aventureux de Felício et Felizarda au Pôle Nord5) et Viagens Aventurosas de Felício e Felizarda ao Brasil (Les Voyages Aventureux de Felício et Felizarda au Brésil)6.

    5Virgínia de Castro e Almeida (1874-1945) a également été une admiratrice de la pensée de la Ire République, mais dans son parcours de vie elle finit par se tourner vers l’idéologie de l’Estado Novo. Elle a vécu plusieurs années en Suisse et en France, où elle a traduit diverses œuvres de la littérature portugaise. Elle se démarque aussi par son travail civique, pour l’éducation des femmes, avec des textes comme Como devo governar a minha casa (Comment dois-je gouverner ma maison, 1906) ou Como devemos criar e educar os nossos filhos (Comment devons-nous élever et éduquer nos enfants, 1908). De plus, elle a parrainé nombre d’œuvres à caractère culturel et religieux. Nous prendrons appui sur les œuvres suivantes : Céu Aberto (Ciel Ouvert, 1907), Em Pleno Azul (En Plein Bleu, 1907), História de Dona Redonda e a sua Gente (Histoire de Madame Ronde et de ses Gens, 1942) et Aventuras de Dona Redonda (Aventures de Madame Ronde, 1943).

    6Maria Lamas (1893-1983) a été une opposante au régime de l’Estado Novo et une activiste féministe. Elle a lutté pour la démocratie et pour les idéaux féministes en tant que Présidente du Conselho Nacional das Mulheres Portuguesas et a écrit, selon Barreto7, des œuvres à caractère sociologique abordant les problèmes des femmes, comme Mulheres do Meu País (Les Femmes de mon pays, 1948) et A Mulher no Mundo (La Femme dans le monde, 1950). Dans les années 1960, elle a vécu exilée à Paris, où elle a connu Marguerite Yourcenar. Dans la capitale française, Maria Lamas a soutenu les exilés politiques portugais et elle s’est impliquée dans une intense activité politique d’opposition au régime de Salazar. Elle a en outre été journaliste et collaboratrice de rubriques enfantines de plusieurs périodiques. De cette auteure nous présentons deux œuvres de 1934 et 1935, A Estrela do Norte (L’Étoile du Nord) et Os Brincos de Cereja (Les Boucles d’oreilles de Cerise)8.

    7Les œuvres de notre corpus s’enracinent dans un paradoxe. Elles véhiculent de manière diverse les stéréotypes de genre alors qu’elles sont écrites par des femmes au trajet de vie singulier pour leur époque et militantes pour la cause des femmes. Mais, nous ne pouvons ignorer que ces auteures sont aussi le fruit d’un contexte, d’un type déterminé d’éducation et d’une certaine société.

    Ana de Castro Osório : les rôles du féminin

    8Dans Viagens Aventurosas de Felício e Felizarda ao Pólo Norte, nous est présentée une famille classique, père, mère et enfants, quoique Pedrito soit le personnage mis en évidence : « dans un de ses jeux désinvoltes » (p. 16), il s’est cassé la jambe et voit avec regret sa famille partir pour le pèlerinage du village, sa mère restant le soigner, puisque son père « par courtoisie, avait été obligé d’accompagner ses hôtes » (p. 17). La répartition des rôles apparaît comme un exemple significatif des stéréotypes de genre : la femme reste à la maison et l’homme accède à l’espace extérieur, le texte excluant l’hypothèse d’une inversion des rôles. Outre la garde des enfants, c’est aussi à la mère de Pedrito qu’incombent les tâches domestiques. Elle tient compagnie à son fils « après être allée à la cuisine donner les ordres nécessaires à la vieille Joana, pour que le dîner soit servi au retour de la fête » (p. 19), attitude typique d’une classe sociale où, même si les servantes s’occupaient vraiment des tâches domestiques, la femme au foyer avait la responsabilité de les surveiller et de leur donner les ordres. Ainsi, Pedrito passe la soirée en compagnie de sa mère, qui s’est mise à sa table de couture, autre tâche domestique caractéristique de la sphère du féminin. Toutefois, à partir d’ici, dans le récit, et étant donné que la mère habille deux marionnettes, un petit bonhomme et une poupée, mère et fils partagent l’histoire de ces deux personnages, Felício et Felizarda, qui entreprennent un voyage au Pôle Nord à bord d’un bateau portugais pratiquant la pêche à la morue.

    9Comme le signale Pires, dans Viagens Aventurosas de Felício e Felizarda ao Brasil, « Felício et Felizarda voyagent, dans les mêmes conditions, indépendamment de leur genre masculin et féminin9 ». Alors que jusqu’ici on retrouvait les stéréotypes de genre ordinaires dans le texte, quand ces poupées-personnages entrent en scène, la narratrice cherche à les traiter de la même manière, souci qui se manifeste d’emblée dans leurs vêtements :

    Les deux portent des bonnets de fourrure, des manteaux doublés, des couvertures, des gants de laine épaisse et des guêtres. Felizarda porte une jupe courte et très confortable et des bottes adéquates pour marcher sur la neige. Chauds et préparés de cette façon-là, on ne distingue pas facilement l’homme de la femme (1998, p. 35).

    10La condition de la femme n’est décrite que quand Felício et Felizarda arrivent au village des Esquimaux. La narratrice décrit les activités et les comportements des hommes et des femmes esquimaux, ces dernières

    […] faisaient non pas seulement tout le service domestique, mais elles supportaient aussi les travaux les plus lourds de la tribu. C’étaient elles qui chargeaient la pêche, quand les hommes arrivaient, qui retiraient les bateaux et les mettaient en sécurité, qui coupaient et préparaient la viande des phoques, qui rangeaient les ustensiles… Les femmes sont, dans ce peuple, les vrais animaux de charge des hommes qui, après la pêche ou la chasse, où elles les aident aussi, passent leur temps à dormir et à manger. (p. 69)

    11Autour de ces coutumes esquimaudes, les deux marionnettes entament un dialogue, au cours duquel Felício cherche à exaspérer Felizarda et celle-ci laisse transparaître, à travers sa voix, la pensée d’Ana de Castro Osório. Felício considère que les femmes esquimaudes sont « des créatures inférieures », tandis que Felizarda les voit pratiquement comme des héroïnes : « Sans elles qu’adviendrait-il des hommes pour qui les pauvres petites accomplissent toutes les tâches ? » (p. 70). Ce sont alors l’attitude et les comportements des hommes esquimaux face aux femmes qui, selon Felizarda, expliquent « la raison pour laquelle cette race est en perdition et sur le point de disparaître dans l’ignorance et dans la misère » (p. 70), ce qui laisse entrevoir l’importance et de l’éducation et de l’égalité entre hommes et femmes dans la réussite d’un peuple. Le récit se termine avec le retour à la maison des poupées et de la famille de Pedrito, après la fin de la visite au pèlerinage.

    12Mais de nouvelles aventures se préparent déjà pour les deux poupées dans Viagens Aventurosas de Felício e Felizarda ao Brasil, où les marionnettes embarquent sur un transatlantique et font un voyage au Brésil. On peut noter, dans ce second roman, quelques interrogations sur le rôle de la femme. Sous les tropiques, maîtresses et servantes se promènent dans les rues sans souci, travaillant et étant élégantes en même temps, par contraste avec le Portugal, où les femmes sont en retrait et « croient que le travail est mal vu » (p. 29). Dans cette œuvre, l’accent est porté sur le savoir et l’éducation. À travers le dialogue entre Felício et Felizarda, nous pouvons percevoir la position des hommes face aux femmes instruites : « – Aujourd’hui tu es très savante et je crois que les hommes ne doivent pas aimer les poupées savantes. » ; Felizarda n’est pas gênée par cette observation de son compagnon et lui répond :

    […] je n’arrêterai jamais d’étudier ce qui vient des livres. Peu m’importe si les hommes aiment ou non. Le temps est fini où l’on disait : « Ce que tu as c’est ce que tu vaux. »… Maintenant on dira : – « Ce que tu sais c’est ce que tu vaux… » (p. 65).

    13En effet, cette œuvre révèle la pensée civique et politique d’Ana de Castro Osório sur l’importance de l’éducation pour le progrès d’un peuple et d’un pays. Ainsi, même si ces deux romans n’explorent que modérément des situations liées à la question des stéréotypes de genre, nous pensons pouvoir conclure que pour l’époque nous sommes en présence de récits innovants. Le rôle de la femme, centré seulement sur la sphère domestique, est déjà en quelque sorte mis en question : on fait appel à son instruction en faisant l’apologie d’une femme éduquée et cultivée, qui vaut pour ce qu’elle est et non pas pour ce qu’elle possède au plan matériel.

    Virgínia de Castro e Almeida : l’éducation des filles et des garçons

    14Céu Aberto (1907) place les protagonistes enfants et adultes sur un pied d’égalité, dans le cadre d’une famille : la mère, Maria, le père, Dinis, le fils Rodrigo et sa sœur Rita, João, le neveu qui vit avec eux, et le cousin Jeremias. Toute la famille fait un long voyage, d’abord en bateau, entre Lisbonne et Gênes, ensuite en train, dans plusieurs villes d’Italie. Cependant, les détenteurs du savoir sont, presque toujours, les figures masculines : le père, qui manifeste une culture encyclopédique, tant humaniste que scientifique, M. Novais, un Brésilien dont la famille fait la connaissance pendant le voyage en bateau, et le cousin Jeremias, ce dernier surtout versé dans le domaine artistique, peinture, sculpture, poésie, etc. Les enfants s’adressent toujours à eux, leur posent les questions les plus diverses et se tournent très rarement vers leur mère qui, tout en participant à toutes les activités, se signale surtout comme personne sereine et agréable à vivre, exerçant par-là une influence bénéfique sur la famille.

    15L’éducation des enfants est ici clairement l’affaire de la famille, même s’il est décidé qu’ils iront étudier en Suisse pour recevoir une formation plus ample, sans préjugés et ouverte au monde. D’ailleurs, la rencontre de la famille, durant le voyage en train, avec une vieille dame qui voyage seule et avec trois jeunes Américaines, ouvre des horizons sur d’autres formes d’éducation et des habitudes différentes. Rita trouve étrange que leurs parents aient permis aux jeunes filles de voyager seules et l’une d’entre elles explique qu’elles sont amies et que : « Là-bas nos parents ne s’en font pas ; ils aiment qu’on se débrouille et qu’on apprenne tôt à n’avoir besoin de personne » (p. 243). Après avoir fait plus ample connaissance, les jeunes Américaines en viennent à faire quelques commentaires sur les questions d’éducation :

    Nous recevons une éducation différente de la vôtre, ici, en Europe. Nous nous habituons très tôt à nous conduire selon notre volonté. […] Je ne sais pas si c’est mieux ou pire. Peu m’importe. […] Nous ne sommes ni supérieures ni inférieures à vous. Nous sommes autre chose, à l’extérieur, dans les coutumes, dans le mode de vie. Mais, à l’intérieur nous sommes tous pareils (p. 274).

    16Ces jeunes filles, qui vont chasser des chèvres sauvages en Calabre, portent des armes et affichent un comportement désinhibé et courageux ; elles deviennent un modèle pour Rodrigo, qui est fréquemment peureux. Selon Maud : « Il y a un plaisir spécial quand on court un danger. Après on apprécie davantage la vie et tout nous paraît plus beau » (p. 284). De son côté, João les admire pour leur culture et Rita désire devenir comme elles, espérant qu’au collège suisse elle apprendra beaucoup de choses et que sa mère « sera heureuse de voir qu’[elle est] assez sage pour gouverner [s]a vie toute seule » (p. 291).

    17Or, toutes ces références semblent démontrer, de la part de Virgínia de Castro e Almeida, une conception de genre extrêmement innovante pour l’époque, a fortiori dans la littérature pour la jeunesse. En lisant une autre de ses œuvres publiée la même année, Em Pleno Azul (1907), on note que, si l’accès à d’autres sphères géoculturelles et l’éducation orientée vers l’autonomie sont communs aux deux sexes, les objectifs de la formation des garçons et des filles ne sont pas tout à fait les mêmes. Dans les collèges suisses où vont étudier Rodrigo et João, d’un côté, et Rita, de l’autre, les jeunes, garçons et filles, doivent apprendre à tout faire, jouissent d’une grande liberté, pratiquent des activités d’extérieur ; les garçons, par exemple, se promenant à vélo et dans la forêt, les filles ramant sur le lac et nageant. Mais, si les garçons ont à fendre du bois ou à travailler dans la charpente, les filles doivent, pour leur part, laver et nettoyer leur chambre et pendant la soirée elles s’occupent « à coudre, d’autres à jouer de la musique, d’autres à parler et à rire ». Constança, la fille la plus âgée (environ 17 ans), une Brésilienne, sorte de tutrice de Rita, présentée comme un modèle de comportement et d’intelligence, témoigne de fortes préoccupations sociales (elle se révolte, par exemple, contre les conditions de travail des Noirs au Brésil), ce qui révèle des centres d’intérêt au-delà des bornes de la sphère familiale. Toutefois, elle dit à Rita que ce sont surtout les femmes qui doivent se préoccuper d’aider ceux qui souffrent, considérant que

    les hommes, c’est différent, ils doivent penser à beaucoup de choses, ils doivent travailler et lutter beaucoup. Mais nous les femmes, tranquilles chez nous, menant une vie toujours pareille et facile, nous avons l’obligation d’être bonnes (1988b, p. 61).
    […] la plus grande richesse d’une femme en ce monde est de sentir qu’elle peut faire du bien et répandre quelque consolation et quelque joie autour d’elle. Pour cela elle ne mérite pas d’éloges. Elle ne fait que son devoir (p. 62).

    18Constança ajoute que Madame Schön, responsable du collège des filles, est « intelligente comme un homme » (p. 76). Quant à Mariana, fille du professeur Weiss, qui a été élevée dans le collège où se trouve Rita, elle dit aux garçons :

    Notre travail est toujours un jeu si nous le comparons au vôtre. Pauvres hommes, qui étudient et se cassent la tête à inventer et à connaître les choses qui après servent pour nous donner, à nous, femmes, de la paix, du confort et de la joie ! (p. 192).

    19À la gare de Lucerne, le comportement des garçons démontre aussi le rôle protecteur des figures masculines face aux figures féminines : « Les garçons du collège formaient un mur compact autour des filles de M. Weiss, qu’ils avaient instinctivement prises sous leur protection » (p. 233). Toutefois, Mariana se promène librement, voyage, joue du piano et pratique le tennis. Il nous semble donc qu’existe ici un modèle de comportement de genre qui s’ouvre à l’extérieur mais seulement au niveau de l’accès à la culture et à l’autonomie. Les occupations considérées comme adéquates continuent à être stratifiées, et dans les manifestations de nationalisme, qui sont si valorisées dans ces œuvres, l’engagement excessif des femmes est critiqué. Quand les jeunes vont assister au défilé qui commémore l’indépendance de la Suisse, « de temps à autre on voyait des femmes dans les filières, un fusil à l’épaule […]. Et c’était horrible : elles avaient un air qui ne leur convenait pas […] » (p. 226-227).

    20En revanche, la figure de Fräulein Strelitz se libère complètement de ce stéréotype à travers tous les paramètres d’analyse : elle voyage seule partout, « Elle vivait seule. Elle gouvernait sa vie. Elle s’occupait de ses affaires » (p. 15), et elle reçoit aussi chez elle, sans préjugés, une figure masculine, le cousin Jeremias, qu’elle avait connu plusieurs années auparavant. Il s’agit d’une femme qui reçoit l’affection de tous, enfants et adultes, hommes et femmes. Mais, malgré tout, elle n’échappe pas à la caractérisation fortement valorisante du masculin de la part du narrateur : « Très décidée, la Fräulein. Comme un homme. Mais comme un homme très débrouillard. » (id.). Cette comparaison, qui peut révéler un certain glissement vers le stéréotype, n’invalide pas toute la construction d’une représentation de la femme comme autonome et dynamique sans devenir la cible d’un ostracisme social. Cette apologie de la liberté individuelle s’articule avec l’éloge de la démocratie et de la liberté, la Suisse étant le pays qui sert d’exemple au monde.

    21Quatre décennies plus tard, Virgínia de Castro e Almeida écrit História de Dona Redonda e a sua gente (1942) et Aventuras de Dona Redonda (1943), assumant, dans la préface du premier titre qu’à cette époque-là (1907), l’influence « d’une vague de matérialisme et de positivisme dans laquelle les hommes du xxe siècle se sont noyés en raison de leurs orgueilleuses certitudes dans les conquêtes des sciences expérimentales » (p. VII). Dans les années 1940, elle préfère envisager le monde sous l’angle de l’humour et de la fantaisie. Ainsi, ces deux textes sont complètement différents des précédents en ce qui concerne l’univers diégétique, la fantaisie présidant à l’organisation spatiotemporelle et à la représentation vraisemblable des personnages. Dans le premier livre, trois enfants, des garçons, (un Portugais, un Anglais et un Allemand), découvrent un monde où règne l’absurde, avec Mme Redonda et Mme Maluka10, deux personnages féminins qui jouent le rôle de fil conducteur entre les situations inattendues présentées. On retrouve ici la question centrale des comportements féminins, quand les trois garçons et Mme Maluka vont sauver Mme Redonda au Palácio do Senhor Medo : ils sont sur un pied d’égalité et si les garçons choisissent des gants de boxe et des épées pour affronter Medo, Mme Maluka, excellente tireuse, choisit un pistolet (p. 210).

    22Dans Aventuras de Dona Redonda, une fille de 10 ans, Iria, s’éloigne de chez elle, seule, fascinée par l’aventure et par l’inconnu : « Qu’est-ce qu’il y aura dans cette forêt ? Comme j’ai envie d’y aller ! » (p. 11). Elle voyagera accompagnée d’un garçon, mais pendant la nuit elle s’éloigne de nouveau, seule, et elle entend les conversations des animaux car « elle n’est ni peureuse ni bizarre avec les bêtes » (p. 50). Quand les deux enfants se trouvent avec Mme Redonda, celle-ci sort un étui à cigarettes de sa poche et propose des cigarettes à Mestre Elói en « disant : – Cigarette ?? » (p. 69), ce qui n’est guère un comportement banal chez les femmes portugaises des années 1940. Dans un autre passage, au cours d’une conversation sur l’organisation des classes sociales, Mestre Elói déclare : « Je ne veux pas que mes enfants soient des messieurs. Je veux qu’ils soient de bons maçons, comme moi, vous m’entendez ? Eux-mêmes ne le veulent pas, sachez-le, et personne ne peut les y obliger » (p. 84). Ce à quoi le personnage masculin Bú riposte : « Ça, c’est tant qu’ils ne voient pas clair, et ne s’aperçoivent pas que tous sont égaux et que les hommes et les femmes ont les mêmes droits… » ; l’échange d’opinions contradictoires se termine de façon absurde, par une vive discussion entre Bú et Mme Maluka qui rappelle la logique d’Alice no País das Maravilhas. C’est Mme Redonda qui a le dernier mot, la femme qui vit les aventures les plus inattendues : elle se divise en miettes, en de milliers de minuscules Mmes Redonda que tous tentent de récupérer et réunir dans la Mme Redonda initiale. Certes, une certaine tendance de la critique littéraire portugaise a pu considérer que cette auteure a adhéré à l’idéologie de l’Estado Novo, mais nous pouvons contester ce jugement en raison de son approche du rôle de la femme dans la société, même si cette approche se signale par son caractère ludique, à travers des situations absurdes. De même, la dimension polyphonique, bakhtinienne, de son œuvre, en ce qui concerne les injustices sociales et la façon d’envisager la valeur du travail (représenté par la fourmi de la fable de Phèdre ou de La Fontaine), nous permet de remettre en question cette opinion. Le fait d’utiliser l’absurde et le comique a peut-être été une manière de fuir la censure, et le fait d’écrire pour les enfants a peut-être détourné l’attention de la critique explicite qui est faite de quelques-unes des valeurs de l’idéologie du régime. Le personnage principal, Mme Redonda, considère par exemple qu’« on ne doit jamais voir les choses d’un seul côté », (p. 89). En fait, ce personnage affirme aussi que : « Ce qu’il faut pour que le monde ne s’écroule pas, c’est que chacun reste à sa place » (p. 235), ce qui entre en contradiction avec le principe social dynamique défendu dans d’autres situations.

    23Lors du récit de la dernière fête, si d’un côté « Lucinda et Iria, à la tête de dizaines de femmes, nettoyaient et récuraient des casseroles, des pots, des poêles » (p. 302), Mme Redonda, quand elle s’endort, entend le chant de la cigale et dit dans ses rêves : « les fourmilières sont sans doute nécessaires… Tout ce que Dieu a créé est nécessaire… Mais […] les fourmilières… ne peuvent ni ne doivent… gouverner le monde… ni servir de modèle aux hommes… » (p. 320). Or, rien de plus éloigné de l’idéologie de l’Estado Novo. Dans l’ensemble des trois auteures que nous abordons, Virgínia de Castro e Almeida est celle qui explore le plus le côté humoristique et absurde des situations et, par conséquent, les potentialités satiriques de la littérature.

    Maria Lamas : stéréotypes de genre, entre permanence et nuances

    24De Maria Lamas, qui écrit pour un public jeune dans les années 1930 à 1950, nous avons retenu deux nouvelles qui se présentent comme la suite l’une de l’autre. Dans A Estrela do Norte, les protagonistes sont un garçon et une fille, João et Soledade à peu près du même âge et dénués de tout. Ils ont fui les mauvais traitements et l’indifférence de leurs familles d’accueil et se rencontrent, de manière originale, sur une route, au milieu de nulle part. D’emblée, Soledade est présentée comme une fille courageuse, audacieuse dans sa fuite et déterminée dans ses objectifs. Cependant, la rencontre avec João convoque dans le récit des stéréotypes de genre : João est présenté comme fort, viril, « [Il] lui inspirait de la confiance ; elle le considérait comme un homme et pensait que, auprès de lui, aucun mal ne pouvait lui arriver » (p. 19) ; près de lui Soledade devient anxieuse et peureuse « J’ai peur ; c’est peut-être une bête » (p. 20). Tout au long du récit, ils deviennent inséparables et vivent d’innombrables aventures à la recherche, elle, de la mer, qui lui avait pris son père, émigré au Brésil, lui du bonheur. À la fin de leur parcours, ils arrivent sur une plage, où ils rencontrent leur premier protecteur – Patrão Ventura. Ce vieux personnage est un homme de la mer, qui les accueille dans sa cabane près de la plage et les soigne comme s’ils étaient ses enfants. Les stéréotypes de genre apparaissent à nouveau, cette fois-ci à travers la voix de Patrão Ventura et les tâches accomplies par les deux héros. Soledade est davantage protégée, vu que « les filles sont plus délicates, on doit leur donner toujours la meilleure place » (p. 65), comme l’affirme le protecteur des jeunes, au moment d’attribuer le seul lit de la cabane. Même si l’espace extérieur ne lui est pas interdit, Soledade exécute des tâches domestiques, « elle a passé le reste de la journée à faire le ménage. Elle a tout fait » (p. 77), tandis que João « travaille aux filets de la pêche » (p. 77) ou commence à apprendre un métier, « tu veux apprendre à peindre des bateaux ? » (p. 84). Cependant, la vie de ces jeunes personnages va changer lorsque João participe à un concours de sculptures de sable et, encore une fois, le narrateur oscille entre laisser transparaître ou questionner les stéréotypes de genre dans le récit. Vainqueur du concours, João préfère comme prix une jolie poupée au lieu d’une magnifique voiture, provoquant tout de suite des commentaires perplexes comme « Un garçon qui préfère une poupée, aussi belle soit-elle, à une voiture splendide, leur semblait un cas rare ! » (p. 112). De fait, nous constatons que le stéréotype demeure, vu que João a préféré la poupée pour pouvoir l’offrir à une fille pauvre. C’est lors de ce concours de constructions dans le sable que João rencontre le peintre qui deviendra son protecteur et lui ouvrira les portes d’une carrière artistique. Quant à Soledade, sur la plage, elle fait la connaissance d’une famille très riche qui l’accueille et la protège. Se manifestent alors les valeurs défendues par Maria Lamas en lien avec l’éducation et la formation des femmes. Mme Germana, qui adopte Soledade, apparaît comme une femme cultivée, capable de répondre aux questions de sa fille, Lenita, et de Soledade ; celle-ci, commence à apprendre à lire dans la nouvelle famille et « deviendra, sans doute, une fille bien élevée et gentille » (p. 121).

    25Les aventures de João, Soledade et Lenita se poursuivent dans l’œuvre Os Brincos de Cereja, où les idéaux défendus par Maria Lamas, liés au rôle joué par l’éducation, apparaissent de nouveau. João va voyager avec son protecteur, le peintre Rogério Telmo, pour apprendre et perfectionner son art. De leur côté, les filles font aussi des progrès dans leur formation, tout en étant éduquées dans la sphère privée : « La maîtresse […] allait trois fois par semaine leur donner des cours » (p. 85) ; de leur côté, les garçons, cousins de Lenita, « allaient tous les jours au collège » (p. 117). Certes, on trouve des mentions de la fréquentation de la sphère publique par les filles, en particulier quand Soledade vivait avec Patrão Ventura, mais, dans la classe sociale plus élevée, cet espace leur semble interdit, surtout à partir du moment où Mme Germana adopte Soledade. La vie dans la Quinta das Glicínias, à Lisboa, où la famille Meireles avait déménagé, se poursuit sans encombre jusqu’à l’arrivée de la tante et des cousins de Macao. Ces derniers ayant des coutumes, comportements et éducations différents des normes déterminées par Mme Germana, les péripéties se succèdent. Le jour de l’arrivée de la famille venue de Macao, « les deux garçons sont allés faire un tour dans la ferme avec leur oncle » (p. 44) ; les filles, elles, sont restées à la maison, « Alice […] a commencé à montrer à Lenita et à Soledade les robes, les chapeaux et mille colifichets qu’elle apportait » (p. 44). Encore une fois l’espace extérieur semble appartenir aux hommes et l’espace domestique semble être la seule sphère du féminin.

    26Ce sera l’approche de Noël qui mobilisera toute la famille Meireles et qui véhiculera, de nouveau, les stéréotypes de genre quand, sous le commandement de Mme Germana, les garçons et les filles travaillent aux préparatifs de Noël. Les garçons s’occupent des tâches plus traditionnellement accomplies par les hommes. Les jeunes filles se chargent des tâches domestiques et traditionnellement féminines telles que tricoter des brassières de laine, faire du crochet et broder. Les cadeaux reçus le jour de Noël sont aussi révélateurs de ces stéréotypes, « pour les plus petites une poupée » (p. 68), « pour Alice une boîte de couture très belle » (p. 85) ; pour les garçons « un petit cheval de pâte, un avion, un navire ou une voiture en tôle » (p. 68). Pourtant, nous trouvons dans le texte une exception qui peut être révélatrice. Comme cadeau de Noël, Soledade ne reçoit pas une poupée, mais « des livres d’histoires et un élégant cartable pour garder ses partitions, car la musique était sa grande aspiration » (p. 85), ce qui nous donne un nouvel indice de l’importance que Maria Lamas accordait à l’éducation des femmes. Malgré les stéréotypes de genre en vigueur, fruits de la société de l’époque et du milieu social où l’auteure évoluait, le rôle de la femme, même de la femme au foyer, est toujours valorisé. Nous pouvons citer comme exemple le personnage de Mme Germana, femme éduquée, cultivée, organisée, charitable. C’est à elle qu’incombent la gestion de la maison et l’éducation des enfants. C’est elle qui donne des ordres, c’est elle qui décide, incitant toujours ses filles à poursuivre avec acharnement leurs études et leur formation.

    27Quoique nous trouvions dans les textes de Maria Lamas plusieurs situations et événements où des stéréotypes de genre se révèlent, on y fait l’apologie de la femme instruite, éduquée et cultivée, à travers l’importance attribuée aux études des personnages adolescents. Ces œuvres ayant été publiées en plein Estado Novo, nous devons souligner la constance de la pensée et des valeurs défendues par l’auteure, à une époque sûrement peu favorable à l’émancipation des femmes.

    28Même à la lumière de la critique contemporaine, il apparaît que les quelques stéréotypes soulignés ci-dessus, sur les liens que les auteures elles-mêmes entretiennent avec des représentations idéologiques et/ ou de genre, stéréotypes que nous avons tenté de déconstruire dans ce texte, en particulier pour le cas de Virgínia de Castro e Almeida, continuent à exister. Ces auteures révèlent inévitablement des marques de leur époque, mais cela n’invalide pas la visibilité qu’elles ont donnée dans la littérature à nombre de questions idéologiques à caractère social et particulièrement aux questions de genre.

    Bibliographie

    Corpus

    Almeida Virgínia de Castro, Céu Aberto, Lisboa, Clássica Editora, 1988, 340 p.

    Almeida Virgínia de Castro, Em Pleno Azul, Lisboa, Clássica Editora, 1988, 268 p.

    Almeida Virgínia de Castro, História de Dona Redonda e a sua Gente, Lisboa, Clássica Editora, 1989, 254 p.

    Almeida Virgínia de Castro, Aventuras de Dona Redonda. Lisboa, Clássica Editora, 1990, 328 p.

    Lamas Maria, Brincos de cereja, Lisboa, Vega, col. « Arco-íris », 1992, 126 p.

    Lamas Maria, A Estrela do Norte, Lisboa, Vega, col. « Arco-íris », 1993, 126 p.

    Osório Ana de Castro, Viagens Aventurosas de Felício e Felizarda ao Brasil, Lisboa, Instituto Piaget, 1998, 160 p.

    Osório Ana de Castro, Viagens Aventurosas de Felício e Felizarda ao Pólo Norte, Lisboa, Instituto Piaget, 1998, 108 p.

    Notes de bas de page

    1 La Ire République (1910-1926) marque la fin de la monarchie au Portugal à la suite de la révolution du 5 octobre 1910. La tradition prête à cette république un régime progressif et démocratique. Après plusieurs années d’instabilité, l’Estado Novo sera le terme employé par le gouvernement de la seconde République (1933-1974) pour désigner un régime qui repose sur des piliers traditionnels (Concordat avec l’Église catholique romaine, armée, branches corporatives) et sur l’Union nationale, le parti unique instauré en 1930. Les grèves sont déclarées illégales. Les syndicats ouvriers et patronaux passent sous contrôle de l’État. L’Estado Novo sera marqué par la figure d’Antonio de Oliveira Salazar.

    2 José António Gomes, Ana Margarida Ramos, Sara Reis Silva, « Produção canonizada na literatura portuguesa para a infância e a juventude (Século XX) », António Gomes José (dir.), Grandes autores para pequenos leitores. Porto, Deriva, 2007, p. 14.

    3 Maria Natividade Pires, “Ana de Castro Osório e a Literatura Tradicional : Transmissão de padrões éticos e comportamentos”, Buescu Helena (dir.) Memória e Cidadania Na Literatura Tradicional Peninsular, Casal de Cambra, Caleidoscópio/ Comissão Nacional para as Comemorações do Centenário da República, 2011, p. 165.

    4 António Garcia Barreto, Dicionário de Literatura Infantil Portuguesa, Porto, Campo das Letras, 2002, p. 386.

    5 Seuls les titres des œuvres littéraires analysées sont traduits en français la première fois qu’ils sont nommés. La traduction de ces titres et des citations est de notre responsabilité.

    6 Nous nous appuyons sur les rééditions de 1998, publiées pour commémorer les Découvertes maritimes portugaises lors de l’Exposition internationale de Lisbonne en 1998 – EXPO 98 – sous l’égide de l’Instituto Piaget.

    7 António Garcia Barreto, 2002, op. cit., p. 288.

    8 Nous utilisons des éditions non datées, publiées par l’Editorial Vega, sans doute au cours des années 1990.

    9 Pires, 2011, op. cit., p. 171.

    10 Mme Folle – un jeu de mots puisque en portugais maluca signifie folle.

    Auteurs

    • Maria da Natividade Pires

      Université de Castelo Branco

    • Ângela Balça

      Université d’Evora, Portugal

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    2 José António Gomes, Ana Margarida Ramos, Sara Reis Silva, « Produção canonizada na literatura portuguesa para a infância e a juventude (Século XX) », António Gomes José (dir.), Grandes autores para pequenos leitores. Porto, Deriva, 2007, p. 14.

    3 Maria Natividade Pires, “Ana de Castro Osório e a Literatura Tradicional : Transmissão de padrões éticos e comportamentos”, Buescu Helena (dir.) Memória e Cidadania Na Literatura Tradicional Peninsular, Casal de Cambra, Caleidoscópio/ Comissão Nacional para as Comemorações do Centenário da República, 2011, p. 165.

    4 António Garcia Barreto, Dicionário de Literatura Infantil Portuguesa, Porto, Campo das Letras, 2002, p. 386.

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    6 Nous nous appuyons sur les rééditions de 1998, publiées pour commémorer les Découvertes maritimes portugaises lors de l’Exposition internationale de Lisbonne en 1998 – EXPO 98 – sous l’égide de l’Instituto Piaget.

    7 António Garcia Barreto, 2002, op. cit., p. 288.

    8 Nous utilisons des éditions non datées, publiées par l’Editorial Vega, sans doute au cours des années 1990.

    9 Pires, 2011, op. cit., p. 171.

    10 Mme Folle – un jeu de mots puisque en portugais maluca signifie folle.

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    da Natividade Pires, M., & Balça, Ângela. (2017). Être une fille, un garçon dans la littérature de jeunesse au Portugal dans la première moitié du xxe siècle. In C. Connan-Pintado & G. Béhotéguy (éds.), Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2). Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux. https://doi.org/10.4000/books.pub.33733
    da Natividade Pires, Maria, et Ângela Balça. «  Être une fille, un garçon dans la littérature de jeunesse au Portugal dans la première moitié du xxe siècle ». In Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2), édité par Christiane Connan-Pintado et Gilles Béhotéguy. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2017. doi:10.4000/books.pub.33733.
    da Natividade Pires, Maria, et Ângela Balça. «  Être une fille, un garçon dans la littérature de jeunesse au Portugal dans la première moitié du xxe siècle ». Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2), édité par Christiane Connan-Pintado et Gilles Béhotéguy, Presses Universitaires de Bordeaux, 2017, https://doi.org/10.4000/books.pub.33733.

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    Connan-Pintado, C., & Béhotéguy, G. (éds.). (2017). Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2). Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux. https://doi.org/10.4000/books.pub.33608
    Connan-Pintado, Christiane, et Gilles Béhotéguy, éd. Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2). Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2017. doi:10.4000/books.pub.33608.
    Connan-Pintado, Christiane, et Gilles Béhotéguy, éditeurs. Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2). Presses Universitaires de Bordeaux, 2017, https://doi.org/10.4000/books.pub.33608.
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