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    Plan détaillé Texte intégral Quelles représentations ? Des traits de caractère différenciés ? Pour quel lectorat ? Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2)

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Héroïnes et héros dans les romans pour enfants de Trilby

    Catherine d’Humières

    p. 133-146

    Texte intégral Quelles représentations ? Des traits de caractère différenciés ? Pour quel lectorat ? Bibliographie Corpus Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les livres de Trilby, et notamment les romans qu’elle écrivit pour la jeunesse, connurent un certain succès au début du xxe siècle, puis tombèrent dans l’oubli à la fin des années 1960. Née Thérèse de Marnyhac en 1875, issue d’une famille aristocratique, catholique et monarchiste, mariée très jeune à Louis Delhaye, elle publia dès 1905 des ouvrages sentimentaux destinés à un public adulte féminin, et ce n’est qu’en 1935, après son veuvage, qu’elle commença à écrire pour les enfants. Elle continua jusqu’à la fin puisque son dernier roman – Casse-Cou ou la miraculeuse aventure – sortit en 1961 et qu’elle mourut en 1962, à 87 ans. Son œuvre s’avère très prolifique puisqu’elle publia une centaine de livres au total qui se répartissent donc sur deux périodes très nettes. Seule la seconde nous intéressera ici, celle qui s’adresse à un lectorat enfantin, et qui compte notamment trente-sept romans dont les plus connus sont Moineau, la petite libraire et Dadou, gosse de Paris, publiés tous deux en 1936 et qui ont fait l’objet de plusieurs rééditions. Ces ouvrages connurent un grand succès dans les années d’après-guerre et jusqu’à la fin des années 1960 qui marquèrent un tournant social et idéologique important dans notre pays, et très visible dans les productions pour la jeunesse. Les livres de Trilby ont donc bercé l’enfance d’une partie de la génération du baby-boom, et sont représentatifs d’un secteur éditorial destiné aux jeunes lecteurs de familles plutôt conservatrices, désireuses de donner à leurs enfants des livres contenant les valeurs auxquelles elles étaient attachées. Cela explique en partie le fait que ses romans pour la jeunesse offrent une grande homogénéité. Nous nous attacherons néanmoins plus particulièrement aux vingt romans qui furent publiés avant 1950, tout en nous autorisant quelques incursions dans ceux des années suivantes lorsque ce sera nécessaire, d’autant plus qu’ils n’offrent pas vraiment de rupture avec les précédents.

    2 En ce qui concerne Trilby, l’appareil critique reste très succinct, se limitant souvent à un paragraphe ou une page dans les ouvrages consacrés globalement à la littérature de jeunesse1. Cependant, en 1995, les Éditions du Triomphe rééditent l’ensemble des romans pour la jeunesse de Trilby et, en 1997, elles publient le seul ouvrage entièrement consacré à l’écrivain : Trilby. Un auteur à succès pour la jeunesse, mémoire de maîtrise de Karine-Marie Voyer, que nous avons largement utilisé dans la mesure où l’auteure a eu accès à des sources et des témoignages inédits qui s’avèrent éclairants pour notre sujet2.

    3Nous envisagerons donc la façon dont Trilby met en scène les pères et les mères en tant que modèles de leur progéniture, ainsi que les différences de visée éducative que ces représentations pourraient induire. Puis nous nous pencherons sur les traits de caractère, défauts et qualités, dont l’auteure dote ses jeunes protagonistes. Enfin, nous chercherons pour quelle(s) raison(s) l’œuvre de cet auteur a vite été considérée comme destinée à un lectorat féminin alors que les jeunes héros de ses livres sont aussi bien des garçons que des filles.

    Quelles représentations ?

    4Pour Trilby, l’éducation des enfants était fort importante et elle correspond à un schéma social imposé : les préparer à devenir de bons parents et des adultes responsables, soucieux de servir la société dans laquelle ils se trouvent. Toutes ses intrigues se déroulent, au moins en partie, au sein d’une famille plus ou moins complète, et la répartition des rôles parentaux reste extrêmement traditionnelle. Elle se répète d’un roman à l’autre : c’est au père qu’incombe la responsabilité et la protection de la famille et le(s) fils doi (ven) t apprendre à l’assumer aussi. C’est à l’homme qu’il revient de gagner l’argent du ménage et, en conséquence, il exerce un métier reconnu : militaire, bien sûr – aviateur, marin, ou même sergent de ville –, de commandement – roi, maharadjah, diplomate, attaché de consulat… –, de réflexion – savant, océanographe, inventeur… – ; et puis banquier, notaire, ingénieur, médecin, pour les classes supérieures ; garçon de laboratoire, cuisinier, chauffeur, mécanicien, électricien, ébéniste, pour les autres. Le métier d’agriculteur ou fermier se trouve sans distinction de catégorie sociale, et celui d’ouvrier dans une usine est le pire que l’on puisse imaginer car on risque d’être entraîné dans des conflits sociaux qui vous dépassent et peuvent vous mener en prison comme les pères de Dadou et de son copain. Les fils visent, bien entendu, ces mêmes métiers, et leurs études ou leur apprentissage sont toujours importants dans leur éducation. D’autre part, Trilby répète à satiété qu’à douze ou treize ans, un garçon « n’est plus un enfant et qu’il doit agir en homme conscient de son devoir » (Totor, 114). Titi la Carotte, par exemple « est un futur homme, un futur chef de famille, un futur sergent de ville, un protecteur enfin, aujourd’hui Manuela doit lui obéir » (Titi, 134). Responsabilité, protection, commandement, l’homme jouit nettement d’une position dominante et, lorsqu’il ne l’assume plus, pour une raison ou pour une autre, la famille a du mal à fonctionner de façon satisfaisante.

    5En revanche, le rôle de la mère est celui de gardienne du foyer. Elle se consacre à sa maison et à ses enfants, elle est douce et tendre : « levée la première, couchée la dernière, elle fait tout pour que nous soyons heureux et contents et vous avez l’air de ne pas vous en rendre compte » (Poucet, 146). Pour Trilby, cela doit être l’ambition de toute petite fille : Florette, par exemple « veut être une maman, avoir à elle […] une dizaine d’enfants [… et elle] veut habiter la campagne de France, là où elle aura un grand jardin pour y mettre ses enfants » (Florette, 32). On trouve d’ailleurs peu de figures de « vieilles filles » dans ces histoires : ce sont en général des personnes effacées ou grincheuses – nurses, institutrices… – que des revers de fortune ont obligées à travailler et surtout ont empêchées de se marier. Seuls deux romans en font des protagonistes de l’action : dans Dadou, gosse de Paris, la nurse anglaise du jeune Guy paralytique, femme masculine, revêche et antipathique, finira par s’attacher à ce Dadou qu’elle méprisait après un séjour à Lourdes qui non seulement guérira Guy, mais changera les dispositions de la terrible femme. Double miracle, en quelque sorte. L’autre roman est Une Sainte, des démons et Kiki où la sainte est une douce jeune fille, un peu mûre, calme, pieuse et peu énergique : « Habituée à mener une vie uniforme, elle songe qu’après son déjeuner, préparé par Véronique, la vieille servante qui l’a élevée, elle fera ses comptes, répondra à des amis de sa mère, puis elle prendra son tricot. L’après-midi, catéchisme et, après le catéchisme, ouvroir jusqu’à sept heures chez la présidente des dames de charité » (Sainte, 8). Elle vit sous la férule de sa servante qui détient notamment les clefs de l’appartement, et elle verra sa vie bouleversée par une fratrie de jeunes voisins et locataires turbulents, neveux gâtés d’un sultan indien, et qu’il lui faudra apprivoiser et recadrer avec douceur et affection. Aucune des jeunes lectrices de Trilby ne peut s’identifier à ces « vieilles filles », bien sûr. D’ailleurs, toutes « les femmes, même quand elles n’ont pas eu d’enfant, sont toujours des mamans » (Lulu, 24), et le bien-être de leurs enfants, l’harmonie du foyer sont des priorités absolues que seuls des événements graves peuvent les obliger à délaisser. C’est donc uniquement lorsque le père est mort, absent ou empêché d’une façon ou d’une autre de subvenir aux besoins du ménage – et cela arrive très souvent dans les romans de Trilby – que les mères se résignent à se mettre au travail. La plupart des professions qu’elles exercent sont très spécifiques et ne jouissent pas d’une aura singulière comme les métiers masculins cités plus haut : nurses, institutrices, professeurs, surveillantes, secrétaires, libraires, mercières, modistes, concierges, femmes de ménage… Ce sont essentiellement des métiers de service car le rôle de la femme est bien de servir les autres. En outre, avoir une activité professionnelle en plus de la maison et des enfants épuise ces pauvres mères qui finissent souvent par tomber malade – la tuberculose sévit encore de façon dramatique à l’époque – comme celle de Riki, Demoiselle de la Légion d’honneur qui, par peur de la contagion, doit se séparer de ses enfants pendant au moins deux années, et donc abandonner le travail de « directrice du personnel dans une grande maison de confection » (Riki, 5) qu’elle occupait depuis la mort de son mari.

    6L’exemple des mères est néanmoins fort intéressant parce que c’est sans doute là que l’on voit le mieux les idées de Trilby sur la condition féminine. Nous prendrons l’exemple de Moineau, petite libraire, sans doute le roman le plus apprécié avec Dadou, gosse de Paris. Il permet de voir à l’œuvre la dichotomie homme-femme, mais également les visées éducatives de Trilby en ce qui concerne les filles : le père, banquier, est atteint de plein fouet par la crise de 1929, en conséquence, la famille, ruinée, doit abandonner un train de vie luxueux pour se replier chez un vieil oncle acariâtre qui déteste les enfants. Et ils sont trois ! Moineau, l’héroïne de 12 ans, et deux garçons insupportables de 7 et 5 ans. Élevés par une institutrice et une nurse puisque « papa a ses affaires, la banque où il est tout le temps, et maman la direction de la maison, les amis, le théâtre, le bridge, les sports d’hiver et d’été » (Moineau, 12), les enfants adorent leurs parents mais les voient très rarement. Le père est rapidement éliminé de l’histoire puisqu’il part au Canada pour trois ans, afin de retrouver du travail, et la mère passe au premier plan. Elle s’avère trop douce, trop belle, trop élégante, et finalement incapable d’initiative, dépressive, sans ressort, sans autorité ; elle finira par tomber malade. Mais, de toute façon, elle ne sait rien faire et laisse sa fille, Moineau, courageuse, volontaire, consciencieuse et surtout très pieuse, prendre en charge la famille et la librairie achetée lorsque le fameux oncle Christophe, lassé – très vite – des méfaits des deux garçons, met toute la famille à la porte de chez lui. Ce roman est intéressant à plusieurs égards : tout d’abord l’auteure y fustige une vie de confort vide et inutile, uniquement tournée sur soi-même, et qui rend les femmes incapables d’affronter l’adversité. Et cette critique des femmes ou fillettes trop riches et trop occupées de leur bien-être personnel sera récurrente dans les romans suivants. On trouve aussi l’affirmation que, pour une femme – nous sommes en 1936 – « le travail c’est l’indépendance et […] on a le droit d’être fière de cette indépendance-là » (Moineau, 170). Cela peut sembler paradoxal dans la mesure où, dans ces romans, les mères qui travaillent ne le font que parce qu’elles y sont obligées. Néanmoins, il est suggéré aux petites filles d’envisager un métier, féminin de préférence, c’est-à-dire un métier qui rende service à son prochain, infirmière par exemple ou, de façon exceptionnelle, « doctoresse » comme dans Vacances et liberté (1952) afin, sans doute d’être capables de faire face plus facilement aux aléas de la vie. Mais Trilby entrevoit aussi l’évolution de la société lorsque, en 1959, dans Marion la vedette, elle fait dire à la vieille dame qui a recueilli la fillette, laissée à sa charge par sa mère vedette de cinéma : « Ma chérie […] tu ne connais rien que le cinéma. Attends de faire des études sérieuses et alors tu choisiras. Maintenant toutes les carrières sont ouvertes aux femmes : décoratrice, architecte, ingénieur, médecin, assistante sociale, laborantine » (Marion, 53). Finalement Trilby, en s’appuyant sur sa propre expérience, s’avère beaucoup plus moderne qu’on ne le croit. Effectivement, énergique et très active, elle a beaucoup travaillé en tant qu’infirmière, directrice d’hôpital et… écrivain. Pour elle, il s’agit de détourner les petites filles de toute tentation de paresse, d’égoïsme et d’oisiveté : qu’une femme reste à la maison ou exerce une profession, elle doit surtout s’investir au service des autres.

    7Enfin nous terminerons ce tour d’horizon des métiers masculins ou féminins par ceux qui peuvent être exercés indifféremment par les uns ou les autres comme directeur d’école, par exemple, qui a un statut à part dans la mesure où l’enseignement n’étant pas mixte, il fallait des directeurs pour les garçons et des directrices pour les filles. Les métiers liés à l’art sont également « hors-catégorie » : hommes et femmes peuvent aussi bien être peintres, violonistes, metteurs en scène, vedettes de cinéma… ou écrivains pour enfants ! Enfin, il reste la vocation religieuse, quoiqu’on ne trouve que deux cas dans trente-sept romans. Ce point particulier peut sembler curieux dans la mesure où tous les romans, sans exception, sont truffés de références religieuses et que la piété y est toujours présentée comme une qualité primordiale. Peut-être est-ce lié au fait qu’il n’y a dans ces romans que très peu de familles nombreuses, viviers traditionnels de vocations religieuses. La grande majorité des héros sont enfants uniques ou issus de fratries de deux. Quatre romans seulement mettent en scène des fratries de trois enfants, un seul une fratrie de cinq, et encore, avec deux paires de jumeaux, ce qui ne fait finalement que trois « groupes d’enfants », et on ne trouve que deux fois des fratries de six, dont une qui ne prend pas de part importante dans l’action. Là encore, finalement, Trilby parle de ce qu’elle connaît : appartenant à une famille de trois enfants, elle n’eut qu’un fils unique. Comment aurait-elle pu parler efficacement des caractéristiques d’une famille nombreuse et des problèmes posés par l’éducation de tant d’enfants à la fois ?

    Des traits de caractère différenciés ?

    8Vu le partage du travail traditionnel qui apparaît dans l’étude précédente, on s’attend à ce que les romans de Trilby attribuent, au moins jusqu’à la fin des années 1950, des traits de caractère spécifiques aux garçons et aux filles. On imaginerait les uns courageux, dynamiques et travailleurs, et les autres douces, tendres et serviables. Or il n’en est rien. Il faut dire que chez Trilby, la psychologie est des plus sommaires parce que ce n’est pas cela qui l’intéresse. Si elle plante le décor en présentant ses protagonistes et leurs traits de caractère, c’est uniquement dans la mesure où ils vont avoir de l’importance dans le déroulement de l’intrigue et l’évolution du personnage qui est, pour elle, l’élément primordial. En conséquence, garçons et filles sont dotés des mêmes traits de caractère selon les cas, et les différences – car il y en a – ou même les oppositions ne dépendent pas du sexe du personnage. Par exemple, dans l’adversité, Moineau montre qu’elle possède « courage, énergie, vaillance. [Elle aura] lutté avec la pauvreté, la maladie, sans jamais se plaindre » (Moineau, 194). Tout comme dans Le grand Monsieur Poucet où, après la mort du père, la famille est dispersée : le grand-père acceptant de s’occuper de ses petits-enfants mais s’opposant absolument à tout contact avec une belle-fille qu’il a toujours refusé de voir. Poucet, le petit dernier de la fratrie, décide de rester avec sa mère pour l’aider à survivre et il développe les mêmes belles qualités que Moineau. Pour gagner quelques sous, il deviendra chiffonnier, puis garçon de laboratoire jusqu’à ce que, comme l’oncle de Moineau d’ailleurs, le terrible grand-père se laisse convaincre par l’exemplarité de son dernier petit-fils.

    9Chez Trilby, les différences seraient plutôt fondées sur le statut social : pour elle, les enfants pauvres doivent apprendre à survivre au mieux dans un environnement hostile et s’avèrent spécialement débrouillards, mais aussi généreux et soucieux de ceux qui les entourent, et toujours très pieux, alors que les enfants riches, lorsqu’ils ont un caractère rétif ou qu’ils ont été mal élevés par des parents trop faibles ou des domestiques, sont trop souvent orgueilleux, égoïstes, et coléreux. Dadou, gosse de Paris, par exemple, est une histoire d’amitié entre deux garçons que tout sépare, Dadou est un petit vendeur des rues, gai, loyal et actif, Guy est un enfant malade, trop gâté et mal élevé. Il finira par guérir après un pélerinage à Lourdes – nous l’avons vu précédemment –, Dadou sera adopté par la mère de Guy, et les deux compères s’associeront pour devenir inventeurs-mécaniciens-aviateurs. La différence de départ se fonde uniquement sur le statut social comme dans D’un palais rose à une mansarde où la jeune Suzelle qui joue du violon dans les cours d’immeubles pour aider financièrement sa mère, fait la connaissance d’un enfant riche, atteint de nanisme, « Luigi qui avait de belles qualités les a pour ainsi dire perdues, il est devenu insupportable » (Palais, 14). Tous deux ont le même âge et sont orphelins de père, mais elle est débrouillarde, bonne, honnête et travailleuse, et lui, à l’opposé, se complaît dans une méchanceté qu’il voit comme une revanche. C’est par la musique que Suzelle parviendra à toucher le cœur de Luigi et à lui faire accepter son infirmité. Dans le premier cas, il s’agit d’une amitié entre deux garçons, dans le second, entre fille et garçon, mais le portrait psychologique des deux paires d’enfants est exactement le même. En effet, Trilby met en scène des enfants – garçons ou filles indifféremment – , bons, doux et surtout très pieux, dont l’influence transforme en profondeur un autre enfant, souvent orgueilleux, envieux, colérique ou égoïste, car chez elle, c’est tout l’un ou tout l’autre, elle ne laisse guère de place pour les nuances. Pour elle, il y a des enfants presque parfaits, qui sont des modèles absolus, et d’autres qui n’ont pas de cœur et dont « l’âme est malade ». Ses intrigues reposent le plus souvent sur cette dichotomie et sur l’évolution du vilain diable qui devient forcément angelot séraphique. Citons, si c’est nécessaire, Poupoune au pays des navets, petit tuberculeux envoyé à la montagne pour se soigner. Il arrivera à convertir le fils du fermier touché par sa gentillesse, et à trouver du travail loin de l’usine pour son père. La situation est similaire dans Titi la carotte et sa princesse, où une petite fille riche, très mal élevée, incontrôlable, deviendra sérieuse et responsable après une équipée en montagne en compagnie du courageux Titi qui parviendra à la ramener saine et sauve à sa famille.

    10On voit bien que ces romans sont emplis de stéréotypes, mais ces derniers ne sont jamais basés sur le sexe des héros, même lorsqu’on leur répète à l’envi le rôle de l’homme ou de la femme dans la société. La situation est donc plus complexe qu’on pourrait le croire et c’est là que l’ouvrage de Karine-Marie Voyer s’avère précieux dans la mesure où elle a pu contacter des parents ou amis de Trilby et dévoiler un peu de la personnalité d’une écrivaine restée somme toute un peu mystérieuse.

    Dans leur entourage, le fort caractère de Trilby est presque devenu légendaire, comme pouvait l’être, par ailleurs, l’admiration béate que Monsieur Delhaye, homme calme et posé, éprouvait pour son épouse. Celle-ci est une femme impulsive, autoritaire et exigeante, pour elle, comme pour les autres. Elle veut toujours et partout faire triompher l’ordre. […] Le mot « repos » est totalement exclu de son vocabulaire. Elle ne supporte pas l’idée de ne rien faire de constructif et vaque, du matin au soir, à des activités caritatives d’utilité publique. (Voyer, 12)

    11Doit-on s’étonner qu’une femme au caractère bien trempé, et qui a travaillé toute sa vie, d’abord comme infirmière et ensuite comme écrivain – et ce jusqu’à 86 ans ! –, malgré ses principes sur la juste répartition des rôles entre mari et femme, mette en scène des petites filles au caractère volcanique aussi bien que de douces fées du logis ? Et si c’est valable pour les filles, pourquoi pas pour les garçons ?

    Pour quel lectorat ?

    12Trilby se voyait comme une seconde comtesse de Ségur et, en effet, elles ont beaucoup de points en commun : toutes deux sont issues d’un milieu similaire, aristocratique, monarchiste et profondément catholique, toutes deux ont commencé à écrire pour les enfants sur le tard, une fois devenues grand-mères, et toutes deux s’adressent finalement au même lectorat. Dans Florette ou la rivière des parfums, la jeune héroïne déclare : « Je serai peut-être un grand écrivain comme la comtesse de Ségur » (Florette, 54), et elle revient sur ce désir d’écriture à plusieurs reprises dans ce roman. Là, l’auteure est bien visible sous le personnage, et on sent l’admiration qu’elle portait à celle qui l’a précédée. Notons tout de même que le style des deux écrivaines diffère complètement et que celui du modèle reste inégalé !

    13Curieusement, sur vingt-sept titres où figure le nom du héros de l’histoire, il y en a quatorze qui se réfèrent à un héros masculin, dix à une héroïne féminine et trois aux deux mais, dans ce dernier cas, la fillette est toujours subordonnée au garçon, soit par un possessif : Boule d’Or et sa Dauphine, Titi la carotte et sa princesse, soit par un diminutif du surnom masculin : Leurs Excellences Zoupi et Zoupinette. Bref, la fille passe après le garçon. Chez la comtesse de Ségur, les titres sont plus élégants mais guère plus recherchés et, sur vingt-et-un titres, sept évoquent des personnages masculins et deux seulement – Les Petites Filles modèles et Les Malheurs de Sophie – des fillettes. Les deux auteures visaient donc autant, sinon plus, les garçons que les filles. Comment se fait-il alors que leurs romans aient été plutôt considérés comme destinés à un lectorat féminin ? En ce qui concerne Trilby, Karine-Marie Voyer analyse ce phénomène en ces termes :

    Il y a dans les romans de Trilby, une attention aux choses et aux êtres qui ne peut pas être demandée aux garçons. Il faut l’avouer, avec les filles, l’action peut être ralentie, l’auteur sait qu’une description, trait d’une rêverie sur un paysage ou un objet, sera reçue comme telle, qu’une subtile nuance de sentiment sera ressentie. Certes les personnages des romans de Trilby sont aussi bien des filles que des garçons, mais l’auteur développe tout un côté sentimental, romantique et « fleur bleue » auquel les filles sont plus sensibles. On a souvent dit de ses romans qu’ils faisaient pleurer les petites filles. L’auteur joue effectivement sur la sensibilité et l’émotion. (Voyer, 37)

    14Tout cela est parfaitement vu3, peut-être faudrait-il ajouter que les garçons sont plus dans le mouvement, dans l’aventure et que, si cette dernière est bien présente dans les romans de Trilby, elle n’est jamais poussée au maximum, comme si, systématiquement, après avoir lancé ses jeunes protagonistes sur des chemins dangereux, elle les retenait pour qu’ils n’aillent pas trop loin. Elle tient ses héros en laisse d’une certaine façon, appliquant le « principe de précaution » avant la lettre, en quelque sorte. Après avoir lu cinq ou six de ses romans on finit par savoir comment vont finir tous les autres : les méchants, adultes ou enfants, deviennent gentils, les malades guérissent et les orphelins retrouvent des/leurs parents. Bref, en matière d’aventure on reste vraiment sur sa faim. L’action est trop lente pour être exaltante, l’idéal reste l’harmonie d’un foyer heureux dans une reconstitution familiale réussie. Nous prendrons deux exemples significatifs : le premier est Le petit Roi malgré lui (1937) qui nous a beaucoup intriguée pour ses similitudes avec Le Prince Éric (1940) de Serge Dalens qui s’en est peut-être inspiré. « Alex est un petit bonhomme venant de Rilésie, un pays du nord de l’Europe, il a les cheveux couleur de ficelle, une peau blanche et rose […] et des yeux si clairs qu’on ne peut définir leur nuance » (Petit Roi, 8). Il ne participe pas à un camp scout comme Éric dans Le Bracelet de vermeil, mais est pensionnaire dans un établissement scolaire international. Il est orphelin et, un beau jour, il apprend que son oncle le roi vient de mourir et qu’il est le seul héritier. Il retourne donc dans son royaume à son corps défendant, heureusement accompagné de sa grande amie Dominica, nièce des directeurs du pensionnat. Là, il se heurte constamment à un méchant conseiller, dur et cruel, comme dans le roman de Dalens. Bref, nous avons ici tous les germes d’une véritable aventure avec péripéties, rebondissements, lutte entre les gentils et les méchants, comme celle du très fameux Prince Éric mais, contrairement au roman de Dalens, celui de Trilby ne conduit à aucun accomplissement personnel. Alex, pourtant sage gouvernant au début, ne devient pas un homme responsable ; privé des vacances en France sur lesquelles il comptait, il s’enfuit avec l’aide de ses amis pour… un retour heureux au point initial : le pensionnat où il se sentait si bien ! Bien sûr, à la fin, plusieurs années après, il se mariera avec Dominica, mais l’aventure, en elle-même, n’aura pas fait d’Alex un homme, il reste un petit garçon et laisse sans remords son royaume aux mains de « bons révolutionnaires ». Cette aventure tronquée est finalement bien décevante et ne permet pas au lecteur d’aller de l’avant… alors que l’idée de départ ne demandait qu’à être développée, comme l’a fait Serge Dalens trois ans plus tard.

    15Le second exemple que je voudrais prendre est celui de Vacances et liberté, de 1952, qui met en scène six enfants livrés à eux-mêmes – dans un cadre tout de même choisi par les parents – pour les punir de leur refus des sempiternelles vacances en famille. Là aussi, tous les ingrédients d’une aventure seraient réunis : une région inconnue, une indépendance presque totale vis-à-vis des adultes et, en outre, un groupe d’enfants qui s’entendent bien. Malheureusement les choses s’avèrent plus compliquées que prévu car deux d’entre eux sont égoïstes et paresseux, et rendront la gestion du groupe difficile pour les deux aînés. Bref, on retombe dans le schéma narratif évoqué précédemment. Mais ce qui nous a particulièrement intéressée, c’est la répartition très symétrique des rôles au sein du groupe composé de trois garçons et de trois filles, répartis en trois classes d’âge, avec un garçon et une fille à chaque niveau. Les révoltés – 12-13 ans – sont ceux du milieu, et les petits sont les plus indépendants : Robichon, 11 ans, est un futur grand peintre et s’aménage un atelier dans le parc de la maison où tous passent ces vacances en liberté, la petite Nadine de 10 ans est une future mère de famille nombreuse, « bonne, patiente et très jolie » (Vacances, 72), uniquement préoccupée par ses cinq poupées. Toute la responsabilité du groupe retombe donc sur les deux grands de quinze ans qui vont reproduire le couple parental traditionnel : gestion de l’argent par Jean, gestion de la préparation des repas par Martine. Ils s’apercevront bien vite que le mot « liberté », pour eux, veut dire « responsabilité » et que ce n’est pas drôle du tout. On voit bien, tout au long du récit, que le but de l’auteure est de faire la morale aux enfants indisciplinés : l’aventure que vivront Pierre et Béatrice, « les moyens », n’est que curiosité mal placée, une indiscrétion qui devient une sottise vite regrettée et facilement réparée. Ce couple de « vilains » se sépare après une crise de conscience et une multitude de regrets, puis se recompose lors de la crise d’appendicite de Nadine, pour servir d’intermédiaire entre les vrais parents, éloignés, et les parents de substitution – Jean et Martine – qui accompagnent la fillette à la clinique. Finalement tout finira bien lorsque la grand-mère viendra prendre en charge le petit groupe, soulageant ainsi les « grands », bien heureux de laisser dans de bonnes mains des responsabilités qu’ils ont trouvées fort lourdes.

    16Contrairement aux romans de la collection « Signe de piste » qui visaient plus spécifiquement un lectorat masculin à l’époque, et qui prônaient la responsabilisation des adolescents et la recherche à tout prix d’une aventure destinée à tremper les caractères, Trilby cherche à montrer qu’à quinze ans, les responsabilités sont trop lourdes et qu’il est bon d’avoir des parents pour les assumer. Ce roman date de 1952 et contraste singulièrement avec ceux de 1936, Dadou, gosse de Paris et Moineau, la petite libraire qui exaltaient le sens des responsabilités de deux enfants vis-à-vis des difficultés vécues par leur famille, situation que l’on retrouve d’ailleurs dans Cordon s’il vous plaît ! publié en 1955. Sans doute Trilby faisait-elle une distinction importante entre des situations de misère morale ou matérielle où la défaillance accidentelle des parents entraîne une prise de responsabilité précoce par des enfants dignes d’admiration, et des situations où des enfants gâtés sont punis de leurs exigences et de leur ingratitude envers des parents qui méritent amour, obéissance et respect. Pour l’auteure,

    la famille est la cellule de base de la société, l’assise sur laquelle tout repose. C’est le lieu de la socialisation de l’enfant, le lieu où l’on prend conscience des concepts de la hiérarchie et de l’autorité. L’enfant doit effectivement respect et obéissance à ses parents. Trilby évoque sans cesse l’atmosphère heureuse de la famille unie. Au sein de celle-ci se développent des sentiments tels que le désir d’être ensemble, la vigilance dévouée, la compassion, la confiance et la douceur fraternelle. Les enfants prennent souvent conscience du bonheur familial quand la famille est contrainte de se séparer. (Voyer, 66)

    17Voilà pourquoi, dans ces romans, lorsque la famille vient à manquer ou subit un traumatisme, l’intrigue aboutit généralement à une recomposition ou re-création des liens familiaux manquants, comme si le bonheur ne pouvait se trouver en dehors d’une famille unie et aimante. Remarquons incidemment que, chez la comtesse de Ségur, c’est également à cela qu’aboutit l’intrigue des Petites Filles modèles ou celle de François le Bossu où Sophie et Christine, finalement, changent de famille pour trouver sérénité et amour.

    18Pour répondre à la question posée dans cet ouvrage, on peut dire que, dans les romans pour la jeunesse de Trilby, être une fille, un garçon, c’est d’abord être la fille ou le fils de ses parents, qu’ils soient présents ou non. Contrairement aux romans de la comtesse de Ségur où règne finalement une grande fantaisie, les trente-sept récits de Trilby se déroulent tous dans ou par rapport à un environnement familial assez classique, qu’il soit harmonieux ou en pleine crise, constructif ou défaillant. L’auteure évoque toujours les liens familiaux qui unissent les jeunes protagonistes à leur entourage et, du coup, les différences entre garçons et filles s’effacent devant les stéréotypes comportementaux. C’est le rôle joué par le père et/ou la mère qui marque la différence des sexes de façon extrêmement traditionnelle, et indique le modèle à suivre selon que l’on est fille ou garçon. Il ne faut pas oublier que, chez Trilby, tout se résout de façon morale et répond à un projet précis :

    L’éducation à la vie est nécessairement éducation à la relation. La personnalité se développe au contact des hommes. Et encore, l’homme debout, ce n’est pas suffisant ! […] L’homme doit être debout, la main tendue vers le voisin. Il faut développer, chez l’enfant « le sens de l’autre ». Ici intervient la fameuse notion du « service ». Servir les siens, c’est se donner, c’est donc se trouver et s’épanouir. Cet apprentissage du don de soi est un thème très développé chez Trilby. (Voyer, 65)

    19Cette éducation à la vie, ce don de soi s’apprendraient essentiellement au sein de la famille, ou par rapport à elle quand il y a rupture et éloignement, car c’est à elle, et uniquement à elle qu’il revient d’élever l’enfant dans toute l’ampleur du terme. Dans ce contexte, le rôle de la société se réduirait finalement à un accompagnement, une aide pour remplir au mieux cette mission. Elle ne peut en aucun cas, se substituer à elle.

    Bibliographie

    Corpus

    Livres de Trilby utilisés pour cette étude et classés par ordre chronologique.

    Lulu, le petit roi des forains, Paris, Flammarion, 1935 (Lulu)

    Dadou, gosse de Paris, Paris, Flammarion, 1936 (Dadou)

    Moineau, la petite libraire, Paris, Flammarion, 1936 (Moineau)

    Le petit Roi malgré lui, Paris, Flammarion, 1937 (Petit Roi)

    La princesse Mimosa, Paris, Flammarion, 1937 (Mimosa)

    Poupoune au pays des navets, Paris, Flammarion, 1937 (Poupoune)

    Titi la carotte et sa princesse, Paris, Flammarion, 1938 (Titi)

    Une Sainte, des démons et Kiki, Paris, Flammarion, 1938 (Sainte)

    D’un palais rose à une mansarde, Paris, Flammarion, 1939 (Palais)

    Coco de France, Paris, Flammarion, 1940 (Coco)

    Le grand Monsieur Poucet, Paris, Flammarion, 1941 (Poucet)

    Madame Carabosse, Paris, Flammarion, 1943 (Carabosse)

    La petite Maréchale, Paris, Flammarion, 1944 (Maréchale)

    Totor et Cie, Paris, Flammarion, 1945 (Totor)

    Florette ou la rivière des parfums, Paris, Flammarion, 1946 (Florette)

    La grande découverte, Paris, Flammarion, 1946 (Découverte)

    Louna, la Petite Chérifa, Paris, Flammarion, 1947 (Louna)

    En Avant, Paris, Flammarion, 1948 (En Avant)

    Au Clair de la lune, Paris, Flammarion, 1949 (Lune)

    Mâlasika, Petit Prince hindou, Paris, Flammarion, 1949 (Mâlasika)

    Le petit Monsieur Vincent, Paris, Flammarion, 1951 (Vincent)

    Vacances et liberté, Paris, Flammarion, 1951 (Vacances)

    Le Capitaine Gribouillard, Paris, Flammarion, 1952 (Capitaine)

    Boule d’Or et sa Dauphine, Paris, Flammarion, 1954 (Boule d’Or)

    Cordon s’il vous plaît !, Paris, Flammarion, 1954 (Cordon)

    Kounto et ses amis, Paris, Flammarion, 1956 (Kounto)

    Paris-Londres, Paris, Flammarion, 1956 (Paris)

    Il était un petit chat, Paris, Flammarion, 1957 (Petit chat)

    Riki, Demoiselle de la Légion d’honneur, Paris, Flammarion, 1957 (Riki)

    Pique-la-lune, Paris, Flammarion, 1958 (PLL)

    Risque-tout président du conseil, Paris, Flammarion, 1958 (Président)

    La Princesse héritière, Paris, Flammarion, 1959 (Princesse)

    Marion la vedette, Paris, Flammarion, 1959 (Marion)

    Leurs Excellences Zoupi et Zoupinette, Paris, Flammarion, 1960 (Zoupi)

    Casse-Cou ou la miraculeuse aventure, Paris, Flammarion, 1961 (Casse-Cou)

    Notes de bas de page

    1 Par exemple on trouve une brève notice dans le Dictionnaire des écrivains français pour la jeunesse (1914-1991) de Nic Diament (Paris, L’École des loisirs, 1993, p. 651-652) ainsi que dans L’Histoire de la littérature enfantine de Ma mère l’Oye au Roi Babar de Jean de Trigon, (Paris, Hachette, 1950, 197-198). Nous avons, pour notre part, rédigé la notice du Dictionnaire du Livre de jeunesse publié sous la direction d’Isabelle Nières-Chevrel et de Jean Perrot (Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 2013, p. 640-641).

    2 C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de mettre à la suite des citations, et entre parenthèses, soit le nom de K.-M. Voyer, soit un mot se référant au titre du roman de Trilby dont il est question, et que l’on trouvera dans la bibliographie à la suite de l’article. Ces références sont bien entendu suivies du numéro de page.

    3 À l’aune d’une critique genrée où se retrouvent tous les stéréotypes qui constitueraient la lectrice modèle, son mode de lecture et ses attentes de ce que doit être un texte romanesque.

    Auteur

    • Catherine d’Humières

      Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand
      CELIS EA 4280

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    1 Par exemple on trouve une brève notice dans le Dictionnaire des écrivains français pour la jeunesse (1914-1991) de Nic Diament (Paris, L’École des loisirs, 1993, p. 651-652) ainsi que dans L’Histoire de la littérature enfantine de Ma mère l’Oye au Roi Babar de Jean de Trigon, (Paris, Hachette, 1950, 197-198). Nous avons, pour notre part, rédigé la notice du Dictionnaire du Livre de jeunesse publié sous la direction d’Isabelle Nières-Chevrel et de Jean Perrot (Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 2013, p. 640-641).

    2 C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de mettre à la suite des citations, et entre parenthèses, soit le nom de K.-M. Voyer, soit un mot se référant au titre du roman de Trilby dont il est question, et que l’on trouvera dans la bibliographie à la suite de l’article. Ces références sont bien entendu suivies du numéro de page.

    3 À l’aune d’une critique genrée où se retrouvent tous les stéréotypes qui constitueraient la lectrice modèle, son mode de lecture et ses attentes de ce que doit être un texte romanesque.

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    d’Humières, C. (2017). Héroïnes et héros dans les romans pour enfants de Trilby. In C. Connan-Pintado & G. Béhotéguy (éds.), Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2). Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux. https://doi.org/10.4000/books.pub.33723
    d’Humières, Catherine. «  Héroïnes et héros dans les romans pour enfants de Trilby ». In Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2), édité par Christiane Connan-Pintado et Gilles Béhotéguy. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2017. doi:10.4000/books.pub.33723.
    d’Humières, Catherine. «  Héroïnes et héros dans les romans pour enfants de Trilby ». Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2), édité par Christiane Connan-Pintado et Gilles Béhotéguy, Presses Universitaires de Bordeaux, 2017, https://doi.org/10.4000/books.pub.33723.

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    Connan-Pintado, C., & Béhotéguy, G. (éds.). (2017). Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2). Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux. https://doi.org/10.4000/books.pub.33608
    Connan-Pintado, Christiane, et Gilles Béhotéguy, éd. Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2). Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2017. doi:10.4000/books.pub.33608.
    Connan-Pintado, Christiane, et Gilles Béhotéguy, éditeurs. Être une fille, un garçon dans la littérature pour la jeunesse (2). Presses Universitaires de Bordeaux, 2017, https://doi.org/10.4000/books.pub.33608.
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