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    Le Moyen Âge en jeu

    Ce livre est recensé par

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    Le Moyen Âge, un jeu d’enfants ? Nouvelles tendances de la BD médiévalisante

    Alain Corbellari

    p. 299-310

    Texte intégral L’HistoireL’Heroïc fantasyAvatars wagnériensAvatars renardiensHumour et poésie Bibliographie Sources primaires Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Depuis 2001, date où nous avons tenté un premier bilan critique de la production BD liée au Moyen Âge1, les parutions ressortissant à ce que l’on hésite à appeler un « genre », tant il est protéiforme, n’ont cessé de se multiplier, au point que les conclusions que nous proposions alors sont menacées de devenir obsolètes.

    2Des tendances alors florissantes, telle, en particulier, la voie historique, soutenue par la fameuse collection « Vécu » des éditions Glénat, se sont assez brusquement taries2, tandis que la fantasy*, mais aussi l’humour connaissaient des développements inattendus. Nous sommes aujourd’hui confrontés à une vision résolument post-moderne du Moyen Âge bédéique : édifier et instruire sont devenus des buts largement marginalisés, même si on constate, en même temps, que la documentation des scénaristes et des dessinateurs est toujours plus riche et précise. Dans la plupart des cas, cependant, les auteurs préfèrent passer pour des amateurs bien inspirés que pour des érudits ennuyeux ; ils prennent soin de camoufler leurs connaissances exactes derrière le masque de la fantaisie et du jeu.

    3On proposera ici un parcours cavalier des dernières parutions, en ne tenant rigoureusement compte que des albums édités en domaine francophone entre janvier 2007 et avril 2008. La liste cherche à être représentative plutôt qu’exhaustive (manquent en particulier sans doute beaucoup de titres de fantasy), reflet d’un état ponctuel de la production destiné à cerner des lignes de forces dont seul l’avenir pourra dire si elles révélaient une tendance profonde ou si elles ne répondaient qu’à un tropisme passager.

    4L’ordre apparemment vagabond que nous allons adopter dans la présentation des albums correspond en fait à un cheminement logique qui apparaîtra à la lecture de nos commentaires. Précisons d’emblée que les catégories que nous distinguons ici sont uniquement destinées à donner des points de repères ; en fait, la transition d’un « genre » à l’autre se fera de manière insensible, le dernier ou le premier titre cité d’une catégorie ayant toutes les chances d’entretenir des liens importants avec la catégorie limitrophe.

    L’Histoire

    51. Vasco, t. 22, « La Dame noire »3. Cette série fait aujourd’hui figure de classique. Née il y a exactement trente ans (1978), elle était alors une bonne représentante du virage « réaliste » (ce mot étant pris ici comme antonyme d’« idéaliste » et non dans son sens normatif) pris par la BD médiévalisante au cours des années 1970. Gilles Chaillet était à cette époque le dauphin désigné de Jacques Martin, qui lui avait confié le dessin des aventures de Lefranc. L’élève a-t-il tenu ses promesses ? Le fait est qu’il n’a guère atteint le lumineux classicisme et la perfection graphique (en particulier anatomique) de son maître. Il se contente d’ailleurs de scénariser ce vingt-deuxième tome de Vasco, en laissant pour la première fois le dessin à Frédéric Toublanc que l’on pourrait presque prendre pour son clone, n’était sa désagréable propension à montrer les dents de tous les personnages qui ouvrent la bouche. Il en résulte une allure figée et agressive des postures qui n’est au demeurant peut-être pas totalement sans liens avec la violence d’un scénario qui met en scène des flagellants hystériques, dont l’un s’écroule même de manière spectaculaire terrassé par la peste noire. Concession à une certaine mode gore au sein d’une série devenue un tantinet poussive ? La chose n’est pas impossible.

    62. Le Trône d’Argile, t. 2, « Le Pont de Montereau »4. La bonne surprise de la BD historique de ces dernières années. Cette reconstitution extraordinairement minutieuse et vivante des années les plus troubles de la Guerre de Cent Ans a la grande originalité de ne mettre en scène que des personnages historiques, en évitant complètement le didactisme. Un Charles VII jeune et indécis, un Tanneguy du Châtel héroïque, une Isabeau de Bavière putassière, un Charles VI fou et fragile, un Henry V dont le dessinateur se souvient habilement d’un portrait réel pour lui donner une couleur diabolique : Jamais la BD d’aventure ne s’était rapprochée avec autant de bonheur de la biographie historique.

    73. Mémoire de cendre, t. 10, « Le Bûcher »5. Excellente conclusion (mais arrivant peut-être un peu tard) d’une série qui n’annonçait rien, à ses débuts, de très exceptionnel. Les personnages de Jarbinet ont sans cesse gagné en épaisseur au fil des épisodes et ce finale qui aurait pu donner dans le grand spectacle et tourner à vide (il n’y est en effet narré rien de moins que la prise de Montségur !) évite totalement la gratuité et la grandiloquence grâce à la focalisation sur quelques personnages qui parviennent à échapper au fameux bûcher où furent anéanties les dernières résistances cathares. Un Moyen Âge loin des clichés dans une réalisation au graphisme de qualité (quoique fort conventionnel), et qui a su maintenir haut l’idéal d’exactitude et d’humilité de la BD issue de l’exemple de la « nouvelle histoire ».

    84. Je suis Cathare, t. 1, « Le Parfait introuvable »6. Une histoire de Cathares s’achève, une autre débute, dans une atmosphère sombre et assez mouvementée. Noter le finale à grand spectacle sur l’incendie du monastère, qui n’est pas sans rappeler Le Nom de la Rose, mais la reconstitution historique prime encore, ici sur le jeu.

    95. Sept Missionnaires7. Sur un principe distributif de plus en plus répandu, la série des « Sept » est destinée à réunir sept albums ancrés dans des époques diverses, narrant chacun les aventures de sept héros d’un type particulier (sur le modèle des Sept Samouraïs et des Sept mercenaires) et confiés chacun à une équipe différente. Scénarisé par l’ineffable auteur de De Cape et de Croc, Sept Missionnaires est l’un des plus drôles et des plus réussis de la série. Sous couvert d’aimable fantaisie (chacun des moines incarne – évidemment – l’un des péchés capitaux), la peinture du monachisme au Xe siècle est faite avec un très grand soin de la documentation ; l’évocation des Vikings, que nos héros ont pour délicate mission (en pénitence de leurs propres péchés) d’évangéliser, est étonnamment crédible. Une fusion inattendue et convaincante de l’historique et de l’humoristique.

    106. Le Rêve de Jérusalem, t. 1, « La Milice sacrée » ; t. 2, « l’Épreuve divine »8. Menue monnaie, sans doute, du film Kingdom of Heaven de Ridley Scott (2005), les histoires de croisade ont la cote. Cette série prévue en quatre tomes ne recule pas devant le sanglant et les scènes trash. Le graphisme est, de ce point de vue, assez racoleur ; d’une facture moyennement soignée, il prolonge le style plutôt paresseux des derniers titres de la collection « Vécu ».

    117. Croisade, t. 1, « Simoun Dja »9. L’influence de Kingdom of Heaven semble plus visible encore que dans la précédente série, les premières scènes nous montrant une héroïne qui n’est pas sans évoquer la reine Sibille du film. On notera l’incursion du fantastique et presque de l’heroic fantasy avec l’évocation de cette croisade « oubliée par l’histoire » ( !) où l’on voit les Musulmans obéir à un chef spirituel aux allures de mort-vivant, assis sur une pyramide de crânes dans les sous-sols d’un palais inquiétant.

    128. L’Ordre impair, t. 4, « Paris 1791 »10. On aurait pu croire un peu passée la mode des récits à tiroirs jouant sur l’idée d’un complot mondial fomenté depuis les temps les plus reculés. C’était compter sans cette série qui joue sans arrêt sur les interférences du passé et du présent : les scènes médiévales sont courtes, mais centrales, car c’est le Moyen Âge qui donne la solution de cette vaste machination dont les ramifications aboutissent, en passant par la Renaissance et la Révolution française, dans le monde actuel. On peut apprécier, à défaut d’une trame narrative vraiment originale, le dessin de Teng à qui l’on devait, au début de la décennie, avec Shane11, une série médiévale de très bonne facture ancrée dans la première moitié du XIIe siècle anglais et narrant les querelles de succession liée à la volonté d’Henry Ier de léguer son royaume à sa fille Mathilde (laquelle n’est autre que la mère d’Henry II Plantagenêt !).

    L’Heroïc fantasy

    139. Sept voleurs12. Pas tout à fait aussi drôle que les Sept Missionnaires, mais fort divertissante tout de même et, surtout, nettement plus tolkienienne, cette histoire de vol du trésor des nains, auquel participent les créatures les plus interlopes, décrit une courbe habile qui nous mène d’une ville médiévale assez standard, aux rues peu sûres la nuit, à des mondes de plus en plus étranges. Un bon exemple de l’utilisation par la fantasy d’un ancrage médiéval servant d’embrayeur au récit.

    1410. Les Arcanes de la Lune noire, t. 2, « Pile-ou-Face »13. On reste dans l’atmosphère du vol. L’album raconte la jeunesse de l’un des héros majeurs du cycle des Chroniques de la lune noire, sur un scénario très bien enlevé, à l’humour très noir. On notera surtout la résurgence d’un vieux mythe para-médiéval : celui de la cour des miracles, réalité du XVIIe siècle transplantée au XVe, comme on le sait, par Victor Hugo. L’essentiel de l’action se passe en effet dans une ville médiévale mise en coupe réglée par une association souterraine, et prodigieusement efficace, de malfaiteurs (on peut aussi songer aux Nouvelles exemplaires de Cervantès). Jamais explicite, la référence à Villon, mais aussi à l’imaginaire hugolien et balzacien du Paris romantique s’impose. Mais l’hernie fantasy n’est pas oubliée pour autant, puisque c’est dans cet album que l’on apprend comment Pile-ou-Face a acquis ses deux terribles épées.

    1511. Le Chant d’Excalibur, t. 5, « Ys la Magnifique. Les Pierres maudites »14. Le motif de l’épée est ici revisité de manière plus loufoque, mais, paradoxalement, de manière aussi plus réaliste que dans l’album précédent. Cette sympathique série possède en effet un ancrage historique plus précis qu’on ne pourrait le croire à première lecture. En plaçant au XIe siècle un improbable retour de Merlin, désireux d’aider une jeune (et tout aussi improbable) descendante de Galaad à redonner du prestige à Excalibur, et en parsemant leur récit d’allusions discrètes à l’histoire des décennies qui ont suivi l’an Mil, les auteurs ont judicieusement choisi d’illustrer un moment clé du triomphe du christianisme dans la société occidentale. Mais, à vrai dire, cette observation vaut davantage pour les tomes précédents que pour celui-ci, qui revisite avec toute la fantaisie et l’irrespect souhaités la légende de la ville d’Ys. Le village de pêcheurs bretons qui borde la légendaire cité rappelle d’ailleurs davantage le XIXe siècle que le Moyen Âge...

    1612. Le Seigneur d’Arkham15. L’une des nombreuses productions d’un petit éditeur spécialisé dans l’heroic fantasy de deuxième zone. L’album tient presque du manga, avec une héroïne à la fois juvénile et pulpeuse, des personnages extraordinairement musclés et une atmosphère finalement assez noire en dépit des drôles de petits insectes humanoïdes dont l’héroïne, en mourant, rejoint le peuple. L’ancrage de l’album est fortement médiéval, avec des exagérations (château à l’architecture délirante, mégalithes aux soubassements labyrinthiques) typiquement néo-tolkieniennes.

    1713 et 14. Merlin, t. 9, « Le Secret du Codex »16. Cette série particulièrement creuse et prétentieuse situe, dans un décor qui tient plus de l’Antiquité intergalactique que du Moyen Âge, des enfances Merlin extraordinairement dilatées. Merlin. La Quête de l’épée, t. 2, « La Forteresse de Kunjir »17. Ce produit dérivé de la série précédente pose le problème supplémentaire qu’il faudrait connaître la fin de la première série pour y comprendre quelque chose. On y voit de surcroît à quel point la fantasy est devenu un poncif ; certains scénaristes semblent ainsi de plus en plus confondre histoire suivie et canevas de jeu de rôle*.

    1815. La Quête du Graal, t. 2 : « Le Tombeau de Balor »18. Toujours les éditions Soleil. Cet album a, sur le Merlin, l’avantage d’un dessin plus dynamique et impressionnant, mais on reste dans les mêmes eaux héroïco-fantastiques.

    Avatars wagnériens

    19Wagner a la cote : faut-il y voir l’action conjuguée du tassement du débat sur l’héritage wagnérien, de la reconnaissance de tout ce que Tolkien doit au maître de Bayreuth et d’une certaine lassitude de la mythologie arthurienne ? Le fait est que les deux albums recensés ici font clairement de l’adaptation wagnérienne une sous-catégorie de l’heroic fantasy.

    2016. Le Crépuscule des dieux, t. 1, « La Malédiction des Nibelungen »19. Ce premier tome, après un rapide résumé de L’Or du Rhin, enchaîne sur le début de La Walkyrie en l’hybridant assez habilement avec l’un de ses principaux hypotextes, à savoir la médiévale Chanson des Nibelungen, en y faisant intervenir Attila. Wotan, en voyageur, n’est pas sans évoquer un peu Merlin. Les décors, tout en reprenant l’iconographie traditionnelle de la forteresse de bois du roi des Huns, doivent beaucoup au Seigneur des anneaux (le film).

    2117. Siegfried20. Le dessinateur du Troisième Testament se lance seul dans une mise en images ambitieuse de la seconde journée du Ring. Son Mime n’est plus tout à fait un nain, mais une sorte de frêle animal cornu, son Wotan est encore plus merlinesque que le précédent. Superbes décors de forêts, couleurs suggestives, mises en pages inventives et dynamiques. Un bel album malheureusement déparé par une inconséquence assez étonnante : son Siegfried est noiraud ! (Où le politiquement correct va-t-il se nicher !!!)

    Avatars renardiens

    22Contrairement au cinéma, où les aventures de Robin des Bois font florès, mais où les adaptations du Roman de Renart sont rares et souvent médiocres21, la BD (du moins francophone) traite peu de Robin des Bois, mais multiplie les rencontres originales avec la matière renardienne.

    2318. De Cape et. de Croc, t. 8, « Le Maître d’armes »22. Les aventures d’Armand Raynal de Maupertuis et de Don Lope de Villalobos y Sangrin n’ont de médiéval que le principe du roman renardien (des héros animaux humanisés) et le nom transparent de Maupertuis (le terrier / château du Renart médiéval), mais on s’en serait voulu d’avoir omis ce désopilant et échevelé fleuron de la bande dessinée d’aventure, savant mélange de roman de cape et d’épée, d’aventures de pirates, de science-fiction et de fantasy, dont l’inventivité semble décidément inépuisable.

    2419. Le Roman de Renart, t. 1, « Les Jambons d’Ysengrin » ; t. 2, « Le Puits »23. En l’occurrence, nous avouerons qu’il ne nous avait jamais été donné de lire en BD une version à la fois aussi fidèle et réussie du roman médiéval. On sent ici une très nette influence du graphisme simplifié mis à la mode par « L’Association », et ce sans aucune infantilisation. Le texte médiéval est souvent simplement traduit : ainsi de la parodie de dialogue métaphysique dans la scène de « Renart dans le puits », qui fait merveille dans le jeu entrelacé des répliques que permet le graphisme bédéique (t. 2, p. 14-15). Sans aucun effet de manche, on retrouve ici une forme de pureté de l’appréhension médiévale de Renart : être sans scrupules dans un monde sans pitié, mais délivré de tout pathos romantique comme de toute complaisance disneyenne.

    2520. La Malvoisine24. Avec cet album de Dimitri, on se croit revenu trente ans en arrière, aux beaux jours d’une BD subversive et racoleuse qui ne faisait pas dans la dentelle et mêlait dans un cocktail explosif sexualité, politique et dénonciation de la société de consommation. Aujourd’hui, le concept est éventé : cette chaude « Malvoisine » qui fait la guerre à un vieux seigneur parce qu’il a refusé de répondre à ses provocations sexuelles, ce Renard qui mène la résistance à l’envahisseuse avec un képi et des manières de ganache de la Première Guerre mondiale, ces animaux veules, égoïstes et stupides nous semblent davantage répondre aux fantasmes convenus d’un dessinateur déclinant qu’aux attentes du public d’aujourd’hui.

    Humour et poésie

    2621. Donjon Zenith, t. 6, « Retour en fanfare »25. On ne compte plus les albums de Donjon : tirant tous azimuts, Sfar et Trondheim parviennent cependant, malgré l’éclatement de la série en sous-séries proliférantes26, à lui maintenir une sorte d’« unité d’invention » qui en garantit le dynamisme et la pérennité. Depuis début 2007, c’est néanmoins le seul album des trois séries « historiques » (Donjon Potron-Minet, Donjon Zénith, Donjon Crépuscule) à être sorti, mais il appartient à la série mère. Peu de traits spécifiquement médiévaux, à vrai dire, dans ce récit d’un retour d’Herbert le canard dans le royaume de ses parents, dont les références sont particulièrement éclectiques (du combat de gladiateurs au conte de fées noir).

    2722. Messire Guillaume, t. 2, « Le Pays de vérité »27. Le premier volume de cette série, au graphisme à la fois simple et efficace, se situait dans une France du premier âge féodal qui ne laissait soupçonner qu’à la fin de l’épisode la dérive vers le merveilleux qui fait le fond du deuxième tome. Recueilli par des blemmyes (ces personnages sans tête dont la face est au milieu du tronc, chers aux illustrateurs de Marco Polo et à l’Umberto Eco de Baudolino), Guillaume poursuit la quête de ses parents au milieu de peuples de plus en plus insolites. Une série dont on attend la suite avec curiosité.

    2823. Du graal plein la bouche28. Un dessin dans la lignée de Joann Sfar, un scénario inclassable, mêlant les mythologies les plus diverses, un diable presque sympathique, des chevaliers, un roi-ours, des êtres faisant corps avec la terre, une sorte de vouivre, un personnage cornu appelé Vauvert, trois fées se disputant un œil et une dent uniques, et deux fils du diable : Merlin et... Chrétien de Troyes ! Ce dernier ayant précisément « du graal plein la bouche » et se faisant l’interprète des légendes pour les générations futures. Un grand délire poétique et animiste qui part dans tous les sens.

    2924. Capucin, t. 2, « Pour quelques coups de baguette »29. Série étrange, témoignant d’une vision du monde très noire, non sans liens avec celle de certains fumetti italiens, Capucin navigue entre un univers arthurien en décomposition (le père de Capucin, dans le premier épisode, s’appelait Gauvain, mais, vite éliminé, ne semblait entretenir que peu de lien avec le chevalier de la Table Ronde), une atmosphère de conte maléfique plutôt angoissante et un humour noir, volontiers scatologique, qui ne cherche guère à mettre à distance ces éléments délétères. Publié dans la nouvelle collection BD de Gallimard, un album qui cherche à subvertir la BD pour enfants, mais dont le message reste ambigu.

    3025. Ingmar, t. 2 : « Crâne noir »30. On aurait à la limite pu mettre cet album du côté de l’histoire, mais Ingmar n’est pas un Viking très typique : gringalet peu courageux et fort paresseux, mais assez malin, il est chargé, dans ce deuxième épisode de ses aventures, de convoyer une jeune fille jusqu’à un monastère irlandais. Les choses évidemment ne se passent pas comme prévu : la jeune fille, quoique vierge, est plus délurée qu’il n’y paraît, les Vikings ont ravagé le monastère et le village proche est terrorisé par un mystérieux sorcier qui se révélera originaire d’Afrique ! Dans un graphisme presque mimétique de celui de Dupuy et Berberian (les auteurs de Monsieur Jean), des aventures à la fois sympathiques et cyniques où traits de mentalités modernes (une certaine indifférence des héros face à la question religieuse) et anciens (les villageois adorent lyncher tout ce qui sort de la norme) se côtoient de manière plutôt réussie. L’épisode se termine par un suspense qui donne envie de connaître la suite : Ingmar se sentira-t-il bien parmi ses frères retrouvés ? La jeune fille échappera-t-elle aux griffes du bellâtre du village ? On espère d’heureux rebondissements.

    3126. Kaamelott, t. 2, « Les Sièges de Transport »31. Pour Alexandre Astier, la BD est clairement le substitut du film lorsque le coût des décors et des accessoires rend celui-ci irréalisable. Deuxième aventure BD des fameux héros décalés de la série culte de M632, celle-ci nécessite en effet un port méditerranéen, un équipage viking au grand complet et quelques effets spéciaux assez compliqués (telle la réapparition inopinée d’un personnage en vol plané sur un des susdits « sièges de transport »). Scénario et dialogues sont excellents puisqu’ils sont du même auteur que la série télévisée, le dessinateur fait ce qu’il peut. La série pourrait malheureusement dégénérer maintenant qu’Astier a les moyens de faire de vrais films.

    3227. Les Schtroumpfs, t. 26, « Les Schtroumpfs et le livre qui dit tout »33. On en oublierait presque que les Schtroumpfs vivent au Moyen Âge !34 Pourtant, depuis que Peyo a passé la main, non seulement la série a renoué avec une certaine exigence de qualité (qui s’était bien adultérée dans les dernières et puériles aventures dessinées par Peyo), mais ses auteurs ont tenu à réaffirmer l’ancrage médiéval de la série, par de fréquents retour sur les alentours humains du « pays maudit ». Onzième album post-Peyo, « Le livre qui dit tout » n’est médiéval qu’à travers l’objet qui donne son nom à l’aventure : ce grimoire répond, quand on l’ouvre, à toutes les questions qu’on lui pose, métaphore transparente de l’ordinateur et néanmoins objet magique qui renvoie au savoir ésotérique du grand Schtroumpf. En l’absence de ce dernier, le Schtroumpf à lunettes confisque le livre pour devenir le maître du village, s’affublant pour l’occasion d’une robe doctorale quelque peu merlinesque. Tout se termine bien, évidemment (le livre tombe dans la rivière comme certain trésor wagné – rien...), mais le vent du totalitarisme (voire de l’intégrisme) a une fois de plus soufflé sur le paisible monde patriarcal des Schtroumpfs.

    33D’un classique (Vasco) à l’autre (Les Schtroumpfs), notre trop rapide tour d’horizon nous aura permis de faire ressortir des traits qui ne présentent pas tous le même degré d’originalité et de cohérence, tout en rendant compte d’un foisonnement, voire d’une anarchie, qui est, à nos yeux, constitutive des tendances actuelles de la BD médiévalisante.

    34Il est devenu banal d’insister sur l’extraordinaire plasticité de la référence médiévale. Néanmoins, quelques tendances se marquent :

    • le recul de l’histoire

    • l’investissement du champ médiéval par la fantasy

    • l’alliance du poétique et de l’humoristique à la faveur de nouveaux modes de graphisme qui déjouent la dichotomie traditionnelle du réaliste et du caricatural. Corollairement, les séries qui semblent de prime abord les plus enfantines (Capucin, par exemple) peuvent se révéler être à ne pas mettre entre toutes les mains,

    • enfin, point qui peut sembler plus anecdotique, mais qui n’en trahit pas moins profondément une tendance d’époque, les séries apocalyptiques ou renchérissant sur la théorie du complot s’avèrent – l’an 2000 étant passé – en perte de vitesse et l’aube du nouveau millénaire semble redonner de l’intérêt à la période qui avoisine l’an 1 000, vue non plus comme une ère de catastrophes, mais au contraire comme une période de renouveau, caractérisée en particulier par le triomphe du christianisme aux confins de la société occidentale : Ingmar, Sept missionnaires et Le Chant d’Excalibur posent tous les trois à leur manière un regard critique sur cette mutation et font écho aux récits centrés sur les Croisades et l’aventure cathare, unanimes à dénoncer les dérives criminelles de l’orthodoxie chrétienne triomphante.

    35On observe ainsi dans la BD actuelle une forte tendance à considérer le Moyen Âge comme un prétexte à générer un espace ludique où évoluent enfants et adolescents en quête d’eux-mêmes, au milieu de personnages et de monstres plus ou moins inquiétants. C’est le cas, exemplairement, de Messire Guillaume, mais aussi de Capucin, du Chant d’Excalibur, de Merlin, de Siegfried, du Seigneur d’Arkham, et même du Trône d’argile, où le jeune Charles VII est confronté à son destin. Influence du jeu de rôles ou retour au topos du roman d’apprentissage ? Les deux explications ne sont sans doute pas incompatibles ! Assurément – et l’on n’en attendait pas moins de notre relativisme post-moderne – l’apologie de l’héroïsme médiéval traditionnel est sinon bien révolue, du moins fortement problématisée. Mais cela ne vaut que pour la peinture des époques historiquement documentées, car si les valeurs féodales, en tant que liées à un stade précis du développement de l’Europe moderne, sont remises en question, l’héroïsme légendaire apparaît plus présent que jamais. Contrairement au cinéma, la BD réalise gratuitement les effets spéciaux les plus fous et construit sans main d’œuvre les décors les plus babyloniens : elle aurait donc tort de s’en priver. Mais, plus profondément, le grand brassage actuel est le signe d’un épuisement des genres traditionnels : l’humour se mâtine de merveilleux, ou de fantastique, l’histoire semble ne plus passer qu’au prix d’un renchérissement du sordide, voire d’une compromission avec le surnaturel, et l’heroic fantasy tend à contaminer tous les domaines.

    36Si la BD médiévalisante avait, jusqu’aux années 70, revêtu des formes idéalisantes et bien pensantes (issues en dernière analyse du grand ancêtre Prince Variant), si elle avait ensuite évolué vers plus de « réalisme » historique (étant entendu que ce réalisme n’était pas moins tourné vers l’imaginaire que l’idéalisme de l’âge précédent35), elle semble être aujourd’hui entrée dans une troisième phase nettement caractérisée par le retour du merveilleux et volontiers marquée par la dérision. Avec Capucin, dans le style caricatural, ou avec Croisade, dans un paradigme plus réaliste, on fait même un pas certain vers le gore, mais la tendance est loin d’être générale. L’esprit d’enfance reste bien vivace et le terrifiant fait toujours bon ménage avec l’humour, comme en témoignent en particulier Les Arcanes de la Lune noire.

    37En introduisant, en 1958 (il y a juste un demi-siècle !) de petits lutins bleus dans les aventures somme toute fort traditionnelles de Johan et Pirlouit, Peyo semble, de fait, avoir anticipé la véritable libération du merveilleux et de la fantaisie qui donne ses couleurs caractéristiques à la BD médiévalisante de notre début de XXIe siècle. La pérennité des Schtroumpfs, que nous n’avons certes pas par hasard choisis pour boucler notre parcours, se révèle ainsi comme un signe de la profonde continuité de l’univers bédéique francophone.

    Bibliographie

    Sources primaires

    Alice, Alex, Siegfried, Paris, Dargaud, 2007.

    Anfre, Philippe, et Anfre, Jérôme, Du graalplein la bouche, Antony, La Boîte à bulles, coll. Clef des champs, 2008.

    Arleston, Christophe, Melanÿn, et Hübsch, Éric, Le Chant d’Excalibur, t. 5, « Ys la Magnifique. Les Pierres maudites », Toulon, Soleil, 2007.

    Astier, Alexandre, et Dupre, Steven, Kaamelott, t. 2, « Les Sièges de Transport », Tournai, Casterman, 2007.

    Ayrolles, Alain, et Critone, Luigi, Sept Missionnaires, Paris, Delcourt, 2008.

    Ayrolles, Alain, et Masbou, Jean-Luc, De Cape et de Croc, t. 8, « Le Maître d’armes », Paris, Delcourt, 2007.

    Bonhomme, Matthieu, et De Bonneval, Gwen, Messire Guillaume, t. 2, « Le Pays de vérité » Marcinelle-Charleroi, Dupuis, 2007.

    Bourhis, Hervé, et Spiessert, Rudy, Ingmar, t. 2 : « Crâne noir », Marcinelle-Charleroi, Dupuis, coll. Expresso, 2007.

    Chaillet, Gilles, et Toublanc, Frédéric, Vasco, t. 22, « La Dame noire », Bruxelles, Le Lombard, 2007.

    Chauvel, David, et Lereculey, Jérôme, Sept voleurs, Paris, Delcourt, 2007.

    Cuadra Garcia, Cristina, et Teng, Paul, L’Ordre impair, t. 4, « Paris 1791 », Bruxelles, Le Lombard, coll. Polyptique, 2007.

    Culliford, Thierry, Jost, Alain, et Garray, Pascal, Les Schtroumpfs, t. 26, « Les Schtroumpfs et le livre qui dit tout », Bruxelles, Le Lombard, 2008.

    Debois, François, et Bileau, Stéphane, La Quête du Graal, t. 2 : « Le Tombeau de Balor », Toulon, Soleil, 2008.

    Dimitri, La Malvoisine, Bruxelles, Joker, 2007.

    Dufaux, Jean, et Xavier, Philippe, Croisade, t. 1, « Simoun Dja », Bruxelles, Le Lombard, 2007. Dupré La Tour, Florence, Capucin, t. 2, Paris, Gallimard, 2007.

    Froideval François et Angleraud, Fabrice, Les Arcanes de la Lune noire, t. 2, « Pile-ou-Face », Paris, Dargaud, 2007.

    Istin, Jean-Luc, et Demare, Nicolas, Merlin. La Quête de l’épée, t. 2, « La Forteresse de Kunjir », Toulon, Soleil, coll. Celtic, 2007.

    Istin, Jean-Luc, Lambert, Eric, et Stambecco, Bruno, Merlin, t. 9, « Le Secret du Codex », Toulon, Soleil, coll. Celtic, 2008.

    Jarbinet, Philippe, Mémoire de cendre, t. 10, « Le Bûcher », Grenoble, Glénat, coll. Vécu, 2007.

    Jarry, Nicolas et Djief, Le Crépuscule des dieux, t. 1, « La Malédiction des Nibehingen », Toulon, Soleil, coll. Celtic, 2007.

    Jarry, Nicolas, Richemond, France, et Caneschi, Théo, Le Trône d’Argile, t. 2, « Le Pont de Montereau », Paris, Delcourt, 2007.

    Makyo, Pierre, et Calore, Alessandro, Je suis Cathare, t. 1, « Le Parfait introuvable », Paris, Delcourt, 2008.

    Manunta, Giuseppe, Le Seigneur d’Arkham, (trad. de l’italien), Paris, Clair de lune, 2008.

    Mathis, Jean-Marc, et Martin, Thierry, Le Roman de Renart, t. 1, « Les Jambons d’Ysengrin » ; t. 2, « Le Puits », Paris, Delcourt, 2007 et 2008.

    Sfar, Joann, Trondheim, Lewis, et Boulet, Donjon Zenith, t. 6, « Retour en fanfare », Paris, Delcourt, 2007.

    Thirault, Philippe, et Marty, Lionel, Le Rêve de Jérusalem, t. 1, « La Milice sacrée » ; t. 2, « l’Épreuve divine », Marcinelle-Charleroi, Dupuis, coll. Empreintes, 2007-2008.

    Notes de bas de page

    1 Voir Alain Corbellari et Alexander Schwarz (éds), Le Moyen Âge par la bande, Études de Lettres, 2001/1.

    2 C’est à intervalles assez rapprochés que se sont terminées des séries comme Les Tours de Bois-Maury d’Hermann (1994, continuée il est vrai sous une autre forme), Les Héros cavaliers de Cothias et Rouge (1997), L’Empereur du dernier jour de Cothias et Boubé (1998), Les Sanguinaires de Cothias et Dufossé (1999), Jhen de Martin et Pleyers (2000), les Chroniques barbares de Mitton (2000), Attila mon amour de Mitton et Bonnet (2003) et Chevalier Walder de Rahir (2003).

    3 Scénario de Gilles Chaillet, dessins de Frédéric Toublanc, Bruxelles, Le Lombard, 2007.

    4 Scénario de Nicolas Jarry et France Richemond, dessins de Théo Caneschi, Paris, Delcourt, 2007.

    5 Scénario de Philippe Jarbinet, Grenoble, Glénat, « Vécu », 2007.

    6 Scénario de Pierre Makyo, dessins d’Alessandro Calore, Paris, Delcourt, 2008.

    7 Scénario d’Alain Ayrolles, dessins de Luigi Critone, Paris, Delcourt, 2008.

    8 Scénario de Philippe Thirault, dessins de Lionel Marty, Marcinelle-Charleroi, Dupuis, « Empreintes », 2007-2008.

    9 Scénario de Jean Dufaux, dessins de Philippe Xavier, Bruxelles, Le Lombard, 2007.

    10 Scénario de Cristina Cuadra Garcia, dessins de Paul Teng, Bruxelles, Le Lombard, « Polyptique », 2007.

    11 Scénario de Jean-François Di Giorgio, dessin de Paul Teng, Bruxelles, Le Lombard, « Polyptique », 5 tomes, 1998-2002.

    12 Scénario de David Chauvel, dessins de Jérôme Lereculey, Paris, Delcourt, 2007.

    13 Scénario de F. Froideval, dessins d’Angleraud, Paris, Dargaud, 2007.

    14 Scénario de Christophe Arleston et Melanÿn, dessins d’Eric Hübsch, Toulon, Soleil, 2007.

    15 Scénario et dessins de Giuseppe Manunta (trad. de l’italien), Paris, Clair de lune, 2008.

    16 Scénario de Jean-Luc Istin, dessins d’Eric Lambert et Bruno Stambecco, Toulon, Soleil Celtic, 2008.

    17 Scénario de Jean-Luc Istin, dessins de Nicolas Demare, Toulon, Soleil Celtic, 2007.

    18 Scénario de François Debois, dessins de Stéphane Bileau, Totdon, Soleil, 2008.

    19 Scénario de Nicolas Jarry, dessins de Djief, Toulon, Soleil, « Celtic », 2007.

    20 Scénario et dessins d’Alex Alice, Paris, Dargaud, 2007.

    21 Voir François Amy de la Bretèque, L’Imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, Champion, 2004, p. 501 : « Le septième art a fait montre d’une surprenante timidité face au matériau renardien ».

    22 Scénario d’Alain Ayrolles, dessins de Jean Luc Masbou, Paris, Delcourt, 2007.

    23 Scénario de Jean-Marc Matins, dessins de Thierry Martin, Paris, Delcourt, 2007 et 2008.

    24 Scénario et dessins de Dimitri, Bruxelles, Joker, 2007.

    25 Scénario de Joann Sfar et Lewis Trondheim, dessins de Boulet, Paris, Delcourt, 2007.

    26 Un Donjon. Parade (Technique grogro, 2007, dessin de Manu Larcenet) et deux Donjon Monsters (Le grand animateur, 2007, dessin de Stanislas, et Le Grimoire de l’inventeur, 2008, dessin de Nicolas Keramidas) ont paru dans la tranche temporelle ici retenue : nous nous dispensons de les commenter ici.

    27 Scénario de Matthieu Bonhomme, desins de Gwen de Bonneval, Marcinelle-Charleroi, Dupuis, 2007.

    28 Scénario de Philippe Anfré, dessins de Jérôme Anfré, Antony, La Boîte à bulles, « Clef des champs », 2008.

    29 Scénario et dessins de Florence Dnpré La Tour, Paris, Gallimard, 2007.

    30 Scénario d’Hervé Bourhis, dessins de Rudy Spiessert, Marcinelle-Charleroi, Dupuis, « Expresso », 2007.

    31 Scénario d’Alexandre Astier, dessins de Steven Dupré, Tournai, Casterman, 2007.

    32 Voir, dans ce même volume, les articles de C. Bozonnet et H. Bouget sur cette série TV, p. 193 et 205.

    33 Scénario de Thierry Culliford et Alain Jost, dessins de Pascal Garray, Bruxelles, Le Lombard, 2008.

    34 Je me permets de renvoyer ici à mon article « Du Moyen Âge au conte philosophique : avec Johan et Pirlouit et Les Schtroumpfs », in Michel Porret (éd.), Objectif Bulles. Bande dessinée & histoire, Genève, Georg, « L’Equinoxe », 2009, p. 85-109.

    35 J’avoue ne pas bien comprendre la raison pour laquelle Danièle Alexandre-Bidon [ « Le Moyen Âge dans la bande dessinée : mythologie, politique et documentation », Le Moyen Âge à livre ouvert, Actes du colloque de Lyon (2002), Lyon, ARALD, FFCB et Bibliothèque municipale de Lyon, 2003, p. 121-44] déforme une des phrases conclusive de mon article « Le Chevalier et son double. La représentation du souverain dans la BD médiévalisante » (Études de Lettres, « Le Moyen Âge par la bande. BD et Moyen Âge », p. 65-84) et fait de moi un nostalgique naïf de la bande dessinée idéalisante.

    Auteur

    • Alain Corbellari

      Université de Lausanne

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    Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010)

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    1 Voir Alain Corbellari et Alexander Schwarz (éds), Le Moyen Âge par la bande, Études de Lettres, 2001/1.

    2 C’est à intervalles assez rapprochés que se sont terminées des séries comme Les Tours de Bois-Maury d’Hermann (1994, continuée il est vrai sous une autre forme), Les Héros cavaliers de Cothias et Rouge (1997), L’Empereur du dernier jour de Cothias et Boubé (1998), Les Sanguinaires de Cothias et Dufossé (1999), Jhen de Martin et Pleyers (2000), les Chroniques barbares de Mitton (2000), Attila mon amour de Mitton et Bonnet (2003) et Chevalier Walder de Rahir (2003).

    3 Scénario de Gilles Chaillet, dessins de Frédéric Toublanc, Bruxelles, Le Lombard, 2007.

    4 Scénario de Nicolas Jarry et France Richemond, dessins de Théo Caneschi, Paris, Delcourt, 2007.

    5 Scénario de Philippe Jarbinet, Grenoble, Glénat, « Vécu », 2007.

    6 Scénario de Pierre Makyo, dessins d’Alessandro Calore, Paris, Delcourt, 2008.

    7 Scénario d’Alain Ayrolles, dessins de Luigi Critone, Paris, Delcourt, 2008.

    8 Scénario de Philippe Thirault, dessins de Lionel Marty, Marcinelle-Charleroi, Dupuis, « Empreintes », 2007-2008.

    9 Scénario de Jean Dufaux, dessins de Philippe Xavier, Bruxelles, Le Lombard, 2007.

    10 Scénario de Cristina Cuadra Garcia, dessins de Paul Teng, Bruxelles, Le Lombard, « Polyptique », 2007.

    11 Scénario de Jean-François Di Giorgio, dessin de Paul Teng, Bruxelles, Le Lombard, « Polyptique », 5 tomes, 1998-2002.

    12 Scénario de David Chauvel, dessins de Jérôme Lereculey, Paris, Delcourt, 2007.

    13 Scénario de F. Froideval, dessins d’Angleraud, Paris, Dargaud, 2007.

    14 Scénario de Christophe Arleston et Melanÿn, dessins d’Eric Hübsch, Toulon, Soleil, 2007.

    15 Scénario et dessins de Giuseppe Manunta (trad. de l’italien), Paris, Clair de lune, 2008.

    16 Scénario de Jean-Luc Istin, dessins d’Eric Lambert et Bruno Stambecco, Toulon, Soleil Celtic, 2008.

    17 Scénario de Jean-Luc Istin, dessins de Nicolas Demare, Toulon, Soleil Celtic, 2007.

    18 Scénario de François Debois, dessins de Stéphane Bileau, Totdon, Soleil, 2008.

    19 Scénario de Nicolas Jarry, dessins de Djief, Toulon, Soleil, « Celtic », 2007.

    20 Scénario et dessins d’Alex Alice, Paris, Dargaud, 2007.

    21 Voir François Amy de la Bretèque, L’Imaginaire médiéval dans le cinéma occidental, Paris, Champion, 2004, p. 501 : « Le septième art a fait montre d’une surprenante timidité face au matériau renardien ».

    22 Scénario d’Alain Ayrolles, dessins de Jean Luc Masbou, Paris, Delcourt, 2007.

    23 Scénario de Jean-Marc Matins, dessins de Thierry Martin, Paris, Delcourt, 2007 et 2008.

    24 Scénario et dessins de Dimitri, Bruxelles, Joker, 2007.

    25 Scénario de Joann Sfar et Lewis Trondheim, dessins de Boulet, Paris, Delcourt, 2007.

    26 Un Donjon. Parade (Technique grogro, 2007, dessin de Manu Larcenet) et deux Donjon Monsters (Le grand animateur, 2007, dessin de Stanislas, et Le Grimoire de l’inventeur, 2008, dessin de Nicolas Keramidas) ont paru dans la tranche temporelle ici retenue : nous nous dispensons de les commenter ici.

    27 Scénario de Matthieu Bonhomme, desins de Gwen de Bonneval, Marcinelle-Charleroi, Dupuis, 2007.

    28 Scénario de Philippe Anfré, dessins de Jérôme Anfré, Antony, La Boîte à bulles, « Clef des champs », 2008.

    29 Scénario et dessins de Florence Dnpré La Tour, Paris, Gallimard, 2007.

    30 Scénario d’Hervé Bourhis, dessins de Rudy Spiessert, Marcinelle-Charleroi, Dupuis, « Expresso », 2007.

    31 Scénario d’Alexandre Astier, dessins de Steven Dupré, Tournai, Casterman, 2007.

    32 Voir, dans ce même volume, les articles de C. Bozonnet et H. Bouget sur cette série TV, p. 193 et 205.

    33 Scénario de Thierry Culliford et Alain Jost, dessins de Pascal Garray, Bruxelles, Le Lombard, 2008.

    34 Je me permets de renvoyer ici à mon article « Du Moyen Âge au conte philosophique : avec Johan et Pirlouit et Les Schtroumpfs », in Michel Porret (éd.), Objectif Bulles. Bande dessinée & histoire, Genève, Georg, « L’Equinoxe », 2009, p. 85-109.

    35 J’avoue ne pas bien comprendre la raison pour laquelle Danièle Alexandre-Bidon [ « Le Moyen Âge dans la bande dessinée : mythologie, politique et documentation », Le Moyen Âge à livre ouvert, Actes du colloque de Lyon (2002), Lyon, ARALD, FFCB et Bibliothèque municipale de Lyon, 2003, p. 121-44] déforme une des phrases conclusive de mon article « Le Chevalier et son double. La représentation du souverain dans la BD médiévalisante » (Études de Lettres, « Le Moyen Âge par la bande. BD et Moyen Âge », p. 65-84) et fait de moi un nostalgique naïf de la bande dessinée idéalisante.

    Le Moyen Âge en jeu

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    Corbellari, A. (2010). Le Moyen Âge, un jeu d’enfants ? Nouvelles tendances de la BD médiévalisante. In S. Abiker, A. Besson, & F. Plet-Nicolas (éds.), Le Moyen Âge en jeu. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux. https://doi.org/10.4000/books.pub.33258
    Corbellari, Alain. « Le Moyen Âge, un jeu d’enfants ? Nouvelles tendances de la BD médiévalisante ». In Le Moyen Âge en jeu, édité par Séverine Abiker, Anne Besson, et Florence Plet-Nicolas. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2010. doi:10.4000/books.pub.33258.
    Corbellari, Alain. « Le Moyen Âge, un jeu d’enfants ? Nouvelles tendances de la BD médiévalisante ». Le Moyen Âge en jeu, édité par Séverine Abiker et al., Presses Universitaires de Bordeaux, 2010, https://doi.org/10.4000/books.pub.33258.

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    Abiker, S., Besson, A., & Plet-Nicolas, F. (éds.). (2010). Le Moyen Âge en jeu. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux. https://doi.org/10.4000/books.pub.32953
    Abiker, Séverine, Anne Besson, et Florence Plet-Nicolas, éd. Le Moyen Âge en jeu. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2010. doi:10.4000/books.pub.32953.
    Abiker, Séverine, et al., éditeurs. Le Moyen Âge en jeu. Presses Universitaires de Bordeaux, 2010, https://doi.org/10.4000/books.pub.32953.
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