L’âme individuelle et l’âme collective dans la trilogie des romans russes d’Isabelle Hausser
p. 23-30
Texte intégral
Introduction
1Le roman d’Isabelle Hausser intitulé Les Magiciens de l’Âme (1996), porte en exergue une citation de Freud, extraite d’une lettre à Stephan Zweig du 19 octobre 1920 :
Cette ambivalence des sentiments est aussi un héritage de la vie psychique des primitifs, mais bien mieux conservé et plus près de devenir conscient dans le peuple russe que partout ailleurs, ainsi que j’ai pu le montrer, il n’y a que peu d’années de cela, dans l’histoire détaillée de la maladie d’un patient qui était parfaitement russe... Même les Russes non névrotiques sont nettement ambivalents, tout comme les personnages de Dostoïevski dans presque tous ses romans.1
2Dans cet extrait, Freud franchit la frontière qui sépare le psychisme collectif d’un peuple du psychisme individuel, comme si cette démarche allait de soi.2 Pourtant, Isabelle Hausser corrobore l’opinion de Freud sur l’ambivalence des Russes, quand elle décrit la Russie comme un pays où « s’y affrontaient sans relâche les forces du mal et du bien, le vrai et le faux, les épouvantables sorcières et les princes victorieux, les froids térébrants et les cuisantes chaleurs, les joies intenses et les tristesses persistantes. »3
3Isabelle Hausser semble accepter cette notion d’âme collective, elle qui parle si souvent dans sa trilogie du cycle russe d’« âme russe ». Cette constitution d’une âme propre à un peuple n’est pas en soi nouvelle ; Hegel a conceptualisé cette entité collective sous le terme « d’esprit d’un peuple »4, et l’historien Jules Michelet fondait sa démarche historique, non pas seulement sur l’histoire de tel ou tel homme d’État ou chef de guerre, mais sur les agissements d’un peuple tout entier considéré comme une personne.5 Toutefois, cette idée s’est toujours heurtée à des apories persistantes, notamment en ce qui concerne le point de jonction de ces deux âmes qui devraient n’en faire qu’une seule, tout en se distinguant.
4Comment Isabelle Hausser comprend-t-elle ce qu’elle nomme « l’âme des peuples », « l’atmosphère d’un pays »6 ? Et surtout, comment parvient-elle à faire le lien entre l’âme d’un peuple et l’âme individuelle ?
Le tout et le tas
5Afin de répondre à ces questions, nous devons nous interroger sur la signification du terme d’« âme ».
6Ce mot revient à plusieurs reprises dans les romans russes, notamment dans l’expression « âme russe », dont nous avons fait allusion plus haut. À la fin du roman Nitchevo (1993), Isabelle Hausser met en scène Sacha, un apparatchik froid et sûr de lui, qui voit son identité personnelle remise en cause : contrairement à ce qu’il croyait, la famille dans laquelle il avait vécu n’était pas sa famille de naissance ; il fait la connaissance déstabilisante de son père biologique, Kolia, et de sa demi-sœur, Natalia. À la suite de ces événements qui ébranlent ses certitudes, cet authentique technocrate, peu porté au sentimentalisme et aux effusions, se surprend à la rêverie et aux accès de sensiblerie7 : en découvrant son histoire personnelle, il fait l’expérience de son âme, « comme si la vraie personnalité du petit Sacha, celle qu’il tenait de Kolia et de sa mère inconnue, avait été étouffée par les quelques mois passés en orphelinat ou par sa famille adoptive. »8 Cette partie plus humaine et plus sensible de Sacha est représentée par Natalia, « son double inversé »9, qu’il avait enfoui au fond de son passé et qui a resurgi brutalement.
7Mais ces événements personnels se superposent aux événements collectifs, c’est-à-dire la dislocation de l’Union soviétique.
8Là encore nous avons un système politique surpris par l’Histoire, qui revoit resurgir du passé la nation Russe que l’on croyait définitivement soviétisée10, avec ses anciennes frontières, ses anciennes traditions et son christianisme orthodoxe. La Russie avait au fond de son être, son âme véritable, qui s’est manifestée au début des années 90’.
9Pour marquer la coexistence de l’individu et du collectif, à la suite du putsch manqué du 19 août 1991, auquel Sacha a pris part, Isabelle Hausser écrit dans l’épilogue de Nitchevo :
C’est une malédiction familiale – ou nationale – de se retrouver à chaque génération devant une prison pour y prendre des nouvelles d’un captif.11
10L’âme de Sacha n’est rien d’autre que la lente accumulation des événements, des traumatismes et des joies, des frustrations et des accomplissements, qui constituent la personnalité de Sacha, avec ce qu’il connaît de lui-même, ce qu’il croit connaître de lui-même, ce qu’il montre et ce qu’il cache, surtout à ses propres yeux. Les événements qu’il a occultés (refoulés, diraient les psychanalystes) reviennent à la surface sous la forme de traits de caractère qui lui étaient inconnus jusqu’ici, en même temps que le retour des éléments ignorés de sa propre histoire.
11Avant, Sacha était un homme de pouvoir, un administrateur sans âme ; il était sans âme, dans la mesure où un homme privé de sa propre histoire, est un homme privé de son âme. Dès qu’il s’est réapproprié son passé, il s’est aussi réapproprié son âme : il découvre ainsi de l’humanité au fond de lui.
12Il en va de même pour l’Histoire d’un peuple, qui lui aussi constitue son caractère spécifique par les événements historiques, l’ensemble des épreuves qu’il a dû traverser, comme en témoigne par exemple, le goût des Russes pour l’autocratie, qu’elle soit sous forme tsariste, soviétique ou de la démocratie autoritaire.
13Seulement, qui dit histoire, dit inconscient. C’est en ce sens que doit être comprise l’étonnante psychanalyse que subit Mikhaël Gorbatchev dans Les Magiciens de l’Âme.
14Quand l’ancien chef de l’Union soviétique, qui venait de se faire arracher le pouvoir par Boris Eltsine, vient consulter le docteur Wolf Apraxine, ce dernier comprend qu’il n’a pas à faire à un patient ordinaire. D’abord, Mikhaël Gorbatchev ne parle que de ses échecs politiques et de problèmes internationaux. Peu habitué à entendre ce genre de discours dans son cabinet, le psychanalyste tentent de recentrer la thérapie sur des thèmes qu’il maîtrise mieux.
Wolf lui proposa de parler de son enfance et de sa famille. Mikhaël Sergueïevitch haussa les épaules. Il savait bien qu’on abordait ces sujets au cours des thérapies, mais il n’en voyait pas l’intérêt.12
15Si Gorbatchev ne veut pas parler de son enfance, c’est tout simplement parce que Wolf ne soigne pas un individu, mais un homme d’État, et à travers sa personne, un peuple.
16De la même façon qu’un individu consulte un psychanalyste lorsqu’il se trouve dans une période de mutation, pour reconstruire son histoire personnelle et insérer cette histoire reconstituée dans cette mutation douloureuse, afin de lui donner du sens, – de même, lorsqu’un peuple connaît une période de mutation profonde, il a besoin de reconsidérer son histoire pour aborder cette crise de croissance comme résultat de cette histoire, et ainsi lui attribuer une orientation propre.
17Mikhaël Gorbatchev se demande dans quelle mesure l’éclatement de l’URSS et la réunification allemande affecteront ces deux peuples. Wolf rectifie son illustre patient en parlant d’individus plutôt que de peuples ; il ajoute aussi qu’il ne croit pas aux tempéraments nationaux. Ce à quoi Gorbatchev répond :
Vous avez tort, Wolf Dimitrievitch. Moi, je crois à la force des peuples. Je crois que les peuples ont une âme, qui est autre chose que l’addition de celles des individus qui les composent. Je crois que l’âme des peuples est capable d’aussi grandes souffrances que celle des individus.13
18Aujourd’hui, avec la démystification et l’individualisme modernes, nous avons tendance à penser qu’un peuple n’est qu’un agrégat d’individus distincts les uns des autres ; or, un peuple n’est pas un tas, il est un tout. Il possède sa réalité propre, son histoire et ses traumatismes, – d’où la possibilité de le soumettre à une analyse, comme le fait Wolf sur le peuple russe, par le biais de son ancien représentant, avec toutefois une certaine incrédulité.
19Si un peuple a une histoire, alors il a un inconscient ; il possède lui aussi ses joies et ses blessures, ce qui explique bon nombre de ses comportements. C’est en ce sens qu’Isabelle Hausser s’autorise à comparer la culpabilité allemande et la culpabilité russe, en posant le problème suivant : pourquoi ne pardonne-t-on pas les crimes du nazisme allemand, alors que nous sommes plus indulgents avec les crimes du communisme russe ?
20Wolf donne une réponse digne d’une psychanalyse des peuples :
Peut-être en veut-on moins aux Russes parce que, finalement, ils s’en sont pris à eux-mêmes. Bien sûr le régime n’était pas tendre pour les Juifs, les Baltes, les Caucasiens, mais fondamentalement, c’est une partie du peuple russe qu’on éradiquait. Les Allemands, eux, s’attaquèrent aux autres, à ceux qui ne ressemblaient pas à l’image idéale qu’ils avaient d’eux-mêmes. Dans un cas, on est proche du suicide, dans l’autre, du meurtre. Difficile de traiter ces deux actes de la même façon.
Et puis, finalement, disculper les Russes, c’est une manière de leur dire qu’ils sont des sauvages. On ne pardonne pas aux Allemands d’être sortis de la civilisation, alors qu’on pense que les Russes n’y sont jamais entrés.14
21L’analyse de Wolf s’applique sur les deux peuples, comme sur deux âmes avec leur idiosynchrasie : on ne peut mettre l’attitude de ces nations au même niveau, car là où l’Allemagne détruit, la Russie s’autodétruit.
22Dans la seconde phase de l’analyse, Wolf abandonne le point de vue des peuples, pour aborder le point de vue des individus qui jugent les peuples : l’analyse analyse l’analyste dans une sorte de critique autoréférentielle. Ainsi, les individus ne pardonnent pas la Russie de ses crimes, mais considèrent plutôt que la Russie n’est pas une civilisation ; or, tout peuple sauvage est criminel par nature, il n’y a là rien à rajouter de plus. La grande civilisation allemande, au contraire, n’aurait jamais dû sombrer dans l’horreur : une culture qui produit un Lessing ou un Gœthe, ne peut pas produire un Gœbbels ou un Hitler. Wolf renverse ainsi les valeurs : il y a du mépris au fond du pardon russe et de l’admiration au fond de la culpabilité allemande.
23Mais ce double regard sur l’âme individuelle et collective, ne nous explique pas pour autant la nature de leur lien : comment l’histoire individuelle et l’histoire collective se nouent-elles ?
Histoire de famille
24Observons pour surmonter cette difficulté, le parcours du psychanalyste Wolf Apraxine, dans Les Magiciens de l’Âme.
25Le docteur Apraxine est un psychanalyste allemand, qui accepte de passer une période de dix mois dans la Russie post-soviétique, pour y former des psychanalystes compétents, la psychanalyse étant une discipline interdite dans l’ancienne URSS. La mission scientifique de Wolf possède toutefois un autre motif que le plaisir de transmettre son savoir ou le simple dépaysement. Wolf est lui-même originaire de la Russie, et il voudrait profiter du voyage pour retrouver sa mère qu’il n’a jamais connue.
26Dans les premiers temps, sa recherche est purement individuelle : Wolf s’intéresse à ses origines, à reconstituer sa généalogie familiale, pour pouvoir y insérer sa propre histoire. D’ailleurs, surtout lors les premiers mois de sa mission, le psychanalyste reste totalement hermétique au peuple russe, même parfois hostile. Au début du roman, alors que Wolf se trouve dans une soirée où il discute avec des compatriotes allemands, s’engage une conversation très antislave ; Wolf est déchiré par une attitude schizophrénique : d’un côté, il tient des propos tout aussi acerbes envers les Russes que ses interlocuteurs, mais d’un autre côté, il sent confusément que ces propos sont en réalité dirigés contre lui, en raison d’une appartenance profonde qu’il ne peut renier.15
27Lorsque Wolf retrouve sa véritable mère Varvara, il découvre une femme cynique, qui n’a pas hésité pour survivre dans l’histoire mouvementée de la Russie du XXe siècle, à utiliser tous les moyens – y compris et surtout son propre corps. Quant à son père, Dimitri Apraxine, Wolf apprend qu’il était un traître, engagé en faveur de l’Allemagne nazie.
28Peu à peu, en découvrant le passé de sa généalogie familiale, en éclairant l’enchevêtrement des événements historiques et humains, Wolf intègre l’histoire du peuple russe dans sa propre histoire. À la fin du roman, se crée une réconciliation entre l’âme d’un individu et l’âme d’un peuple :
Wolf se représentait la Russie comme un miroir, écrit Isabelle Hausser. Ceux qui s’y regardaient voyaient, non leur reflet extérieur – celui auquel, tant bien que mal, ils étaient habitués –, mais celui de leur âme secrète, dont ils préféraient ignorer les méandres.16
29Le même exemple se retrouve dans La Chambre sourde. Gabriel est ambassadeur de France à Moscou ; Tatiana, qui deviendra sa future épouse, le présente à Olga, l’une de ses cousines. Olga, bien que très âgée, vit dans une chambre avec sa mère, Alexandra. Depuis l’arrivée des Bolcheviks au pouvoir, les deux femmes vivent recluses dans cette chambre, avec la nostalgie de la Russie des Tsars. En sortant de cet étrange endroit, Gabriel demeurait circonspect :
Ces deux femmes étaient délicieuses, mais leur chambre le déprimait. Comment peuvent-elles vivre ainsi ? demanda-t-il à Tatiana. Comment tout ce peuple peut-il vivre ainsi ? répondit-elle en démarrant.17
30Là encore, nous retrouvons le même cheminement que dans Les Magiciens de l’Âme : en présentant sa famille à Gabriel, Tatiana présente des individus particuliers, avec une histoire particulière, mais issus des événements qui ont secoués la Russie au cours du XXe siècle, c’est-à-dire d’événements collectifs. L’histoire familiale de Tatiana se fond et se confond avec l’histoire de la Russie, c’est pour cela que Tatiana superpose l’enfermement de ces deux vieilles dames, avec l’enfermement du peuple russe dans son ensemble.
31Ces deux exemples nous montrent le rôle essentiel de la famille : c’est en reconstituant leur histoire familiale que les personnages d’Isabelle Hausser parviennent à s’inscrire dans l’histoire d’un peuple. En cherchant leur histoire, les personnages hausserions trouvent l’Histoire.
32La famille s’avère donc être le point d’articulation entre la nature et la culture, l’individu et le peuple dont il fait partie.
33L’individualisme moderne, en atomisant les sociétés en une multitude d’individus standardisés, détruit les légendes, les mythes, les grands récits autour desquels les peuples trouvaient leur cohésion et leur âme. En démystifiant le monde, l’Occident tend à séparer l’individu de son peuple, alors que celui-ci reste essentiel dans la construction de l’identité individuelle ; il ne reste plus à l’individu moderne qu’à reconstituer sa généalogie, son histoire familiale, clef de voûte entre l’âme de l’homme et l’âme des hommes.
34Ce qui semble avoir intéressé Isabelle Hausser dans la Russie, c’est la résistance qu’elle oppose à l’individualisme contemporain :
Ces récits identiques laissaient penser à Gabriel qu’en cette fin de millénaire, où l’individu triomphait partout dans le monde, demeurait en Russie quelque chose d’une structure fondamentale, extrêmement primitive. Elle avait survécu aux coups portée par le régime communiste.18
35Dans cette optique, nous pouvons tenter de comprendre la structure du cycle russe.
36Nous avons d’abord une approche généalogique de la famille dans Les Magiciens de l’Âme. La perspective adoptée est diachronique.
37Puis, La Chambre sourde aborde le principe fondateur de la famille, c’est-à-dire la couple. La perspective adoptée est synchronique.
38Enfin, nous avons la synthèse des deux approches précédentes dans Nitchevo, avec un couple fondateur, Marina et Sergueï (ce couple est représenté par les morceaux de cristal, symbole du crime originaire sur lequel Marina et Sergueï se sont rencontrés), et le développement généalogique de la famille, jusqu’au Putsch du 19 août 1991.
39Nous remarquerons que l’ordre de publication n’a rien d’anodin : est publié d’abord Nitchevo en 1993, qui propose une double approche, à la fois diachronique et synchronique ; puis, une reprise de chacun de ces points se fera, en approfondissant l’approche diachronique (histoire familiale) dans Les magiciens de l’Âme en 1996 et l’approche synchronique (le fondement de la famille, le couple) dans La Chambre sourde en 1998.
40Isabelle Hausser a bien perçu l’importance de la famille, dans un monde où l’homme tend à s’individualiser, tout en reniant la part de rêve et de mythologie qui fait la grandeur des peuples.
41Ce n’est en effet pas un hasard si de nos jours, la généalogie connaît un grand succès, et que, influencée par les travaux de Carl Jung, nous assistons au développement de la psychogénéalogie pour soigner les âmes.
42L’histoire d’un homme reste inhérente aux hommes de l’Histoire.
Notes de bas de page
1 Hausser Isabelle, Les Magiciens de l’Âme, Paris, éd. de Fallois, 1996, Le Livre de Poche, n° 14385, p. 7.
2 Freud s’est interrogé sur les liens qui unissent l’analyse collective à l’analyse individuelle au début de la Psychologie des Foules et Analyse du Moi. Dans cet essai, publié en 1921, le père de la psychanalyse tend à éliminer les frontières qui séparent les deux approches : « Dans la vie psychique de l’individu pris isolément, écrit-il, l’Autre intervient très régulièrement en tant que modèle, soutien et adversaire, et de ce fait la psychologie individuelle est aussi, d’emblée et simultanément, une psychologie sociale, en ce sens élargie mais parfaitement justifié. » (Freud Sigmund, Psychologie des Foules et Analyse du Moi (1921), traduit de l’allemand par Pierre Cotet, André Bourguignon, Janine Altounian, Odile Bourguignon et Alain Rauzy, in Essais de Psychanalyse, Paris, Payot, 1981, p. 123.)
3 hausser Isabelle, La Chambre sourde, Paris, éd. de Fallois, 1998, Le Livre de Poche n° 14801, p. 67.
4 Cf. Hegel W.G.F., Encyclopédie des Sciences philosophiques en Abrégé, traduit de l’allemand par Maurice de Gandillac, Paris, Gallimard, 1970, § 514, p. 442 : « La substance qui se sait libre, et dans laquelle le devoir-être n’est pas moins être, a une effectivité comme esprit d’un peuple. » et § 552, p. 470 : « L’esprit-d’un-peuple contient une nécessité-de-nature et il se tient dans la présence extérieure. »
5 Jules Michelet, dans sa « Préface de 1869 » de son Histoire de France écrit : « Ainsi va la vie historique, ainsi va chaque peuple se faisant, s’engendrant, broyant, amalgamant des éléments, qui y restent sans doute à l’état obscur et confus, mais sont bien peu de chose relativement à ce qui fit le long travail de la grande âme. »
6 hausser Isabelle, La Chambre sourde, op. cit., p. 249.
7 hausser Isabelle, Nitchevo, Paris, éd. de Fallois, 1993, pp. 359-360.
8 Idem., p. 360.
9 Idem.
10 Comme le rappelle Emmanuel Todd, dans les années 70’« les théories alors à la mode, et la plupart des soviétologues de métier, acceptaient l’hypothèse, proposée notamment par le dissident Alexandre Zinoviev, d’un Homo sovieticus être de type nouveau façonné par soixante ans de dictature et de terreur. La constitution mentale altérée et immuable de cet Homo sovieticus devait assurer l’éternité du totalitarisme. » (Cf. Todd Emmanuel, Après l’Empire. Essai sur la décomposition du système américain, Paris, Gallimard, 2002, p. 48.)
11 hausser Isabelle, Nitchevo, op. cit., p. 389.
12 Hausser Isabelle, Les Magiciens de l’Âme, op. cit., p. 209.
13 Idem, p. 210.
14 Idem, pp. 259-260.
15 Cf. Idem, p. 61.
16 Idem, p. 321.
17 hausser Isabelle, La Chambre sourde, op. cit., p. 219.
18 Idem, p. 101.
Auteur
-
Christophe Pérez
Université Michel de Montaigne
Bordeaux 3
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