(SIC [IS [STIC]]) OR (STIC [IS [SIC]])
p. 177-186
Texte intégral
Le but de cet article est de présenter quelques éléments de compréhension qui font le lien entre les Sciences et Technologies de l’Information et la Communication (STIC), les Sciences de l’Information et la Communication (SIC) et l’Information Stratégique (IS) utile à la prise de décision.
1Bien sûr, l’analyse proposée est essentiellement orientée par les Sciences Humaines et Sociales (SHS) et particulièrement par le point de vue des SIC. Nous présentons comment les SIC bornent un territoire, puis comment elles articulent le regard porté sur les technologies (SIC [STIC]) et enfin comment une finalité de terrain telle que la décision s’opérationnalise pour un chercheur en SIC (SIC [IS (STIC)]) et comment la même finalité pourrait être envisagée par un chercheur en STIC (STIC[IS (SIC)]).
1. Le territoire : une position SIC
2En première lecture, le « T » de technologie devrait apporter un regard particulier aux Sciences de l’Information et de la Communication. Il devrait permettre de déplacer, d’étirer ou de rétrécir, d’ouvrir ou de fermer des champs conceptuels et des objets d’étude. En réalité, il n’en est rien, sa fonction est de borner un territoire.
Bornage épistémologique
3Le premier bornage est épistémologique, ou plus simplement historique. Le « T » modifie la nature et les fondements de ce qui est étudié. Il réaffirme le paradigme cartésien qui disjoint le sujet et l’objet, avec pour chacun sa sphère propre et un ensemble de règles et de lois qui déterminent les concepts souverains et prescrivent la relation logique : la disjonction.
4Cette disjonction n’est pas propre au SIC, mais traverse de part en part l’univers : le sujet vs l’objet ; l’âme vs le corps ; l’esprit vs la matière ; la qualité vs la quantité ; la finalité vs la causalité, le sentiment vs la raison ; la liberté vs le déterminisme ; l’existence vs l’essence... Ce paradigme détermine une double vision du monde : d’une part, un monde d’objets soumis à observations, expérimentations, manipulations : le monde de la production des objets, les STIC ; d’autre part, un monde de sujets se posant des problèmes d’existence, de communication, conscience, de destin : le monde de l’utilisation des objets, les SHS au sens large et les SIC en particulier.
a) La pensée positiviste ou comment décrire les STIC
5C’est dans cette logique que la pensée positiviste fonde l’observation des faits et l’expérience comme le fondement des Sciences. Les SIC n’échappent pas à ce discours dès qu’il s’agit d’introduire la technologie comme médiateur de la communication humaine.
6Le modèle de Shannon (1964) est encore aujourd’hui largement utilisé comme modèle de référence de la transmission d’informations en SIC et bien sûr en STIC. C’est même un fondement des enseignements des filières dans lequel la communication est un outil au service d’une stratégie (cf. pour exemple, Dhénin, 2004). Pour les ingénieurs, la communication est découpée en un processus matériel entre l’émetteur et le récepteur (c’est le modèle Emetteur-Canal-Récepteur, cf. pour exemple, Lohisse, 2009). D’ailleurs, le modèle E-C-R répond particulièrement bien à la mise en œuvre d’un ensemble de moyens et de techniques permettant la diffusion d’un message auprès d’une audience plus ou moins vaste et hétérogène. La communication devient alors, l’action de quelqu’un et le problème d’un autre : la préoccupation essentielle pour l’un et l’autre se limite à régler les problèmes de transmission et de réception d’un message. Cette approche est particulièrement efficace, car elle bouscule la disjonction originelle en replaçant la question de l’homme au centre de la décision. En effet, la rationalité procédurale des décisions introduit nécessairement l’individu, qui conçoit et met en œuvre les procédures de choix. D’autre part, ce modèle est représentationnel et computationnel puisqu’il constitue une reproduction (une réduction, un prototype) symbolique d’un système réel (la communication entre les hommes), sur lequel, via une grammaire de règles, peut se construire une démarche calculatoire fondée sur des modèles physiques dans des situations spécifiques. La force de ce second point s’appuie sur la notion de fidélité de la représentation symbolique du modèle. Autrement dit, cela marche bien, puisque le modèle imite suffisamment le réel par son adaptation dans des domaines comparables, dans des activités qui semblent avoir le même but : la mise en relation de deux hommes, de deux machines ou d’un homme et d’une machine...
b) La pensée constructiviste ou comment articuler (SIC [STIC])
7Les modèles constructivistes qui avancent que communiquer, c’est coconstruire une réalité à l’aide des systèmes de signes, en acceptant un certain nombre de principes permettant l’échange et un certain nombre de règles le gérant (Ghiglione, 1986) ne facilitent pas pour autant l’articulation STIC-SIC. On ne peut donc pas définir un modèle unique décrivant l’articulation STIC et SIC, on peut simplement éclairer ces deux domaines avec des angles différents afin d’identifier leur frontière.
8Cette pensée reste une approche rationaliste qui postule que nos comportements sont rendus possibles grâce à la mise en œuvre d’opérations mentales hiérarchisées. Elle est particulièrement efficace pour instaurer une nouvelle forme de disjonction : nos comportements sont réductibles à une organisation neuronale ou sont issus d’une rationalité qui contrôle de manière descendante les systèmes d’exécution. Ainsi, les modèles actuels de la psychologie cognitive appliquée aux technologies fluctuent entre deux approches. Celles qui expliquent les processus mentaux par les approches computo-symboliques (Miller, 1956, qui dissocie les aspects fonctionnels ou logiciels de leur substrat biologique ou matériel) et celles qui expliquent les mécanismes sensori-moteurs par l’approche calculatoire (Charniak et Dermott, 1985) ou par la perception directe et dynamique (Gibson, 1979).
9Ces approches mènent à des structures cognitives (les représentations) fondées sur deux relations tout à fait différentes. L’une se fonde sur une équivalence iconique (le signe), les technologies agissent comme un signe, produisant du sens et donc produisant des actions. L’autre se fonde sur une association sémantique choisie, puis établie par convention (les règles). Les technologies sont des représentations formelles d’un système conceptuel.
10Les équivalences iconiques (ou système de signes) impliquent que la perception des technologies induit une partie des opérations perceptives qu’il faut exécuter lorsqu’on perçoit l’objet représenté. Ce sont les usages issus de l’efficacité opératoire de l’objet. Les technologies engendrent une représentation symbolique permettant de mettre en œuvre des procédures de calcul. C’est-à-dire que nous reconnaissons Google comme le signe d’un moteur de recherche si, et seulement si, en l’utilisant, nous nous rendons compte qu’il nous autorise l’exécution de certaines opérations de recherche (d’information ou autre) que nous avons déjà exécutées quand nous avons catégorisé une expérience vécue comme une procédure du genre « rechercher ».
11Les liens ou associations sémantiques sont des relations constituées de manière consensuelle qui doivent être accessibles à un individu compétent et la signification doit être synonyme de compréhension. Les relations définissent une propriété qu’ont, ou n’ont pas, entre eux les objets observés, elles définissent d’ailleurs, les propriétés nécessaires et suffisantes pour s’auto-caractériser entre des termes génériques et des termes spécifiques (par exemple, la relation d’héritage des propriétés : Google est un moteur de recherche ; la relation hiérarchique : un moteur de recherche appartient à la classe des espaces numérique d’information). Le réseau relationnel ainsi obtenu cherche à déterminer systématiquement les conditions de vérité, indépendamment de la manière dont elles sont déterminées. Dans les schémas sémantiques, les flèches utilisées pour indiquer les relations ou propriétés formelles qui relient les concepts ne représentent seulement qu’un état de départ et un état d’arrivée. On ne peut d’ailleurs pas leur attribuer de sens iconique d’opérations reconnues qu’il faudrait mettre en œuvre pour passer d’une cause à l’effet ou pour effectuer la transformation de signification en cause.
12Autrement dit, le bornage épistémologique actuel des technologies ne permet pas d’expliquer comment les représentations iconiques et sémantiques sont interprétées par l’homme pour comprendre.
Bornage social
13Le second bornage découle implicitement du premier. Il a la double fonction de conduire l’interprétation des concepts, des systèmes de signes, des règles et le questionnement en rapport à une histoire. Ce questionnement positionne ainsi les bornes d’une technologie socialement construite (Pinch et Bijker, 1984) en diminuant la portée de sa signification scientifique. D’une borne épistémologique, on passe à une borne sociale. D’ailleurs, les technologies ne sont plus signifiantes en soi, elles deviennent des attracteurs sociaux et leur intégration se réalise avec plus ou moins d’intensité et de réussite (ex. : l’iPhone vs les autres smartphones...). Cette solubilité du social dans les technologies n’est pas sans conséquence sur les recherches en TIC. Celles-ci sont essentiellement centrées sur l’analyse des fonctions et services qui mettent l’accent sur l’objet et permettent les usages au détriment d’une analyse des compréhensions des types de signes et de leur relation avec les objets qui mettent l’accent sur l’Homme qui a construit une signification à partir d’un savoir particulier dans un domaine précis.
14La prédominance de cette logique d’usage (Perriault, 1989) issue des STIC, définit comme un comportement cohérent de choix, repose aussi sur les spécificités des machines. Elle limite la signification à une interprétation de second ordre ou du moins la pense à travers les termes de cette logique. Ceci a pour effet de construire le discours quotidien et matériel des STIC qui amalgame les TIC à une forme réduite et maniable, une forme simplifiée des propriétés d’une société (le partage, la communication, les valeurs...) ; et amplifie le discours social sur un quotidien informel socialement construit des SIC sous une forme idéalisée sur laquelle les exigences sociales sont réglées. La conséquence est alors immédiate, les technologies sont positionnées comme des bornes de la société communicante.
Bornage disciplinaire
15Le troisième bornage est disciplinaire, il découle des deux précédents et discute le rapport entre le « T » et le « S ». Aujourd’hui, les termes « information » et « communication » ne sont plus strictement distingués. D’ailleurs, notre discipline s’intéresse à l’étude des processus d’information ou de communication prenant appui sur des techniques, sur des dispositifs et participant des médiations sociales et culturelles (cf. CNU71). L’information renvoie plutôt au fonctionnement d’un modèle ou système en lui-même (on parle de traitement de l’information). La communication évoque des échanges d’information entre plusieurs systèmes artificiels ou humains (on parle de réseaux, de médias). Les liens entre STIC et SIC semblent évidents avec une spécificité, les STIC traitent aujourd’hui presque exclusivement de l’information « numérique » alors que les SIC s’intéresse aux pratiques d’actions contextualisées et finalisées. Pour faire simple, on distingue traditionnellement les données (informations structurées directement exploitables par les machines) les significations (informations construites en contexte par les êtres humains). Les technologies d’information et de communication traversent ainsi toutes les activités humaines, qu’elles soient professionnelles ou ludiques, familiales ou personnelles. Elles sont donc envisagées comme un système d’interprétation des signes en tant qu’éléments symboliques d’une culture. Dès lors, la technologie pose une relation perfectible, mais privilégiée entre les approches, les champs et les objets. Elle espère échapper ainsi aux déterminations quotidiennes et évolutives des objets d’un terrain.
16Dès lors, pour finaliser le bornage et assurer les liens en STIC et SIC ne devrions-nous pas réorganiser les lettres en Technologies des Sciences de l’Information et de la Communication.
2. La finalité : un regard particulier de l’IS
17Le bornage étant clarifié, comment peut-il donner un sens aux technologies et particulièrement dans la prise de décision issue de l’information ? L’articulation entre STIC et SIC est singulièrement complémentaire dans la construction d’un modèle décisionnel.
Bornages contextuels
18Avec (STIC[IS (SIC)]), la prise de décision est abordée par la théorie de la décision et la théorie des jeux qui permettent de formaliser et d’expliquer les comportements observés. La théorie de la décision modélise le comportement d’un individu face à des situations de choix soit par l’approche d’un avenir incertain probabilisable (objectivement ou subjectivement) qui mesure l’incertitude soit par les approches non additives comme celle de la surprise potentielle au moment de la décision. Quelle que soit l’approche, la compréhension informationnelle du monde se base sur des observables et il suffit d’observer les choix faits par les individus pour en déduire leurs préférences. La modélisation d’une information stratégique revient alors à organiser des propositions logiques au langage naturel. L’information stratégique devient exprimable, car représentable syntaxiquement et sémantiquement. L’approche syntaxique permet de segmenter l’information en définissant un stock fini de propositions (catégoriques ou conditionnelles) indépendantes qui correspondent à des domaines cognitifs et des champs professionnels partagés. Par exemple avec le connecteur syntagmatique « et », on considère un fait comme une proposition coordonnée à la précédente. Le connecteur « et » donne l’information (a) qui est suivie d’un effet contextuel d’implication donné par l’information (b). Toutefois, dans un monde non formel, le connecteur « et » peut se remplacer par « mais aussi », ce qui indique que la deuxième information est paritaire. Le connecteur doit donc faire l’objet d’un traitement non seulement sémantique, mais aussi pragmatique qui permet de procéder à la substitution du « et » en « mais aussi », « ou encore », « ainsi que », « de même que »... C’est cet aspect pragmatique qui demande un domaine cognitif partagé. En d’autres termes, celui qui donne l’information et celui qui la reçoit doivent disposer d’un environnement cognitif partiellement partagé, car le connecteur n’est pas un simple simplifié, mais un outil pour une construction des connaissances dans lesquelles, les relations sont définies par une propriété qu’ont, ou n’ont pas, entre eux les segments d’informations. C’est l’approche sémantique qui permet, alors, de géométriser la stratégie au sens où elle définit une espace homogène de mondes substituables. À l’issue de ce traitement, la prise de décision d’un individu prend deux formes alternatives : une forme ensembliste et une forme probabiliste. La décision d’un individu est ensembliste s’il considère les informations comme non signifiantes entre elles (les connecteurs sont équivalents) ce qui revient à les traiter de façon équivalente sans pouvoir juger de leurs pertinences. La décision est probabiliste si elle définit une distribution de probabilités sur les relations sémantiques, ce qui revient à affecter aux informations un degré de vraisemblance subjectif. Les situations sont alors, sémantiquement reliées par la une notion de préférence présentée par une fonction d’utilité. La variation des préférences caractérise l’existence de croyances représentables par des probabilités de l’individu sur les différents états du monde. Autrement dit, si un individu a des préférences, celles-ci doivent avoir une implication en termes de choix. La théorie des jeux de son côté étudie les choix et les conséquences des choix d’un individu rationnel en interaction avec une autre personne. Les principes de rationalité dégagés par ces théories servent de base au développement d’agents décisionnels et de systèmes d’aide à la décision dans lesquels, la décision est une objectivation entre le choix raisonné et l’incertitude. C’est une approche descriptive d’un déterminisme de cause à effet qui vise à l’élaboration, l’analyse et l’utilisation de modèles de connaissance du comportement humain au sein de différents environnements où sont accomplies des tâches d’exploration, de décision (acteurs) et d’exécution (opérateurs). De façon complémentaire, l’approche STIC cherche à concevoir et à organiser les systèmes de contrôle, de pilotage et de gestion intégrant la répartition des tâches entre l’homme, la machine et leurs interfaces. Elle est particulièrement centrée sur l’étude des systèmes qui impliquent l’homme ou des entités décisionnelles élaborées par l’homme dans la réalisation de tâches, dans un univers sociotechnique. Les modèles utilisés reposent sur l’ingénierie des connaissances, le génie cognitif, les systèmes à événements discrets et la recherche opérationnelle. En particulier, les modélisations structurales et comportementales d’organisations complexes, à dimensions humaine et technologique, sont réalisées dans l’objectif de résoudre des problèmes en relation avec la sécurité, l’autonomie et les performances de l’acteur et de l’opérateur. Généralement, les solutions apportées à ces problèmes se présentent sous forme d’outils informatiques d’aide à la décision, d’aide à la résolution de ces problèmes, ou d’aide à la validation via des applicatifs de simulation ou d’émulation.
19Avec (SIC [IS (STIC)]) les approches fonctionnalistes permettent de saisir le point de vue de l’individu, son rapport avec la décision, pour rendre compte de la vision des situations. La décision est une construction sémiotique, à partir des types de signes (les symboles) et leurs relations avec les objets. La décision est une construction subjective, une caractéristique d’un fonctionnement intentionnel et social. Ainsi, un individu qui agit avec intention utilise un modèle en compréhension du monde au sein duquel il active les objets. Il articule un monde symbolique qu’il doit manipuler consciemment ou inconsciemment pour arriver à prendre des décisions qui affecteront le monde construit. En conséquence, les données fondamentales sur lesquelles se base une décision individuelle sont des constructions symboliques. Ceci signifie que l’approche SIC est particulièrement centrée sur le sens que le décideur donne à ses décisions. Les modèles utilisés attestent que les décisions ne sont pas les manifestations d’une relation homme-situation identique à elle-même qui apparaîtrait et réapparaîtrait à échéances variées, dans un univers qui la reconnaîtrait et qu’elle reconnaîtrait. Ils sont une concordance transitoire de divers composants, inférables par une lecture en contexte d’un modèle décisionnel qui met l’accent sur le rapport entre les actions observables et les décisions prises par les individus. On insiste alors, non seulement sur les résultats de l’action, mais aussi sur ses différentes phases pour en saisir la cohérence. La difficulté d’une telle lecture réside dans la nature des processus mis en œuvre : sensations, perceptions, valeurs, connaissances... Autant de processus sans cohérence évidente qu’il s’agit de réunir alors que certains sont inutilisables par leur confusion ou imprécision et les autres par leurs chevauchements ou redondances.
3. Limites et conclusions
20Nous venons de balayer les deux domaines que sont les STIC et les SIC afin de trouver leur articulation, de mieux comprendre leur interaction, par exemple pour la compréhension d’une IS. Toutefois, notre éclairage est très subjectif. En SIC, l’interaction entre le système de pensée et la création de sens commun sera une conclusion, mais justement, cette création de sens commun aura apporté des compétences nouvelles, STIC et SIC à celui qui se sera interrogé sur l’ambivalence de ces deux dimensions.
21Lorsque nous analysons les STIC, nous le faisons en tant que SIC. Lorsque nous passons aux SIC elles-mêmes, nous nous intéressons surtout à leur apport pour les STIC, à travers une prise de recul où les STIC ne sont finalement qu’un « terrain » d’expérimentation. Enfin, lorsque nous nous positionnons sur l’aspect stratégique, c’est avec une compétence SIC que nous le faisons.
22Une tentative d’éclairage de l’articulation STIC et SIC faite coté STIC aurait certainement été différente, nous aurions parlé d’interface homme-machine et des SIC comme de simples fonctionnalités de celles-ci. Le stratégique aurait alors trouvé sa place dans le débat à travers les outils de pilotage et d’aide à la décision pouvant être déployés. Dans cette analyse, positionnée en STIC, notre comportement vis-à-vis de l’outil serait prépondérant : avoir des outils, une technologie, des usages techniques et des façons de les utiliser ou de réinventer leurs usages, pouvoir jouer à « l’apprenti sorcier » avec des jouets high-tech sans vraiment se poser de question sur une finalité plus évoluée, mais en recherchant la résolution de problème via la mise en place de nouvelles fonctionnalités.
23La conclusion serait alors la pertinence des outils, des IHM adaptées aux usages. Mais ici encore, de nouvelles compétences sont nécessairement acquises lors de l’étude des usages et des acteurs. Le simple éclairage des deux domaines, même d’un autre point de vue, nous apporte des compétences complémentaires, car il nous oblige à comprendre le domaine qui n’est pas initialement celui de l’observateur.
24Dans tous les cas, il semble bien illusoire de vouloir trouver une explication, de rationaliser la liaison entre des domaines de recherche différents, uniquement grâce au point de vue de l’un des domaines.
25Nous pensons que c’est la recherche d’éclairage en elle-même qui nous apporte une compréhension de l’ensemble grâce aux compétences qu’elle apporte à l’observateur. Les auteurs de cet article en donnent une démonstration (cf. Pin, 2012) : un Professeur des universités en SIC et un Ingénieur de recherche en informatique présentent ici cette vision de l’articulation entre SIC et STIC.
Bibliographie
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Format
Bibliographie
Charniak E. et Mc Dermott D., 1985, Introduction to Artificial Intelligence, Reading, Indianapolis (États-Unis), Addison-Wesley Publishing Company, 720 p.
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10.1037/h0043158 :Miller G.A., 1956, “The magical number seven, plus or minus two : some limits on our capacity for processing information”, Psychological Review, n° 63, p. 81-97.
Perriault J., 1989, La logique de l’usage. Essai sur les machines ā communiquer, Paris, Flammarion, 253 p.
Pin D., 2012, Approche communicationnelle de l’organisation humaine des systèmes d’information, Marseilles, Aix-Marseille Université.
10.1177/030631284014003004 :Pinch T.J. et Bijker W.E., 1984, “The social construction of facts and artefacts : Or how the sociology of science and the sociology of technology might benefit each other”, Social Studies of Science, vol. 14, n° 3, p. 399-441.
10.1002/j.1538-7305.1948.tb01338.x :Shannon C. et Weaver W., 1964, The Mathematical Theory of Communication, Champaign (États-Unis), University of Illinois Press, 125 p.
Auteurs
-
Didier Pin
DOSI et LSIS
Aix-Marseille Université -
Serge Agostinelli
DOSI et LSIS
Aix-Marseille Université
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