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    Plan détaillé Texte intégral Une culture populaire française L’imaginaire de Luc Besson : du motif religieux aux questions de civilisation Notes de bas de page Auteur

    Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010)

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Le Dernier combat et Le Cinquième élément – terre balbutiante et space opéra : De l’humain au plus qu’humain ou la science-fiction de Luc Besson

    Danièle André

    p. 135-147

    Texte intégral Une culture populaire française L’imaginaire de Luc Besson : du motif religieux aux questions de civilisation Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La filmographie de Luc Besson montre le cheminement assez singulier d’un réalisateur français qui semble avoir suivi le même chemin que les réalisateurs indépendants : après avoir succombé aux charmes des sirènes hollywoodiennes, ces derniers opèrent un changement de style significatif. Luc Besson a commencé par créer des univers particuliers qui, s’ils ne renient pas les influences extérieures, cherchent cependant à imprimer une marque personnelle pour finalement aboutir à un cinéma plus classique aux influences hollywoodiennes très frappantes. Ainsi, Luc Besson part d’une vision assez personnelle du monde dans Le Dernier Combat1 (et d’autres films de ses débuts) pour se diriger vers une vision plus américanisante et grand public dans Le Cinquième Elément2. Dans Le Dernier combat, il propose une vision en noir et blanc d’un monde masculin post-apocalyptique dans lequel tout est minimaliste – les moyens, les paroles, les êtres, leurs relations, les sentiments. Pourtant, il ressort de ce film tout à la fois un grand désespoir et une grande beauté qui proviennent des êtres humains eux-mêmes dans leur fragilité et leurs sentiments.

    2Quatorze ans plus tard, Le Cinquième élément nous plonge dans un monde où tout est gigantesque et criant : le récit oscille entre la Terre et l’espace, la technologie est bouillonnante, les effets spéciaux sont spectaculaires, les couleurs sont vives, les bruits permanents, et la voix humaine magnifiée. Dans ce chaos pré-apocalyptique chatoyant, l’espoir ne naît plus de l’humain mais du plus humain. L’analyse de ces deux œuvres va nous permettre de voir que les nombreuses références au cinéma et à la bande dessinée qui les parcourent ont permis à Luc Besson de donner vie à un cinéma de science-fiction français qui, sans doute parce qu’il est populaire (au sens de culture populaire) et divertissant, a essuyé des critiques acerbes3. Pourtant, si visuellement un monde sépare Le Dernier combat du Cinquième élément, les questionnements et la vision du monde proposés dans ces deux films se font écho.

    Une culture populaire française

    3Le monde post-apocalyptique va trouver une vraie résonnance dans le cinéma de science-fiction anglophone, et être une source possible d’inspiration pour Le Dernier combat. Ainsi, on peut penser à La planète des singes de Franklin J. Schaffner (USA, 1968) : si le film est lui-même inspiré du roman francophone éponyme, ce sont les références à certains passages du film qui sont le plus clairement marqués tels que la scène de la plage avec la statue de la liberté à demi enfouie. Pourtant, comme nous allons le voir, Le Dernier combat s’éloigne du cinéma de science-fiction anglophone sur de nombreux points, et semble être dans la droite lignée d’une science-fiction et d’un cinéma bien français.

    4En effet, Le Dernier combat apparaît comme un film beaucoup plus intimiste et sobre que ne l’est Le Cinquième élément, d’une part parce que les effets spéciaux ne sont pas au cœur du film, d’autre part car il est tourné en noir et blanc. À ces éléments, il faut rajouter l’absence de localisation précise du récit qui se déroule dans un lieu indéfini, seule l’inscription sur le bâtiment dans lequel vit le personnage du Docteur (interprété par Jean Bouise) finira par le situer en pays francophone. Cependant, comme plus tard dans Mad Max4, ce qui s’impose est la présence du sable et d’un environnement assez aride et perturbé (il pleut des poissons et des pierres). En outre, il n’y a pas à proprement parler de scènes d’action, l’histoire dépeignant un moment de la vie d’un homme qui tente de survivre dans un monde a priori post-apocalytique. Toutefois, une des caractéristiques les plus frappantes est l’absence totale de paroles et de voix (à une exception près), ce qui est rare dans le cinéma de science-fiction contemporain. Ces éléments, auxquels s’ajoutent l’absence d’explication (les personnages ne s’exprimant pas, rien n’est dit sur ce qui a amené à une telle situation), rendent ce film d’autant plus difficile d’accès au grand public, voire aux amateurs de science-fiction à grand spectacle (qui ont déjà pu voir sur grand écran Star Wars, Blade Runner, Alien, etc.5), et l’assimilent plus facilement à une spécificité francophone.

    5Tout d’abord, il existe un certain nombre d’œuvres françaises cinématographiques post-apocalyptique qui l’ont précédé, ainsi La Jetée de Chris Marker, ou Malevil de Christian de Chalonge6. L’influence de ces films transparaît, par exemple, dans l’utilisation du noir et blanc pour dépeindre un monde post-apocalyptique (pour le film de Marker), ou, dans Malevil, dans le questionnement sur l’absence de femmes et leur importance dans la société, ou encore dans la tentative de reconstruction d’une société et l’affrontement avec d’autres bandes de survivants (même si ces thèmes sont beaucoup plus communs dans les récits post-apocalyptiques).

    6Mais il existe aussi un film beaucoup moins connu et qui pourtant semble être une prémisse au film de Luc Besson : il s’agit de Themroc de Claude Faraldo sorti en 1973, d’obédience anarchiste. Dans ce film, le personnage principal, Themroc, finit par s’exprimer uniquement par des grognements et ce mode d’expression se répand comme une épidémie. Cela est d’autant moins surprenant que les autres personnages sont par ailleurs incompréhensibles lorsqu’ils s’expriment, parlant une langue qui n’existe pas (les conseils du réalisateur aux acteurs étaient d’improviser une langue) pour critiquer ainsi un monde dans lequel les paroles ne font plus sens. Themroc dépeint une société qui revient à un stade préverbal et à un état de désorganisation sociale totale. Mais comme le dit Eric Dinkian sur le site DevilDead :

    Le retour au stade animal de Themroc n’est pas qu’une question d’abandon du langage. C’est surtout une question de pulsions dominatrices. Une fois transformé, l’homme va assouvir ses instincts parfois les plus bas de manière immédiate [...]. L’homme s’est construit une société pour le protéger des dures lois de la nature. Mais lorsque cette même société devient inhumaine, c’est un violent retour à la rage animale que nous propose Themroc7.

    7C’est bien aussi cela que propose Le Dernier combat à travers la Brute (le personnage incarné par Jean Reno) dont le seul but est d’être le mâle dominant alors que les personnages du Docteur (Jean Bouise) et de l’Homme (Pierre Jolivet) cherchent eux à survivre et à reconstruire un semblant de société. Ainsi la filiation entre les deux films n’est pas anodine et Themroc apporte un éclairage nouveau sur Le Dernier combat, ce d’autant qu’aucune explication n’est donnée quant aux raisons pour lesquelles les humains ne parlent plus et se retrouvent dans une société de type post-apocalyptique.

    8Toutefois, une des autres réponses possibles peut se trouver dans Le Cinquième élément. Ce film est en apparence à l’opposé du Dernier combat : il propose un monde pré-apocalytique, plus précisément au bord de l’anéantissement, aux couleurs et aux actions virevoltantes comme le fait remarquer Emma Hutchings dans Wildsound : « Le film est une exubérance visuelle. Les couleurs riches et vibrantes rendent ce monde lumineux et attractif, il n’a rien d’un univers dystopique et terne, comme peuvent l’être ceux de si nombreux films de science-fiction8 ».

    9L’influence du cinéma hollywoodien se fait fortement sentir dans ce débordement joyeux d’effets spéciaux et de grand spectacle dans lequel les costumes de Jean-Paul Gaultier donnent un look coloré et branché aux personnages, en contraste avec les costumes ternes ou militarisés que l’on peut trouver dans certains films de science-fiction. En outre, les bâtiments, les véhicules volants ou sur rails donnent une impression vertigineuse (mouvements verticaux et horizontaux constants et rapides), rien ne se passe en bas, tout se passe dans les hauteurs : les hommes sont passés du sol (les Pyramides) aux cieux (les airs puis l’espace). Emma Hutchings souligne que l’influence de Blade Runner et de Metropolis est évidente. Les gigantesques panneaux publicitaires, les véhicules volants et la présence de l’acteur Brion James dans cette bouillonnante ville de New York sont des références directes à Blade Runner. Le régénérateur qui donne vie à Leelo (Milia Jovovich) et les bandages qui l’enserrent rappellent la création de Maria dans Metropolis. Mais l’influence anglophone est aussi très présente dans le choix symbolique de la ville, New York, des acteurs (Bruce Willis, Ian Holm, Brion James, Gary Oldman et Chris Tucker entre autres), et de la langue originale du film (l’anglais). Les références à Star Wars transparaissent tout à la fois dans le personnage de Vito Cornélius (Ian Holm) qui ressemble à un maître Jedi, et dans l’incarnation du mal, cette planète qui ressemble à l’Étoile de la Mort. En outre, la fin du film ressemble à celle des James Bond dans lesquel le héros éponyme est toujours avec une femme quand il est appelé par ses chefs.

    10Le bruit, la fureur, les couleurs, le grandiose, tout s’oppose au premier film de Luc Besson, et pourtant un film fait écho à l’autre, le bruit et la fureur sont présents dans les deux, mais de manière différente.

    11Pour ce qui est du récit, à l’opposé des films hollywoodiens qui finissent par une confrontation manichéenne, il est intéressant de noter que les personnages de Dallas Korben (Bruce Willis) et Zorg (Gary Oldman) ne se rencontrent jamais, et Leeloo préfère l’évitement à un combat inégal du point de vue des armes. En outre, celle-ci n’apparaît pas comme une faible femme, elle fait ses propres choix et elle est l’arme ultime. Si elle a besoin de Korben, ce n’est pas parce que c’est une femme, mais parce qu’elle a besoin d’une raison de sauver le monde, l’entraide venant justifier son engagement. Ensuite, le personnage principal masculin n’est pas très héroïque, car même si c’est un ancien militaire médaillé, sa mère ne cesse de crier après lui, et il se fait disputer par son patron. Il est incapable de s’occuper de son chat et ne parvient pas à s’intégrer dans la société (il n’a presque plus de points sur son permis de conduire).

    12Pour ce qui est de l’exubérance des costumes, ils sont dus au couturier français Jean-Paul Gautier ; quant aux décors, comme nous allons le voir, ils furent créés par des dessinateurs français. En effet, pour le film, Luc Besson a fait travailler un groupe de dix artistes et dessinateurs francophones, dont deux français de renommée internationale, Moebius et Jean-Claude Mézières qui ont donc façonné le monde du Cinquième élément. Ainsi Besson a voulu rendre hommage à la bande dessinée française (particulièrement à Valérian et Laureline9, mais aussi à Métal Hurlant10) car le cinéma américain s’en est beaucoup inspiré mais sans jamais le reconnaître. Mézières et Moebius entre autres vont donc ainsi travailler avec et pour Besson et concevoir une grande partie de ce qui apparaît à l’écran : la ville de New York, le régénérateur, l’intérieur du Fhloston Paradise, les véhicules volants et sur rails, et bien entendu le taxi. L’inspiration française est totalement reconnue, assumée et voulue. L’héritage de Valérian et Laureline transparaît dans de nombreux éléments, par exemple dans le personnage de Leeloo qui ressemble fortement à Laureline : elle est en décalage avec l’époque dans laquelle elle arrive, elle apprend très rapidement la langue, l’histoire, les mœurs et coutumes, elle fait preuve d’une grande rapidité d’adaptation à son environnement, c’est une femme de tête, et elle est physiquement similaire, les cheveux roux n’étant pas un élément moindre. Celui de Métal Hurlant est présent par exemple dans le rôle principal attribué à un chauffeur de taxi, et dans la planète à l’influence maléfique.

    13Le Cinquième élément est volontairement un film à grand spectacle. Il a sans doute été dénigré parce qu’il joue totalement la carte du divertisssement populaire (le personnage de Ruby Rhod joué par Chris Tucker en est une illustration) et qu’il le fait en anglais. Il ne ment pas sur ce qu’il est et ne prétend à rien, si ce n’est divertir, ce qu’il réussit pleinement. Moebius et Mézières ne dénigrent pas le film, bien au contraire ; dans des entretiens filmés et écrits, ils disent combien ils sont heureux de la transposition à l’écran que Besson a fait de leurs œuvres11 (ce qui contredit l’accusation d’une utilisation illégale par L. Besson d’éléments de L’Incal12). Le réalisateur français a donc été fidèle à cet imaginaire-là.

    14Le Cinquième élément est donc clairement d’inspiration française, mais le cinéma américain et le cinéma de science-fiction s’étant largement inspirés de grands auteurs tels Moebius et Mézières, les spectateurs ont fini par assimiler l’univers visuel de la science-fiction à la culture anglophone, alors qu’il est aussi de culture francophone. Luc Besson ne fait que se servir de ce que la science-fiction francophone a créé mais n’avait pas eu jusque-là les moyens financiers de le porter sur grand écran.

    15Toutefois, il est une continuité dans ses films. Si Le Dernier combat est le fruit d’une collaboration avec Pierre Jolivet, et si Le Cinquième élément doit beaucoup à la bande dessinée française, il n’en reste pas moins que des fils sont tissés entre les films de Besson : des questionnements parcourent son œuvre, se répondent et créent un réseau référentiel.

    L’imaginaire de Luc Besson : du motif religieux aux questions de civilisation

    16Évoquer le religieux en étudiant Le Dernier combat peut paraître étrange tant le film ne semble pas poser ce genre de question. Mais c’est bien là l’intérêt. La transcendance semble absente : il n’y a ni croyance en une déité qui pourrait tout changer, ni recherche d’une explication divine à ce qui a pu se produire, ni espoir en un avenir meilleur. Le film « colle à la terre » ; malgré les tentatives de son personnage principal pour s’élever dans les airs, il finit par s’écraser ou se poser, ce pour trouver des moments fugaces d’espoir. Et c’est dans cette réalité que se trouve la continuité entre les deux films.

    17Dans Le Cinquième élément, il est sans doute question de déité, de force divine qui sauverait l’humanité, mais très vite cette notion est repoussée pour nous ramener vers le concret. En effet, le récit montre que ceux perçus comme des Dieux par les terriens ne sont que des espèces plus évoluées technologiquement et peut-être socialement. Si la théorie de l’origine extra-terrestre de divinités est une idée ancienne en science-fiction (la théorie des anciens astronautes), il nous semble qu’elle est ici utilisée afin de montrer en quoi le salut vient non de l’espace mais bien de l’homme. En effet, dès le départ il est posé que les divinités n’en sont pas, que ces êtres (Mondo-shawans) sont mortels, et qu’il ne sont pas tout-puissants (l’un est emprisonné dans la pyramide, d’autres subissent la destruction de leur vaisseau et sont incapables de se défendre). Les entités positives et négatives qui viennent de l’espace ne sont que la métaphore des pulsions qui se trouvent sur terre. Quand l’une des deux fait pencher la balance de son côté, alors le résultat peut être celui de Le Dernier combat.

    18Ceci se vérifie à plusieurs niveaux à travers les deux films : les pulsions de destruction et de domination sans autre but sont la finalité de la Brute dans Le Dernier combat et de la planète symbolisant le mal absolu dans Le Cinquième élément. À l’opposé, le seul but de l’Homme et de Korben est de survivre dans les meilleures conditions possibles, en essayant de s’adapter à un monde hostile. D’autre part, les personnages de Vito Cornelius et du Docteur se répondent dans leur volonté de sauvegarder, au point de l’enfermer, l’élément vital à la survie du monde ; et les personnages du Capitaine (personnage joué par Fritz Wepper) et de Zorg dans celle d’exploiter les autres pour leur propre bénéfice. Dans les deux films, le changement ne vient pas d’en haut, mais bien des personnages eux-mêmes.

    19La position du spectateur lui permet de prendre du recul par rapport au mysticisme et à la croyance : le Bien comme le Mal sont les deux tendances de l’homme poussées à leur absolu et qui peuvent se retrouver sous diverses formes ; au final le sort de l’humanité est entre ses propres mains. Deux forces sont à l’œuvre dans l’humain : les pulsions de vie, Eros (les Mondo-shawans, le Docteur), et les pulsions de mort, Thanatos (la Brute, la planète du Mal). Entre les deux, des humains qui luttent plus ou moins bien contre ces tendances. Ainsi l’Homme et Korben ont déjà tué, mais par nécessité, et ils luttent contre leurs tendances destructrices. Ce sont ces personnages qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre en fonction des choix qu’ils font. L’utilisation de la technologie reflète également ces pulsions : ainsi les Mondo-shawans ont-ils une technologie très développée, mais ils l’utilisent afin de protéger la vie, ils ne sont pas agressifs et ne tuent pas même pour se défendre. De l’autre côté, la mort se nourrit des pulsions destructrices, ce que symbolise la planète dont le volume s’accroît à chaque attaque : elle se nourrit de la haine et de la violence du président et des militaires qui, sous prétexte de protéger la vie de millions d’humains, agressent et cherchent à détruire l’autre, tout en restant sourds aux appels de Vito Cornelius. Cornelius et le Docteur ne cherchent pas à détruire le mal (la planète, la Brute), seulement à s’en protéger en sauvegardant la vie. Le sens même du terme est différent, pour Vito Cornélius toute vie est équivalente, et la protéger ne signifie pas tuer l’autre ; pour le Président seule la vie de certains est importante et les protéger signifie tuer ce qui cherche à lui nuire. Toutefois, les deux films montrent que se laisser aller à ses pulsions agressives, c’est nourrir la haine qui elle-même se nourrit de la haine ; laisser libre cours à ses plus bas instincts mène à la violence qui elle-même engendre la violence, et est à l’opposé de ce que devrait être la sauvegarde de la vie fondée sur l’évitement et l’entraide. Le Docteur sait que la Brute cherche à le tuer, mais il essaye de se préserver sans l’agresser, il ne fait que l’éviter. L’Homme va apprendre au contact du Docteur, et, s’il tue la Brute (par vengeance et haine), il apprend aussi à partager et à aider ; ainsi, il élimine le chef du gang des voitures pour délivrer le chercheur d’eau, qui à son tour lui offrira son aide. Il n’est pas anodin que l’Homme apparaisse à la fin du film comme le blanc chevalier abattant le mauvais seigneur et récompensé par la princesse. Il s’agit bien d’un conte, la « morale » est celle que le bonheur et la survie dépendent des autres. La conclusion des films vient de cette volonté non pas de s’opposer à l’autre, mais de se recentrer sur l’essentiel, à savoir la vie, à une échelle humaine et à un niveau personnel.

    20Ainsi s’explique aussi pourquoi c’est la Terre qui fournit la matière indispensable à la survie, dans ce lieu symbolique qu’est le désert (paysage post-apocalyptique dans Le Dernier combat, pyramide dans Le Cinquième élément). Le sable et le désert éloignent des artifices, et permettent un retour à ce qui est essentiel à la vie ; d’où l’importance, dans les deux films, des quatre éléments fondamentaux que sont l’air (qui permet à L’Homme de se déplacer à bord de son ULM, et le souffle qui permet à une des pierres de s’ouvrir dans la pyramide), l’eau (pour lesquels les hommes se battent et vont dans les profondeurs dans Le Dernier combat, et la sueur dans Le Cinquième élément), le feu (pour cuire les aliments et se chauffer dans Le Dernier combat, l’allumette dans Le Cinquième élément) et enfin la terre (terre ferme dans Le Dernier combat où les hommes n’ont plus accès à la technologie et doivent faire avec leur environnement, le sable dans Le Cinquième élément).

    21Ces éléments sont présents chez Besson à plusieurs niveaux. Ainsi Le Dernier combat est une lutte pour échapper à l’engloutissement par la terre (bâtiments ensevelis) et à son dérèglement climatique (il pleut des poissons morts ou des pierres), l’eau est une denrée rare qu’il faut aller chercher dans les profondeurs de la terre ou que le ciel fournit de manière aléatoire ; la guerre du feu refait son apparition (il est soit outil de civilisation pour manger des aliments cuits, soit outil de destruction pour brûler une bâtisse), l’air enfin est ce qui permet de respirer, mais aussi de se déplacer et de ne plus être rattaché au sol. Le Cinquième élément dépeindrait ce qui est antérieur au Dernier combat, l’air, l’eau, la terre, le feu allant de soi. Les hommes ont même fini par oublier la terre qu’ils ne voient plus tant ils sont haut dans les cieux, seul le retour à la terre des ancêtres les ramène vers leur mère nourricière. L’eau est gaspillée (la douche non volontaire que prend Leeloo et qui la frigorifie). Le feu sert à détruire (explosion) et l’air est rempli de véhicules en tous genres et de bâtiments.

    22Cette forte présence de la Nature (qui renvoie entre autres à la théorie des cinq éléments) et la nécessité de lui redonner un sens plaident pour une interprétation humaniste de ces films. Si la philosophie religieuse du père Vito Cornelius n’est pas centrale en elle-même, si l’amour n’a pas de sens puisqu’il peut ne conduire à rien, c’est parce qu’il n’y a pas de message religieux : en fait, la religion et l’amour ne sont salvateurs que si leur but est d’aimer la Vie et de la protéger. Et s’il est un principe supérieur dans les films de Luc Besson, ce serait celui de la Nature et de la Vie. En effet, ce n’est pas la foi qui sauve la planète dans Le Cinquième élément, ni la société dans Le Dernier combat, ce sont ceux qui protègent et créent la vie : le laboratoire qui redonne vie à Leeloo, et Korben qui fait attention à elle, le Docteur qui soigne l’Homme et qui l’accueille chez lui (clinique d’accouchement).

    23C’est la raison pour laquelle les personnages féminins de ces films (Leeloo, la femme dans Le dernier combat) ne sont pas limités à être seulement des stéréotypes, mais des codes identifiables par le public, qu’il cherche aussi à détourner. Dans Le Cinquième élément, Leeloo n’a pas besoin de Korben pour se battre, mais elle a besoin de voir que l’être humain veut protéger la vie et la respecte. Dans Le Dernier combat, l’Homme passe d’une poupée gonflable à une vraie femme, mais entre temps, il aura été éduqué par le Docteur. C’est l’apprentissage du respect de l’autre et de la vie qui lui a été offert. L’union du personnage masculin et féminin à la fin des deux films symbolise la réconciliation de l’être humain avec lui-même, et son éducation à la Vie qu’il a appris à aimer et respecter, d’où la joie et le soulagement qui se lisent sur le visage de L’Homme quand il voit la jeune femme. Si la femme est porteuse d’espoir, c’est que biologiquement elle est celle qui garantit la survie de l’espèce, mais pour cela il faut le respect de l’autre. Voilà pourquoi les quatre éléments sont dans le corps de la Diva Plavalaguna (Maïwen Le Besco), donc de la femme, et c’est Korben, à savoir l’homme, qui vient les prendre : il y a engendrement et transmission, mais également un lien profond entre la Nature et l’être vivant. L’un est indissociable de l’autre, ils se protègent mutuellement.

    24La femme est donc l’élément de survie car elle donne naissance, mais en tant que tel elle est aussi symbole de fragilité ; et parce qu’elle est à la base de la société (naissance de la famille), et de la civilisation (les manières dont font preuve le Docteur et l’Homme à son égard), elle est objet de lutte et/ou d’asservissement.

    25Mais que ce soit dans Le Dernier combat ou dans Le Cinquième élément, la conclusion est qu’il faut se recentrer et se concentrer sur la préservation de la vie, de toutes les vies. C’est en commençant par soi-même que le monde peut s’améliorer. Vouloir protéger et non agresser contribue au bien-être de tous puisque la société peut ainsi se former (grâce à l’entraide) et survivre (le Docteur et l’Homme reconstruisent une cellule sociétale, voire familiale). Lorsque Vito Cornélius dans Le Cinquième élément en décrivant la planète du Mal parle de « la plus terrible intelligence que l’on puisse imaginer », c’est bien de l’intelligence humaine dont il parle. Il n’y a pas pire prédateur que l’être humain, non seulement pour les autres espèces, mais aussi pour la sienne, au point de détruire sa propre planète (comme le montre Le Dernier combat et son monde post-apocalyptique, image de ce qu’il serait si Leeloo n’avait pas sauvé le monde).

    26La Vie peut se protéger, comme la nature, d’une façon limitée. La Vie sait en partie se défendre par la reproduction : dans Le Cinquième élément, seules quelques cellules sont nécessaires pour redonner vie à Leeloo ; elle peut donc naître facilement si elle est protégée et à l’abri des regards comme dans la clinique du Docteur. Cependant, dans aucun des deux films il n’y a des enfants. À l’initiale, les deux œuvres filmiques sont donc sans espoir pour l’espèce et pour la vie. C’est l’élément féminin qui apporte l’espérance, mais à travers elle, c’est la Vie qui se fraye un chemin. Il n’est pas surprenant que ce cinquième élément, que l’être suprême, soit une femme, car sans la science, la femme tient entre ses mains la survie de l’espèce et cela n’a rien à voir avec la croyance, ni même avec l’amour. La Vie se trouve dans l’instinct de survie de l’espèce et dans l’instinct de préservation. Il ne s’agit pas d’une question de civilisation au sens large, mais à échelle humaine, au niveau de l’individu. La vie peut aussi être détruite sans espoir de retour, ce que symbolise la femme sauvagement mutilée et assassinée par la Brute dans Le Dernier combat, ou lorsque la cantatrice meurt et que Leeloo est sur le point de céder à l’épuisement dans Le Cinquième élément. La Vie peut être exténuée. Le dernier combat est celui pour le cinquième élément, la Vie faite femme, d’où la continuité entre les deux films. La Brute appelle la mort, et en tuant la femme, il se tue lui-même, alors que l’Homme décide de donner une chance à la Vie, comme le fait Korben avec Leeloo. C’est parce que Korben et l’Homme prennent soin de la Vie, qu’elle les récompense en retour et qu’il y a espoir d’avenir.

    27Que ce soit dans Le Dernier combat ou Le Cinquième élément, la survie dépend de l’entraide, qui est un facteur d’évolution : elle préserve la vie, elle est partage et échange et tisse ainsi un réseau d’obligations qui vont donner naissance à la société. À l’opposé de la loi du plus fort, Luc Besson propose l’entraide et la sociabilité comme facteur d’évolution et de survie, reprenant ainsi les propos de penseurs et philosophes tels que Pierre Kropotkine13 ou Lewis Thomas14 :

    L’altruisme est peut-être notre attribut le plus primitif, désormais hors d’atteinte, échappant à tout contrôle. Ou peut-être est-il directement à portée de la main, prêt à être « déclenché », déguisé, dans nos civilisations modernes, en affection, en amitié, en attachement. Je ne vois rien de déraisonnable à soutenir que des chaînes d’ADN, enroulées sur elles-mêmes dans nos chromosomes, codent l’instinct qui nous pousse à nous rendre utiles. Le besoin de se rendre utile pourrait bien se révéler le trait le plus déterminant de l’aptitude à la survie, plus important que l’agression, plus efficace, à long terme, que l’instinct d’appropriation15.

    28Même s’il garde un certain reliquat de vie civilisée (agrémenter son lieu de vie, le plaisir de la décoration, de la représentation picturale, de la table, etc.), c’est au contact du Docteur que l’Homme réapprend la notion de vie en société. Cette attitude s’oppose à celle de ceux qui exploitent les autres à leur propre fin (le clan de la voiture dans Le Dernier combat, Zorg dans Le Cinquième élément). Cette différence se retrouve dans la volonté de pouvoir communiquer ou plus précisément de pouvoir s’exprimer oralement par la parole. Dans Le Dernier combat, le Docteur et l’Homme utilisent un gaz (hélium) pour permettre à leurs cordes vocales d’émettre des sons qui se transforment en mots (la clinique où se trouve le Docteur est aussi une clinique ORL). Il y a volonté de pouvoir enfin dialoguer, et s’il n’y a qu’une tentative, elle montre ce désir de créer un lien, de comprendre et d’apprécier l’autre, de l’écouter. Le même principe est en œuvre lorsque seul Cornelius comprend Leeloo, seul le prêtre parvient à la comprendre car il a appris son langage, mais c’est aussi le seul qui ne soit pas intéressé par son genre mais par ce qu’elle est : une salvatrice.

    29Certaines critiques y ont vu l’image stéréotype et traditionnelle de la femme comme, entre autres, réceptacle de la vie16. Certes, ce film reprend certains clichés, mais de manière humoristique, afin de montrer la difficulté qu’ont les êtres à communiquer, à se comprendre.

    30Dans Le Cinquième élément, les humains sont tout aussi vides de sens que leur langage (les exemples types étant la mère de Korben et Ruby Rohd dont les propos reflètent l’égoïsme, le manque d’intérêt pour les autres et l’absence de véritable dialogue au sein d’une société qui se désagrège). Pourtant, Korben va commencer à aider Leeloo lorsque celle-ci va faire appel à son altruisme et à sa compassion en prononçant les mots  ‘please help’. De même si Leeloo apprend l’histoire, elle apprend aussi la langue afin de communiquer avec Korben ; c’est parce qu’il prend soin d’elle qu’elle cherche à lui expliquer qui elle est. Le début de la salvation est dans le langage. Ainsi, et pour retourner le stéréotype, le langage permet à Leeloo d’expliquer que Korben n’est pas le héros qui sauve le monde, c’est son rôle à elle. Il apparaît ainsi qu’aucun genre n’est privilégié ; en effet, aux personnages masculins que sont Korben et le prêtre répondent deux personnages féminins que sont Leeloo et la cantatrice.

    31À ce monde plein de bruit et de fureur répond la voix de la cantatrice dans une séquence où sont montrées en parallèle la scène de combat entre Leeloo et les Mangalores et la diva qui chante, l’une répondant à l’autre. La voix de la diva est en osmose avec Leeloo et le combat, le rythme de la musique, les notes et les fréquences vocales racontent l’histoire et transmettent les émotions qui se lisent sur les visages de Korben, de la cantatrice et de Leeloo. La vie se répand comme les airs de la diva dont la voix extraordinaire au milieu du capharnaüm parvient à faire taire Ruby Rhod pour un moment irréel, hors du monde. La pureté cristalline de la voix tranche avec les sons discordants et agressifs de Ruby Rhod retransmis par la radio ; ce sont deux modes de vie qui s’opposent. D’une part, la recherche du son juste, la volonté de partager des émotions, de toucher ce qu’il y a au plus profond de l’être humain et d’entrer en communication, voire en osmose avec les autres ; d’autre part, la volonté égoïste et stérile de s’écouter parler et d’empêcher tout dialogue. L’échange est preuve de sociabilité et la vie se transmet par le verbe (le cri de l’enfant qui naît), et c’est lorsque Korben accepte de prononcer des paroles qui font sens que la vie l’emporte : ce n’est pas tant le « je t’aime » qui est important, que le fait qu’il puisse exprimer par le langage des émotions et montrer ainsi à Leeloo qu’il y a encore de la place pour la vie sur la Terre.

    32Pourtant, il s’agit là d’un outil à double tranchant. L’art, à travers la musique et l’utilisation de la voix humaine, montre l’humain dans ce qu’il a de plus beau, mais cela n’est vrai que lorsqu’il y a désir de partager. L’art et la civilisation ne peuvent résister à la férocité. Ce que la civilisation a créé, ce que l’homme a créé, il peut le détruire tout aussi facilement, ainsi la Brute avec la bande magnétique musicale de l’Homme qui casse.

    33Le Dernier combat peut être vu comme le résultat d’une société qui a perdu l’usage de la parole car le langage ne faisait plus sens. Ceci explique pourquoi les personnages n’ont pas de noms. Ils sont désignés extradiégétiquement par leur caractéristique majeure – un docteur, une brute, un homme (celui qui va engendrer à nouveau ou celui qui est multiple). C’est pourquoi ils réapprennent à parler seulement lorsqu’ils entrent dans un véritable rapport d’entraide et de sociabilité, comprenant ce qui est essentiel. Cette interprétation semble être soutenue par Le Cinquième élément dans lequel le personnage de Ruby Rhod, star des média, est un personnage insupportable qui ne cesse de parler pour ne rien dire. C’est le trop plein de paroles du Cinquième élément qui a inondé le monde de Le Dernier combat et l’a réduit au silence. Mais il est possible de communiquer sans la langue, ce que montre aussi Le Dernier combat dans lequel le Docteur et l’Homme parviennent à créer un semblant de société sans la langue qui apparaît cependant comme la prochaine étape.

    34Ainsi la culture et l’art permettent d’échanger et de transmettre des émotions et des sentiments, l’opéra a ce rôle dans Le Cinquième élément, et lui répond la peinture rupestre dans Le Dernier combat. Ainsi, Besson commence par les prémisses de l’art et en arrive à son aspect le plus évolué. Dans Le Dernier combat, la première peinture est la reproduction d’un Bruegel (La Danse des paysans) que l’Homme trouve dans l’hôtel où il a élu domicile et qu’il ira rechercher par la suite pour le Docteur. Son goût pour la musique et pour la peinture, donc pour l’art, le sépare de la Brute et vont le rapprocher du Docteur qui, lui, revient aux peintures rupestres. Celles-ci racontent une histoire qui ne peut se transmettre oralement, puisqu’il n’y a plus de paroles, et elles communiquent aussi des émotions et des besoins. Ces scènes imaginaires sont une référence à l’art rupestre ; toutefois, elles évoquent aussi le besoin de trouver de la nourriture car la seule présente dans le film sont des poissons morts qui tombent du ciel et des boîtes de conserve, vestiges d’un passé disparu. Le Docteur, par la peinture, tout à la fois réinvente une histoire mais y mêle aussi des éléments réalistes : le chasseur pour lequel l’Homme prend la pose et la femme ressemblant à celle que le Docteur retient dans la clinique (pour des besoins qui, précisons-le, ne sont pas sexuels). La culture, symbole de la société, est fragile face à la férocité comme le montre La Brute qui en fait disparaître toute trace : le feu s’éteint, la bande se casse, la peinture lui est dérobée, la bouteille de vin se brise sous le coup de sabre.

    35Toutefois, il faut aussi noter que la société peut aussi créer des coutumes et des objets qui asservissent et emprisonnent l’individu. Dans Le Dernier combat, le symbole le plus évident en est la voiture qui représente tout à la fois un lieu et un mode de vie liés à la puissance (celui qui est dans la voiture est le mâle dominant), l’enfermement (le chercheur d’eau enfermé dans le coffre) et à la stagnation. En effet, celle qui fut moyen de se déplacer, symbole de liberté, représente la stagnation et la mort puisqu’elle a perdu sa fonction première (elle est immobile et immobilisée par manque de carburant). Mais alors même qu’elle ne fonctionne plus comme outil, sa symbolique demeure puissante : il est impossible de s’en séparer tant elle est ancrée dans nos mœurs et confère un statut particulier, celui de toute-puissance masculine (les doigts coupés comme autant de trophées) et technologique (le Capitaine est aussi celui qui peut savoir si l’eau est potable ou non). Alors que le ciel soit rempli de voitures volantes et que le taxi soit l’outil de travail de Korben dans Le Cinquième élément n’a rien de surprenant. Là encore ce film montre combien la société s’est attachée à des objets qui nous enchaînent.

    36Alors, si Le Dernier combat laisse envisager un avenir possible, il ne promet rien. Si le film commence avec une poupée gonflable et une vie solitaire et se termine avec une femme, il est grandement incertain. Le sable est toujours présent, et la survie dépend de restes de civilisation. Dans Le Cinquième élément, la fin est aussi incertaine, elle offre une vie à deux, un répit peut-être, mais dans un univers toujours aussi vide de sens (la mère au téléphone) et contrôlé (l’armée et le président qui n’ont pas tiré de leçons). Ainsi peut se concevoir pourquoi Le Dernier combat ne mentionne ni date ni localisation géographique précise, il est hors du temps, dans un hors lieu. Le ciel n’apporte pas de réponse ni d’espoir tant il est incertain (il tombe des poissons ou des pierres). Dans Le Cinquième élément, l’espoir semble venir de l’espace, mais tout commence et se termine dans une pyramide égyptienne, et le salut est apporté par un couple d’individus : l’espoir ne vient pas de l’ailleurs mais de l’intérieur.

    37Ce n’est pas vers le haut ni vers Tailleurs qu’il faut se tourner, mais vers le ici et maintenant. L’ULM et les vaisseaux emmènent ailleurs, mais les personnages finissent par revenir vers la terre ferme et vers le sable, vers le point de départ, vers l’origine de la vie : après tout, ce sont les éléments fondamentaux propres à une cosmogonie terrestre qui sont au cœur des films. L’espoir ne vient pas d’autres êtres ni de l’ailleurs, mais de la terre, et de l’individu. La notion de plus qu’humain n’a pas lieu d’être ; dans les deux films de Luc Besson, le plus qu’humain serait l’individu qui se libère en partie de ses pulsions de mort et de domination pour être avec l’autre plutôt que contre l’autre, pour s’entraider. C’est bien la sociabilité, l’entraide des individus qui dépendent les uns des autres et de la Nature qui sont au cœur de ces films, alors il n’est plus question de plus qu’humain, mais de plus humain.

    Notes de bas de page

    1 Pour un résumé du film, se référer à Le Dernier Combat, Lycéens au cinéma. Dossier Le Dernier Combat © BIFI, septembre 2000. http://www.bifi.fr/upload/bibliotheque/File/Lyc%C3%A9ens%20au%20cin%C3%A9ma%20PDF/dernier.pdf.

    2 Pour un résumé de l’intrigue du film, se référer à http://www/commeaucinema.com/film/le-cinquieme-element,1947.

    3 Voir http://www.liberation.fr/evenement/0101214982-luc-besson-en-cinq-lecons-a-quoitient-son-succes-elements-de-reponse.

    4 Mad Max, George Miller, 1979, Australie.

    5 Alien, Ridley Scott, 1979, USA ; Blade Runner, Ridley Scott, 1982, USA ; Star Wars, George Lucas, 1977, USA.

    6 Respectivement 1962 et 1981, France tous les deux.

    7 Voir le site : http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1407.

    8 Voir l’analyse d’Emma Hutchings http://www.wildsound-filmmaking-feedback-events.corn/the_fifth_element.html. Traduction de Danièle André.

    9 Valérian et Laureline, Jean-Claude Mézières, éd. Dargaud, 1967- 2010, France.

    10 Métal Hurlant, Mœbius, JP. Dionnet, etc., éd. Les Humanoïdes associés, 1975-1987, France.

    11 Voir « Le Cinquième élément, interview de Jean-Claude Mézières », [noosfere.com/ Mezieres/pages/cinema/element5.htm], « Jean Giraud “Moebius” : art concept in Fifth Elément », [youtube.com/watch ?v=BcEQzs0959Y] et « Un univers puisé dans la BD européenne ; Mézières, le père de Valérian, parle de son travail avec Luc Besson »,[liberation.fr/evenement/0101214977-un-univers-puise-dans-la-bd-europeenne-mezieres-le-pere-de-valerian-parle-de-son-travail-avec-luc-besson].

    12 Ibid. ; voir également L’Incal, Alexandre Jodorowsky, Mœbius, éd. Les Humanoïdes associés, 1981-1989, France.

    13 Pierre Kropotkine, L’Entraide, Un facteur de l’évolution (Mutual Aid : A Factor of Evolution), Editions écosociété, Collection Retrouvailles, 2011.

    14 Thomas, Lewis, La méduse et l’escargot, Paris, Belfond, 1980.

    15 Op. cit.

    16 B.-L. Ott, Brian ; E. Aoki, « Counter-Imagination as Interpretive Practice : Futuristic Fantasy and The Fifth Elément », Women’s Studies in Communicatio ; Summer 2004, Vol. 27 Issue 2, June 2004, p. 149.

    Auteur

    • Danièle André

      Université de la Rochelle

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    1 Pour un résumé du film, se référer à Le Dernier Combat, Lycéens au cinéma. Dossier Le Dernier Combat © BIFI, septembre 2000. http://www.bifi.fr/upload/bibliotheque/File/Lyc%C3%A9ens%20au%20cin%C3%A9ma%20PDF/dernier.pdf.

    2 Pour un résumé de l’intrigue du film, se référer à http://www/commeaucinema.com/film/le-cinquieme-element,1947.

    3 Voir http://www.liberation.fr/evenement/0101214982-luc-besson-en-cinq-lecons-a-quoitient-son-succes-elements-de-reponse.

    4 Mad Max, George Miller, 1979, Australie.

    5 Alien, Ridley Scott, 1979, USA ; Blade Runner, Ridley Scott, 1982, USA ; Star Wars, George Lucas, 1977, USA.

    6 Respectivement 1962 et 1981, France tous les deux.

    7 Voir le site : http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1407.

    8 Voir l’analyse d’Emma Hutchings http://www.wildsound-filmmaking-feedback-events.corn/the_fifth_element.html. Traduction de Danièle André.

    9 Valérian et Laureline, Jean-Claude Mézières, éd. Dargaud, 1967- 2010, France.

    10 Métal Hurlant, Mœbius, JP. Dionnet, etc., éd. Les Humanoïdes associés, 1975-1987, France.

    11 Voir « Le Cinquième élément, interview de Jean-Claude Mézières », [noosfere.com/ Mezieres/pages/cinema/element5.htm], « Jean Giraud “Moebius” : art concept in Fifth Elément », [youtube.com/watch ?v=BcEQzs0959Y] et « Un univers puisé dans la BD européenne ; Mézières, le père de Valérian, parle de son travail avec Luc Besson »,[liberation.fr/evenement/0101214977-un-univers-puise-dans-la-bd-europeenne-mezieres-le-pere-de-valerian-parle-de-son-travail-avec-luc-besson].

    12 Ibid. ; voir également L’Incal, Alexandre Jodorowsky, Mœbius, éd. Les Humanoïdes associés, 1981-1989, France.

    13 Pierre Kropotkine, L’Entraide, Un facteur de l’évolution (Mutual Aid : A Factor of Evolution), Editions écosociété, Collection Retrouvailles, 2011.

    14 Thomas, Lewis, La méduse et l’escargot, Paris, Belfond, 1980.

    15 Op. cit.

    16 B.-L. Ott, Brian ; E. Aoki, « Counter-Imagination as Interpretive Practice : Futuristic Fantasy and The Fifth Elément », Women’s Studies in Communicatio ; Summer 2004, Vol. 27 Issue 2, June 2004, p. 149.

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    André, D. (2014). Le Dernier combat et Le Cinquième élément – terre balbutiante et space opéra : De l’humain au plus qu’humain ou la science-fiction de Luc Besson. In N. Vas-Deyres, P. Bergeron, P. Guay, F. Plet-Nicolas, & D. André (éds.), Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010). Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux. https://doi.org/10.4000/books.pub.12356
    André, Danièle. «  Le Dernier combat et Le Cinquième élément – terre balbutiante et space opéra : De l’humain au plus qu’humain ou la science-fiction de Luc Besson ». In Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010), édité par Natacha Vas-Deyres, Patrick Bergeron, Patrick Guay, Florence Plet-Nicolas, et Danièle André. Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2014. doi:10.4000/books.pub.12356.
    André, Danièle. «  Le Dernier combat et Le Cinquième élément – terre balbutiante et space opéra : De l’humain au plus qu’humain ou la science-fiction de Luc Besson ». Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010), édité par Natacha Vas-Deyres et al., Presses Universitaires de Bordeaux, 2014, https://doi.org/10.4000/books.pub.12356.

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    Vas-Deyres, N., Bergeron, P., Guay, P., Plet-Nicolas, F., & André, D. (éds.). (2014). Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010). Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux. https://doi.org/10.4000/books.pub.12131
    Vas-Deyres, Natacha, Patrick Bergeron, Patrick Guay, Florence Plet-Nicolas, et Danièle André, éd. Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010). Pessac: Presses Universitaires de Bordeaux, 2014. doi:10.4000/books.pub.12131.
    Vas-Deyres, Natacha, et al., éditeurs. Les Dieux cachés de la science fiction française et francophone (1950- 2010). Presses Universitaires de Bordeaux, 2014, https://doi.org/10.4000/books.pub.12131.
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