• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16517 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16517 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses Universitaires de Bordeaux
  • ›
  • Eidôlon
  • ›
  • Violence et sacré
  • ›
  • V. Société
  • ›
  • La violence au nom de Dieu : In Nomine D...
  • Presses Universitaires de Bordeaux
  • Presses Universitaires de Bordeaux
    Presses Universitaires de Bordeaux
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral In Nomine Dei : le Dieu absent L’Évangile selon Jésus-Christ : l’histoire d’un homme racontée par des hommes Caïn : la rébellion contre la violence divine Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Violence et sacré

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    La violence au nom de Dieu : In Nomine Dei, L’Évangile selon Jésus-Christ et Caïn, de José Saramago

    Silvia Amorim

    p. 283-295

    Texte intégral In Nomine Dei : le Dieu absent L’Évangile selon Jésus-Christ : l’histoire d’un homme racontée par des hommes Caïn : la rébellion contre la violence divine Conclusion Bibliographie Corpus Références bibliographiques Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1L’auteur portugais et Prix Nobel José Saramago est connu, en tant que citoyen et homme du monde, pour ses positions tranchées, notamment dans le domaine politique, pour ses engagements idéologiques forts, lesquels transparaissent dans son œuvre, et pour les relations tendues qu’il entretient avec l’Église catholique. En effet, des romans comme L’Évangile selon Jésus-Christ ou, plus récemment, Caïn ont indigné les représentants l’Église car, en tant qu’athée, José Saramago se positionne de façon critique face à la religion et condamne la violence qu’elle engendre tout en dénonçant la légitimité apparente de cette violence. Provocateur, l’auteur lance régulièrement des phrases-chocs qui émeuvent l’opinion publique, comme lorsqu’il déclare, dans son blog, que le monde dans lequel nous vivons serait « bien plus pacifique si nous étions tous athées »1. Dans une interview pour le Jornal de Letras, José Saramago insiste sur l’asservissement de l’homme aux religions qu’il a lui-même conçues, comme s’il était devenu prisonnier d’une création qui aurait fini par le dépasser ; ainsi, il affirme que « le grand problème n’est pas que l’homme ait créé Dieu, mais qu’il en soit devenu esclave après l’avoir créé » et il ne nie pas « que l’Église a été utile à certains moments », toutefois elle n’en demeure pas moins « une terrible charge que l’humanité porte sur son dos »2.

    2Nous nous proposons de présenter successivement trois œuvres dans lesquelles José Saramago mène, à travers l’écriture, une réflexion sur la nature du divin et du sacré, ainsi que sur les fondements des religions. Nous verrons alors que pour l’auteur, un athée, ces notions relèvent de la représentation et sont donc indissociables de l’imaginaire et de l’humain. Cette perspective n’est pas sans rappeler celle de l’anthropologue Pascal Boyer qui explique l’émergence des religions par différents facteurs liés à la psychologie, aux sciences cognitives et aux sciences sociales3. Toutefois, dans le cas de José Saramago, l’approche n’est pas scientifique mais littéraire ; l’auteur aborde ces phénomènes dans leurs manifestations textuelles en se servant lui-même de textes pour ébaucher une image de Dieu qui entre en conflit avec les représentations habituelles, un Dieu violent, manipulateur et avide de pouvoir (L’Évangile selon Jésus-Christ et Caïn) ou celle d’un Dieu qui sert, par son absence, de faux prophètes qui commettent les pires crimes en son nom (In Nomine Dei).

    3La première œuvre présentée est la pièce de théâtre In Nomine Dei, publiée en 1993. En se basant sur les événements réels qui ont entaché la ville de Münster dans la première moitié du XVIe siècle, José Saramago aborde le thème, toujours d’actualité, des guerres de religion. Le dramaturge décrit la lutte féroce qui oppose Catholiques et Protestants, puis les Protestants entre eux, et le déchaînement de violence déclenché par le fanatisme religieux de prophètes qui, sous couvert de foi et de respect de la parole divine, plongent la ville dans le chaos.

    4Nous évoquons ensuite L’Évangile selon Jésus-Christ, un roman qui présente la vie d’un Jésus trop humain pour accepter le rôle que Dieu lui assigne, celui d’un martyr au nom duquel les hommes s’entretuent. Cette œuvre a causé un grand scandale lors de sa parution au Portugal, en 1991, et a d’ailleurs fait l’objet d’une censure de la part du gouvernement de l’époque puisque le sous secrétaire d’État à la culture, António Sousa Lara, a empêché sa participation au Prix Littéraires Européen sous prétexte qu’elle « ne représentait pas le Portugal ». Le livre a donc suscité de vives réactions de la part de l’opinion publique portugaise, une hostilité qui a conduit José Saramago à s’exiler en Espagne, sur les îles Canaries.

    5Enfin, le roman Cain décrit les errances de l’auteur du premier crime biblique après l’exil qui lui est imposé par Dieu. Le choix de faire de ce personnage le héros du roman n’est pas anodin ; Caïn est malaimé de Dieu parce qu’il porte en lui la haine et la jalousie, lesquelles font pourtant partie de la nature humaine (ce qui pousse d’ailleurs les personnages du roman à déclarer que Dieu, au fond, « ne les aime pas » et, par conséquent, n’aime pas l’homme). Mais surtout, Caïn est un rebelle qui refuse, dans un premier temps, d’être évincé par son frère et qui, après le fratricide, conteste le bannissement infligé par Dieu. D’ailleurs, tout au long du roman, il ne cesse de s’insurger contre les actions divines. Son voyage dans l’espace et le temps s’avère être un parcours textuel, à travers des épisodes de l’Ancien Testament choisis parmi les plus sanglants. Rien d’étonnant donc à ce que ce roman ait fait l’objet, lors de sa parution en 2009, d’une sévère condamnation de la part des membres du clergé portugais, en particulier de l’évêque Manuel Clemente (de la Conférence Épiscopale portugaise), mais également d’une partie de la classe politique, avec notamment une vive réaction de l’eurodéputé Mário David qui a suggéré à José Saramago de renoncer à sa citoyenneté portugaise.

    6À l’issue de la présentation des trois œuvres, nous souhaitons mettre en évidence la façon dont José Saramago envisage le rôle de la religion dans les rapports qu’entretiennent la violence et le sacré.

    In Nomine Dei : le Dieu absent

    7Dans cette pièce de théâtre, José Saramago met en scène une série d’épisodes sanglants qui se sont déroulés dans la ville allemande de Münster dans le cadre des luttes entre Catholiques et Protestants qui ont suivi la Réforme. Cette pièce en trois actes couvre la période qui s’étend de mai 1532 à juin 1535.

    8La pièce met en évidence une série d’oppositions et de fractures au sein de la communauté ; l’auteur joue sur la mise en scène et les didascalies pour créer une atmosphère lugubre et mettre en relief les scissions successives qui minent la ville. Le camp des Protestants est représenté par le chef de l’opposition anticléricale, Knipperdollink, et par le prêcheur protestant Rothmann, tous deux Anabaptistes. Par la force, et avec l’aide de la partie protestante de la population, les Catholiques sont expulsés hors de la ville, le Conseil Municipal renversé et un nouveau maire désigné. Cependant, très vite, une scission apparaît, parmi les Protestants, entre conservateurs (Luthériens) et radicaux (Anabaptistes). À la fin du premier acte, des prophètes arrivent dans la ville, parmi eux Matthys et Jan Van Leiden (Jean de Leyde), accompagné de son épouse Gertrud Von Utrecht (Divara). Ces prophètes annoncent que Münster a été choisie pour devenir la Nouvelle Jérusalem des Élus de Dieu.

    9Les Catholiques, regroupés à l’extérieur de la ville, encerclent Münster tandis que Van Lieden ordonne que les traitres (ceux qui refusent d’être à nouveau baptisés) soient tués sur le champ, une décision qui ne fait pas l’unanimité. Dans une atmosphère iconoclaste, et après l’instauration de la communauté de biens, Van Leiden élimine son rival, Mathys, et s’empare du pouvoir. Par deux fois des combats éclatent entre les Catholiques qui sont à l’extérieur de la ville et les habitants de Münster, et par deux fois ces deniers l’emportent, confortant ainsi la position de Van Leiden. Celui-ci se proclame roi de Münster et devient alors un tyran, il instaure en particulier la polygamie. Les Catholiques réagissent en bloquant totalement la ville et en empêchant son approvisionnement en nourriture, ce qui engendre rapidement une famine. La solution proposée par Van Leiden pour résoudre le problème du manque de vivres est d’expulser hors des murs de la ville – et donc d’envoyer vers une mort certaine – les personnes âgées, les femmes célibataires (donc stériles) et les enfants. Toute objection à ces mesures est immédiatement réprimée par la violence. Finalement, la ville exsangue perd la dernière bataille contre les Catholiques qui entrent dans Münster. Les chefs sont condamnés à être torturés puis tués et le seul à abjurer sa foi est Van Leiden, dans un acte de grande lâcheté.

    10Ainsi, dans In Nomine Dei, José Saramago présente un spectacle de désolation et rappelle l’enchaînement tragique des événements qui fait passer la population de Münster de 10 000 à moins de 3 000 habitants en l’espace de trois ans. La spirale de la violence, une fois installée, débouche sur l’extermination de la population, la surenchère dans la cruauté et le despotisme. Par le jeu implacable des divisions successives entre les camps qui s’affrontent, la ville est détruite. Il s’agit d’ailleurs d’une autodestruction puisque les responsables sont les habitants de Münster, avides de pouvoir ou incapables d’enrayer la crise qui les assaille et qui mêle des aspects économiques, sociopolitiques et religieux. En fait, les habitants de la ville sont incapables de déceler le mécanisme du bouc émissaire qui se met en place et la violence qu’il engendre4, et c’est d’ailleurs cette forme d’aveuglement que José Saramago s’emploie à mettre à nu tout au long de la pièce. Cette inconscience est ce qui empêche de mettre un terme à la spirale de violence qui s’installe car, comme l’explique René Girard, « sans cette inconscience, qui ne fait qu’un avec leur croyance sincère en la culpabilité de leur victime, les persécuteurs ne se laisseraient pas enfermer dans la représentation persécutrice. Il y a là une prison dont ils ne voient pas les murs, une servitude d’autant plus totale qu’elle se prend pour liberté, un aveuglement qui se croit perspicacité »5.

    11Tout au long de la pièce, les scissions se succèdent au sein d’un groupe qui au départ était cohérent, comme s’il fallait toujours trouver un ennemi pour assurer la pérennité de la communauté. Cette analyse rappelle celle de Pascal Boyer qui explique que la violence religieuse n’a pas pour but de lutter contre un ennemi extérieur mais de prévenir les phénomènes de défection à l’intérieur même du groupe6. Toutefois, à force de se diviser, la ville s’affaiblit et Van Leiden finit quasiment seul. José Saramago montre ainsi que ce qui ressemble à une consolidation de la communauté autour d’un leader n’est qu’un mirage car la prise de pouvoir violente appelle une violence constante pour perdurer. Ainsi, dans la perspective saramaguienne, la religion, apparemment garante de la cohésion sociale, entretient en réalité les antagonismes et s’appuie sur la division. À la base de la religion se trouve donc une violence fondatrice, ainsi que l’explique René Girard, et cette violence, qui en principe demeure cachée, est ici débusquée par José Saramago.

    12Dieu, sans cesse invoqué tout au long de la pièce, est définitivement absent. En fait, José Saramago dénonce l’absurdité d’une guerre où les pires atrocités sont commises, légitimement, au nom d’un Dieu qui n’a pas son mot à dire. En effet, la parole divine est sans cesse réinterprétée par les acteurs du conflit, à leur convenance. Les textes sacrés sont détournés au gré des besoins de uns et des autres, comme si leur sens était arbitraire.

    13Régulièrement, l’auteur nous met en garde contre les faux prophètes (comme Van Leiden), dans un contexte où le faux côtoie toujours le vrai ; tous utilisent les mêmes paroles mais certains s’en servent en les vidant de leur sens premier, pour prêcher leur propre doctrine, le problème étant que les discours, sortis de leur contexte, peuvent être interprétés de diverses façons. Ainsi, les mêmes mots sont prononcés par les Anabaptistes, les Catholiques et les Luthériens (p. 42-43), mais ils ont une portée différente selon les cas :

    Anabaptistes : Le Seigneur fera de nos mains l’instrument de Sa divine justice, et le fil de nos armes assouvira Sa colère. Viens donc évêque Waldeck, évêque des Catholiques, dépêche-toi d’arriver là où t’entend l’horrible mort.
    Catholiques : Le Seigneur fera de nos mains l’instrument de Sa divine justice, et le fil de nos armes assouvira Sa colère. Viens donc évêque Waldeck, viens et donne, à ceux qui nous oppriment, une mort horrible et méritée.
    Luthériens : Que le Seigneur veuille que par la porte de la guerre entre la Paix à Münster, car avec ces armes, nous défendrons sa volonté. Viens donc évêque Waldeck, et donne, si telle est la volonté de Dieu, à qui la mérite, l’horrible mort.

    14De plus, Van Leiden ne retient des discours sacrés que leurs aspects violents, il les fait sonner comme des menaces directement adressées aux habitants de Münster :

    […] moi aussi je vous secouerai comme les grains sur le crible, et je laisserai tomber et je piétinerai les grains gâtés et imparfaits que je trouverai parmi vous. Souvenez-vous de ce qu’a dit le prophète : tous les pécheurs de Mon royaume périront par l’épée. (In Nomine Dei, p. 87)

    15D’ailleurs, on remarque que Matthys disait lui aussi la même chose lorsqu’il cherchait à s’imposer devant la population :

    Voici ce que Dieu veut : « Que tous ceux qui à Münster refusent d’embrasser l’alliance du baptême soient tués sans tarder. Car Dieu a voulu s’allier à eux mais ils ont refusé de Le recevoir. Souvenez-vous de ce qu’a dit le prophète : tous les pécheurs de Mon royaume périront par l’épée ». (In Nomine Dei, p. 60)

    16Les femmes, souvent montrées, dans la pièce, comme des victimes de la tyrannie des hommes, finissent d’ailleurs par s’interroger sur l’authenticité d’une parole divine relayée par les hommes :

    C’est par la bouche des hommes que nous est toujours parvenue l’expression de Ta volonté. Quand viendra le jour, Seigneur, où face à face, Tu parleras de ce qui directement nous concerne. (In Nomine Dei, p. 108)

    17Peu à peu, une distinction s’instaure entre la parole divine et Dieu lui-même, alors que jusque-là tous deux se confondaient. Une méfiance vis-à-vis des prophètes apparaît, et le chœur des habitants de Münster réclame la présence de Dieu, celui-ci étant désormais absent de ses paroles :

    Seigneur, écoute ma prière, et que ma clameur parvienne jusqu’à Toi.
    Ne me cache pas Ton visage au jour de mon angoisse, incline vers moi Ton oreille, le jour où je T’invoquerai presse-Toi de me répondre […] (In Nomine Dei, p. 128)
    Jusqu’à quand, Seigneur, m’oublieras-tu si durement ?
    Jusqu’à quand me cacheras-tu Ton visage ? (In Nomine Dei, p. 137)

    18Divara, quant à elle, met en évidence d’une façon particulièrement lucide l’absence de Dieu en rappelant que celui-ci n’intervient jamais, pas même pour mettre fin à une violence aveugle et infondée :

    […] je demanderai au jugement de Dieu pourquoi il a permis ces tueries qui détruisent les hommes, depuis le commencement du monde, ces haines à cause des croyances, ces vengeances entre les peuples, cette interminable douleur du monde. (In Nomine Dei, p. 146)

    19Dieu reste donc définitivement muet et absent de Münster. Seules les voix des hommes, des faux prophètes, s’expriment en Son nom. Dans cette pièce, José Saramago s’emploie à évacuer le sacré et le réduit à sa plus simple expression : la violence commise au nom d’un Dieu absent. Au final, il ne reste que des hommes livrés à eux-mêmes, victimes et coupables de leur propre folie.

    L’Évangile selon Jésus-Christ : l’histoire d’un homme racontée par des hommes

    20Dans L’Évangile selon Jésus-Christ, José Saramago présente la vie de Jésus comme s’il s’agissait d’un homme comme les autres, dépourvu d’aspects divins, mais transformé contre son gré en l’instrument d’un Dieu en quête de pouvoir. Les épisodes de la conception et de la naissance de Jésus évacuent d’ailleurs toute part de divinité chez cet « enfant des hommes » :

    Dieu, qui est partout, était là, mais étant ce qu’il est, un pur esprit, il ne pouvait pas voir la peau de l’un toucher la peau de l’autre, la chair de l’homme pénétrer la chair de la femme, toutes deux créées à cette fin même, et probablement n’était-il déjà plus là quand la semence sacrée de Joseph se répandit dans l’intérieur sacré de Marie, sacrés tous deux car ils étaient la source et la coupe de la vie, en vérité il est des choses que Dieu lui-même ne comprend pas, bien qu’il les ait créées. (L’Évangile selon Jésus-Christ, p. 27)
    […] l’enfant de Joseph et de Marie naquit comme tous les enfants des hommes, sale du sang de sa mère, visqueux de ses mucosités et souffrant en silence. (L’Évangile selon Jésus-Christ, p. 87)

    21Paradoxalement, l’humain se trouve sacralisé car il est porteur du mystère de la vie ; le plus grand miracle qui soit, celui de la venue au monde d’un nouvel être, est une affaire d’hommes et de femmes dans laquelle Dieu n’intervient pas.

    22Dans l’évangile saramaguien, Jésus est utilisé par un Dieu sans pitié, avide de gloire et de pouvoir, et son histoire est celle d’une prise de conscience progressive de la manipulation dont il est victime. À travers un parcours qui relève de l’expérience humaine, fait de doutes, d’hésitations, d’expériences et d’apprentissages divers, de voyages et de rencontres, de moments de bonheur ou d’accablement, le personnage accède progressivement à une forme de connaissance. L’Évangile (au sens d’enseignement de Jésus-Christ) est délivré au lecteur dans les dernières pages du roman, lors de l’agonie du personnage sur la Croix, d’une façon particulièrement lucide et explicite :

    Jésus meurt, meurt, déjà la vie le quitte quand, soudain, le ciel au-dessus de sa tête s’ouvre de part en part et Dieu apparaît, vêtu comme il était dans la barque, et sa voix résonne par toute la terre, disant, Tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis toute ma complaisance. Alors Jésus comprit qu’il avait été mené vers le leurre comme on mène l’agneau au sacrifice, que sa vie avait été conçue depuis le commencement des commencements pour qu’il meure ainsi, et se ressouvenant du fleuve de sang qui devait naître de son flanc et inonder toute la terre, il cria vers le ciel ouvert où Dieu souriait, Hommes, pardonnez-lui, car il ne sait pas ce qu’il a fait. (L’Évangile selon Jésus-Christ, p. 473)

    23Les sept paroles du Christ sur la Croix (« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font », Luc 23, 33-34) sont détournées d’une façon particulièrement provocante et servent désormais le fonctionnement du roman. En effet, elles expriment la découverte, faite par Jésus à l’issue de son parcours, du caractère sournois d’un Dieu dont le seul objectif est de diviser les hommes pour mieux régner. Dans ce contexte, Jésus se trouve réduit à un simple motif de discorde parmi les hommes, il n’est qu’un nouveau prétexte pour s’entredéchirer (de même que, dans le roman, le Diable n’existe que pour renforcer la gloire de Dieu, l’un et l’autre étant d’ailleurs des figures interchangeables ou des « hétéronymes »). En fait, la révélation faite par Jésus dans le roman de José Saramago est que le pouvoir de Dieu repose essentiellement sur la violence, mettant ainsi en évidence l’étroitesse des liens entre violence et sacré. En dernière instance, la question posée est celle de la viabilité de Dieu sans la violence qu’il engendre et qui finit par être sa seule manifestation visible parmi les hommes. Cette violence est de plusieurs ordres et elle est largement évoquée tout au long du roman. Il s’agit, en premier lieu, d’une violence psychologique liée aux notions de culpabilité et de péché. Lors de sa rencontre avec Jésus sur le lac de Tibériade, Dieu révèle ainsi sa principale stratégie pour soumettre l’homme à sa volonté :

    […] le seul mot que l’homme ne puisse récuser en disant qu’il n’appartient pas à son vocabulaire c’est Repens-toi, car tous les hommes sont tombés dans le péché, ne serait-ce qu’une seule fois, ils ont eu une mauvaise pensée, ils ont enfreint une coutume, ils ont commis un crime plus ou moins grave, ils ont dédaigné celui qui avait besoin d’eux, ils ont manqué à leurs devoirs, ils ont offensé la religion et ses ministres, ils ont renié Dieu, à ces hommes il te faudra dire uniquement Repentez-vous Repentez-vous Repentez-vous. (L’Évangile selon Jésus-Christ, p. 401)

    24La culpabilité apparaît comme la clé de voûte de toute stratégie visant assujettir l’homme. Elle détermine les actes des personnages, en particulier ceux de Joseph, père de Jésus, qui, lorsqu’il apprend qu’Hérode a ordonné le meurtre de tous les enfants mâles de Bethléem âgés de moins de trois ans, ne songe qu’à sauver son fils, omettant de prévenir les autres familles de la tuerie qui se prépare. Cet instant de faiblesse poursuit le personnage tout au long de sa vie, notamment dans ses cauchemars, et ne lui sera jamais pardonné par Dieu. En effet, celui-ci n’aura aucune indulgence à son égard même si, d’après le narrateur, la tuerie faisait partie de ses desseins : il fallait que Joseph se sente coupable afin que lui-même et sa descendance obéissent aveuglément. En effet, Jésus hérite du poids de cette culpabilité dont il ne peut se délivrer (« La faute des parents retombera toujours sur la tête des enfants, déjà l’ombre de la faute de Joseph assombrit le front de ton fils » dit l’ange à Marie) et dont il prend pleinement conscience lors de son supplice. Il découvre alors qu’il a été manipulé grâce à cette culpabilité que Dieu a volontairement fait peser sur lui depuis sa naissance.

    25L’autre visage de la violence apparaît sous la forme des atrocités commises au nom de Dieu et du Christ tout au long de l’histoire de l’humanité, lesquelles sont énumérées sur plusieurs pages dans le roman (p. 406-415). Martyrs, Croisades, Inquisition, guerres de religion… : la longue liste des victimes est égrenée devant un Jésus horrifié par son propre pouvoir7.

    26En fait, Jésus s’efforce de rester, dans L’Évangile selon Jésus-Christ, un homme comme les autres, un être « en quête d’une humanité qui lui est dérobée », selon l’expression de Teresa Cristina Cerdeira8. Bien qu’il puisse accomplir des miracles ou communiquer directement avec Dieu, il est en proie aux mêmes doutes et aux mêmes faiblesses que n’importe quel être humain et son aspect divin est montré comme un facteur exogène dont le personnage se serait volontiers passé. Le texte évangélique fait l’objet d’un traitement similaire puisqu’il est constamment désacralisé ; à chaque instant, José Saramago rappelle au lecteur que le texte auquel il a affaire est une construction et qu’il a été élaboré par un homme. L’évangile apocryphe que l’auteur nous livre détourne, en le parodiant, le Nouveau Testament, lui-même ramené à une dimension purement textuelle et visé en tant que grand récit de légitimation9. Ainsi, comme l’explique Teresa Cristina Cerdeira10, c’est bien le texte, le modèle biblique, qui est attaqué, ce qui, en principe, met José Saramago à l’abri d’une accusation d’hérésie puisque « nous avons affaire à un roman, et non à un traité de théologie » ; si hérésie il y a, il s’agit de celle « qui s’approprie les syntagmes, le rythme de la phrase, la sélection du vocabulaire, du discours même du texte biblique, pour faire véritablement exploser de l’intérieur de celui-ci un autre évangile »11. Ainsi, selon la chercheuse, José Saramago renoue avec un autre sens possible du mot sacrilège, lequel peut certes signifier vol d’objets sacrés, mais également lecture du sacré… Un sacré mis à mal et soumis à une certaine forme de violence par la relecture/réécriture qu’en fait José Saramago. Ainsi, les Évangiles canoniques sont sans cesse ramenés à leur dimension purement textuelle et envisagés comme des représentations parmi d’autres de la vie de Jésus. L’incipit du roman constitue d’ailleurs un rappel de cette dimension symbolique du texte ; le premier chapitre est un commentaire d’une gravure d’Albrecht Dürer représentant la Crucifixion (José Saramago impose ainsi au lecteur une autre représentation possible de la vie de Jésus, mais cette fois-ci sous une forme picturale). Curieusement, ce premier chapitre décrit la scène finale du roman mais, en fait, il ne dévoile rien que le lecteur ne connaisse déjà : le narrateur ne va rien dire d’autre que ce que tout le monde sait d’emblée car toute nouvelle tentative de description de la vie de Jésus ne peut être qu’une version possible parmi d’autres. José Saramago rappelle ainsi que l’important n’est pas ce que l’on raconte mais la façon dont on raconte et l’interprétation qui est faite de ce qui est raconté. Ainsi, la description de la gravure de Dürer faite selon le point de vue du narrateur saramaguien est volontairement infidèle et elle intègre d’abondants jugements axiologiques, hypothèses ou doutes, autant d’éléments qui révèlent les préjugés et les idées reçues du narrateur, ainsi que les limites de ses capacités d’interprétation (qui peuvent être d’ordre culturel, intellectuel, physique…) :

    Il ne sera possible de vérifier si ce tronc est encore un arbre […] car sa partie inférieure est cachée par un homme à la longue barbe, vêtu de riches vêtements amples et abondants, et qui, bien que sa tête soit levée, ne regarde pas le ciel. Cette attitude solennelle, cet air triste ne peuvent appartenir qu’à Joseph d’Arimathée car Simon de Cyrène, autre hypothèse possible, […] s’en était allé vaquer à son négoce […]. La femme agenouillée s’appelle sûrement Marie, car nous savions d’avance que toutes les femmes assemblées ici portent ce prénom, une seule se distingue onomastiquement des autres car elle se nomme aussi Madeleine, et tout observateur un peu au fait des choses élémentaires de la vie jurera au premier coup d’œil que cette femme est bien ladite Madeleine, car seule une femme au passé dissolu comme elle aurait osé se présenter en cette heure tragique avec un décolleté aussi échancré […]. Marie-Madeleine, si c’est bien elle, tient et semble sur le point de baiser en un geste de compassion impossible à traduire en mots la main d’une autre femme qui, elle, est effondrée à terre, comme privée de forces ou mortellement blessée. Son nom est aussi Marie, et elle est la deuxième dans l’ordre des présentations mais sans aucun doute la première par l’importance, si le lieu central qu’elle occupe dans le plan inférieur de la composition a une signification quelconque […]. Elle est plus âgée que l’autre Marie et c’est probablement une bonne raison, mais pas l’unique, pour que son auréole soit d’un dessin plus complexe, tel est du moins ce que penserait à juste titre une personne obligée de formuler une opinion sans disposer d’informations précises sur les préséances, grades et hiérarchies en vigueur dans ce monde […]. Ayant été comme on le sait une pécheresse endurcie, la plus perdue d’entre les perdues, Marie-Madeleine devait aussi être blonde pour ne pas démentir les convictions, acquises à bon ou à mauvais escient, de la moitié du genre humain […] (L’Évangile selon Jésus-Christ, p. 13-16)

    27José Saramago met ainsi en relief l’implication idéologique qui est en amont et en aval de toute représentation, celle-ci relevant à la fois d’une interprétation et d’un processus créatif. En outre, l’auteur rappelle qu’il est impossible de confondre le référent (qui appartient au réel empirique) et ses représentations. Enfin, José Saramago met en évidence l’instabilité de la représentation : le texte échappe à son auteur puisque aucun texte, même sacré, n’est à l’abri d’une parodie, d’un détournement ou d’une erreur d’interprétation.

    Caïn : la rébellion contre la violence divine

    28Un autre roman saramaguien, plus récent, entre également en dialogue avec le texte biblique, il s’agit de Caïn, une réécriture subversive de l’Ancien Testament. José Saramago y visite littéralement, à travers les errances de Caïn, différents épisodes de la Genèse, de l’Exode, du Livre de Job, du Livre des Nombres, etc. Or, cette « visite » ne s’effectue pas toujours dans l’ordre habituel des épisodes bibliques et elle fait parvenir au lecteur une version fragmentée du texte. L’auteur suggère ainsi, une fois encore, que c’est bien un texte qu’il vise et qu’il utilise sa liberté de lecteur pour l’explorer dans l’ordre qu’il le souhaite et en opérant une lecture sélective. D’ailleurs, pour preuve de ce caractère textuel, le paradoxe introduit à la fin du roman : dans la version de José Saramago, l’humanité toute entière disparaît au moment du déluge, y compris Noé et sa famille, tous assassinés par Caïn. Or, des épisodes postérieurs au déluge (qui apparaît au début de l’Ancien Testament puisqu’il correspond au chapitre 6 de la Genèse) sont néanmoins racontés… En fait, l’absence de chronologie suggère l’existence d’un seul présent qui est celui de l’écriture (comme le constate à plusieurs reprises le héros du roman, Caïn).

    29L’exploration du texte biblique conduit à une relecture critique de celui-ci ; ses incohérences, ses invraisemblances et ses aspects illogiques sont pointés du doigt, parfois raillés. Le narrateur se moque des aspects extravagants pourtant admis par un lecteur imprégné de culture biblique :

    Il [Dieu] était occupé par la révision du système hydraulique de la planète, il vérifiait l’état des valves, resserrant quelque écrou mal ajusté qui gouttait où il ne fallait pas, testant les divers réseaux locaux de distribution, surveillant la pression des manomètres, en plus d’une infinité de petites et de grandes tâches, chacune d’elles plus importante que la précédente et que lui seul, en tant que créateur, ingénieur et administrateur des mécanismes universaux, était en état de mener à bon terme et de confirmer avec son ok sacré. (Caim, p. 169)
    […] nous allons commencer par éclaircir un malicieux doute qui pourrait être émis à propos de la capacité d’Adam à faire un enfant à l’âge de cent trente ans. À première vue, cela est impossible, si nous nous attachons uniquement aux indices de fertilité des temps modernes, mais ces cent trente ans, en cette enfance du monde, n’auraient guère représenté davantage qu’une simple et vigoureuse adolescence que même le plus précoce des Casanova désirerait pour lui-même. De plus, il convient de rappeler qu’Adam a vécu jusqu’à l’âge de neuf cent trente ans, à peu de choses près, il aurait donc pu périr noyé lors du déluge universel, ayant disparu au temps de Lamech, le père de Noé, futur constructeur de l’Arche. (Caim, p. 15-16)

    30Toutefois, ce roman, peut-être davantage que les autres, laisse apparaître le positionnement éthico-moral de l’auteur/narrateur, et en particulier son athéisme. En effet, plus qu’une relecture critique de l’Ancien Testament, l’auteur propose un jugement moral de son contenu, souvent formulé d’une façon très acerbe. Pour la première fois, une voix et un regard extérieurs, ceux d’un homme du XXIe siècle, athée, réagissent face aux épisodes qui sont racontés dans la Bible et le lecteur se trouve alors pris à parti. Cette conscience qui apparaît, en quelque sorte, comme la voix du bon sens, s’exprime à travers les commentaires du narrateur. C’est le cas dans les passages ci-dessous où les manifestations de moins en moins fréquentes de Dieu parmi les hommes sont interprétées par le narrateur de la façon suivante :

    À présent, le seigneur se cache derrière des colonnes de fumée, comme s’il ne voulait pas être vu. À notre avis, simple observateur des événements que nous sommes, il doit avoir honte des tristes actions qu’il a commises, comme le cas des innocents enfants de Sodome, calcinés pas le feu divin. (Caim, p. 113)

    31Voici, ci-dessous, la réaction du même narrateur face à l’épisode du sacrifice d’Isaac par son père, Abraham :

    Le lecteur a bien lu, le seigneur a ordonné à Abraham de lui sacrifier son propre fils, il l’a fait avec une déconcertante simplicité, comme quelqu’un qui demanderait un verre d’eau pour étancher sa soif, ce qui prouve que cela était, chez lui, une chose habituelle et totalement admise. La logique, le naturel, le simplement humain aurait été qu’Abraham envoyât promener le seigneur, mais ce ne fut pas le cas […] Il dit alors à ses serviteurs, Restez là avec l’âne pendant que je vais là-bas avec le petit, afin que nous adorions le seigneur, et ensuite nous reviendrons près de vous. Cela signifie qu’Abraham, en plus d’être aussi ignoble que le seigneur, était un fin menteur, prêt à tromper n’importe qui […] (Caim, p. 82)

    32Parfois, la voix du narrateur trouve un écho dans celle de personnages qui s’insurgent, eux aussi, contres les actions de Dieu. C’est le cas en particulier de Caïn qui, bien qu’humainement imparfait, possède de nombreuses qualités (honnêteté, courage, sens critique, sens des responsabilités etc.) et des valeurs morales qui le poussent à dénoncer les vices divins :

    […] en plus d’être doté par nature d’une excellente mémoire de comptable et d’être rapide en calcul mental, le seigneur est, pour ainsi dire, riche […] Caïn pensa, Il est clair que la guerre est une très bonne affaire, peut-être même la meilleure à en juger par la faciliter à acquérir en un claquement de doigts des milliers et des milliers de bœufs, de moutons, d’ânes et de vierges […] (Caim, p. 112)

    33Et parfois, la voix de Caïn est elle-même relayée par celle d’autres personnages, eux aussi pourvus d’une sorte de bon sens naturel. Ce dialogue qui fait suite à l’épisode de la Tour de Babel laisse poindre une vague de contestation à l’égard de Dieu :

    La jalousie est son grand défaut, au lieu d’être fier de ses enfants, il a préféré se laisser aller à la jalousie, il est clair que le seigneur ne supporte pas de voir les gens heureux, Tant de travail, tant de sueur, pour rien, Quel dommage, dit Caïn, cela aurait fait une très belle œuvre. (Caim, p. 89-90)

    34Dans Caïn, la question de la légitimité de la violence se pose, ce qui est admis comme allant de soi, en raison de son caractère sacré, est décrié par le narrateur et par certains personnages. Le lecteur redécouvre la violence présente dans le texte biblique et il est invité à la remettre en question. En effet, l’auteur fait émerger un certain nombre de paradoxes qui s’avèrent problématiques : Caïn est frappé d’opprobre pour fratricide, pourtant Dieu n’hésite pas à demander à Abraham de lui sacrifier son fils ; alors qu’il ne fait preuve d’aucune clémence envers l’homme, Dieu peut user de violence par jalousie, caprice, vengeance, intérêt ou manque de discernement. La violence, même injuste, pourrait donc être légitime simplement parce qu’elle émane du divin et l’homme serait condamné à faire ce que Dieu lui dit de faire… et non ce qu’il fait.

    Conclusion

    35Au terme de cette présentation de trois œuvres majeures de José Saramago, il apparaît que la religion, étroitement liée à la notion de pouvoir, est, dans la perspective de l’auteur portugais, la source même de la violence sacrée. D’ailleurs, José Saramago interroge, en filigrane, la pérennité du concept religieux en l’absence de violence, celle-ci apparaissant comme son fondement, sa condition de survie et sa seule expression tangible aux yeux des hommes. En outre, l’auteur met en doute la légitimité d’une violence commise au nom de Dieu mais qui, paradoxalement, est exclusivement une affaire d’hommes. Enfin, José Saramago soumet lui-même le sacré à une forme de violence en cherchant à l’évacuer des textes canoniques par le biais de la parodie, de la déconstruction et de la critique, tout en rétablissant une forme de sacré essentiel qui ne vient pas de l’au-delà mais de l’homme lui-même, source de valeurs fondamentales et porteur des mystères de la vie et de la mort propres à sa condition.

    Bibliographie

    Corpus

    Saramago José, In Nomine Dei, Lisboa, Caminho, 1993 (3a ed.). Non traduit.

    O Evangelho segundo Jesus Cristo, Lisboa, Caminho, 1991 / L’Évangile selon Jésus-Christ (trad. Geneviève Leibrich), Paris, Seuil, coll. Points, 1993.

    Caim, Lisboa, Caminho, 2009. En cours de traduction aux éditions du Seuil.

    Références bibliographiques

    Bertrand Michel, Cabanel Patrick (éd.), Religions, pouvoir et violence, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, coll. Tempus, 2004.

    Boyer Pascal, Et l’homme créa les dieux, Paris, Gallimard, Folio Essais, 2003 (1re éd. Robert Laffont, 2001).

    Cerdeira Teresa Cristina, “O Evangelho segundo Jesus Cristo ou a consagração do sacrilégio”, in O Avesso do Bordado, Lisboa, Caminho, 2000, p. 240-252.

    Girard René, Le bouc émissaire, Grasset, Le Livre de Poche, coll. Biblio/Essais, 1982.

    Lyotard Jean-François, La Condition postmoderne. Rapport sur le savoir, Paris, Minuit, coll. Critique, 1979.

    Saramago José, O Caderno, Lisboa, Caminho, 2009 / Le Cahier, Paris, Le Cherche Midi, 2010. “O valor do ser humano”, in Jornal de Letras, 21 de Outubro – 3 de Novembro de 2009, p. 17-20. Traduction Œcuménique de la Bible, Paris, Cerf, 2004.

    Notes de bas de page

    1 Les textes de ce blog sont réunis et publiés dans un volume intitulé O Caderno (Lisboa, Caminho, 2009). Sa traduction, préfacée par Umberto Eco, est récemment parue en France aux éditions du Cherche Midi. Ce volume a fait l’objet d’une censure de la part de Silvio Berlusconi en Italie.

    2 José Saramago, “O valor do ser humano”, in Jornal de Letras, 21 de Outubro – 3 de Novembro de 2009, p. 19.

    3 Cf. Pascal Boyer, Et l’homme créa les dieux, Paris, Gallimard, Folio Essais, 2003 (1re éd. Robert Laffont, 2001). Il nous semble important de rappeler ici la façon dont l’anthropologue définit la religion qu’il aborde comme un fait culturel : « Nous qualifions généralement les concepts de « religieux » lorsqu’ils produisent des effets sociaux importants, lorsqu’ils sont source de rituels, lorsque les gens définissent leur identité de groupe par rapport à eux, lorsque de puissants états émotionnels leur sont associés, et ainsi de suite » (p. 132-133).

    4 Ce mécanisme est décrit par René Girard dans Le bouc émissaire, Grasset, Le Livre de Poche, coll. Biblio/Essais, 1982.

    5 Idem, p. 165.

    6 Cf. Pascal Boyer, op. cit., p. 422-430.

    7 À propos des violences subies ou imposées par la religion, nous renvoyons au volume Religions, pouvoir et violence à partir duquel il est possible d’ébaucher une typologie de la violence religieuse (cf. Michel Bertrand et Patrick Cabanel, Religions, pouvoir et violence, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, coll. Tempus, 2004).

    8 Teresa Cristina Cerdeira, “O Evangelho segundo Jesus Cristo ou a consagração do sacrilégio”, in O Avesso do Bordado, Lisboa, Caminho, 2000, p. 251.

    9 Ainsi que les présente Jean-François Lyotard dans La Condition postmoderne. Rapport sur le savoir, Paris, Minuit, coll. Critique, 1979.

    10 Cf. Teresa Cristina Cerdeira, op. cit.

    11 Ibidem, p. 242.

    Auteur

    • Silvia Amorim

      Université Michel de Montaigne Bordeaux 3

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010)

    Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010)

    Natacha Vas-Deyres, Patrick Bergeron, Patrick Guay et al. (dir.)

    2014

    Le Monstrueux et l’Humain

    Le Monstrueux et l’Humain

    Danièle James-Raoul et Peter Kuon (dir.)

    2012

    L’Imaginaire au féminin : du liminal à l’animal…

    L’Imaginaire au féminin : du liminal à l’animal…

    Marie-Lise Paoli (dir.)

    2018

    C’était demain : anticiper la science-fiction en France et au Québec (1880-1950)

    C’était demain : anticiper la science-fiction en France et au Québec (1880-1950)

    Patrick Bergeron, Patrick Guay et Natacha Vas-Deyres (dir.)

    2018

    L’imaginaire du sacré

    L’imaginaire du sacré

    Agnés Lhermitte et Élisabeth Magne (dir.)

    2016

    Le Bon Passage

    Le Bon Passage

    Danielle Bohler (dir.)

    2016

    Écritures de l’événement : les Mazarinades bordelaises

    Écritures de l’événement : les Mazarinades bordelaises

    Myriam Tsimbidy (dir.)

    2015

    Désir n’a repos

    Désir n’a repos

    Hommage à Danielle Bohler

    Florence Bouchet et Danièle James-Raoul (dir.)

    2015

    Ahmadou Kourouma : mémoire vivante de la géopolitique en Afrique

    Ahmadou Kourouma : mémoire vivante de la géopolitique en Afrique

    Jean-Fernand Bédia et Jean-Francis Ekoungoun (dir.)

    2015

    Littérature du moi, autofiction et hétérographie dans la littérature française et en français du xxe et du xxie siècles

    Littérature du moi, autofiction et hétérographie dans la littérature française et en français du xxe et du xxie siècles

    Jean-Michel Devésa (dir.)

    2015

    Rhétorique, poétique et stylistique

    Rhétorique, poétique et stylistique

    (Moyen Âge - Renaissance)

    Danièle James-Raoul et Anne Bouscharain (dir.)

    2015

    L’utopie entre eutopie et dystopie

    L’utopie entre eutopie et dystopie

    Peter Kuon et Gérard Peylet (dir.)

    2015

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010)

    Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010)

    Natacha Vas-Deyres, Patrick Bergeron, Patrick Guay et al. (dir.)

    2014

    Le Monstrueux et l’Humain

    Le Monstrueux et l’Humain

    Danièle James-Raoul et Peter Kuon (dir.)

    2012

    L’Imaginaire au féminin : du liminal à l’animal…

    L’Imaginaire au féminin : du liminal à l’animal…

    Marie-Lise Paoli (dir.)

    2018

    C’était demain : anticiper la science-fiction en France et au Québec (1880-1950)

    C’était demain : anticiper la science-fiction en France et au Québec (1880-1950)

    Patrick Bergeron, Patrick Guay et Natacha Vas-Deyres (dir.)

    2018

    L’imaginaire du sacré

    L’imaginaire du sacré

    Agnés Lhermitte et Élisabeth Magne (dir.)

    2016

    Le Bon Passage

    Le Bon Passage

    Danielle Bohler (dir.)

    2016

    Écritures de l’événement : les Mazarinades bordelaises

    Écritures de l’événement : les Mazarinades bordelaises

    Myriam Tsimbidy (dir.)

    2015

    Désir n’a repos

    Désir n’a repos

    Hommage à Danielle Bohler

    Florence Bouchet et Danièle James-Raoul (dir.)

    2015

    Ahmadou Kourouma : mémoire vivante de la géopolitique en Afrique

    Ahmadou Kourouma : mémoire vivante de la géopolitique en Afrique

    Jean-Fernand Bédia et Jean-Francis Ekoungoun (dir.)

    2015

    Littérature du moi, autofiction et hétérographie dans la littérature française et en français du xxe et du xxie siècles

    Littérature du moi, autofiction et hétérographie dans la littérature française et en français du xxe et du xxie siècles

    Jean-Michel Devésa (dir.)

    2015

    Rhétorique, poétique et stylistique

    Rhétorique, poétique et stylistique

    (Moyen Âge - Renaissance)

    Danièle James-Raoul et Anne Bouscharain (dir.)

    2015

    L’utopie entre eutopie et dystopie

    L’utopie entre eutopie et dystopie

    Peter Kuon et Gérard Peylet (dir.)

    2015

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr

    1 Les textes de ce blog sont réunis et publiés dans un volume intitulé O Caderno (Lisboa, Caminho, 2009). Sa traduction, préfacée par Umberto Eco, est récemment parue en France aux éditions du Cherche Midi. Ce volume a fait l’objet d’une censure de la part de Silvio Berlusconi en Italie.

    2 José Saramago, “O valor do ser humano”, in Jornal de Letras, 21 de Outubro – 3 de Novembro de 2009, p. 19.

    3 Cf. Pascal Boyer, Et l’homme créa les dieux, Paris, Gallimard, Folio Essais, 2003 (1re éd. Robert Laffont, 2001). Il nous semble important de rappeler ici la façon dont l’anthropologue définit la religion qu’il aborde comme un fait culturel : « Nous qualifions généralement les concepts de « religieux » lorsqu’ils produisent des effets sociaux importants, lorsqu’ils sont source de rituels, lorsque les gens définissent leur identité de groupe par rapport à eux, lorsque de puissants états émotionnels leur sont associés, et ainsi de suite » (p. 132-133).

    4 Ce mécanisme est décrit par René Girard dans Le bouc émissaire, Grasset, Le Livre de Poche, coll. Biblio/Essais, 1982.

    5 Idem, p. 165.

    6 Cf. Pascal Boyer, op. cit., p. 422-430.

    7 À propos des violences subies ou imposées par la religion, nous renvoyons au volume Religions, pouvoir et violence à partir duquel il est possible d’ébaucher une typologie de la violence religieuse (cf. Michel Bertrand et Patrick Cabanel, Religions, pouvoir et violence, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, coll. Tempus, 2004).

    8 Teresa Cristina Cerdeira, “O Evangelho segundo Jesus Cristo ou a consagração do sacrilégio”, in O Avesso do Bordado, Lisboa, Caminho, 2000, p. 251.

    9 Ainsi que les présente Jean-François Lyotard dans La Condition postmoderne. Rapport sur le savoir, Paris, Minuit, coll. Critique, 1979.

    10 Cf. Teresa Cristina Cerdeira, op. cit.

    11 Ibidem, p. 242.

    Violence et sacré

    X Facebook Email

    Violence et sacré

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Violence et sacré

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Amorim, S. (2012). La violence au nom de Dieu : In Nomine Dei, L’Évangile selon Jésus-Christ et Caïn, de José Saramago. In A. M. Binet & G. Peylet (éds.), Violence et sacré. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux. https://doi.org/10.4000/books.pub.19418
    Amorim, Silvia. « La violence au nom de Dieu : In Nomine Dei, L’Évangile selon Jésus-Christ et Caïn, de José Saramago ». In Violence et sacré, édité par Ana Maria Binet et Gérard Peylet. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2012. doi:10.4000/books.pub.19418.
    Amorim, Silvia. « La violence au nom de Dieu : In Nomine Dei, L’Évangile selon Jésus-Christ et Caïn, de José Saramago ». Violence et sacré, édité par Ana Maria Binet et Gérard Peylet, Presses Universitaires de Bordeaux, 2012, https://doi.org/10.4000/books.pub.19418.

    Référence numérique du livre

    Format

    Binet, A. M., & Peylet, G. (éds.). (2012). Violence et sacré. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux. https://doi.org/10.4000/books.pub.19193
    Binet, Ana Maria, et Gérard Peylet, éd. Violence et sacré. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2012. doi:10.4000/books.pub.19193.
    Binet, Ana Maria, et Gérard Peylet, éditeurs. Violence et sacré. Presses Universitaires de Bordeaux, 2012, https://doi.org/10.4000/books.pub.19193.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses Universitaires de Bordeaux

    Presses Universitaires de Bordeaux

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • X
    • Flux RSS

    URL : http://www.pub-editions.fr

    Email : pub@u-bordeaux-montaigne.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement